Catégorie : Maroc

  • Qatargate : Mandat d’arrêt contre des responsables marocains

    Qatargate : Mandat d’arrêt contre des responsables marocains

    Tags : Maroc, Parlement européen, corruption, France,

    Selon George Malbrunot, la justice belge a transmis aux autorités françaises des mandats d’arrêt contre « plusieurs responsables marocains » impliqués dans le Qatargate, révèle Le Figaro. « Nous sommes embarrassés, confie un diplomate. Ces personnes ont des enfants en France « .

    « Nous n’aimerions pas devoir les arrêter à leur descente d’avions s’ils venaient les voir. Ce sont des gens auxquels on n’aimerait pas toucher. Cela ferait mauvais effet alors qu’Emmanuel Macron doit se rendre prochainement en visite au Maroc », ajoute cette source diplomatique.

    « Emmanuel Macron doit se rendre au Maroc, en février probablement; mais on n’a encore pas de date. Les Marocains aimeraient que nous publiions un communiqué contre l’Algérie avant », ajoutait ce diplomate, il y a quelques jours, indique le journaliste français.

    Selon The Economist la France a tourné le dos au Maroc : L’enfant gâté et choyé lâché par ses parrains – Ce qui n’était qu’une vague impression est aujourd’hui devenue une réalité aux yeux de l‘hebdomadaire britannique, The Economist, pourtant pas tendre envers l’Algérie.

    Le journal a publié un nouvel article dans lequel il estime que la France a abandonné le Maroc pour se rapprocher d’Alger. L’hebdomadaire britannique, a évoqué les relations diplomatiques entre la France, l’Algérie et le Maroc où il a expliqué que le gouvernement français «se rapproche de son homologue algérien et s’éloigne de celui du royaume chérifien». Ce rapprochement entre Algériens et Français s’explique, selon lui, par les intérêts économiques et géopolitiques que partagent les deux pays, la visite du président français, Emmanuel Macron, en Algérie en août dernier.

    En plus de celles du chef d’état-major de l’ANP à Paris, il y a quelques jours, autant d’éléments qui renforcent cette position. Ce qui ne serait pas le cas du Maroc a encore fait savoir le journal. Ce dernier a fait savoir que le royaume est responsable, en partie, de la baisse de l’enthousiasme français envers lui. Il a souligné que la principale cause de la dégradation des relations politiques entre la France et le Maroc est «l’absence du roi Mohammed VI sur la scène politique internationale». Ce dont a profité l’Algérie qui milite sur plusieurs fronts régionaux (africain, arabe et le reste du monde).

    Par ailleurs, l’article a indiqué que le souverain du Maroc avait passé environ 4 mois sur le sol français l’année dernière. Et pendant son séjour, écrit-il, il n’a eu aucune rencontre avec le chef de l’État de ce pays. Ce même article a fait savoir que le parti politique du président Macron avait soutenu la résolution du Parlement européen. Une résolution qui a condamné fermement le Maroc pour ses atteintes aux droits de l’Homme. Ce rapprochement est vu d’un mauvais œil du côté du Maroc. Une campagne de presse féroce est même déclenchée contre tout ce qui est français.

    Pour comprendre les nouvelles relations algéro-françaises, un haut responsable à la coopération technologique et industrielle franco-algérienne, Jean-Louis Levet avait indiqué l’année dernière à Oran à l’occasion d’une conférence sur le thème «Les grandes transformations scientifiques et techniques à l’œuvre dans le monde : quelle place pour la coopération algéro-française», à l’École nationale polytechnique d’Oran (ENPO), Jean-Louis Levet que les relations entre les deux pays «passent par une phase de transition qu’il convient d’accélérer».

    Il a estimé que le passage vers ce nouveau modèle exige une nouvelle démarche qui consiste à comprendre les attentes et les besoins de l’économie algérienne pour savoir comment y répondre. Il ne suffit plus d’exporter», a-t-il souligné. «Ce passage exige en outre une redéfinition des priorités qui permettent de structurer les relations entre les deux pays dans le long terme, notamment dans les domaines fondamentaux de l’éducation, de la formation, de la culture et de l’industrie», a-t-il ajouté. Il s’agit de quatre priorités actées par les deux gouvernements, à savoir la montée en qualité en matière de formation professionnelle, de l’infrastructure technologique et technique d’appui aux entreprises et tous les enjeux de normalisation qui y sont liés et de la propriété intellectuelle et de la démarche qui consiste à défendre les marques algériennes à l’intérieur et les promouvoir à l’extérieur.

    La quatrième priorité se base sur la construction de partenariats qui vont de l’assistance technique à la coproduction entre PME françaises et algériennes dans des domaines divers tels que l’agroalimentaire, la mécanique, les énergies renouvelables, la santé, le transport et la formation, a-t-il expliqué. La France n’est pas allée loin pour trouver une source d’énergie à moindre coût. L’Algérie était prête à aider et deux fois plutôt qu’une, offrir le gaz et acheter du matériel militaire. L’affaire du journaliste de BFMTV qui a été limogé pour avoir prononcé l’expression Sahara marocain l’explique très bien. En plus, ce sont des parlementaires européens français qui étaient à l’origine de la résolution du Parlement européen contre le Maroc.

    #Maroc #France #Macron #Algérie #Parlement_européen #Pegasus #Espionnage #Corruption

  • Les Pays-Bas travaillent avec le Maroc sur un traité d’extradition

    Les Pays-Bas travaillent avec le Maroc sur un traité d’extradition

    Tags : Maroc, Pays Bas, extradition, migrations, rapatriement,

    Les Pays-Bas et le Maroc négocient un traité d’extradition pour intensifier la lutte contre le crime organisé. Le ministre de la Justice et de la Sécurité, Yesilgöz-Zegerius, l’a écrit aujourd’hui à la Chambre des représentants.

    Des réseaux criminels violents opèrent dans le monde entier pour favoriser leur trafic de drogue et d’armes et tenter de blanchir leurs avoirs criminels par le biais de constructions internationales. Les Pays-Bas et le Maroc veulent encore unir leurs forces contre cela et un traité bilatéral sur l’extradition renforcera encore la coopération.

    « L’impact du crime organisé sur notre société est alarmant. Nous voyons des réseaux criminels gagner beaucoup d’argent grâce au trafic international de drogue, avec lequel ils tentent d’infiltrer et de corrompre notre économie légale par le biais de banques souterraines et de constructions de blanchiment d’argent. Pendant ce temps, nous faisons face à la violence liée à la drogue dans nos rues et nos jeunes sont enrôlés dans le crime. Dans la lutte contre cela, avec le Maroc, nous pouvons mieux saper et enrouler les structures criminelles du pouvoir avec leurs acteurs criminels », a déclaré la ministre Yeşilgöz-Zegerius.

    La coopération avec le Maroc fait partie de l’agenda international pour l’avenir dans la lutte contre le crime organisé et subversif, qui a été annoncé par le ministre de la Justice et de la Sécurité en juin de l’année dernière. Un traité bilatéral élargit le nombre d’infractions pour lesquelles l’extradition est possible entre les deux pays et permet de conclure des accords précis sur les procédures. Avec un traité bilatéral, chaque demande d’extradition sera également évaluée individuellement sur la base des cadres juridiques et conventionnels. Dès que des accords auront été conclus avec le Maroc pour un traité d’extradition, celui-ci sera soumis au parlement pour une mise en œuvre ultérieure selon les procédures habituelles.

    Source

    #Maroc #Pays_Bas #Extradition #Crime

  • Le Maroc devant la commission Pegasus le 9 février

    Tags : Parlement européen, Pegasys, espionnage, Qatargate, Marocgate,

    BRUXELLES – Le Maroc sera à l’ordre du jour de la commission en charge de l’affaire d’espionnage Pegasus du Parlement européen qui se réunira le 9 février prochain, révèle un média belge.

    « Jusqu’ici épargné par les travaux de la commission Pegasus, le Maroc sera à l’ordre du jour d’une réunion au Parlement européen », écrit le quotidien Le Soir.

