Étiquette : Afrique

  • Une université algérienne dans le Top 10 des meilleures d’Afrique en 2021

    L’Algérie a toujours du mal à classer ses universités parmi le meilleurs universités dans le monde. Dans son dernier classement « The University Impact Rankings 2021 », publié par le journal anglais Times Higher Education (THE), c’est l’université de Sétif qui se distingue des autres universités algériennes en arrivant au 10e rang africain, loin derrière les facultés sud-africaines, égyptiennes et nigérianes.

    Elles sont 10 universités algériennes à apparaitre dans le dernier « The University Impact Rankings 2021 » publié par le magazine britannique The Times. L’édition 2021, qui classe plus de 1500 établissements à travers 93 pays dans le monde, est basée sur 13 indicateurs de performance soigneusement calibrés qui mesurent la performance d’un établissement dans quatre domaines : l’enseignement, la recherche, le transfert de connaissances et les perspectives internationales.

    L’université Ferhat Abbas de Sétif s’est classé parmi les meilleures 501-600 premières universités dans le monde. En Afrique, l’université de Sétif arrive au 10e rang continental loin derrière l’université du Cap en Afrique du Sud (1ère en Afrique), seule université africaine à se classer dans la ligue des 200 meilleures universités du monde. L’université d’Oran 1, se classe comme la 2ème meilleure université en Algérie en arrivant entre les 801e et 1000e rangs mondiaux.

    Classement des dix meilleures universités en Algérie:

    Notons que les universités de Béjaïa, Biskra, Blida 1, Constantine, Boumerdès, Bab Ezzouar (53e niveau africain), Mohamed Boudiaf d’Oran et de Tlemcen se classent toutes au-delà de la 1000e place. Le classement des meilleures universités algériennes, selon le Times, se présente comme suit :

    Université Ferhat Abbas de Sétif (10e en Afrique)
    Université Oran1 Ahmed Ben Bella (25e au niveau africain)
    Université Abderrahmane Mira de Béjaïa (32e au niveau africain)
    Université Mohamed Khider de Biskra(33e au niveau africain)
    Université Saâd Dahlab de Blida ( 34e au niveau africain)
    Université Université Frères Mentouri de Constantine (37e au niveau africain)
    Université M’hamed Bougara de Boumerdès (46e au niveau africain)
    Université des sciences et des technologies Houari Boumediène de Bab Ezzouar (53e niveau africain).
    Université des sciences et de la technologie Mohamed Boudiaf d’Oran (54e au niveau africain)
    Université Abou Bekr Belkaid de Tlemcen (60e au niveau africain)

    Il est à noter que 61 universités africaines sont présentes dans ce classement. Elles sont issues de dix pays africaines : Égypte (21), Afrique du Sud (10), Algérie (10), Tunisie (6), Maroc (5), Nigeria (5), Botswana (1), Ghana (1), Kenya (1) et Ouganda (1).

    Au niveau mondial, c’est l’université d’Oxford qui domine le classement. Elle est suivie par les universités américaines de Stanford, de Harvard, l’Institut de technologie de Californie et Massachusetts Institute of Technology, respectivement classées 2e, 3e, 4e et 5e.

    Algérie-expat, 12/07/2021

    Etiquettes : Algérie, Afrique, université, classement, Université Ferhat Abbas,

  • Qualité de vie : l’Algérie première en Afrique (CEOWORLD)

    SELON LE MAGAZINE « CEOWORLD » / Qualité de vie : l’Algérie première en Afrique

    Le magazine américain « CEOWORLD » a, dans une récente étude publiée sur son site web, dressé le classement mondial des pays où il fait bon vivre, dont il place l’Algérie première en Afrique et 48e dans le monde concernant une liste de 165 pays. Ce classement portant « qualité de vie », explique le magazine, mesure les perceptions mondiales de 165 pays dont le choix est édicté par le niveau de contribution élevé au PIB (Produit intérieur brut) mondial.

    Cette étude a impliqué plus de 258 000 personnes dans le monde, lesquelles ont participé chacune à l’évaluation des 165 pays concernés par ce classement. Cette évaluation de la qualité de vie de chacun de ces pays est effectuée sur la base de 10 paramètres, allant de la stabilité à la transparence en passant par l’égalité. Il s’agit, précisément, de la stabilité économique et politique, l’égalité, les revenus, la transparence, la sécurité, l’influence culturelle, le marché du travail, ainsi que l’efficacité des systèmes de l’éducation et de la santé publiques.

    Ainsi, l’Algérie arrive en première position en Afrique en matière de « qualité de vie », suivie par le Maroc (53e mondial), la Tunisie (54e) et l’Afrique du sud (64e), alors qu’à l’échelle mondiale notre pays se place à la 48e position.

    Dans le monde arabe, les Emirats arabes unis occupent la première place et 30e mondiale, suivis par le Qatar (42e) alors que l’Egypte occupe la 69e place.

    Enfin, il convient de noter que la tête du podium mondial est occupée par la Finlande qui est le pays où la qualité de vie est la plus élevée sur 165 pays, alors que le Danemark et la Norvège arrivent respectivement en deuxième et troisième positions.
    F. B.

    Le Courrier d’Algérie, 03/07/2021

    Etiquettes : Algérie, qualité de vie, CEOWORLD, classement, Afrique,

  • Point de presse quotidien de l’ONU: 16 juin 2021

    Point de presse quotidien du Bureau du Porte-parole du Secrétaire général de l’ONU: 16 juin 2021

    (La version française du Point de presse quotidien n’est pas un document officiel des Nations Unies)

    Ci-dessous les principaux points évoqués par M. Farhan Haq, Porte-parole adjoint de M. António Guterres, Secrétaire général de l’ONU:

    Le Secrétaire général devant la presse

    Je tiens à confirmer que le Secrétaire général s’adressera à la presse à l’issue de la séance plénière de l’Assemblée générale, sur la nomination du Secrétaire général de l’ONU, qui aura lieu vendredi.

    Le Secrétaire général devrait s’adresser aux journalistes vers 10 h 40 vendredi matin, dans la zone située juste à la sortie de la salle de l’Assemblée générale, également connue sous le nom de Foyer Est.

    Ce point de presse remplacera le point de presse de vendredi midi.

    République démocratique du Congo

    La Chef de la Mission de l’ONU pour la stabilisation en République démocratique du Congo (MONUSCO), Bintou Keita, a condamné la prolifération des messages incitant à la haine, à la violence et à l’hostilité entre les communautés dans plusieurs provinces du pays.

    Elle demande aux dirigeants communautaires et politiques de s’abstenir d’utiliser un langage discriminatoire et provocateur sur la base des appartenances ethniques, susceptible de conduire à de nouvelles divisions et, en fin de compte, à la violence.

    Cette résurgence des discours de haine intervient à un moment où la République démocratique du Congo connaît une importante mobilisation de ses forces de défense et de sécurité pour rétablir la paix et la sécurité dans l’est du pays, ce qui, a rappelé Mme Keita, nécessite un effort de cohésion nationale.

    La Mission a réaffirmé sa détermination à soutenir les autorités congolaises. Elle a aussi encouragé le Parlement à adopter un projet de loi contre le tribalisme, le racisme et la xénophobie, qui est actuellement examiné par l’Assemblée nationale.

    Myanmar

    L’équipe de l’ONU au Myanmar a déclaré aujourd’hui qu’elle reste profondément préoccupée par le nombre croissant de personnes déplacées par les affrontements dans l’État de Kayah, dans l’est du pays.

