Catégorie : Monde

  • Les acteurs de « Validé » s’expriment sur l’emprisonnement de Brahim Bouhlel au Maroc

    Alors qu’il a fait une demande d’une libération sous caution en attendant son jugement en appel suite à sa condamnation à une peine de 8 mois de prison par la justice Marocaine, Brahim Bouhlel vient d’avoir pour la première fois depuis le début de la polémique de sa vidéo humoristique humiliante pour le peuple du Maroc le soutien de ses amis de la série Validé.

    Emprisonné depuis le début du mois d’avril au Maroc après la diffusion d’une vidéo insultante contre le peuple du Maroc en compagnie de l’influenceur Zbarbooking, les deux hommes sont toujours en prison, l’affaire fait réagir des nombreuses personnalités mais depuis le début l’équipe de la série Validé n’avait aucun commentaire sur ce scandale .

    “On ne lui tourne pas le dos on le corrige”

    Condamné pour “diffusion d’une vidéo d’une personne sans son consentement” et “détournement de mineur”, le week-end dernier Saidou Camara alias William a décidé de sortir du silence sur son compte Instagram, “Quand un frère merde on ne lui tourne pas le dos on le corrige . C’est ça la famille ❤️ force à mon frère ” a-t-il déclaré en postant une photo en compagnie de Brahim Bouhlel tout en mentionnant son profil sur le réseau social. Un avis partagé par Franck Gastambide, ce dernier a commenté la publication avec un émoji coeur ou encore Sabrina Ouazani et Adel Bencherif qui ont fait comme le réalisateur français alors que la saison de 2 de la série Validé devrait sortir très prochainement.

    « Je souhaite avant toute chose présenter mes plus sincères excuses au peuple marocain. Mais je voulais vous dire que dans cette vidéo, ma volonté n’était autre que de justement me moquer des gens qui véhiculent ces clichés c’était complètement parodique. Je joue un personnage. J’essayais d’être drôle mais je reconnais que je me suis totalement planté. s’était excusé publiquement Brahim Bouhlel après que cette vidéo soit révélée sur les réseaux mais cela n’a pas suffit à alléger sa peine face à la justice Marocaine qui a été sans pitié avec lui en infligeant 8 mois de prison ferme, « J’aime profondément ce pays et ses habitants. Je passe chaque jour du temps avec les enfants qui apparaissent sur cette vidéo. Ce soir, je suis complètement effondré en prenant conscience du mal que j’ai fait. Je comprends à quel point mes propos sont graves et c’est pour ça que je vous demande sincèrement pardon. » avait-il ensuite ajouté dans son message avant son incarcération.

    13or-du-hiphop, 10 mai 2021

    Etiquettes : Brahim Bouhlel, Validé, 13or-du-hiphop, Saidou Camara alias William, Franck Gastambide, Sabrina Ouazani, Adel Bencherif, Maroc,

  • France/ Intégrisme d’extrême droite

    par Abdou BENABBOU

    Une odeur de soufre de plus en plus prenante se dégage au nord de la mer Méditerranée. A la sortie de la tanière de la vingtaine de généraux français en retraite a surgi ces dernières heures une nouvelle pétition attribuée à un fantomatique conglomérat de militaires d’active appelant à l’insurrection. La revue Valeurs actuelles, porte-parole attitrée de l’extrême droite française a ouvert les vannes à la veille des élections présidentielles pour glorifier les activismes qui réclament l’insoumission. Il était inutile d’aller chercher à dévoiler la consistance des signataires de la pétition et celle de la nature de leurs faces tant il est certain que l’extrême droite française n’a qu’un seul visage.

    Ce qui est voulu comme un événement n’est pas une salade politique franco-française car les enjeux électoraux dans ce pays voisin en ce moment se focalisent essentiellement sur la religion musulmane et par conséquent sur les musulmans. Le haro scandé de plus en plus avec force, alimenté par des amalgames non dépourvus d’hypocrisie de la totalité de la classe politique française, à quelques exceptions près, se déchaîne d’abord sans ménagement contre les plus de 4,5 millions de ressortissants d’origine maghrébine pour la plupart de religion musulmane.

    La victoire aux présidentielles prochaines du parti du Rassemblement national est de plus en plus supposée. Ses lignes politiques directrices sont connues. Elles ne sont pas loin de l’esprit hitlérien qui a mené le monde à la catastrophe. On n’en est pas encore là aujourd’hui. Mais quand on entend de la bouche de l’intégrisme droitier, de surcroît inscrit dans son programme, qu’il faille que les immigrés soient déportés vers leurs pays d’origine, un futur sombre n’est pas à écarter.

    Dans son long parcours, l’Histoire a souvent démontré que la nationalité acquise n’est pas toujours une protection et une garantie. Quand des politiques parviennent aux portes du pouvoir absolu et brandissent prétendument l’argument du danger menaçant leur civilisation, aucune frontière ni limite n’obstruent les actions de pure folie. En filigrane, il est dit et répété par les officiels comme par ceux qui lorgnent sur le pouvoir que la guerre des religions est déclarée.

    Aux graves remous qui secouent actuellement la France, les pays du Maghreb et particulièrement l’Algérie dont une bonne proportion de ses enfants vit en France ne peuvent être insensibles.

    Le Quotidien d’Oran, 12 mai 2021

    Etiquettes : France, extrême droite, Les Républicains, Rassemblement National, extrémisme, intégrisme, généraux français, pétition, Valeurs actuelles,

  • Palestine/ Le cautionnement des traîtres

    Les sionistes se déchaînent. Ils ne font plus de quartier et n’épargnent ni femmes ni enfants, ni vieux. La machine militaire israélienne écrase tout sur son passage et ne fait aucune distinction, tuant et emprisonnant à tour de bras dans différentes régions de la Palestine martyrisée.

    Depuis prés d’un mois, les Palestiniens vivent le calvaire. Un calvaire qui s’est décuplé ces deux dernières semaines où les colons juifs et l’armée israélienne perpètrent tous les crimes à Jérusalem et à Ghaza. Le nombre de morts et de blessés ne cesse de s’allonger chaque jour davantage. Face à cela, le silence de la fameuse communauté internationale est étourdissant. Les plus hardis parlent et appellent à une retenue, mettant à égalité bourreau et victime, d’autres comme les Américains, font carrément l’impasse sur les atrocités israéliennes et se précipitent pour condamner les tirs de roquettes lancés par le Hamas.

    Des roquettes aveugles qui au mieux peuvent apeurés d’hypocrites sionistes, mais font rarement ou pas du tout de victimes. Alors qu’en face la machine militaire israélienne a déjà tué prés de 30 personnes, dont une majorité d’enfants palestiniens, sans que ces crimes ne soient condamnés par les bien pensants du monde d’aujourd’hui. A croire que nos vies nous les Arabes ne valent rien, alors qu’un léger blessé sioniste émeut toute la planète et les grands de ce monde.

    Une injustice qui condamne en réalité la cause palestinienne et qui indique clairement que la politique des deux poids deux mesures accompagnera tout le temps ce conflit qui dure depuis plus de 70 ans. Mais comment peut-il en être autrement, quand les Arabes eux-mêmes, sont les premiers à tourner le dos aux Palestiniens. Comment peut il en être autrement quand des traîtres au Bahreïn, aux Emirats ou au Maroc vont faire la courbette aux sionistes et leur donner la caution morale pour tuer les Palestiniens sans aucune distinction ni retenue.

