Catégorie : Non classé

  • La grande magie illusionniste de Mohamed VI

    Par Lafdal Cheikh

    Driss Chahtane, le directeur de l’hebdomadaire arabophone marocain « ALMICHAAL », a reçu une convocation du tribunal de première instance à Casablanca, suite à une requête, émanant d’une association dénommée « Association de défense des intérêts de la famille Amahzoune Mouha Ouhamou Zayani » accusant le directeur de l’hebdomadaire « ALMICHAAL » de diffamation à l’encontre de « Hafssa Amahzoune » la tante du roi Mohamed 6, insérée dans le dossier paru il y’a presque six mois dans lequel, le journal faisait part des tortures, menaces et mauvais traitements infligés par les sbires de Hafsa, sœur de la mère de Mohamed VI, Lalla Latifa, à plusieurs citoyens marocains. Parmi ses victimes, Fatima Sabiri, qui a reçu plusieurs coups de couteau. Le requerrant demande un dédommagement d’une valeur de 100 millions de centimes (100 000 euros) et l’interdiction du directeur de l’hebdomadaire ALMICHAAL d’exercer le métier de journaliste. L’ouverture du procès a été fixée le 16-6-2009.

    La presse marocaine et les milieux démocratiques sont scandalisés par ces pratiques. « Demander 100.000 euros à un journal au Maroc est une tentative de le liquider ou le condamner à la peine capitale, surtout si cela vient d’un parent du roi », déclare Hossein Majdoubi, ancien journaliste marocain correspondant de plusieurs médias internationaux et résident en Espagne.Une amende aussi exorbitante obligerait le journal à fermer.

    Al Michaâl fut l’une des premières tribunes qui informèrent des agissements de la tante du roi et ses proches dans la zone de Khenifra. « Ce qui explique la persécution actuelle », affirme le journaliste.

    L’affaire de la tante du souverain est une preuve du comportement féodal existant au Maroc. L’Etat de droit ne concerne pas la famille du roi. Ils ne respectent pas les règles sociales et les lois  imposées aux citoyens ne les affectent pas. En plus de recevoir des salaires ad vitam, ils disposent de fortunes souvent faites avec des méthodes frauduleuses, ils importent et exportent ce qui les chantent sans se tenir aux lois douanières ou commerciales, ils sont exonérés d’impôts et ils ont toutes les facilités pour s a’approprier des biens publics au profit personnel. L’ensemble des membres de la famille royale, à l’exception de quelques cas connus de tous, forment une sorte de caste d’intouchables.

    Rappelons qu’il y a plusieurs mois (le 9 septembre 2008), le mari de la tante du roi (civil sensé ne pas être armé selon la loi marocaine), Hassan Yacoubi , a dégainé un pistolet pour tirer sur un policier de la circulation qui l’avait arrêté pour non-respect flagrant du code de la route. Le policier a passé des semaines dans une clinique alors qu’il n’y a eu aucune poursuite judiciaire contre l’agresseur, interné en asile psychiatrique. Il serait atteint du syndrome de Korsakoff, une autre manière de dire le syndrome du Makhzen.

    Dans cette ambiance malsaine, la communauté internationale demande au peuple du Sahara Occidentale de faire confiance au gouvernement marocain. Un gouvernement pour lesquels les mesures de confiance ne vont pas au-delà de la soumission aux ambitions expansionnistes, l’humiliation, la répression, la torture, sans oublier de baiser la main du roi à chaque fois que les citoyens sahraouis sont embrigadés pour manifester une fausse allégeance à la couronne. Le baisemain, un geste très bien maîtrisé par Mohamed Cheikh Biadillah, le nouveau guignol du palais appelé à diriger le PAM, le dernier tour de magie de Mohamed V. Un homme sans aucune conscience, hypocrite, égoïste, un renégat qui n’a jamais connu le domaine de l’honnêteté et la loyauté si ce n’est envers ceux qui ont rempli sa poche au détriment de la misère des sahraouis et du peuple marocain. Rappelons-nous que dans les années 70, il a été recruté par les services marocains pour infiltrer les premières réunions du groupe fondateur du Front Polisario. Avant même la création officielle du mouvement indépendantiste sahraoui, les services secrets du roi avaient recueilli toutes les informations et détails sur ces réunions, plan d’action et stratégie de la guerre de libération contre l’occupant espagnol. Tout cela grâce à un indicateur chevronné : Mohamed Cheikh Biadillah. Aujourd’hui, il est bien récompensé et poursuit son ignoble action contre son peuple.

    Dans le cadre de la comédie makhzénienne des élections communales de juin 2009, ce traître se présentera comme candidat à la ville de Smara, la capitale culturelle du Sahara Occidental. Dans des élections démocratiques et transparentes, ce personnage, connu pour son opportunisme, son despotisme, et son obsession pour la fortune, n’aurait aucune chance d’être élu. Seulement, au royaume chérifien, tout le monde sait que, grâce au piston du ministère de l’intérieur, Biadillah, non seulement sera élu, mais en plus il aura l’un des meilleurs scores.

    La fraude électorale bien intégrée dans les mœurs politiques du pays, est au rendez vous de toutes le sélections.

    Les élections n’ont pas pour objet de choisir les dirigeants, car le choix se fait avant et ailleurs, mais seulement de tenter de les légitimer. Le Marocain ne peut avoir des droits la où il n’est pas élevé d’abord à la dignité de citoyen.

    C’est cela le vieux nouveau Maroc, un maquillage qui tombe à chaque fois que les intérêts du roi et de sa famille sont menacés.

  • Qui sème la haine récolte la rage

    Dans toutes les situations de crise, de troubles ou de guerre, la désinformation et la propagande ont toujours été utilisées pour mobiliser les foules et tromper l’ennemi. Mais aujourd’hui, les médias sont devenus beaucoup plus sophistiqués qu’autrefois, et le « bourrage de crâne » a fait place à de véritables tueurs armés de journaux, revues, agences de presse, sites web, télévision, radio, etc.