    Dans le sud-est du Myanmar, nos collègues nous disent que plus de 160 000 personnes ont été déplacées depuis la prise de contrôle militaire du Gouvernement le 1er février. Parmi elles, 100 000 personnes ont fui leurs foyers dans l’État de Kayah à la suite de combats entre l’armée du Myanmar et les Forces de défense du peuple Karenni.

    Près de 20 000 personnes vivent dans des sites de déplacement dans l’État de Chin, dans l’ouest du Myanmar, après le début des affrontements le mois dernier. Des milliers d’autres personnes ont également été déplacées à travers les États Kachin et Shan.

    Sri Lanka

    Au Sri Lanka, après le naufrage du cargo MV X-Press Pearl au large des côtes sri-lankaises le mois dernier, la Coordonnatrice résidente, Hanaa Singer, a facilité aujourd’hui le déploiement rapide de trois experts en environnement et d’autres personnes pour aider avec les substances nocives et potentiellement dangereuses, les déchets marins et les travaux d’évaluation de l’impact sur l’environnement liés à l’épave. Cela s’est fait en collaboration avec le directeur régional du Programme des Nations unies pour l’environnement (PNUE) et avec le soutien de l’Union européenne.

    Cette épave a entraîné ce qui pourrait être l’une des pires catastrophes environnementales potentielles du pays.

    L’assistance continue de l’ONU comprend également la fourniture d’équipements de protection spécialisés, l’assistance technique pour la gestion de l’impact, la planification et les simulations d’urgence, ainsi que le soutien à la coordination.

    Ukraine

    Dans l’est de l’Ukraine, où sept années de combats actifs ont eu de profondes répercussions sur plus de cinq millions de personnes, à Donetsk et à Louhansk, nos collègues humanitaires nous disent que les pertes civiles ont augmenté au cours des premiers mois de 2021, principalement en raison des mines et des restes explosifs de guerre. Entre le 1er février et le 30 avril, 12 civils ont été tués et 25 autres, blessés.

    En avril, les hostilités ont presque atteint les niveaux observés avant le cessez-le-feu de juillet 2020.

    Les infrastructures civiles, y compris les établissements d’enseignement, d’approvisionnement en eau et d’assainissement, et les lignes électriques à proximité de la « ligne de contact », ont également continué d’être visés.

    Selon nos collègues humanitaires, l’acheminement de l’aide humanitaire et l’accès aux zones non contrôlées par le Gouvernement se sont améliorés au cours des dernières semaines, même s’ils restent limités et hautement politisés. Le 10 juin, quatre agences de l’ONU ont obtenu l’autorisation d’opérer afin de mettre en œuvre des projets humanitaires dans la partie de la région de Louhansk non contrôlée par le Gouvernement.

    Dans l’est de l’Ukraine, quelque 3,4 millions de personnes ont besoin d’aide humanitaire et de protection. Les organismes d’aide ont besoin de 168 millions de dollars pour fournir une éducation, une sécurité alimentaire et un soutien aux moyens de subsistance, ainsi qu’une aide sanitaire et autre aide d’urgence à 1,9 million de personnes parmi les plus vulnérables. L’appel à l’aide n’est financé qu’à hauteur de 16%.

    Haïti

    Mise à jour sur la situation en Haïti où nos collègues humanitaires signalent qu’il y aurait environ 10 000 civils déplacés par les affrontements entre gangs à Port-au-Prince. Plus de 50 personnes sont mortes et de nombreuses autres ont été blessées depuis le début des affrontements, au début du mois.

    Des cas de violence sexiste ont été signalés parmi les personnes déplacées et celles qui ont trouvé refuge dans des familles d’accueil. Il s’agit notamment de viols et de « rapports sexuels contre refuge ».

    Les cas de COVID-19 parmi les personnes déplacées sont une autre grande préoccupation.

    En collaboration avec les autorités locales ainsi que les partenaires nationaux et internationaux, l’ONU répond aux besoins les plus urgents en fournissant de la nourriture, de l’eau potable, des abris, des services d’hygiène et d’assainissement, ainsi qu’un soutien psychosocial.

    Malheureusement, l’aide ne parvient qu’à environ un tiers de ceux qui en ont besoin en raison des contraintes d’accès dues à l’insécurité et des ressources limitées.

    L’ONU appelle à mettre fin à la violence pour permettre aux civils déplacés de rentrer chez eux et aux personnes touchées de recevoir l’aide humanitaire.

    COVID-19/Afrique

    Mises à jour sur ce que l’ONU fait pour lutter contre la pandémie de COVID-19, en Ouganda et en Zambie.

    Comme nous l’avons signalé, l’Ouganda connaît une résurgence de l’épidémie de COVID-19, près de 1 000 personnes ayant été admises dans les hôpitaux rien qu’hier.

    L’équipe des Nations Unies, dirigée par la Coordinatrice résidente, Rosa Malango, apporte son aide pour acheter d’urgence 3 000 bouteilles d’oxygène, tandis que l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) aide à livrer des fournitures liées à l’oxygène et travaille à réparer et à entretenir les usines d’oxygène à travers le pays.

    Nous travaillons également avec le secteur privé pour importer d’urgence des fournitures essentielles. Ce soir, une cargaison supplémentaire de 175 000 vaccins COVAX devrait arriver. Dans la journée d’hier, plus de 830 000 injections de vaccins ont été administrées dans tout l’Ouganda.

    En Zambie, l’équipe des Nations Unies, dirigée par le Coordonnateur résident, le docteur Coumba Mar Gadio, aide également les autorités à faire face aux multiples impacts de la pandémie, en particulier dans le cadre de la vague actuelle qui a fait passer le taux de positivité quotidien à 22%.

    Il y a deux mois, la Zambie a reçu du COVAX près de 230 000 doses de vaccins. Un nouveau lot est attendu sous peu.

    Nous avons aussi aidé à former le personnel de santé à gérer la désinformation et avons partagé des messages, notamment pour les personnes vivant avec le VIH. Notre équipe a distribué trois millions de pièces d’équipement de protection individuelle et 620 concentrateurs et bouteilles d’oxygène.

    Bureau de lutte contre le terrorisme (BLT)

    Aujourd’hui, nos collègues du Bureau des Nations Unies pour la lutte contre le terrorisme ont ouvert à Doha un bureau consacré à l’engagement parlementaire dans la prévention et la lutte contre le terrorisme.

    Ce nouveau bureau de programme vise à favoriser la collaboration entre les parlementaires et les assemblées parlementaires du monde entier.

    Le Bureau est mis sur pied en collaboration avec le Conseil de la Choura de l’État du Qatar.

    Journée internationale des envois de fonds des familles

    C’est aujourd’hui la Journée internationale des envois de fonds des familles. Dans son message pour la Journée, le Secrétaire général note que lorsque la pandémie de COVID-19 s’est déclarée en 2020, elle a suscité des craintes quant à l’impact négatif de la crise sur les envois de fonds et les familles qui en dépendent.

    Fort heureusement, dit-il, les envois de fonds se sont avérés beaucoup plus résilients et plus sûrs que prévu. Le Secrétaire général souligne que, d’après les dernières données de la Banque mondiale, les envois de fonds aux pays à faible revenu ou à revenu intermédiaire se sont chiffrés à 540 milliards de dollars en 2020, soit 1,6% en-deçà du montant total de 2019.

    Le Secrétaire général souligne qu’à l’avenir, nous devons continuer d’aider et de protéger les migrants qui jouent un rôle important sur le plan du fonctionnement de services essentiels et de l’économie en général, dans de nombreuses régions du monde. Il souligne également qu’il est essentiel, pour la santé et la sécurité de tous, de veiller à ce que tous les migrants, quel que soit leur statut juridique au regard de l’immigration, soient intégrés aux plans de distribution du vaccin contre la COVID-19.

