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  • Sahara occidental : Trump au pas de charge et cadeau empoisonné pour Biden et la sous-région

    Par Halim Midouni

    Le 20 janvier prochain, jour d’investiture du président américain élu Joe Biden, nombreux sont les pays qui vont pousser un soupir de soulagement. Dès que le nouveau chef de la Maison Blanche aura prêté serment, la page ouverte il y a quatre ans par le président Trump sera fermée et de nouvelles données apparaîtront dans la politique étrangère des Etats-Unis.
    C’est du moins la prédiction que la plupart des observateurs de la scène politique américaine font du départ prochain du turbulent président républicain et de son remplacement par son vainqueur démocrate, s’il n’est pas destitué d’ici là après l’incident majeur provoqué par ses supporters en saccageant le siège du Congrès, le Capitole, cœur du pouvoir législatif américain, le 6 janvier dernier.
    Ces analystes font le pari que la prochaine administration au pouvoir à Washington fera le contraire de la précédente sous la houlette notamment du duo formé par le président sortant, M. Trump, et son secrétaire d’Etat aux Affaires étrangères Mike Pompeo. Avec Joe Biden, s’attendent-ils, il y aura davantage de recours aux instruments du multilatéralisme tellement malmenés et mis en danger par son désormais prédécesseur et futur ex-locataire du Bureau ovale.
    Leur pronostic est construit sur l’image que le président élu donne de sa personne de futur chef de la première puissance mondiale : un profil aux antipodes de celui de M. Trump, qui finira sa carrière de président sous le signe de la turbulence et du désordre et menacé par la sanction de l’«impeachment», puis des déclarations pondérées. Ce que dit M. Biden sur sa vision des relations internationales et du leadership de son pays laissent penser que, lui et son staff, seront nettement moins enclins à malmener des organisations mondiales certainement imparfaites, comme les Nations unies et ses différentes agences par exemple, mais nécessaires au règlement des conflits, à la coopération et au maintien des équilibres internationaux.
    Mais pareil présage ne tiendrait que si, seulement, l’on oublie qu’en partant le président Trump va laisser derrière lui un héritage épouvantable duquel il sera difficile pour son vainqueur de s’en libérer facilement en ce qui concerne certains aspects de la politique étrangère qu’il a poursuivie au forcing durant les derniers mois de son mandat. Il s’agit entre autres de la question palestinienne depuis le choix de faire déménager l’ambassade US de Tel-Aviv vers Jérusalem en mai 2018 et d’appuyer à la manière d’un char d’assaut la normalisation des relations entre certains Etats arabes et Israël.
    Le lobby pro sahraoui à l’épreuve
    Tout près de nous, le choix trumpien de reconnaitre la «souveraineté» du Royaume du Maroc sur le Sahara Occidental en contrepartie d’un rapprochement politique et stratégique avec Israël, et l’inauguration hier d’une représentation des Etats-Unis à Dakhla en présence du secrétaire d’État américain adjoint pour le Proche-Orient et l’Afrique du Nord, David Schenker, ne sera pas un cadeau pour l’administration Biden. La thèse selon laquelle le futur président peut annuler sans risque la décision de M. Trump sur le Sahara occidental prête à sourire. Elle semble faire oublier le poids extraordinaire du lobbying pro-israélien sur l’ensemble des groupes politiques qui se partagent l’alternance au pouvoir aux Etats-Unis. Face à ce lobbying, il ne sera pas facile de refermer une représentation quelques mois après son ouverture même si son statut et son implantation – à Dakhla et non pas à Laayoune – ne semblent pas encore assez clair pour l’instant…
