Étiquette : Algérie
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Le Sahara Occidental au menu des entretiens entre l'ambassadeur d'Algérie en France et le président du Sénat français
L’ambassadeur d’Algérie en France, Mohamed Antar Daoud, a renouvelé la volonté de l’Algérie de renforcer la coopération bilatérale dans tous les domaines, conformément à la volonté exprimée par les présidents Abdelmadjid Tebboune et Emmanuel Macron.Après avoir été reçu par le président du Sénat français, Gérard Larcher, l’ambassadeur d’Algérie, Mohamed Antar Daoud, a salué la qualité des relations entre les parlements des deux pays, réitérant «la volonté de la partie algérienne de renforcer la coopération bilatérale dans tous les domaines en ligne. avec la volonté exprimée par les présidents Abdelmadjid Tebboune et Emmanuel Macron de travailler ensemble sur les dossiers d’intérêt commun, notamment économiques, régionaux et le dossier mémoire ».La réunion a été l’occasion de discuter des questions régionales, les deux responsables ayant salué la formation d’une autorité exécutive temporaire en Libye, exprimant le soutien de leurs pays aux efforts des Nations Unies pour une réconciliation libyo-libyenne, loin de toute ingérence étrangère. .Concernant le Mali, les pourparlers ont permis une «satisfaction des différentes parties» concernant la convocation de la cinquième réunion de haut niveau du Comité de suivi de l’accord sur la paix et la réconciliation au Mali le 11 février 2021, à Kidal, qui a vu la participation du ministre de l’Europe et des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, par visioconférence.Concernant les autres développements au Sahel, il a été souligné qu’il importait de renforcer les mécanismes de coopération internationale dans le domaine de la lutte contre le terrorisme et de la criminalité transnationale organisée et ses relations avec divers trafics: drogues, armes et immigration illégale.A propos de la question du Sahara occidental, l’ambassadeur a attiré l’attention sur la gravité de la situation dans les territoires occupés résultant du retour au langage des armes entre le Maroc et le Front Polisario, rappelant «la position ferme de l’Algérie en faveur du peuple sahraoui exerçant leur droit à l’autodétermination conformément aux principes de la Charte des Nations Unies et aux règlements pertinents du Conseil de sécurité et de l’Assemblée générale ».De son côté, Gérard Larcher a adressé ses «meilleurs vœux de bonne santé» au président de la République, Abdelmadjid Tebboune, «et de réussite dans l’exercice de ses fonctions», exprimant sa «satisfaction quant à la force des liens de coopération existants entre les deux pays dans tous les domaines et la volonté politique des deux côtés de lui donner une nouvelle dynamique ».Au cours de cette rencontre, un échange de vues approfondi a eu lieu sur la réalité des relations entre les deux pays et les perspectives de renforcement de la coopération parlementaire.A cet égard, Gérard Larcher a exprimé sa «détermination à travailler à l’intensification des échanges avec l’Assemblée nationale en organisant dans les meilleurs délais la deuxième édition du Forum de coopération parlementaire de haut niveau, et en mettant en place un nouveau mécanisme de concertation sur les principaux enjeux du l’agenda international aussi ».Les entretiens ont également porté sur les futurs échanges bilatéraux, car ils se sont concentrés sur la cinquième réunion du comité gouvernemental de haut niveau algéro-français, qui se tiendra prochainement en Algérie.Echourouk, 21 fév 2021Tags : Sahara Occidental, Front Polisario, Maroc, Western Sahara, Algérie, France, Gérard Larcher, -
Résolution des crises dans les pays voisins: L’Algérie poursuit son action diplomatique
L’Algérie vient de démontrer, une fois de plus, qu’elle demeure un acteur incontournable dans la résolution des crises régionales, notamment dans les pays du voisinage immédiat qui sont menacés par des défis sécuritaires et ont besoin d’être accompagnés dans leur processus de sortie de la crise.
C’est dans cette optique plus précisément que le ministre des Affaires étrangères, Sabri Boukadoum, a pris part, jeudi dernier, à une réunion du Comité de suivi de l’Accord de paix et de réconciliation au Mali, issu du processus d’Alger, abritée pour la première fois par la ville de Kidal (nord du Mali). Un événement inédit qui donnera une forte impulsion à ce processus, parrainé par l’Algérie. À ce propos, M. Boukadoum a déclaré que cette réunion constitue un indicateur important à même de donner une forte impulsion au processus de paix et de réconciliation parrainé par l’Algérie. Le chef de la diplomatie algérienne a été reçu par le président malien, Bah N’Daw, avec lequel il a évoqué les relations bilatérales et les perspectives de les renforcer, ainsi que les moyens à même d’accélérer la cadence de la mise en œuvre de l’Accord de paix et de réconciliation issu du processus d’Alger. Il a également eu des entretiens avec le vice-président du Mali, le colonel Assimi Goïta, et le ministre de la réconciliation nationale, le colonel Ismael Wagué, avec lesquels il a abordé les relations bilatérales et les voies de promotion du processus de paix et de réconciliation que l’Algérie accompagne et soutient.Les entretiens ont porté également sur les relations bilatérales et les modalités de faire progresser le processus de paix et de réconciliation au Mali que l’Algérie accompagne et soutient. Cette visite, la troisième de M. Boukadoum depuis les changements politiques survenus au Mali en août 2020, s’inscrit dans le cadre des efforts visant à promouvoir les relations bilatérales et à donner un élan au processus de paix dans ce pays voisin. L’Union européenne, fau-il le rappeler, avait salué, dans un rapport, le rôle significatif de l’Algérie dans la résolution des crises, notamment celles du Mali et de la Libye.L’Algérie considère la stabilité au Mali comme un appui à sa sécurité stratégique et nationale, basée sur l’accord de paix et de réconciliation issu du processus d’Alger, avait affirmé le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, qui a ajouté que cet accord se veut la solution idoine et durable à même de mettre fin au conflit opposant les antagonistes maliens. Les acteurs internationaux et régionaux ont salué les grands efforts menés par l’Algérie pour assurer le retour et le maintien de la stabilité au Mali, réaffirmant l’impérative application effective de l’accord de paix et de réconciliation, le seul et unique choix pour rétablir la paix et la stabilité dans ce pays.Les Maliens se sont réjouis des résultats obtenus en matière de la mise en œuvre de l’accord de paix et de réconciliation au Mali grâce à l’accompagnement constant de la médiation internationale conduite par l’Algérie, à la faveur du comité de suivi de l’application de l’accord qui n’a ménagé aucun effort pour maintenir l’équilibre de ce processus. Le rôle crucial que l’Algérie est en train de jouer dans la résolution politique des conflits et crises au niveau régional et dans la lutte contre le terrorisme, l’extrémisme et toutes les formes de criminalité ont été maintes fois soulignés par plusieurs partenaires étrangers qui considèrent notre pays comme un acteur stratégique garant de la stabilité dans la région. Il faut relever, à ce propos, que de nombreux acteurs internationaux avaient loué les efforts de l’Algérie en matière de paix et de sécurité, assurant, de ce fait, que l’Algérie ne cesse d’insister sur la nécessité de résoudre les conflits par la voix du dialogue et de la concertation politique. Dans ce sens, l’Union européenne, fau-il le rappeler, avait salué, dans un rapport, le rôle significatif de l’Algérie dans la résolution des crises, notamment celles du Mali et de la Libye. L’Algérie demeure un «acteur-clé» au niveau régional et international pour la sécurité, avait affirmé la Commission européenne qui a salué sa contribution à la stabilisation de son voisinage immédiat et son rôle «significatif» de médiation dans les crises malienne et libyenne.Au Mali, le gouvernement algérien a poursuivi ses efforts pour encourager la mise en œuvre de l’Accord d’Alger, notamment à travers une formation des forces spéciales du Niger et du Mali, y compris dans les zones de combat désertiques. L’effort continu de modernisation des équipements, ainsi que les nombreux effectifs de sécurité, dont l’Algérie dispose, ont permis au pays de contrer de façon efficace les menaces terroristes, avait souligné l’exécutif européen dans son rapport, estimant que même si la situation sécuritaire en Algérie demeure stable, les autorités continuent de mener des opérations contre le terrorisme résiduel dans plusieurs régions du pays. Il a fait remarquer que l’évolution de la crise libyenne et la situation complexe dans la région du Sahel ont amené l’Armée nationale populaire à déployer des forces de sécurité supplémentaires aux frontières. Evoquant les crises régionales, l’UE a soutenu également que le gouvernement algérien suit de près l’évolution de ces crises, dans le but de faciliter une solution contribuant ainsi à la stabilisation de son voisinage immédiat, notamment au Sahel.Elle a rappelé, à ce titre, qu’en Libye, l’Algérie a continué de jouer un rôle de médiation «significatif» à travers l’organisation de plusieurs rencontres, excluant fermement une intervention étrangère. Au Mali, le gouvernement algérien a poursuivi ses efforts pour encourager la mise en œuvre de l’Accord d’Alger, notamment à travers une formation des forces spéciales du Niger et du Mali, y compris dans les zones de combat désertiques. L’UE a réitéré, dans ce contexte, son engagement dans ce processus de stabilisation régionale et son soutien à l’Algérie dans ses efforts, rappelant que l’unité des partenaires internationaux est nécessaire. La Commission européenne avait rappelé, en outre, que l’UE et l’Algérie ont convenu, dans le cadre de leurs priorités de partenariat, de promouvoir un dialogue stratégique et sécuritaire face aux défis communs de sécurité et de développement, en vue d’un partenariat pour la paix et la sécurité. Les deux parties ont ainsi convenu d’établir une concertation étroite sur les questions régionales et internationales d’intérêt commun. Saluant l’expérience de l’Algérie en matière de prévention de la radicalisation et de lutte contre l’extrémisme violent, l’UE a affirmé que le partage d’expériences avec l’Algérie est une volonté commune, du fait des défis actuels des pays européens en matière de radicalisation et terrorisme.De nombreux pays n’ont pas manqué, ces dernières années, de saluer le rôle pionnier de l’Algérie dans la lutte contre le terrorisme et l’extrémisme violent, mettant en avant son expérience en matière de réconciliation nationale qui a jeté les bases de la paix et de la stabilité. Les efforts en cours pour renforcer la participation citoyenne et l’engagement de la société civile, notamment au niveau local, devraient permettre un approfondissement progressif de la coopération avec les acteurs de l’Union européenne en la matière, avait relevé l’exécutif européen dans son rapport.Depuis plusieurs années, l’Algérie apporte une contribution importante dans la lutte contre le terrorisme et à l’instauration de la paix, de la stabilité et de la sécurité de la région, notamment au Sahel, à travers la sécurisation de ses frontières et en s’appuyant sur sa diplomatie engagée en tant que pays voisin, dans la conduite d’une médiation internationale au Mali ponctuée d’un accord de paix et de réconciliation nationale et l’appui aux efforts visant à stabiliser la Libye. De nombreux pays, faut-il le souligner, n’ont pas manqué, ces dernières années, de saluer le rôle pionnier de l’Algérie dans la lutte contre le terrorisme et l’extrémisme violent, mettant en avant son expérience en matière de réconciliation nationale qui a jeté les bases de la paix et de la stabilité. Ils ont réitéré l’attachement de l’Algérie aux principes de sa politique étrangère, notamment en ce qui concerne le principe de non-ingérence dans les affaires internes des pays, le soutien aux causes justes dans le monde et aux droits des peuples à l’indépendance et à l’autodétermination. Il faut dire à ce propos que le renforcement de l’action diplomatique, en privilégiant une démarche fidèle aux fondements de l’Etat algérien, à savoir la voie du dialogue pour le règlement des conflits et crises régionales, a été le cheval de bataille du président de la République Abdelmadjid Tebboune, depuis son accession à la magistrature suprême du pays.La diplomatie algérienne a marqué sa présence dans les efforts de règlement de nombreux conflits en Afrique, notamment dans les régions, comme la Libye, le Mali et le Sahara occidental, en participant à des sommets internationaux ou en échangeant directement avec les acteurs concernés. Il s’agit pour l’Algérie de reconquérir la place qui a toujours été la sienne. Concernant la situation au Mali, le président Tebboune avait appelé au respect de l’Accord de paix et de réconciliation nationale, issu du processus d’Alger qui, selon lui, «demeure le cadre idoine pour relever les défis de la gouvernance politique et du développement économique dans ce pays». Les efforts déployés par la diplomatie algérienne n’ont pas manqué d’attirer l’attention des observateurs les plus avertis.T. BenslimaneL’Echo d’Algérie, 12 fév 2021Tags : Algérie, Mali, Sahel, Azawad, -