    Depuis la guerre des sables, en 1962, Hassan II a développé une campagne haineuse dans les médias chérifiens pour monter le peuple marocain contre son frère algérien. 

    Les premiers prisonniers de guerre marocains, capturés par l’Armée de Libération Populaire Sahraouie dans la bataille d’Amgala, en février 1976, à la question de « qu’est-ce que vous êtes venus faire au Sahara? », ils répondaient : « On nous a dit qu’il n’y avait que des algériens devant nous. Qu’il n’y avait pas de sahraouis contre le Maroc ». Voilà l’idée que Hassan II avait trouvé pour pousser le peuple marocain à accepter de faire la guerre au peuple sahraoui. Le roi du Maroc n’a pas eu le courage de dire aux marocains qu’ils vont devoir affronter des sahraouis qui veulent l’indépendace du Sahara Occidental et qui refusent de porter la nationalité marocaine.

    Ce type de campagne peut générer des conséquences néfastes sur les peuples de la région. Les médias marocains contribuent amplement à la prolifération de la haine entre les deux peuples pour justifier la faiblesse de l’Etat marocain et son manque de courage pour mettre fin au conflit du Sahara Occidental. Un conflit dont le peuple marocain souffre les conséquences depuis plus de 34 ans.

    En feuilletant la presse marocaine, l’officielle en particulier comme Le Matin, les insultes, tout genre de qualificatifs et propos outrageants lancés à la figure des sahraouis qui s’opposent à l’occupation marocaine, l’on se rend compte de la haine alimentée envers ce peuple aussi et du volume de la désinformation pour maintenir le peuple marocain dans l’ignorance totale de tout ce qui se passe dans l’ancienne colonie espagnole.

    Au Maroc, les moyens de presse sont utilisés pour créer, maintenir et alimenter la haine contre les sahraouis en les califiant de tous les mots : « frères de leurs chameaux, Aareibate (arabe en péjoratif), mercenaires, séquestrés, trafiquants, malfaiteurs, terroristes, stipendiés… Voilà tout ce que mérite ce valeureux peuple aux yeux des journalistes marocains.

    Le presse marocaine doit refuser de cautionner cette hystérie orchestrée par les autorités marocaines depuis plus de 34 ans pour camoufler leur incapacité à répondre aux attentes du peuple marocain et instaurer la paix et la prospérité dans la région.

     

    Cette culture de la haine est irriguée tous les jours par le palais et son élite opportuniste est derrière toutes les croisades entreprises par le Maroc, que ce soit contre la Mauritanie, l’Algérie, le Sahara Occidental, et elle a fait beaucoup de victimes innocentes parmi le peuple marocain.

    C’est contre cette haine que le peuple marocain doit se battre, et par conséquent, combattre sa source : Le palais royal et les coulisses du Ministère de l’Intérieur à Rabat. L’amour que les citoyens marocains avouent à leur pays n’est peut être que respectable, mais il ne doit pas impliquer la haine des autres. Leur patriotisme ne doit pas s’exprimer par les velléités envers les autres peuples de la région.

    Un exemple de la haine vouée par le peuple marocain envers son frère, le peuple sahraoui? L’association française APSO Lument a publié le 02 juin un communiqué, dont voici le texte intégral :

    « Communiqué de Presse
    Agression contre le sportif de haut niveau Sahraoui, Salah Eddine Ameidan.
    Samedi 29 Mai, vers 19h lors du meeting international de Pézenas, ville du département de l’Hérault, dans le sud de la France, Salah Eddine Ameidane, sportif de haut niveau Sahraoui, a été agressé par deux hommes d’origine marocaine. L’agression très rapide et accompagnée de propos racistes a eu lieu devant de nombreux témoins et avant la course de 1500 m, à laquelle Salah allait participer. Les agresseurs ont pris la fuite avant l’arrivée de la Police. Salah souffre de plusieurs blessures au dos. Il n’a pu participer à la compétition. Une plainte a été déposée à la gendarmerie de Pézenas le jour même, et au commissariat d’Avignon ce jour, accompagné du certificat médical attestant l’incapacité temporaire de Salah à la pratique de toute activité physique pendant 15 jours. Les agresseurs ont été identifiés comme d’origine marocaine et vivant dans la ville de Béziers, ville de l’Hérault. »

    La propagande, la désinformation et le mensonge des autorités marocaines concernant tout ce qui est lié au conflit du Sahara Occidental sont responsables de ce genre d’agressions. Ce lavage des cerveaux dans le but de monter le peuple marocain contre les peuples algérien et sahraoui est une pratique connue des plus grandes dictaures de l’histoire. 

  • Il est temps de retourner à la raison

    Le Maroc se prépare, une fois de plus, à organiser les éléctions communales du 12 juin dans l’ambiance à laquelle les autorités marocaines nous ont accoutumés : Tricherie, corruption, clientélisme, chantage, pressions de tout genre, répression… au Maroc de Mohamed VI tous les moyens sont bons pour arriver au sommet et plaire le Commandeur des Croyants. 

    Cependant, ce qui est étonnant c’est l’absence du roi dans un rendez-vous aussi important, surtout si l’on tient en compte les faibles participations dans les législatives de 2007. Au lieu d’animer la scène politique et encourager les citoyens à participer dans la vie politique de leur pays, Mohamed VI se trouve en France pour couler des bons jours loin de tout ce qui peut perturber ses loisirs estivaux.

     Pourtant, le Maroc n’a jamais eu autant de sueurs froides à cause du conflit du Sahara Occidental. Il a été épinglé par toutes les organisations internationales des droits de l’homme qui ont demandé que la MINURSO puisse surveiller la situation humaine dans la région. Le Conseil de Sécurité a refusé le faux plan d’autonomie et a désigné un nouvel représentant spécial, christopher Ross pour chercher « une solution mutuellement acceptable et basée sur le droit d’autodétermination du peuple sahraoui ». L’ONU n’a pas l’intention d’imposer les solutions franco-marocaines au Front Polisario et la légalité internationale est au rendez-vous après le départ du controversé président américain, George Bush. C’est là une évolution indéniablement favorable au peuple sahraoui, dont les jalons avient déjà été posés par les tours de Christopher Ross et Condoleeza Rice dans la région nordafricaine.

