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  • Macron sur l’Afrique : « nouvelle ère » et présence réduite de la France

    Tags : Afrique, France, Emmanuel Macron, Françafrique,

    La France réduira considérablement sa présence militaire en Afrique, où ses bases seront « co-administrées » avec les forces armées locales, a déclaré le président.

    Le président français Emmanuel Macron a appelé lundi son pays à construire « une nouvelle relation équilibrée » avec l’Afrique, alors que l’ancienne puissance coloniale cherche à réduire sa présence militaire sur le continent.

    « L’objectif de cette nouvelle ère est de déployer notre présence sécuritaire dans une approche basée sur le partenariat », a déclaré Macron dans un discours à Paris, avant une tournée qui le mènera au Gabon, en Angola, en République démocratique du Congo et au Congo plus tard. cette semaine.

    À l’avenir, les bases militaires françaises sur le continent seront « co-administrées » avec du personnel local, a déclaré le président français, tandis qu’il y aura une « diminution visible » du nombre de troupes françaises stationnées en Afrique au cours des prochains mois.

    La nouvelle survient alors que la France fait face à une opposition croissante de la part des gouvernements locaux en raison de sa présence militaire continue dans plusieurs de ses anciennes colonies, et a été forcée de retirer des centaines de soldats du Mali , de la République centrafricaine et du Burkina Faso au cours de l’année écoulée. Environ 5 000 soldats français restent stationnés sur diverses bases à travers le continent.

    Mais la perte d’influence de Paris, notamment dans la région du Sahel, a également permis à la Russie d’ étendre son influence en Afrique , y compris dans la sphère numérique par le biais de campagnes de désinformation, ainsi que sur le terrain avec des mercenaires du groupe Wagner, qui en certains cas ont remplacé les soldats français .

    Le président français a déclaré que son pays s’éloignerait des luttes de pouvoir « anachroniques » en Afrique, affirmant que les pays africains devraient être considérés comme des « partenaires », tant sur le plan militaire qu’économique.

    « L’Afrique n’est pas l’arrière-cour de [personne], encore moins un continent où les Européens et les Français devraient dicter son cadre de développement », a déclaré Macron.

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    #France #Afrique #Macron #Françafrique

  • L’Afrique, des Peuples et des leaders anticoloniaux.

    Tags : Afrique, Union Africaine, Maroc, Israël, Sahara Occidental, RASD, Pegasus, Qatargate, corruption,

    Par Ould Sid El Houari

    L’histoire de l’Afrique contemporaine a écrit en lettres d’or indélébiles des noms de «Chouhada» et des «Freedom fighter», du Cap de bonne espérance à Alger, la Mecque des révolutionnaires, pour libérer le Continent de ses colonisateurs extra-africains dans un soulèvement populaire historique, afin de recouvrer la dignité humaine et vaincre l’oppression et la ségrégation raciale, et qui a forgé une mémoire collective aussi intacte que vivace. Un idéal et un héritage communs unitaires, d’où l’Union Africaine, appelée à consolider cette communion salutaire et approfondir son émancipation et son intégration économique, culturelle dans une pérennité et une mue générationnelle.

    De l’anticolonialisme de l’Afrique au colonialisme marocain d’exception.

    Des figures emblématiques africaines, de Johnny Makatini et Oliver Tambo à Nelson Mandela, Amilcar Cabral qui disait qu’Alger est la Mecque des révolutionnaires, Sam Nujoma, Samora Machel, Houari Boumediene ou la révolution limpide, Agostino Neto, Jomo Kenyatta, Thomas Sankara, Marien N’Gouabi, ces noms et d’autres encore, les icones panafricanistes reconnues dans le monde entier et par l’histoire, de par leurs sacrifices, leurs valeurs humanistes, ont vaincu par la force de la résistance, toutes les formes de colonisation et d’oppression.

    Pendant que ce continent, berceau de l’humanité et de son avenir, engendre des hommes libres et engagés pour l’émancipation de l’Afrique et s’y investissent, un pays se disant africain, le Maroc, un résidu de l’ère coloniale, tente d’inverser le cours inexorable de l’histoire pour nous ramener à la case de départ et ses pages sombres.

    Pendant que les puissances coloniales auront abdiqué et tentent de se défaire honorablement d’un legs colonial et néocolonial intenable au 21ème siècle, pour sauver leur conscience devant le verdict de l’histoire, le Makhzen fait l’exception pour tenter d’accomplir le fait colonial au Sahara Occidental, dans le déni de l’histoire et du droit international.

    En se prétendant africain, mais jamais oser d’être panafricain, le Makhzen tout en étant le dernier colonisateur de la dernière colonie d’Afrique, se heurte à une contradiction qui le décrédibilise malgré tous les subterfuges employés à cette fin mais en vain. Il refuse l’application du droit à l’autodétermination d’un peuple que lui reconnaissent la légalité et la justice internationales, les décisions et les résolutions de la communauté internationale.

    Le moins qu’on puisse dire est que le Maroc dans son entêtement colonial, n’a pas de droit de cité dans l »Union africaine dont il trahit ses principes, son acte constitutif et ses valeurs.

    Du panafricanisme aux velléités rétrogrades du Makhzen.