Certains médias marocains dressés contre l’Algérie : la misère » cachée » du Makhzen…
En consultant la rubrique « qui sommes-nous » du site le 360, un media digital marocain, il est dit, dans le paragraphe « charte éthique » que :« sa rédaction respecte les valeurs de la société marocaine : l’islam tolérant, l’unité de la nation, riche de ses particularités, et la monarchie comme ciment de la nation. »
Le 360 respecte la monarchie comme ciment de la nation : C’est bien clair, au Maroc la monarchie est le ciment, sans quoi tout édifice qui n’obéit pas à ses règles ne tient pas et s’écroule.Le 360 comprend parfaitement cela et se soumet à ces règles pour qu’il ne s’écroule pas.L’une de ces règles à laquelle obéit aveuglement le 360 c’est dévier continuellement l’attention des problèmes sociaux économiques que connait le peuple marocain frère.Pour rappel, un rapport des Nations Unies indique que le Maroc est l’un des pays de la région du Moyen Orient et d’Afrique du Nord qui souffre le plus de pauvreté et de restrictions.Dans ce rapport, il est précisé que 60% des marocains vivent dans la pauvreté et dans le besoin.Cette partie de la population marocaine ajoute le rapport se divise en deux classes :les marocains qui vivent dans la pauvreté extrême et les autres qui vivent dans un stade de pauvreté moyenne et qui sont privés de leurs droits les plus élémentaires.Notamment l’éducation, la santé et enfin le droit au logement. En plus des droits élémentaires pour les enfants, tels le fait de l’exploitation de tous genres qu’ils subissent.Le plus grand taux de ces marocains qui vivent au bord de la précarité extrême a été confirmé par le rapport onusien et a démontré que le Maroc fait partie des pays les plus pauvres d’Afrique, aux côtés du Zimbabwe, du Mali, de la Somalie et du Gabon.Avec ces chiffres inquiétants, le Maroc atteint donc naturellement la 126ème position dans le classement de l’indice de développement humain dans les pays du monde.De son côté, le dernier rapport de la Banque Mondiale affirme que :18% de la population, soit près de 6 millions de personnes, vit en situation de pauvreté.25% de la population, soit près de 8 millions de personnes, vit au seuil ou en dessous du niveau de pauvreté ;50% de la population vivant au-dessus du seuil de pauvreté sont considérés comme « économiquement vulnérables » aux maladies et invalidités, aux intempéries, ou à la perte d’un emploi.40% de la population marocaine, soir 13 millions de personnes, font face soit à des difficultés pour maintenir un mode de vie modeste ou tout simplement pour survivre au jour le jour.2,5 millions d’enfants, principalement des filles rurales, ne vont pas à l’école.83% des femmes en milieu rural sont toujours analphabètes.Voici pourquoi la monarchie marocaine qui n’a aucune solution pour assurer le minimum de bien être à son peuple, verse dans une posture paranoïaque permanente découlant du rêve grandiose inculqué au peuple marocain pour lui faire oublier ses véritables préoccupations :« Le Grand Maroc ».La carte ci- après indiquée démontre clairement la véritable « stratégies d’expansion de l’empire marocains ».Le but est de faire admettre au peuple marocain l’idée que sa richesse se trouve en dehors des frontières actuelle et que si sa situation économique n’arrive pas à s’améliorer,c’est par la faute aux voisins qui s’opposent à cette « récupération des terres marocaines », qui n’est autre qu’une idée d’expansion et d’occupation illégale et une violation de la charte des nations unis qui reconnait les frontière actuelle aux voisins du Maroc.L’exécution de cette idée d’expansion a commencé en 1995 par l’occupation illégale du Sahara Occidental en profitant d’un vide laissé par la force d’occupation espagnole en organisant ce qu’il appelle « la marche verte ».L’Algérie qui a connu l’épreuve de l’auto-détermination en mettant le choix de son Independance ou son contraire entre les mains de l’administration coloniale française a eu raison de faire confiance à son peuple, et depuis,elle en fait du principe de l’auto-détermination des peuples, un principe de base de sa politique étrangère.L’Algérie s’oppose donc par principe à cette annexion de force et demande tout simplement au régime marocain de faire confiance au peuple sahraoui, et le laisser faire son choix entre l’indépendance, l’intégration ou une auto-administration sous souveraineté marocaine, mais le régime Marocain refuse d’organiser un referendum d’auto-détermination parce qu’il n’a pas confiance en le peuple Saharaoui et sait que le résultat ne sera pas en sa faveur.La position de l’Algérie est de ce fait, en parfaite harmonie avec la légitimité internationale.En témoigne, entre autres résolutions, la décision de la Cour de justice de l’Union européenne (CJUE) qui rappelle que le Sahara occidental ne fait pas partie du Maroc, confirmant ainsi la position de l’ONU, et celle de l’Union africaine.C’est pour cette raison que le régime marocain considère l’Algérie comme le principal obstacle et un ennemi qui s’oppose à l’idée « pour récupérer dit-on ses terre ».Depuis, le régime marocain ne manque aucune occasion d’exprimer son hostilité viscérale vis-à-vis de l’Algérie.Le dérapage contrôlé du consul du Maroc à Oran qui a déclaré que l’Algérie est un « pays ennemi » confirme cela.A défaut donc de perturber la position ferme et sereine de l’Algérie en matière de défense du droit à l’auto- détermination du peuple Saharaoui mené à l’international, le régime marocain a engagé une double campagne contre l’Algérie.D’autre part, il a engagé une campagne virulente à travers ses canaux médiatiques à qui il assure le ciment pour qu’ils ne s’écroulent pas, à l’instar du site électronique le 360.Le but est de semer le doute au sein du peuple algérien pour qu’il perde sa confiance en ses dirigeants et se revolte.En exécution, le 360 engage depuis quelques temps une compagne de dénigrement sous les titres : » Le ministre des finances reconnait que la situation financière n’est-pas-confortable. Mille milliards de dollars partis dans les toilettes selon un ancien ministre du trésor. Tebboune échoue à réduire le budget comme prévu. La banque mondiale prévoit une récession inquiétante etc… »D’autre part,le régime marocain a engagé un think tank marocain (groupe de réflexion)qui a produit une étude intitulée « Pour une nouvelle stratégie de défense intégrée du Maroc », qui considère notre pays comme une menace permanente.Cette boîte à idées, caisse de résonance des Forces armées royales (FAR), voit ainsi en l’Algérie « un rival historique et un ennemi permanent ».Cette préconisation en forme d’aveu d’existence d’une paranoïa aiguë qui veut faire penser au peuple marocain frère que le Maroc est pris en tenailles entre deux menaces militaires puissantes et durables, ce qui a justifié la construction en cours, d’une base militaire d’écoute juste à la frontière avec l’Algérie, ainsi qu’une récente décision de construire une base militaire juste à la frontière.Un décret paru le 21 mai au journal officiel du Maroc fait état de la construction d’une nouvelle base militaire. Les terrains qui accueilleront le projet se situe dans la province de Jerada à un kilomètre uniquement de la frontière Algérienne.Pour cette double compagne menée sciemment contre l’Algérie, Nous nous adressons d’abord au peuple marocain frère pour lui dire :Que notre pays n’est pas un ennemi et que cette campagne véreuse n’est autre qu’une manœuvre intentionnelle pour détourner votre attention sur les réels problèmes socio-économiques de votre pays.Nous adressons aussi aux relais qui ont édifiél eurs médias par le ciment de la monarchie tel le site électronique le 360,pour leur dire :Que votre mission commandée est vouée à l’échec,parce que le peuple algérien est connu par sa capacité à travers son histoire à surmonter toutes les difficultés quel que soit leur ampleur et que les résonnances mal intentionnées venues de l’extérieur sont totalement rejetées, parce que notre peuple refuse toutes ingérences dans ses affaires internes quelle que soit leur nature.Nous leur disons par ailleurs :Que notre peuple n’a pas besoin que l’on lui rappele ses difficultés conjoncturelles dans lesquelles il vit actuellement, il les reconnait parfaitement et œuvre sous la direction de ses dirigeants à les surmonter.Nous leur disons enfin :Que tout en reconnaissant les divergences politiques qui existent, le peuple Algérien aime son pays à mourir et n’admettra jamais à être conduit par l’extérieur .Nous nous adressons pour terminer, à la boite de résonnances, tel le think tank marocain pour lui dire : Que pour que cette nouvelle stratégie militaire offensive recommandée puisse avoir du sens, il faut être en mesure d’évaluer avec précision les coûts, les gains et les pertes des actions préconisées.A bon entendeur…Docteur Rafik AllouiTags : Algérie, Maroc, Sahara Occidental, guerre médiatique, -
Vaccination anti-covid : Comment cela se passe-t-il dans les autres pays ?
L’Algérie a entamé sa campagne de vaccination contre le Covid-19 samedi 30 décembre. Elle doit s’étaler sur toute l’année 2021. Plusieurs autres pays ont débuté, il y a plus d’un mois, leur campagne de vaccination contre la maladie à coronavirus.
de doses disponibles, les autorités mettent généralement en place des catégories prioritaires à la vaccination. France : un site internet dédié En France, les personnes souhaitant se faire vacciner peuvent se signaler via un processus d’inscription sur internet ou par téléphone, rapporte le magazine Marie Claire. Depuis le 15 janvier, un site internet dédié permet aux personnes éligibles de faire savoir leur volonté d’être vaccinées et de fixer un rendez-vous dans certains centres de vaccination. La vaccination est ainsi ouverte aux personnes âgées de plus de 75 ans, aux résidents volontaires en EHPAD et USLD, aux personnes âgées séjournant dans les établissements de santé et en services de soins de suite et de réadaptation et aux personnes âgées hébergées en résidences autonomie, résidences services et autres lieux de vie spécialisés, ainsi que dans les foyers de travailleurs migrants.