    Comment peut il en être autrement quand un roi comme celui du Maroc s’enorgueillit de compter Israël parmi ses alliés, alors qu’il se prétend « Amir el Mouaminine » et président du Comité d’Al Qods, ville éternelle qu’il a salie de son nom et de sa présidence. Ce sont ces énergumènes là qui ont permis à Netanyahu de tout se permette, car il jouit du cautionnement de ces traites arabes avant de jouir du cautionnement des Américains ou des Européens.
    Mais oseront-ils ces vendus changer de politiques et de positions en arrêtant la normalisation de leur relation avec les sionistes ? Non ils ne le feront pas, car ils ont choisi leur camp et vendu leurs âmes au diable. Un diable dont ils espèrent protection et alliance dans leur conflit avec… leurs frères arabes et musulmans.

    Par Abdelmadjid Blidi

    Ouest Tribune, 12 mai 2021

    Etiquettes : Israël, Palestine, Al Qods, Jérusalem, Maroc, Emirats Arabes Unis, EAU, normalisation,

  • Le gouvernement allemand fait des insultes motivées par la haine un crime

    BERLIN (AP) – Le gouvernement allemand a adopté mercredi une nouvelle loi faisant des insultes motivées par la haine un délit pénal passible d’une amende ou d’une peine de prison pouvant aller jusqu’à deux ans.

    Le ministre allemand de la Justice a déclaré que la nouvelle loi vise à protéger les juifs, les musulmans, les homosexuels, les personnes handicapées et d’autres personnes.

    « Il est de notre responsabilité de protéger chaque personne de notre société contre l’hostilité et l’exclusion », a déclaré Christine Lambrecht, rapporte l’agence de presse allemande dpa.

    La nouvelle mesure, qui doit encore être approuvée par le Parlement, inclut les messages de haine insultants envoyés sous forme de textes, de courriels ou de lettres.

    « Les membres des communautés juives ou musulmanes sont raillés et dénigrés », a déclaré Mme Lambrecht.

    Les crimes haineux et les attaques contre les minorités ont augmenté en Allemagne ces dernières années et, avec l’utilisation croissante des médias sociaux, les insultes ciblées sont devenues monnaie courante, selon les groupes qui suivent les crimes haineux.

    En vertu de la législation en vigueur, les insultes étant personnelles et non publiques, elles ne peuvent être sanctionnées en tant qu’incitation à la haine raciale.

    Associates Press, 12 mai 2021

    Etiquettes : insultes, haine, crime, racisme, discriminations, juifs, musulmans, homosexuels, personnes handicapées,

  • Le dur Ahmadinejad cherche à nouveau à devenir président de l’Iran.

    TEHRAN, Iran (AP) – L’ancien président iranien Mahmoud Ahmadinejad, partisan de la ligne dure, s’est inscrit mercredi pour se présenter à nouveau à la présidence de la République islamique, ce qui soulève la possibilité que le leader populiste qui a rapidement fait progresser le programme nucléaire de Téhéran pour défier l’Occident puisse revenir au poste civil le plus élevé du pays.

    La tentative d’Ahmadinejad de se représenter en 2017 n’a pas tenu compte des propos du guide suprême iranien, l’ayatollah Ali Khamenei, qui avait averti le politicien incendiaire et contestataire de l’Holocauste que sa candidature entraînerait une « situation polarisée » qui serait « néfaste pour le pays ».

    Cette fois, cependant, Khamenei ne semble pas contester directement la candidature de l’ancien maire de Téhéran, âgé de 64 ans, qui participe à une élection largement ouverte pour remplacer le président Hassan Rouhani, relativement modéré. C’est un conseil supervisé par M. Khamenei qui déterminera en dernier ressort si M. Ahmadinejad et les autres candidats peuvent se présenter au scrutin du 18 juin.

    Alors que l’Iran négocie avec les puissances mondiales au sujet de son accord nucléaire en lambeaux, dans un contexte de tensions avec les États-Unis, l’entrée en scène d’Ahmadinejad pourrait animer une élection qui, jusqu’à présent, n’a pas suscité l’enthousiasme des Iraniens en raison de la pandémie de coronavirus et des sanctions écrasantes.

    Entouré de partisans qui criaient, M. Ahmadinejad s’est dirigé vers un centre d’enregistrement du ministère de l’Intérieur, où il a rempli des formulaires d’inscription. Il a levé les mains en faisant le salut « V pour Victoire » avant de s’adresser aux journalistes.

    « Ma présence aujourd’hui pour l’enregistrement est basée sur la demande de millions de personnes pour ma participation à l’élection », a-t-il déclaré, ajoutant que le mouvement est également venu après avoir « considéré la situation du pays, et la nécessité d’une révolution dans la gestion du pays. »

    M. Ahmadinejad a déjà effectué deux mandats de quatre ans, de 2005 à 2013. En vertu de la loi iranienne, il peut se représenter après quatre ans d’absence, mais il reste une figure polarisante, même parmi les partisans de la ligne dure. Sa réélection contestée en 2009 a déclenché des manifestations massives du « Mouvement vert » et une vaste répression au cours de laquelle des milliers de personnes ont été arrêtées et des dizaines tuées.

    À l’étranger, il est devenu une caricature des perceptions occidentales des pires attributs de la République islamique, comme la remise en question de l’Holocauste, l’insistance sur le fait que l’Iran n’avait pas de citoyens gays ou lesbiennes et l’allusion au fait que l’Iran pourrait fabriquer une arme nucléaire s’il le souhaitait.

    Mais Ahmadinejad reste populaire parmi les pauvres pour ses efforts populistes et ses programmes de construction de maisons. Depuis qu’il a quitté le pouvoir, il a rehaussé son profil par une présence sur les médias sociaux et a écrit des lettres très médiatisées aux dirigeants mondiaux. Il a également critiqué la corruption du gouvernement, bien que sa propre administration ait fait face à des allégations de corruption et que deux de ses anciens vice-présidents aient été emprisonnés.

    Contrairement à 2017, cependant, Khamenei n’a pas mis en garde Ahmadinejad contre la campagne et indique même qu’il gardera le silence sur ses opinions.

    « Lors des élections passées, ceux qui voulaient devenir candidats venaient me demander : « Êtes-vous d’accord ? ». Khamenei a déclaré dans un discours par vidéoconférence mardi soir devant des étudiants universitaires iraniens. « Cette année, j’ai dit que je ne le dirai même pas ».

    L’Iran a ouvert les inscriptions pour l’élection présidentielle mardi, donnant le coup d’envoi de la course alors que l’incertitude plane sur l’accord nucléaire en lambeaux de Téhéran avec les puissances mondiales et que les tensions restent élevées avec l’Occident. L’élection se déroulera jusqu’à samedi.

    Rostam Ghasemi, qui a été ministre du pétrole sous Ahmadinejad et général des Gardiens de la révolution paramilitaires iraniens, s’est également inscrit mercredi. Les partisans de la ligne dure suggèrent de plus en plus qu’un ancien commandant militaire devrait être président étant donné les problèmes du pays, ce qui n’est pas arrivé depuis la révolution islamique de 1979 et la purge des forces armées qui a suivi.

    « Une grande partie de la population est passée sous le seuil de pauvreté. Je pense que les devises telles que ‘cela peut être fait’ ou ‘cela doit être fait’ appartiennent au passé », a déclaré M. Ghasemi aux journalistes. « Si Dieu le veut, avec l’expérience acquise dans le passé, le peuple ne donnera pas la barre du pays à des gens qui n’ont même pas navigué sur un bateau auparavant. »

    En Iran, les candidats se répartissent sur un spectre politique comprenant des partisans de la ligne dure qui veulent développer le programme nucléaire iranien et affronter le monde, des modérés qui s’accrochent au statu quo et des réformistes qui veulent changer la théocratie de l’intérieur.