    Le panafricanisme historique et contemporain réside dans la solidarité agissante envers les justes causes de l’Afrique d’hier et d’aujourd’hui. Quand la République Arabe Sahraouie Démocratique, membre à part entière de l’OUA et fondateur de l’Union Africaine, militait et réfléchissait dans le même esprit libérateur qui l’anime, au sein du Comité de Coordination pour la Décolonisation de l’Afrique (CCLA), pour prêter aide et assistance à l’ANC en Afrique du Sud, au Frelimo au Mozambique, au MPLA en Angola, à la Swapo en Namibie, au MPGAIC, en Guinée Bissau et au Cap vert, le Maroc à cette époque désertait l’Afrique et préférait s’allier avec l’entité sioniste et l’Apartheid en Afrique du Sud dans une honteuse collusion contre l’ANC et le combat de Mandela.

    Aujourd’hui, nous assistons encore à une réédition de la même collusion contre le peuple palestinien, heureusement avec une Afrique du Sud libérée et une Algérie vigilante pour expurger de la scène africaine le sionisme que voulait honteusement introduire le Makhzen dans le cœur institutionnel du Continent.

    Devant les manœuvres du Makhzen qui torpillent l’émancipation de l’Afrique, bien des chefs d’Etat de pays membres de l’Union Africaine regrettent d’avoir béni son adhésion à l’organisation continentale. Ils réalisent que sa présence n’est pas saine mais, plutôt, toxique.

    En voulant expulser la RASD et en appuyant fortement pour une incursion de l’entité sioniste, contre les principes et l’Acte constitutif de l’Union Africaine, le Makhzen englué dans des scandales à n’en point finir, n’aura fait que transposer ses déboires d’ailleurs dans une Afrique devenue allergique à ses méthodes suspectes, voire, abjectes.

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    #Afrique #Maroc #Union_Africaine #RASD #Israël

  • La stratégie africaine de Macron mise à nu par un média du Niger

    Tags : France, Emmanuel Macron, Afrique, Françafrique,

    Stratégie de Macron pour l’Afrique: la France n’a aucune intention de laisser le continent respirer
    By Sylvère Dossou –

    Alors que tout le monde attendait son discours sur la nouvelle stratégie française pour l’Afrique, le président Emmanuel Macron n’a pas, encore une fois, raté son entrée. L’homme s’est illustré comme ses pères, dans des propos paternalistes, maladroits et dégradants à l’endroit d’un continent qui ne semble plus lui faire confiance.

    «Du défi sécuritaire, climatique au défi démographique avec la jeunesse qui arrive et à laquelle il faut proposer un avenir pour chacun des États africains», ce sont là les propos de Macron sur sa Stratégie pour l’Afrique. Le locataire de l’Elysée n’a pas eu froid aux yeux pour prononcer ces mots paternalistes et dégradants tant pour le continent que pour ses dirigeants, qui sous-entendent que son pays reste toujours attaché aux idéaux de la tristement célèbre Françafrique.

    Pourtant Macron lui-même a estimé que « je n’ai pour ma part aucune nostalgie vis-à-vis de la Françafrique », même s’il s’en mêle les pinceaux quand il soutient cependant que « je ne veux pas laisser une absence ou un vide derrière elle ». La Françafrique ne devrait pas laisser de vestige ni se substituer en autre chose. Sans cette Françafrique, il y a toujours coopération entre chaque pays africains et la France, mais selon leur désire et choix diplomatique et idéologique sans que cela n’engage de groupe de pays africains comme c’est le cas.

    Aussi, en ce qui concerne la présence militaire française sur le continent, Macron veut aller au-delà de la configuration actuelle. Le président Français entend être présent dans plus de pays d’une autre façon que d’installer des bases un peu partout. Il veut influencer des groupes de pays qui se mettent ensemble pour des projets sécuritaires et de défense.

    Macron a évoqué la mise en place d’une sorte de « hub sécuritaire » avec les pays africains. Sachant qu’un hub est une sorte de nœud central d’un réseau, Paris veut, à défaut d’avoir des bases dans quelques pays sur le continent, concentrer ses forces militaires autour d’un réseau de plusieurs pays où elle étendra désormais son influence géostratégique.

    Il va sans dire que, non seulement Macron n’a, à aucun moment évoqué la possibilité de faire partir un jour du continent ses forces militaires, mais plutôt, avec cette idée de hub, d’y renforcer ses effectifs. De toute évidence, la Françafrique est toujours là et du discours de Macron, on comprend que comme il le voulait avec son « amis sincère » Alassane Ouattara pour le franc CFA, la Françafrique a juste changé de dénomination.

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    #France #Macron #Afrique #Françafrique #FCFA

  • Macron : « Nouvelle ère » dans la stratégie économique et militaire en Afrique

    Tags : France, Afrique, Emmanuel Macron, Françafrique,

    PARIS (AP) – Le président français Emmanuel Macron s’est engagé à réduire le nombre de troupes françaises en Afrique dans le cadre d’un « nouveau partenariat de sécurité » avec les nations concernées et à déployer des politiques économiques plus ambitieuses, dans le but de renforcer l’influence décroissante de la France sur le continent .

    Macron a appelé à ouvrir une « nouvelle ère » dans un discours à l’Elysée, avant un voyage ambitieux mercredi au Gabon, en Angola, en République du Congo et au Congo.

    Il a déclaré que la France devait s’éloigner de l’ingérence dans certaines parties de l’Afrique qu’elle gouvernait autrefois en tant que puissance coloniale, affirmant que le continent n’était plus son « arrière-cour ».

    « Il y a une autre voie », a-t-il déclaré : « Aborder les pays africains comme des partenaires avec lesquels nous partageons des intérêts et des responsabilités équilibrées, réciproques et responsables.

    Il a promis un « nouveau partenariat de sécurité » avec des effectifs réduits de troupes françaises sur le continent.