    Selon une « source européenne » citée par le média belge, « il est important de mettre le sujet sur la table puisque la commission n’a pas parlé du Maroc jusque-là ».

    Un panel d’experts sera invité à discuter du cas marocain lors de la prochaine réunion de la commission en charge de l’affaire Pegasus, le 9 février, sur proposition des Verts, fait savoir Le Soir.

    Le scandale de corruption, dans lequel le Maroc est impliqué, « a visiblement fait sauter quelques digues », souligne le journal, rappelant que « mi-janvier, les eurodéputés adoptaient pour la première fois en un quart de siècle une résolution qui critiquait le bilan des droits humains au Maroc ».

    Le 19 janvier, des experts ont présenté une étude intitulée « Pegasus et les relations extérieures de l’UE », à la commission d’enquête du Parlement européen chargée d’enquêter sur l’affaire d’utilisation du logiciel espion de fabrication sioniste et de logiciels de surveillance équivalent, dans laquelle le Maroc est impliqué.

    Dans cette étude, il est clairement indiqué que « les débats sur la pression exercée sur les gouvernements en rapport avec l’utilisation des logiciels espions ont été peu médiatisés. Lorsque le gouvernement marocain a été accusé d’utiliser Pegasus contre les politiciens espagnols, le gouvernement espagnol n’a pas réagi et n’a pris aucune mesure car il cherchait à maintenir une coopération renforcée sur l’émigration et en matière de contrôle des frontières avec le régime marocain ».

    Récemment, le directeur du Centre d’étude sur le monde arabe à Genève, Hasni Abidi, a déclaré sur la chaîne franco-allemande Arte que « toutes les chancelleries occidentales ont tout fait pour étouffer cette affaire (utilisation de Pegasus par le Maroc contre des personnalités européennes, NDLR) et certains parlementaires proches des autorités marocaines ont aussi tout fait pour que le Parlement européen ne condamne pas les pratiques marocaines en termes d’espionnage ».

    L’affaire Pegasus, c’est « l’usage excessif par les autorités marocaines d’un logiciel d’espionnage vendu (par l’entité sioniste) à très peu d’Etats, le Maroc en a bénéficié et la justice a parlé de 100.000 personnalités qui ont été espionnées dont bien sûr des personnalités européennes, des parlementaires et des ministres », a rappelé Abidi.

    Notons que suite au scandale impliquant le Makhzen dans l’affaire de corruption de parlementaires européens, l’un des premiers concernés par les procédures judiciaires lancées par la justice belge, Andrea Cozzolino du groupe S&D (socio-démocrates), dont la politique aurait été influencée au nom du Maroc en échange d’argent, a dû démissionner de la commission parlementaire spéciale sur le programme Pegasus ainsi que de celle mixte Maroc-Union européenne.

    En juillet 2021, une enquête mondiale menée par des médias internationaux a révélé l’utilisation, entre autres, par le Maroc du logiciel d’espionnage Pegasus mis au point par l’entreprise sioniste NSO Group. Des journalistes marocains et internationaux ainsi que des hommes politiques étrangers figurent parmi les victimes de ce logiciel. En tout, une centaine de milliers de personnalités politiques et médiatiques ont été ciblées par ce logiciel d’espionnage.

    #Qatargate #Marocgate #Pegasus #Parlement_européen #Espionnage

  • L’espion marocain au coeur de l’enquête du Qatargate

    Tags : Eva Kaili, Maddalena Kaili, Moroccogate, Qatargate, Maroc, DGED, Parlement Européen, Antonio Panzeri, Francesco Giorgi, Marocleaks, Mohamed Belahrach, Fight Impunity, No peace without justice, corruption,

    Une figure de l’ombre dans le scandale de la corruption au Qatar est un espion marocain, qui aurait été connu des autorités françaises et espagnoles.

    PARIS — Un agent des services secrets marocains, identifié comme Mohamed Belahrech, est apparu comme l’un des principaux acteurs du scandale de corruption au Qatar qui a ébranlé les fondations du Parlement européen. Son nom de code est M118, et il fait le tour des agences d’espionnage européennes depuis des années.

    Belahrech semble au centre d’un réseau complexe qui s’étend du Qatar et du Maroc à l’Italie, la Pologne et la Belgique. Il est soupçonné d’avoir participé à d’intenses efforts de lobbying et à des allégations de corruption visant des députés européens ces dernières années. Et il s’avère qu’il est connu des services de renseignement européens depuis un certain temps.

    Rabat est de plus en plus sous les projecteurs, alors que l’attention s’élargit au-delà du rôle du Qatar dans les allégations de corruption des députés européens , qui ont vu la police belge saisir du matériel et plus de 1,5 million d’euros en espèces lors de perquisitions dans au moins 20 maisons et bureaux.

    Le ministre belge de la Justice, Vincent Van Quickenborne, a fourni la semaine dernière une indication à peine voilée que le Maroc était impliqué dans l’enquête. S’adressant aux législateurs belges, il a fait référence à « un pays qui, ces dernières années, a déjà été mentionné… en matière d’ingérence ». Il est entendu qu’il s’agit du Maroc, puisque le service de sécurité de Rabat a été accusé d’espionnage en Belgique, où il existe une importante diaspora de Marocains.

    Selon le quotidien italien La Repubblica et le belge Le Soir , Belahrech est l’un des maillons reliant l’ancien eurodéputé Pier Antonio Panzeri aux services secrets marocains, la DGED. L’homme politique italien Panzeri est actuellement en prison, faisant face à des accusations préliminaires de corruption dans l’enquête visant à déterminer si le Maroc et le Qatar ont acheté de l’influence au Parlement européen.

    Dans une cache de câbles diplomatiques marocains divulgués par un hacker en 2014 et 2015 (et vus par POLITICO), Panzeri est décrit comme  » un ami proche » du Maroc , « un allié influent » qui est « capable de lutter contre l’activisme croissant de nos ennemis au Parlement européen.

    Les enquêteurs examinent maintenant à quel point un ami Panzeri était proche du Maroc. La demande belge d’extradition de l’épouse et de la fille de Panzeri, qui seraient également impliquées dans le scandale de corruption, mentionne des « cadeaux » d’Abderrahim Atmoun, l’ambassadeur du Maroc à Varsovie.

    Pendant plusieurs années, Panzeri a partagé la présidence de la commission parlementaire mixte UE-Maroc avec Atmoun, un diplomate chevronné soucieux de promouvoir les intérêts du Maroc dans la bulle bruxelloise.

    Mais on soupçonne maintenant qu’Atmoun recevait des ordres de Belahrech, qui est « un homme dangereux », a déclaré au Soir un responsable au courant de l’enquête . C’est sous la direction de Belahrech que Panzeri aurait scellé son association avec la DGED marocaine après avoir échoué à se faire réélire au Parlement en 2019.

    Belharech pourrait également être la clé pour percer l’un des mystères persistants du scandale du Qatar : la piste de l’argent. Une demande d’extradition belge vue par POLITICO fait référence à un personnage énigmatique lié à une carte de crédit donnée aux proches de Panzeri – qui est connu comme  » le géant « . La spéculation tourbillonne quant à savoir si Belahrech pourrait être ce géant.

    Les nombreuses vies d’un espion marocain

    Belahrech n’est pas un débutant dans les cercles d’espionnage européens – les médias font remonter sa présence à plusieurs affaires d’espionnage au cours de la dernière décennie.

    L’homme de Rabat a d’abord attiré l’attention des autorités à propos de prétendues infiltrations de mosquées espagnoles, qui ont abouti en 2013 à l’expulsion du directeur marocain d’une organisation islamique en Catalogne, selon le quotidien espagnol El Confidencial .

    Belahrech aurait été chargé de diriger des agents dans les mosquées à la demande de la DGED, tandis que sa femme était soupçonnée de blanchiment d’argent via une agence de voyages basée en Espagne. Le réseau a été démantelé en 2015, selon El Mundo .

