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  • La France déclare ouvertement son ennemitié au peuple sahraoui

    L’UPM, voulu par Nicolas Sarkozy, était censé créer un partenariat entre les deux rives de la Méditerranée, le nord ayant un intérêt évident à contribuer au développement du sud.

    Quelles sont les intentions du président français à vouloir s’investir dans l’Union Méditerranéenne ? Il veut gagner les parts de marchés sur le sol africain, en concurrence avec les américains et les chinois ? L’ennemitié avec l’Algérie n’est sans doute pas l’un des moyens les plus judicieux pour encourager la création et consolidation d’une organisation aussi ambitieuse que L’UPM.
    Concernant la vente d’armes, le Président s’est déclaré « ouvert aux demandes algériennes, de la même façon qu’à celles des deux pays voisins, dès lors qu’elles contribuent à l’objectif de renforcer la sécurité régionale et la stabilité de ces pays, qui est pour moi une priorité. »

    Les contradictions de Sarkozy sont grotesques. Un homme aussi rusé, tacticien et intuitif que lui ne doit pas ignorer que son projet est impossible sans une certaine paix et stabilité dans la région. L’UPM n’est pas faite pour assurer la stabilité et la sécurité de ses membres. En laissant faire Israël, elle viole son propre règlement intérieur. Il convient d’insister sur ce point car il est évident que le minimum que les états membres puissent faire pour éviter que ses réactions se limitent seulement à des dénonciations et à des rassemblements.

    Au détriment de la réconciliation et l’entente définitive, il continue à nier les meurtres commis au titre d’une invasion (début des tirs de fusées dans le désert algérien, pétrole, gaz …), d’une démarche géo-politique voulue. Comment fermer la porte du cœur, et de la mémoire, aux milliers d’algériens, de marocains et de tous les pays Nord-Africains venus travailler en esclaves en France dans les usines de production françaises (Peugeot, Renault, Voiries, SNCF, …) ?
    Les algeriens ne demandent ni flagellation ni dédommagement. Juste une reconnaissance des actes passés lors de la guerre d’Algerie. Se tourner vers le futur en niant le passé ne sert a rien. Il y a la paix des braves, il suffit d’une parole pour renouer le dialogue.

    La repentance sert à reconnaitre qu’on a eu tort à un moment donné, ça sert à dire « pardon » tout simplement, à reconnaitre que l’autre a été une victime à un moment ou à un autre. Ça sert à pardonner, à se faire pardonner… Ça sert à la paix ! Il est évident qu’on ne peut être qu’hermétique à tout ceci quand on a un esprit aussi pervers que celui du président de la République Française. Au lieu de s’approcher, il fait tout pour s’éloigner de ce puissant pays du Maghreb, sans lequel il n’y aura aucun projet susceptible de voir la lumière.

    Le gouvernement français, dans sa guerre secrète contre l’Algérie va encore plus loin en adoptant une claire politique d’ingérence dans une affaire qui ne regarde, ni de près ni de loin, la France : Le conflit du Sahara Occidental qui dure, maintenant, depuis plus de 34 ans, avec une population qui souffre de plus en plus à cause des violations des droits de l’homme commis par les forces de répression marocaines.

    Dans les derniers débats au Conseil de Sécurité, le 30 avril 2009, l’ambassadeur français a empêché l’insertion dans la résolution 1871 sur le Sahara Occidental, de l’élargissement des comptétences de la MINURSO (Mission des Nations Unies pour le Réferendum au Sahara Occidental) pour qu’elle puisse surveiller le respect des droits de l’homme dans les territoires occupés de la République Sahraouie et les camps de réfugiés au sud-ouest de l’Algérie.

    Je ne pense pas que les intérêts économiques de la France au Maroc soient d’une telle ampleur qu’ils poussent le gouvernement français à agir de la sorte. Déclarer la guerre à ce petit peuple du Sahara Occidental, c’est déclarer la guerre à l’Algérie et à ses principes contre l’ingérence étrangère dans la région et contre le principe sacré de l’intangibilité des frontières héritées du colonialisme.

    Personne ne demande à la France de couper les liens avec le Maroc. Juste un minimum de moralité envers un petit peuple dont le seul crime est de vouloir fonder son pays sur sa terre et profiter de ses richesses naturelles loin de tous ces vautours qui rôdent autour d’elles.

    Dans le passé, et plus précisément en 1977, le gouvernement de Giscard d’Estaing a envoyé ses avions « Jaguar » pour écraser les colonnes de combattants sahraouis qui rentraient après les attaques contre les garnisons maurtianiennes. Aujourd’hui, Sarkozy bloque toute résolution en faveur de l’indépendance sahraouie. Croit-il qu’avec cela, le Maroc réussira à engloutir ce peuple? L’expérience coloniale française en Afrique et ailleurs a démontré qu’il n’y aucune force capable d’arrêter un peuple décidé à se battre pour ses droits. Le peuple sahraoui n’est pas une exception. Au contraire, il a fait preuve, dans le passé, d’un courage sans égal et ses péripéties sur le champ de bataille sont restés comme un exemple de bravoure, détermination et courage pour tous les peuples opprimés du monde.

    Même si la France continue à se mêler, avec tout son poids, pour soutenir le Maroc, ils n’auront pas le Sahara Occidental. Son véto au Conseil de Sécurité ne pourra jamais arrêter la volonté et la détermination des sahraouis pour arracher leurs droits par tous les moyens à leur disponibilité, y compris, le retour aux armes.

    La résolution 1871 du Conseil de Sécurité est décisive parce qu’elle réaffirme le droit du peuple sahraoui à l’autodétermination comme objetif principal de toute future négociation. Ce qui veut dire que le projet franco-marocain d’autonomie n’aura jamais lieu au Sahara Occidental. Alors, la France, recourrera-t-elle à la force pour plaire les autorités marocaines. A ce stade de la politique extérieure française, tout est possible.

  • La parole est au peuple sahraoui

    Par Fatimetu Salama

    La nouvelle résolution du Conseil de Sécurité sur le Sahara Occidental est un coup dur pour Sa Majesté le Roi du Jet Ski. Au lieu d’adopter le plan d’autonomie marocain, elle demande la poursuite de pourparlers visant à « parvenir à une solution politique, juste et mutuellement acceptable qui pourvoie à l’autodétermination du peuple du Sahara Occidental ».

    Voilà qui est clair et il n’y a pire aveugle que celui qui ne veut pas voir et pire sourd que celui qui ne veut pas entendre. Christopher Ross l’a souligné aussi lors de sa tournée dans la région au mois de février. Il cherche « une solution basée sur le respect du droit du peuple sahraoui à l’autodétermination »

    Les responsables marocains seront obligés à faire ce qu’elles aiment le moins et détestent le plus : S’asseoir avec les responsables sahraouis en tête-à-tête et négocier sans conditions préalables, ce qui est, en soi, une reconnaissance implicite de l’autorité et de l’état sahraouis.
    Qui ne se rappelle pas des multiples fois que le gouvernement marocain présentait ses marionettes d’origine sahraouie pour pousser le Front Polisario à négocier avec eux, malgré que ceux-ci n’ont rien à donner, puisque le seul Seigneur au Maroc est actuellement le jeune ministre de l’Intérieur, Chakib Benmoussa, le nouvel homme fort du palais royal.