    Macron a déclaré que les bases militaires françaises ne seront pas fermées, mais seront transformées en fonction des besoins exprimés par les partenaires africains.

    « Notre modèle ne doit plus être des bases militaires comme celles que nous avons maintenant », a-t-il déclaré. « Demain, notre présence (militaire) passera par des bases, des écoles, des académies, qui seront gérées conjointement » par des personnels français et africains.

    « Et je le dis très clairement : le rôle de la France n’est pas de régler tous les problèmes en Afrique », a-t-il ajouté.

    Le discours de lundi est intervenu à un moment où l’influence de la France sur le continent est confrontée à ses plus grands défis depuis des décennies. Le sentiment anti-français croissant a conduit à des manifestations de rue dans plusieurs pays d’Afrique de l’Ouest et du Nord.

    De plus, les liens économiques historiques que la France entretenait avec la région sont sous la pression de la présence commerciale croissante de la Russie, de la Chine et de la Turquie.

    Macron a reconnu que l’Afrique est désormais un « terrain de compétition » et a exhorté les entreprises françaises à « se réveiller » et à s’impliquer dans la lutte.

    L’année dernière, les troupes françaises ont dû se retirer du Mali, qui s’est plutôt tourné vers des entrepreneurs militaires russes privés du groupe Wagner, et plus récemment du Burkina Faso, qui semble également de plus en plus tourné vers Moscou.

    Macron a dénoncé Wagner comme des « mercenaires criminels » dont le rôle est de « protéger les régimes défaillants et putschistes ». Il les a accusés de « précéder » les ressources naturelles et « d’avoir commis des violences contre les populations (locales) », y compris des viols.

    L’année dernière, Macron a annoncé la fin officielle de la force militaire dite de Barkhane après que la France a retiré ses troupes du Mali. Les opérations françaises d’aide à la lutte contre les extrémistes islamiques dans la région du Sahel se concentrent désormais principalement sur le Niger et le Tchad, où le pays compte encore environ 3 000 soldats.

    Au Burkina Faso, Boubacari Dicko, l’émir – ou chef traditionnel – de la ville septentrionale de Djibo, près de la frontière malienne, a déclaré qu’une relation renouvelée entre la France et les pays africains pourrait être basée sur un partenariat gagnant-gagnant.

    « Le changement est bon » et « nécessaire » car la politique française de ces dernières années a été critiquée pour ne pas avoir restauré la sécurité dans la région, a-t-il dit, ajoutant : « L’armée française était là, mais cela n’a pas empêché les djihadistes d’entrer dans la région ». pays et s’étendant dans le pays chaque jour.

    Macron, 45 ans, est le premier président français né après la fin de l’ère coloniale. Il a précédemment cherché à étendre la coopération de la France avec des pays anglophones, comme le Ghana et le Kenya, et à accroître les investissements français dans le secteur privé africain.

    Au cours de la tournée de cette semaine, il visitera également l’Angola lusophone, dans le but de développer des liens notamment dans l’agriculture et l’industrie alimentaire, et l’énergie, y compris le pétrole et le gaz.

    Pourtant, le voyage de Macron en Afrique centrale suscite déjà des interrogations.

    Certains militants de l’opposition au Gabon ont dénoncé sa visite, qu’ils perçoivent comme une offre de soutien au président Ali Bongo Ondimba – dont la famille est au pouvoir depuis les années 1960 – avant une élection présidentielle plus tard cette année.

    Des questions similaires ont été soulevées au Congo, qui fait face à une élection présidentielle en décembre.

    Le bureau de Macron a déclaré que tous les responsables français resteraient neutres concernant ces élections.

    L’Elysée a souligné que Macron se rendait au Gabon principalement pour assister à un grand sommet climatique sur la préservation des forêts.

    Il cherchera également à montrer l’engagement de la France à améliorer les relations économiques et culturelles avec deux pays francophones – la République du Congo et le Congo voisins – à travers des entretiens avec les autorités ainsi qu’avec des citoyens ordinaires, des entrepreneurs, des artistes et des militants, selon l’Elysée.

    Macron a dénoncé lundi l’offensive dans l’est du Congo par le groupe rebelle M23 lié au Rwanda voisin comme une « régression inacceptable ». Les combats se sont intensifiés ces derniers jours , avec des « conséquences terribles » pour la population, a déclaré Macron. « L’unité, la souveraineté et l’intégrité territoriale du Congo ne peuvent être remises en cause », a-t-il déclaré.

    AP

    #France #Afrique #Macron #Françafrique

  • Macron dévoile sa nouvelle stratégie pour l’Afrique

    Macron dévoile sa nouvelle stratégie pour l’Afrique

    Tags : France, Afrique, Emmanuel Macron, Maroc, Algérie, Françafrique, patrimoine, colonisation, pillage,

    Le président appelle à de nouvelles relations équilibrées et envisage de réduire le nombre de soldats français sur le sol africain

    Le président français a annoncé lundi son plan de réduction du nombre de soldats français en Afrique.

    Avant sa visite en Afrique qui doit commencer mercredi, Emmanuel Macron a présenté lors d’une conférence de presse sa nouvelle stratégie pour l’Afrique, y compris un nouveau modèle de partenariat dans lequel les Africains devraient jouer un plus grand rôle.

    « Le changement commencera dans les mois à venir », a-t-il dit, et promis une intensification des efforts français dans la formation et l’équipement des bases militaires, en faveur de leurs partenaires africains.

    Le président a également appelé à une « relation nouvelle, équilibrée, réciproque et responsable » avec l’Afrique.