    Peu de temps après, Belahrech est réapparu en France, où il a joué un rôle de premier plan dans une affaire de corruption à l’aéroport d’Orly à Paris.

    Un agent marocain, identifié à l’époque sous le nom de Mohamed B., aurait obtenu jusqu’à 200 dossiers confidentiels sur des suspects de terrorisme en France auprès d’un agent des frontières français, selon une enquête publiée dans Libération .

    L’officier, qui a été détenu et soumis à une enquête officielle en 2017, aurait fourni des informations confidentielles concernant des personnes figurant sur des listes de surveillance terroristes – et d’éventuelles personnes d’intérêt transitant par l’aéroport – à l’agent marocain en échange de vacances quatre étoiles au Maroc.

    Les autorités françaises n’auraient pas porté plainte contre Belahrech, qui a disparu lorsque son réseau a été démantelé. Selon un responsable français au courant de l’enquête, Belahrech coopérait avec la France à l’époque en fournissant des renseignements sur les questions de contre-terrorisme, et a été relâché pour cette raison.

    Les agents des services secrets marocains peuvent agir en tant que fournisseurs de renseignements pour les agences européennes tout en coordonnant simultanément les opérations d’influence dans ces mêmes pays, ont déclaré à POLITICO deux personnes familières avec la coordination des services de renseignement. Pour cette raison, les pays européens ferment parfois les yeux sur des pratiques qui pourraient être qualifiées d’ingérence, ont-ils ajouté, tant que cela reste discret.

    Contactés, les services de renseignement de France, d’Espagne et du Maroc n’ont pas immédiatement répondu à une demande de commentaire.

    Quant à Belahrech : Cinq ans après son incursion en France, le mystérieux M118 est de retour sous les projecteurs, ce qui soulève des questions sur sa relation continue avec les réseaux de renseignement européens.

    Politico, 24/12/2022

    #Qatargate #Maroc #Parlement_Européen #Eva_Kaili #Antonio_Panzeri #Francesco_Giorgi #Qatar #Marocleaks #Mohamed_Belahrach #Moroccogate #Maddalena_Kaili

  • Qatargate : Dernières nouvelles

    Qatargate : Dernières nouvelles

    Tags : Maroc, DGED, Yassine Mansouri, Parlement Européen, Antonio Panzeri, Eva Kaili, Qatar, Marocleaks, Mohamed Belahrach,

    Qatargate: Eva Kaïli en aveux, Marc Tarabella à nouveau cité dans l’affaire

    Qatargate : Les parents de Giorgi à la loupe – « Scanning » du marché immobilier bruxellois

    Les enquêtes sur le Qatargate battent leur plein et selon la presse italienne, les nouvelles données concernent le partenaire d’Eva Kaili, Francesco Giorgi .

    En particulier, l’italien il messaggero rapporte que l’enquêteur belge Michel Claise a demandé aux autorités d’étendre leurs investigations à ses parents également.

    Plus précisément, les activités financières de son père de 65 ans, Luciano Giorgi , et de Iole Valli , 69 ans, sont passées au crible .

    Selon La Verità , « l’acquisition d’actifs en Belgique au nom de Francesco Giorgi » est sous la loupe du parquet de Bruxelles.

    L’acquisition d’un immeuble dans la capitale belge par Francesco Giorgi est notamment à l’étude. Un achat qui, selon les enquêteurs, pourrait être lié à des transferts d’argent depuis les comptes de son père et de sa mère.

    En cause, trois virements effectués il y a quelques mois : deux de 40 000 euros attribués à différents comptes au nom de ses parents et un autre de 10 000 euros.
    Les transactions sont considérées comme suspectes par l’enquêteur Michel Clez, qui a alors demandé que la maison de Giorgi à Abbiategrasso et toute autre « résidence réelle » de lui soient perquisitionnées et que son père, sa mère ou toute autre personne qui utilise ces locaux soit appelé à témoigner.

    Comme le rapportent les médias italiens, mardi dernier au domicile de Francesco Giorgi aux portes de Milan, 20 000 euros et des documents ont été saisis par la police financière, qui seront transférés à Bruxelles.

    Les mouvements d’entreprise sous le microscope
    Dans le même temps, selon le journal italien La Verità, Bruxelles examine certains mouvements d’entreprise qui auraient été orchestrés par l’homme de 35 ans avec la comptable de la famille Panzeri, Monica Rossana Bellini. Le rapport concerne la création d’une société, Equality Consultancy, au nom du père de Giorgi, Luciano (propriétaire de 70%), de son frère cadet, Stefano, (propriétaire de 25%) et de Bellini (propriétaire de 5%) en 2018.

    L’entreprise visait à « développer des réseaux entre différents individus, ONG, organisations professionnelles et homologues dans des pays tiers, afin de faciliter le dialogue et les opportunités qui permettent de renforcer les liens économiques et culturels au sein de l’UE et de ses États membres ».

    Peu avant la fin de sa première année d’exploitation, avec un bilan de 102 500 euros, les Giorgi laissent l’entreprise entre les mains d’un associé du père de Francesco Giorgi, un inconnu – pour le moment – ​​nommé Manfred Forte, et Bellini (avec des pourcentages de 40 %, 40 % et 20 % respectivement).

    Cependant, après le transfert, la société n’est pas restée active longtemps. Après la deuxième année, et avec une perte de 51 mille euros, elle a été mise en liquidation et aujourd’hui l’entreprise n’existe pas.

    Ce qui est étrange, c’est que l’entreprise a changé de mains à l’époque même où Antonio Panzeri, qui entre-temps n’avait pas été réélu au Parlement européen, a fondé son ONG baptisée « Fight Impunity » à Bruxelles, où Francesco Giorgi est devenu « senior advisor ».

    iEidiseis, 19/12/2022

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    Qatargate : le réseau d’eurodéputés de Giorgi sous contrôle, nouvelle preuve à charge pour Kaili

    L’enquête des autorités belges s’intensifie près de deux jours avant l’audience de jeudi, où il sera décidé si Eva Kaili sera détenue ou non – Guidé par Giorgi de Pancheri, les preuves montrent

    De nouvelles preuves dans l’affaire très médiatisée du Qatargate , capables de définir les évolutions et de façonner le paysage, ont émergé des enquêtes des autorités belges, près de deux jours avant l’audition d’ Eva Kaili par le conseil judiciaire jeudi.

    Selon les informations, le mari d’Eva Caili, Francesco Giorgi, contrôlerait, sous la direction et la supervision de l’italien Pier Antonio Panzeri, un vaste réseau de députés européens, dans le but d’influencer les votes, en faveur du Qatar et du Maroc.

    Comme le rapporte le correspondant de SKAI à Bruxelles, Efi Koutsokosta , Eva Kaili, jusqu’à récemment vice-présidente du Parlement européen, a participé à ces votes, même lorsqu’elle n’était pas membre des commissions respectives.

    Dans le même temps, de nouvelles preuves à charge sont apparues contre l’eurodéputée grecque, issues de l’enquête liée à la valise d’argent, qu’elle a chargé son père de retirer de la maison qu’elle partageait avec son mari Francesco Giorgi.

    La demande d’extradition de la femme de Pancheri vers la Belgique a été acceptée
    Le procureur compétent de Bressa a accepté la demande des autorités belges d’extradition de l’épouse de l’ancien député européen italien Antonio Panzeri , dans le cadre de l’enquête pour corruption et pots-de -vin du scandale du Qatargate.

    Demain, la demande d’extradition de sa fille, Silvia, sera examinée.

    Les avocats de la défense devraient faire appel de la décision d’extrader Maria Corleoni, 68 ans.

    La semaine dernière, après que les autorités italiennes ont fait une descente au domicile de Panzeri près de Bergame, dans le nord de l’Italie, 17 000 euros ont été trouvés.

    L’épouse de Panzeri, Maria Dolores Colleoni, est assignée à résidence et isolée dans cette maison unifamiliale. Leur fille est également assignée à résidence, dans un autre appartement.

