Catégorie : Monde

  • L’UE appelle les États-Unis et d’autres pays à exporter leurs vaccins

    La Commission européenne a appelé vendredi les États-Unis et les autres grands producteurs de vaccins COVID-19 à exporter ce qu’ils fabriquent, comme le fait l’Union européenne, plutôt que de discuter d’une renonciation aux droits de propriété intellectuelle sur ces vaccins.

    La chef de la Commission, Ursula von der Leyen, a déclaré lors d’une conférence de presse en marge d’un sommet des dirigeants européens que les discussions sur la renonciation ne permettraient pas de produire une seule dose de vaccin COVID-19 à court ou moyen terme.

    « Nous devrions être ouverts pour mener cette discussion. Mais lorsque nous menons cette discussion, il faut avoir une vision à 360 degrés car nous avons besoin de vaccins maintenant pour le monde entier », a-t-elle déclaré.

    « L’Union européenne est la seule région continentale ou démocratique du monde qui exporte à grande échelle », a déclaré Mme von der Leyen.

    Elle a précisé qu’environ 50 % du vaccin contre le coronavirus produit en Europe est exporté vers près de 90 pays, dont ceux qui participent au programme COVAX soutenu par l’Organisation mondiale de la santé.

    « Et nous invitons tous ceux qui participent au débat sur la renonciation aux droits de propriété intellectuelle à se joindre à nous pour s’engager à exporter une grande partie de ce qui est produit dans cette région », a-t-elle déclaré.

    Seule une production plus importante, la suppression des barrières à l’exportation et le partage des vaccins déjà commandés pourraient aider immédiatement à lutter contre la pandémie, a-t-elle ajouté.

    « Ce qui est donc nécessaire à court terme et à moyen terme : Tout d’abord le partage des vaccins. Deuxièmement, l’exportation des vaccins en cours de production. Et le troisième est l’investissement dans l’augmentation de la capacité de fabrication de vaccins. »

    Mme Von der Leyen a indiqué que l’Union européenne avait lancé son mécanisme de partage des vaccins, citant en exemple la livraison de 615 000 doses aux Balkans occidentaux.

    Reuters, 08 mai 2021

    Etiquettes : Union Européenne, Covid 19, vaccin, UE, COVAX, OMS, brevets, droit de propriété,

  • Les principaux pays de l’UE rejettent la proposition de Joe Biden de partager les brevets sur les vaccins COVID-19

    Les pays européens ont pris leurs distances vendredi avec la proposition soutenue par le président américain Joe Biden de renoncer aux droits de brevet sur les vaccins contre le coronavirus, arguant que la clé pour mettre fin à la pandémie de COVID-19 était de fabriquer et de partager les vaccins plus rapidement.

    Le président français Emmanuel Macron a déclaré que la question du partage des brevets n’était pas le sujet du jour, et a reproché à la Grande-Bretagne et aux États-Unis de bloquer l’exportation de vaccins et de leurs ingrédients vers le reste du monde.

    Les dirigeants du bloc des 27 nations devaient discuter de la suggestion de partager la propriété intellectuelle des vaccins lors d’un sommet de deux jours qui s’est ouvert vendredi dans la ville portugaise de Porto, mais ils étaient divisés sur son utilité.

    Selon les experts, les dérogations pourraient prendre des années à négocier, et ne répondraient pas au besoin immédiat de fabriquer rapidement davantage de doses.

    « Quel est le problème actuel ? Il ne s’agit pas vraiment de propriété intellectuelle. Est-ce qu’on peut donner la propriété intellectuelle à des laboratoires qui ne savent pas produire et qui ne produiront pas demain ? ». a déclaré Macron en entrant dans le sommet.

    « Le principal enjeu de la solidarité, c’est la répartition des doses », a-t-il ajouté, précisant que la France travaillait main dans la main avec l’Allemagne sur cette question. Berlin a exprimé son opposition à cette idée jeudi.

    L’UE, qui compte parmi les plus gros producteurs de vaccins au monde, est également le principal exportateur, avec 200 millions de doses déjà expédiées hors de l’Union. Les États-Unis et la Grande-Bretagne n’ont exporté aucun des vaccins qu’ils ont fabriqués.

    M. Macron s’en est pris à ces deux pays.

    « Pour que le vaccin circule, il ne faut pas bloquer les ingrédients et les vaccins eux-mêmes. Aujourd’hui, les Anglo-Saxons bloquent beaucoup de ces ingrédients et de ces vaccins », a-t-il déclaré.

    La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a abondé dans le même sens, déclarant lors d’une conférence de presse après la première journée du sommet de Porto que l’UE devrait être ouverte à une discussion sur les brevets, mais que le partage de la technologie n’était pas un remède rapide à la pandémie.

    « À court et moyen terme, la renonciation à la propriété intellectuelle ne résoudra pas les problèmes, elle n’apportera pas une seule dose de vaccin à court et moyen terme », a-t-elle déclaré lors d’une conférence de presse.

    Mercredi, M. Biden a soutenu l’appel lancé par l’Inde et l’Afrique du Sud en faveur de l’abandon de la protection des brevets pour les vaccins COVID-19, répondant ainsi à la pression des législateurs démocrates et de plus de 100 autres pays, mais suscitant la colère des sociétés pharmaceutiques.