    Les pressions sur le Maroc sont toujours de mise. Il doit se rendre à l’évidence. Le peuple sahraoui est là, ses victoires militaires et diplomatiques sont devenues légende et les combattants sahraouis prêts à les défendre avec tous les moyens, y compris le retour aux armes.

    Chritopher Ross est en train de préparer les rencontres informels entre les deux parties pour préparer le 5ème round des négociations qui, normalement, devrait être l’un des derniers avant de clôre définitivement ce dossier qui n’a que trop duré, selon toutes les instances internationales. Et c’est là, le hic. Le Conseil de Sécurité n’a plus de patience pour permettre encore des manœuvres dilatoires marocaines et il n’est pas près d’accepter les nouvelles définitions du droit d’autodétermination que l’administration marocaine essaie d’imposer à la communauté internationale. La France ne pourra faire grand chose après le report de la visite du président Bouteflika à l’Ellysée, report dû, affirme-t-on, à l’ingérence française directe dans le conflit sahraoui. Le France devra choisir entre courir derrière les mirages expansionistes marocains ou le retour à la raison en prônant une politique de neutralité positive et en encourageant la recherche d’une solution juste et définitive pour le problème.

     Depuis 1991, date de l’instauration du cessez-le-feu, mais aussi la date où le Maroc a subi la plus grande défaite militaire de son histoire, défaite qui l’a contraint à chercher d’autres moyens pour annexionner le Sahara Occidental, par des moyens pacifiques cette fois-ci, en s’appuyant sur son allié français, il s’était fait une spécialité d’imposer une autonomie qui a déjà été refusée aux communautés du Rif et du Souss. Le Maroc ne lésine pas sur les moyens pour arriver à ses fins, n’hésitant pas le cas échéant à recourir au dénigrement du Front Polisario, du peuple sahraoui et de l’Algérie. Et surtout à crier au loup. 

  • La mythomanie marocaine

    Par Andala Breika

    On ment pour cacher une réalité ou en créer une, pour s’économiser l’effort d’une explication, pour se protéger soi-même ou un autre, pour obtenir des privilèges, des faveurs, des avantages, on ment pour se valoriser, entretenir chez les autres une image idéalisée de soi-même, souvent très loin de la réalité. Parfois l’illusion construite dans le mensonge est si parfaite qu’on commence à y croire, comme menteur. On se ment alors à soi-même. À ce stade, on glisse vers la pathologie: la mythomanie. C’est le système maniaque de la menterie qui s’énonce sans contrôle. Les mythomanes demeurent de mauvais menteurs car les bons savent doser.

    La tâche qui le goubernement s’est donnée dans le but de projetter une image extérieure d’un Maroc moderne, stable, démocratique et respectueux des droits de l’homme est une mission qui s’est avérée impossible à cause de la réalité quotiedienne. Cela a conduit les responsables marocains à devenir des véritables professionnels de la mythomanie.

    Premier mensonge : « Le Maroc change »

    « Le Maroc change! ». Depuis quelque années, cette formule qui ressemble étrangement à un slogan de campagne électorale est sur toutes les lèvres. Le gouvernement et les autorités du pays l’utilisent sans cesse. Selon eux, grâce à l’avènement du nouveau millénaire et le changement de monarque, le Maroc serait entré de plein-pied dans la modernité. Les experts internationaux usent également sans modération de cette affirmation. Chaque fois qu’ils sont interrogés, ils n’hésitent pas à déclarer que le progrès répand désormais ses bienfaits sur l’ensemble du pays. Dès lors, l’information se propage dans toutes les rédactions. Repris avec empressement par la presse et les médias, relayé et diffusé à toute la planète via Internet, ce mensonge est en passe de devenir une vérité absolue. Alors que la réalité vécue par les citoyens est faite de misère criante, d’inégalités sociales flagrantes et d’injustices évidentes. La justice incarcère des citoyens pour outrage à la personne du roi, la police frappe et arrête systématiquement les participants aux manifestations, la RTM, même devenue Al Aoula, continue d’ouvrir invariablement ses journaux d’informations sur les activités royales (avant, dans le générique du téléjournal on voyait Hassan II sur son cheval blanc. Mais comme Mohamed VI n’aime pas beaucoup les chavaux, ils pourraient mettre son image sur un jetski). La pratique de la torture est largement répandue dans les prisons et les commissariats du pays. Les autorités marocaines accusées de participer au programme américain de transferts illégaux de prisonniers. Sinistre réalité ! Le Maroc est toujours considéré comme un pays où les services de sécurité pratiquent la torture. Tout le monde est unanime là-dessus : amnesty International, Human Rights Watch, Commission NNUU à Génève, Parlement Européen…) Les sites webs du Journal Hebdo, Nichane, Al Watan alan, Youtube… censurés. Ceux qui croient ou qui prétendent croire que le Maroc change mettent sur le compte des vieilles habitudes toute atteinte aux libertés fondamentales. Ils expliquent qu’il est difficile de changer les mentalités. Ils tentent de démontrer combien les réflexes du passé, dont eux aussi affirment vouloir se débarrasser, sont ancrés dans la société. Ils oublient qu’à force de se répéter, les réflexes finissent par devenir des habitudes. Chaque année, la justice prononce des interdictions de parution et condamne des journalistes à des peines de prison et des amendes exhorbitantes conduisant directement à la faillite. Les plus optimistes, ceux qui ne perdent pas espoir et persistent à croire en des jours meilleurs – y voient une embellie quand les peines prononcées sont assorties de sursis. Bien maigre consolation !