La vaccination est également ouverte aux personnes en situation de handicap, vulnérables, hébergées en maisons d’accueil spécialisées et foyers d’accueils médicalisés aux professionnels de santé et aux aides à domicile intervenant auprès de personnes âgées et handicapées vulnérables et les sapeurs-pompiers, lorsqu’ils ont plus de 50 ans ou présentent une ou plusieurs des comorbidités. Enfin, la vaccination est ouverte en France aux personnes ayant une pathologie qui les expose à un très haut risque face au Covid-19 disposant d’une ordonnance médicale pour se faire vacciner prioritairement. Suisse : priorité aux personnes âgées de plus de 75 ans En Suisse, la vaccination incombe aux cantons et est ouverte prioritairement aux personnes de plus de 75 ans, aux personnes atteintes de maladies chroniques qui présentent le plus fort risque de développer une forme grave du Covid-19 et aux résidents d’établissements médicosociaux ou de homes pour personnes âgées. Le personnel en contact avec les résidents de ces établissements à la possibilité de se faire vacciner en même temps.
L’objectif premier d’une vaccination contre le Covid-19 est de protéger les personnes vulnérables et de réduire ainsi les cas graves de la maladie et les décès. Le deuxième objectif est de réduire la charge pesant sur les hôpitaux et les EMS pour maintenir le fonctionnement du système de santé. Enfin, le troisième objectif est de lutter contre les répercussions négatives de la pandémie et d’endiguer la propagation virus. Les vaccinations se font à titre volontaire et qu’aucune obligation n’est prévue Plateforme numérique au Liban Au Liban, une plateforme numérique a été mise en place par les autorités afin d’indiquer les modalités d’inscription à la campagne de vaccination, rapporte l’Orient-Le-Jour, qui précise toutefois que les personnes qui « seront inscrites en premier n’auront pas la priorité, à moins qu’elles n’appartiennent à la catégorie qui sera la première à se faire vacciner ». La plateforme lancée par le ministère de la Santé libanais permet à tout individu de plus de 18 ans de s’inscrire. Cependant, seules les personnes prioritaires auront le droit initialement au vaccin. Les catégories concernées sont le corps soignant, le corps infirmier selon le risque auquel il est exposé et les personnes âgées de plus de 75 ans, suivies de celles âgées entre 65 et 74 ans, puis de celles âgées de 55 à 64 ans qui souffrent d’une ou de plusieurs maladies chroniques, ainsi que des équipes de surveillance épidémiologique et de celles relevant du ministère de la Santé. « Lorsque son tour viendra, la personne qui s’est inscrite recevra un texto avec un lien vers son fichier électronique sur la plateforme.
Elle pourra ainsi prendre rendezvous et choisir le centre de vaccination o= désirera se faire vacciner », précise la même source. États-Unis : les personnes à vacciner en priorité… Aux États-Unis, la stratégie de vaccination est du ressort de chacun des cinquante États de l’Union, tandis que l’État fédéral est chargé de rendre le vaccin disponible aux États et juridictions sous l’autorité des États-Unis. La première vague du vaccin devait aller aux travailleurs de la santé et aux résidents des maisons de retraite, deux groupes qui représentent environ 24 millions d’Américains, rapporte NBC News. La deuxième vague devait quant à elle concerner les personnes âgées, les personnes avec des conditions préexistantes et les travailleurs essentiels. Environ cinquante millions de doses ont été distribuées aux États-Unis, tandis que près de 30 millions de doses ont été administrées. En Floride par exemple, 4 catégories d personnes sont prioritaires. Il s’agit des travailleurs de la santé, le personnel et les résidents des établissements de soins de longue durée, les personnes âgées de 65 ans ou plus et enfin celles jugées à haut risque pour le virus.
Le personnel de santé comprend les personnels d’urgence, tels que les pompiers et les ambulanciers paramédicaux ainsi que le personnel du département de la Santé. La Floride a également lancé sur internet une liste d’attente de rendez-vous pour les vaccins, où les résidents de l’État éligibles peuvent s’inscrire pour les vaccins et seront informés lorsque des doses seront disponibles
Par : CHAHINE ASTOUATISource : Le Midi Libre, 2 fév 2021
Tags : Algérie, coronavirus, covid 19, pandémie, vaccination,
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La Tunisie recadre son ancien président Merzouki suite à son dérapage à l’égard de l’Algérie
Le ministère des Affaires étrangères, de l’Immigration et des Tunisiens à l’étranger a condamné les propos haineux de Moncef Merzouki, ancien président de la République tunisienne, à l’égard de l’Algérie.
Dans un communiqué publié ce mardi, le ministère a exprimé son « grand étonnement » des déclarations répétitives portant atteinte à « l’Algérie sœur », sans toutefois cité Merzouki nommément.« Le ministère réitère son rejet catégorique de toutes les tentatives désespérées qui visent à nuire aux liens solides, profonds, fraternels et stratégiques entre la Tunisie et l’Algérie », fustige le communiqué.Dans ce contexte, le ministère tunisien des Affaires étrangères affirme que ce « comportement irresponsable » n’engage pas l’Etat tunisien. Il engage seulement la personne responsable, en l’occurrence Moncef Merzouki, tance la même source.« Il (Moncef Merzouki) ne réussira en aucune manière à saper les relations exemplaires entre la Tunisie et l’Algérie, qui ne cessent de se développer grâce à la volonté sincère des dirigeants des deux pays », tranche la diplomatie de ce pays voisin.Hier lundi, le parti d’Ennahda a dénoncé les propos belliqueux de Moncef Merzouki sur l’Algérie. Ce dernier multiplie les déclarations outrancières et les accusations mensongères à l’égard de l’Algérie, depuis la reprise de la lutte armée du peuple sahraoui contre son parrain, l’occupant marocain.Djaouad AmineLa Patrie News, 2 fév 2021Tags : Algérie, Tunisie, Moncef Marzouki, -
2021, une deuxième année en entier vouée à la lutte contre l’épidémie
Par Mohamed Habili
Le premier mois de 2021 s’en va avec une épidémie non pas en recul, comme on pouvait s’y attendre à la fin de l’année dernière, mais sur une pente ascendante, pour l’essentiel dans la même partie du monde déjà fortement éprouvée par elle. La première bonne nouvelle, c’est que les campagnes de vaccination ont commencé, y compris chez nous et cela depuis hier, et qu’elles vont se poursuivre selon toute apparence pendant les 11 mois qui restent de l’année, et peut-être au-delà. La deuxième, c’est que la propagation du virus, si elle est planétaire, n’est cependant pas animée de la même vitesse, ni probablement porteuse de la même dangerosité dans toutes les régions du monde, bien qu’elle soit partout présente et qu’elle se traduise par des effets de même nature. L’Afrique et l’Asie restent relativement épargnées en comparaison de l’Europe et des Amériques, une différence qu’on est encore loin de pouvoir s’expliquer. La traditionnelle explication par les différences de climat laisse beaucoup à désirer dans ce cas précis. Le climat est l’une des caractéristiques d’un milieu géographique, elle n’est pas la seule. Comme le virus ne se propage pas dans le vide mais dans un milieu concret, il en subit les contraintes, les spécificités, l’inertie, l’impédance.
Il n’y a de mouvement au sens physique du terme que s’il y a résistance au mouvement. Pas de résistance pas de mouvement. Il faut croire que l’Europe et les Amériques ne lui opposent pas la même résistance que l’Afrique et l’Asie. On saura peut-être un jour à quoi cela tient-il. Pour l’heure force est de constater que la prédiction suivant laquelle le premier trimestre serait déterminant pour la suite des événements sur le front de l’épidémie pèche par excès d’optimisme. Vraisemblablement, ce n’est pas pendant deux mois qu’il faut patienter pour pouvoir se projeter dans le futur, mais sensiblement plus. On ne peut même pas exclure qu’arrivé au bout du deuxième trimestre, on soit encore dans l’impossibilité de dire de quoi demain sera fait. Si l’épidémie sera en train de gagner en rapidité et en virulence ou si elle sera en train d’en perdre. Pour plusieurs encore, ce n’est pas sur la vaccination qu’il faudra compter dans la lutte contre l’épidémie mais sur la distanciation physique, les restrictions et les reconfinements.Cela est valable pour tout le monde, ne serait-ce que parce que la vaccination est beaucoup plus facile à dire qu’à faire. On voit les pays supposés les mieux équipés pour imprimer une grande allure à leur campagne de vaccination qui accumulent les retards. Ce ne serait pas si grave si on était assuré que le virus ne muterait jamais qu’à la marge. Ce que d’ailleurs il semble avoir fait jusque-là. Mais rien ne garantit qu’il en sera de même dans les mois qui viennent. Ces bêtes-là mutent comme elles respirent pour ainsi dire, mais pas leurs antidotes, quand bien même ils seraient adaptables. La partie engagée est d’autant plus difficile à mener vers le succès, c’est-à-dire vers l’éradication, qu’il s’agit de se battre contre un ennemi qui à tout moment dispose d’une longueur d’avance. Il est perdu si son avance se raccourcit.
Pour ce qui nous concerne, nous aurons remporté sur lui une bonne victoire si nous parvenons à maintenir les chiffres actuels, entre 200 et 300 nouveaux cas, et autour de 5 le nombre des décès. La vaccination est une arme de plus, une fortification supplémentaire, mais ce n’est pas sur elle qu’il faut compter le plus. Il est possible de faire mieux sans elle. Faire passer le nombre des nouvelles contaminations sous la barre des 200, et tendre vers zéro celui des décès. Le seul fait que ces chiffres se maintiennent depuis plusieurs jours prouve que la gageure est tenable sur le moyen terme.
Le Jour d’Algérie, 30 jan 2021
Tags : Algérie, coronavirus, covid 19, vaccination, pandémie,
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Point Zéro du printemps arabe est de retour dans les rues. Cette fois, pour boucler la révolution
La jeunesse tunisienne et de nombreux militants du printemps arabe sont de retour avec les slogans et les pancartes, exigeant la fin de l’Etat policier et la chute du régime. Mais quelque chose est différent cette fois.
SHREYA PARIKH 31 janvier 2021, 11 h 34 IST
Raghda Fhoula, 9 ans, est de retour à la manifestation, 10 ans après avoir crié à pleins poumons avec des slogans contre le régime tunisien d’alors au point zéro du mouvement du Printemps arabe. Le 23 janvier 2021, elle était en première ligne dans la capitale Tunis, appelant à la chute du régime de Hichem Mechichi et Rached Ghannouchi, et au «travail, liberté et dignité nationale». Parce que la «révolution» était incomplète.
La Tunisie en attend toujours un, dit Raghda. «Le système (alors président Zine el-Abidine) Ben Ali n’est pas parti», me dit-elle. Outre elle, de nombreux militants du printemps arabe sont de retour dans les rues après une décennie. Il y a une certaine controverse, cependant, sur la description des manifestations passées. Certains sont d’accord pour appeler cela une «révolution», car elle a entraîné la chute de la dictature; certains l’appelaient la «révolution du jasmin», du nom de la fleur nationale de la Tunisie, qui a été critiquée comme répondant à un «imaginaire exotique» – l’appellent la «révolution de la dignité et de la liberté», ont-ils proposé. D’autres encore l’ont qualifiée de «révolution Facebook», en clin d’œil à l’utilisation populaire des médias sociaux pendant les manifestations. Mais Raghda l’appelle «intifada» – un soulèvement.