    Certains responsables de l’Union européenne font valoir qu’il faudrait deux ans pour que l’Organisation mondiale du commerce (OMC) se mette d’accord sur ces dérogations, ce qui les rendrait très probablement sans intérêt pour la pandémie actuelle.

    UN PROCESSUS DIFFICILE

    Les dirigeants de l’UE sont susceptibles d’entendre l’avis de l’exécutif du bloc, la Commission européenne, selon lequel une dérogation ne contribuerait pas à stimuler la production, en particulier dans les pays les plus pauvres, car le processus de fabrication nécessite des technologies et des installations de pointe, ont indiqué des responsables.

    En octobre, la société américaine Moderna a renoncé aux droits de brevet sur son vaccin, qui utilise la dernière technologie ARNm, mais aucune autre société n’a encore annoncé qu’elle tenterait de copier le vaccin.

    L’Allemagne, où se trouve BioNTech (22UAy.DE), qui détient un brevet sur un autre vaccin à ARNm mis au point conjointement avec l’entreprise américaine Pfizer (PFE.N), s’oppose aux renonciations, tandis que l’Italie les soutient, ont indiqué des responsables européens.

    Pendant que la pandémie fait rage, il y a de fortes chances que de nouvelles variantes encore plus dangereuses du coronavirus apparaissent.

    L’industrie pharmaceutique fait valoir que l’approche la plus rapide consiste à surmonter les goulets d’étranglement actuels dans la production et à vendre ou à donner des vaccins aux pays du monde entier. Plusieurs pays et institutions de l’UE partagent ce point de vue.

    « Personne ne sera en sécurité tant que nous ne le serons pas tous. Si la vaccination n’a lieu que dans les pays développés, notre victoire sur le COVID-19 ne sera que de courte durée. Nous voyons à quelle vitesse le virus mute, créant de nouvelles variantes qui entraînent de nouveaux défis », ont déclaré les dirigeants de la Belgique, de la Suède, de la France, du Danemark et de l’Espagne dans une lettre commune adressée à la Commission.

    « Les vaccins sont devenus une politique de sécurité et l’UE ne peut pas se permettre d’être à la traîne ; à cette fin, une capacité de production européenne accrue sera une priorité essentielle », ont-ils ajouté.

    Reuters, 08 mai 2021

    Etiquettes : Etats-Unis, Joe Biden, Union Européenne, Brevets, vaccin, coronavirus, covid 19, pandémie, droit de propriété,

  • L’attaque israélienne contre les musulmans dans la mosquée al-Aqsa suscite des réactions dans le monde entier

    Le monde entier a réagi à l’attaque de la police israélienne contre les Palestiniens priant dans la Masjid al-Aqsa à Jérusalem-Est occupé.

    Les États-Unis ont appelé les parties à « mettre fin à la violence » concernant le recours à la violence de la police israélienne contre les Palestiniens dans la mosquée Al-Aqsa et dans d’autres parties de Jérusalem.

    Dans une déclaration, la porte-parole du Département d’État américain Ned Price, n’a pas directement condamnée la police israélienne pour la violence à Jérusalem, appelant toutefois Israël et la partie palestinienne à la « retenue » pour mettre fin à la violence croissante.

    D’autre part, le Premier ministre libyen Abdel Hamid Dbeibah a condamné l’attaque de la police israélienne contre les fidèles musulmans de Masjid al-Aqsa sur les réseaux sociaux.

    Faisant part de sa solidarité avec les fidèles dans la juste lutte du peuple palestinien, Dbeibah a déclaré : « Nous condamnons l’attaque d’Israël contre notre première qibla Masjid al-Aqsa et l’expulsion des Palestiniens d’une manière sans précédente. La communauté internationale doit assumer sa responsabilité pour trouver une solution équitable dans l’intérêt des Palestiniens », a déclaré le Premier ministre libyen.

    Dayf al-Fayez, le porte-parole du Ministère jordanien des affaires étrangères, a noté que le raid sur le Harem-i Sharif et l’attaque contre les fidèles qui priaient pacifiquement, sont « une violation flagrante et un comportement barbare », condamnant ces attaques inacceptables.

    Fayez a appelé les autorités israéliennes à respecter leurs obligations en tant que force occupante conformément aux lois internationales relatives aux droits de l’homme ; Il a appelé à la fin des violations, des attaques et des provocations.

    Le chef du parti pakistanais Jamaat-e Islami, Siraj al-Hak, a déclaré que les « forces d’occupation israéliennes » n’ont pas le droit d’empêcher les musulmans de prier à Masjid al-Aqsa, la première qibla.

    Condamnant fermement l’attaque des forces israéliennes contre Masjid al-Aqsa au cours du mois sacré du Ramadan, Hak a fait savoir que « le peuple pakistanais est aux côtés de ses frères en Palestine ».

    « Nous apprécions le sacrifice et le courage des Palestiniens » a-t-il martelé.

    TRT, 08 mai 2021

    Etiquettes : Palestine, Israël, Jérusalem, Mosquée Al Aqsa, agressions israéliennes,

  • Fusée chinoise en déperdition : Le vrai du faux

    par Maâmar Farah

    Le scénario catastrophe idéal : une fusée hors contrôle fonce sur la Terre à toute vitesse et risque à tout moment de nous tomber sur la tête ! Médias populaires, sites portés sur le sensationnel et réseaux sociaux, toujours appâtés par le catastrophisme, se sont emparés de l’information des restes d’une fusée chinoise en déperdition pour installer une véritable panique qui enfle au fur et à mesure que le jour J approche. De quoi s’agit-il ? Lancée pour mettre en orbite les premiers éléments de la station spatiale chinoise, la fusée de dernière génération, la plus puissante et la plus lourde, Long-March 5B, réussit sa mission et l’étage principal entame sa descente contrôlée.