    Le retour massif des Marocains résidents à l’étranger lors de la période estivale attisera les envies de départs de ceux, nombreux, qui ne se voient plus vivre chez eux. Au bout du compte, un changement majeur s’opère : à défaut d’éclaircie, le ciel s’assombrit. Les petits métiers – porteurs de précarité – se développent. Le « système D » et la solidarité pour échapper à la pauvreté demeurent les seules solutions pour lutter contre la paupérisation. Pis, des diplômés « Bac + 2 » et même « Bac + 4 » finissent comme opérateurs téléphoniques dans des centrales d’appels. Et Tandis que les partis traditionnels n’ont plus aucune crédibilité chez le citoyen marocain, les partis islamistes sont entrés en scène et s’engouffrent en promettant remporter les élections communales. A moins que l’entrée spectaculaire du PAM fasse de vrais miracles.

    Deuxième mensonge : le terrorisme

    N’importe quelle manifestation pacifique reprimée par la force, ses participants sont immédiatement dénoncés comme des fauteurs de trouble-fêtes. Le militant des droits humain Amazigh, victime de la grossière accusation de complot avec les services secreta espagnols. Un vif souvenir de l’époque de Hassan II! Les militants sahraouis sont accusés de pratiquer le terrorisme dans les universités et dans les villes occupés du Sahara Occidental et condamnés à des années de prison parmi les délinquants d’ordre commun. Les fausses accusations sont le seul moyen que l’administration a trouvées pour réprimer l’Intifada dans les villes sahraouies.

    La mythomanie marocaine va plus loin encore jusqu’à prétendre que le Front Polisario a des liaisons avec la nébuleuses d’Al Qaida dans le Sahel. Une nébuleuse qui ne va pas au-delà d’une poignée de trafiquants de cigarettes « Marlboro » dont le seul but est l’enrichissement à travers le kidnapping de touristes européens.

    Le Maroc, en accusant les sahraouis de terroristes, veut faire croire au monde que la stabilité et la sécurité du pays passe par l’occupation du Sahara Occidental alors que la réalité c’est que le terreau favori de l’intégrisme est la pauvreté et l’injustice, les deux maladies chroniques du Maroc de Mohamed VI.

    La menace integriste (réelle ou inventée)est un alibi pour imposer le fait accompli de l’occupation illégale du Sahara Occidental et pour effrayer les forces libérales et progressistes et de se poser en rempart contre des forces politiques que ces mêmes régimes ont parfois soutenu.

    Mais les responsables marocains oublient que celui qui dit un mensonge ne prévoit point le travail qu’il entreprend; car il faudra qu’il en invente mille autres pour soutenir le premier.

    D’autres mensonges ? La série de démantèlements de réseaux terroristes. Ma menace communiste à Sidi Ifni. La spécifité marocaine, plat chaud servi pour accéder au statut avancé avec l’UE. La crise financière internationale n’a eu que de faibles répercussions sur le Maroc. En 2010 il n’y aura plus de chômeur, plus de mendiants, tous les marocains vont travailler dans le tourisme, ils auront tous accès aux soins gratuits…etc…etc…

    Cependant, le menteur finit toujours par être dépassé par ses mensonges, comme le dit si bien un certain poète anonyme : Le menteur finit par être dépassé par tous les mensonges qu’il a forgés , laissant entrevoir les contradictions, de toutes ses erreurs d’inattention, les cartes truquées vont bientôt s’écrouler, et le menteur sera enfin dévoilé.

  • Obama et le Sahara Occidental

    Par Ayache Mohamed

    Donald Payne, président de la subcomission pour l’Afrique de la Chambre de Représentants des EEUU, reconnaissait hier à Madrid que ce contentieux qui dure depuis 33 ans ne se trouve pas parmi les dossiers qui, selon le gouvernement nordaméricains, réclament son attention urgente. Et encore, il a pronostiqué qu’avec l’arrivée d’Obama à la Maison Blanche « il y aura des changements » dans le traitement que Washington donne à ce conflit. Il n’a pas précisé lesquels, mais il a rappelé la disposition au « dialogue » et « le compromis avec les droits humains » du président des EEUU.

     Le Congresman démocrate s’est exprimé ainsi lors d’une conférence de presse qui a suivi son intervention dans les III Journées des universités publiques madrilènes sur le Sahara Occidental, entamés le 26 mai à Madrid sous le titre « Sahara occidental : Internationalisation et droits humains ». Dans leur missive envoyée au président Obama, un groupe de congresmen américains ont souligné l’urgence d’étendre le mandat de la MINURSO à la surveillance des droits de l’homme, car, a-t-il observé, « c’est la seule mission de l’ONU qui ne surveille pas ces droits ».

     M. Payne a indiqué, en outre, que ses pairs au Congrès ont rappelé au président Obama l’avis rendu par la Cour internationale de justice (CIJ) affirmant le droit à l’autodétermination du peuple sahraoui, ainsi que l’ensemble des résolutions de l’ONU en faveur de ce droit. Dans ce cadre, il a souligné que « le droit à l’autodétermination a été un principe sur lequel nous avons établi notre nation, et que toute tentative de s’en éloigner ne servirait ni la paix, ni la stabilité dans la région du Maghreb ».

     La missive n’a pas encore eu de réponse. Un silence que Payne qualifia de « normal » pour un président qui doit aborder des questions « plus urgentes » dans le monde entier et dans le continent africain. Quatre mois après l’installation de Barack Obama à la Maison Blanche, on dirait que l’Obamania est en train de s’éteindre. Surtout au Maroc, où l’on a organisé tout un carnaval d’initiatives pour inviter le président américain a donner son premier speech à Rabat. Quelle désillusion! Il le fera en Egypte. Avec tous les dossiers épineux, ce serait tout à fait compréhensible que la question du Sahara Occidental ne soit pas prioritaire pour Obama. Nonobstant, il affiche une sincère volonté de se débarrasser de tout ce que Bush a laissé comme héritage néfaste. Cette volonté nous laisse espérer des choses meilleures que celles que nous avons eu avec Bush. Naturellement, il faudra s’attendre à ce qu’il fasse des erreurs. Concilier les désirs avec la dure réalité n’est pas une tâche facile. À la différence de Bush, Obama se dit enclin au dialogue. Par ailleurs, il s’est prononcé en faveur du retrait progressif des troupes américaine d’Irak, et cherche à renouer le dialogue avec l’Iran. Il a un capital confiance que n’avait plus son prédécesseur. C’est de bon augure, même si Obama n’a pas de baguette magique.