    Le roi Mohamed VI n’a sans cesse arrêté de demander à l’Algérie de négocier directement avec lui le sort de cette ancienne colonie espagnole annexée par le Maroc à coup de canons et de baillonnêttes. Il ne voulait rien savoir des sahraouis, mais le temps a fini par démasquer les farceurs et mettre en évidence la vérité. Le seul partenaire pour la paix dans ce territoire est le Front Polisario et rien que lui. Que le Maroc le veuille ou non, ceux qu’il appellait hier « des mercenaires à la solde de l’Algérie » vont s’asseoir devant lui pour débattre sur l’avenir du Sahara Occidental. La nouvelle création du Ministère de l’Intérieur, le PAM, ne servira à rien, même si le palais royal a installé à sa tête un sahraoui d’origine. Mohamed Cheikh Biadillah, depuis son intronisation à la tête de ce parti cocotte-minute, n’a pas arrêté de parler d’autonomie et de régionalisation. Ils ont tous les droits d’implanter leur projets à Rabat, Casablanca, Fez, Meknès, Essaouira, etc. Mais jamais au Sahara sans le consentement du Front Polisario, unique et seul représentant du peuple sahraoui.

    La résolution 1871 du Conseil de Sécurité a donné lieu à des négociations serrées sur le thème des droits de l’homme. Le Front Polisario a demandé, en vain, l’insertion d’un paragraphe chargeant Ban Ki-moon de doter la MINURSO de compétences en matière de droits de l’homme afin d’observer la situation dans ce domaine au Sahara Occidental et dans les camps de réfugiés de Tindouf. L’opposition de la France a fait que le texte ne comporte qu’une mention vague par laquelle le Conseil « souligne l’importance que des progrès soient effectués dans la dimension humaine du conflit ».

    Prenant la parole à l’issue du vote, le représentant de la France a indiqué que son pays continuait à attacher la plus haute importance à la proposition d’autonomie du Maroc de 2007, qui constitue, selon lui, une feuille de route crédible dans la mesure où elle respecte le principe d’autodétermination.

    Après les massacres de Gaza, j’avoue que ce mot-là, feuille de route, a un effet irritant pour beaucoup de mes concitoyens qui ont tracé, eux-même, leur route, celle de l’indépendance, avec le bruit des canons et la mort de beaucoup de valeureux combattants qui ont donné le plus sublime exemple de courage et de sacrifice. Leurs descendants sont là, sur le terrain, prêts à reprendre la flamme de la lutte de libération. Cette lutte que le gouvernement français n’a pas pu étouffer, même pas moyennant les agressions avec des avions « Jaguar » basés à Dakar. Peut-être que Sarkozy fera de même que Valery Giscard d’Estaing : Recourrir à la force pour imposer cette autonomie à laquelle il tient autant. Ça n’étonnera personne après ce vote au Conseil de Sécurité contre la protection de la population sahraouie par la MINURSO.

    La France, le « berceau de la démocratie et des droits de l’homme », aujourd’hui, elle s’oppose à ce qu’Amnesty International, Human Rights Watch et la délégation ad-hoc du Parlement Européen ont demandé avec insistance : L’élargissement du mandat de la MINURSO pour surveiller la situation des droits de l’homme au Sahara Occidental. Peut-être que les sahraouis, aux yeux de Nicolas Sarkozy et Bernard Kouchner, ne sont pas des êtres humains. Comme les marocains. Ils nous méprisent jusqu’au point de nous appeler « les frères de leurs chameaux ». Ça doit être cela. Ou peut-être que le gouvernement de Sarkozy tient à nous rappeler le passé et le présent coloniale de la France et sa politique à l’égard de plusieurs peuples du monde.

    Les sahraouis, en particulier ceux qui sont dans les territoires occupés de la RASD n’oublieront jamis ce geste de la France. Surtout les mères de tous ces jeunes qui sont morts sous la main des tortionnaires marocains, ni ceux qui, depuis 34 ans, attendent un retour honorable à leurs terres, loin de cette marée de voleurs et de charognards qui sont en train d’épuiser leurs richesses naturelles sans aucune pitié ni clémence.

    Si le gouvernement français a perdu la face depuis longtemps, le peuple sahraoui n’a pas perdu son courage ni sa détermination à arracher ses droits, coûte que coûte et il saura les défendre avec tous les moyens possibles, y compris la lutte armée si cela s’avère nécessaire. Le dernier mot est toujours à lui, et, pour l’imposer, il a la meilleure arme : La détermination et le sacrifice.

  • La France contre les droits de l’homme au Sahara Occidental

    Par Mohamed Mahamud

    Le Conseil de sécurité a de nouveau demandé jeudi au Maroc et au Front Polisario de poursuivre « sans conditions préalables » leurs négociations sous l’égide de l’ONU sur l’avenir du Sahara occidental, actuellement dans l’impasse.

    Il a fait cette demande dans sa résolution 1871, adoptée à l’unanimité de ses quinze membres et qui reprend quasiment mot pour mot les termes de sa résolution 1813 du 30 avril 2008.

    La résolution proroge jusqu’au 30 avril 2010 le mandat de la Mission de l’ONU pour l’organisation d’un référendum au Sahara occidental (Minurso), qui arrivait à expiration.

    Le Conseil demande aux parties de « poursuivre les négociations sous les auspices du secrétaire général (Ban Ki-moon), sans conditions préalables et de bonne foi, en tenant compte des efforts réalisés depuis 2006. »

    Il souligne que ces pourparlers doivent viser à « parvenir à une solution politique juste, durable et mutuellement acceptable qui pourvoie à l’autodétermination du peuple du Sahara occidental ».

    Le Conseil accueille favorablement la suggestion du nouvel émissaire de M. Ban pour le Sahara occidental, Christopher Ross, que les parties tiennent « des discussions informelles préparatoires à une cinquième session des négociations ».

    M. Ross a effectué en février une première tournée dans la région dont il est ressorti que les conditions d’une reprise des pourparlers directs à Manhasset, dans la banlieue de New York, n’étaient pas réunies tant les positions sont éloignées, d’où cette suggestion de discussions préparatoires.

    Quatre séries de négociations à Manhasset n’ont pas permis de rapprocher les points de vue. On est convenu en principe d’en tenir une cinquième, à une date non précisée.

    Ancienne colonie espagnole au sous-sol riche en phosphates, le Sahara occidental a été annexé en 1975 par le Maroc. Les indépendantistes du Polisario, soutenus par l’Algérie, ont combattu pour l’indépendance du territoire jusqu’à la conclusion d’un cessez-le-feu en 1991.

    Aujourd’hui, le Maroc propose un plan de large autonomie sous sa souveraineté, refusant toute indépendance, et ne veut négocier que sur cette base.

    Le Polisario réclame un référendum d’autodétermination, sous l’égide de l’ONU, qui laisserait aux sahraouis le choix entre trois options: rattachement au Maroc, indépendance ou autonomie sous souveraineté marocaine.