    Relations avec les pays du Maghreb

    Macron a également souligné qu’il continuerait à progresser afin de renforcer les relations avec les pays du Maghreb nord-africain que sont l’Algérie et le Maroc.

    « Ce n’est pas le meilleur moment mais cela ne m’arrêtera pas », a-t-il juré.

    Restitution des objets pillés

    En outre, M. Macron a annoncé un art cadre pour rendre les artefacts aux pays africains qui cherchent à rapatrier leur patrimoine.

    « Le ministre de la culture soumettra la loi au Parlement dans les prochaines semaines », a-t-il déclaré, avant d’ajouter : « Cela déterminera les méthodes et les critères du processus. »

    Anadolou, 28/02/2023

    #France #Macron #Afrique #Algérie #Maroc #Colonisation #Pillage

  • L’Algérie confirme son non-alignement

    L’Algérie confirme son non-alignement

    Tags : Algérie, Europe, USA, Chine, Russie, Afrique, Ligue Arabe,

    Dans le dernier entretien qu’il a accordé à la presse nationale, le président de la République a mis en exergue le retour en force de l’Algérie sur la scène internationale. Arabe d’abord en lançant avec succès le processus de réconciliation inter-palestinienne, toute en remettant la cause palestinienne au centre des préoccupations du monde arabe, Afrique ensuite, en portant la voix de l’Afrique en joignant l’acte à la parole à travers la décision d’investir un milliard de dollars pour le développement de l’Afrique, internationale enfin en obtenant un quitus enthousiaste de la part de la Chine et de la Russie à sa demande d’adhésion aux Brics. Cela signifie qu’en trois ans, l’Algérie a rattrapé un retard d’une décennie et su tirer grand profit de la situation géopolitique du moment en confirmant son non-alignement par des actions de partenariat assumé avec l’Europe, les USA, la Chine et la Russie.

    Le président Tebboune ne croit pas si bien dire, puisque son action sur le terrain de la diplomatie a été suivie et appréciée par les Algériens qui affichent leur pleine adhésion sur les réseaux sociaux et dans la vie de tous les jours. Ce retour d’un sentiment de fierté de voir son pays marquer des points sur des question qui tiennent à cœur aux Algériens, comme la lutte contre le sionisme internationale, est couplé par des actions à l’interne qui amène l’opinion nationale a joindre l’acte à la parole et soutenir ouvertement les actions de l’Etat à l’internationale.

    Ce retour en force de l’Algérie sur la scène mondiale se traduit aussi par des expressions de respect émanant des cinq pays du Conseil de sécurité de l’Onu qui, à l’occasion se jettent des piques par pays interposés, à l’image de ce qui arrive depuis une année en Ukraine, sont tous d’accord sur le fait que l’Etat et le peuple algériens sont mûrs et qu’il n’est pas besoin de leur faire la leçon sur quelque sujet que ce soit. Les grands de ce monde attestent donc à l’unisson du poids géostratégique de l’Algérie et de l’inutilité d’en faire un pion dans le vaste jeu d’échecs qui se joue sous nos yeux en cette troisième décade du troisième millénaire.

    Cette attitude empreinte de grand respect en ces temps d’ingérences pour un oui ou pour un non, n’est, en aucune manière un cadeau des grandes puissances ou un accident de l’histoire. De par son parcours lors de la guerre de libération nationale et après l’indépendance, la société algérienne a démontré une unité à toute épreuve. La République n’est pas née du néant, c’est le résultat d’un sacrifice sans commune mesure dans l’histoire du 20e siècle. La victoire du peuple sur le colonialisme et le terrorisme ne peut avoir d’autres réactions que celui du profond respect. C’est dire que nous n’avons pas volé le respect que notre pays suscite auprès des plus grands de ce monde.

    Par Nabil G.

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    #Algérie

  • La France se cherche en Afrique

    La France se cherche en Afrique

    Tags : France, Sahel, Mali, Burkina Faso,Niger, Afrique, Françafrique,

    par Abdelkrim Zerzouri


    Le président français Macron ne s’avoue pas vaincu sur le continent africain. Après le retrait des troupes militaires françaises du Mali et du Burkina Faso, accompagné d’un sentiment antifrançais au sein des populations locales, qui a influé négativement sur la relation et le rôle de la France en Afrique, Macron revient à la charge avec une nouvelle stratégie pour l’Afrique, du moins pour le temps qui lui reste de son second mandat. Il fera étalage de cette nouvelle stratégie dans un discours annoncé par l’Elysée pour le 27 février, qui sera suivi par une conférence de presse avec des journalistes français et africains. Mais selon les gros titres de ce discours, livrés par un conseiller du président français, on parle d’une « vision du partenariat » avec les pays africains qui sera expliquée lors de discours. La nouvelle stratégie du président Macron est basée sur l’approfondissement de ce partenariat entre la France, l’Europe et le continent.

    Notons que ce discours sera prononcé deux jours avant le début d’une tournée qui le mènera au Gabon, en Angola, au Congo et en République démocratique du Congo. Une tournée qui ne s’avère pas de bon repos pour le président français sur plusieurs plans, dont celui de l’hostilité de la société civile dans ces pays à l’égard de sa visite, notamment dans les pays qui se préparent à organiser des élections présidentielles et qui croient que l’arrivée du président français en pareille période est toute faite pour apporter son soutien à un candidat aux dépens d’autres en lice. Pourra-t-il vraiment regagner la confiance des populations locales, guérir les maux profonds causés par la France coloniale, et par la suite par les politiques suivies par de précédents gouvernements en Afrique ? Le président Macron est déterminé à reconquérir la place de la France en Afrique, avec l’Europe. Malgré la concurrence avec les Chinois et les Russes, qui se sont implantés en Afrique, le président Macron est loin de s’avouer vaincu.