    Contribution financière

    L’Andorre a payé l’intégralité de ses cotisations au budget ordinaire, ce qui fait porter à 108 le nombre d’États Membres à avoir fait de même.

    Andorre-la-Vieille est la plus haute capitale d’Europe, située à une altitude de 1 023 mètres, ou 3 356 pieds, au-dessus du niveau de la mer.

    Etiquettes : AFRIQUE, RÉPUBLIQUE DÉMOCRATIQUE DU CONGO, MYANMAR, SRI LANKA, UKRAINE, HAÏTI, RDC, covid19, pandémie,

  • G7 et confrontation d’intérêts

    par Abdou BENABBOU

    Une énième rencontre des sept chefs d’Etats censés les plus riches s’est tenue ces derniers jours en Grande-Bretagne. Il semble que d’importants accords de principe ont été consignés pour affronter les grands problèmes actuels du monde et il est souligné que rien n’a été oublié. Armement, environnement, démocratie, immigration, économie, Etats-Unis, Chine, Europe, Afrique, l’ensemble de l’articulation de l’humanité, aujourd’hui patchwork décousu des problèmes du monde, a été abordé avec une oralité et un optimisme coutumiers.

    Les effets d’annonce n’ont pas manqué comme il est de coutume dans les réunions des comités de quartiers. Le chef de l’Etat français, animé par la force de sa jeunesse débordante se positionnant comme le porte-parole de l’Union européenne, s’est cru devoir insister sur le caractère politique d’une union continentale à laquelle il appartient et s’est plu à se présenter comme le chef d’un gouvernement d’une communauté qui n’existe que sur papier.

    Si la rencontre du G7 se défend toujours d’être une réunion de salon, les rendez-vous du genre ont toujours démontré leurs limites et régulièrement prouvé qu’il ne pourrait en être autrement. Les nationalismes de plus en plus florissants dont la purulence est attisée par les lourdes crises économiques et sociales ne peuvent effriter la structure clubarde de tels rendez-vous. Autour de la table des négociations chaque chef d’Etat a ramené dans sa gibecière les calculs électoralistes de son pays et des arrière-pensées qui configurent les prises de position. Les actuels représentants du G7 n’ont pas les mains aussi libres qu’ils le prétendent. L’idée d’un suprême gouvernement mondial qu’ils miroitent ne chassera pas le virtuel des engagements pris.

    A l’image des clubs subalternes et bien qu’il s’en défende, le G7 malgré son torse mondial a des ressemblances évidentes avec un comité de quartier.

    Confrontation des intérêts divers oblige, ce grand rassemblement mondial n’aura que l’efficience d’une réunion entre voisins de quartier. A ce niveau subalterne, on peut s’avancer à déduire que comme chez nous, des chamailleries sont de circonstance pour savoir si l’on doit accorder la priorité à la construction d’une crèche pour enfants ou au contraire ériger d’abord une mosquée. Etant entendu que la conjoncture de l’heure et les convictions idéologiques individuelles opposées ne permettent pas de construire les deux à la fois et en même temps.

    Cette donnée devenue rigide dans un quartier, l’est aussi au cœur du voisinage des Etats.

    Le Quotidien d’Oran, 15 juin 2021

    Etiquettes : G7, Armement, environnement, démocratie, immigration, économie, Etats-Unis, Chine, Europe, Afrique, 

  • Point de presse quotidien de l’ONU: 02 juin 2021

    Point de presse quotidien du Bureau du Porte-parole du Secrétaire général de l’ONU: 02 juin 2021

    (La version française du Point de presse quotidien n’est pas un document officiel des Nations Unies)

    Ci-dessous les principaux points évoqués par M. Stéphane Dujarric, Porte-parole de M. António Guterres, Secrétaire général de l’ONU:

    Secrétaire général/Énergie propre

    Ce matin, le Secrétaire général a prononcé une allocution par vidéo lors de la réunion ministérielle sur l’énergie propre, qui se déroule aujourd’hui à Santiago, au Chili.

    Il a souligné le rôle crucial du secteur de l’énergie pour réduire les émissions mondiales de 25% par rapport aux niveaux de 2010 et pour atteindre zéro émissions nettes d’ici à 2050.

    Le Secrétaire général a indiqué que l’élimination progressive du charbon est l’étape la plus importante pour se conformer à l’objectif de 1,5 degré de l’Accord de Paris.

    Les pays doivent transférer les subventions des combustibles fossiles vers les énergies renouvelables, a-t-il dit, ajoutant que les systèmes électriques à zéro émissions nettes doivent devenir la norme dans les économies avancées d’ici à 2035 et dans le monde entier d’ici à 2040.

    Le Secrétaire général a déclaré que chaque secteur -y compris la sidérurgie, le ciment et le transport maritime- doit avoir un plan d’action pour être à énergie nulle d’ici à 2050.

    Il a également signalé que si le secteur du transport maritime était un pays, il serait le sixième plus grand émetteur de gaz à effet de serre au monde.

    Changements climatiques

    L’Organisation pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) a publié aujourd’hui une étude scientifique qui indique qu’en raison de l’impact des changements climatiques, les organismes nuisibles aux végétaux qui ravagent des cultures économiquement importantes deviennent de plus en plus destructeurs. Ils constituent également une menace croissante pour la sécurité alimentaire et l’environnement.

    Liban

    Le Secrétaire général est conscient et profondément préoccupé par les difficultés financières que connaît le Tribunal spécial pour le Liban.

    Il s’est activement engagé dans les efforts visant à obtenir des fonds supplémentaires pour le Tribunal, en lançant un appel direct aux États Membres et à la communauté internationale, ainsi qu’en sollicitant une aide financière d’urgence de l’Assemblée générale, qui a été fournie plus tôt cette année.

    Le Secrétaire général continue de lancer un appel urgent aux États Membres et à la communauté internationale pour des contributions volontaires afin d’obtenir les fonds nécessaires pour appuyer les procédures judiciaires indépendantes qui demeurent devant le Tribunal.

    Il note également que le soutien financier continu de la communauté internationale est essentiel pour garantir la justice pour les victimes au Liban.

    Yémen

    Suite à une question posée au sujet de la déclaration faite par Ansar Allah concernant l’implication de l’ONU dans la tentative de sécuriser le pétrolier Safer, qui est au large des côtes du Yémen, le porte-parole a affirmé que ladite déclaration est « clairement décevante ».

    Elle semblerait confirmer qu’Ansar Allah n’est pas prêt à fournir les assurances dont l’ONU a besoin pour déployer une mission sur le pétrolier Safer. Cette mission cherche depuis des années à effectuer une évaluation et un éventuel entretien léger sur ce pétrolier qui détient environ 1,1 million de barils de pétrole.

    Les houthistes continuent de se concentrer sur l’entretien complet du navire. Mais l’ONU a expliqué à maintes reprises que cela ne peut être entrepris sans avoir une évaluation impartiale en main. Le pétrolier est un site dangereux, et il faut comprendre exactement à quoi on a affaire avant d’entreprendre des travaux majeurs.

    L’ONU a eu des discussions très intenses à ce sujet avec Ansar Allah au cours des 10 derniers jours pour essayer de combler les lacunes dans les objectifs et les compréhensions. Nous avons également vu un engagement direct des États Membres pour essayer de débloquer des choses, ce qui a été utile. Mais nous n’en sommes pas encore là, ce qui est bien dommage, a ajouté le porte-parole.

    Le Conseil de sécurité doit se réunir pour discuter du pétrolier Safer demain, suite à quoi plus d’informations devraient être disponibles.