    La résolution 1871 a donné lieu à des négociations serrées sur le thème des droits de l’homme. Le Polisario a demandé, en vain, l’insertion d’un paragraphe chargeant M. Ban de doter la Minurso de compétences en matière de droits de l’homme afin d’observer la situation dans ce domaine au Sahara occidental et dans les camps de réfugiés de Tindouf.

    Certaines délégations dont la France s’y étant opposées, le texte ne comporte qu’une mention vague par laquelle le Conseil « souligne l’importance que des progrès soient effectués dans la dimension humaine du conflit ».

    Après la séance, le représentant du Polisario à l’ONU, Ahmed Boukhari, s’en est vivement pris à Paris, soutien traditionnel du Maroc dans ce dossier.

    « Le Conseil de sécurité continue d’être victime de la politique de deux poids deux mesures et le principal responsable en est la France », a-t-il dit. « S’il n’y a pas aujourd’hui de solution pour un referendum au Sahara occidental, c’est essentiellement à cause de la France », a-t-il ajouté.

    Prenant la parole à l’issue du vote, le représentent de la France a indiqué que son pays continuait d’attacher la plus haute importance à la proposition d’autonomie du Maroc de 2007, qui constitue, selon lui, une feuille de route crédible dans la mesure où elle respecte le principe d’autodétermination.Les représentants de l’Ouganda et du Costa Rica ont cependant regretté que le Conseil de sécurité n’ait pas inclus dans le mandat de la MINURSO une composante « droits de l’homme ».

    Integralité de la résolution 1871 du 30 Avril 2009
    Conseil de sécuritéCS/9650Département de l’information • Service des informations et des accréditations • New York, Conseil de sécurité 6117e séance – après-midi

    Le Conseil de sécurité a prorogé, cet après-midi, d’un an, jusqu’au 30 avril 2010, le mandat de la Mission des Nations Unies pour l’organisation d’un référendum au Sahara occidental (MINURSO)

    En adoptant à l’unanimité de ses 15 membres la résolution 1871 (2009), le Conseil demande aux parties de poursuivre les négociations sous les auspices du Secrétaire général, sans conditions préalables et de bonne foi, en tenant compte des efforts réalisés depuis 2006 et des faits nouveaux survenus depuis, en vue de parvenir à une solution politique juste, durable et mutuellement acceptable qui pourvoie à l’autodétermination du peuple du Sahara occidental.Le Conseil se félicite de ce que les parties aient accepté la proposition de l’Envoyé personnel tendant à tenir des pourparlers informels, restreints dans la perspective d’une cinquième série de négociations.

    Il rappelle qu’il fait sienne la recommandation du Secrétaire général selon laquelle il est indispensable que les parties fassent preuve de réalisme et d’un esprit de compromis afin de maintenir l’élan imprimé au processus de négociation.

    Par la résolution qu’il vient d’adopter, le Conseil leur demande de continuer de faire preuve de volonté politique et de travailler dans une atmosphère propice au dialogue afin d’engager plus résolument des négociations de fond et de garantir ainsi l’application de ses résolutions 1754 (2007), 1783 (2007) et 1813 (2008) ainsi que le succès des négociations.

  • La tribu des Doublal se soulève au Maroc

    Par Yusef Brahim

    Près de 700 membres de la tribu Doublal d’origine sahraouie dans la région de Tata sur la frontière algéro-marocaine, ont enclenché un mouvement de contestation contre le Makhzen. Ils protestent ouvertement contre la fermeture par l’armée marocaine de la zone de Oued Drâa qui les a privés d’exploiter leurs terres et de faire paître leurs cheptels.
    La tribu de Doublal exprime sa colère depuis samedi par des manifestations et des sit-in alors que les éléments de l’armée royale ont empêché une marche sur le poste militaire de Khengat Boukhbar. Des militaires ont été déployés dans le secteur en question et ont dispersé les protestataires en faisant feu dans leur direction.

    Des témoins ont rapporté que la situation dans laquelle se trouve la tribu est intolérable depuis que les forces armées royales ont dressé des barrages empêchant les agriculteurs et les maquignons de rejoindre leurs terres sous prétexte que c’est une zone militaire. Les protestataires réclament la réouverture de Oued Drâa pour jouir des terres dont ils sont propriétaires. Ils soulèvent d’autres entraves et difficultés auxquelles ils font face depuis le début du conflit entre le Maroc et le Front Polisario.
    L’armée royale s’est emparée des dromadaires des éleveurs à qui elle impose des amendes pour pouvoir les récupérer.

    Les habitants de Tata sont déterminés à arracher leurs droits et ont refusé de répondre à la demande des responsables militaires et locaux d’arrêter leur mouvement contestataire. Ils réclament un dialogue sérieux avec les hautes autorités, et qui débouche sur des solutions concrètes à leurs problèmes.

    La situation est explosive, elle pourrait dégénérer davantage. Les membres de la tribu de Doublal sont marginalisés, n’ont pas droit à l’emploi, à l’éducation ni ne bénéficient de projets de développement. Ils demandent aux autorités leurs droits, des conditions pour un développement réel, et surtout la réouverture inconditionnée de l’Oued Drâa indispensable pour leur survie. Les analystes craignent des affrontements, et le Makhzen pourrait rééditer le scénario de Sidi Afni et user de la violence pour résoudre ce dossier.

    La province de Tata est située en milieu désertique : le climat este de type aride, les précipitations sont faibles et irrégulières et les températures souvent très élevées (jusqu’à 48°C en été). Dans ce milieu aux conditions biophysiques extrêmes, marquées par un déficit hydrique accentuée, le mode de mise en valeur principal du milieu est le système oasien. La population est d’origine arabe et les villages sont composées essentiellement de femmes, d’enfants et de personnesd âgées. Le reste se trouve à l’armée ou en Europe.

    Jusqu’aux années 70, l’organisation sociale était adaptée au système nomade des populations de la région. L’oasis était plus un lieu de production de dattes qu’un réel lieu de vie. En effet, le territoire de vie et de production des habitants de Tata était alors particulièrement vaste (plusieurs centaines de km²). La période comprise entre janvier et septembre était consacrée au nomadisme. Laissant leurs terres aux soins de leurs khamès (hommes qui ont le savoir-faire de l’abriculture), les familles quittaient le douar pour transhumer vers le Sahara. Les habitants de la région cheminaient lentement vers le sud, à travers les forêts d’Acacia radiana. Ils y faisaient paître leurs troupeaux, tout en fabriquant du charbon de bois qu’ils échangeaient avec d’autres populations. Une fois passée la crue de l’Oued Drâa (entre mars et mai), ils mettaient en culture les terres limoneuses et humides du bord de l’oued. Les céréales principales étaient l’orge et le blé tendre. Pendant 4 à 5 mois, les terres de l’Oued Drâa, situées à près de 50 km de la palmeraie pour la récolte des dattes, la population de Tata reprenait le chemin de la palmeraie pour la récolte de dattes qui a lieu d’octobre à novembre. Une fois les dattes récoltées et séchées, les familles reprenaient le chemin de l’oued et du sahara.