Le 17 décembre 2010, dans le gouvernorat de Sidi Bouzid, à environ 300 km au sud de Tunis, Mohamed Bouazizi, dont la charrette de légumes avait été confisquée par la police, s’est immolé. Son acte désespéré a inspiré des manifestations de masse, qui se sont rapidement répandues dans tout le pays, pour être violemment réprimées. À l’époque, personne n’imaginait que le gouvernement de Ben Ali tomberait ou qu’il quitterait le pays, ce qu’il a fait dans la nuit du 14 janvier 2011, marquant la fin de 23 ans de son régime autoritaire.
Le visage de Raghda s’illumine alors qu’elle se souvient du moment où elle a entendu la nouvelle. «Nous avions l’impression d’avoir gagné», me dit-elle, une fin heureuse pour elle et ses camarades, depuis 2005, pour organiser des manifestations, des radios alternatives et d’autres actes de résistance.
Le succès surprenant des Tunisiens dans la chute d’une dictature a inspiré des manifestations de masse similaires dans la région, notamment en Égypte, en Libye, en Syrie et au Yémen. Ensemble, ils sont devenus le printemps arabe. Les slogans de protestation de la Tunisie ont été adaptés et moulés dans les cultures locales, criés ou chantés en musique. Chaque pays a suivi une trajectoire distincte. Alors que la dictature de longue date de l’Égypte prenait fin, la Syrie a connu une augmentation de la répression étatique par des moyens plus violents. Mais à travers tout cela, l’histoire tunisienne de la démocratie a continué d’être saluée comme un « modèle » pour la région, faisant du pays d’Afrique du Nord le point zéro du printemps arabe.
Le verrouillage imposé par le gouvernement à partir du jour du 10e anniversaire du départ de Ben Ali pour supprimer la célébration de cette date importante, et les affrontements nocturnes qui ont suivi entre jeunes hommes et policiers dans les quartiers populaires des villes tunisiennes remettre en question cette rhétorique de «démocratie modèle». Comme l’ écrit le spécialiste Olfa Lamloum , «les successeurs de Ben Ali ont trahi la promesse de dignité de la révolution. Dans un signe des temps, le terme «révolution» a été remplacé par l’expression «transition démocratique», qui est une manière subtile de nier la légitimité politique à ceux qui ont mené les manifestations. »
Un état policier
L’infrastructure de sécurité avec une police toujours présente cherchant à écraser tout acte de résistance a de nouveau fait sortir les Tunisiens de la rue. Alors que l’État policier avait momentanément disparu après 2011, le pays dirigé par le Premier ministre Hichem Mechichi et le président Kaïs Saïed revient lentement aux mêmes formes de régime répressif qui existaient sous Ben Ali.
Pour Raghda et beaucoup d’autres, qui ont été témoins de violences policières avant et après 2011, peu de choses ont changé. En 2008, alors qu’elle était encore mineure, Raghda a été interrogée par la police pendant plus de quatre heures pour son activisme contre le régime de Ben Ali. En 2016 , elle et son groupe d’amis ont été arrêtés pour avoir joué de la musique dans les rues de Tunis. Les interrogatoires sévères, la violence policière et les arrestations sont courants.
Il n’est donc pas surprenant que les récentes manifestations appellent à la fin de l’État policier. Environ 23 000 personnes en Tunisie sont actuellement en prison, selon des estimations récentes de l’association Avocats sans frontières. Ces chiffres n’ont pas radicalement changé au fil des ans. L’emprisonnement continue d’être un aspect important dans la vie des Tunisiens à travers le pays, et les transferts fréquents de prison obligent les familles à parcourir de longues distances pour voir leurs proches.
Depuis le début des affrontements nocturnes du 14 janvier 2021, date qui coïncidait avec le 10e anniversaire de la chute du régime de Ben Ali ainsi que le début d’un verrouillage de quatre jours, plus de 1600 personnes ont été arrêtées, dont des militants. Environ 600 d’entre eux sont des mineurs.
La violence et la torture sont courantes dans les prisons tunisiennes. Comme Zakia Yaakoubi, mère d’un jeune de 16 ans détenu récemment, a témoigné : «Quand je me suis précipité après [mon fils] au poste de police, il était tout couvert de boue et ils lui donnaient des coups de pied comme une balle.»
Mais le gouvernement tunisien et son appareil médiatique ne définissent pas les affrontements nocturnes comme des « manifestations » et les qualifient plutôt d ‘ les jeunes hommes des quartiers populaires qui «volent» et «vandalisent». Beaucoup de mes amis non tunisiens qui continuent de critiquer le gouvernement qualifient ces affrontements nocturnes d’actes «non structurés» qui ne mèneraient les manifestants «nulle part». Mais ce qui est clair, c’est que, plus que les manifestations dites «pacifiques», ce sont les actes de vol qui retiennent le plus l’attention du gouvernement.
Jeune et agité
Les inégalités croissantes et les expériences de perte de dignité sont des histoires que j’entends partout. Raghda dit que même si elle est employée par une institution publique, elle n’a pas de « contrat » officiel, ce qui la rend inéligible aux soins de santé gratuits, une précarité qu’elle porte comme un fardeau au milieu de la pandémie de Covid. En tant qu’enseignante auprès d’enfants autistes, Raghda gagne 500 dinars tunisiens par mois (environ Rs 13 500), dont la moitié va à son loyer.
L’éducation continue d’être saluée comme une voie vers la mobilité sociale. Raghda possède une maîtrise en philosophie et termine un diplôme de premier cycle en musique. Mais les diplômes ne se traduisent plus par des emplois stables. Cela a conduit de nombreux étudiants à perdre la motivation d’étudier, dit Houda (nom changé), professeur d’anglais à Tabarka sur la côte nord de la Tunisie.
Beaucoup se plaignent que la jeune génération d’aujourd’hui est le problème. Mais Mhamed M., enseignant dans les écoles publiques du gouvernorat de Sidi Bouzid depuis plus de deux décennies, me dit que le système éducatif reste ce qu’il était dans les années 50-60, sans changements structurels pour répondre à l’évolution des besoins du marché du travail. .
Les histoires de marginalisation correspondent aux conclusions des études quantitatives sur les inégalités économiques et sociales en Tunisie. Aujourd’hui, le chômage dans le pays reste élevé (environ 16% depuis 2013), principalement concentré parmi les jeunes – environ 37% des personnes âgées de 15 à 24 ans étaient au chômage en 2020 (Banque mondiale). Le développement de la Tunisie n’a pas été uniformément réparti géographiquement; la marginalisation des régions du sud et du centre (comme Sidi Bouzid) est importante bien qu’elles soient riches en ressources naturelles.
Nostalgique du passé
L’aggravation de la situation économique, notamment à la lumière de la pandémie de Covid, a rendu certaines personnes nostalgiques de l’ère Ben Ali, reflétée également par la montée en puissance de politiciens proches de l’ancien président, comme Abir Moussi. Avec l’augmentation de l’incertitude économique, la règle de Ben Ali a été repensée comme étant «beaucoup plus fiable qu’aujourd’hui», déclare Michaël Bechir Ayari, analyste senior au think tank International Crisis Group.
Pour les nostalgiques, les événements de 2010-11 ont marqué la chute de la société tunisienne. Abir Jlassi, un étudiant en droit de 27 ans , déclare : «Ce qui s’est passé n’était pas une révolution, ce qui s’est passé était un coup d’État. Le parlementaire Mohammed Krifa du Parti du Destourien Libre a déclaré : «Si vous nous donnez la liberté d’expression et que nous sommes affamés, qu’est-ce que cela signifie?» La liberté d’expression a été saluée comme l’une des plus grandes réalisations de la chute du régime de Ben Ali; le remettre en question remet également en question la signification des événements de 2010-11 et leurs retombées.
Depuis le départ de Ben Ali, une multitude de partis politiques ont vu le jour en Tunisie, notamment Ennahdha – un « parti islamiste modéré » – dirigé par Rached Ghannouchi, interdit sous Ben Ali mais qui reste aujourd’hui une voix forte. Les résultats des élections indiquent une polarisation croissante entre les partis islamiques et laïques, entraînant une fracture des structures de gouvernement.
Une révolution pour toujours
Pour Raghda et d’autres, cependant, la «révolution» continue. Les slogans qui ont marqué les manifestations il y a 10 ans sont revenus, surtout: «Le peuple veut la chute du régime». Alors qu’est-ce qui a changé cette fois? Selon la chercheuse Hela Yousfi , les dix dernières années ont vu la création d’un «nouvel imaginaire politique par les citoyens qui résistent et d’où émergent de nouvelles relations sociales». Ces relations sont basées sur un nouveau concept de pouvoir – autonome, séparé du pouvoir institutionnel classique et qui rejette l’oppression étatique.
Ce refus de se soumettre aux caprices et aux désirs de l’Etat, c’est ce que je vois en marchant avec la jeunesse tunisienne protestante. Venir sur un site de protestation, en pleine pandémie, en sachant que l’on pourrait subir des violences policières, est un acte de résistance et de rejet du pouvoir de l’État. Des groupes se rassemblent loin du site de manifestation alors que la police tire des gaz lacrymogènes; ils me disent de ne pas utiliser d’eau pour nettoyer mes yeux. Ils partagent des cartons de lait pour se laver le visage et presser des citrons sur leur masque facial. La révolution continue, avec le lait et les citrons.
L’auteur est un doctorant étudiant la sociologie politique. Ses recherches portent sur l’étude du racisme, de la religion et des contestations d’identité en Tunisie et en France. Elle tweete @shreya_parikh. Les opinions sont personnelles.
The Print, 31 jan 2021Tags : Tunisie, Maroc, Algérie, Libye, Egypte, Syrie, Yémen,
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Analyse : Dix ans après, le printemps arabe pourrait-il à nouveau fleurir?
Si vous pensez que vous avez mal en cette saison d’obscurité, de maladie et de division, prenez un moment pour réfléchir à l’agonie des gens du Moyen-Orient.
Il y a dix ans, la nouvelle année 2011 a suscité de grands espoirs de liberté, de progrès et de vie meilleure pour les populations extrêmement jeunes de la région. En décembre dernier, un jeune vendeur de fruits du nom de Mohamed Bouazizi – marre de l’humiliation de payer des pots-de-vin à des fonctionnaires locaux corrompus pour avoir le privilège de gagner une bouchée de pain pour nourrir sa famille – s’était aspergé de diluant à peinture et s’était brûlé vif dans une ville poussiéreuse. place en Tunisie.
Son acte désespéré a ouvert une vague de frustration et de colère parmi des millions de ses compatriotes arabes. Ils sont descendus dans les rues en Tunisie, en Égypte, en Libye, au Yémen, à Bahreïn, en Syrie et dans d’autres pays. Ils ont exigé la libération des gouvernements tyranniques, la liberté de la corruption omniprésente, la liberté de vivre leur vie sans peur et sans oppression de la part de l’État ou de la mosquée. Les gouvernements et les dictateurs sont tombés – en Tunisie, puis dans une Egypte bien plus grande, puis en Libye et au Yémen. Un changement de régime semblait également imminent en Syrie, longtemps dirigée par les brutaux Assad.