    En septembre 2019, Pancheri a fondé l’ONG de défense des droits de l’homme à Bruxelles, Fight Impunity, et en est depuis le président. Avec lui, sont accusés pour le Qatargate son assistant Francesco Giorgi et sa compagne, Eva Kaili.

    Source : skai.gr, 19/12/2022

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    Madalena Kaili : « Je n’ai pas reçu un seul euro de l’UE »

    Maddalena Kaili, la sœur d’Eva, parle au Corriere della Sera.

    Le journal italien Corriere della Sera a contacté Maddalena Kaili, la soeur d’ Eva , pour obtenir des déclarations concernant sa famille « criminelle ».

    Sa sœur, Eva Kaili, ancienne vice-présidente du Parlement européen a été arrêtée avec son partenaire Francesco Giorgi, son père a été pris en flagrant délit avec un sac d’argent gonflable, tandis que Maddalena elle-même a sa propre ONG, pour laquelle, selon la presse grecque, des enquêtes sont menées par les autorités.

    Maddalena Kaili, qui est active dans les domaines du conseil et de l’innovation sociale, a répondu au journal qu’il n’y avait toujours pas de verdict, mais des fuites dans les médias pour créer des impressions, ajoutant qu’elle n’avait aucune raison de commenter ce qui se disait, ajoutant que dans son cas il n’y a pas de base légale pour porter des accusations contre elle.

    Comme l’écrit la publication, Maddalena Caili connaît bien Francesco Giorgi car elle l’a hébergé avec Eva chez elle à Athènes pendant la pandémie – environ 16 mois – mais elle n’a voulu faire aucune mention de lui, dont le père est un « vieil ami » de Antonio Panzeri.

    En fait, les deux, afin d’avoir des intérêts dans les déclarations de revenus et les acquisitions d’entreprises, partagent les services de la comptable Monica Rossana Bellini, connue pour ses services à Milan, car elle occupe de nombreux postes de direction tels que, par exemple, Milanosport, une entreprise municipale qui détient le monopole des piscines, de l’hôpital Gaetano Pini à « Sogemi », qui gère le marché de gros.

    Madalena Kaili : Je n’ai pas reçu un seul euro de l’UE
    Mais revenons à Maddalena Kaili. Jusqu’à présent, écrit le Corriere, citant également la presse grecque, on a lu des informations sur des enquêtes ciblées au sein d’Elontech, sa propre ONG, même si elle-même la décrit comme un « observatoire scientifique des nouvelles technologies composé de juristes et d’universitaires ».

    Lorsqu’on lui a demandé si elle avait reçu des fonds du Parlement européen, sa réponse a été négative. « Je n’ai pas reçu un seul euro », dit-il.

    Y avait-il des liens avec Bruxelles ? le papier continue. « Nous avons assisté à la quatrième conférence sur l’intelligence artificielle. Hébergé par le Parlement européen, il bénéficiait du patronage de la République hellénique » ainsi que « de la coopération de l’Unesco, du Conseil de l’Europe et de l’OCDE », a répondu Madalena Kaili.

    Alors que pour le cas de la sœur d’Eva elle répond : « Des enquêtes sont en cours, il y aura un procès et on verra », insiste Maddalena.

    Et quelque part là, la conversation se termine brusquement dans la troisième tentative du journal de clarifier l’attitude de sa sœur et de leur père.

    Or, comme le note le journal, Elontech est sous la loupe des investigations avec les juges qui tentent de découvrir le rôle de la comptable Monica Rossana Bellini, dont le Corriere n’a pu extraire aucune déclaration.

    iEidiseis, 20/12/2022

    #Qatargate #Maroc #Parlement_Européen #Eva_Kaili #Antonio_Panzeri #Francesco_Giorgi #Qatar #Marocleaks #Mohamed_Belahrach #Noureddine_Ziani #DGED #Yassine_Mansouri

  • La justice italienne accepte de livrer la femme de Panzeri

    La justice italienne accepte de livrer la femme de Panzeri

    Tags : Maroc, Qatargate, Maria Dolores Colleoni, Moroccogate, Antonio Panzeri, Parlement Européen,

    Qatargate, la décision des juges de Brescia : « La femme de Panzeri peut être livrée à Bruxelles »

    Maria Dolores Colleoni, 67 ans, a été arrêtée avec sa fille et assignée à résidence

    La Cour d’appel de Brescia a accédé à la demande des magistrats belges – qui enquêtent sur l’affaire de corruption et de blanchiment d’argent présumé à Bruxelles – donnant le feu vert au mandat d’arrêt européen contre Maria Dolores Colleoni, l’épouse d’Antonio Panzeri. La femme, âgée de 67 ans, a été arrêtée avec sa fille Silvia et est assignée à résidence. Devant les juges, elle a nié avoir dépensé 100 000 euros en vacances et n’avoir rien su des affaires de son mari. Dans la matinée, le procureur de Brescia, Giovanni Benelli, avait demandé que la demande de mandat d’arrêt européen du juge Michel Claise soit accordée. Les juges ont posé comme condition que « si elle est condamnée définitivement, elle purgera sa peine ou sa mesure de sûreté en Italie ».

    La position d’Avramopoulos

    Entre-temps, aujourd’hui, Dimitris Avramopoulos, dont le nom a été lié par certains journaux au scandale du Qatargate, a également parlé des pots-de-vin qataris. L’homme politique grec a un CV de premier ordre : maire d’Athènes, proche du parti de centre-droit Nouvelle Démocratie, il a été ministre du Tourisme, de la Santé, des Affaires étrangères, de la Défense puis, de 2014 à 2019, sous la présidence de Jean-Claude Juncker, il a été commissaire européen à la migration, aux affaires intérieures et à la citoyenneté.

    Aujourd’hui, parmi les différents articles dans lesquels le nom d’Avramopoulos est apparu, l’un d’entre eux, celui de La Stampa, fait référence à des documents de l’UE mentionnant des honoraires reçus par Fight Impunity, l’ONG fondée par Antonio Panzeri et au centre de l’enquête sur le Qatargate. « Ma participation à l’organisation Fight Impunity s’est faite dès le début sans responsabilités exécutives ou managériales. Le comité auquel j’ai participé, avec des personnalités telles que Federica Mogherini, l’ancien Premier ministre français Bernard Cazeneuve et la sénatrice Emma Bonino, était entièrement honorifique », a déclaré Avramopoulos à l’agence de presse grecque Ana-Mpa.

    L’ancien commissaire européen explique également que pour sa participation au comité et la rémunération correspondante, « j’ai demandé l’approbation de la Commission européenne, qui m’a été donnée par écrit par la présidente Ursula von der Leyen ».

    Open online, 19/12/2922

    #Qatargate #Maroc #Parlement_Européen #Eva_Kaili #Antonio_Panzeri #Francesco_Giorgi #Qatar #Marocleaks #Mohamed_Belahrach #Noureddine_Ziani #DGED #Yassine_Mansouri #Espagne

  • Les pots-de-vin de l’UE, l’influence de Panzeri dans les documents secrets de Rabat pour le vote qui a également pénalisé les producteurs agricoles italiens.

    Les pots-de-vin de l’UE, l’influence de Panzeri dans les documents secrets de Rabat pour le vote qui a également pénalisé les producteurs agricoles italiens.