    Le territoire de vie et de production était particulièrement vaste, puisque près de 150 km séparaient les deux pôles de production agricole principaux. Entre ces deux pôles se trouvait un élément essentiel au système pastoral : les pâturages à acacias. La vie des habitants de la région s’organisait en fonction de ces trois espaces essentiels. Par ailleurs, les échanges entre les différents clans ou tribus nomades s’organisait alors en fonction de ces trois espaces. Les échanges entre les différens clans ou tribus du sud étaient fréquents. Les oasis de la région étaientt alors résolument tournée vers le sud.

    L’année 1975 marque l’invasion par le Maroc du Sahara Occidental et le début d’une sanglante guerre entre le royaume chérifien et le Front Polisario. Les conséquences pour la région de Tata, située à quelques kilomètres de la zone militarisée, furent importantes. En effet, dès le début du conflit, de nombreux jeunes hommes de la province se sont engagés dans les rangs de l’armée marocaine. Ces hommes originaires de la région sont très appréciés pour leur bonne connaissance du désert. Ceci a eu des conséquences fatales : la plupart des villages (douars) furent attaqués et grand nombre des jeunes ont été tués dans les affrontements.

    Ceux qui sont restés en vie, envoient la quasi totalité de leurs salaires à leur famille. Ces nouveaux revenus sont d’autant plus nécessaires que dès le début du conflit, les terres de l’Oued Drâa sont interdites d’accès et placées en zones militarisées. La partie sud de Tata devient inaccessible. Le territoire est donc amputé de deux ressources essentielles : Le parcous à acacia qui fournissait pâturage et charbon de bois ainsi que les terres fertiles de l’Oued Drâa. Le territoire de production se retrace donc sur les oasis de la région qui, dès lors, doivent subvenir aux besoins alimentaires des familles des douars. A l’enrôlement des jeunes hommes dans l’armée, s’ajoute un autre phénomène : Dès la fin de la décennie 1970, les migrations des jeunes ou parfois même de familles entières se multiplient vers le Nord et vers l’Europe.

  • Sarkozy, tuteur de l’Espagne

    Par Ayache Mohamed


    Les années de mésentente sont restées derrière. Les sujets qui divisaient les deux pays en matière de politique européenne et extérieure ont été surmontés. Il faut reconnaître que le président français a su préparer minutieusement cette visite pour qu’elle s’achève avec un succès total. Sarkozy s’est démené pour que Zapatero puisse participer aux travaux du G-20, alors que la huitième économie mondiale en était, en principe, exclue. Il a confié à l’ancien président du gouvernement espagnol, Felipe Gonzalez, la direction du Groupe des Sages, chargé de réfléchir à l’avenir de l’UE. Le secrétariat de l’Union pour la Méditerranée va s’installer à Barcelone. Les sempiternels problèmes d’interconnexions énergétiques et de franchissement des Pyrénées sont en voie de règlement. Et, le 18 avril, la police française annonçait l’interpellation de Jurdan Martitegi, quatrième chef militaire de l’ETA, selon les sources officielles. A peine, dix jours avant la visite officielle de Sarkozy en Espagne! Drôle de hasard!

     Des accords ont été signés dans le domaine de l’énergie, visant à promouvoir l’interconnexion gazière et la réalisation d’une ligne à de haute tension traversant les Pyrénées. Concernant les transports, ont été accordés la création d’autoroutes de la mer et le développement du ferroviaire.

     Evoquant la gémellité des économies française et espagnole, Nicolas Sarkozy a martelé l’engagement plus fort que jamais à faire progresser ces derniers dossiers, véritables serpents de mer de la relation franco-espagnole.

     Mais c’est en matière de lutte contre l’ETA que le sommet aura le plus permis d’avancer. Inspirés par les succès de la coopération policière, question clé dans les relations entre les deux pays, les deux présidents ont convenu de l’institution d’un Etat major commun sur la sécurité. Dans son discours devant le Parlement espagnol, Sarkozy a rappelé l’offre de la France de vouloir en finir avec l’ETA, le dossier qui constitue le point faible du gouvernement de Zapatero après l’échec de sa tentative de trouver une issue moyennant les négociations.

     Mais plus que soutenir, Sarkozy a donné l’impression de vouloir jouer au tuteur. Dans son discours dans Las Cortes, il a demandé à la présidence espagnole de l’UE de « refuser l »ingénuité et qu’elle accepte de se protéger ». C’est-à-dire, de protéger les agriculteurs, « comme les présidents américains », et qu’elle ferme la porte européenne aux produits de pays « qui ne respectent pas les règles environnementales, morales, sociales ». Une déclaration de guerre aux Etats-Unis sur le plan économique. A son avis, « cela n’est pas du protectionnisme ». Le retrait des troupes espagnoles d’Irak, du Kosovo devra être suivi d’autres mesures d’éloignement de la politique de Washington.

     L’importance de la relation atlantique de l’UE avec les EEUU illustrait, dans le passé, la divergence entre l’Espagne d’Aznar et la France de Chirac. Avec la visite de Sarkozy, cela fait partie du passé. L’Espagne doit se démarquer de sa politique pro-américaine et s’engager plus avec l’axe franco-allemand qui veut une « Europe plus européenne » opposé à une « Europe atlantique ». Sarkozy raccommode les morceaux que José Maria Aznar avait cassés. C’est sur l’UE et son fonctionnement que Nicolas Sarkozy s’est longuement exprimé. Devant le parlement espagnol, il s’est étonné d’une institution « qui fonctionne aussi bien, alors qu’elle est faite pour ne prendre aucune décision ». Il a tracé, avec un certain paternalisme, la voie à suivre par l’Espagne lors de sa future présidence de l’Union, prévue en 2010. A cette occasion, « tu pourras compter sur nous comme des partenaires, comme des alliés, comme des amis », a-t-il répété à son homologue espagnol.

     Zapatero a eu presque tout ce qu’il voulait et Sarkozy a fait signe d’une grande générosité envers cet homme qualifié hier comme « pas très intelligent » mais tenace et près à tout pour concrétiser ses objectifs. L’Espagne sera présente à New-York dans la réunion du G-20 et aura le ferme soutien de la France durant sa présidence de l’UE.

     Dans le sempiternel feuilleton des relations hispano-marocaines, la France s’engage à défendre la souveraineté espagnole sur Ceuta et Melilla et à soutenir l’Espagne en cas d’évènements similaires à celui de l’Ile de Perejil, qui, dans le passé, a été résolu grâce à l’intervention américaine.

     Dans le Conseil de Sécurité, l’Espagne suivra la politique française de soutien aux thèses marocaines relatives à l’application du projet d’autonomie comme solution définitive du problème du Sahara Occidental et continuera à nier sa responsabilité historique en tant que puissance administratrice de cette ancienne colonie nord-africaine.

    Zapatero et Sarkozy ont également annoncé une conférence sur la Somalie visant à donner une réponse, allant au-delà d’une réponse militaire, pour résoudre le problème de la piraterie et donner « une réponse intégrale, politique et de sécurité civile pour ce pays ».