Il ne s’agissait pas seulement de jeunes agités, d’étudiants et de pauvres sans emploi; les commerçants, les ouvriers de la classe moyenne et les retraités se sont joints aux demandes de changement. Les plus de 400 millions de personnes du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord semblaient enfin disposées à tout risquer pour quelque chose de mieux.
Évaluer ce qui a changé
Et qu’ont-ils obtenu pour leurs douleurs?
Balles et barils bombes en Syrie. Le dictateur Bashar al-Assad continue de mener une guerre d’usure apparemment sans fin, massacrant et terrorisant les civils pour vaincre les groupes insurgés en déclin (certains démocrates, certains djihadistes) parmi eux. Cinq millions de réfugiés ont fui vers les pays voisins et vers l’Europe.
En Égypte, les puissants Frères musulmans ont profité de la chute du président de longue date Hosni Moubarak en 2011 pour remporter des élections libres. Ils ont commencé à gouverner si mal qu’une grande partie du public a soutenu le coup d’État militaire sanglant qui a suivi en 2013. Aujourd’hui, le général devenu président Abdel Fattah el-Sissi gouverne d’un poing plus dur que Moubarak ne l’a jamais fait. Des milliers de manifestants et de militants pour la démocratie sont morts – ou croupissent en prison.
La guerre civile en Libye a mis fin à la vie et à la longue tyrannie de Mouammar Kadhafi en 2011, mais le partage chaotique du pouvoir règne désormais dans l’État en faillite. La révolution prometteuse du Yémen a pris fin lorsque les puissances régionales, l’Arabie saoudite et l’Iran, ont commencé à utiliser la nation la plus pauvre du Moyen-Orient comme indicateur de leur lutte. Aujourd’hui, les Yéménites meurent de faim alors que les bombes saoudiennes continuent de pleuvoir sur eux; ils souffrent de ce que les Nations Unies appellent la pire crise humanitaire au monde. Le Liban, envahi par les réfugiés syriens et étranglé par des décennies de régime corrompu, est un autre État qui a failli échouer; la force la plus puissante qui soit est le Hezbollah soutenu par l’Iran. La monarchie fragile de la Jordanie s’accroche pour la vie chère.
Au niveau régional, les autocrates semblent à nouveau fermement en contrôle. Seule la Tunisie, où le printemps arabe a commencé, a encore une démocratie qui fonctionne – et sa survie est tout sauf assurée. La montée de l’Etat islamique a répandu la terreur dans plusieurs pays ces dernières années a causé des souffrances incalculables à des millions de personnes avant sa défaite militaire éventuelle. Il reste cependant une menace, avec Al-Qaïda et d’autres groupes extrémistes.
Les États-Unis se sont retirés de l’influence dans la région à la suite de l’aventure ratée de George W. Bush en Irak, de la réticence hésitante de Barack Obama à agir et du refus de Donald Trump d’affronter les tyrans où que ce soit. La Russie et l’Iran sont désormais les acteurs les plus puissants de la région. Le dirigeant de facto de l’Arabie saoudite, le prince héritier Mohammed ben Salmane, prétend être un réformateur, mais emprisonne quiconque cherche réellement de nouvelles libertés chez lui. À l’étranger, il se trompe avec empressement dans tout conflit régional qui lui donne une excuse pour affronter l’Iran (voir: Yémen).
Dans le même ordre d’idées, les musulmans sunnites et les musulmans chiites se méprisent toujours, ce qui explique une grande partie du conflit sous-jacent au Moyen-Orient au-delà de son dysfonctionnement politique perpétuel. Pendant ce temps, la persécution des chrétiens par les musulmans semble être pire presque partout, avec la persistance de certains anciens groupes chrétiens maintenant menacés par les attaques extrémistes en cours.
Être là
J’ai couvert le printemps arabe et ses premières conséquences, d’abord à distance, puis sur le terrain en Égypte, en Tunisie, en Jordanie et au Liban. J’ai arpenté les rues de Sidi Bouzid en Tunisie, où Mohamed Bouazizi s’est incendié, et j’ai visité sa tombe à l’extérieur de la ville. J’ai marché sur la place Tahrir du Caire, là où la révolution a commencé. J’ai parlé avec des musulmans et des chrétiens au Caire et à Tunis, à Beyrouth et à Amman, le long des frontières de la Syrie avec la Jordanie et le Liban, dans des appartements délabrés loués à des prix élevés à des réfugiés syriens à Beyrouth et dans l’énorme camp de réfugiés de Zaatari au nord de la Jordanie.
J’ai été témoin du travail héroïque des chrétiens libanais qui apportent de l’aide et de l’amour du Christ – malgré les objections de certaines de leurs propres congrégations – aux réfugiés musulmans traversant la frontière depuis la Syrie. J’ai vu le ministère désintéressé de Munif *, un pasteur local dans une ville frontalière jordanienne, qui a transformé son église en un centre d’aide polyvalent pour les réfugiés syriens épuisés et terrifiés qui traversaient la ligne. Lui et sa congrégation les ont aidés à trouver de la nourriture, du travail, des lieux de vie et des études pour leurs enfants. (Je lui ai rendu visite à nouveau en 2018, et il y est toujours, soutenu par l’aide de nombreux bénévoles du monde entier).
Un père et une mère syriens avaient trébuché à travers la frontière avec leurs cinq enfants après avoir survécu à une embuscade de l’armée syrienne. Ils ont dit que leur fils adolescent, Hassan *, avait reçu une balle dans la tête. Alors qu’il saignait dans les bras de sa mère, un soldat s’est approché, son arme pointée. Leur fils de 4 ans, Wafik *, qui parlait rarement, se leva et leva les bras. «Je vous en supplie, mon oncle, ne nous blesse plus. Ayez pitié de nous », a-t-il lancé. Le soldat, apparemment déplacé, a emmené Hassan à l’hôpital. Plus tard, ils ont trouvé des amis à l’église de Munif. Quand je les ai rencontrés, Hassan marchait avec hésitation. Il avait besoin d’une thérapie physique continue.
Je me demande ce qui est arrivé à cette famille. Ont-ils trouvé une maison permanente en Jordanie? Rentreront-ils un jour chez eux en Syrie?
Je m’interroge aussi sur Amani *, une jeune femme intelligente et instruite que j’ai interviewée en 2012 dans un quartier à la mode d’Amman, en Jordanie. Au cours d’un cappuccino avec des amis dans un café, elle a parlé avec un peu de chance des nouvelles opportunités que le printemps arabe pourrait lui apporter en tant que femme musulmane. Elle voulait une famille, mais elle voulait aussi une vraie carrière professionnelle et avait travaillé dur pour cela.
«Au début, c’était un choc, et quand cela a continué, c’était comme si vous regardiez une série à la télévision», a-t-elle déclaré à propos des révolutions arabes qui explosaient autour d’elle. «J’espère que c’est une bonne étape pour obtenir la liberté et avoir un bel avenir, car il y a beaucoup de corruption dans les gouvernements partout au Moyen-Orient. Rien ne peut changer soudainement. Je pense que cela prendra du temps. Combien de temps, je ne sais pas. Cela peut prendre 10 ans, 20 ans, 50 ans, mais c’est la première étape pour changer l’avenir. »
Le feu la prochaine fois
Je pense qu’Amani était sur quelque chose. La sagesse conventionnelle est que le printemps arabe a complètement échoué et ne se reproduira pas de sitôt. Mais tout le monde n’est pas d’accord avec cette sombre évaluation.
D’une part, les récentes manifestations et soulèvements ont secoué ou renversé des régimes en Irak, au Liban, en Algérie et, peut-être plus surprenant, au Soudan, qui a vu le renversement en 2019 du dictateur islamiste brutal Omar el-Béchir. Les manifestants qui ont forcé le changement là-bas étaient des chrétiens soudanais.
La population du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord a augmenté de 70 millions depuis le début du printemps arabe et en ajoutera environ 120 millions de plus d’ici 2030. La pauvreté et le chômage ont augmenté avec lui, car des économies mal gérées ne parviennent pas à fournir des emplois à des vagues de jeunes à la recherche de travail. La répression politique moderne a tendance à ne fonctionner que tant que les gens ont suffisamment à manger.
«Je ne pense pas que nous verrons une stabilité tant que les dictateurs et les agences de renseignement militaires continueront d’étouffer la société», a averti Fawaz Gerges de la London School of Economics dans une interview au Washington Post . «Le statu quo est intenable et la prochaine explosion sera catastrophique.»
Alors ne pariez pas que la «rue arabe» reste silencieuse trop longtemps. Les moteurs de l’oppression au Moyen-Orient ne fonctionnent pas aussi efficacement qu’en Chine. Ils n’offrent pas non plus les incitations économiques à se taire comme le fait la Chine.
«Malgré la nécrologie prématurée et l’héritage sombre du soulèvement arabe, la vague révolutionnaire de 2011 n’a pas été un mirage passager», écrit le politologue Marc Lynch aux Affaires étrangères . «En réalité, ce qui ressemblait à une fin n’était qu’un autre tournant d’un cycle implacable. Les régimes censés offrir la stabilité étaient, en fait, les principales causes de l’instabilité. Ce sont leur corruption, leur autocratie, leur gouvernance défaillante, leur rejet de la démocratie et les violations des droits humains qui ont poussé les gens à se révolter. … D’autres éruptions de manifestations de masse semblent désormais inévitables.
Signes d’espoir
C’est la perspective politique. Sous la surface, des courants plus profonds coulent.
Je me souviens de Shamal *, un Tunisien de 27 ans que j’ai rencontré en Tunisie en 2012. Il est devenu un disciple du Christ après avoir vu le Christ dans une vision, vêtu de blanc. Des milliers de croyants d’origine musulmane racontent des histoires similaires de leur première rencontre avec Jésus. Shamal avait déjà été menacé et emprisonné pour sa foi, mais il ne l’avait pas abandonné. Il était devenu un faiseur de disciples.
Alors que nous marchions dans les rues de Sidi Bouzid, Shamal a montré une sculpture commémorative de la charrette de fruits du martyr de la liberté Mohamed Bouazizi. Il était orné de ces mots dans les graffitis arabes: «Pour ceux qui aspirent à être libres.»
«Je ne savais pas ce que c’était d’être libre, parce que je ne l’avais jamais vécu», a déclaré Shamal à propos de sa vie antérieure.
Maintenant il sait. Personne ne peut enlever cela.
* Noms modifiés pour protéger les identités
Ponts Erich
Ponts Erich
Eric Bridges , journaliste baptiste depuis plus de 40 ans, a pris sa retraite en 2016 en tant que correspondant mondial pour l’International Mission Board de la Southern Baptist Convention. Il vit à Richmond, en Virginie.Baptiste News, 29 jan 2021
Tags : Tunisie, Algérie, Maroc, Libye, Syrie, Egypte, Printemps Arabe,
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Guerre froide au Maghreb (Diario de Noticias)
La question sahraouie est définitivement et encore au centre de l’agenda est-ouest. Les changements à la Maison Blanche, au Congrès américain et au Sénat permettent aux Algériens et sahraouis de tendre la corde, dans le sens de signaler devant la nouvelle administration l’existence du différend qu’ils entretiennent depuis 46 ans avec le Maroc.