    République centrafricaine

    Le Secrétaire général adjoint aux opérations de paix, M. Jean-Pierre Lacroix, est arrivé à Bangui dans le cadre de la visite d’une délégation de haut niveau qui comprend l’Union africaine, la Communauté économique des États de l’Afrique centrale (CEEAC), ainsi que l’Union européenne. Ils seront dans le pays pour les quatre prochains jours, dans le cadre de consultations régulières entre les quatre organisations et les autorités centrafricaines sur le processus de paix.

    S’adressant à la presse à l’aéroport, les membres de la mission ont réitéré leur engagement à promouvoir un dialogue inclusif et une véritable réconciliation.

    Pour sa part, M. Lacroix a souligné la nécessité de travailler ensemble pour parvenir à une paix durable qui permettra aux Centrafricains de connaître enfin la stabilité et la sécurité.

    La délégation s’entretiendra avec le Président, M. Faustin Touadéra, le Président de l’Assemblée nationale, M. Mathieu Sarandji, ainsi qu’avec des représentants de partis politiques. Ils rencontreront également des membres de la société civile, y compris des organisations de femmes, et devraient terminer leur visite par une conférence de presse, le 5 juin.

    Libye

    Le Secrétaire général s’adressera à la Conférence de Berlin sur la Libye, le 23 juin, par visioconférence. Son Envoyé spécial pour la Libye et Chef de la Mission d’appui des Nations Unies en Libye (MANUL), M. Ján Kubiš, y participera en personne.

    Cette Conférence sera une occasion importante de rassembler la communauté internationale pour faire le point sur la situation actuelle en Libye et offrir un soutien aux Libyens dans la préparation des élections nationales qui sont prévues le 24 décembre de cette année. Le retrait des forces étrangères et des mercenaires du pays, ainsi que les mesures visant à appuyer la réunification des principales institutions libyennes, seront un des points de mire de la conférence.

    République démocratique du Congo

    Dans une déclaration publiée en fin de journée hier, le Secrétaire général a fermement condamné les attaques menées hier par des membres présumés des Forces démocratiques alliées (ADF) dans l’est de la République démocratique du Congo. Ces attaques, qui ont visé des camps de personnes déplacées près des villes de Boga, dans le territoire d’Irumu, dans la province d’Ituri, et de Tchabi, dans la province du Nord-Kivu, ont fait au moins 55 morts et de nombreux blessés parmi les civils.

    Une force d’intervention rapide de la mission des Nations Unies dans le pays, la MONUSCO, a été déployée dans les zones touchées, tandis que des Casques bleus ont aidé les blessés, notamment par des évacuations médicales.

    Les Nations Unies, par le biais de sa Représentante spéciale en République démocratique du Congo, continueront à accompagner le Gouvernement et le peuple congolais dans leurs efforts visant à instaurer la paix et la stabilité dans l’est du pays.

    Éthiopie

    Les agences humanitaires indiquent que la situation sécuritaire dans la région du Tigré reste très complexe dans son ensemble. Alors que les hostilités ont en grande partie cessé, depuis mars, dans les régions frontalières avec l’Érythrée, des zones du nord-ouest aux zones orientales, l’accès à ces zones est souvent refusé.

    La violence et les attaques contre les civils, y compris les travailleurs humanitaires, se poursuivent. Vendredi dernier, un travailleur humanitaire travaillant avec une ONG a été tué lors d’un échange de tirs au cours d’une attaque à l’extérieur d’un bâtiment du Gouvernement dans la ville d’Adigrat, située dans la zone orientale du Tigré. Depuis le début du conflit, neuf travailleurs humanitaires ont été tués au Tigré, tous de nationalité éthiopienne.

    Les agences humanitaires indiquent également que les niveaux d’insécurité alimentaire et de malnutrition restent alarmants. Les établissements de santé continuent de recevoir et de traiter des victimes de violences sexistes dans toute la région, avec 1 288 cas officiels signalés entre février et avril.

    Du 27 mars au 31 mai, les agences de l’ONU et leurs partenaires ont apporté une aide alimentaire à plus de 2,8 millions de personnes sur les 5,2 millions ciblés. À ce jour, environ 430 000 personnes, soit seulement 15% des trois millions de personnes ciblées, ont reçu des abris d’urgence et des articles non alimentaires.

    L’ONU et ses partenaires humanitaires intensifient progressivement la réponse mais ne suivent pas encore le rythme des besoins croissants. Cela est dû à une combinaison de plusieurs facteurs, notamment les contraintes d’accès, l’insuffisance des capacités de communication, des obstacles bureaucratiques et, comme toujours, un manque de financement.

    Le Coordonnateur des secours d’urgence, M. Mark Lowcock, informera prochainement le Conseil de sécurité au sujet du Tigré.

    Afrique de l’Ouest

    Suite à sa nomination en tant que Représentant spécial pour l’Afrique de l’Ouest et le Sahel, M. Mahamat Saleh Annadif a entamé sa première tournée officielle dans la région.

    Il est aujourd’hui en Guinée-Bissau pour participer à une série de rencontres. Plus tôt cette semaine, il était au Ghana, où il a rencontré le Président Nana Akufo-Addo. Les deux hommes ont discuté de plusieurs questions liées à la paix et à la sécurité dans la région, notamment des menaces continues du terrorisme et de la sécurité maritime, ainsi que des moyens de renforcer le partenariat entre l’ONU et le Ghana.

    Dans les prochains jours, M. Annadif se rendra également en Gambie, en Guinée, à Cabo Verde, au Niger, au Burkina Faso, en Côte d’Ivoire et au Nigéria.

    Afghanistan

    En Afghanistan, des combats intenses et des frappes aériennes se poursuivent depuis la semaine dernière, affectant presque tous les districts de la province de Laghman. D’après les agences humanitaires, des informations indiquent également que les combats s’étendent à de nouvelles zones dans les provinces voisines du Nuristan et de Nangarhâr.

    Selon les mêmes sources, les combats et les affrontements armés ont en outre contraint plus de 10 500 hommes, femmes et enfants à fuir leurs maisons dans différentes parties du district d’Imam-Sahib, dans la province de Kondôz. Des maisons et des terres agricoles auraient été gravement endommagées en raison de l’utilisation de l’artillerie et des frappes aériennes.

    Les équipes d’évaluation de l’ONU et des partenaires humanitaires s’efforcent de confirmer l’impact de la situation dans les provinces touchées. Des réponses humanitaires ont débuté à Laghman et Kondôz.

    En 2021, près de 116 000 personnes ont été déplacées par le conflit en Afghanistan, tandis que près de cinq millions de personnes sont toujours en situation de déplacement prolongé depuis 2012. L’ONU exhorte les parties au conflit, en vertu du droit international humanitaire, à mieux protéger les civils et les infrastructures civiles, y compris les écoles et les hôpitaux, qui sont malheureusement trop souvent ciblés.

    Un financement urgent est nécessaire pour le Plan de réponse humanitaire pour l’Afghanistan, lequel nécessite 1,3 milliard de dollars pour aider 15,7 millions de personnes. Seulement 172 millions de dollars ont été reçus à ce jour.

    Myanmar

    Au Myanmar où les écoles ont rouvert, le personnel de l’ONU sur le terrain a averti aujourd’hui que les attaques contre les écoles et les établissements d’enseignement se poursuivaient.

    L’UNICEF au Myanmar affirme qu’au moins 54 attaques contre des écoles et le personnel scolaire ont été signalées depuis la prise de pouvoir par les militaires le 1erfévrier. La plupart de ces attaques ont eu lieu en mai. Il y a eu environ 141 incidents où l’armée a utilisé des établissements d’enseignement à ses propres fins.