  • El chantaje francés

    Por Mohamed Mahamud Embarec

    La pareja presidencial francesa llegó hoy para una visita de dos días, pero su llegada hace grandes títulos en la prensa espaňola desde hace una semana, sobre todo la de Carla Bruni, calificada como un Tsunami de belleza, gracia y generosidad que va a invadir a Espaňa. Y es que el esposo casi pasa desapercibido al lado de la gran lady. Razones por las que EL PAIS fue obligado a escribir que « no hay que olvidar que el presidente es Sarkozy ». Es posible que la prensa espaňola no haya encontrado nada más que admirar en esta visita que la presencia de Carla. Un hecho realemente revelador del afecto que tienen los espaňoles por Nicolás.

    « Para mi, José Luis es un hombre de talento, un hombre de convicción y una granf figurea en Europa », fueron las palabras de Nicolas Sarkozy en su entrevista exclusiva con El PAIS, en la que se lanzó en alabanzas al presidente del gobierno espaňol en vísperas de la XXI cumbre bilateral que tiene lugar, hoy, en Madrid.

    Para mejor disipar la incomodidad suscitada por sus comentarios sobre el líder socialista, Sarkozy expresó su « afecto sincero » y de su « verdadera amistad » con Zapatero, sin olvidar su « gran estima » por el. Una manera de cortar y acabar con los « rimores absurdos » sobre la supuesta débil inteligencia de su homólogo. Ya el sábado pasado, el Casanova francés intentó desminar el terreno en sus declaraciones a « Le Monde », subrayando su « muy buena relación con el Presidente Zapatero ».

    Conociendo a Sarkozy, con eso quiere decir « ese tío, comparado conmigo, es realmente mucho menos inteligente ». O al menos así lo piensa, porque, como buen galo, está inspirado en la fábula del literato francés De La Fontaine titualada « La rana qui quiere ser tan grande como un toro ».

    Zapatero ya tiene olvidado el asunto, pues, como buen boxeador dotado de una gran capacidad para encajar los golpes sobre el ring político, acaba siempre con la sonrisa en los labios aunque se trate del adversario de la líder socialista Segolène Royal, a la que Zapatero apoyó durante la campaňa de las últimas elecciones presidenciales francesas.

    Que diga lo que quiere, Zapatero está tan convencido de los poderes de Sarkozy que le ve realizando milagros como caminar sobre el agua, curar a los paralíticos, devolver la vista a los ciegos y resolviendo, él solo, la crisis financiera mundial cuyas repercusiones en Espaňa se hacen más que sentir cuando el número de parados está sobrepasando los 4 millones, o sea el 17% de la pobalción, el sector immobiliario sinistrado y el crédito bancario moroso.

    Entre polémica y glamour, casi acabaremos olvidando que esta visita de Estado coincide con el XXI anniversario de la cumbre bilateral que tendrá lugar el martes para destacar la excelencia de las relaciones entre los dos países vecinos preocupados por reforzar sus lazos comerciales.

    A parte de los asuntos convergentes (interconexiones eléctricas, relaciones con el Maghreb, tráfico de drogas, immigración clandestina, etc) el pivote de estos lazos es la lucha antiterrorista.

    La cooperación policiaca contra la organización vasca es tan buena que Paris y Londres desean hacer lo mismo en lo que concierne al crímen organizado o el tráfico de drogas, ya que Espaňa es la puerta de entrada del haschich proveniente de Marruecos, país con el que, por cierto, Zapatero pretende tener unas relaciones tan excelentes como las que tiene con Francia.
    Muchos espaňoles se preguntarán qué favores eminentes y extraordinarios hizo Sarkozy a Espaňa para merecer la Orden Real de Carlos III, la más alta distinción civil espaňola otorgada por el Rey Don Juan Carlos de Borbón. La respuesta está ante nuestros ojos : además de la búsqueda de una salida a la crisis y el apoyo de Sarkozy para la participación de Espaňa en la reunión del G-20, está el importantísimo expediente de la lucha contra ETA (162 miembros están encarcelados en Francia, de los cuales 151 son espaňoles)

    Resulta curioso cómo unos pocos días antes de la visita del presidente galo, el 18 de abril precisamente, la prensa francesa anunció la captura de Jurdan Martitegi, cuarto jefe militar de la organización vasca, según los medios oficiales. Una operación suficiente para alejar Zapatero de todo estado de ánimo negativo hacia su homólogo. Nada más que desde principios de aňo, 11 etarras fueron interpelados en Francia y 11 en Espaňa, y hace un aňo, el juez Baltasar Garzón, fue galardonado por Nicolas Sarkozy con la medalla de Chevalier de la Légion d’Honneur por su trabajo en este tema.

    Es evidente que, como lo afirmaron en varias ocasiones las autoridades francesas, que la lucha contra ETA constituye el eje fundamental en la cooperación entre los dos países, al mismo tiempo que se convirtió en el arma más eficaz para doblegar al gobierno espaňol ante cualquier exigencia francesa.

    A cambio, el gobierno espaňol debe garantizar su apoyo a Francia en los diversos temas relacionados a la política francesa en la Unión Europea y sobre todo en Africa. De ahí, la postura de Zapatero con respecto al Sáhara, que estUnUUá obligada de caminar al unísono con el apoyo del Eliseo a la enemistad declarada del gobierno francés hacia la causa del pueblo saharaui. Recuérdese que el veto francés es el que siempre impidió en el Consejo de Seguridad que pase cualquier resolución que condene la ocupación marroquí o la violación diaria de los derechos humanos de la que es víctima la población saharaui en los territorios ocupados de la RASD.

    Mientras Zapatero no se pase de este chantaje, su política hacia los saharauis seguirá siendo la misma y seguirá apoyando esa autonomía que nunca tendrá lugar más que en los sueňos de José Luis, Arístegui, Bernabé y compaňía.

  • Les marionnettes du colonialisme marocain

    Les accusations de trahison ou l’épithète de traître abondent dans l’histoire politique ou culturelle du monde. Si elles ont déjà été les objets d’études dans le champ littéraire ou en histoire médiévale et moderne, ces notions de traître et de trahison demeurent peu abordées pour la période contemporaine.
    En apparence, la trahison répond à une définition simple. Elle correspond à l’abandon de la fidélité – à un individu, à une institution, à une faction, à un groupe politique et a, en règle générale, comme corollaire l’abjuration, le passage à l’adversaire ou la rupture de ses anciennes solidarités, amitiés ou principes.

    La trahison n’est pas une émotion. C’est le geste d’une autre personne lorsqu’il est vécu ou interprété comme brisant une loyauté. Pour qu’il y ait trahison, il faut qu’il y ait déjà un lien et il faut que ce lien implique une fidélité quelconque.

    Dans tous les mouvements de libération, le châtiment des traîtres visait à « éliminer les méchants et les traîtres » qui aidaient les ennemis étrangers contre leurs frères, ainsi que les réfractaires dont le refus d’obéissance n’était pas moins dangereux pour le succès de la révolution : « se désintéresser de la lutte est un crime, contrecarrer l’action est une trahison », déclarait le premier appel de l’Armée de Libération Nationale d’Algérie, du 31 octobre 1954. Le châtiment des traîtres et des réfractaires était une nécessité militaire, pour gagner la guerre du renseignement et de la propagande contre le pouvoir colonial en supprimant ou en terrorisant ses auxiliaires. C’était aussi une nécessité politique, pour substituer la loi des « rebelles » à celle du pouvoir colonial. C’était enfin un devoir d’imposer la lutte et la conscience nationale à tous les citoyens en identifiant les « traîtres » à des ennemis.