    Lors de son discours le 27 février, et à l’occasion de sa tournée africaine, il va présenter les nouveaux contours de la présence militaire française sur le continent. Son conseiller parle d’une « philosophie » et de « coopérer autrement » à propos de ces nouveaux contours de la présence militaire française en Afrique. « On sort d’un cycle où la France a eu besoin ou tendance à se mettre en première ligne. Nous rentrons dans un cycle où nous allons travailler en deuxième rideau », a déclaré la même source à un média français. Que veut dire « travailler en deuxième rideau » ? Pour le moment, on n’en sait pas plus que ce qu’a voulu divulguer le conseiller du président français à propos de cette nouvelle stratégie de la France sur le continent, mais on est sûr d’une chose, rien ne sera plus comme avant pour la France en Afrique.

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    #France #Afrique #Françafrique #Mali #Burkina_Faso #Sahel #Niger

  • L’influence russe en Afrique inquiète l’Allemagne

    Tags : Russie, Afrique, Allemagne, Wagner, Burkina Faso,

    Selon le rapport de l’agence de presse allemande DPA, la Russie souhaiterait accroître son influence en Afrique. Deux ministres allemands qui se sont rendus dans cette région s’inquiètent de cette question et veulent en traiter en coopérant davantage avec les pays du golfe de Guinée.

    La ministre du Développement Svenja Schulze et le ministre du Travail Hubertus Heil veulent faire plus pour combattre l’influence russe en Afrique. Les deux ministres du SPD ont souligné jeudi en Côte d’Ivoire que la guerre de la Russie contre l’Ukraine a des effets dévastateurs en Afrique. L’Allemagne veut donc étendre son soutien aux pays touchés et, si possible, y repousser l’influence de la Russie.

    « Les ondes de choc de la guerre, les prix élevés des denrées alimentaires, des engrais et de l’énergie arrivent également ici en Afrique de l’Ouest et dans de nombreux autres pays du Sud », a déclaré Schulze à Agboville, en Côte d’Ivoire.

    Le ministre du Travail Hubertus Heil a souligné que l’inflation et la hausse des prix du blé ont causé des problèmes à de nombreuses personnes en Afrique.

    Les ministres resteront en Côte d’Ivoire jusqu’à vendredi, après s’être déjà rendus, il faut le préciser, au Ghana.

    « Ce n’était pas seulement une attaque contre l’Ukraine, mais une attaque contre les plus pauvres du monde », a déclaré Schulze.

    L’Allemagne soutient l’Ukraine de toutes ses forces, mais continue également à développer son aide et sa coopération avec les pays les plus pauvres. Heil a souligné que « cette guerre n’est pas purement européenne » et que la majorité de la communauté internationale serait d’avis que « Poutine ne doit pas gagner ». Les gouvernements du Ghana et de la Côte d’Ivoire sont « du bon côté de l’histoire », selon Heil.

    Schulze a déclaré à l’agence de presse allemande : « La Russie est également active en Afrique et tente de déstabiliser des régions entières ».

    Selon certaines informations, le Burkina Faso frappé par le terrorisme, situé au nord du Ghana et de la Côte d’Ivoire, aurait amené les mercenaires russes Wagner dans le pays. De plus, la Russie y opérerait avec des campagnes de désinformation ciblées. Schulze a conclu: « Nous essayons de renforcer et de stabiliser les sociétés avec notre offre de développement. »

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    #Russie #Afrique #Allemagne #Wagner #Burkina_Faso

  • Empire américain : Revers et horizons crépusculaires

    Tags : Etats-Unis, Russie, Ukraine, nouvel ordre mondial, Chine, Afrique, Maghreb,

    Malgré les pressions américaines, le cartel de l’OPEP mené par l’Arabie saoudite vient de décider de réduire sa production de pétrole. Un nouveau revers pour Biden… et un véritable cadeau pour Poutine.

    Les rapports entre Moscou et Riyad se sont grandement améliorés et approfondis depuis 2016 et les accords OPEP+Russie. Il y a quelques jours, la décision du cartel pétrolier de réduire sa production de pétrole de 2 millions de barils par jour pour le mois de novembre, alors que Washington et Paris réclamaient une hausse, ne fait que confirmer cette nouvelle inflexion géostratégique et historique.

    C’est surtout un véritable bras d’honneur lancé par Mohammed ben Salman (MBS), le prince héritier saoudien et plus que jamais l’homme fort du royaume, à ses alliés occidentaux et, surtout, aux présidents américain et français.

    Biden et Macron réhabilitent MBS

    En effet, cette décision est un nouveau camouflet pour Joe Biden et Emmanuel Macron, qui avaient pourtant, toute honte bue et pitoyablement, mis en sourdine leurs critiques et condamnations envers MBS l’ «assassin» (dans l’affaire Khashoggi), pour ensuite le réhabiliter (par la visite de Biden à Djedda mi-juillet et la réception à l’Elysée du jeune prince héritier fin juillet) dans le contexte de leur guerre larvée contre la Russie via l’Ukraine.

    Dans son conflit en Ukraine, le Kremlin a besoin que le prix du pétrole reste élevé. Depuis février dernier, Moscou aurait engrangé plus de 116 milliards d’euros grâce à ses exportations.