    Tags : Maroc, DGED, Yassine Mansouri, Parlement Européen, Antonio Panzeri, Eva Kaili, Qatar, Marocleaks, Mohamed Belahrach,

    Selon une missive extraite des « Maroc-leaks », un dossier plus vaste de câbles déversés sur la toile depuis 2015, le rejet de l’accord sur les produits de la pêche avec l’Union européenne le 14 décembre 2011 a été « un choc » pour le Maroc et ses alliés au Parlement européen. Ainsi, le vote sur la libéralisation des produits agricoles et de la pêche entre l’UE et le Royaume devient une occasion de rattraper ce que les Marocains affirment que Panzeri lui-même a appelé « un accident ». Un accord d’un milliard d’euros

    Une proposition d’accord bilatérale entre l’UE et le Maroc sur la libéralisation des produits agricoles et halieutiques entre l’UE et le Royaume suscite un débat au sein de l’Europarlement et rend furieux les producteurs agricoles européens, notamment ceux d’Italie et d’Espagne. Un feu vert de Bruxelles risquerait de les pénaliser lourdement en limitant les droits sur les produits de Rabat et en plaçant des marchandises bon marché sur le marché européen. C’est dans ce contexte qu’au tournant de 2011 et 2012, les émissaires du Royaume d’Afrique du Nord et Antonio Panzeri se déplacent pour obtenir l’approbation de la résolution qui sera votée le 16 février 2012. L’ancien député européen d’Articolo 1, pourtant élu par les citoyens italiens eux-mêmes, va s’employer à convaincre ses camarades de parti de se ranger à ses côtés pour obtenir le feu vert. Et comme lui, également contacté par les représentants de l’Etat maghrébin, le président du Parti populaire européen de l’époque, Joseph Daul.

    Cela se lit dans une lettre de l’envoyé marocain à Strasbourg datant de près de dix ans avant l’enquête du parquet belge sur des hommes politiques accusés d’avoir été soudoyés par les services secrets de Rabat pour influencer les décisions du Parlement européen, et contenue dans un dossier plus vaste de câbles qui circulent en ligne depuis 2015 : les Maroc-leaks, qui révèlent les manœuvres de lobbying menées dans le monde entier par Rabat. Le rejet de l’accord de pêche avec l’UE le 14 décembre 2011 a été  » un choc  » pour le Maroc et ses alliés au Parlement européen. Le vote sur les « mesures de libéralisation réciproques pour les produits agricoles et de la pêche » entre l’UE et le Royaume est donc l’occasion de rattraper ce que les Marocains affirment que Panzeri lui-même a appelé « un accident ». Un accord d’un milliard d’euros pour lequel, toutefois, la collaboration de députés européens amis était nécessaire. Le gouvernement maghrébin se déplace donc dans les couloirs de la plénière pour tenter de convaincre les deux principales familles politiques, le Populaire et le Socialiste, de soutenir au sein de la Commission parlementaire du commerce international (INTA) la proposition de résolution qui sera ensuite approuvée par la Chambre Euro le 16 février 2012. De l’autre côté, cependant, il y a les producteurs agricoles européens qui tentent de faire obstruction au nouvel accord.

    C’est dans ce contexte que le Maroc sollicite l’aide de Panzeri et de Daul à travers les entretiens menés par l’envoyé du Royaume. Le président du PPE m’a fait part de son optimisme quant aux perspectives d’approbation de l’accord à l’INTA et en plénière », a expliqué le diplomate. « M. Daul m’a dit que le PPE n’a pas encore formulé sa ligne officielle pour le vote du 26 janvier (en commission, ndlr). Cela dit, il m’a confié, sur la base des informations qui lui ont été communiquées par les députés du groupe et les conseillers politiques des secrétariats, que la tendance générale des groupes est favorable à l’accord ». Et il en sera ainsi, puisque le PPE votera la résolution à une large majorité.

    Plus incertaine, cependant, est la position du groupe socialiste en raison des préoccupations concernant l’impact sur l’agriculture européenne. Des inquiétudes également confirmées dans le texte final de la résolution soumise au Parlement européen. Au sein du S&D, des réunions rapprochées et « houleuses » ont eu lieu récemment sur la question, car les secteurs agricoles européens, en particulier les secteurs italien et espagnol, seraient les plus touchés. C’est là que Panzeri entre en jeu : l’homme politique se déplace en accord avec les autorités de Rabat pour promouvoir l’adoption de la résolution. Les rapports émanant du groupe socialiste parlent de « surprise et de choc » face au récent rejet, des sentiments qui rendent, « selon diverses sources » au Maroc au sein du groupe, « les députés plus prudents et moins enclins à répéter « l’incident » (comme le dit M. Panzeri) ». L’ancien eurodéputé cherche à influencer le vote de ses collègues de parti : « Un fort courant au sein du S&D, mené par le président de la délégation pour le Maghreb, Antonio Panzeri, pousse à la séparation entre l’accord agricole et la question du Sahara (sur laquelle les plus sensibles aux droits de l’homme se sont battus, ndlr), tout en promettant un débat sur cette dernière dans les organes compétents du Parlement ». Le résultat est que même la majorité des socialistes soutiendront la résolution, y compris Panzeri et Marc Tarabella, l’eurodéputé belge dont les bureaux des assistants ont été récemment perquisitionnés après le scandale des pots-de-vin au Qatar et au Maroc dans l’UE.

    C’est un succès pour le pays d’Afrique du Nord, qui peut ainsi augmenter le flux d’exportations de produits agricoles et halieutiques vers l’UE : en 2010, les exportations vers l’Europe s’élevaient déjà à environ 2 milliards d’euros. L’accord prévoyait la libéralisation avec effet immédiat de 55% des droits de douane, contre 33% à l’époque, et la libéralisation dans un délai de dix ans de 70% des droits de douane sur les produits agricoles et de la pêche de l’UE, contre 1% à l’époque. Un secteur, celui de l’agriculture, qui représente pour Rabat entre 15 et 20 % du PIB et 12 % des exportations du pays, et qui absorbe 38 % de la main-d’œuvre.

    L’engagement de Panzeri se poursuivra même après l’approbation, compte tenu d’une autre résolution fondamentale, celle sur l’accord euro-méditerranéen de 2013, qui élargit l’éventail de la libéralisation des importations/exportations entre le Maroc et l’UE. Comme l’indique le rapport 2012-2013 du parlement de Rabat sur les activités de la commission mixte Maroc-UE, le pays maghrébin « a réussi à faire supprimer le passage du rapport sur la politique de bon voisinage, qui indiquait que les produits ne bénéficiaient pas aux populations du Sud ». Et dans cette action, l’ancien député italien a été une fois de plus décisif, qui a « contribué à sensibiliser les députés européens aux accusations portées par les opposants du Maroc ».

    Il Fatto quotidiano, 19/12/2022

    #Qatargate #Maroc #Parlement_Européen #Eva_Kaili #Antonio_Panzeri #Francesco_Giorgi #Qatar #Marocleaks #Mohamed_Belahrach #DGED #Yassine_Mansouri #Moroccogate

  • Comment le « Qatargate » devient un « Moroccogate »

    Comment le « Qatargate » devient un « Moroccogate »

    Tags : Maroc, DGED, Yassine Mansouri, Parlement Européen, Antonio Panzeri, Eva Kaili, Qatar, Marocleaks, Mohamed Belahrach,

    Selon les enquêteurs, les services secrets et l’ambassadeur du royaume autoritaire jouent un rôle central dans le scandale.

    Le scandale de corruption de l’UE autour d’Eva Kaili , désormais souvent appelé « Qatargate », se transforme de plus en plus en un thriller d’espionnage et prend une toute nouvelle tournure – notamment parce que le partenaire d’Eva Kaili a fait des aveux aux enquêteurs belges. Une chose est claire : l’affaire prend de l’ampleur.

    Le vice-président du Parlement européen et membre des sociaux-démocrates grecs, évincé depuis, n’est que la plus en vue des quatre personnes qui ont jusqu’à présent été arrêtées ou qui font l’objet d’une enquête dans le cadre de l’enquête.

    Parmi eux se trouve son partenaire Francesco Giorgi, qui a au moins partiellement déballé entre-temps. Le journal belge Le Soir et le journal italien La Repubblica en ont fait état, tous deux ayant eu un aperçu des documents d’enquête.

    Le Maroc au centre des événements

    Dans ses déclarations, Francesco Giorgi a reconnu avoir participé au scandale de la corruption et avoir accepté de l’argent noir. Cependant, grâce à ses déclarations, le Maroc devient de plus en plus au centre des événements. Le Tagesschau se demande maintenant : « Qu’est-ce qui se passe ensuite ? » .