    Les partisans d’un changement radical ne peuvent même pas se présenter aux élections, car le Conseil des gardiens, un groupe de 12 membres, examine et approuve les candidats sous le contrôle de Khamenei.

    Parmi les réformateurs, cependant, un candidat clair n’a pas encore émergé. Certains ont mentionné le ministre des affaires étrangères, Mohammad Javad Zarif, bien qu’il soit aujourd’hui impliqué dans un scandale lié à la fuite d’un enregistrement dans lequel il critiquait franchement la Garde et les limites du pouvoir du gouvernement civil.

    Mais Zarif a semblé mercredi fermer la porte à cette spéculation dans un post Instagram.

    « Dans ma solitude, j’ai pensé et calculé mes manquements, tant intérieurs qu’extérieurs, dans une situation difficile et tendue », a-t-il écrit. J’ai « finalement conclu en toute conscience que ma participation n’est pas en accord avec la vertu et l’opportunité de la nation et du pays. »

    Associated Press, 12 mai 2021

    Etiquettes : Iran, Mahmoud Ahmadinejad, Ali Khamenei, Hassan Rouhani, candidature, élections présidentielles,

  • Un groupe d’experts suggère que l’OMS ait plus de pouvoir pour arrêter les pandémies

    GENÈVE (AP) – Un groupe d’experts indépendants qui a examiné la réponse de l’Organisation mondiale de la santé à la pandémie de coronavirus a déclaré que l’agence de santé des Nations Unies devrait se voir accorder des « droits d’accès garantis » dans les pays pour enquêter sur les épidémies émergentes, une idée controversée qui lui donnerait plus de pouvoirs et exigerait que les États membres renoncent à certains des leurs.

    Dans un rapport publié mercredi, le groupe reproche aux pays du monde entier leur lenteur à réagir à l’épidémie de COVID-19, affirmant que la plupart ont attendu de voir comment le virus se propageait jusqu’à ce qu’il soit trop tard pour le contenir, ce qui a entraîné des résultats catastrophiques. Le groupe a également critiqué le manque de leadership mondial et les lois sanitaires internationales restrictives qui ont « entravé » la réponse de l’OMS à la pandémie.

    Certains experts ont reproché au groupe d’experts de ne pas avoir tenu l’OMS et d’autres organismes responsables de leurs actions au cours du COVID-19, décrivant cela comme « une abdication de responsabilité ».

    Lawrence Gostin, de l’université de Georgetown, a déclaré que le groupe « ne désigne pas les mauvais acteurs comme la Chine, perpétuant ainsi la tradition dysfonctionnelle de l’OMS qui privilégie la diplomatie à la franchise, à la transparence et à la responsabilité ».

    Le groupe était dirigé par l’ancienne présidente du Liberia, Ellen Johnson Sirleaf, et l’ancien Premier ministre néo-zélandais, Helen Clark, qui ont été chargés par l’OMS l’année dernière d’examiner la réponse de l’agence des Nations unies au COVID-19 après avoir accédé à une demande des pays membres.

    « La situation dans laquelle nous nous trouvons aujourd’hui aurait pu être évitée », a déclaré Mme Johnson Sirleaf.

    Outre l’appel à renforcer la capacité de l’OMS à enquêter sur les flambées épidémiques, le groupe a formulé toute une série de recommandations, notamment celle d’inviter l’agence sanitaire et l’Organisation mondiale du commerce à convoquer une réunion des pays producteurs de vaccins et des fabricants afin de conclure rapidement des accords sur l’octroi de licences volontaires et le transfert de technologie, dans le but d’accroître l’offre mondiale de vaccins contre le coronavirus.

    Le panel a également suggéré que le directeur général de l’OMS – actuellement Tedros Adhanom Ghebreyesus (Éthiopie) – soit limité à un seul mandat de sept ans. À l’heure actuelle, le directeur de l’OMS est élu pour un mandat de cinq ans, renouvelable une fois.

    La suggestion de limiter le mandat du principal dirigeant de l’OMS semblait en partie destinée à atténuer la pression politique intense à laquelle les directeurs généraux de l’OMS peuvent être confrontés. L’année dernière, l’administration Trump a invectivé à plusieurs reprises la gestion de la pandémie par l’agence – s’en prenant à la collusion présumée de l’OMS avec la Chine.

    En juin, une enquête de l’Associated Press a révélé que l’OMS avait à plusieurs reprises félicité la Chine en public, alors que les responsables se plaignaient en privé que les autorités chinoises tardaient à leur communiquer des informations essentielles sur l’épidémie, notamment la séquence génétique du nouveau virus.

    M. Clark a déclaré que le système mondial de surveillance des maladies devait être revu et que le rôle de l’OMS devait être renforcé.

    « L’OMS devrait disposer des pouvoirs nécessaires pour enquêter sur les épidémies préoccupantes, avec des droits d’accès garantis rapidement et la possibilité de publier des informations sans attendre l’approbation des États membres », a-t-elle déclaré.

    Sophie Harman, professeur de politique internationale à l’université Queen Mary de Londres, a déclaré qu’il était peu probable que les recommandations du groupe d’experts soient entièrement accueillies par les pays membres de l’OMS, et donc peu susceptibles d’être mises en œuvre.

    « Quels sont les États qui autoriseraient l’OMS à enquêter sur une épidémie sans leur permission ? », a-t-elle demandé.

    De nombreux médecins fatigués après avoir traité des patients atteints du COVID-19 ont déclaré que toute réforme de l’OMS devrait inclure une évaluation de sa capacité à évaluer correctement la science d’une menace sanitaire émergente.

    David Tomlinson, un médecin britannique qui a fait campagne pour les travailleurs de la santé pendant la pandémie au Royaume-Uni, a déclaré que l’OMS avait « échoué sur l’aspect le plus fondamental » dans sa direction scientifique du COVID-19. Selon lui, le fait que l’OMS n’ait pas reconnu que la transmission du coronavirus se fait en grande partie dans l’air a « amplifié la pandémie ».

    L’OMS a déclaré que la propagation du coronavirus peut se produire dans des circonstances limitées dans l’air mais a recommandé de ne pas porter de masque pour le grand public jusqu’en juin dernier.

    Clare Wenham, professeur de politique de santé mondiale à la London School of Economics, a déclaré que le rapport était globalement bon, mais a remis en question son soutien au programme de vaccins contre le coronavirus soutenu par les Nations unies, appelé COVAX, qui repose sur un modèle de « don ». Sur les millions de vaccins COVID-19 administrés à ce jour, les pays en développement n’en ont reçu que 7 %, a indiqué l’OMS cette semaine.

    « (COVAX) ne répond pas à l’un des principaux problèmes, à savoir que nous devons accélérer rapidement la production des vaccins et leur distribution », a-t-elle déclaré. « Et il fonctionne toujours sur le modèle d’un nombre limité de vaccins qui ne peuvent être produits que par un certain nombre de sites de fabrication ».

    Dans l’ensemble, elle a suggéré que les politiciens devaient bouger davantage que les institutions techniques comme l’OMS.

    « Les problèmes ne sont pas techniques. Les problèmes sont politiques. Les problèmes sont du genre : Comment amener les gouvernements à se comporter et à penser aux choses au-delà de leurs propres frontières ? » a déclaré M. Wenham. « Je ne pense pas que cela ait été résolu ».

    Associated Press, 12 mai 2021

    Etiquettes : OMS, experts, coronavirus, covid 19, pandémie, Ellen Johnson Sirleaf, Helen Clark,

  • La situation à Ghaza, Al Qods et Israël

    Le groupe militant palestinien Hamas a confirmé que son commandant de la ville de Gaza a été tué dans une frappe aérienne israélienne mercredi.