    Mais un évènement dont on ne connaît pas la nature a causé la perte de contrôle de cet engin qui commence alors sa course folle vers notre planète. Le «morceau» en question est volumineux. Il atteint les 30 mètres et pèse 21 tonnes. On sait où il se trouve, comment il se déplace, on connaît avec précision ses pertes d’altitude mais on n’arrive toujours pas à calculer l’endroit où il va chuter. Tout ce que l’on sait est qu’une partie de cet étage se consumera lorsque l’engin rentrera dans l’atmosphère terrestre. Comme on est certain que les pièces solides comme le moteur échapperont à cette destruction par le feu et continueront leur descente.

    Il est probable qu’à quelques heures de l’impact, l’on saura un peu plus sur la zone où il tombera. Les passages des restes de la fusée sont bien étudiées et, malgré leur caractère aléatoire, on sait que l’engin survole une vaste zone couvrant une partie de l’hémisphère Nord et une grosse partie de l’hémisphère Sud.

    Probabilité de toucher une zone habitée : un cas sur un… milliard !

    C’est ainsi que des experts sont de plus en plus rassurants : ils avancent que la possibilité de voir cet engin toucher des régions habitées est peu probable pour la bonne et simple raison que la Terre est constituée à 70% d’océans et que 95% de la population occupent seulement 10% de la surface terrestre. En plus clair, le risque de voir ce gros morceau tomber sur une zone habitée est très, très, peu probable. On parle d’un cas sur un milliard !

    Mais, au-delà de cet événement grossi pour des besoins de propagande, il y a un vrai problème, c’est celui des débris qui encombrent la proche banlieue de la Terre. C’est par centaines de millions que l’on compte les petits débris pouvant occasionner des dommages aux vols des fusées et aux satellites.

    Plus de 5 000 lancements depuis 1957

    Selon Pierre Omaly du Centre français d’études spatiales (CNES), «plus de 5.000 lancements ont eu lieu depuis 1957 – ils ont généré 23 200 objets catalogués de plus de 10 centimètres, ce qui représente plus de 99% de la masse totale présente en orbite, soit plus de 8 000 tonnes. Ces lancements ont également généré environ 740 000 objets de 1 à 10 centimètres, ainsi que plus de… 160 000 000 d’objets de 0,1 à 1 centimètre qui, eux, ne sont pas répertoriés».
    Le problème s’est aggravé depuis que des sociétés privées lancent des «trains» de satellites qui encombrent davantage l’espace et la question va se compliquer avec l’esprit de concurrence qui anime ces milieux. L’Europe a présenté récemment un projet pour le nettoyage de ces débris avec des espèces de camions-poubelles de l’espace comme celui qui va être mis en orbite par Clear Space, une start-up suisse en contrat avec l’agence spatiale européenne.
    Mais, face au nombre impressionnant des débris, cette mission ne peut être la panacée et s’apparente plutôt à un effet d’annonce beaucoup plus utile pour alerter sur le danger que pour résoudre le problème. Ce que l’on ne dit pas est que des débris d’engins fabriqués par l’homme tombent régulièrement sur la Terre. Il en tombe même chaque semaine ! L’immense majorité de ces débris échoue en mer. On ne signale, jusqu’au moment où j’écris cette ligne, aucun décès causé par ces chutes.

    Une grande victoire pour le peuple chinois

    Pourquoi alors tout ce tapage : cela tient d’abord au goût immodéré des médias pour le sensationnel lorsqu’il mêle deux thèmes fort prisés : l’espace et le catastrophisme. Il y a aussi une autre raison plus politique. Dans leur guerre contre la Chine, les Occidentaux utilisent tous les moyens et, au lieu d’informer objectivement sur l’avancée technologique de l’Empire du Milieu, cherchent les points négatifs pour assombrir ces succès. Et pourtant, il s’agit de grandes victoires pour le peuple chinois ! Disposer d’une station spatiale nationale n’est pas la moindre des conquêtes pour une Chine qui végétait dans le sous-développement il n’y a pas longtemps.
    M. F.

    (*) Pour suivre les passages des restes de la fusée chinoise :
    https://orbit.ing-now.com/satellite/48275/2021-035b/cz-5b/

    Le Soir d’Algérie, 08 mai 2021

    Etiquettes : Fusée, Chine, espace, orbite,

  • Le MAE français Jean-Yves Le Drian menace les politiciens libanais de sanctions

    Le ministre français des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian a accusé les autorités libanaises de « ne pas tenir leurs engagements vis-à-vis du président français Emmanuel Macron » et a menacé de sanctions les politiciens qui empêcheraient la fondation du nouveau gouvernement.

    Le ministre français s’est rendu à Beyrouth, capitale libanaise en vue de s’entretenir avec les responsables libanais qui ne sont pas arrivés à un compromis pour fonder un gouvernement à la place de celui de Hassan Diab qui avait annoncé sa démission le 10 août 2020 après l’explosion dans le port.