    L’UNICEF a souligné que la violence à l’intérieur et autour des écoles n’est jamais acceptable. De même, les attaques contre les lieux d’apprentissage et le personnel éducatif, et l’occupation des établissements scolaires sont des violations des droits de l’enfant.

    Les agences humanitaires au Myanmar se disent alarmés par l’augmentation des informations faisant état de déplacements internes suite à l’intensification des combats dans certaines parties du pays.

    Quelque 188 000 personnes ont été déplacées dans le nord-est du pays, ainsi qu’au sud-est et à l’ouest, depuis le début de l’année. La plupart de ces déplacements ont eu lieu depuis le 1er février et le coup d’État.

    Les besoins humanitaires résultant de cette vague de déplacements s’ajoutent aux besoins du million de personnes qui avaient déjà besoin d’aide avant la prise de pouvoir des militaires.

    Sri Lanka

    Au Sri Lanka, l’équipe de pays de l’ONU soutient le Gouvernement alors que le pays fait face à l’une de ses pires catastrophes environnementales après qu’un cargo transportant des produits chimiques a pris feu au large de ses côtes le 21 mai dernier.

    Parmi les milliers de conteneurs du cargo, plus de 80 contenaient des matières dangereuses, dont 25 tonnes d’acide nitrique.

    Dans le cadre des efforts de préparation et d’intervention en cas d’urgence, le Programme alimentaire mondial (PAM) a collaboré avec l’autorité de protection de l’environnement du Sri Lanka pour mettre en place une équipe de gestion des incidents, avec une planification d’urgence en cas de déversement d’hydrocarbures et des exercices de simulation.

    L’équipe de l’ONU est prête à redoubler d’efforts si les autorités le lui demandent.

    Emploi et perspectives sociales dans le monde

    L’Organisation internationale du Travail (OIT) a publié un rapport qui laisse apparaître que la crise du marché du travail créée par la COVID-19 est loin d’être terminée. Le rapport « Emploi et questions sociales dans le monde: Tendances 2021 » montre en effet que la croissance de l’emploi sera insuffisante pour compenser les pertes subies, au moins jusqu’en 2023.

    Les projections de l’OIT indiquent que le chômage devrait toucher 205 millions de personnes dans le monde en 2022, dépassant de beaucoup le niveau de 187 millions de 2019. Cela correspond à un taux de chômage de 5,7%. Si l’on exclut la période correspondant à la crise du COVID-19, il faut remonter à 2013 pour retrouver un taux similaire.

    Les baisses enregistrées en matière d’emploi et d’heures travaillées ont entraîné une forte chute des revenus du travail et, en parallèle, une augmentation de la pauvreté. En comparaison avec 2019, 108 millions de travailleurs supplémentaires dans le monde sont désormais considérés comme vivant dans la pauvreté ou dans l’extrême pauvreté.

    UNICEF/Vaccins

    L’UNICEF a annoncé aujourd’hui avoir signé un accord sur le long terme avec Moderna pour fournir des doses de vaccins contre la COVID-19 au Mécanisme COVAX.

    Grâce à cet accord, l’UNICEF et ses partenaires auront accès à 34 millions de doses de vaccin pour quelque 92 pays et territoires en 2021.

    Il s’agit du cinquième accord d’approvisionnement que l’UNICEF a signé pour des vaccins. L’agence onusienne avait précédemment annoncé des accords avec le Serum Institute of India, Pfizer, AstraZeneca et Human Vaccine qui est également connu sous le nom de Sputnik V.

    Rencontre avec la presse

    À 16 h 30 aujourd’hui, les Coprésidents du Groupe des Amis des femmes du Sahel, le Représentant permanent du Niger, M. Abdou Abarry; et l’Observatrice permanente de l’Union africaine, Mme Fatima Kyari Mohammed; ainsi que le Chef de la délégation de l’Union européenne auprès de l’ONU, M. Olof Skoog, interviendront devant la presse au point de rencontre avec les médias situé devant la salle du Conseil de sécurité.

    Cette rencontre interviendra après la réunion en formule Arria du Conseil de sécurité sur le « Renforcement d’une approche intégrée de la paix et de la sécurité au Sahel à travers l’optique genre ». Il est question du lancement du Groupe des Amis des femmes du Sahel.

    Etiquettes : QUESTIONS D’ENVIRONNEMENT ET DE DÉVELOPPEMENT DURABLE, ENFANTS, ÉNERGIE, ALIMENTATION, AFFAIRES HUMANITAIRES, LÉGAL, MAINTIEN DE LA PAIX, AFRIQUE, LIBAN, YÉMEN, RÉPUBLIQUE CENTRAFRICAINE, LIBYE, RÉPUBLIQUE DÉMOCRATIQUE DU CONGO, AFGHANISTAN, SRI LANKA, ÉTHIOPIE, MYANMAR,

  • De l’Algérie au Rwanda, la « politique de reconnaissance » d’Emmanuel Macron

    En reconnaissant les responsabilités de la France dans le génocide au Rwanda, le président français a souhaité tourner la page de 27 ans de tensions diplomatiques. Une visite qui s’inscrit dans une démarche visant à confronter le passé, « sans repentance ni déni ». Décryptage. 

    « Je viens reconnaître nos responsabilités ». Jeudi 27 mai, dans la capitale rwandaise, le président Emmanuel Macron prononce un discours historique, reconnaissant officiellement pour la première fois le rôle de la France dans le génocide de 1994, qui a fait quelque 800 000 morts, essentiellement issus de la minorité tutsi. 

    Cette visite officielle, visant à tourner la page des tensions persistantes entre la France et le Rwanda autour de ce chapitre tragique de l’histoire, s’inscrit dans une politique plus large du président de la République, mise en place dès le début du quinquennat, pour « regarder l’histoire en face ». Un exercice périlleux qui suscite tout à la fois de l’admiration et de vives critiques. 

    Travail de longue haleine 

    Si le discours d’Emmanuel Macron a été accueilli très favorablement au Rwanda, la nature de son propos aura suscité peu de surprise. Depuis plusieurs années, le président français travaille d’arrache-pied au rétablissement des relations entre les deux pays. Le 24 mai 2018, il reçoit Paul Kagamé à Paris et promet qu’un travail sera mené sur les archives françaises liées au génocide au Rwanda. Un an plus tard, il concrétise sa promesse avec la mise en place de la commission Duclert qui conclut, dans son rapport remis au président le 6 mars, à de lourdes responsabilités du pouvoir français, tout en excluant la notion de complicité. Le président rwandais salue alors un “grand pas en avant”. Entre temps, la France décrète une journée de commémoration du génocide des Tutsis, le 7 mai. Enfin, en avril, Emmanuel Macron permet la déclassification d’archives françaises sur le génocide.

    Pour Jean Claude Félix-Tchicaya, chercheur à l’Institut de Prospective et Sécurité en Europe (IPSE), en reconnaissant aujourd’hui le rôle de la France, le président français achève un tournant historique : “Avec ce discours Emmanuel Macron se place en homme du 21e siècle (…) Il fait faire un bond à la France, à l’Afrique et au Rwanda”. 

    Approche “volontariste” 

    Cette politique de reconnaissance, Emmanuel Macron la mène sur de nombreux fronts. En visite à Ouagadougou, le 28 novembre 2017, le président s’engage à restituer le patrimoine africain dérobé pendant la conquête coloniale. En 2020, la France officialise la restitution de 26 œuvres au Bénin ainsi que d’un sabre historique au Sénégal. 