    Les modalités du châtiment étaient souvent cruelles (pendaison, égorgement, mutilations), pour déshonorer le corps de la victime et pour décourager ses proches de la venger. En effet, une punition morale devait accompagner la douleur physique en démontrant l’horreur du crime par celle du châtiment, de sorte que chacun préférât mourir en patriote plutôt que mourir en traître.

    Dans le cas du Sahara Occidental, le mouvement de libération national, le Front Polisario a toujours été très indulgent avec les traîtres, que ce soit pendant la guerre contre le colonialiste espagnol ou contre l’envahisseur marocain.

    Khalihenna Ould Errachid, le champion des traîtres, ne fut jamais inquiété. A l’époque espagnole, c’est lui qui dirigeait le PUNS (Parti d’Union National Sahraoui) une création de l’Espagne pour fonder un état sahraoui étroitement lié à la métropole. Il a rallié le Maroc avant même que celui-ci s’installe au Sahara. Aujourd’hui, désigné à la tête du CORCAS, on le voit partout en défense des thèses marocaines. Dans les réunions de Manhasset, il a pu serrer la main à tous les dirigeants sahraouis présents. Cela l’a même rendu plus insolent que jamais. Bien sûr, malgré qu’il est le maire de la ville d’El Aaiun, il n’est presque jamais là. Sa maison principale est à Rabat. Peut-être qu’il a peur d’une certaine représaille des jeunes militants de la capitale sahraouie, qui depuis 1999, est témoin sans cesse de manifestations pro-indépendantistes. Ould Errachid n’est pas un homme cultivé et, intellectuellement, ne pose aucun risque, mais son dévouement aux autorités marocaines est certain. Grâce à cela, il est devenu l’un des hommes les plus riches au royaume alaouite.

    Par contre, Mohamed Cheikh Biadillah, un homme sérieux, travailleur et intelligent. Malgré sa nature discrète, apparaît comme le modèle de trahison que les colonialistes s’amusent à appeler intégration. De ministre de la santé a été propulsé comme une fusée pour remplacer Fouad Ali Himma, l’ami et main droite du roi Mohamed VI, à la tête du PAM. De la sorte, il est passé à occuper le devant de la scène à cause de ses origines. « Je ne suis pas le sahraoui de service », dit-il. Pourtant, parmi tous les leaders de partis dépêchés à plusieurs capitales du monde pour expliquer la position du Maroc sur le conflit du Sahara Occidental, seul le nom de Biadillah a eu, dans un premier temps, l’honneur d’être mentionné. Et d’être reçu personnellement par le roi. Et puis, la première réunion de son parti a eu lieu à la ville d’El Aaiun. Sa nomination sera suivie de toute une série de déclarations sur le projet marocain d’autonomie et de la régionalisation. Drôle de hasard.

    La ressemblance avec son frère, Brahim, est étonnante. Ce dernier est le commandant de la deuxième région militaire du Front Polisario. Son militantisme, combativité et courage sont irréprochables. Mais il se trouve de l’autre côté du mur de défense marocain qui encercle les villes sahraouies.

    D’après Paul Léautaud, la trahison peut être le fait d’une intelligence supérieure, entièrement affranchie des idéologies civiques. Mohamed Cheikh n’est, certainement pas, plus intelligent que son frère. Affranchie des idéologies civiques? Peut-être. Ce qui est sûr, c’est qu’il n’a jamais cherché à confronter les responsables du Front Polisario jusqu’au jour où les autorités l’ont mis devant le fait accompli : Il a dû surveiller les notables sahraouis chargés de l’identification du corps électoral pour le réferendum qui n’a jamais eu lieu. Avec cette nouvelle mission dont le Maroc espère tirer grand profit, il est sûr qu’il se trouvera à la table en face des négociateurs sahraouis dans le prochain round.

    Selon le romancier et critique littéraire français, André Thérive, « en politique, il n’y a pas de traîtres, il n’y a que des perdants ». S’agissant de Biadillah et Ould Errachid, une chose est sûre: ils ont perdu l’affection de leur peuple et le noble idéal de se battre pour la liberté.

  • Il n’y aura pas d’UMA sans le peuple sahraoui

    Selon une dépêche de l’AFP, le ministre marocain des Affaires étrangères Taieb Fassi Fihri a indiqué dimanche 19/04/2009, à Tripoli, que son pays souhaitait une normalisation « au plus tôt » de ses relations avec l’Algérie ainsi que l’ouverture de la frontière entre les deux pays, fermée depuis 1994. »Nous caressons tous l’espoir au Maroc que la possibilité d’une normalisation avec l’Algérie puisse se faire au plus tôt et dans les meilleurs délais », a déclaré M. Fihri en marge d’une réunion des chefs de diplomatie des cinq pays de l’Union du Maghreb arabe (UMA). »Nous proposons depuis plus de trois ans que le conflit du Sahara évolue aux Nations unies et que ce problème n’ait plus d’impact direct sur les relations bilatérales ou sur les perspectives de construction de l’UMA », a-t-il dit à des journalistes. »C’est une solution +gagnant-gagnant+ à tous les niveaux », a estimé le ministre marocain.Fondée le 17 février 1989 par l’Algérie, la Libye, le Maroc, la Mauritanie et la Tunisie, l’UMA est en panne depuis 1994, date de son dernier sommet régional, en raison de différends politiques, notamment entre l’Algérie et le Maroc sur le conflit du Sahara occidental.

    Tant que le Maroc occupe illégalement le Sahara Occidental au mépris des résolutions du Conseil de Sécurité et de l’UA, l’Algérie n’acceptera jamais de normaliser les relations avec le Maroc. Tout retour à la normalité passe obligatoirement par le recouvrement du peuple sahraoui de ses droits légitimes à l’autodétermination et à l’indépendance.

    Au moment où le Maroc pleurniche pour l’ouverture des frontières avec l’Algérie, il profite du cessez-le feu imposé par les Nations Unies pour renforcer son arsénal militaire.
    Ainsi, selon le journal digital « Tout sur l’Algérie », les Etats-Unis ont entamé il y a quelques jours les livraisons des premiers avions de combat F-16 au Maroc,d’après une source de défense occidentale. Ces livraisons, dont le nombre n’a pas été précisé, font partie d’une commande globale de 24 avions de ce type passée par le Maroc en 2008 auprès du constructeur américain Lockheed Martin pour un montant total de 2,4 milliards de dollars. Rabat s’était tourné vers Washington après l’échec des négociations avec Paris pour l’achat d’avions français Rafale.Les avions acquis par le Maroc sont des appareils multirôles d’attaque et de supériorité aérienne, selon notre source. Ils sont équipés de systèmes avancés, semblables à ceux fournis par les Américains à des pays alliés comme Israël, l’Arabie saoudite, les Emirats arabes unis et l’Egypte. En plus des F-16, le Maroc vient de finaliser l’équipement de ses avions Mirage avec les nouveaux « radars à antenne active », selon la même source. Fournie par le groupe français Thalès dans le cadre d’un contrat signé il y a trois ans, cette technologie est l’une des dernières utilisées dans l’aviation militaire. Elle permet notamment à l’avion équipé d’un tel radar de disposer de fonctionnalités que les radars classiques n’offrent pas. Selon la même source, le Maroc vient de recevoir sa première frégate française de type Fremm. Il s’agit d’une frégate multimissions de dernière génération qui sera utilisée par la marine marocaine dans différentes missions. « Dans le domaine maritime, les Marocains ont des besoins importants, comme par exemple protéger leurs zones de pêche », explique notre source.