     Sous le mandat de Bush, la balance américaine penchait plutôt côté marocain sur la question du Sahara. Tous les médias officiels au Maroc avaient répété maintes fois que la position des Etats-Unis ne risque pas de changer en ce qui concerne le conflit du Sahara Occidental. Lors des derniers débats au sein du Conseil de Sécurité, l’ambassadeur américain était loin de donner un intérêt quelconque à l’affaire. Seule la France s’est battue pour les thèses marocaines et contre l’élargissement des compétences de la MINURSO pour y inclure la surveillance des droits humains dans la région.

     L’administration Obama ne s’est pas encore prononcée en faveur du plan d’autonomie marocain malgré le déploiement des lobbys promarocains aux Etats-Unis qui essaient de forcer la main du nouveau président avec le fantôme ressucité de la menace terroriste. Avec la farce du « terrorisme sahélien », certains sénateurs américains, des habitués de la généreuse « hospitalité » des terres marocaines, veulent faire revivre l’ère Bush et éloigner Obama des objectifs qu’il s’est fixés pour rétablir la confiance et le respect des autres pays du monde. Des buts pour lesquels, il semble avoir fait du retour à la légalité internationale son credo.

     Le véritable terrorisme est pratiqué par l’administration marocaine contre les tous les peuples de la région. A cause de l’expansionisme marocain, cette région d’Afrique n’a pas connu le goût de la stabilité depuis 50 ans. D’abord, c’est l’agression militaire contre l’Algérie et le peuple sahraoui. Ensuite, c’est le soutien du ministère de l’intérieur marocain aux infiltrations d’armes et d’islamistes à travers ses frontières pour encourager la déstabilisation de l’Algérie et affaiblir son soutien au Front Polisario. L’autre facette terroriste du régime marocain, c’est la répression sauvage contre les populations civiles marocaine et sahraouie, le bombardement des camps de réfugiés avec des bombes de napalm, de phosphore, des bombes à fragmentation, etc.

     La stabilité en Afrique du Nord, les questions de sécurité, de paix et de développement dans la région font partie des constantes US en termes de politique étrangère. Des questions qui dépassent le périmètre des relations bilatérales et l’intérêt d’un Etat. Au nom de la stabilité, il est impératif d’éteindre les foyers de tension. Obama a bien indiqué qu’il voulait régler le problème iranien diplomatiquement. On peut légitimement admettre que le principe qui vaut pour un problème aussi crucial que celui que constitue l’Iran, peut bien valoir pour un problème de décolonisation en principe plus facile à résoudre et sur lequel il y a un consensus international : le droit du peuple sahraoui à l’autodétermination.

     Bush a pratiquement anéanti les relations des Etats-Unis avec l’Algérie avec son soutien sans conditions à l’annexion du Sahara Occidental par le Maroc. L’échec de la politique de Bush dans le Nord de l’Afrique sera le moyen idéal pour guider la politique d’Obama dans la région et affirmer une réelle présence à travers la résolution de ce conflit vieux de 34 ans.

     Le moment propice pour l’intervention américaine commence à se dessiner maintenant qu’on parle d’un nouveau round de négociations entre le Front Polisario et le Maroc. Les sahraouis sont convaincus que cette fois est la bonne. Le président sahraoui avait déclaré, au mois de janvier : « Nous avons l’impression que, durant la présidence Obama, l’indépendance du Sahara Occidental sera enfin reconnue ».

  • Le mensonge de l’autonomie

    Par Mohamed Mahamu

    En 1952, la résolution 637(VIII) de l’Onu déclare que le droit des peuples et des nations à disposer d’eux-mêmes est une condition préalable de tous les droits fondamentaux de l’Homme. Le 14 décembre 1960, la résolution 1514 de l’Assemblée Générale déclare que « tous les peuples ont le droit de libre détermination ; en vertu de ce droit ils déterminent librement leur statut politique »…

    Afin de refuser la violence et la violation des droits fondamentaux de l’Homme et des peuples, afin également de redonner sa légitimité à l’ONU, il n’y a pas d’autre choix qu’un retour aux valeurs fondatrices de l’Organisation.

     La résolution 1871 du Conseil de Sécurité de l’ONU, adoptée à l’unanimité au mois d’avril 2009, évoque les droits inaliénables du peuple sahraoui à l’autodétermination sans ingérence extérieure et son droit à l’indépendance et à la souveraineté. Mais ce droit, envisagé par les accords de 1991, tarde à se réaliser. Les sahraouis, dans le désespoir de créer leur propre Etat, redoublent de manifestations contre l’occupation , et subissent de plein fouet les exactions des forces de sécurité marocaines. Les droits de l’homme les plus élémentaires ne sont pas respectés et ils sont même bafoués de la manière la plus officielle qui soit. Les manifestants pacifistes sont reprimés et emprisonnés comme des criminels au nom de la « défense de l’intégrité territoriale ».

     Dans ce climat peu serein, l’ONU demande au Front Polisario de négocier avec le Maroc, de croire en sa bonne volonté. Seulement cette bonne volonté est accompagnée par une obsession malsaine de l’usage de la force et la violence contre des civils désarmés et pacifiques dont le seul crime est d’exprimer leur besoin de se prononcer sur leur avenir.