    Autre axe majeur de cette politique, la colonisation. En 2017, alors qu’il n’est que candidat, Emmanuel macron, en visite en Algérie, qualifie la colonisation de “crime contre l’humanité”. “Ça fait partie de ce passé que nous devons regarder en face en présentant aussi nos excuses à l’égard de celles et ceux vers lesquels nous avons commis ces gestes”, affirmait-t-il alors. Des excuses qui ne seront finalement pas prononcées, l’Élysée y préférant des “actes symboliques”, selon les conclusions du rapport sur la mémoire de la colonisation et de la guerre d’Algérie demandé par Emmanuel Macron à l’historien Benjamin Stora. « L’excuse n’est pas la question centrale, ce qui compte ce sont les actes concrets, comme la reconnaissance officielle des crimes ou la déclassification d’archives” juge ce dernier, contacté par France 24. 

    “D’autres présidents comme Jacques Chirac, Nicolas Sarkozy ou bien François Hollande se sont bien sur exprimés sur la colonisation, mais Emmanuel Macron a multiplié les actions, poursuit l’historien. Il a reconnu la responsabilité de la France dans la disparition de Maurice Audin, il a reconnu l’assassinat de l’avocat Ali Boumendjel et même fait déposer une gerbe au nom de la France à Sétif, à l’occasion des commémorations des massacres du 8 mai 1945. Même s’il reste beaucoup à faire, il faut reconnaître qu’aucun président français n’avait fait cela avant lui. Ses actions montrent qu’il n’est pas prisonnier de cette époque et avance de manière volontariste.” 

    Polémique “racialiste” 

    Si elle est jugée courageuse par certains, la politique de reconnaissance d’Emmanuel Macron est loin de faire l’unanimité. Le 18 avril, lors d’un entretien à la chaîne américaine CBS, le président aborde la question du racisme qui “cause beaucoup de tensions” en France et souligne l’importance d’un “dialogue apaisé et ouvert pour en comprendre les causes et d’une certaine manière déconstruire notre propre histoire”. Une déclaration qui suscite alors de vives réactions, comme celle de Xavier Bertrand, des Républicains, qui dénonce une vision “injuste au regard de ce qu’est la France” et qui va à l’encontre de “l’unité nationale”. 

    À droite, certains détracteurs du président l’accusent de prêter le flanc à de la repentance excessive et de céder à un courant “racialiste”. Un débat stérile selon Benjamin Stora : “c’est un piège politique tendu par l’extrême droite. La question du racisme est bien sur importante, mais il s’agit avant tout de regarder le passé en face. Emmanuel Macron veut s’inscrire dans la lignée du général De Gaulle qui considérait que la décolonisation est la grandeur de la France. Ce qu’il cherche c’est la reconquête du prestige international” analyse l’auteur de « France-Algérie, les passions douloureuses. »

    Engagement insuffisant ? 

    Attaquées par une partie de la droite, les actions d’Emmanuel Macron sont également jugées insuffisantes par certains à gauche. Son absence de discours le 10 mai, lors de la Journée nationale des mémoires de la traite, a ainsi suscité l’agacement de Christiane Taubira, ancienne garde des Sceaux et initiatrice de la loi reconnaissant l’esclavage comme crime contre l’humanité. “Il est quand même édifiant de constater que le président de la République n’a rien trouvé à dire sur plus de deux siècles de l’Histoire de la France, alors qu’il y a cinq jours il faisait des gammes sur Napoléon Bonaparte”, déclarait-elle alors.

    Enfin la question des excuses et des réparations continue de faire débat. Le 8 mai, alors que l’Algérie commémorait sa première “Journée nationale de la Mémoire”, le gouvernement a fait savoir qu’il était toujours en attente de “la repentance” de la France et “d’indemnisations équitables”. Interrogé, lors de sa visite à Kigali, sur d’éventuelles excuses à l’égard du Rwanda, le président français a jugé que le terme n’était “pas approprié », préférant “donner” la reconnaissance de la responsabilité de la France. Le président rwandais, Paul Kagame, a, pour sa part, salué un discours d’ »immense courage » qui a « plus de valeur que des excuses ». 

    France24, 27 mai 2021

    Etiquettes : France, Afrique, colonisation, Algérie, Rwanda, génocide, reconnaissance, responsabilité, Mémoire,

  • France-Afrique : Comment obtenir le pardon ?

    par Abdelkrim Zerzouri

    Donnant une nouvelle orientation à son histoire commune avec des pays africains anciennement colonisés, avec une dimension philosophique de ce passé qu’on ne peut effacer, la France continue son bonhomme de chemin sur la voie de la « reconnaissance de sa responsabilité » dans les crimes perpétrés contre les populations locales.

    Il est clair que cette nouvelle orientation a été initiée depuis l’accession au pouvoir du président français Emmanuel Macron. C’est lui qui a fait bouger des lignes figées dans le temps dans les relations de la France avec le Rwanda et l’Algérie, en attendant plus encore, peut-être.

    Mais en faveur de qui ou de quoi tous ces concerts historico-diplomatiques ? Après « les actes symboliques » engagés face aux crimes commis en Algérie durant la colonisation, qui s’illustrent à travers la reconnaissance officielle d’assassinats impliquant les autorités coloniales, dont l’exécution de Maurice Audin et l’assassinat de l’avocat Ali Boumendjel, en sus de la restitution de crânes des chouhada algériens, en attendant d’autres pas dans ce sens, la France porte un nouveau regard sur le génocide commis au Rwanda en 1994 et qui a fait 800.000 morts parmi la minorité tutsi. Là également, dans le même couloir emprunté face à l’histoire commune entre l’Algérie et la France, le président Macron a confié le travail d’investigation historique à une commission qui lui a remis ses conclusions sur les lourdes responsabilités du pouvoir français dans ce génocide, tout en excluant toute notion de complicité ou d’autres considérations qui entraîneraient fatalement des dispositions pénales contre les coupables du génocide et les indemnisations des victimes qui en découleraient. Le tout, sans présenter, donc, les excuses officielles de la France, à propos desquels le président Marcon dira récemment, lors d’une visite à Kigali, que le terme d’excuses n’était « pas approprié », préférant « donner » la reconnaissance de la responsabilité de la France.

    Comme ce fut le cas dans la gestion du dossier mémoriel relatif à la colonisation de l’Algérie, où le rapport remis au président de la République juge que « l’excuse n’est pas la question centrale, ce qui compte ce sont les actes concrets, comme la reconnaissance officielle des crimes ou la déclassification d’archives », selon les propos de l’historien Benjamin Stora, concepteur du rapport lié au dossier.

    Peut-on reconnaître la responsabilité de la France dans le génocide au Rwanda et les crimes commis contre le peuple algérien durant la colonisation sans présenter des excuses aux victimes ou d’Etat à Etat ? Si l’Algérie accompagne la politique des « petits pas » du président français, sans abandonner, par la voix du gouvernement et d’autres voix de la société civile, l’exigence d’excuses officielles de la France, le président rwandais s’en passe, estimant que les propos du président français ont plus de valeurs que des excuses. Un exercice délicat que ce nouveau regard porté par le président français sur l’histoire, qui semble satisfaire toutes les ambitions politiques, la France renouant ses relations bilatérales avec les pays africains, de partenariats surtout, sur de nouvelles bases de franchise, et les autorités des pays concernés gagnant en estime et en popularité sur le plan interne, en attendant de voir ce que sera la réaction des victimes tutsi. Mais, chercher le pardon sans présenter les excuses et sans couvrir le préjudice causé aux victimes, est-ce possible ?