    C’est pourquoi Washington et Paris avaient tout intérêt à faire les yeux doux à MBS, pour que l’Arabie saoudite, l’un des principaux producteurs de pétrole et véritable leader de l’OPEP, augmente sa production afin de faire baisser les prix du brut et ainsi freiner l’inflation en Occident. Le tout pour fragiliser et «saigner» la Russie, comme l’avait fait en son temps Ronald Reagan et le roi Fahd contre l’URSS… Or les temps ont changé.

    Comme je l’explique dans mon livre « Poutine d’Arabie » (éd. VA, 2020), depuis 2016 et les accords OPEP+Russie, Moscou et Riyad ont entrepris un rapprochement et un renversement géostratégique historique. Les liens personnels entre Poutine et MBS ne faisant que se renforcer depuis. Notamment du fait que le maître du Kremlin sera le seul et dernier dirigeant occidental (après la défaite de Trump) à soutenir le jeune prince lors de l’affaire liée à l’assassinat du dissident saoudien Jamal Khashoggi, proche des Frères musulmans (organisation interdite et considérée comme terroriste en Russie).

    A la fin du mois dernier, MBS a endossé le rôle de médiateur puisqu’il a réussi à faire libérer des prisonniers occidentaux – dont deux Américains et cinq Britanniques – détenus par les Russes. Il a démontré ainsi que ses bonnes relations avec Poutine pouvaient servir les Occidentaux…

    Le futur roi d’Arabie saoudite, vainqueur de ce bras de fer diplomatique de deux ans avec la Maison Blanche, a surtout rappelé qu’il fallait compter sur lui et son pays, un allié précieux et un puissant Etat pétrolier, dans la crise énergétique actuelle. Il affiche surtout son absence de crainte quant aux poursuites judiciaires outre-Atlantique et en France l’accusant de complicité de torture et de disparition forcée en lien avec le meurtre de Khashoggi.

    Enfin, la dernière décision de l’OPEP est également une manière pour le jeune prince d’exprimer, avec une certaine satisfaction, son mépris pour des dirigeants qui, il y a peu, le considéraient encore comme «infréquentable» ou pire, voulaient le «punir», et qui à présent aux abois, lui ont déroulé le tapis rouge… MBS aurait d’ailleurs refusé de prendre les derniers appels téléphoniques du président américain !

    Un Occident de plus en plus décrédibilisé

    A présent, les Occidentaux luttent chez eux contre une inflation galopante, tirée par les prix de l’énergie. D’où la fureur, après la dernière décision de l’OPEP, de l’administration Biden, très en difficulté pour les prochaines élections de novembre. En outre, en Europe comme aux Etats-Unis, cette réduction de la production mondiale risque d’annihiler une partie des coûteuses politiques mises en place pour juguler les prix de l’énergie et l’inflation.

    D’autant que, puisque le cours mondial du brut remonte fortement, l’Inde et la Chine, très dépendantes en hydrocarbures, risquent fort de taire leurs dernières mais non moins prudentes réserves vis-à-vis de la Russie et de sa guerre en Ukraine, pour de nouveau se ranger derrière Moscou.

    L’hyperpuissance américaine semble marquer le pas

    De même, avec les idéologues démocrates et Joe Biden, l’hyperpuissance américaine semble marquer le pas dans sa domination mondiale. La politique de sanctions maximales contre la Russie s’avère un échec cuisant. L’hégémonie mondiale des Etats-Unis semble même connaître son crépuscule. Seule l’Europe obéit encore aveuglément et stupidement aux ordres de la Maison Blanche et ce, contre ses propres intérêts.

    Si dans un premier temps, l’opération russe en Ukraine permet aux Américains de confirmer leur mainmise politique, énergétique et militaire sur une Europe définitivement inféodée à Washington, la politique viscéralement antirusse de l’administration Biden sera assurément, à long terme, une erreur géopolitique majeure pour les Etats-Unis face à leur véritable menace existentielle : la Chine.

    C’est pourquoi aucun des grands pays d’Amérique latine, d’Afrique et d’Asie n’a suivi l’hystérie américaine et européenne contre la Russie, préférant respecter leurs agendas et intérêts, sans obéir à l’ancien gendarme et «boussole» du monde.

    C’est aussi la raison pour laquelle, ignorant les pressions de Washington dans sa croisade antirusse et au grand dam des Occidentaux, l’Arabie saoudite mais également la plupart des pays arabes et du Golfe, membres de l’OPEP+, refusent, comme je l’ai écrit en juin dernier, de rompre avec leur allié russe et le condamner.

    Le demi-frère de MBS et ministre de l’Energie du royaume saoudien, Abdelaziz ben Salman, l’a très bien rappelé : «Ce n’est pas juste un mariage de circonstances» ! Les relations internationales ne se résument pas à des considérations commerciales, idéologiques ou émotionnelles (surtout à géométrie variable !). Ce sera toujours le réalisme mais également des questions psychologiques qui prévaudront.

    A l’inverse de ce qu’était le pragmatisme politique de Trump, Biden et ses homologues progressistes européens n’ont cessé de critiquer les régimes autocratiques arabes pour leur gouvernance, avec ces airs de supériorité morale qui exaspèrent tant la région mais aussi le reste du monde.

    Aujourd’hui, l’Arabie saoudite, et avec elle d’autres Etats arabes, nous rendent, tragiquement, la monnaie de notre pièce. Cela s’appelle la realpolitik ! Même si l’Egypte, en difficulté financière et par crainte des sanctions américaines, vient de suspendre (pour l’instant) son récent accord avec Moscou à propos de l’adoption du système de carte de paiement russe MIR dans ses stations balnéaires et ses hôtels, d’autres n’entendent plus se laisser dicter leur politique par Washington ou les Occidentaux en général.