    Le Drian a été reçu jeudi par le président Michel Aoun et le président de l’assemblée Nebih Berri. Dans la soirée, il s’est entretenu avec l’ancien Premier ministre chargé de fonder le nouveau gouvernement, Saad Hariri, à la résidence de l’ambassadrice française Anne Grillo.

    Selon une information de l’agence de presse officielle libanaise NNA, le Drian a affirmé lors d’un point de presse que « les responsables libanais n’ont pas tenu leurs promesses faites devant le président français Emmanuel Macron ».

    Il a averti que si les dirigeants libanais n’agissaient pas dès à présent, ils allaient devoir en assumer les conséquences. « Les mesures restrictives prises par Paris peuvent être durcies ou étendues », a-t-il ajouté.

    Le ministre français a indiqué s’être entretenu avec le président Aoun, le président de l’assemblée Berri ainsi que Hariri qui est chargé de fonder le gouvernement, parce qu’ils représentent le pays du point de vue constitutionnel. Il a notamment précisé que la France appellera la communauté internationale à faire pression pour l’organisation à la date prévue des élections législatives au Liban.

    TRT, 07 mai 2021

    Etiquettes : France, Liban, Jean-Yves Le Drian, Emmanuel Macron, formation du gouvernement,

  • La nationalité espagnole par résidence est refusée à une ressortissante marocaine en raison de son faible degré d’adaptation à la culture et au mode de vie espagnols et de son manque total de connaissance de la langue espagnole.

    La Cour, rejetant le recours, confirme le refus de la nationalité espagnole par résidence demandé par le plaignant -un ressortissant marocain- pour ne pas avoir justifié d’un degré suffisant d’intégration dans la société espagnole.
    Iustel

    La Cour déclare que la reconnaissance de la nationalité espagnole par la résidence implique l’exercice d’un pouvoir réglementé et que, par conséquent, son octroi est un devoir lorsque les conditions légalement établies sont remplies. Conformément aux dispositions de l’article 221 du règlement du registre civil, dans la procédure d’octroi de la nationalité par résidence, le juge responsable entendra personnellement le demandeur, notamment pour vérifier le degré d’adaptation à la culture et au mode de vie espagnols, l’attitude positive dans les relations sociales et l’absence d’incidents dans celles-ci que le demandeur pourrait invoquer comme étant non pertinents. En l’espèce, le juge chargé de l’état civil s’est montré défavorable à l’octroi de la nationalité compte tenu du faible degré d’adaptation à la culture et au mode de vie espagnols et de l’absence totale de connaissance de la langue espagnole. Par conséquent, le requérant n’a pas accrédité un degré suffisant d’intégration dans la société espagnole comme l’exige l’article 22.4 du CC. La durée de résidence sur le territoire espagnol n’y fait pas obstacle, ce qui montrerait, dans son cas, ses racines, mais pas son intégration.

    Corps : Audiencia Nacional. Chambre litigieuse

    IUSTEL, 06 mai 2021

    Etiquettes : Espagne, Maroc, nationalité, intégration, culture, langue,

  • RAMADAN – Tout savoir sur l’Aïd El Fitr

    L’Aïd el-Fitr ou fête de la rupture, marque la fin du jeûne du mois de ramadan. Elle est célébrée le premier jour du mois de chawâl 10ème mois du calendrier lunaire islamique. Elle est aussi parfois appelée Aïd el Sghir « la petite fête », par opposition à l’Aïd el Kebir, « la grande fête »

    Pour être fixé sur la date de la fin du ramadan 2021 (année 1442 de l’hégire), il faut attendre la nuit du doute, le vendredi 29 ramadan (12 mai). Les instances musulmanes se réunissent ce jour-là pour observer le ciel. Si un croissant de Lune est visible dans la soirée, alors l’Aïd el-Fitr aura lieu le 13 mai, dans le cas contraire, l’Aïd el-Fitr débutera le 14 mai. Seul le Mufti de la République est habilité à annoncer la date exacte.

    L’Ambassade de France et le Consulat général seront fermés le jour de l’Aïd.

    Les coutumes de l’Aïd el-Fitr

    Selon la tradition, avant la prière du Sobh, les hommes portaient leurs plus beaux vêtements et les femmes préparaient les plats de Hlouw. Elles s’échangeaient des gâteaux et pâtisseries divines à travers les visites que seulement les hommes pratiquaient.

    Le fidèle s’acquitte de l’aumône de la rupture du jeûne ou Zakat al-Fitr. La prière (salat al aïd) a lieu en début de matinée et est effectuée soit dans une mosquée, soit dans un mossalla permettant de rassembler plus de fidèles.

    Les enfants, de leur côté, sortaient avec les nouveaux habits. Ils collectaient aussi Mehbet El Aid, donnée par les oncles et les voisins.

    Aujourd’hui, les femmes partagent avec leurs maris les visites entre familles et amis. Certaines familles préfèrent sortir et se promener plutôt que de se plier aux traditions et visiter le vieil oncle ou la belle-mère.

    Les enfants sont devenus de vrais petits pachas et savent bien que cette fête leur est aussi dédiée. Ils en profitent donc pour faire de multiples caprices et réclamer jeux coûteux et vêtements à la mode !

    Cependant, cette fête sera toujours la plus amusante et la plus colorée de toute l’année.