    Le plus sérieux à dire à ce sujet est que le prochain dirigeant du Département d’Etat et son sous-secrétaire chargé des dossiers Moyen-Orient / Afrique du Nord (MENA) vont devoir cogiter très fort : premièrement pour ne pas heurter les intérêts de l’Etat hébreu, l’allié stratégique par excellence dans son rapprochement calculé et intéressé avec le Maroc qui compte essentiellement sur cette carte ; deuxièmement pour reprendre langue avec l’ONU qui considère le Sahara occidental comme l’un des derniers territoires autonomes en attente d’un statut définitif, et, troisièmement, pour ne pas hypothéquer le précieux capital relationnel avec l’Algérie, un pays vanté depuis une trentaine d’année comme un «partenaire privilégié» sur les questions de sécurité et d’antiterrorisme. Mais qui considère comme d’autres pays importants en Afrique notamment, sauf que ceux-ci n’ont pas de réfugiés sur leur sol, que la question sahraouie relève de la décolonisation. Décrit sommairement, et qui pourrait déboucher sur un statuquo de type nouveau à l’échelle de la prochaine administration américaine qui regardera pendant un moment prioritairement vers l’Iran pour ce qui est du continuum Moyen-Orient-Maghreb, cet embarras n’est pas non plus à éluder par les indépendantistes sahraouis du Polisario, qui n’ont jamais été confrontés à une telle adversité sur le plan politique et diplomatique que celle qu’ils vivent depuis l’annonce par le président Trump, le 10 décembre dernier, que son pays reconnait la «souveraineté» de Rabat sur le territoire sahraoui.
    Le lobby pro sahraoui, considéré dans sa diversité comme l’un des actifs à Washington, a perdu une grande bataille qu’il va devoir regagner auprès des élus et du personnel politique dans la capitale fédérale américaine pour que la cause qu’il défend demeure visible et audible. Ce sera certainement de haute lutte et cela dépendra aussi de l’évolution à observer sur le terrain sahraoui même où les porte-parole de la résistance et de l’autodétermination à l’exemple peut-être d’Aminatou Haidar sont particulièrement attendus.
    L’Algérie, en désaccord avec la nouvelle politique américaine que le président Trump impose aujourd’hui au pas de charge moins d’une dizaine de jours avant qu’il ne quitte la Maison-Blanche, va devoir redoubler elle aussi d’efforts diplomatiques pour convaincre du bien-fondé de son soutien à l’autodétermination des Sahraouis face à l’appui des Etats-Unis au plan marocain de l’autonomie de leur territoire sous «souveraineté» du royaume. «L’impartialité» américaine que le chef de la diplomatie Sabri Boukadoum a déclaré souhaiter au passage à Alger de David Schenker ne sera pas, pour l’obtenir, une promenade de santé. Surtout dans le contexte politique national actuel.
    En attendant que ce contexte hésitant s’éclaircisse, notamment par les changements de gouvernement annoncés, la remise en jeu de la diplomatie algérienne passe sans doute avant tout par un changement à notre ambassade à Washington.
    ReportersDZ, 11 jan 2021
    #SaharaOccidental #Maroc #DonaldTrump #Israël #Normalisation #Algérie #Palestine
  • «La doctrine sécuritaire algérienne et les nouvelles menaces régionales»