    D’autre part, une dépêche du journal espagnol El PAIS, daté du 14/12/2008, indique que le gouvernement marocain a doublé son budget pour la défense en 2009 pour atteindre 3.206 millions d’euros, ce qui équivaut à 16% du budget de l’Etat.
    Le journal précise que Rabat devra payer dans les prochaines années l’acquisition de 24 F-16 et une frégate française. Le Maroc contruit, en plus, una base navale à Ksar Sghir, voisine de Ceuta, dont le budget monte à 129 millions d’euros.

    En 2008, le Conseil de Ministres espagnol accordait vendre au Maroc des lanceurs de bombes d’aviation pour le prix symbolique d’un euro. Ces lanceurs de bombres à fragmentation, interdites par l’administration Obama, sert à équiper les chasse-bombardiers Mirage F-1 de la Froce Aérienne Marocaine, étant donné que les F-5 sont dans la dernière phase de vie. Ce cadeau espagnol a été ajouté aux six torpilles du type MK-46 MOD.2 déjà vendues au Maroc pour le même prix symbolique d’un euro dans le cadre de « l’amélioration des relations bilaterales ».

    En 2007, Mathieu Durand, responsable de Dassault Aviation, avait confirmé au salon aéronautique du Bourget, ouvert du 18 au 24 juin 2007, que les négociations entre les gouvernements français et marocain au sujet de la commande d’une dizaine d’avions de combat Rafale était en phase finale. Cet achat a été financé par l’Arabie Saoudite.
    Cette course à l’armement est une préoccupation profonde pour l’Algérie et le peuple sahraoui, au moment où le conflit maroco-sahraoui est entre les mains des Nations Unies et où le Maroc fait face à une situation sociale et économique alarmante. D’autant qu’on assiste à un revirement de la politique du Maroc vis-à-vis du conflit sahraoui et à son option pour l’escalade, qui signifie une volonté d’agression contre la RASD, les Nations Unies, la légalité internationale et surtout la stabilité de la région.

    L’édification de l’UMA ne peut se faire dans un air de course à l’armement, la violation quotidienne des droits de l’homme, le trafic de drogue et le mépris envers les voisins.
  • Les mesures de méfiance de Ban Ki-moon

    La confiance est une premise indispensable pour tout processus de paix entre deux belligérants, spécialement s’il s’agit d’un conflit de longue durée où les souffrances et les racines de la haine se sont incrustées dans les profondeurs.

    A l’origine, les mesures de confiance ont été envisagées au début du processus de paix pour jeter les bases de la tolérance en vue du retour des réfugiés au Sahara Occidental pour l’organisation d’un référendum d’autodétermination. Le Secrétaire Général des Nations Unies et les membres du Conseil de Sécurité ont à plusieurs reprises invité les parties à remettre en œuvre des mesures de confiance afin d’alléger les souffrances des réfugiés sahraouis séparés de leur famille depuis plus de 34 ans.

    Parmi ces mesures, les visites familiales, très limitées, et les appels téléphoniques gratuits offerts aux réfugiés. Mais la mesure la plus importante, l’utilisation de moyens transport terrestres n’a pas pu se réaliser à cause du mur de défense de 2800 km qui encercle l’ensemble du territoire et le refus des autorités marocaines à ouvrir des brèches dans ce mur pour permettre la libre circulation de citoyens entre les camps de réfugiés et les villes occupés par le Maroc.

    Ces initiatives visant à améliorer la confiance se sont avérées d’une inefficacité totale et leur seul but a été une douloureuse tentative de la part des Nations Unies de vider les camps de réfugiés sahraouis de leur population et, de la sorte, diminuer l’influence et les capacités du Front Polisario dans l’hypothèse d’un retour à la guerre. L’ONU est même allée, dans sa mauvaise foi, jusqu’à diminuer l’aide humanitaire octroyée aux réfugiés. Mais les années ont démontré que leurs calculs étaient complètement dépourvus d’objectivité sur la réalité de la situation et la détermination de ce peuple à poursuivre la lutte pour arracher ses droits.

    De ce fait, les mesures de confiance établies par l’ONU sont devenues plutôt des mesures de méfiance de la part des autorités sahraouies à l’égard de l’instance onusienne.

    Jusqu’à maintenant, les négociations ont échoué. Les sujets de tension, pouvant déboucher sur le retour aux armes, ne manquent pas. Le premier, est la violation flagrante et continue des droits humains, ces droits qui doivent être considérés comme un pilier essentiel pour tout rétablissement de confiance dans les esprits d’une population traumatisée par des longues années de guerre, de répression et de souffrances. Au lieu de renforcer cette mesure, Ban Ki-moon va dans le sens contraire en refusant de demander l’élargissement des compétences de la MINURSO pour qu’elle puisse surveiller la situation des droits de l’homme dans le territoire. Les contradictions dans le répport du Secrétaire Général des NN.UU sautent à l’œil. D’un côté, il exprime sa préoccupation pour la situation des réfugiés, mais il consente que la partie marocaine continue à emprisonner et torturer la population dans les territoires occupés du Sahara Occidental. Cela est inacceptable, surtout maintenant que les chances d’une entente dans un court terme sont minces.

    En attendant une solution définitive au conflit, les mesures de confiance doivent être renforcées. Le manque de transparence du gouvernement marocain a empêché l’élimination des freins et obstacles qui gênent l’avancée dans l’application des mesures qui visent vraiment à améliorer la situation de la population.

    L’absence d’avancées dans ce domaine constitue une faiblesse que la partie marocaine exploite largement pour imposer le fait accompli et défier la communauté internationale. Les réticences de la France et les EEUU face au régime marocain, rendent l’application de toute mesure impossible. A cause de cela, la révision de la politique de Ban Ki-moon, de Washington et de la France face à Rabat, avec la mise en place d’un dispositif de contrôle particulièrement contraignant, s’avère nécessaire maintenant plus que jamais pour assurer la création d’un terrain approprié pour semer la confiance de la population et du Front Polisario à l’égard des Nations Unies et des intentions du Maroc.

    Dans les évolutions en cours, les préoccupations immédiates du S.G. de l’ONU tiennent à la réduction des risques de menaces militaires et à l’amélioration de la situation de la population sahraouie. Mais, dans la réalisation de ces objectifs, Ban Ki-mmon se révèle profondément attentiste et donne le sentiment d’une réelle impuissance face à l’arrogance marocaine et la complicité de la France colonialiste dont les ingérences paralysent la diplomatie onusienne.

    Devant cette réalité, nous pouvons dire que le dernier rapport du SG a été decevant pour les sahraouis et les risques d’une escalade militaire sont à l’horizon.