C’est en ce sens que s’explique la décision algérienne de lancer des exercices militaires dans la région de Tindouf, avec de vrais tirs, les 17 et 18 janvier. Cette zone est frontière et point de refuge sahraoui, raison pour laquelle les populations indépendantistes sahraouies et les soldats en auront fait partie. Dans le même temps, trois navires de guerre russes ont fait une escale technique commode au port d’Alger. Le week-end dernier, des rumeurs ont circulé sur une attaque sahraouie dans le «détroit de Guerguerat» avec trois ou quatre missiles, selon la source. Cependant, les Marocains ont fait ce qu’ils savent le mieux, «poker face» et ont tout nié, notamment le passage au poste frontière de Guerguerat, s’assurant que le flux de trafic n’était pas altéré, ce qui en soi a nié toute attaque ennemie.
L’Algérie, confrontée à la liste des éventuelles abrogations présidentielles américaines aux décisions prises par Trump, comme leur retour aux accords de Paris dans l’environnement et au sein de l’Organisation mondiale de la santé, déjà prise, fait donc pression sur l’inclusion dans cette liste, et non sur les accords d’Abraham, mais du gain marocain en les rejoignant, qui a été guidé par la reconnaissance américaine de la souveraineté marocaine sur le Sahara occidental, la transformant en Sara marocaine.
L’administration Biden, mais surtout le nouveau président, voudra faire la différence entre «l’eau et le vin», par rapport à son prédécesseur, en se démarquant de la «tour d’ivoire d’or» que Twitter représentait pour Trump comme un bouclier de protection, qui lui a permis la distance et le sang-froid d’un juste impartial. Biden voudra certainement s’impliquer personnellement, donnant à la politique un côté humain perdu aux nouvelles technologies. En ce sens, cette nouvelle administration a déjà fait signe au siège des Nations Unies, qui soutient une solution à deux États dans le contexte de la question palestinienne, rompant avec le soutien total et inconditionnel de Trump à Israël jusqu’à présent.
Au vu de cela, plus la tension entre l’Algérie et le Maroc est grande, dans la perspective de la vieille garde bipolaire de « guerre improbable, paix impossible », plus la tendance de Biden à vouloir une solution négociée à la question sahraouie est grande, voyant cela certainement une des solutions dans la tenue du référendum déjà oublié. Et cela, si cela se produit, pourrait retourner le jeu à l’envers.
En ce moment, la «guerre des sables» se déroule à Washington et à New York, entre le maintien du statu quo et le changement, dans lequel António Guterres, apparemment docile et bureaucratique, aura également son mot à dire.
Politologue / Arabiste. Ecrire selon l’ancienne orthographe
www.maghreb-machrek.ptDiario de Noticias, 29 jan 2021
Tags : Sahara Occidental, Maroc, Algérie, Maghreb,
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Une époque de révolution inachevée
Une époque de révolution inachevée
10 ANS APRÈS LES RÉVOLUTIONS «ARABES»JOSEPH DAHER
Les révolutions sont les locomotives de l’histoire (Karl Marx , Luttes de classe en France 1848–1850)
Les révolutions ont été la forme la plus importante de conflit politique et social au XXe siècle, peut-être dans l’histoire de l’humanité, à l’exception peut-être des guerres internationales. Le déclenchement du processus révolutionnaire dans la région du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord (MENA) au cours de la dernière décennie fait partie de ces événements majeurs et révolutionnaires de l’histoire humaine. Il ne fait aucun doute que la première vague de révoltes en 2011 a marqué l’ouverture d’une époque inachevée de révolution et de contre-révolution.
Un processus révolutionnaire à long termeUne révolution est généralement comprise comme un mouvement populaire de masse qui vise un changement radical même s’il n’y parvient pas. Dans le cas des soulèvements de la région MENA en 2011, ils n’ont pas remporté de changements matériels radicaux dans les structures économiques de la région, mais ont renversé les cliques familiales du pouvoir en Tunisie, en Égypte, en Libye, au Yémen, en Algérie et au Soudan, entre autres.
En d’autres termes, nous avons été témoins de formes de révolution politique limitée plutôt que de révolution sociale, qui auraient entraîné des changements plus fondamentaux dans le régime néolibéral d’accumulation au sein du capitalisme, sinon dans le mode de production lui-même. Il est important de saisir les limites des victoires politiques, car les problèmes de la région ne sont pas seulement politiques mais sont les produits sociaux de sa forme particulière de capitalisme.
Néanmoins, nous avons assisté à la mobilisation d’un grand nombre de personnes réclamant le renversement des régimes despotiques dans un pays après l’autre. C’est l’un des principaux aspects d’une révolution. Comme l’écrivait le révolutionnaire russe Léon Trotsky:
La caractéristique la plus indubitable d’une révolution est l’ingérence directe des masses dans les événements historiques. En temps ordinaire, les États, qu’ils soient monarchiques ou démocratiques, s’élèvent au-dessus de la nation, et l’histoire est faite par des spécialistes de ce secteur d’activité – rois ministres, bureaucrates, parlementaires, journalistes. Mais à ces moments cruciaux où l’ancien ordre ne devient plus supportable pour les masses, ils franchissent les barrières qui les excluent de l’arène politique, balaient leurs représentants traditionnels et créent par leur propre ingérence les bases initiales d’un nouveau régime.
Certains des soulèvements populaires ont abouti à une situation proche du double pouvoir. Ils ont organisé un État alternatif émergent pour contester le régime existant. Un exemple important de cela s’est produit en Syrie au début du soulèvement, lorsque les militants ont créé des comités de coordination et des conseils locaux dans les zones libérées.
Celles-ci formaient une alternative potentielle au régime d’Assad et au capitalisme syrien. Mais ils ne se sont jamais complètement développés. Il y avait des problèmes avec eux, en particulier la sous-représentation des femmes ainsi que des minorités ethniques et religieuses. Néanmoins, ces organes locaux d’autonomie ont constitué au moins pendant un certain temps une alternative politique susceptible de séduire de larges couches de la population.
Malgré la défaite de la première vague de soulèvements en 2011, le plus horriblement en Syrie, le processus révolutionnaire n’est pas terminé. Comme l’a souligné la décennie suivante de révolte en cours, la région est au milieu d’un processus révolutionnaire à long terme.
Les racines du processus révolutionnaireCe processus est enraciné dans l’économie politique du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord. Le développement économique de la région est bloqué par son mode de production spécifique, qui est un capitalisme aventureux, spéculatif et commercial caractérisé par une recherche de profit à court terme. En conséquence, les masses de la région ont une confluence de griefs économiques et politiques qui ne peuvent être surmontés que par un changement révolutionnaire.
Dans cette analyse, les soulèvements au Moyen-Orient et en Afrique du Nord ne sont pas seulement le résultat de la crise économique mondiale de 2008. Certes, la Grande Récession a contribué à les déclencher, mais la région a des problèmes structurels plus profonds par rapport au reste du système mondial. . Ce mode de production capitaliste est axé sur l’extraction de pétrole et de gaz naturel, le sous-développement des secteurs productifs, le surdéveloppement des services et le développement de diverses formes d’investissement spéculatif, en particulier dans l’immobilier.
Chaque pays a bien sûr ses propres spécificités. Mais tous partagent des caractéristiques générales: les États patrimoniaux et néo-patrimoniaux dominent cette structure économique. Dans les États patrimoniaux classiques comme la Syrie et les monarchies du Golfe, une famille et sa clique président les dictatures, enrichissent une bourgeoisie d’État et se lancent dans une privatisation de copinage. Dans les États néo-patrimoniaux comme l’Égypte, la Tunisie, l’Algérie et le Soudan, les dictateurs supervisent les États contrôlés par l’appareil militaire. Dans les deux cas, le népotisme et la corruption sont monnaie courante.
Les politiques néolibérales et les mesures d’austérité mises en œuvre au cours des dernières décennies ont exacerbé la politique autoritaire de la région et bloqué le développement économique. Les régimes ont réduit les services publics, supprimé les subventions aux produits de première nécessité comme la nourriture et privatisé l’industrie publique en les vendant souvent à des capitalistes liés aux centres du pouvoir politique.
Ils ont également ouvert leurs économies aux investissements directs étrangers, développant le secteur des exportations et des services – en particulier le tourisme. Dans le même temps, les États ont maintenu les impôts sur les entreprises étrangères et nationales à un niveau bas et leur ont garanti une main-d’œuvre bon marché. Les appareils répressifs des régimes ont servi d ‘«agent de sécurité» protégeant les intérêts de ces entreprises et sévissant contre les travailleurs, les paysans et les pauvres.
En conséquence, tous les pays de la région sont caractérisés par une inégalité de classe extrême, des taux de pauvreté élevés et un chômage élevé, en particulier chez les jeunes. Ceux qui ont une éducation et des compétences valorisées quittent leur pays pour des opportunités ailleurs.
Et, dans le cas des monarchies du Golfe, leurs économies reposent sur des travailleurs migrants temporaires qui constituent la majorité de la population ouvrière et sont privés de droits politiques et civils. Au Koweït, au Qatar, aux Émirats arabes unis et à Oman, les travailleurs migrants représentent plus de 80% de la main-d’œuvre.
Ces réalités contredisent les affirmations des institutions financières internationales et des États occidentaux, en particulier les États-Unis, selon lesquelles une réforme néolibérale créerait une «classe moyenne» ou une classe capitaliste qui, avec le soutien impérial de la réforme politique, entraînerait la démocratisation. En fait, il a produit le contraire: l’approfondissement de l’autoritarisme néolibéral.
Ces conditions ont généré une lutte croissante parmi les travailleurs et les personnes opprimées à la veille des soulèvements de 2011. Elle a été chassée d’en bas par des jeunes, des travailleurs et des pauvres désespérés pour la liberté politique et l’égalité économique.
Lutte et espoir de révolutionCela ne veut pas dire que nous devons adopter une perspective économiste, qui réduit tout aux conditions économiques. Il existe bien sûr de nombreux autres facteurs contributifs. Mais le blocage socio-économique combiné aux régimes dictatoriaux de la région a rendu impossible pour les masses populaires de surmonter les inégalités et d’exprimer leurs griefs à travers des processus institutionnels.
Ces conditions matérielles prédisposaient le peuple à lutter. Mais ces conditions à elles seules n’étaient pas suffisantes pour déclencher les soulèvements. Comme Trotsky l’a fait valoir, les classes populaires se tournent vers l’action révolutionnaire lorsqu’elles voient l’espoir de transformer leur société:
En réalité, la simple existence de privations ne suffit pas à provoquer une insurrection, si c’était le cas, les masses seraient toujours en révolte. Il faut que la faillite du régime social, révélée de manière concluante, rende ces privations intolérables, et que de nouvelles conditions et de nouvelles idées ouvrent la perspective d’une issue révolutionnaire.
L’espoir et les nouvelles idées qui ont déclenché les révoltes en 2011 sont venus du fait que des millions de personnes dans les rues en Tunisie et en Égypte réclamaient le renversement de leurs dirigeants. Mais les luttes inspirantes dans ces deux pays ne sont pas venues de nulle part.
Au cours de la décennie précédant le soulèvement, une lutte ouvrière importante a eu lieu en Tunisie et en Égypte. En Tunisie, l’Union générale tunisienne du travail (UGTT) a joué un rôle de premier plan dans l’opposition aux régimes autoritaires, bien qu’elle ait été sérieusement affaiblie par une combinaison de répression, de privatisation des emplois publics et de compromis de la direction syndicale avec le régime .