     

    Aujourd’hui, les sahraouis se trouvent face à des défis importants : Rétablir la légalité internationale et poursuivre les négociations, même en étant conscient de la stéritlité de cette voie du fait que le Maroc n’a d’autre proposition que l’autonomie. Une autonomie qui ne peut être qu’utopique, puisque le pouvoir au Maroc continue d’être concentré dans des insitutions défiant tout processus démocratique et la presse reste à la merci de la classe dirigeante. Qui dit autonomie dit déconcentration du pouvoir et transfert des compétences du centre aux infrastructures locales et régionales. Le roi Mohamed VI sait que le projet d’autonomie deviendra un choix d’organisation de l’Etat marocain et ne concernera pas uniquement le Sahara Occidental, ce qui veut dire un consentement à l’avance d’une limitation géante de ses pouvoirs et renforcement des rôles des autres intervenants. Les partis politiques n’ont pas été à la hauteur de saisir cette occasion pour étendre leurs revendications démocratiques parce qu’ils savent que cette déconcentration de la gestion du pays n’aura pas lieu. Tout simplement parce qu’il n’y a pas de transition démocraitque non plus. La transition a lieu après un changement de régime. Au Maroc, le même régime est toujours surplace et le paysage politique est toujours le même. The Economiste Intelligence Unit Unit a fait un classement pour l’année 2008. sur 167 pays examinés, le Maroc figure à la 121ème place, dans la catégorie régimes autoritaires. Le classement est basé sur cinq indicateurs: Processus électoral et pluralisme, libertés civiles, fonctionnement du gouvernement, participation politique et culture politique.

     Nous ne devons pas craindre d’emprunter la voie des négociations et continuer à lever les obstacles que l’autre partie sèmera, au fur et à mesure que nous progressons dans notre marche inéluctable vers l’indépendance. La résistance des militants sahraouis, partout où ils sont, consistera à brandir l’arme de la résistance pacifique et accumuler davantage de soutien politique et humain à notre cause et incitera les dirigeants marocains à renoncer à l’usage de la violence contre les jeunes manifestants dans les territoires occupés de la RASD. Toutefois, les combattants sahraouis reprendront les armes le jour où il sera établi que la voie des négociations s’est avéré infructueuse.

    Pour une cause juste, comme la libération de son pays, le retour aux armes est légitime surtout lorsqu’il est la seule voie de recours. Nous espérons que les pays que se disent démocratiques comprendront que le soutien aux entêtements du royaume chérifien n’aidera pas à éteindre la flamme de l’instabilité dans cette région et ne réussira pas à faire taire les voix indépendentistes sahraouis.

  • Une dynamique onusienne prometteuse

    Une certaine dynamique entreprise par les Nations Unies depuis le retrait du diplomate hollandais Van Walsum porte beaucoup de notes qui indiquent que le compte à rebours a commencé pour clôre le dossier du Sahara Occidental. En tout cas, c’est l’espoir de la planète entière qui voit dans ce conflit le reflet des plus grandes faiblesses de l’organisation mondiale. Même le Maroc est disposé à contribuer, à sa manière bien sûr, pour trouver une solution qui lui arrange. Ce n’est pas par bonne volonté des responsables marocains, mais, 34 ans après, le marocain n’a rien gagné si ce n’est 16 ans de sanglante guerre entre deux peuples frères, d’incalculables dépenses pour maintenir une armée de 200.000 soldats, une situation sociale explosive et un peuple de plus en plus conscient de l’absurdité des revendications territoriales marocaines, même si le régime a tout fait pour sauvegarder « l’uninimité » autour du palais pour continuer à vouloir imposer le fait accompli de l’invasion et l’occupation illégale.

    Le scénario imaginé par Hassan II pour sortir de la crise politique n’est plus valable aujourd’hui que le peuple sahraoui a affirmé son désir d’imposer la légalité internationale face aux manœuvres marocaines qui visent à dévier le principe d ‘autodétermination de son sens unique : le vote. Le libre choix à travers les urnes ou à travers les bruits des armes. D’ailleurs, la dernière voie est la seule que les responsables marocains connaissent le plus. Durant plus de deux décennies, le palais et les gouvernements successifs de Hassan II n’ont pas connu le sommeil à cause des bilans journaliers qui arrivaient du champ de bataille. Encore une autre défaire militaire avec autant de morts, de blessés et d’armement capturé par les combattants du Front Polisario. Mais tout cela est resté loin derrière.

    Le roi a fait du Sahara un thème de la politique intérieure marocaine. Les revendications des partis politiques, les réformes sociales, la démocratie, resteront encore au coin au nom de la « l’intégrité terrotoriale » du royaume.

    Le sacrifice et la persévérité du peuple sahraoui ont permis de mettre à nu toutes les manœuvres dilatoires du gouvernement marocain. La proposition d’autonomie a été rejetée par l’ONU. La solution recherchée doit être basée sur le respect de la volonté de la population sahraouie, seule maître de son destin. Toute solution basée sur le principe d’autodétermination sera la bienvenue et le Conseil de Sécurité n’est pas prêt de se prononcer pour une solution unilatérale, comme la proposition marocaine. Cela par respect à la volonté de ce peuple qui a su surmonter tous les obstacles pour empêcher que sa terre soit engloutie par un Etat voyou. Un Etat édifié sur le sang des démocrates marocains, sur les cadavres de Tazmamart, sur des divinités mensongères, la misère de la société marocaine, l’argent sale du tourisme sexuel, le clientélisme, la corruption… La liste est longue.

    Depuis que cette affaire du Sahara est prise en charge par le Conseil de Sécurité, les surprises, les contradictions, les fuites en avant et le chantage sont devenues monnaie courante du palais. Mais les sahraouis étaient là pour mettre le pendule à l’heure. Malgré le refus français, dans la dernière résolution on a parlé aussi des droits de l’homme. La mention « dimension humaine du conflit » est claire et Ban ki-moon a le droit et le devoir de veiller à ce que le côté humain soit pris en compte. En d’autres termes, le Maroc sera à l’œil pour toute nouvelle violation des droits de l’homme. Le masque porté par le palais va bientôt tomber et alors le monde verra que la réalité est tout à fait différente de ce qu’il croit. Les pays occidentaux ensorcelés par la propagande expédiée par les lobbys promarocains sur les prétendus progrès réalisées par le Maroc en matière de démocratie, droits humains, verront le véritable visage de la monarchie alaouite. Un visage cruel, inhumain, criminel.