    La doctrine sécuritaire algérienne reste l’objet d’attention des chercheurs dans le domaine des études sécuritaires et stratégiques, notamment avec l’évolution des nouvelles menaces régionales, comme l’a évoqué le professeur en sciences politiques et relations internationales à l’université d’Alger, M. Salim Bouskine, dans son livre intitulé «La doctrine sécuritaire algérienne et les nouvelles menaces régionales», édité par la nouvelle publication universitaire de l’année 2020, en 233 pages. 

    CET ouvrage comprend une étude analytique des différentes menaces sécuritaires croissantes dans l’environnement régional de l’Algérie, notamment avec les répercussions de ce qu’on appelle «le printemps arabe» sur les pays voisins et les problématiques sécuritaires au Sahel qui deviennent de plus en plus complexes, suite à l’ingérence étrangère, particulièrement, selon l’auteur, celle de la France dans la région, qui démontre l’adaptation de la doctrine sécuritaire algérienne à ces défis pour préserver et renforcer la sécurité nationale. 
    Dans le même contexte, l’écrivain a abordé en détail les répercussions politiques, sécuritaires, économiques et sociales dudit «printemps arabe» qui a causé l’effondrement de certains Etats et leurs institutions et a induit à l’instabilité et au chaos et provoqué des conflits tribaux, régionaux pour détruire les Etats en interne, avec l’émergence de milices armées soutenues par des parties étrangères en tant que nouveaux acteurs non-étatiques, telle que la Libye dont la crise a été aggravée par l’intervention étrangère. S’agissant des répercussions économiques et sociales, celles-ci peuvent se résumer en la détérioration du niveau de vie des Etats ainsi que l’absence de l’investissement extérieur du fait de l’insécurité. 
    En outre, ce livre a traité des différentes menaces et risques qui pèsent sur la sécurité et la stabilité de l’Algérie, du fait de son environnement régional, à l’ombre des mutations et des changements survenus dans les pays voisins, aux frontières est, sud et la région du Sahel, en général. De même, l’écrivain a mis en avant les menaces croissantes et asymétriques du terrorisme, du crime organisé, de l’immigration clandestine, du trafic d’armes et de drogues. A titre d’exemple, la menace terroriste persiste malgré le fait qu’elle ait été éradiquée à l’intérieur, puisque les frontières de l’Algérie sont liées aux pays limitrophes. Etant donné la détérioration de la situation sécuritaire dans certains Etats de la région, ceci a créé un climat propice à la propagation des organisations et groupes terroristes ainsi que le trafic d’armes et la contrebande. L’Algérie a pu arrêter 200 personnes accusées de trafic d’armes, des dizaines de groupes mafieux et saisi 1500 armes en 2011. 
    De plus, l’Algérie souffre toujours de la menace liée au trafic de drogues, puisque le Maroc a produit, en 2008, 877 000 tonnes de cannabis et, selon les évaluations du Fonds monétaire international, les recettes financières du trafic de drogues sur le plan mondial sont estimées entre 300 et 500 milliards par an. En ce qui concerne l’immigration clandestine, le chercheur a démontré les efforts de l’Algérie visant à mettre fin à ce phénomène, notamment les menaces qui y sont liées avec certaines organisations terroristes, les réseaux du crime organisé transfrontalier et le trafic d’être humains. 
    Pour faire face à toutes ces menaces, le chercheur a démontré l’adaptation de la doctrine sécuritaire algérienne aux mutations et changements, en passant du concept de la sécurité dure à la sécurité douce, à travers l’adoption d’une stratégie basée sur un ensemble de mécanismes sécuritaires et militaires, dont l’ANP a pris en charge la mission de lutte antiterroriste. Sur le terrain, de nombreuses mesures ont été prises avec une nouvelle vision qui exige la restructuration de certaines forces par la création de nouvelles structures qui ont pour mission principale la lutte antiterroriste, à l’instar des unités (détachements de la garde communale et d’autodéfense). Au niveau des frontières, l’Algérie a intensifié sa présence en matière de sécurité et de renseignement tout le long de la bande frontalière nationale, à l’ombre des crises qui sévissent dans les pays voisins, et ce, afin de faire échouer toute tentative visant à exploiter ces situations et porter atteinte à notre sécurité nationale. De grandes capacités matérielles et humaines ont été mobilisées par notre pays pour assurer sa sécurité aux frontières avec la Libye, en raison de la complexité de la crise, comme il a adopté le principe du dialogue et de la réconciliation nationale. Afin d’empêcher le financement du terrorisme, le paiement de la rançon a été incriminé dans le but de tarir les sources du terrorisme. 
    Au plan de la coopération, l’Algérie a élevé le niveau de la coordination sécuritaire commune avec certains pays limitrophes pour faire face aux différentes menaces, en plus de ses efforts diplomatiques pour la lutte antiterroriste à travers sa participation aux activités et manifestations internationales ainsi que son adhésion et sa ratification des conventions internationales et régionales relatives à la lutte contre le terrorisme. 
    Pour conclure son ouvrage, le chercheur a constaté que les mécanismes sécuritaires, militaires, diplomatiques et juridiques adoptés par notre pays pour faire face aux menaces sécuritaires et régionales issues des crises des pays voisins, sont efficaces et efficients aux fins de s’adapter à la situation et maintenir la sécurité et la stabilité. L’Algérie a déployé des efforts fructueux à l’échelle internationale et régionale dans le règlement de certaines crises, telle que la crise malienne, en réunissant les protagonistes et en adoptant la voie du dialogue, loin de l’intervention étrangère, ainsi que les efforts de règlement de la crise en Libye, sans oublier son soutien permanent et immuable aux questions justes dans le monde.
    El Djeich n°690, janvier 2021
    #Algérie #ANP #Mali #Sahel #Libye #Terrorisme
  • Le temps des complots