    Le petit journal, 04 mai 2021

    Etiquettes : Ramadan, jeûne, religion, Islam, Aïd El Fitr, nuit du doute,

  • Point de presse quotidien du Bureau du Porte-parole du Secrétaire général de l’ONU: 7 mai 2021

    Point de presse quotidien du Bureau du Porte-parole du Secrétaire général de l’ONU: 7 mai 2021

    Ci-dessous les principaux points évoqués par M. Stéphane Dujarric, Porte-parole de M. António Guterres, Secrétaire général de l’ONU:

    Saint-Vincent-et-les Grenadines

    Le Porte-parole a fait le point sur la situation à Saint-Vincent-et-les Grenadines, suite à l’éruption du volcan La Soufrière, et où se trouve une trentaine de membres du personnel de sept agences onusiennes différentes.

    Ces derniers appuient les efforts de secours et de relèvement sur le terrain en étroite collaboration avec le Gouvernement, l’Agence caraïbe pour les secours d’urgence en cas de catastrophe naturelle (CDEMA)et d’autres partenaires.

    En plus d’un soutien antérieur pour l’assistance alimentaire, l’eau et l’assainissement, la santé et la protection -notamment contre la violence à l’encontre des femmes et des enfants- l’équipe de l’ONU et ses partenaires apportent un appui en matière de santé reproductive, d’abris, d’éducation et de protection des moyens de subsistance, y compris le bétail.

    L’Organisation panaméricaine de la santé (OPS), pour sa part, fournit des équipements de protection individuelle et des équipements médicaux pour empêcher la propagation du virus de la COVID-19.  Elle a également octroyé 250 000 dollars pour l’approvisionnement en eau et en assainissement.

    Le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) déploie une réponse à la crise et un effort de relèvement de 300 000 dollars pour nettoyer rapidement les cendres volcaniques, avec des emplois d’urgence pour plus de 2 000 ménages.

    Avec 20 000 personnes exposées au risque d’insécurité alimentaire, le Programme alimentaire mondial (PAM) et ses partenaires continuent de fournir une assistance immédiate.  Trois unités d’entreposage mobiles et deux bureaux préfabriqués augmentent la capacité de stockage du PAM.  Environ 90% de la capacité d’écoulement de l’eau a été rétablie dans l’ensemble de l’île, dans le cadre d’un effort mené par les autorités avec l’appui de l’ONU.

    Myanmar

    L’équipe de l’ONU au Myanmar a indiqué, aujourd’hui, qu’elle reste profondément préoccupée par les informations continues faisant état du recours à la violence par les forces de sécurité contre des manifestants.  Des informations font quotidiennement état de morts et de blessés parmi les manifestants et les passants.

    Selon l’équipe de l’ONU, les meilleures données disponibles indiquent qu’au moins 774 femmes, enfants et hommes ont été tués à travers le Myanmar entre le 1er février et le 6 mai.  La grande majorité d’entre eux sont morts suite à des coups de feu.  L’équipe de l’ONU est également préoccupée par la situation de 3 740 personnes qui ont été arbitrairement arrêtées et qui sont toujours en détention.

    Le personnel de l’ONU au Myanmar s’est également déclaré préoccupé par l’augmentation des informations faisant état d’explosions et d’incendies criminels dans différentes régions du pays.

    Madagascar

    À Madagascar, la situation humanitaire désespérée persiste dans le Grand Sud du pays, en proie à sa pire sécheresse en 40 ans.  La situation se détériore malheureusement rapidement.  Plus de 1,1 million de personnes -environ deux personnes sur cinq- souffrent d’insécurité alimentaire grave.

    La situation devrait se détériorer dans les mois à venir.

    Fait alarmant, dans le district d’Amboasary Atsimo, environ 75% de la population souffre d’une faim sévère, avec près de 14 000 personnes en situation d’insécurité alimentaire catastrophique et vivant dans des conditions proches de la famine.

    Le nombre d’enfants admis au premier trimestre de 2021 pour le traitement de la malnutrition aiguë sévère potentiellement mortelle était quatre fois plus élevé que la moyenne quinquennale.

    L’ONU, en collaboration avec ses partenaires humanitaires, intensifie la réponse, mais davantage de ressources sont nécessaires de toute urgence pour sauver des vies.

    L’appel éclair pour Madagascar, lancé en janvier, cherche à lever 76 millions de dollars pour soutenir un million de personnes, mais n’a reçu que 22% de son financement.  L’ONU demande d’urgence à la communauté internationale de fournir un financement supplémentaire.

    COVID-19/vaccins

    Le Directeur général de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), M. Tedros Adhanom Ghebreyesus, vient d’annoncer que l’OMS a accordé l’autorisation d’utilisation d’urgence du vaccin de Sinopharm Beijing contre la COVID-19.  Cela porte à six le nombre de vaccins ayant reçu la validation de l’OMS pour la sûreté, l’efficacité et la qualité.

    Le Ghana a reçu aujourd’hui son deuxième lot de vaccin provenant du Mécanisme COVAX.

    L’UNICEF a aidé à faire en sorte que 350 000 doses arrivent en toute sécurité en République démocratique du Congo (RDC).

    Plus de 850 000 doses ont été administrées depuis mars au Ghana.  L’équipe de l’ONU aidera à former les agents de santé à administrer les doses de vaccin nouvellement arrivées.  L’ONU a également appuyé la vaccination sur de nombreux autres fronts, y compris la logistique, les opérations et les communications.

    Le Gouvernement du Honduras a reçu hier près de 190 000 doses via le Mécanisme COVAX.  Ces doses permettront à tous les agents de santé publics et non publics de se faire vacciner.