  • Le Guantanamo marocain

    En 34 ans d’occupation, le Makhzen a été occupé plus à consolider sa présence qu’à créer des infrastructures sociales et économiques. Les activités économiques sont limitées à la pratique de la pêche, l’extraction du phosphate et le petit commerce, ce qui offre très peu pour la création d’emplois.

    La pêche et le phosphate du Sahara occidental représentent plus de 60% des exportations marocaines en 2007. Avec ses revenus, le Maroc aurait pu convertir ce territoire en un paradis sur terre. Les milliards d’euros rapportés par les richesses sahraouies ont servi à soutenir l’effort de guerre marocain pendant plus de trois décennies. Le développement a été freiné par les longues années de guerre, la faible industrialisation laissée par les espagnols et le poids de la corruption laissée par les généraux de l’armée et les longues années de règne de la dynastie Ould Errachid, qui étaient occupés plus à s’enrichir qu’à défendre les intérêts de la population locale. Le mur de défense de 2.800 km de longueur ferme les ¾ des frontières avec les pays voisins et constitue un autre frein pour le développement économique à cause du profond isolement et incommunication auquel la population est soumise. Les mines aussi ont un énorme impact sur la vie de la population et l’empêche de se dédier à l’élèvage d’animaux. De ce fait, elle se retrouve prisonnière de ce qu’elle appelle le « mur de la honte » ou « Guantanamo marocain ».

    Le secteur de la pêche, le plus rémunérateur, est totalement dominé par les colons marocains qui sont devenus une grande majorité dans la totalité des villes sahraouies grâce aux encouragements fiscaux, ce qui a fait des sahraouis une minorité marginalisée et diabolisée au point de devenir des citoyens de deuxième classe. Mais c’est l’armée le véritable maître dans ce domaine. A titre d’exemple, en février 2007, deux généraux marocains sont impliqués dans le trafic basé dans les territoires occupés du Sahara occidental, selon le journal espagnol « La Razon ». Selon l’information d’Interpol qui a alerté les autorités marocaines, la drogue débarquait soit sur les côtes sahraouies ou directement transvasée des bateaux de marchandise vers les bateaux de pêche qui appartiennent aux généraux de l’armée. Les perquisitions menées ont permis à la police de trouver la drogue dans un conteneur appartenant à une société dont le propriétaire est un général de l’armée royale qui est aussi actionnaire dans plusieurs entreprises de pêche. Ce qui explique la réaction passive des autorités qui gèrent cette région en constante tension. Le principal suspect est une société qui possède une trentaine de bateaux congélateurs appartenant au général Bennani, inspecteur général des FAR, Housni Benslimane responsable de la gendarmerie royale et Abdelhak Kadiri ex-responsable du service de renseignement et conseiller militaire proche du roi. Cette affaire a démontré que le palais royal n’a aucune autorité sur les territoires sahraouis qu’il occupe depuis 1975 alors qu’il y déploie toute une armée pour réprimer opposants et manifestants autochtones.

    El Aaiun, à titre d’exemple, n’est plus reconnaissable dans la partie basse laissée par les Espagnols, une partie entièrement peuplée de marocains, où la prostitution, phénomène que les sahraouis n’ont jamais connu, bat son plein grâce à la forte présence de soldats et des garnisons militaires. Les beaux centres commerciaux laissés par les Espagnols (Zoco Nuevo, Zoco Viejo, Barrio Cementerio, etc) devenus des ruines abandonnées, donnent l’impression d’être habités par des fantômes.

    Les travailleurs de la société d’exploitation des phosphates sont entièrement marocains. Les sahraouis ont été chassés sans aucune indemnisation. Les dernières années et après des multiples protestations, ils ont été silenciés avec des sommes qui sont loin d’être suffisantes pour dédommager tous les travailleurs qui sont restés au chômage depuis le départ des espagnols. Ils ont été obligés d’engager des avocats espagnols dans le but de revendiquer leurs droits auprès des autorités espagnoles. Mais leur démarche a trouvé une forte opposition de la part de l’administration marocaine.

    Les captures réalisées dans les ports d’El Aaiun et Dakhla font un 50% du volume global de la pêche artisanale et côtière et 27% du total de la valeur obtenue. La consommation et les conserves représentent un 72% de la production. La farine et l’huile de poisson, un 16% du total des captures (47.923 tonnes). Le débarquement des sardines au port d’El Aaiun est passé de 1975 tonnes en 2007 à 5.492 tonnes en 2008.

    Rien qu’avec les revenus de la pêche, la population sahraouie pourrait vivre aisément, ce qui est loin d’être le cas. Leur majorité s’est dédié, au début, au commerce, grâce aux facilités douanières données aux produits arrivés des Iles Canaries, mais ces facilités ont été supprimées depuis 1990 et les commerçants sahraouis sont devenus les citoyens les plus pauvres dans les territoires occupés du Sahara Occidental. Leur majorité vit avec une subvention de 1350 dirhams, ce qui ne peut même pas payer un loyer décent. Même les grands entrepreneurs ont fait faillite, comme c’était le cas du célèbre Mâatalla, dont la société a construit le fameux quartier qui porte son nom et d’où est partie la première Intifada sahraouie. Les grandes sociétés de construction de Hamma Boida, Brahim Hammad, etc, ont pratiquement disparues devant la remontée des sociétés appartenant aux généraux de l’armée et la concurrence des entrerpises de Khalihenna Ould Errachid, le maire d’El Aaiún et, pendant des années, ministre des affaires sahariennes à l’époque de Hassan II.

    Les routes goudronnées, si on peut les appeler routes, sont composées de deux voies étroites sans chaussée, très fréquentées par les autocars et les camions transportant toute sorte de marchandises, ce qui les rend extrêmement dangereuses et les accidents de circulation sont souvent mortels.

    Le secteur du tourisme est inexistant et n’a jamais été encouragé par les autorités d’occupation dans le cadre de la politique de désinformation sur la réalité de la sanglante guerre contre le Front Polisario. Un black-out maintenu depuis toujours même aux journalistes et aux délégations parlementaires venues de tous les coins du monde. Dans ce cas, il est logique de se demander, si le Sahara Occidental est stable et le développement dont parlent les médias marocains est réel, qu’est-ce que l’administration marocaine a à cacher aux étrangers? Le peu de touristes qui arrivent sont entassés dans des cars comme des sardines et obligés à monter et descendre dans chaque ville sans aucune liberté de mouvement et dans des hôtels désignés d’avance. L’infrastructure hôtelière est pratiquement inexistante.

    La presse marocaine qui n’arrête pas de se vanter des « acquis » et des « efforts économiques déployés par le Maroc », ne parle jamais des concentrations organisées devant la Wilaya d’El Aaiun pour demander logement et emploi. Les écoles privées ont fleuri dans les villes à cause du mauvais état des écoles publiques dont les enseignants, mal payés, ont perdu toute motivation et les écoles sont surpeuplés à cause de l’infrastructure qui est insuffisante face à la marée arrivée du Nord.

    La réponse de la population sahraouie à tout cela est : « Si ce que vous dites est vrai, alors ouvrez les portes aux journalistes et à tous les étrangers et laissez le monde voir tout ce que le Maroc a réalisé pour nous ».