    Concrètement, la question se pose désormais de savoir s’il s’agit d’une « porte du Qatar » ou plutôt d’une « porte du Maroc » ?

    Même si le Tagesschau , dont les recherches ne font qu’effleurer la surface, ne veut pas vraiment l’admettre : à la fois les connexions des personnes qui sont au centre du scandale de corruption et les résultats politiques, qui indiquent qu’ils influencent le rachat de l’UE décisions, que Giorgi a reconnu pointer davantage vers le Maroc comme un acteur clé dans le scandale.

    Le Qatar ne semble avoir joué ces dernières années qu’un rôle de soutien en vue de la Coupe du monde.

    « Scandale des sociaux-démocrates »

    Le fait que les documents des enquêteurs aient été divulgués à un journal belge et italien de tous horizons a quelque chose à voir avec le fait que l’ancien député européen Pier Antonio Panzeri est au centre du scandale.

    Mais cela a aussi à voir avec le fait que Panzeri aurait soudoyé un certain nombre d’autres députés, comme le Belge Marc Tarabella. Giorgi l’a admis aux enquêteurs. Comme beaucoup d’acteurs du scandale, Tarabella est aussi une « socialiste ». Cela s’applique également à l’Italien Andrea Cozzolino, dont le partenaire de Kaili a également mentionné le nom.

    On a évidemment affaire à un scandale qui touche particulièrement les sociaux-démocrates. Cela pourrait expliquer leur basculement politique central par rapport au Maroc, mais plus sur cela ci-dessous.

    Tirer les ficelles : Pier Antonio Panzeri, ancien eurodéputé

    Tout d’abord, regardons les acteurs clés du scandale connu jusqu’à présent. Panzeri tirait manifestement les ficelles en arrière-plan au Parlement européen. Giorgi était employé comme assistant pour l’homme de 67 ans.

    Panzeri a été à son tour le chef de la délégation parlementaire pour les relations avec l’Union du Maghreb arabe (DMAG) .

    Cela n’inclut pas le Qatar, mais cela inclut le Maroc. La délégation, composée de personnes issues de camps politiques très divers, a été massivement influencée par des politiciens apparemment achetés, afin d’influencer positivement les décisions pour le Maroc. Est-ce une coïncidence si la délégation, en tant que successeur de Panzeri, est dirigée par Cozzolino, également accusé ?

    Les membres de la délégation confirment que Panzeri n’a jamais représenté que la cause marocaine. L’ancienne collègue Ana Gomes, entre autres, l’a clairement indiqué. La pugnace socialiste du Portugal ne mâche jamais ses mots, pas même envers les siens au Portugal, comme elle l’a précisé dans l’interview de Telepolis . Elle rend compte des « innombrables querelles » qui se sont déroulées au sein des sociaux-démocrates au Parlement européen.

    À maintes reprises, Panzeri a torpillé avec succès des résolutions sur la question de l’occupation illégale du Sahara Occidental par le Maroc et sur les questions des droits de l’homme. Enfin, pour couronner le tout, Panzeri était également président du Comité des droits de l’homme. Gomes suppose donc que « pas seulement le Qatar » est derrière les événements.

    Elle laisse entendre que « le Maroc aurait pu financer Antonio Panzeri et ses amis ». Puisque Gomes parle toujours un langage simple, nomme Panzeri comme le « chef de l’intrigue ». Elle va jusqu’à le qualifier d’ « agent du Maroc » .

    Le fait que les services secrets marocains DGED soient profondément impliqués dans les processus est déjà apparu et a maintenant été confirmé, entre autres, par les déclarations du partenaire d’Eva Kaili, Francesco Giorgi.

    Mais le réseau était beaucoup plus complet.

    Telepolis, 18/12/2022

    Qatargate #Maroc #Parlement_Européen #Eva_Kaili #Antonio_Panzeri #Francesco_Giorgi #Qatar #Marocleaks #Mohamed_Belahrach #Noureddine_Ziani #DGED #Yassine_Mansouri

  • La justice belge enquête sur Abderrahim Atmoun, le lobbyiste marocain qui a gagné presque toutes les batailles à Bruxelles

    La justice belge enquête sur Abderrahim Atmoun, le lobbyiste marocain qui a gagné presque toutes les batailles à Bruxelles

    Tags : Maroc, hacker Chris Coleman, Parlement Européen, Antonio Panzeri, Eva Kaili, Qatar, Marocleaks,

    Francisco Peregil, El País, 16/12/2022
    Traduit par Fausto Giudice, Tlaxcala

    Abderrahim Atmoun, l’ambassadeur de Rabat en Pologne qui fait l’objet d’une enquête de la justice belge pour corruption présumée au Parlement européen, a conservé un accès privilégié aux députés européens pendant des années.

    L’ambassadeur du Maroc en Pologne, Abderrahim Atmoun, apparaît comme un personnage important dans l’enquête lancée par le parquet belge sur la corruption d’eurodéputés par le Qatar et le pays du Maghreb. Pendant des années, la presse marocaine a attribué à Atmoun – soupçonné d’avoir financé l’une des principales parties impliquées dans le scandale, Antonio Panzeri – plusieurs succès diplomatiques devant un Parlement européen qui a salué à plusieurs reprises les progrès du Maroc en matière de droits humains et n’a pas entravé les ambitions de Rabat concernant le Sahara occidental.

    Ce qui n’a jamais été révélé, c’est qu’Atmoun est impliqué dans un réseau de pots-de-vin à des parlementaires sur lequel le parquet belge enquête, comme l’a révélé cette semaine le quotidien Le Soir. Selon Le Soir, deux agents du service d’espionnage marocain à l’étranger, la Direction Générale des Études et de la Documentation (DGED), sont également impliqués dans le réseau. Le quotidien italien La Repubblica a ajouté jeudi que les deux noms faisant l’objet d’une enquête de la justice belge sont le chef des services secrets à l’étranger lui-même, Yassine Mansouri, et l’agent Belharace Mohammed.

    Ni les représentants du ministère marocain des Affaires étrangères ni le diplomate Abderrahim Atmoun lui-même – tous deux contactés par téléphone par ce journal – n’ont souhaité commenter les accusations de corruption qui atteignent le cœur des institutions européennes.

    Atmoun, 66 ans, n’est pas un diplomate de carrière mais un homme politique. Mais il pratique les arts de la diplomatie et du lobbying depuis plus d’une décennie, en grande partie par le biais de la commission parlementaire mixte Maroc-UE, créée en 2010 et dont Atmoun a été coprésident de 2011 à 2019. Dans une période de ce mandat (entre 2016 et 2019), il a convergé avec une coprésidente espagnole de cette commission, Inés Ayala Sender, 65 ans, alors députée européenne du groupe socialiste. Au sein de ce genre de commissions, le Maroc choisit ses fonctionnaires et représentants et l’UE les siens, aucune des parties ne disposant d’un droit de veto sur l’autre. De ce poste, Atmoun a eu un accès total aux plus hauts représentants d’une institution de 705 membres où sont décidées les questions essentielles pour le Maroc.

    Ayala, qui est conseillère de l’opposition au conseil municipal de Saragosse depuis 2019, a été contactée par ce journal mercredi. Après avoir été informée de l’objet de l’appel – la prestation d’Abderrahim Atmoun auprès des députés européens – Mme Ayala a indiqué qu’elle ne pouvait pas répondre à ce moment-là, mais qu’elle rappellerait. Elle a ensuite refusé de répondre au téléphone.

    La socialiste a été député européenne pendant 15 ans, de 2004 à 2019. En 2018, elle s’est exposée aux critiques d’associations pro-saharaouies en évoquant au parlement le Sahara occidental dans les mêmes termes que ceux utilisés par l’État marocain pour désigner ce territoire contesté : « les provinces du sud ». Ses propos ont été filmés sur les réseaux sociaux : « Ce n’est pas à l’Union européenne de prendre des décisions ou de résoudre le problème du Sahara. D’autre part, il nous appartient de ne pas créer de problèmes plus importants, tant pour les citoyens des provinces du sud que pour le gouvernement ou le royaume marocain lui-même ».