    COVID-19/Papouasie-Nouvelle-Guinée

    L’équipe de l’ONU en Papouasie-Nouvelle-Guinée, dirigée par le Coordonnateur résident, M. Gianluca Rampolla, continue de renforcer son soutien aux autorités pour répondre à la pandémie.  À compter d’hier, plus de 4 000 personnes ont reçu leur première dose du vaccin.  Cet effort comprend l’utilisation de 132 000 doses provenant du Mécanisme COVAX qui sont arrivées dans le pays le mois dernier.

    Cette semaine, l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), l’UNICEF et le Bureau du Coordonnateur résident ont soutenu le lancement d’une campagne de communication nationale pour stimuler l’utilisation des vaccins dans tout le pays.  L’OMS et l’UNICEF continuent également de soutenir la logistique, la formation et la gestion des cas, notamment avec l’arrivée prochaine de nouveaux équipements fournis par l’ONU.

    En outre, l’UNICEF et Gavi, l’Alliance du vaccin ont remis cette semaine, aux autorités, plus de 220 réfrigérateurs à vaccins à énergie solaire pour aider à renforcer la capacité de la chaîne du froid du pays afin d’assurer le stockage sûr des vaccins et augmenter la couverture.

    Etiquettes : SAINT-VINCENT-ET-LES GRENADINES, MYANMAR, MADAGASCAR, PAPOUASIE-NOUVELLE-GUINÉE,

  • Boris Johnson consolide la règle du parti unique en Angleterre, mais le Royaume-Uni semble plus divisé que jamais.

    Londres (CNN).- Les élections britanniques qui ont eu lieu jeudi étaient à bien des égards un référendum symbolique sur Boris Johnson. Bien que les résultats ne soient pas encore connus, les premiers signes indiquent que le Premier ministre peut considérer cette élection comme une victoire.

    Les derniers sondages avant les nombreuses élections locales suggèrent que les conservateurs de Boris Johnson ont conservé les mairies dans les principales zones de combat et qu’ils augmenteront leur part des conseils locaux.
    Plus symboliquement, le parti de Johnson a remporté le seul siège parlementaire britannique à pourvoir, lors d’une élection spéciale à Hartlepool, qui était détenu par le parti travailliste depuis la création de ce siège du nord de l’Angleterre en 1974. Il est presque inédit qu’un parti au pouvoir remporte une élection partielle et il est particulièrement impressionnant que M. Johnson y soit parvenu alors que son parti est au pouvoir depuis 2010.

    Beaucoup de choses se sont passées depuis que Johnson a remporté sa majorité écrasante lors des élections générales de 2019. À l’époque, le Royaume-Uni était coincé dans une impasse de Brexit, sans majorité pour quoi que ce soit au parlement, frustrant un public clairement désireux de passer à autre chose. Une grande partie du succès de Johnson en 2019 a été attribuée au fait qu’il avait un accord de Brexit « prêt à cuire » et qu’il avait juste besoin des votes au parlement pour faire le travail — cela, et un faible leader de l’opposition en Jeremy Corbyn, un socialiste à l’ancienne qui a aliéné de nombreux électeurs.

    Peu après avoir tenu sa promesse et sorti le Royaume-Uni de l’UE le 31 janvier 2020, Johnson a été frappé par la crise la plus grave de cette génération : une pandémie qui tuerait au moins 127 000 Britanniques, soit l’un des taux de mortalité par habitant les plus élevés au monde.

    La liste des mésaventures du Covid-19 de Johnson est longue. Au début de la crise, il a été critiqué pour avoir mis en place un dispositif de confinement trop tard, pour ne pas avoir pris le virus suffisamment au sérieux (il a déclaré qu’il serrait encore des mains aux gens au moment où le Covid-19 ravageait le pays) et pour avoir négligé des questions cruciales comme les tests et la fourniture d’équipements de protection pour le personnel médical.

    Son gouvernement a été accusé de sournoiserie et de copinage, attribuant des contrats lucratifs à des personnes ayant des liens avec son parti. Plus récemment, M. Johnson a été accusé d’avoir déclaré qu’il préférait « laisser les corps s’empiler par milliers » plutôt que d’imposer un nouveau confinement, ce qu’il a nié avoir fait.

    En dehors du coronavirus, son accord de Brexit a été critiqué pour avoir été bâclé et mal mis en œuvre, laissant les exportateurs en grande difficulté. Il fait également l’objet d’une enquête officielle de la commission électorale pour avoir prétendument laissé des donateurs conservateurs payer une rénovation très coûteuse de son appartement à Downing Street.

    Enfin, son jugement a fait l’objet d’un examen approfondi à la suite d’un énorme scandale dans son cercle restreint.

    Alors, comment Johnson a-t-il pu remporter de façon aussi éclatante ce référendum sur son leadership ?

    Le premier point à noter est que Johnson a été tiré d’affaire par le déploiement des vaccins de son gouvernement. Le Royaume-Uni a choisi de ne pas adhérer au système d’approvisionnement de l’UE et, en fait, a dépensé autant d’argent que possible pour obtenir le plus de doses possible. En conséquence, le Royaume-Uni poursuit son programme de vaccination, un succès que M. Johnson peut attribuer au fait qu’il n’est pas membre de l’UE – une affirmation incorrecte mais qui, pour beaucoup, est crédible.