    Le roi Mohamed VI au lieu de se retirer de la politique et de laisser s’installer une culture démocratique et un véritable Parlement, elle a monopolisé tous les leviers du pouvoir de décisions et elle a infantilisé les partis politiques, les béni-oui-oui. Elle a même cru bien faire en pactisant avec quelques anciens opposants, comme Ben Zekri et Herzenni, et d’autres qui ont changé leurs idéaux par quelques plaisirs de la vie. Pourtant, une nouvelle Constitution et un Etat de Droit seraient salutaires et incontournables pour le pays. Il s’agit de faire de la politique autrement. A ce moment-là, toute initiative, y compris l’autonomie , serait plus crédible aux yeux de tous.

    Et puisque ce n’est pas ainsi, nous sommes condamnés à défendre nos droits toujours écrasés et violés, nous parant des cuirasses solides pour freiner les prétensions expansionistes marocaines. Des prétensions, on le sait, encouragées par la France, berceau des droits de l’homme et de la révolution sociale.

  • Prostitution, l’autre industrie au Maroc


    La prostitution gagngrène la société marocaine. Et cette gangrène se projette à l’extérieur des frotnières du royaume au point de devenir un trait caractéristique de la femme marocaine vivant en terre d’exil.

    Les prostituées ne se cachent pas au Maroc. On en trouve partout, des rabatteurs, des clients, des hotels propose leurs chambres, les macros encaissent, c’est une veritable industrie qui fait le succès du tourisme au Maroc.

    La banalisation de la prostitution au Maroc ne permet plus de distinguer ce fléau comme une déviance nocive du corps social. Marrakech est une des  plus grandes villes du pays. Que son économie soit exclusivement fondée sur le proxénétisme ne semble plus déranger personne.

    A Rabat , la fille d’un ex-conseiller et ancien ministre du roi Hassan II, accusée de diriger un réseau de prostitution de luxe, d’écouler de la cocaïne au profit de ses clients, des dignitaires du Makhzen et étrangers, dont de grandes personnalités de la politique et du milieu des affaires, aurait bénéficié de la « protection » des cadres des services de la police, dont le Préfet de Police, ainsi qu’un responsable à la Direction générale de sûreté Nationale (DGSN). Elle en est sortie indemne.

    A Casablanca, Rabat, Marrakech, Fès, Tanger, Agadir, le commerce de la chair fait florès. C’est une activité comme une autre. Une donnée, encore une fois. Un attribut de l’espace urbain marocain. Des villes de tolérance, avec des réseaux, des filières, des clients, des fournisseurs, des circuits institutionnalisés, des appels d’offres et des cahiers de charges.

    Une enquête de l’Organisation Panafricaine de Lutte contre le Sida au Maroc (OPALSMaroc) auprès de 500 prostituées marocaines, dans sept villes du pays, Azrou, Khénifra, Béni Mellal, Meknès, Fès, Agadir et Rabat, dévoilée en janvier 2008,  met en lumière un phénomène peu évoqué au Maroc. Une partie des résultats est tristement prévisible mais beaucoup sont très surprenants. 13% des prostituées interrogées sont des « célibataires vierges » qui ont toujours leur hymen. Ce chiffre met en lumière le problème de la sacrosainte virginité demandée avant le mariage et les pratiques exercées par certaines femmes pour avoir malgré tout une activité sexuelle.

    Les fondements de la société marocaine sont à nouveau ébranlés dans cette étude lorsqu’on apprend que 59,4% de ces femmes ont eu leur premier rapport sexuel rémunéré entre 9 et 15 ans. Une femme interrogée avoue même avoir eu son premier rapport à 9 ans. Par ailleurs 32,6% des femmes ont pratiqué ou subi un acte sexuel entre 6 et 15 ans. La faible probabilité que l’enfant de 6 ans soit consentant renvoie encore une fois aux problèmes de la pédophilie et aux violences sexuelles infligées aux jeunes filles, dans un pays où la sexualité est taboue. Tout comme le cas des mineurs qui errent à longueur de journée pour vendre leurs corps sans aucune protection contre les maladies. Ainsi se dessine la cruauté d’un destin pitoyable pour beaucoup d’adolescents marocains.

    Un autre phénomène alarmant qui sévit depuis longtemps : La prostitution en milieu estudiantin. Lycéennes ou étudiantes, de jeunes Marocaines se livrent, contre des cadeaux ou de l’argent, à un commerce du sexe qu’elles refusent toutefois d’appeler prostitution. En Europe, les témoignages et alertes se multiplient face au phénomène des jeunes filles marocaines qui se prostituent et dont la principale cause est la pauvreté.

    Pourquoi le ministre de l’intérieur a refusé l’installation d’un bureau local de l’association française « Ni Putes Ni Soumises »? Pour la seule raison que cela risque de déranger l’institution de la prostitution au Maroc, que cette association fasse l’état des lieux de la prostitution et le tourisme sexuel extrêmement grave au royaume alaouite.

    Quand on additionne à ce fleau évolutif qu’est la prostitution des temps modernes (complicité de la famille, tourisme sexuel, pédophilie…..) à l’industrie des stupefiants bien encadree par les decideurs et les barons de la cours royale (le Maroc est le premier producteur mondial de cannabis et premier fournisseur de l’Europe) non obstant des autres fléaux socio-economiques endémiques, on est en droit de se poser la question suivante : Où va le Maroc de Sa Majesté le roi Mohamed VI?

    Malheureusement pour la population sahraouie, ce fléau n’a pas épargné les territoires occupés du Sahara Occidental, où la présence de plus de 160.000 soldats, le long du mur de défense, fait de ce métier l’un des plus lucratifs après le trafic de drogue dirigé par les généraux de l’armée marocaine.