    Autre signe des temps, les Emirats arabes unis dont le président, Mohammed ben Zayed (MBZ) vient de rencontrer, à Saint-Pétersbourg, Vladimir Poutine. Officiellement, MBZ s’est rendu chez le «paria» russe afin de proposer sa médiation et une «mission de paix». En réalité, il s’agissait surtout de parler pétrole.

    Cette visite remarquée est révélatrice du changement de l’axe de gravité géopolitique mondial en cours. Elle confirme surtout, malgré les tensions internationales actuelles, la consolidation des relations entre la nouvelle «République de Venise» du Moyen-Orient, puissance militaire mais surtout diplomatique et d’influence devenue incontournable dans la région, et la Russie, initiée déjà depuis quelques années (cf. Poutine d’Arabie).

    Revenir au temps long Il n’est dès lors guère étonnant qu’une adhésion aux BRICS soit envisagée par l’Egypte, les EAU et l’Arabie saoudite. Cette dernière aurait déjà entamé des pourparlers avec Pékin pour abandonner le dollar américain au profit du yuan dans les transactions pétrolières, ce qui irait dans le sens de la dédollarisation souhaitée par Moscou…

    Pour les observateurs non occidentaux, cette guerre en Ukraine est autodestructrice pour l’Occident. Pour les observateurs non occidentaux et les 4/5e du monde, cette guerre en Ukraine entre Européens, Américains et Russes est autodestructrice et un véritable suicide géopolitique et économique pour l’Occident. Pour eux, à tort ou à raison, elle ne fera que précipiter le déclin moral et matériel, déjà bien engagé, de cette Amérique et de cette Europe en qui ils n’ont plus aucune confiance et dont ils méprisent les leaders, totalement discrédités et toujours prêts à toutes les humiliations et compromissions pour quelques dollars ou euros.

    Les régimes arabes préfèrent dès lors se détourner de l’Ordre mondial américain et miser plutôt sur la Chine et même la Russie. Car cette dernière, en dépit des erreurs et difficultés actuelles en Ukraine, a démontré ce dont elle était capable depuis dix ans et dans toutes les crises et conflits, desquels elle est d’ailleurs toujours sortie victorieuse. Notamment en Syrie, même si les deux conflits ne sont pas de même nature ni de même ampleur.

    En attendant, les dirigeants de la région MENA semblent imperméables à l’extraordinaire propagande atlantiste qui inonde et sature les médias occidentaux. Ils ne croient absolument pas en une défaite russe ni même à la chute de Poutine. Ils font apparemment confiance à la résilience de cette nation qui joue à présent sa survie et dont les responsables ont toujours démontré une maîtrise historique parfaite et éprouvée du temps long et surtout des guerres d’usure.

    Roland Lombardi, Docteur en Histoire, géopolitologue et spécialiste du Moyen-Orient; Auteur de « Poutine d’Arabie » (VA Éditions, 2020) et « Sommes-nous arrivés à la fin de l’histoire ? » (VA Éditions, 2021)

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    #Etats_unis #OTAN #Russie #Ukraine #Nouvel_ordre_mondial #Joe_Biden #Poutine

  • Le 36e sommet de l’UA ou le réveil de l’Afrique authentique

    Tags : Union Africaine, 36e sommet, Afrique, Ukraine, Israël, Sahara Occidental, Maroc,

    Par Mohamed El-Abassi.

    Après d’insistantes tentatives de vassalisation du Continent et d’incursion exogène, notamment, de l’entité sioniste, dans le cœur névralgique et institutionnel panafricain, et malgré les conséquences de la pandémie et de la guerre d’Ukraine, qui s’abattent sur une innocente Afrique qui en subit les dommages collatéraux, celle-ci se tient résiliente et debout grâce à un leadership panafricaniste qui se dessine.

    Ces tentatives de loger le loup sioniste dans la bergerie africaine, avec la complicité manifeste et un engagement marocains audacieux qui ne se démentent, ont été vouées à l’échec au profit du triomphe de la seule parole palestinienne.

    Pourquoi ?

    Si le Makhzen peut se prétendre de vassaliser triomphalement son peuple et normaliser, contre sa profonde conviction, avec l’entité sioniste, il n’en est pas de même de tous les peuples et de la majorité des Etats africains. La sous-traitance makhzénienne a atteint lamentablement ses limites tout comme, par un certain verdict de l’histoire, celle de la France néocolonialiste et ses résidus indésirables au Mali et au Burkina Faso.

    Pendant que le roi marocain se tenait en « stand-by » dans une île de villégiature au large de Franceville au Gabon, attendant l’annonce d’une entrée en grande pompe des représentants de l’entité sioniste à l’Union africaine, pour faire, à son tour, une entrée triomphale, la déléguée sioniste qui s’y est illégalement incrustée, a été « manu-militari » escortée vers la sortie.

    Attendant la levée des rideaux d’une mise en scène maroco-sioniste, le roi, tout en s’abstenant, comme à son accoutumée, de trop se mouiller, avait choisi d’épier Addis-Abeba depuis le Gabon laissant la basse besogne à Bourita. La nouvelle qu’il attendait ne viendra jamais à ses oreilles de son ministre des affaires étrangères normalisant, esseulé dans les coulisses du « Nelson Mandela hall » ne sachant comment justifier son fiasco.