    Bassem Issa était la plus haute figure militaire du Hamas à être tuée par Israël depuis 2014. La déclaration de mercredi était la première fois que le Hamas reconnaissait la mort de militants dans cette série de combats avec Israël.

    La branche armée du Hamas a déclaré qu’Issa avait été tué « avec quelques-uns de ses frères dirigeants et combattants saints » lors des combats qui se déroulent depuis deux jours à Gaza.

    L’agence de sécurité intérieure israélienne a déclaré qu’une série de frappes aériennes avait tué Issa et plusieurs autres militants de haut rang du Hamas, dont le responsable du développement des roquettes et de la cyberguerre, le responsable de la production des roquettes et le chef du génie du Hamas.

    Issa et plusieurs autres commandants responsables des différents districts de la bande de Gaza formaient le conseil militaire du Hamas, la plus haute instance décidant des opérations militantes du groupe. Le conseil militaire est dirigé par Mohammed Deif.
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    Le ministère de la santé de Gaza indique que le bilan des frappes aériennes israéliennes sur Gaza s’élève à 43 morts, dont 13 enfants et trois femmes.

    Il indique que près de 300 Palestiniens du territoire ont été blessés dans ces frappes.

    Les frappes ont commencé lundi après que les Palestiniens ont lancé un barrage de roquettes sur Israël. Les pires combats depuis la guerre de 2014 à Gaza ont été allumés par des affrontements à Jérusalem ces dernières semaines entre des manifestants palestiniens et la police israélienne concentrés sur l’enceinte de la mosquée Al-Aqsa, un site sacré pour les juifs et les musulmans.

    Le chef du service d’urgence d’Israël indique également qu’une personne a été tuée et une autre grièvement blessée par un missile antichar tiré depuis la bande de Gaza.

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    Les services de lutte contre les incendies israéliens déclarent avoir presque entièrement éteint l’incendie d’une installation pétrolière dans le sud d’Israël, qui avait été déclenché par une roquette tirée par des militants du Hamas.

    La roquette a atterri mardi soir près d’une installation de Petroleum and Energy Infrastructures Ltd. au sud d’Ashkelon, lors d’un important barrage des militants de Gaza. Le résultat a été un incendie massif dans un réservoir de stockage qui a brûlé toute la nuit et le mercredi.

    Les services d’incendie et de secours israéliens ont déclaré que 20 équipes travaillaient depuis 25 heures pour éteindre le brasier qui dégageait une épaisse colonne de fumée noire. L’entreprise publique israélienne Petroleum and Energy Infrastructures a déclaré que le carburant avait été transféré dans une autre installation de stockage.

    Mercredi, le panache de fumée s’élevait toujours au-dessus d’Ashkelon. Les responsables israéliens de la santé et de l’environnement ont demandé aux habitants de la région d’éviter les séjours prolongés à l’extérieur.

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    Le président d’Israël déclare que les dirigeants arabes du pays « apportent leur soutien au terrorisme et aux émeutes » en gardant le silence sur une flambée de troubles dans les communautés mixtes.

    Reuven Rivlin a déclaré mercredi que le « silence des dirigeants arabes » sur la violence dans les communautés mixtes judéo-arabes revient à « encourager la rupture de la société » au milieu de la plus grave flambée de violence depuis la guerre de 2014 à Gaza.

    Rivlin affirme qu’Israël « doit poursuivre les émeutiers d’une main ferme (pour) rétablir la sécurité et l’ordre pour nous tous, également tout en combattant le terrorisme de Gaza sans compromis. »

    Les troubles qui ont commencé à la mosquée Al-Aqsa à Jérusalem se sont propagés en Israël même. Ils interviennent après que le Hamas a appelé à une intifada, ou soulèvement, palestinienne de grande ampleur.

    Dans la ville israélienne de Lod, un Arabe israélien de 52 ans et sa fille de 16 ans ont été tués tôt mercredi lorsqu’une roquette a atterri dans la cour de leur maison à un étage.

    Lod a également été le théâtre de violents affrontements après que des milliers de personnes se sont jointes aux funérailles d’un homme arabe tué la nuit précédente, le suspect étant un tireur juif. Les médias israéliens ont rapporté que la foule s’est battue avec la police et a mis le feu à une synagogue et à une trentaine de véhicules.

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    L’armée israélienne affirme avoir tué plusieurs hauts commandants militants du Hamas lors de frappes aériennes à Gaza et à Khan Younis.

    L’armée a publié une déclaration mercredi, indiquant qu’elle a mené une « opération complexe et inédite ». Les personnes visées étaient « un élément clé de l’état-major du Hamas » et étaient considérées comme proches du chef de la branche militaire du groupe.

    Le Hamas n’a fait aucun commentaire.
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    Le Premier ministre Benjamin Netanyahu déclare qu’Israël utilisera « une main de fer si nécessaire » pour mettre fin aux protestations généralisées des citoyens arabes qui ont entraîné des blessures, des arrestations et des dommages matériels.

    Netanyahu a déclaré mercredi qu’Israël allait « arrêter l’anarchie » après avoir déployé les forces de la police des frontières pour calmer les troubles de ces derniers jours dans les villes de Lod et Acre.

    Ces troubles croissants interviennent après des semaines de violence à Jérusalem et de violents combats entre Israël et les militants du Hamas dans la bande de Gaza ces derniers jours. Ces combats trouvent leur origine dans un long conflit autour de la ville contestée de Jérusalem. Après que le Hamas a fait pleuvoir des roquettes à l’intérieur d’Israël lundi, le conflit a soudainement éclaté et ressemble de plus en plus à la guerre de Gaza de 2014.

    Netayahu déclare qu’Israël va « arrêter l’anarchie et rétablir la gouvernance des villes d’Israël, avec une main de fer si nécessaire, avec toutes les forces nécessaires et toutes les autorités requises. »

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    Le chef du service d’urgence d’Israël déclare qu’une personne a été tuée et une autre gravement blessée par un missile antichar tiré depuis la bande de Gaza.

    Eli Bein, du Magen David Adom, a déclaré que l’attaque de mercredi matin a touché une jeep. Les médias israéliens ont rapporté l’attaque. L’attaque est survenue après une nuit d’échanges meurtriers de tirs de roquettes entre Israël et les Palestiniens. Il s’agit d’une brusque escalade après des semaines de tensions qui trouvent leur origine dans le conflit de Jérusalem.

    Associated Press, 12 mai 2021

    Etiquettes : Israël, Ghaza, Hamas, Palestine, roquettes, Jérusalem, Al Qods, Al Aqsa,

  • Le virus du SIDA utilisé en thérapie génique pour soigner la maladie du « bébé bulle ».

    Une thérapie génique faisant appel à un auxiliaire improbable, le virus du sida, a permis de redonner un système immunitaire fonctionnel à 48 bébés et jeunes enfants qui en étaient dépourvus à la naissance, ont rapporté des médecins mardi.

    Les résultats montrent que tous les enfants, à l’exception de deux d’entre eux, qui ont reçu la thérapie expérimentale dans le cadre d’une étude, ont désormais des capacités saines de lutte contre les germes.

    « Nous prenons ce qui aurait été une maladie mortelle et guérissons la plupart de ces enfants avec un seul traitement, a déclaré le Dr Donald Kohn de l’hôpital pour enfants Mattel de l’UCLA, qui a dirigé l’étude.