    Le Quotidien d’Oran, 29 mai 2021

    Etiquettes : France, Afrique, crimes coloniaux, Rwanda, Algérie, colonialisme, colonisation, France CFA, FCFA, Françafrique,

  • Algérie/Transsaharienne : A nous l’Afrique!

    Ce que fut une ambition démesurée dans les années 1960/70 est aujourd’hui une réalité palpable, attestée par quelques 9000 km bitumés, aptes à relier le Sahel aux ports méditerranéens. Plus qu’une réalisation la route transsaharienne, diront beaucoup, est le projet du siècle d’une Algérie plus que jamais déterminée à reconquérir sa place dans le continent noir.

    Au début des années 1960, lorsque surgit l’idée de construire une route transsaharienne (RTS) sur un linéaire qui s’étend sur plus de 9.400 km afin de désenclaver la région du Sahel et favoriser les échanges commerciaux entre l’Afrique de l’Ouest et l’Algérie, certains n’y ont pas cru. Il a fallu le lancement des travaux vers le début des années1970 pour que ce projet prenne forme. Infrastructure d’envergure continentale, la Transsaharienne qui relie 6 pays de l’Afrique (Algérie, Tunisie, Mali, Niger, Nigeria et Tchad) est plus qu’une route ordinaire, un corridor de développement et un outil d’intégration régionale. Une fois achevée, chose qui ne saurait tarder, cette infrastructure «interconnectante» redynamisera, à coup sûr, le commerce intra-africain. Et pas seulement. Ses concepteurs, en effet, veulent désenclaver de vastes régions désertiques du Sahara avec tout ce que cela entraîne comme création d’axes d’échanges commerciaux, outre la réduction des coûts de transport grâce à l’écourtement des distances entre les pays traversés par l’ouvrage. Structure multimodale, la RTS favorisera l’interconnexion et l’intégration de l’Afrique et l’amélioration des conditions de vie des populations et l’éclosion de nouvelles activités. Selon une étude de la Société nigériane des ingénieurs (NSE), «une fois la Transsaharienne construite, plusieurs millions d’emplois pourraient être créés avec le coup d’accélérateur donné aux activités socioéconomiques du Sahel, le ralentissement de la désertification dans la partie nord de l’Afrique et le désenclavement des régions du Niger, du Mali et du Tchad». A cela s’ajoute le fait que le corridor de la RTS se situe dans une zone aux importantes richesses pour le continent : halieutiques avec le lac Tchad, du sous-sol avec l’exploitation de l’uranium à Arlit au Niger, sans omettre les richesses exceptionnelles du sous-sol algérien ainsi que les grandes richesses pétrolières du Nigeria et ses vastes ressources minières. La mise en œuvre de la Zone de libre-échange africaine a eu pour effet de rendre encore plus capitale la contribution de la Transsaharienne dans le développement des échanges commerciaux et à l’intégration régionale.
    L’Algérie n’a jamais cessé d’affirmer la volonté de valoriser économiquement cette route. Une enveloppe de 300 milliards de dinars a été consacrée à ce projet depuis le début de sa réalisation, a indiqué, lundi dernier, le ministre des Travaux publics et des Transports, Kamel Nasri, s’exprimant lors d’une allocution prononcée par visioconférence lors de la réunion du Comité de liaison de la route transsaharienne (CLRT) avec les ministres des pays membres et les représentants d’institutions internationales de financement.

    Pour offrir un accès direct aux principaux ports nationaux et de renforcer le commerce entre l’Afrique et l’Europe, la Transsaharienne a été reliée à la pénétrante autoroutière reliant le port de Djendjen (Jijel) à l’autoroute Est-Ouest sur 110 Km en cours de réalisation. La réception de la route transsaharienne devrait avoir lieu en juin prochain, après l’achèvement total du projet reliant Alger à la ville de Lagos (Nigeria) sur un linéaire de plus de 4.000 km.

    «Une liaison économique par excellence»

    Lors d’une rencontre, ce mardi à Alger, le directeur des travaux publics de la wilaya a rappelé l’importance de la Transsaharienne qui va relier la capitale à d’autres villes du continent. Selon Abderrahmane Rahmani, le tronçon qui traverse l’Algérie est en voie d’achèvement. Il reste les parties des pays africains concernés par ce projet de grande envergure. Quant à la valeur ajoutée, Rahmani estime que ce projet assurera une liaison économique d’excellence. «Elle va permettre la transition de la marchandise à titre d’exemple par Alger, le port et l’aéroport d’Alger, le port Djendjen et le futur port de Cherchell», a-t-il ajouté. Ainsi la route facilitera la transition des marchandises de l’Afrique vers l’Europe à travers les ports maritimes d’Alger.

    La Transsaharienne va capter tout le trafic routier des pays voisins africains, a-t-il ajouté. En effet, cette voie a été reliée à la pénétrante autoroutière reliant le port de Djendjen à l’autoroute Est-Ouest sur 110 km, en cours de réalisation, a fait savoir le ministre. Ainsi, le grand port du Centre à Cherchell (Tipasa) sera un point d’accès pour les échanges entre l’Afrique et l’Europe.

    Interrogé sur la mise en place des stations de péage, Rahmani est catégorique : «Ce n’est pas utile de mettre en place ces stations vu que ce projet va drainer un trafic routier africain vers l’Algérie, c’est une valeur ajoutée palpable.» Rahmani est confiant et prévoit un accueil favorable des citoyens algériens, notamment les routiers.
    Amokrane H et Samira S

    Un corridor pour booster la Zlecaf

    Opposée jusque-là à la mise en place d’un corridor au niveau de la Route transsaharienne, l’Algérie a fini par donner son aval.

    S’inscrivant dans l’optique du renforcement de l’intégration régionale, notamment avec la signature de l’accord de zone de libre-échange du continent africain (Zlecaf), l’Algérie, à travers le corridor, aspire d’un côté à booster les échanges commerciaux avec le continent noir, mais aussi impulser la coopération économique interafricaine. L’objectif est d’atteindre un niveau d’échange interafricain de 52%, contre 16% actuellement à la faveur de la Zlecaf. L’Algérie devra se mettre dans la course et se frayer un chemin dans ce marché à fort potentiel avec1,3 milliards de consommateurs et une valeur de 3.000 milliards de dollars. L’Algérie est loin d’être au premier rang des fournisseurs. Elle occupe la 20e place pour une valeur marchande ne dépassant pas les 2,2 milliards de dollars dont une grande partie se fait avec la zone arabe de libre échange (Zale). Nombreux sont les opérateurs économiques qui ont affiché leur intérêt pour y accéder et se positionner avec des produits diversifiés et de qualité. Ils attendent qu’ils soient accompagnés dans cette démarche avec plus de facilitations en termes de logistique ou sur le plan de la mise en place de représentations bancaires. «Le corridor au niveau de la Route transsaharienne est une multiple application de la Zlecaf», a expliqué Mohamed Ayadi, secrétaire général du Comité de liaison de la route transsaharienne (CLRT). Contacté, ce responsable a expliqué que le corridor facilitera les échanges, le transport et les investissements avec l’harmonisation des réglementations. «La mise en œuvre de corridors par ceux qui nous ont devancés dans notre continent nous a appris qu’autant les retombées économiques des corridors sont probantes, autant le parcours de mise en œuvre de la commercialisation est longue, difficile, et exigeant des compétences, de l’engagement et de la coordination». Ayadi a fait savoir qu’une étude récente financée par la Banque islamique de développement (BID) et conduite par la Commission des Nations unies pour le commerce et le développement (Cnuced) a corroboré «la maturité de notre projet pour devenir un corridor économique avec l’objectif d’accélérer les échanges et tendre vers l’intégration régionale». Le corridor permet, selon lui, «la valorisation économique de notre pays», a-t-il dit, avant de rappeler que «cela fait un demi-siècle que nous construisons la Transsaharienne. Nous avons demandé la mise en œuvre du système de gestion des corridors. L’Algérie a toujours été opposée à ce système. Aujourd’hui, la porte est ouverte. Nous avons fait une étude il y a dix ans et une autre récemment avec la Cnuced, laquelle a démontré la maturité pour la mise en place du corridor». Le siège de gestion du corridor sera abrité par le ministère du Commerce. «Pour aller ensemble vers le système de gestion de corridor, pour une plus grande rentabilisation de notre projet, dans la cohérence et la complémentarité entre les six pays membres du CLRT, nous avons besoin d’accompagnement et d’assistance technique», a conclu Ayadi.