En Égypte, le pays a connu son plus grand mouvement social depuis la Seconde Guerre mondiale, avec des grèves et des occupations de différents secteurs de la société. Les grèves dans les usines de Mahala el Kubra en 2008 ont témoigné de la force du mouvement ouvrier malgré la répression des forces de sécurité. Ces luttes ont progressivement ouvert la voie à la création de syndicats ouvriers indépendants, qui ont joué un rôle décisif dans le renversement de Moubarak (bien que non officiellement reconnu) et les premières années du soulèvement.
Ainsi, sur la base d’années de lutte, les révoltes en Tunisie et en Egypte ont montré comment la mobilisation de masse pouvait renverser les dictateurs. Leurs victoires, si incomplètes dans le cas de la Tunisie et temporaires dans le cas de l’Égypte, ont inspiré les masses de la région à se soulever contre leurs propres régimes.
Les révoltes de la région MENA suscitent la résistance mondialeLa première décennie du nouveau millénaire a commencé avec le lancement de la soi-disant «guerre contre le terrorisme» en 2001 et s’est terminée avec la grande récession de 2008 et la crise mondiale qui a suivi. Les soulèvements populaires au Moyen-Orient et en Afrique du Nord ont ouvert la prochaine décennie, déclenchant une résistance dans le monde entier contre l’ordre néolibéral et les gouvernements qui l’appliquent.
Les soulèvements dans la région MENA ont renversé les dictatures de Ben Ali en Tunisie, Hosni Moubarak en Égypte, Muammar Khadafi en Libye et Ali Abdallah Saleh au Yémen, qui étaient tous au pouvoir depuis des décennies. Sans aucun doute, la plus grande réussite des soulèvements populaires a été de rappeler à la gauche qu’une révolution dans laquelle des masses de personnes se mobilisent pour refaire la société est possible. Cet ABC de la politique révolutionnaire avait été largement abandonné par de larges sections de la gauche.
Les soulèvements de la région MENA ont inspiré des révoltes dans le monde entier. Une courte liste comprend le mouvement des Indignados en Espagne, Occupy aux États-Unis, les soulèvements contre la hausse des prix et la répression dans les États d’Afrique subsaharienne comme le Burkina Faso, et des luttes similaires dans de nombreux autres pays.
La fin de cette décennie de révolte a culminé avec une deuxième vague du processus révolutionnaire dans la région MENA avec des soulèvements éclatant au Soudan, en Algérie, au Liban et en Irak. Deux nouveaux dictateurs – Omar el-Béchir au Soudan et Abdelaziz Bouteflika en Algérie – ont été renversés après 30 ans de règne, tandis que les classes dirigeantes néolibérales sectaires au Liban et en Irak ont été défiées.
Cette deuxième vague s’est produite au milieu de mobilisations populaires massives croissantes à travers le monde pour les droits politiques et sociaux et l’égalité de Hong Kong et de la Thaïlande à la Catalogne et au Chili. Des grèves et des manifestations féministes massives ont également été organisées pour lutter contre les attaques réactionnaires contre les droits des femmes de la Pologne à l’Argentine. En 2019, les grèves pour le climat ont balayé le monde et la décennie s’est terminée par le soulèvement des Black Lives Matter qui a secoué l’ordre politique et racial aux États-Unis.
Les mobilisations populaires internationales ont approfondi la radicalisation mondiale contre le système capitaliste qui exploite et opprime l’humanité et détruit l’environnement à des fins lucratives. La pandémie n’a fait qu’aggraver les griefs dans le monde entier et remis en question la légitimité des gouvernements.
L’offensive contre-révolutionnaireAlors que les révoltes de la région MENA ont inspiré des soulèvements similaires dans le monde entier, elles ont également déclenché une offensive contre-révolutionnaire de la part des régimes, des puissances régionales et des États impérialistes. Tout comme la révolution russe de 1917, les soulèvements constituaient une menace pour l’ordre capitaliste, notamment parce que ses réserves d’énergie alimentent l’économie mondiale.
Comme le fait valoir David Harvey, «quiconque contrôle le Moyen-Orient contrôle le robinet pétrolier mondial et celui qui contrôle le robinet pétrolier peut contrôler l’économie mondiale, du moins dans un proche avenir. Les monarchies du Golfe détiennent environ 40 à 45% des réserves mondiales de pétrole et 20% de son gaz.
La volonté d’assurer un flux ordonné de ces réserves explique pourquoi, après une brève période de confusion, les pouvoirs étatiques ont procédé à des contre-révolutions systématiques. Les régimes de la région ont réprimé les manifestations, tué un grand nombre de personnes et arrêté et emprisonné un nombre incalculable de personnes. Par exemple, le régime syrien, avec le soutien de la Russie et de l’Iran, a massacré des centaines de milliers de personnes et dévasté de grandes parties du pays.
Les révoltes ont également affronté une autre force contre-révolutionnaire: les organisations fondamentalistes islamiques. Ils espéraient détourner les luttes pour imposer leur propre forme de régime néolibéral autoritaire et théocratique, contraire aux aspirations démocratiques et égalitaires du peuple. Les fondamentalistes ont trouvé le soutien de puissances régionales comme les États du Golfe et l’Iran.
Diverses puissances régionales et impérialistes sont intervenues de manières multiples et diverses pour soutenir les contre-révolutions. Les puissances autres que les États-Unis ont accru leur marge de manœuvre pour le faire en raison du déclin relatif de Washington en puissance et en influence au Moyen-Orient en raison de l’échec de son occupation de l’Irak. La Russie et la Chine dans une moindre mesure mais surtout l’Iran, l’Arabie saoudite, les Émirats arabes unis, la Turquie, le Qatar et Israël ont profité de cette situation pour jouer un rôle croissant dans le soutien à la contre-révolution.
L’Arabie saoudite, les Émirats arabes unis et le Qatar sont d’abord intervenus militairement au Bahreïn et ont lancé une guerre contre le Yémen avec le soutien dans les deux cas des États-Unis. L’Iran et la Russie sont intervenus en Syrie. L’Iran et ses forces mandataires en Irak et au Liban se sont également opposés aux révoltes dans ces pays et n’ont pas hésité à réprimer les manifestants.
La Turquie et son allié le Qatar ont soutenu les Frères musulmans et d’autres mouvements fondamentalistes islamiques dans divers pays. Ankara est également intervenue sur le territoire syrien contrôlé par le PYD, la branche syrienne du PKK, dans sa guerre en cours contre l’autodétermination kurde.
Bien que ces rivalités impérialistes et régionales soient évidentes, elles n’empêchent pas les alliances entre ces divisions. Comme l’a noté Karl Marx, les capitalistes et les États capitalistes sont une «bande de frères en guerre». Ainsi, en même temps qu’ils se trouvent en concurrence pour affirmer leur pouvoir géopolitique et accaparer les marchés de leurs entreprises, ils partagent des intérêts de classe, peuvent conclure des accords et souvent collaborer à la répression des soulèvements populaires.
Le dernier exemple en est la réconciliation du Qatar avec l’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis, qui pourrait ouvrir la voie à un rapprochement entre l’Arabie saoudite et la Turquie. L’administration Trump les a également tous poussés à jeter les Palestiniens sous le bus et à ouvrir des relations diplomatiques officielles avec Israël. L’objectif de Washington est de renforcer Israël, d’isoler la lutte palestinienne pour la libération, de consolider une alliance régionale opposée à l’Iran.
En assurant cette réconciliation, les États-Unis ont conclu deux accords particulièrement réactionnaires. Tout d’abord, Washington a amené le Maroc à normaliser ses relations avec Israël en échange de la reconnaissance par les États-Unis de l’occupation du Sahara occidental par Rabat et de leur promesse de 3 milliards de dollars d’investissements pour «l’appui financier et technique des projets d’investissement privé».
Deuxièmement, les États-Unis ont forcé le nouveau gouvernement du Soudan, dans lequel l’armée dirige conjointement avec les représentants du soulèvement populaire, à payer pour ce que l’ancien régime a fait. En échange du retrait de la liste de Washington des États commanditaires du terrorisme, de l’aide à rembourser 60 milliards de dollars de dette envers la Banque mondiale et d’un milliard de dollars d’aide, le Soudan a accepté de rembourser les 335 millions de dollars pour les bombardements d’ambassades africaines et de reconnaître Israël.
Autoritarisme néolibéralAinsi, les révoltes continuent de faire face à diverses forces contre-révolutionnaires totalement opposées à tout changement démocratique et socio-économique radical. Ils ne se sont pas seulement engagés à rétablir le statu quo ante; ils visent à intensifier l’autoritarisme, les politiques répressives et les réformes néolibérales.
Ce faisant, les régimes soutenus par les puissances régionales et impériales ont exacerbé toutes les conditions qui ont conduit aux soulèvements. Ils ont utilisé la couverture de la pandémie pour intensifier la répression des mouvements de protestation.
Ils ont imposé des verrouillages à une grande partie de la population, non pour protéger la santé des classes ouvrières, mais pour les empêcher de s’organiser et de se battre pour un changement politique et social. Ils ont menacé les gens d’amendes pour avoir enfreint les couvre-feux, ont pris pour cible les médias pour avoir critiqué leurs politiques et arrêté des militants qui ont remis en question les informations officielles sur le virus.
Ils ont également profité de la récession mondiale et de l’effondrement des prix du pétrole pour mettre en œuvre des réformes néolibérales auparavant encore plus profondes, réduisant le rôle de l’État dans l’économie et élargissant la portée du marché dans une arène auparavant intacte. Plusieurs pays ont adopté une législation sur les partenariats public-privé (PPP) afin d’étendre la privatisation des services publics et des infrastructures publiques.
En Arabie saoudite, les PPP sont devenus un élément fondamental de la stratégie économique et politique de la Vision 2030 promue par le prince Mohammad Bin Salman. Ils placent le capital privé au centre de la future économie saoudienne. Le Financial Times a qualifié ces plans de «thatchérisme saoudien».
Il a réduit les subventions, supprimé l’indemnité de vie chère et augmenté la TVA de 5 à 15 pour cent. Le gouvernement prévoit d’organiser des PPP pour de nombreux services gouvernementaux, y compris des secteurs tels que l’éducation, le logement et la santé. Pendant ce temps, le fonds souverain du royaume a investi plus de 8 milliards de dollars depuis le début de la pandémie dans des mastodontes de l’économie mondiale tels que Boeing et Facebook.
De la même manière, le régime syrien a accéléré sa politique néolibérale. Il a adopté une loi PPP en janvier 2016 qui autorise le secteur privé à gérer et à développer les actifs de l’État dans tous les secteurs de l’économie, à l’exception du pétrole. Le régime a imposé davantage de mesures d’austérité et réduit les subventions sur les produits essentiels de 20,2% du PIB en 2011 à 4,9% en 2019.
Cet autoritarisme néolibéral a encore aggravé les inégalités sociales. Désormais, dans la région MENA, les 1% les plus riches et les 10% les plus riches de la population absorbent respectivement 30% et 64% des revenus, tandis que les 50% les plus pauvres de la population n’en reçoivent que 9,4%.