    Plus important encore, M. Johnson a réussi à faire bouger le centre du terrain en Angleterre, un exploit difficile dans la politique moderne. Des personnes qui, auparavant, n’auraient jamais envisagé de voter pour un conservateur voient désormais son parti comme une entité totalement différente de celle dirigée par Margaret Thatcher dans les années 1980, et plus récemment encore par David Cameron et Theresa May.

    Les idées traditionnelles d’économie de gauche et de politique sociale de gauche allant de pair n’existent plus vraiment. Le Brexit en a peut-être été l’indicateur le plus clair, les habitants des régions traditionnellement travaillistes ayant voté pour une campagne menée par Johnson, l’archétype du conservateur.

    Grâce à un mélange de populisme, de volonté de dépenser l’argent de l’État et de patriotisme performatif, il a trouvé le moyen de faire appel à un anglais particulier qui est à des millions de kilomètres du libéral mondialiste qui était maire de Londres il n’y a pas si longtemps.

    Enfin, le Royaume-Uni est très divisé, ce qui joue en faveur du Premier ministre, du moins pour l’instant. Johnson et le Brexit sont dans l’ensemble populaires en Angleterre ; les seules parties du pays qui vont à l’encontre de cette tendance sont suffisamment petites pour qu’il n’en ait pas besoin pour remporter une élection générale.

    La situation est différente dans les trois autres pays du Royaume-Uni, où Johnson et le gouvernement conservateur ont moins de pouvoir et sont moins attrayants pour de nombreux électeurs. C’est surtout vrai en Écosse, où le parti indépendantiste Scottish National Party semble prêt à étendre sa domination.

    Mais il n’y a pas que des bonnes nouvelles. Tôt ou tard, l’enfer absolu se déchaînera en Écosse, alors que les appels à quitter le Royaume-Uni se font entendre, mais n’ont pratiquement aucune chance de se concrétiser. Et l’instabilité politique entre les unionistes et les nationalistes en Irlande du Nord suscite de nouvelles craintes de violence sectaire.

    À plus long terme, il y aura un post-mortem de la mauvaise gestion de la pandémie. Le Brexit aura inévitablement un impact plus visible sur l’économie. Les prises de bec avec l’Europe au sujet de la nouvelle relation pourraient atteindre un point de basculement qui irriterait le public.

    Et si Johnson semble avoir parfaitement joué le jeu de la politique britannique pour l’instant, il l’a fait en creusant un fossé entre les quatre nations et en récoltant les bénéfices de la politique du grief. Cela pourrait permettre à Johnson et à son parti de rester au pouvoir pendant une autre génération, mais cela pourrait également éloigner encore plus les citoyens du Royaume-Uni, ce qui pourrait avoir des conséquences politiques, économiques et sociales à long terme.

    Il est tout à fait possible qu’un jour, Johnson regrette d’avoir lâché ces démons au nom de la victoire.

    CNN, 07 mai 2021

    Etiquettes : Boris Johnson, Roayume Uni, parti conservateur, Brexit, vaccination, élections,

  • Quatre mois après le début du Brexit, le Royaume-Uni et la France ont recours à la diplomatie de la canonnière pour le poisson.

    Londres (CNN)Jetez un coup d’œil aux médias britanniques et on vous pardonnera de penser que le Royaume-Uni se prépare à une guerre avec la France.

    Mercredi soir, il a été largement diffusé que le Royaume-Uni allait envoyer deux canonnières sur l’île britannique autonome de Jersey, qui se trouve à seulement 14 miles des côtes françaises. Jeudi, la France a annoncé qu’elle envoyait ses propres navires de guerre pour surveiller la situation.

    Les navires de guerre britanniques ont été déployés en réponse à une protestation de pêcheurs français au port de Saint Helier, la capitale de Jersey, concernant les règles post-Brexit sur les droits de pêche. En bref, la France est en colère parce qu’après des décennies d’accès sans entrave aux eaux autour de Jersey, les bateaux de pêche doivent maintenant fournir la preuve qu’ils ont historiquement pêché dans les eaux, et la paperasse qui est requise depuis que la Grande-Bretagne a quitté l’Union européenne.

    En milieu d’après-midi, les bateaux de pêche français auraient quitté le port, mettant fin à la manifestation. Le gouvernement britannique a ensuite déclaré qu’un de ses navires de patrouille de la Royal Navy rentrait au port, la situation à Jersey étant « résolue pour l’instant ».

    « Nous sommes heureux que les bateaux de pêche français aient maintenant quitté les environs de Jersey. Étant donné que la situation est résolue pour le moment, les navires de patrouille offshore de la Royal Navy vont se préparer à rentrer au port au Royaume-Uni. Nous restons en attente pour fournir toute assistance supplémentaire demandée par Jersey », a déclaré un porte-parole du gouvernement dans un communiqué.

    La faute à un accord commercial de dernière minute

    Alors que les deux parties au conflit ont tenté de dédramatiser la situation, affirmant que les bateaux français ne bloqueraient pas réellement le port, et que les représentants du gouvernement britannique ont affirmé catégoriquement qu’ils ne voulaient pas que la situation s’envenime, le mot « guerre » était difficile à éviter à la lecture des gros titres.

    La quasi-totalité de la presse britannique a repris l’histoire, en mettant en avant les canonnières. Le Times cite David Sellam, chef de l’autorité maritime conjointe Normandie-Bretagne, qui déclare : « Nous sommes prêts pour la guerre… nous pouvons mettre Jersey à genoux ». Le Sun, le journal le plus populaire de Grande-Bretagne, a publié l’opinion d’un pêcheur britannique, qui a déclaré que le blocage du port serait un « acte de guerre ».