    Un an plus tôt, Mme Ayala s’était rendue à Rabat en sa qualité de coprésidente de la commission parlementaire mixte Maroc-UE et avait déclaré que le pays était « fermement engagé à jeter les bases d’un système judiciaire indépendant du pouvoir exécutif », selon l’agence de presse officielle marocaine MAP.

    Au-delà de sa participation à la commission mixte avec l’UE, l’homme politique marocain, qui a passé près de 26 ans de sa vie en France, a évoqué son travail de lobbyiste en septembre 2017 dans l’hebdomadaire marocain Tel Quel. Il faisait référence aux accords agricoles et de pêche que Rabat négociait à l’époque avec Bruxelles : « Le Maroc est le partenaire privilégié de l’Union européenne, mais nous avons un rôle de lobbying pour défendre les intérêts du royaume ».

    Atmoun était en excellents termes avec le député socialiste italien de l’époque, Antonio Panzeri, qui est désigné dans l’enquête comme le cerveau du réseau de corruption Qatar-Maroc. Panzeri a occupé, entre autres fonctions au Parlement, celle de président de la sous-commission des droits de l’homme (2014-2017), a été membre de cet organe jusqu’en 2019 et président de la délégation pour les relations avec le Maghreb entre 2014 et 2017.

    La justice belge a inculpé Panzeri lundi dans le cadre de ce que l’on appelle désormais le Qatargate, après que la police a saisi 600 000 euros en espèces à son domicile. Lundi, aucune information n’avait encore émergé concernant le Maroc. Mais depuis ce jour, Abderrahim Atmoun, qui est toujours ambassadeur en Pologne, a cessé de poster des commentaires sur sa page Facebook, où il est habituellement assez prolifique.

    Le député marocain de l’époque avait été interviewé en 2013 par le quotidien makhzénien Le Matin, où il citait trois « victoires diplomatiques » » remportées au Parlement européen. L’un d’entre elles, selon Atmoun, était le rapport d’Antonio Panzeri sur la politique européenne de voisinage (PEV), qui régit les relations de l’UE avec 16 de ses plus proches partenaires du sud et de l’est. En 2017, alors que Panzeri était président de la sous-commission des droits de l’homme, Atmoun a également salué sur en Le Site le rapport sur les droits de l’homme et les réformes auxquelles Panzeri avait contribué dans ce rapport.

    En novembre 2016, une série de manifestations sociales dans la région du Rif au Maroc, connues sous le nom de hirak (mouvement) du Rif a éclaté, entraînant l’arrestation de centaines de jeunes. Une demi-centaine de personnes ont été condamnées en 2018 à des peines allant d’un an à deux décennies de prison pour quatre des manifestants les plus en vue. Parmi les condamnés figure le journaliste Hamid el Mahdaoui, condamné à trois ans de prison pour avoir reçu un appel, intercepté par les services secrets, dans lequel un Rifain exilé en Europe lui disait qu’il était prêt à entrer dans le Rif avec des chars. Mahdaoui a purgé ses trois ans de prison ; le leader des mobilisations, Naser Zafzafi, est toujours en prison avec une peine de 20 ans, sans que le Parlement européen n’ait jamais condamné la répression dans le Rif ou les peines qui ont suivi.

    Cependant, en octobre 2020, le Parlement européen a montré toute sa dureté à l’égard de l’Algérie dans une résolution sur la « détérioration de la situation des droits de l’homme », suite aux manifestations qui ont débuté en mars 2019 dans ce qui est devenu le hirak algérien, réclamant une véritable démocratie. À cette occasion, le Parlement a adopté la résolution contre le régime algérien par 669 voix pour, 3 contre et 22 abstentions. La résolution demandait la libération urgente de tous les « prisonniers d’opinion », dont plusieurs journalistes.

    Atmoun a étudié à l’Institut de statistique de Paris, comme le rappelait l’hebdomadaire marocain Maroc Hebdo en mars dernier, a travaillé en France comme homme d’affaires prospère dans le secteur hôtelier, selon Maroc Diplomatique, et est entré en politique en 1984 avec le parti de l’Union constitutionnelle (un parti se proclamant centriste libéral). En 2008, il rejoint le Parti authenticité et modernité (PAM), également connu sous le nom de « parti du roi », un parti fondé par un conseiller du monarque. Maroc Hebdo, qui le décrit comme un « expert en relations et en lobbying », affirme qu’il a accès à des députés européens de tous les partis politiques, avec « des centaines d’amis dans la droite européenne ». Atmoun a été décoré de la Légion d’honneur française en 2011 par le président de l’époque, le conservateur Nicolas Sarkozy. Il a été le premier homme politique marocain à la recevoir.

    El Pais, 16/12/2022

    #Qatargate #Maroc #Parlement_Européen #Eva_Kaili #Antonio_Panzeri #Francesco_Giorgi #Qatar #Marocleaks



  • Le Maroc et l’Espagne cachent la vérité sur le drame de Melilla

    Le Maroc et l’Espagne cachent la vérité sur le drame de Melilla

    Tags : Espagne, Maroc, migration, Melilla, migrants subsahariens,

    Six mois après la mort de 37 personnes à la frontière de Melilla, les familles des personnes disparues ajoutent leurs voix à une nouvelle campagne internationale pour la justice.

    L’échec désastreux des autorités espagnoles et marocaines à dévoiler la vérité sur la mort d’au moins 37 personnes originaires d’Afrique subsaharienne et sur la disparition de 77 autres après les événements mortels survenus à la frontière de l’enclave espagnole de Melilla, ainsi qu’à garantir que justice leur soit rendue, « sent la dissimulation », a déclaré Amnesty International dans un rapport publié avant les six mois de la tragédie.

    Intitulé « Ils l’ont frappé à la tête pour voir s’il était mort. » Éléments attestant de crimes de droit international commis par le Maroc et l’Espagne à la frontière à Melilla, le rapport (résumé et recommandations disponibles en français) détaille les événements survenus lorsque des personnes migrantes et réfugiées d’Afrique subsaharienne ont tenté de traverser la frontière depuis le Maroc vers l’Espagne le 24 juin. Une reconstitution de ces événements en trois dimensions est également disponible via ce lien.

    Aucun des deux pays n’a mené d’enquêtes efficaces et transparentes pour établir la vérité sur les événements de cette journée. De manière répétée, les autorités marocaines ont empêché les familles et les organisations expertes de chercher les personnes disparues.

    « Alors que nous commémorons ces tristes événements, six mois plus tard, les autorités espagnoles et marocaines continuent de nier toute responsabilité dans le carnage de Melilla. Les preuves s’accumulent au sujet de multiples violations graves des droits humains, notamment d’homicides illégaux et de mauvais traitements de personnes réfugiées et migrantes, en plus de l’absence d’informations, à ce jour, sur l’identité des personnes décédées et le sort des personnes disparues », a déclaré la secrétaire générale d’Amnesty International, Agnès Callamard.

    « Cette situation sent la dissimulation et le racisme, en même temps qu’elle remue le couteau dans une plaie déjà douloureuse. Il est essentiel que les deux gouvernements fassent éclater la vérité et la justice au sujet des événements de cette journée, afin que rien de tel ne se reproduise à l’avenir ».

    À partir de témoignages oculaires, de séquences vidéo et d’images satellite, le rapport dresse un tableau détaillé et terrible de ce qui est arrivé lorsque 2 000 personnes migrantes et réfugiées ont tenté de pénétrer à Melilla en traversant un poste-frontière appelé « Barrio chino ». Compte tenu du manque de transparence des deux gouvernements, Amnesty International a écrit aux autorités marocaines et aux autorités espagnoles pour leur demander de partager des informations sur le mandat et l’état d’avancement des enquêtes. L’organisation a également communiqué un résumé de ses conclusions aux deux gouvernements en novembre. Elle n’a reçu aucune réponse.