    « Ils sont en liberté, vont à l’école, font des choses normales, sans craindre qu’une infection ne mette leur vie en danger, a-t-il ajouté.

    Les deux autres enfants qui n’ont pas bénéficié de la thérapie génique ont ensuite subi avec succès une greffe de moelle osseuse. Les médecins disent qu’il faudra plus de temps pour savoir si l’un des 50 enfants est guéri, mais ils semblent aller bien jusqu’à présent.

    Les enfants étaient atteints du syndrome d’immunodéficience combinée sévère, ou SCID, qui est causé par un défaut génétique héréditaire qui empêche la moelle osseuse de produire des versions saines des cellules sanguines qui forment le système immunitaire. Sans traitement, cette maladie est souvent mortelle au cours de la première ou des deux premières années de vie.

    Elle est devenue connue sous le nom de « maladie du garçon bulle » en raison d’un cas survenu dans les années 1970 impliquant un garçon du Texas qui a vécu pendant 12 ans dans une bulle de plastique protectrice pour l’isoler des microbes. On l’appelle maintenant « maladie des bébés bulles » parce qu’une vingtaine de défauts génétiques différents, dont certains affectent aussi bien les filles que les garçons, peuvent la provoquer.

    Une greffe de moelle osseuse d’un frère ou d’une sœur génétiquement compatible peut guérir la maladie, mais la plupart des enfants n’ont pas de donneur compatible et le traitement est risqué – le garçon texan est mort après une greffe.

    Les patients sont maintenant traités par des doses bihebdomadaires d’antibiotiques et d’anticorps qui combattent les germes, mais ce n’est pas une solution permanente.

    Les médecins pensent que la thérapie génique pourrait l’être. Ils prélèvent une partie des cellules sanguines du patient, utilisent un virus du sida désactivé pour insérer une version saine du gène dont les enfants ont besoin, puis renvoient les cellules par voie intraveineuse.

    Josselyn Kish, aujourd’hui âgée de 11 ans et vivant à Las Vegas, a subi cette thérapie à l’UCLA lorsqu’elle avait 3 ans. Lorsqu’elle était bébé, elle souffrait d’éruptions cutanées, d’un zona douloureux et de diarrhées fréquentes, a déclaré sa mère, Kim Carter. « La crèche m’appelait plusieurs fois par semaine pour que je vienne la chercher parce qu’elle avait toujours de la fièvre ».

    Après la thérapie génique, « elle a tout de suite été mieux », a déclaré Mme Carter. Aujourd’hui, « elle tombe rarement, rarement malade » et a pu se rétablir chaque fois qu’elle l’a fait. Cet espoir s’étend à la nouvelle infection de Josselyn – on vient de lui diagnostiquer le COVID-19 et jusqu’à présent, elle ne présente que des symptômes très légers.

    Au total, 27 enfants ont été traités à l’hôpital de Los Angeles, trois aux Instituts nationaux de la santé des États-Unis près de Washington et 20 au Great Ormond Street Hospital de Londres. Le fait que le traitement semble sûr dans plusieurs hôpitaux qui le pratiquent rend l’étude « très puissante », a déclaré le Dr Stephen Gottschalk du St. Jude Children’s Research Hospital à Memphis.

    Il n’a joué aucun rôle dans la nouvelle étude, mais lui et ses collègues ont réalisé une thérapie génique similaire sur 17 autres enfants atteints de SCID.

    « Les gens nous demandent si c’est un remède. Qui sait à long terme, mais au moins jusqu’à trois ans, ces enfants se portent bien », a déclaré Gottschalk. « La fonction immunitaire semble stable dans le temps, donc je pense que c’est très, très encourageant ».

    Les résultats de l’étude dirigée par UCLA ont été publiés mardi par le New England Journal of Medicine et présentés lors d’une conférence en ligne de l’American Society of Gene & Cell Therapy. Les travaux ont été financés par des subventions des agences sanitaires des gouvernements américain et britannique et par l’Institut californien de médecine régénérative, financé par les impôts. Kohn est un inventeur du traitement et un conseiller de la société qui le développe actuellement, Orchard Therapeutics, basée à Londres.

    Le département santé et sciences de l’Associated Press reçoit le soutien du département d’éducation scientifique du Howard Hughes Medical Institute. L’AP est seul responsable de tout le contenu.

    Associated Press, 11 mai 2021

    Etiquettes : Sida, thérapie génique, bébé à bulles,

  • Des courriels internes révèlent que l’OMS était au courant des allégations d’abus sexuels au Congo

    BENI, Congo (AP) – Lorsque Shekinah travaillait comme aide-soignante dans le nord-est du Congo en janvier 2019, dit-elle, un médecin de l’Organisation mondiale de la santé lui a offert un emploi d’enquête sur les cas d’Ebola au double de son salaire précédent – avec un piège.

    « Quand il m’a demandé de coucher avec lui, étant donné les difficultés financières de ma famille ….. J’ai accepté », a déclaré Shekinah, 25 ans, qui a demandé que seul son prénom soit utilisé par crainte de répercussions. Elle ajoute que le médecin, Boubacar Diallo, qui se vantait souvent de ses relations avec le directeur général de l’OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, a également proposé à plusieurs de ses amies de travailler en échange de relations sexuelles.

    L’Associated Press a appris qu’un membre du personnel de l’OMS et trois experts d’Ebola travaillant au Congo pendant l’épidémie ont séparément fait part à la direction de préoccupations générales d’abus sexuels autour de Diallo. Ils ont déclaré qu’on leur avait dit de ne pas donner suite à cette affaire.

    L’OMS a été confrontée à de nombreuses allégations publiques d’abus systémiques de femmes par des membres du personnel anonymes, ce à quoi Tedros a déclaré son indignation et le directeur des urgences, le Dr Michael Ryan, a répondu : « Nous n’avons pas plus d’informations que vous ». Mais une enquête de l’AP a maintenant révélé que, malgré son déni public de connaissance, la haute direction de l’OMS a non seulement été informée de l’inconduite sexuelle présumée en 2019, mais on lui a demandé comment la gérer.

    L’AP a également retrouvé pour la première fois les noms des deux médecins accusés d’inconduite sexuelle, Diallo et le Dr Jean-Paul Ngandu, qui ont tous deux été signalés à l’OMS.

    Ngandu a été accusé par une jeune femme de l’avoir fécondée. Dans un contrat notarié obtenu par l’AP, deux employés de l’OMS, dont un directeur, ont signé en tant que témoins un accord selon lequel Ngandu devait payer la jeune femme, couvrir ses frais de santé et acheter sa terre. L’accord a été conclu « pour protéger l’intégrité et la réputation » de l’OMS, a déclaré M. Ngandu.

    Contactés par l’AP, Diallo et Ngandu ont tous deux nié tout acte répréhensible. L’enquête s’est fondée sur des entretiens avec des dizaines de membres du personnel de l’OMS, des responsables d’Ebola au Congo, des courriels privés, des documents juridiques et des enregistrements de réunions internes obtenus par l’AP.

    Un cadre supérieur, le Dr Michel Yao, a reçu des plaintes par courrier électronique concernant les deux hommes. Yao n’a pas licencié Ngandu malgré les fautes signalées. Yao n’avait pas le pouvoir de licencier Diallo, un Canadien, qui avait un autre type de contrat, mais ni lui ni aucun autre responsable de l’OMS n’a mis Diallo en congé administratif.

    L’AP n’a pas pu déterminer si Yao a transmis l’une ou l’autre des plaintes à ses supérieurs ou aux enquêteurs internes de l’agence, comme l’exige le protocole de l’OMS. Yao a depuis été promu au poste de directeur du département des opérations sanitaires stratégiques de Genève.