    Le conflit de la pêche à Jersey fait la une du Daily Mail et du Daily Express le jeudi 6 mai.

    Pour tous ceux qui sont pointés du doigt, la faute revient très probablement à la décision du Royaume-Uni et de l’UE de conclure un accord commercial de dernière minute fin décembre, quelques jours seulement avant sa mise en œuvre, après avoir gardé secrets les détails des négociations pendant des mois. « Lorsque vous concluez un accord à la dernière minute et que vous ne dites pas aux parties concernées ce que cela signifie pour elles, des problèmes comme celui-ci sont inévitables », explique Anand Menon, professeur de politique européenne au King’s College de Londres.

    À première vue, la décision du Royaume-Uni d’envoyer des canonnières semble être une escalade dramatique, surtout après que Dimitri Rogoff, responsable de la pêche pour la région française de Normandie, ait déclaré à CNN que les bateaux de pêche français ne créeraient pas un blocus, mais seulement une protestation. Il a ajouté que l’action de jeudi « signalera » la « frustration des Français à l’égard des licences, mais ce n’est pas un acte de guerre. »

    Downing Street a gardé ses réponses officielles mesurées, avec un haut fonctionnaire du gouvernement qui a tenu à souligner jeudi matin que malgré la présence de navires de la Royal Navy, les bateaux français ne faisaient pas de blocus.

    Alors, pourquoi envoyer des bateaux ? Un ministre du gouvernement britannique a admis que s’il espérait vraiment que les navires de la marine « étouffent l’affaire dans l’œuf », il était également « impossible d’ignorer les menaces officielles du gouvernement français de couper l’électricité à Jersey ». Ce qui, oui, s’est réellement produit, et est très grave, étant donné que 95 % de l’électricité de Jersey provient de France via des câbles sous-marins.

    Malheureusement, l’histoire montre que les prises de bec sur la pêche entre la France et la Grande-Bretagne ont l’habitude de devenir incontrôlables. Ce n’est qu’en 2018 que des pêcheurs de coquilles Saint-Jacques se sont lancés des pierres et des bombes fumigènes. Et si les « guerres de la coquille Saint-Jacques » et les canonnières affrontant de petits bateaux de pêche sont toutes légèrement ridicules, le fait que cela se produise un peu plus de quatre mois après le début de la nouvelle relation entre le Royaume-Uni et l’UE est un autre signe alarmant de la façon dont le ressentiment persistant à l’égard du Brexit menace de se déverser dans un conflit réel au pied levé.

    Les États-Unis ont même jugé la prise de bec suffisamment sérieuse pour intervenir. « Le département de la Défense encourage la poursuite du dialogue pour résoudre les problèmes bilatéraux entre la France et le Royaume-Uni. Les deux pays sont des alliés précieux de l’OTAN », a déclaré jeudi un porte-parole du Pentagone.

    La pêche est sans doute le principal obstacle à la conclusion d’un accord commercial entre les deux pays d’ici à la fin de 2020. Malgré la contribution minime de la pêche aux économies de la France et du Royaume-Uni, il s’agit d’un sujet extrêmement sensible pour certaines personnes. La question du déclin des villes de pêche historiques a été particulièrement évocatrice dans le débat sur le Brexit au Royaume-Uni et a été constamment évoquée par les partisans du « Leave », qui ont affirmé que la sortie de l’UE permettrait aux bateaux britanniques, libérés des quotas de l’UE, de pêcher à leur guise.

    Cette émotion explique en partie les titres dramatiques sur les « actes de guerre ». Et malgré l’insistance de Downing Street à vouloir que la situation se calme, un cynique pourrait se demander si l’hostilité totale de la presse à l’égard de la France n’est pas en fait plutôt utile à Boris Johnson.

    Le Royaume-Uni organise jeudi des élections cruciales dans un contexte de scandales autour du gouvernement de Boris Johnson. Menon note que « c’est presque une histoire parfaite pour Johnson. Il peut se montrer dur envers la France, ce qui plaît à ses électeurs, tout en faisant preuve de moralité et en parlant de désescalade. »

    À plus long terme, le Brexit de Johnson risque de paraître de plus en plus précipité et imparfait. Les conflits sur l’eau avec la France sont loin d’être les seules retombées de la sortie de l’UE. Après ces élections locales, Johnson va avoir un sacré boulot pour maintenir l’unité de son pays, car les quatre nations du Royaume-Uni tirent de plus en plus dans des directions différentes. En Écosse, cela pourrait signifier quitter le Royaume-Uni. En Irlande du Nord, cela pourrait signifier un retour à la violence sectaire meurtrière.

    Cependant, dans l’état actuel des choses jeudi, les circonstances semblent avoir offert à Johnson une opportunité de relations publiques en or, un jour où il lui serait autrement interdit de créer des informations susceptibles d’influencer le vote des citoyens. Dans l’éventualité d’un résultat positif aux élections, combiné à la situation du coronavirus au Royaume-Uni qui s’améliore de jour en jour, les adversaires de Johnson se demanderont sans doute ce qu’ils peuvent faire pour faire dérailler l’homme le plus chanceux de la politique.

    CNN, 07 mai 2021

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