    C’est ainsi qu’une main devant et une autre derrière, le roi s’éclipsa bredouille et anéanti du Gabon laissant à son acolyte d’enfance les consignes de lui fournir les dessous de l’affaire contre un sac de fertilisant volé au peuple du Sahara Occidental.

    Des thèmes mobilisateurs algériens et du discours marocain creux.

    Pendant que M. Aymen Benabderrahmane, premier ministre représentant du Président de la République Abdelmadjid Tebboune, plaidait devant le secrétaire général des Nations unies qui lui prêtait une oreille attentive et les chefs d’Etat africains qui reconnaissent à l’Algérie sa sagesse et sa vision panafricaniste, la revendication d’un siège permanent au profit de l’Afrique au conseil de sécurité, le chef de la diplomatie makhzénienne n’a pas eu de trouvailles originale que d’ennuyer le sommet avec un discours de remplissage pour évoquer l’énergie nucléaire à l’attention d’une Afrique qui se chauffe et se nourrit au feu de bois.

    Devant le déphasage marocain et ses méthodes d’instrumentalisation, que la nouvelle Afrique a fini par en saisir, au grand jour, les contradictions diplomatiques, les délégués africains sont restés sourds au discours redondant de Bourita, lassant, ennuyeux et sans aucun impact. Les quelques applaudissements qui l’ont suivi étaient de joyeuses claques polies du « bon débarras ».

    Une piètre image de la diplomatie makhzénienne face au discours concret et constructif avec de nouvelles idées et une vision panafricaniste du Président Abdelmadjid Tebboune, lu en son nom dans une parfaite fidélité à sa conviction et d’une limpide intonation, surtout quand il annonçait la décision, vivement applaudie, du Président Tebboune d’allouer un milliard de dollars d’aide inconditionnelle au développement à travers l’Agence Algérienne de Coopération pour la Solidarité et le Développement.

    Il est vrai que les priorités africaines sont aux antipodes de celles du Makhzen qui nage dans l’irréel pendant que son peuple qui se prépare à une grève générale, a soif, a froid, a faim de tout ce que son roi dépense ailleurs en le privant de la moindre solidarité d’assistance pendant qu’il se trouve en danger de la famine et au seuil d’une explosion générale. Et, pour le soulager, il s’en prend aux pauvres agriculteurs interdits de vendre leurs produits en Afrique de l’ouest mais pas ses immenses terres agricoles en exploitation avec l’entité sioniste et dont il sélectionne les meilleures qualités en direction de l’Europe.

    Explication

    Comme nous l’avons démontré dans un article précédent, le Makhzen est aux antipodes de son peuple. Comment pourrait-il être solidaire et pleinement engagé avec l’Afrique pour prétendre s’investir réellement à relever ses défis et réaliser ses idéaux ?

    L’Adhésion du Maroc en 2017 à l’Union Africaine n’avait d’autre objectif que de semer la discorde, en voulant en expulser un membre fondateur qui est la République Arabe Sahraouie Démocratique (RASD), et parvenir ainsi à paralyser, voire faire imploser, l’organisation continentale. Ces sommets africains que qualifiaient, avec dédain, le roi défunt Hassan II, de « conférences tam-tam » dans une insulte historique, sont devenus des sommets de chefs d’Etat responsables et soucieux de l’unité africaine et de l’émancipation de ses peuples. Ils comprennent parfaitement le jeu du makhzen et ses manœuvres machiavéliques.

    Dans leur for intérieur, ils vivent un immense malaise d’être des témoins, silencieusement complaisants pour certains, révoltés pour d’autres, de voir que la dernière colonie en Afrique est le fait colonial d’un autre pays se disant africain : Le Maroc !

    Dans l’histoire africaine, nous avons vu des conflits territoriaux, des litiges autour de frontières mal définies, mais jamais au grand jamais, un pays ne s’est aventuré à prendre possession par la force un territoire qui ne lui appartenait pas pendant que son peuple le revendique, par le droit internationale, par la résistance et la guerre. Le principe de l’intangibilité des frontières héritées de la décolonisation est respecté par tous sauf par Rabat qui prétend, au nom d’un expansionnisme aveugle, à des frontières authentiques et, donc extensibles.

    Le malaise a atteint son paroxysme et le Makhzen s’entête. Une sorte d’insulte à l’endroit, même de ceux qui sont complaisants, corrompus à ne plus en vouloir des largesses makhzéniennes, ou encore du même acabit, opportunistes ou ligotés par des menaces de scandales compromettants.

    Si le malaise à l’étiologie makhzénienne a gagné du terrain en Afrique comme un syndrome contagieux, ses clients habituellement assidus, ont été glacés d’apprendre les révélations fracassantes de corruption au sein du parlement européen, l’anathème qui leur est jeté aux yeux du monde et le scandale dans lequel ils ont trempé leurs réputations politique, morale et personnelle, de manière indélébile.

    Il serait souhaitable, à cet égard, qu’un œil vigilant du président de la commission africaine s’intéresse de près aux agitations marocaines dans sa propre maison.

    Si elle est parvenue à corriger les faux pas incandescents du président de la commission et s’est montrée, résiliente, avec Macky Sall, il est à espérer que l’Union Africaine gagnera davantage en unité et en intégration économique avec la présidence comorienne en ce sens que la responsabilité est historique pour le président Ghazali Osmanide, de vouloir construire et fortifier ou bien déconstruire et diviser l’Afrique.

    Mohamed El-Abassi.

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    #Afrique #Union_Africaine #Israël #Maroc #Sahara_Occidental