    Huit hauts fonctionnaires ont reconnu en privé que l’OMS n’avait pas réussi à lutter efficacement contre l’exploitation sexuelle pendant l’épidémie d’Ebola et que le problème était systémique, selon des enregistrements de réunions internes. Ces révélations interviennent à un moment où l’agence sanitaire des Nations unies met fin à sa réponse aux deux récentes épidémies d’Ebola au Congo et en Guinée, et est déjà sous pression pour sa gestion de la réponse mondiale à la pandémie de COVID-19.

    L’OMS a refusé de commenter les allégations spécifiques d’abus sexuels, et aucun des 12 responsables de l’OMS contactés n’a répondu aux demandes répétées de commentaires. La porte-parole Marcia Poole a indiqué que M. Tedros avait annoncé une enquête indépendante sur les abus sexuels au Congo après la publication d’articles dans les médias en octobre. Les enquêteurs ont déclaré que les conclusions devraient être rendues au plus tôt en août.

    « Une fois que nous les aurons, nous les examinerons attentivement et prendrons les mesures supplémentaires appropriées », a déclaré Mme Poole. « Nous sommes conscients qu’il reste du travail à faire pour concrétiser notre vision d’opérations d’urgence qui servent les personnes vulnérables tout en les protégeant de toute forme d’abus. »

    Le code de conduite de l’OMS pour les membres du personnel stipule qu’ils ne doivent « jamais se livrer à des actes d’exploitation sexuelle » et « éviter toute action qui pourrait être perçue comme un abus de privilèges », ce qui reflète la dynamique de pouvoir inégale entre les médecins visiteurs et les femmes économiquement vulnérables. Mais un audit interne de l’OMS a révélé l’année dernière que certains travailleurs humanitaires n’étaient pas tenus de suivre la formation de l’agence sur la prévention des abus sexuels avant de commencer à travailler pendant Ebola.

    « Nous nous doutions tous, depuis le début de la riposte à Ebola, que quelque chose comme cela serait possible », a déclaré Andreas Mlitzke, directeur du bureau de la conformité, de la gestion des risques et de l’éthique de l’OMS, lors d’une réunion interne en novembre. M. Mlitzke a comparé les responsables de l’OMS au Congo à « une force d’invasion » et a déclaré : « Ce genre de choses s’est historiquement produit en temps de guerre ».

    Mlitzke a déclaré au cours de la réunion que l’OMS adopte généralement « une approche passive » dans ses enquêtes et qu’on ne pouvait pas s’attendre à ce qu’elle découvre des actes répréhensibles parmi les membres du personnel.

    « Ce qui nous empêche de faire quelque chose de proactif, c’est notre propre psychologie », a-t-il dit.

    M. Ryan, quant à lui, a déclaré qu’il était peu probable que les incidents de harcèlement sexuel soient exceptionnels.

    « Vous ne pouvez pas simplement épingler cela et dire que vous avez une opération de terrain qui a mal tourné », a-t-il déclaré à ses collègues lors d’une réunion interne. « Cela reflète aussi une culture… C’est en quelque sorte la partie émergée d’un iceberg ».

    Des courriels internes de novembre 2019 montrent que les directeurs de l’OMS étaient suffisamment alarmés par les plaintes pour abus pour rédiger une stratégie de prévention de l’exploitation sexuelle et nommer deux « points focaux » pour assurer la liaison avec les collègues au Congo et ailleurs. Les directeurs ont également ordonné des enquêtes confidentielles sur les problèmes d’abus sexuels de manière plus générale et une formation de l’ONU sur la façon de prévenir le harcèlement sexuel, parallèlement à l’enquête indépendante annoncée l’année dernière.

    Mais le personnel reste préoccupé par le fait que les mesures prises ne sont pas suffisantes. Lors d’une réunion de l’OMS en janvier consacrée aux abus sexuels, le Dr Renee Van de Weerdt, chef de la gestion des urgences et du soutien, a déclaré à ses collègues que le risque « reste élevé dans toutes nos opérations » et qu’une « supervision plus solide » était nécessaire.

    Le Dr Gaya Gamhewage, responsable de l’apprentissage et du développement des capacités à l’OMS, a déclaré lors d’une discussion interne de l’OMS sur les abus sexuels que « l’impunité avec laquelle nous avons opéré conduit à cela ». Elle a prévenu : « La formation ne va pas résoudre ce problème. »

    Peu après l’identification d’Ebola dans l’est du Congo en 2018, le siège suisse de l’OMS a donné à l’épidémie sa désignation d’urgence la plus grave, permettant à Genève de prendre le contrôle de son bureau africain. Le chef de l’OMS, Tedros, s’est rendu 14 fois au Congo pendant l’épidémie pour superviser personnellement la réponse, et son chef des urgences, Ryan, a fait au moins sept visites.

    Au cours de 2018 et 2019, trois experts d’Ebola, dont deux qui travaillaient pour l’OMS à l’époque, ont déclaré à l’AP qu’ils avaient fait part de leurs préoccupations concernant les abus sexuels en général, et Diallo en particulier, à des cadres supérieurs. Mais ils ont dit qu’on leur a répondu que le contrôle de l’épidémie d’Ebola était plus important, et deux ont dit que Diallo était considéré comme « intouchable » en raison de sa relation avec Tedros.

    Des plaintes concernant Diallo ont également été soulevées auprès du responsable des opérations d’urgence Yao, qui était chargé de diriger la réponse globale de l’OMS à Ebola au Congo, avec des centaines de personnes, sous la supervision de Ryan. Le 22 février 2019, Yao a reçu un courriel du chef de l’équipe de lutte contre l’épidémie de l’OMS au Nord-Kivu avec pour objet  » Private. Chat. « 

    « Chef, s’il vous plaît, ayons une discussion privée demain », a envoyé le collaborateur par courriel, disant qu’il voulait discuter de Diallo, alors responsable de l’épidémie au Nord-Kivu. L’employé n’a pas voulu être identifié par l’AP par crainte de perdre son emploi.

    « Nous ne pouvons pas nous permettre d’avoir des gens qui ternissent la sueur et les efforts de personnes qui se sacrifient par (sic) un harcèlement sexuel et une intimidation inappropriés », a écrit l’employé. « Je vous mettrai au courant (en privé). »

    Yao a répondu le lendemain matin : « Ok, nous allons parler. » Le staffer a déclaré que Yao lui a dit que l’affaire serait traitée, mais il ne pensait pas que ses préoccupations étaient prises au sérieux et était très contrarié. Il a ajouté qu’il avait été mis sur la touche pour s’être plaint de Diallo.

    Deux fonctionnaires de l’OMS ayant connaissance de la situation ont déclaré que l’agence avait enquêté sur des plaintes selon lesquelles Diallo avait agi de manière non professionnelle, y compris une prétendue agression sexuelle, et qu’il n’y avait pas suffisamment de preuves pour corroborer les accusations. Mais les enquêteurs n’ont interrogé aucune des femmes concernées ni les dénonciateurs qui ont signalé les plaintes de harcèlement, selon un haut fonctionnaire de l’OMS qui ne souhaite pas être identifié par crainte de perdre son emploi. Diallo a continué à travailler pour l’OMS des mois après que des inquiétudes aient été soulevées à son sujet.

    Diallo était décrit comme un leader charismatique, extraverti, ayant des liens avec certains des principaux responsables de l’OMS, dont Tedros. Dans un discours prononcé en janvier 2019, Tedros a distingué Diallo parmi les intervenants d’Ebola travaillant sous des tirs nourris à Beni.