Dans l’ensemble de la région, la richesse de ses 37 milliardaires équivaut à la moitié la plus pauvre de la population adulte. En outre, entre 2010 et 2019, le nombre de personnes riches ayant des actifs de 5 millions de dollars ou plus en Égypte, en Jordanie, au Liban et au Maroc a augmenté de 24% et leur richesse combinée a augmenté de 13,27%, passant de 195,5 milliards de dollars à 221,5 milliards de dollars.
Dans un rapport publié en août 2020 par Oxfam, il a été estimé que la contraction économique causée par la pandémie et la récession jetterait 45 millions de personnes supplémentaires dans la pauvreté dans toute la région. Les conditions des réfugiés et des travailleurs migrants, qui étaient déjà très difficiles, se sont considérablement aggravées et sont devenus la cible de boucs émissaires racistes.
Les puissances impérialistes ont collaboré avec les régimes dans cet autoritarisme néolibéral. Leurs institutions financières internationales ont utilisé la dette, qui a atteint des proportions astronomiques en Égypte, au Soudan, en Tunisie, au Liban et en Jordanie, pour exiger un nouvel ajustement structurel de leurs économies alors même qu’elles s’enfoncent dans la récession.
En conséquence, les militants du mouvement augmentent maintenant la demande d’annulation de la dette. La Tunisie est un exemple. La facilité de financement élargie du FMI a imposé plusieurs mesures d’austérité, entraînant la dépréciation du dinar tunisien en 2017, et l’inflation qui en a résulté a appauvri les classes populaires et a fortement augmenté les taux de chômage.
La dette extérieure du gouvernement représente désormais environ les deux tiers de la dette publique totale en 2020 et les fonds qui seraient autrement affectés au bien-être public sont désormais détournés pour la servir. Les militants s’opposent désormais au paiement de la dette. Ainsi, alors que la Tunisie a gagné une plus grande démocratie, les conditions socio-économiques de la majorité se sont dégradées.
De plus en plus de Tunisiens fuient leur pays, non pas à cause de la répression politique, mais de la pauvreté. Cinq fois plus de personnes sont parties cette année qu’en 2019. Elles risquent leur vie en traversant la Méditerranée et si elles survivent, elles sont confrontées au régime frontalier brutal de l’UE et à la discrimination raciste dans les pays européens. La région redevient ainsi une poudrière de doléances économiques et politiques.
Les défis de la gauche: construire un instrument politique de résistance
L’un des principaux problèmes des vagues de résistance à ces conditions a été l’extrême faiblesse de la gauche radicale et de la classe ouvrière organisée. Ceux-ci ont été incapables d’intervenir en tant que force politique centrale parmi les classes populaires et de participer à leur auto-organisation pour répondre aux revendications économiques et politiques.
En Égypte, il y a eu au départ de grandes luttes économiques et des syndicats indépendants croissants, mais ils ne se sont jamais cohérents en un véhicule politique de taille suffisante pour articuler les revendications de classe et s’organiser à un niveau de masse. Les seules exceptions à cette situation étaient en Tunisie et au Soudan.
Dans les deux pays, la présence d’organisations syndicales de masse telles que l’UGTT tunisienne et l’Association professionnelle soudanaise ont été des éléments clés dans l’organisation de luttes de masse réussies. Les femmes ont également bâti de grandes organisations féministes qui continuent de revendiquer progressivement leurs droits.
Bien entendu, les luttes dans les deux pays ont également atteint les limites d’un simple changement politique. L’UGTT et l’Association professionnelle soudanaise ont joué un rôle central, mais leurs dirigeants ont été tentés de chercher un compromis avec les élites dirigeantes plutôt qu’un changement socio-économique radical.
Néanmoins, les organisations de masse de la Tunisie et du Soudan restent l’exception dans la région. Ailleurs, les travailleurs et les opprimés n’avaient pas de telles organisations en place, ce qui rendait difficile pour les masses de remplacer les régimes par une alternative progressiste. Dans les années à venir, la gauche doit jouer un rôle central dans la construction et le développement de ces grandes organisations politiques alternatives.
La gauche a également besoin de développer une stratégie politique qui ne recherche qu’une révolution politique, mais aussi une révolution sociale dans laquelle les structures de la société et le mode de production sont radicalement modifiés. En effet, le seul moyen de garantir une révolution politique est d’en réaliser une sociale.
La gauche ne devrait pas prôner une stratégie stagiste consistant à effectuer d’abord une révolution interclasse pour la démocratie et à retarder pendant une période indéterminée une révolution sociale complète. Nous avons vu les problèmes avec cette stratégie dans des pays comme l’Afrique du Sud, où l’apartheid a été démantelé, mais les inégalités sociales et de classe se sont aggravées.
Comme le soutient Daniel Bensaïd,
Entre les luttes sociales et politiques, il n’y a ni murs chinois ni compartiments étanches. La politique naît et s’invente à l’intérieur du social, dans la résistance à l’oppression, l’énoncé de nouveaux droits qui transforment les victimes en sujets actifs.
Les socialistes dans ces luttes doivent défendre la libération de tous les opprimés, en soulevant des revendications de droits pour les femmes, les minorités religieuses, les communautés LGBT et les groupes raciaux et ethniques opprimés. Ne pas le faire empêchera la gauche d’unir la classe ouvrière pour une transformation radicale de la société.
Le récent déclenchement de manifestations en Tunisie à l’occasion du 10e anniversaire du renversement du dictateur Ben Ali démontre la colère de larges secteurs des classes populaires contre les malheurs économiques, les inégalités sociales, le chômage, la corruption politique et toute une série d’autres problèmes.
De plus, le nouveau gouvernement démocratique a violemment réprimé les manifestations et arrêté plus de 1000 personnes, dont des mineurs. Il a même arrêté des individus qui n’avaient pas participé aux manifestations – simplement parce qu’ils avaient écrit des messages Facebook soutenant le mouvement de protestation.
Ce scénario indique les limites de la révolution politique sans révolution sociale. Cela souligne également l’importance pour la gauche de développer un projet de classe indépendant visant à faire progresser à la fois la démocratisation et la transformation sociale.
Le point concernant l’indépendance de la gauche est essentiel, car l’une des erreurs que la gauche a commises surtout lors de la première vague de révolte a été de s’aligner sur l’une des deux forces de la contre-révolution.
Certains ont collaboré avec les régimes autoritaires contre les fondamentalistes islamiques avec des résultats désastreux. Cela n’a abouti qu’à la contraction de l’espace démocratique des travailleurs et des opprimés pour s’organiser pour la libération. Les régimes restent le premier ennemi des forces révolutionnaires dans la région.
Dans le même temps, d’autres secteurs de la gauche se sont alliés aux organisations fondamentalistes islamiques contre l’État. Les fondamentalistes islamiques, qu’ils soient au pouvoir ou non, sont des réactionnaires; ils ciblent les travailleurs, les syndicats et les organisations démocratiques, tout en promouvant une économie néolibérale et des politiques sociales réactionnaires. Ils font également partie de la contre-révolution.
Au lieu de se tourner vers l’une ou l’autre de ces deux forces, la gauche doit construire un front indépendant, démocratique et progressiste qui cherche à promouvoir l’auto-organisation des travailleurs et des opprimés. Dans ce projet, il faut comprendre que les luttes ouvrières à elles seules ne suffiront cependant pas à unir les masses.
Les socialistes dans ces luttes doivent défendre la libération de tous les opprimés, en soulevant des revendications de droits pour les femmes, les minorités religieuses, les communautés LGBT et les groupes raciaux et ethniques opprimés. Ne pas le faire empêchera la gauche d’unir la classe ouvrière pour une transformation radicale de la société.
La gauche doit également cultiver une vision régionale et internationaliste, ce qui fait actuellement défaut dans une grande partie du monde. La gauche de la région doit construire des réseaux de collaboration pour construire une alternative progressiste aux forces contre-révolutionnaires locales, régionales et impériales.
Les classes dirigeantes de la région partagent leurs expériences et leurs leçons pour défendre leur ordre néolibéral autoritaire. La gauche doit faire de même car la lutte est régionale. Une défaite dans un pays est une défaite pour tous, et la victoire dans un pays est une victoire pour tous.
La gauche de la région doit développer des relations de collaboration avec les forces progressistes au niveau international. Aucune solution socialiste ne peut être trouvée dans un pays ou dans une région, en particulier dans un pays comme le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord, qui, en raison de ses réserves énergétiques stratégiques, a été un champ de bataille pour les puissances régionales et impérialistes.
De nouvelles explosions de colère populaire sont à prévoir car les causes profondes des soulèvements non seulement persistent mais se sont en fait multipliées et intensifiées. Cependant, ces conditions ne se traduisent pas nécessairement directement par des opportunités politiques, en particulier pour les pays qui ont subi des guerres et une crise économique profonde. Mais la lutte nous attend.
La gauche doit participer à la construction de fronts unis contre l’autocratie, l’exploitation et l’oppression, et en même temps construire une alternative politique parmi les classes populaires. Ce sont les tâches non seulement de la gauche dans la région MENA, mais dans le monde entier.
ConclusionLe processus révolutionnaire de la région MENA fait partie intégrante de la résistance populaire mondiale contre l’ordre capitaliste néolibéral en crise. Mais il a un radicalisme particulier né de sa forme particulière de capitalisme qui a ouvert une époque révolutionnaire à long terme. Contre les affirmations orientalistes d’exceptionnalisme arabe ou islamique, les masses de la région luttent pour les mêmes revendications pour lesquelles les peuples du monde entier se battent, notamment en tant que démocratie, justice sociale, égalité et laïcité. Mais pour gagner, il faut non seulement un changement de gouvernement, mais aussi des révolutions politiques et sociales.
Il n’y a pas de chemin simple dans ce processus révolutionnaire. Pour gagner, il faudra construire une gauche capable de naviguer dans des combinaisons complexes et dynamiques de luttes politiques et économiques. Comme Lénine l’a déclaré il y a des décennies:
Imaginer que la révolution sociale est concevable … sans les explosions révolutionnaires d’une partie de la petite bourgeoisie avec tous ses préjugés, sans un mouvement des masses prolétariennes et semi-prolétariennes politiquement inconscientes contre l’oppression des propriétaires terriens, de l’Église et de la monarchie , contre l’oppression nationale, etc. – imaginer tout cela, c’est répudier la révolution sociale. Ainsi, une armée s’aligne à un endroit et dit: «Nous sommes pour le socialisme», et une autre, ailleurs, et dit: «Nous sommes pour l’impérialisme», et ce sera une révolution sociale!… Quiconque attend un social «pur» la révolution ne vivra jamais pour le voir. Une telle personne rend hommage à la révolution sans comprendre ce qu’est la révolution.
Le rôle de la gauche et des progressistes est parfaitement clair: construire une alternative sociale et démocratique inclusive dans la lutte. La région MENA reste au milieu d’un processus révolutionnaire à long terme qui a – et inclura – à la fois la révolution et la contre-révolution.
Il y a déjà eu de terribles défaites, mais aussi des victoires partielles. Mais ni l’un ni l’autre n’a mis fin au processus. Cela ne fait que commencer…
Source : Spectre Journal, 26 janvier 2021Tags : Printemps Arabe, Maroc, Tunisie, Algérie, Libye, Egypte, Syrie,