    Le rapport montre que les événements du 24 juin étaient prévisibles et que la perte des vies humaines aurait pu être évitée. Il révèle qu’au cours des mois et des jours précédents, les personnes réfugiées et migrantes présentes autour de Melilla ont subi de plus en plus d’attaques des forces de sécurité marocaines. Les agents ont brûlé et détruit toutes les affaires de beaucoup de ces personnes, qui ont fini par se regrouper par milliers et marcher jusqu’à la frontière, où elles se sont heurtées aux autorités marocaines et espagnoles qui ont fait un usage illégal et meurtrier de la force.

    À mesure qu’elles approchaient, les policiers les ont arrosées de pierres et de tirs de gaz lacrymogènes dans des espaces sans issue. Beaucoup de personnes blessées ont continué de recevoir des coups alors qu’elles étaient à terre, à moitié inconscientes, sans réaction ou respirant difficilement.

    « Cette situation sent la dissimulation et le racisme, en même temps qu’elle remue le couteau dans une plaie déjà douloureuse. »

    Zacharias, un Tchadien de 22 ans, a déclaré à Amnesty International : « les forces de sécurité marocaines et espagnoles nous jetaient de tout : bombes lacrymogènes, pierres, balles et munitions en caoutchouc… Nous ne voyions rien et nous pouvions à peine respirer. »

    Environ 400 personnes se sont retrouvées bloquées dans une petite zone entourée de murs, acculées par les forces marocaines. Le Laboratoire de preuves d’Amnesty International a aidé à construire un modèle immersif en trois dimensions et une reconstitution visuelle des faits qui offrent une perspective glaçante des événements et des actions des forces de sécurité, susceptibles de constituer de la torture et d’avoir abouti à des homicides illégaux.

    « On aurait dit que les policiers marocains nous avaient laissés libres d’arriver jusque là, puis nous avaient coincés… Ils ont commencé à nous envoyer des grenades lacrymogènes, des bombes acoustiques… Chacun essayait d’aller où il pouvait, c’était le chaos » a expliqué Omer, un Soudanais de 21 ans, à Amnesty International.

    Salih, un Soudanais de 27 ans, a déclaré à Amnesty International : « La police espagnole nous a aspergé les yeux pendant que la police marocaine nous jetait des pierres à la tête. »
    Ni les autorités marocaines, ni les autorités espagnoles n’ont fourni de secours médicaux rapides et adaptés aux personnes blessées ; elles ont notamment refusé l’accès à la zone à une ambulance de la Croix-Rouge, alors que des dizaines de personnes étaient abandonnées à leur sort en plein soleil, sans assistance pendant au moins huit heures.

    Une personne interrogée par Amnesty International a déclaré que les agents des forces de sécurité espagnoles avaient forcé des personnes blessées à retraverser la frontière vers le Maroc, quand bien même elles « saignaient ou présentaient des blessures ouvertes ». Un grand nombre des victimes de renvois sommaires vers le Maroc ont été emprisonnées et ont subi de nouvelles violences et atteintes aux droits humains. Un garçon soudanais de 17 ans a déclaré à Amnesty International qu’avec « toutes les personnes capturées, ils ont été conduits en prison par la police marocaine, où ils étaient frappés à la tête à coups de marteau jusqu’à ce que mort s’ensuive. D’autres personnes sont mortes pendant leur passage à tabac. »

    Il est estimé que 500 personnes ont été conduites en autocar dans des régions éloignées du pays, où elles ont été abandonnées sur le bord de la route, sans soins médicaux, après avoir été dépossédées de leurs affaires. Certaines ont déclaré à Amnesty International avoir été transférées de force à plus de 1 000 km.

    Ni le gouvernement marocain, ni le gouvernement espagnol n’ont diffusé les résultats préliminaires d’aucune enquête sur le nombre de personnes décédées et sur les causes de leur mort. Par ailleurs, ils n’ont annoncé à aucun moment avoir ouvert d’enquête sur l’usage de la force par les agents à la frontière. Aucun des deux gouvernements n’a diffusé les images enregistrées par les caméras de vidéosurveillance le long de la frontière et les autorités espagnoles ont refusé d’ouvrir une enquête indépendante.

    Au lieu d’aider les ONG et les familles des personnes mortes et disparues, les autorités marocaines ont rendu leurs recherches pratiquement impossibles. Cette situation est éprouvante pour les familles qui cherchent à retrouver la trace de leurs proches. Jalal, le frère d’Abdel Shakour Yehia, un Soudanais de 24 ans, a déclaré à Amnesty International : « si mon frère était vivant, il nous aurait contactés. Je pense qu’il est a été victime de disparition forcée ».

    Après des mois sans aucune nouvelle de lui, Huwaida, la nièce d’Anwar – un Soudanais de 27 ans disparu depuis le 24 juin – a vu des vidéos et des photos de son corps, apparemment sans vie, qui avaient été publiées en ligne. Elle a déclaré à Amnesty International : « Sans lui, il n’y a plus de rire ni d’action. Sa mère pense beaucoup à lui. Elle veut savoir ce qu’il s’est passé. Je vous supplie de nous aider à obtenir justice. »

    Depuis plus de dix ans, les expert·e·s des Nations unies expriment leurs inquiétudes au sujet du traitement discriminatoire des personnes subsahariennes à cette frontière. Le 1er novembre 2022, la rapporteuse spéciale des Nations unies sur les formes contemporaines de racisme, de discrimination raciale, de xénophobie et de l’intolérance qui y est associée a déclaré que les violences de Melilla « sont révélatrices de la situation actuelle aux frontières de l’Union européenne, à savoir, une exclusion des personnes racisées et des violences mortelles déployées pour ne pas laisser entrer les personnes originaires d’Afrique ou du Moyen-Orient, ainsi que les autres populations non blanches ».

    « L’usage illégal de la force à Melilla laisse une tache indélébile, non seulement sur les mains des forces de sécurité marocaines et espagnoles, mais aussi sur celles de toutes les personnes qui défendent des politiques migratoires racistes, susceptibles d’engendrer des préjudices et des violences contre les personnes qui cherchent à franchir les frontières. Au lieu de fortifier ces frontières, les autorités doivent ouvrir des voies sûres et légales pour les personnes cherchant refuge en Europe », a déclaré Agnès Callamard.

    « Les autorités marocaines et espagnoles doivent communiquer de manière transparente sur le mandat et les limites de toute enquête en cours ; elles doivent non seulement garantir l’efficacité de l’exécution de ces enquêtes en coopérant pleinement avec elles, mais aussi veiller à ce que leur mandat soit élargi pour inclure les allégations de racisme. »

    Complément d’informations

    Les États ont le droit de prendre des mesures pour empêcher toute entrée non autorisée à leurs frontières, mais ils doivent le faire d’une manière qui n’enfreigne pas les droits humains.
    Au cours des mois écoulés depuis le 24 juin, de plus en plus de détails des événements ont été mis au jour et les autorités espagnoles et marocaines subissent une pression croissante.

    À l’issue d’une visite à Melilla, fin novembre, la Commissaire aux droits de l’homme du Conseil de l’Europe a critiqué publiquement le fait que les demandeurs et demandeuses d’asile présents au Maroc n’avaient aucun accès « réel et effectif » à l’asile au poste-frontière, ce qui laisse aux personnes migrantes peu d’autres choix que d’essayer de traverser la frontière illégalement.

    Par ailleurs, le médiateur espagnol a conclu, après une enquête préliminaire et une visite à Melilla, qu’au moins 470 personnes migrantes et réfugiées avaient été renvoyées sommairement au Maroc depuis l’Espagne, et a rappelé à l’État son obligation de prévenir les mauvais traitements.

    Amnesty International, 13/12/2022

    #Maroc #Espagne #Migration #Melilla