    Wassila Ould Hamouda

    Horizons, 27 mai 2021

    Etiquettes : Algérie, Afrique, transaharienne, commerce, ZLECAF, libre échange,

  • Algérie/ Cap sur le partenariat africain

    Le nouveau monde l’exige. Plus qu’une simple opportunité, le compter sur soi est la seule alternative qui reste à la nouvelle Afrique marquée au fer rouge de la dépendance coloniale coupable historiquement del’écart de développement. Et, en temps de pandémie, le sursaut collectif se légitime par le choix discriminatoire et inhumain du «nationalisme vaccinal» qui a condamné à la marginalisation de l’Afrique, privée, au nom de la doctrine du chacun pour soi, de son droit le plus absolu à l’accès universel au vaccin.

    Cette réalité dramatique confirme la nature inique d’un monde indifférent au sort tragique des plus faibles durement sanctionnés par la faiblesse du système de santé et des infrastructures. Les chiffres sont là pour attester de l’injustice dans la riposte mondiale à la pandémie qui a profité largement aux riches procédant à une vaccination généralisée, quand le continent africain, lui, reste figé sur le seuil de 2%. Il devient évident que, à l’heure de la zone de libre échange africaine dont l’Algérie a été le premier signataire, la solution africaine est la mieux indiquée pour garantir la relance et consolider les bases du marché commun dans un continent à forte croissance.

    Le partenariat africain gagnant-gagnant se fonde sur les potentialités existantes dans les domaines aussi variés que l’industrie, l’agriculture, l’agro-alimentaire, les énergies renouvelables. Dans un continent aux échanges commerciaux incroyablement bas, le moment est venu pour mettre sur orbite une relance sûre et durable garantie par les ressources africaines. En modèle consacré d’un partenariat fécond, l’Algérie est l’un des rares pays qui a consenti un investissement conséquent pour la réalisation des bases infrastructurelles profitables aux pays africains, notamment le Sahel. Les perspectives sont prometteuses.

    Le lancement du mégaprojet du port d’El Hamdania, considéré comme l’un plus grands projets dans la région méditerranéenne et dans le continent africain, et la création d’un hub aéroportuaire à Tamanrasset destiné au fret et au transport des passagers africains à destination de l’Europe, et inversement, sont des acquis importants qui se greffent sur la réalisation de la route transsaharienne mobilisant 300 milliards de DA et de la fibre optique, reliant Alger à Lagos et l’apport du leader mondial de l’énergie solaire dans la transition énergétique. Le combat africain pour le développement durable est à portée d’un partenariat afro-africain.

    Horizons, 26 mai 2021

    Etiquettes : Algérie, Afrique, ZLECAF, por d’El Hamdania,

  • L’Afrique et l’accès aux vaccins anti-Covid : L’autre grande fracture

    L’accès du continent africain aux vaccins anti-Covid-19 est devenu presque impossible dans cette conjoncture mondiale marquée par plusieurs vagues de pandémie. Des régions entières et des centaines de millions de citoyens sont presque interdits de recevoir ou d’acheter une dose de ce vaccin.

    Une problématique qui est vite devenue une question de politique internationale, que certains diplomates ont directement liée à des considérations géopolitiques et économiques. La fracture est immense et nécessite une nouvelle mobilisation et une prise de conscience des Africains par rapport aux enjeux et défis du futur.

    Jusqu’au début mai, plus de 1,1 milliard de doses de vaccin anti-Covid ont été administrées, dont plus de 80% dans les pays à revenu élevé ou intermédiaire supérieur, alors que les pays à revenu faible n’ont en reçu que 0,2%, selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Des chiffres qui démontrent une fois de plus ce décalage, en dépit des accords, des conventions et des résolutions internationales.

    C’est dans ce contexte que le Conseil de paix et de sécurité (CPS) de l’Union Africaine a tenu hier une session ministérielle, présidée par le ministre des Affaires étrangères, Sabri Boukadoum, devrait faire le point sur la situation de la pandémie au niveau du continent africain.

    Plusieurs problématiques seront évoquées lors de cette réunion, dont justement la mauvaise répartition des vaccins à travers le monde.

    Il s’agira aussi d’examiner les possibles répercussions de la pandémie sur des domaines autres que celui de la santé publique, dont l’économie, notamment. La prolongation de la pandémie risque, par exemple, d’avoir un sérieux impact sur la mise en œuvre la Zone continentale de libre-échange. D’autres programmes de l’UA, dont l’application est sérieusement touchée par les effets de la pandémie, seront au centre des préoccupations des dirigeants africains. Il faut dire que ces derniers considèrent que ces vaccins anti-Covid sont des biens publics mondiaux sanitaires, comme le prévoit la résolution 2565 de l’ONU adoptée en 2021.

    Les participants à la réunion du CPS évoqueront, en outre, les mesures prises jusqu’ici par l’UA pour faire face à la pandémie. Il s’agit, entre autres, de la mise en place du Fonds spécial de lutte contre la Covid-19, de la Plateforme africaine d’approvisionnement en médicaments ou encore des actions de partenariat visant à accélérer le dépistage des populations. Dans cette optique, il faut rappeler que l’UA a mis sur pied une équipe chargée d’entreprendre des démarches pour l’acquisition des vaccins, dénommée AVATT.

    D’autre part, les animateurs de la réunion comptent saisir cette opportunité pour avertir sur les conséquences dévastatrices de la monopolisation des vaccins, encourager les partenaires, les donateurs bilatéraux et multilatéraux, les institutions financières et le secteur privé à soutenir les mécanismes COVAX et AVATT, des mécanismes destinés à faciliter l’accès aux vaccins, respectivement, dans le monde et en Afrique.

    L’Algérie qui est pleinement engagée dans cette lutte contre la maladie, a contribué à hauteur de deux millions de dollars au Fonds africain de lutte contre la Covid-19. Elle a également aidé par des actions de solidarité des pays voisins, comme la Tunisie, le Mali ou la Mauritanie à faire face à la propagation de la pandémie.

    L’Algérie plaide pour la mise en place rapide d’une Agence africaine du Médicament, un organisme qui permettrait de négocier l’achat groupé de vaccins, mais aussi d’autres produits pour face face aux multiples pandémies qui sévissent dans le continent.

    Justement, l’ancien ministre des Finances, Abderrahmane Benkhalfa, décédé récemment suite à sa contamination par le coronavirus, était l’un des cinq envoyés spéciaux de l’UA chargés de la mobilisation des financements au profit des efforts de l’Afrique pour contenir la pandémie et réduire ses effets.

    Le Jeune Indépendant, 22 mai 2021

    Etiquettes : Afrique, coronavirus, covid 19, pandémie, vaccin, vaccination, OMS,