    Sur le site Internet de l’OMS, Diallo, Tedros et Yao sont photographiés souriants et se tapant les coudes lors du voyage de Tedros au Congo en juin 2019. Sur la page Facebook de Diallo, il apparaît sur plus d’une douzaine de photos avec Tedros.

    Plusieurs mois après la visite de Tedros, Diallo a rencontré Anifa, une jeune Congolaise travaillant dans un centre de traitement d’Ebola à Beni. Elle dit que Diallo lui a dit : « Comment une belle fille comme toi peut-elle travailler ici, à prendre la température des gens et à leur laver les mains ? C’est terrible ». Elle a dit qu’il lui a proposé un autre emploi à cinq fois plus que son salaire actuel où « les conditions étaient très simples », selon lui.

    « Il voulait que je couche avec lui », a-t-elle déclaré à l’AP, notant que Diallo portait fréquemment un badge avec « VIP » inscrit en rouge, attaché à son gilet bleu foncé de l’OMS. Anifa a refusé de donner son nom complet, craignant que cela ne nuise à ses futures perspectives d’emploi. L’AP n’identifie pas les victimes d’abus sexuels.

    « Je lui ai dit que j’avais beaucoup étudié pour être employée par le centre de traitement », a déclaré Anifa. Elle a rejeté l’offre de Diallo, disant que « s’il m’embauche après avoir couché avec lui …. je serais une esclave sexuelle, pas une employée de l’OMS ».

    Diallo a nié en bloc ces allégations.

    « Je n’ai jamais proposé à une femme un emploi en échange de relations sexuelles et je n’ai jamais harcelé sexuellement une femme dans ma vie », a-t-il déclaré à l’AP dans un courriel. Il a ajouté qu’il n’avait jamais été informé d’une quelconque plainte concernant son comportement à l’OMS ni sanctionné pour mauvaise conduite, et que sa relation avec Tedros était « purement professionnelle ».

    M. Diallo a déclaré que son contrat avec l’OMS s’est terminé à la fin du mois de juillet et qu’il n’a plus travaillé pour l’agence depuis.

    Le même gestionnaire, Yao, a également été informé de l’inconduite sexuelle présumée de l’autre médecin, Ngandu, dans un courriel obtenu par l’AP daté du 23 avril 2019, avec pour objet : « Besoin urgent de vos conseils. » Le responsable de l’épidémie, Mory Keita, a écrit en français : « Je vous informe par la présente que nous avons un collègue qui a fécondé une fille de Beni. »

    Keita a dit à Yao qu’une jeune femme et sa tante s’étaient présentées à l’hôtel Okapi à Beni avec deux policiers armés, à la recherche de cadres supérieurs de l’OMS. Ils ont dit que la jeune femme avait eu une liaison avec Ngandu, et que l’hôpital avait confirmé qu’elle était maintenant enceinte. Ngandu les évitait, selon la tante, et elles ont donc fait appel à la police pour le retrouver.

    Keita a raconté à Yao que lorsqu’il a été confronté, Ngandu a reconnu avoir eu une relation avec la jeune fille, mais a dit que cela n’avait duré que deux semaines. La tante de la jeune femme a cependant déclaré que sa nièce avait passé la nuit avec lui pour la première fois il y a environ un mois et demi et qu’il lui avait alors donné 100 dollars, « un détail que Ngandu n’a pas pu nier », selon le courriel.

    Les deux femmes ont exigé le paiement de tous les médicaments et traitements hospitaliers pendant la grossesse et l’achat d’un terrain pour l’enfant, « étant donné que le Dr Jean-Paul abandonnera la fille et qu’elle sera obligée d’élever seule son enfant. »

    « Nous avons demandé à Jean-Paul d’honorer la demande de la famille de la fille et de la tante et d’essayer de trouver un terrain d’entente », a déclaré Keita. « (Ngandu) a suggéré que nous gérions la situation ici à notre niveau, ici à Beni, et que nous n’informions pas la hiérarchie, mais j’ai estimé (…) que vous deviez être informé afin que vous nous disiez vos orientations pour mieux gérer ce problème. »

    Moins d’une semaine plus tard, Ngandu et la jeune femme ont signé un contrat notarié dans lequel il s’engageait à lui verser 100 dollars par mois jusqu’à l’accouchement, à lui fournir tous les soins de santé nécessaires et à lui acheter un terrain à Beni. Quatre témoins ont signé le document, dont deux de l’OMS, Keita et Achile Mboko, un responsable des ressources humaines. Keita n’a pas répondu aux demandes de commentaires, et Mboko a reconnu sa signature et sa présence.

    Deux contrats manuscrits signés par la jeune femme et Ngandu ont confirmé qu’il avait payé 2 800 dollars pour un terrain avec une maison dans un quartier de Beni et qu’il lui avait transféré les droits de propriété en août 2019.

    « C’était une affaire privée et n’impliquait pas l’OMS », a déclaré Ngandu à l’AP. Ngandu a déclaré qu’il n’était pas le père du bébé et qu’il a accepté le règlement après que des collègues de l’OMS, dont Keita, « m’ont conseillé de régler à l’amiable pour éviter de salir la réputation de l’organisation et de moi-même. »

    Ngandu, qui est originaire du Congo, a déclaré qu’il n’avait pas été sanctionné par l’OMS et qu’il avait continué à travailler jusqu’à la fin de son contrat en juin 2019. Ngandu est maintenant basé en Namibie et a dit qu’il est en pourparlers avec l’OMS pour un éventuel futur emploi. La jeune femme a refusé de parler à l’AP.

    Paula Donovan, codirectrice de la campagne Code Blue, qui fait campagne pour mettre fin à l’exploitation sexuelle par les casques bleus de l’ONU, a déclaré que la tentative de l’OMS de faire effectivement taire la victime était « plus que préoccupante ».

    « C’est une perversion de la justice que l’OMS pense pouvoir prendre la loi entre ses mains et résoudre un cas sans passer par les autorités compétentes », a déclaré M. Donovan. « Si c’est ainsi qu’ils ont traité un cas, comment traitent-ils tous les autres ? ».

    En mai 2019, Yao a été informé d’une autre plainte pour harcèlement sexuel sans rapport à Bunia, à environ 200 kilomètres (125 miles) au nord de Beni. Deux femmes ont dit à la Banque mondiale qu’elles s’étaient vu refuser des emplois à l’OMS parce qu’elles avaient refusé de coucher avec le responsable du recrutement, dans un courriel vu par un travailleur humanitaire d’Ebola. Ce travailleur humanitaire, qui a demandé à rester anonyme par crainte de représailles, a déclaré à l’AP que la Banque mondiale avait alerté Yao, mais que rien n’avait été fait.

    Tout au long de l’été, Yao a été félicité pour son leadership dans la réponse à Ebola. Dans un tweet du 17 juillet, Ebba Kalondo, porte-parole de l’Union africaine, l’a désigné comme l’un des « hommes exceptionnels » de l’OMS et l’a photographié aux côtés de ses collègues, dont Diallo. Ebba Kalondo a exhorté ses lecteurs à « Connaissez leurs noms. Écrivez sur eux. »

    Deux mois plus tard, une jeune Congolaise nommée Reby, alors âgée de 20 ans, a rencontré Diallo lorsqu’il est entré dans la boutique Vodacom où elle travaillait. Il lui a donné 100 dollars pour les « frais de transport » afin qu’elle le rencontre dans un hôtel et lui a demandé combien elle gagnait dans son emploi dans les télécommunications, a-t-elle raconté à l’AP.