  • Le 20 mai, une date historique pour le peuple sahraoui

    « La révolution à Saguia El Hamra et Rio de Oro s’est déclenchée parce qu’il existe un peuple. Ce peuple possède son identité nationale, sa propre civilisation, ses propres principe, ses propres valeurs, sa propre organisation. Ce peuple existe et survivra à la trahison du colonialisme, à l’agression des régimes réactionnaires et à leurs manœuvres » 

                                                    El Ouali Mustafa Sayed, secrétaire Général du Front Polisario

      

     Le 20 mai 1973, un groupe de maquisards sahraouis attaqua le poste espagnol d’El Khanga, à l’est de la ville de Smara. Le poste a été mis sous contrôle sans qu’un coup de feu ne soit tiré. Cette opération annonçait le déclenchement de la lutte armée dans le Sahara Espagnol, connue aujourd’hui sous le nom du Sahara Occidental. Dix jours avant, le 10 mai précisément, le congrès constitutif du Front Polisario s’est déroula sous le slogan « C’est par le fusil que nous arracherons la liberté ».

     De 1973 à 1975, le bras armé du Front Polisario – qui deviendra à partir du deuxième Congrès, en août 1974, l’Armée de Libération Populaire Sahraouie, ALPS, – est mal équipé, sans grande formation ou instruction militaire, et de ce fait réduit à une guerre de guerrillas à petite échelle. Il faudra attendre 1974 pour que le Polisario reçoive le soutien extérieur de la Lybie et, fin 1975, de l’Algérie.

     

    En fait, l’aide algérienne coïncide avec l’invasion militaire maroco-mauritanienne qui commence dans les derniers jours d’octobre 1975, avant même la Marche verte (6 novembre) et les accords de Madrid (14 novembre).

    L’objectif du Front à cette époque est de protéger la population civile qui fuit les villes dans le dénuement total pour échapper aux exactions des troupes d’occupation vers des camps de réfugiés installés à l’Est du territoire.

     Les colonnes de réfugiés (femmes, enfants et vieillards) se dirigeant sur Oum Dreiga, Tifariti, Mahbès, Guelta Zemmour, Amgala, Tifariti, Mheiriz, sont soumis aux bombardements au napalm et au phosphore de l’aviation marocaine, le 18 février 1976. Le 20 et le 23 ce sont les camps eux-mêmes qui subissent le même sort. Les réfugiés qui en échappent parviennent, épuisés, mutilés, brûlés, dans la région de Tindouf où le Polisario installe des campements.

    Le 26 février 1976, l’Espagne annonçait officiellement son retrait de son ex-colonie. Le lendemain, le 27 février, le Front Polisario proclamait la naissance d’une nouvelle république : La République Arabe Sahraouie Démocratique. Après la bataille d’Amgala, le Polisario décrète l’offensive généralisée contre les forces d’occupation.

     A la fin de l’année 1977 et au cours de l’année 1978, la France et le Maroc agirent de concert avec la Mauritanie pour stopper les attaques répétées du Front Polisario contre le bassin minier de Zouérate, véritable poumon de l’économie mauritanienne. Six avions Jaguar, basés à Dakar, appuyèrent dès novembre 1977 les unités mauritaniennes. Oui, deux pays africains et une puissance occidentale contre un peuple constitué, au début, de nomades mal armés.

     Début 1979, l’ALPS lance l’offensive Houari Boumédienne, ainsi en hommage au président algérien qui vient de s’éteindre. Les attaques arriveront jusqu’aux bases de logistique du sud marocain (Tan-Tan, Zak, Tata, etc…) Les sahraouis mettent en déroute plusieurs unités marocaines, capturent des centaines de prisonniers, récupèrent véhicules, chars, armement, carburant…

    Le 5 août 1979, est signé à Alger un accord de paix entre le Front Polisario et la Mauritanie. Par cet accord, notamment, « la République Islamique de Mauritanie déclare solennellement qu’elle n’a et n’aura pas de revendications territoriales ou autres sur le Sahara Occidental ». Elle

    Décide de sortir définitivement de la guerre injuste du Sahara Occidental suivant les modalités arrêtés en commun accord avec le représentant du peuple sahraoui, le Front Polisario. Neuf jours plus tard, le 14 août, le Maroc envahit la zonne du Sahara Occidental qui était occupée par la Mauritanie.

    Désormais, toutes les forces sahraouies sont dirigées contre les troupes marocaines. Le théâtre des opérations dépasse largement le territoire sahraoui. Le Polisario pousse ses attaques jusdu’au Oued Drâa (plusieurs centaines de kilomètres à l’intérieur du Maroc), coupant ainsi la route au renfort des troupes marocaines.

    A partir de 1980, le Maroc entreprend la construction en plusieurs étapes du mur de défense, une très longue muraille de 2.500 kilomètres, d’une hauteur moyenne de 3 mètres et d’une largeur de 2 mètres. Sous terre, il abrite un système sophistiqué avec des batteries d’artillerie et un épais réseau d’écrans-radars. Par ce système, on détecte tout ce qui approche à 60 km de distance.

    S’adaptant à la situation nouvelle issue de l’édification des  » murs « , l’ALPS au lieu de s’engager dans une guerre de positions, impose une guerre d’usure aux forces marocaines. Elle choisit le lieu, le moment de ses attaques qui provoquent des pertes importantes dans les rangs adverses.

     Les victoires militaires et diplomatiques se sont multimpliées forçant le roi Hassan II à accepter le plan de paix sous les auspices des Nations Unies, entamé par un cessez-le-feu en 1991 et qui devait se clôturer par un référendum. Et 34 ans après, le peuple sahraoui attend toujours le jour où il pourra se prononcer librement sur son avenir. Pire encore, la communauté internationale se tait devant les violations des droits humains à l’encontre des sahraouis qui affrontent quotidiennement les affres de la colonisation marocaine.