    « Mon Dieu, une belle fille comme toi qui gagne 60 dollars par mois, ce n’est pas assez », a-t-il dit, selon Reby. « Si tu couches avec moi, tu seras un membre haut placé de la réponse à Ebola à Beni et tu recevras environ 800 dollars par mois ».

    Reby a refusé d’utiliser son nom complet par crainte de représailles. Elle dit avoir refusé l’offre de Diallo, mais avoir continué à le voir lorsqu’il venait dans sa boutique. « À partir de ce jour, il m’a toujours appelée la fille difficile », a-t-elle dit.

    Dans un diaporama confidentiel de janvier 2020, des responsables de l’OMS ont indiqué qu’un examen interne de l’ONU sur la riposte au virus Ebola au Congo avait révélé la nécessité de mettre en place des « mécanismes de protection pour prévenir l’exploitation sexuelle. » Tout le personnel devait suivre une formation sur le harcèlement et d’autres questions.

    La publication dans les médias, l’automne dernier, d’allégations générales d’abus sexuels au Congo a déclenché une rafale de réactions de la part de l’OMS.

    Yao a déclaré lors d’une réunion interne en septembre que malgré les protocoles de l’ONU visant à prévenir les abus sexuels, « il semble que ce système ne fonctionne pas au niveau de la base. » Il a ajouté qu’une évaluation récente de l’ONU n’avait pas révélé de problèmes, « aussi avons-nous été surpris qu’un cas se produise. »

    Le directeur général de l’OMS, Tedros, a qualifié les allégations de trahison « choquante » dans un courriel adressé au personnel et a promis de « graves conséquences », notamment le licenciement immédiat et le renvoi aux autorités locales.

    Lors d’une réunion publique en novembre, le chef des urgences Ryan a déclaré que les questions d’abus sexuels avaient été « négligées » pendant des années et s’est excusé auprès de son personnel.

    « Il y a ici des comportements qui ne sont pas acceptables », a-t-il déclaré.

    Les membres du personnel de l’OMS, en particulier les femmes, n’étaient pas convaincus.

    « Très franchement, je pense que ce n’est pas suffisant », a déclaré Maria Van Kerkhove, responsable technique de l’OMS pour COVID-19, lors de la même réunion. « Nous savons que dans chaque situation où nous allons, nous courons un risque ».

    « (Il) importe peu de savoir combien de processus vous avez si la culture est de ‘fermer les yeux’ », a écrit Linda Doull, coordinatrice du groupe santé mondiale de l’OMS, dans le chat de la réunion.

    D’autres ont déclaré que l’ignorance feinte de l’OMS concernant les problèmes d’abus sexuels au Congo s’inscrivait dans la lignée des échecs passés de l’agence à discipliner même les actions criminelles.

    « Un membre du personnel de notre bureau a battu sa femme avec un bloc de béton sur le toit de notre bureau et sa sanction a été de perdre un échelon de son grade », a écrit l’épidémiologiste Boris Pavlin dans le chat du groupe, en référence à l’échelle de classement du personnel du système des Nations unies.

    Les membres du personnel s’inquiètent également de la persistance de problèmes dans la réponse de l’agence à une autre épidémie d’Ebola au Congo l’année dernière.

    « Nous n’avons toujours pas mis en place un programme (de prévention des abus sexuels) solide », a déclaré Jessica Kolmer, responsable de projet à Genève, lors d’une réunion en novembre. Elle a déclaré que les donateurs leur ont dit que leurs nouvelles mesures, notamment l’affichage de dépliants dans leurs bureaux et la création d’un comité de prévention des abus sexuels, n’étaient « pas suffisantes ».

    De retour au Congo, Anifa s’est dite profondément troublée par le fait que des membres du personnel de l’OMS n’aient pas été sanctionnés pour leur traitement des femmes.

    « Je condamne l’OMS pour ne pas avoir sanctionné le Dr Boubacar Diallo car je sais déjà qu’ils ont des plaintes contre lui », a-t-elle déclaré. « Je me suis demandée : « Pourquoi les gens qui sont venus pour nous aider, pour combattre Ebola ici chez nous, pourquoi veulent-ils détruire nos vies ? ».

    Shekinah a déclaré qu’elle « ne pouvait pas compter combien de fois » elle a couché avec Diallo. Elle a dit qu’elle connaissait une douzaine d’autres femmes à Beni qu’il avait victimisées de la même manière.

    « Je voulais arrêter », a-t-elle dit. « Mais à cause de mes problèmes financiers, je l’ai enduré ».

    Shekinah a dit qu’elle était souvent payée en liquide ou en crédit mobile, avec peu de paperasse. Même après qu’elle et Diallo se soient séparés, dit-elle, il a continué à lui demander des photos ou des appels vidéo alors qu’elle était nue.

    Diallo devrait être puni « pour les abus sexuels qu’il a commis sur toutes ces filles à Beni, afin de montrer à ces organisations internationales que cela ne doit plus se reproduire », a-t-elle déclaré. « Je voudrais que justice soit faite ».

    Associated Press, 12 mai 2021

    Etiquettes : Congo, RDC, abus sexuels, Boubacar Diallo, OMS,

  • Le parti de Macron retire son soutien à une candidate aux élections locales pour cause de hijab

    Le parti au pouvoir du président français Emmanuel Macron a interdit à une femme musulmane de se présenter comme candidate sur son ticket lors d’une élection locale, après qu’elle ait porté un foulard islamique sur une photo figurant sur un tract de campagne.

    La Republique en Marche (LaRem) a déclaré que la ligne du parti était que dans une France laïque, il ne devrait pas y avoir de place pour l’affichage manifeste de symboles religieux sur les documents de campagne électorale.

    « Cette femme ne sera pas une candidate d’En Marche », a déclaré Stanislas Guerini, secrétaire général du parti, à la radio RTL.

    La loi française n’interdit pas le port du hijab ou d’autres symboles religieux dans les images qui figurent sur les tracts de campagne.

    L’épisode illustre à quel point la place de l’islam dans la société française est devenue un sujet sensible à l’approche du scrutin présidentiel de l’année prochaine, le principal défi à une candidature de Macron à la réélection venant de l’extrême droite.

    Macron, qui s’est vanté de la composition multiculturelle et ethniquement diversifiée de son parti naissant après sa victoire électorale de 2017, a mis en garde contre la menace croissante du séparatisme islamiste pour les valeurs fondamentales de la France et l’unité de la république.

    L’affaire de l’affiche de campagne a éclaté après que Jordan Bardella, le numéro 2 du parti d’extrême droite Rassemblement national de Marine Le Pen, a tweeté une copie du tract avec le message suivant : « Est-ce ainsi que vous combattez le séparatisme ? »

    Guerini a répondu directement sur Twitter, demandant que le tract soit retiré ou que la candidate Sara Zemmahi perde le soutien du parti.

    Reuters n’a pas pu joindre Zemmahi ou ses associés pour un commentaire. Un responsable de LaRem proche de Guerini a déclaré que Zemmahi serait officiellement informée de la décision du parti par écrit.

    La réponse du parti a ouvert des divisions amères au sein de LaRem.

    « Indigne. Courir après les votes (d’extrême droite) ne fera que permettre à leurs idées de prévaloir. Trop, c’est trop », a tweeté la députée LaRem Caroline Janvier.

    Un autre législateur du parti, Roland Lescure, a déclaré à Reuters : « C’est un sujet explosif. L’islam politique est une réalité, c’est une menace qui couve dans certains quartiers et nous devons être très fermes. »

    Reuters, 12 mai 2021

    Etiquettes : France, LREM, élections, hijab, polémique, Sara Zemmahi, Emmanuel Macron,