    par Arezki Metref

    Quand Donald Trump se dégonfle, ça fait un sacré appel d’air ! C’est à cette sorte de tirage qui facilite la combustion que nous avons assisté comme à un spectacle plutôt surprenant : le dégonflement d’une baudruche !

    Depuis son accession pour le moins tonitruante au pouvoir en 2017, il n’a jamais cessé de brasser de l’air. Ses rodomontades dignes d’un satrape de conte cruel, son incorrection ostentatoire, son absence totale de surmoi, ses outrages répétés à la diplomatie et même, dans certains cas, à la simple politesse, ont installé, dans la première puissance mondiale, un processus de dégénérescence qui a tôt fait de contribuer à polluer le climat international qui, il faut le dire, était déjà pas mal entamé.

    Entre autres turpitudes qui resteront comme des stigmates du milliardaire incontrôlable : le déménagement de l’ambassade US de Tel-Aviv à Jérusalem cautionnant de ce fait l’atteinte aux résolutions de l’ONU qui ne reconnaît pas cette ville comme la capitale d’Israël, le troc avec le Maroc de la reconnaissance d’Israël contre la « marocanité » du Sahara Occidental et d’autres joyeusetés du même acabit.

    La dernière séquence de la mise en scène, à laquelle a participé Trump, de la forme la plus primitive de la politique, c’est-à-dire l’usage trash de la force, la diabolisation continue de l’adversaire, la division, lui a été fatale. On savait qu’il était capable de tout, mais le dernier round est une surprise pour les plus blasés. C’est « une tentative rapide de coup d’État. En un mot, c’était fasciste », déclare le Parti communiste des États-Unis.

    L’assaut donné par les partisans du Président milliardaire populiste contre le Capitole, le cœur nucléaire de la démocratie américaine, considéré comme un lieu sacré, le jour même où les grands électeurs devaient confirmer la victoire de Joe Biden, le candidat démocrate rival honni, est un acte inédit.

    Donald Trump, en chef de guerre, lance contre le Capitole ses troupes déterminées à en découdre enfin, c’est l’excès de trop. À partir de là, tout commence à s’effondrer pour l’intrus de la Maison-Blanche. Ses proches le lâchent. A quelques jours de la passation de pouvoir entre lui et son successeur, ses ministres démissionnent en cascade, signe de leur condamnation de son attitude. Son compte Twitter, grâce auquel il sévissait à toute heure du jour et de la nuit, lui est retiré, et définitivement. Mais, et c’est le pire, Nancy Pelosi, responsable des démocrates au Congrès, a entrepris de s’entretenir avec les chefs de l’armée américaine pour s’assurer que Donald Trump – un « Président déséquilibré » et « instable », dit-elle – ne lance, en guise de feu d’artifice avant sa sortie, des hostilités militaires ou n’accède aux codes de lancement et ordonne une frappe nucléaire. C’est le style !

    Au-delà de l’anecdote plus ou moins historique, pour spectaculaire que soit le chaos découlant des violences du Capitole, il y a sûrement une ou deux moralités à tirer de ce qui vient de se passer du fait du refus de Trump de reconnaître sa défaite et du complotisme qui lui sert de culture politique. Ces moralités ne sont pas définitives, cela va de soi.

    Tout est là, dans le spectre du complot. Trump a instillé cette idée qu’il est victime d’un complot et les États-Unis, auxquels il s’identifie, naturellement, n’échappent pas aux visées des conspirationnistes. Complot de qui ? De tout ce qui n’est pas lui !

    Galvanisés par les propos euphorisants de Donald Trump, ses nervis montent à l’assaut du Capitole. Violences. Morts ! Le flagrant résultat chaotique le contraint à dénoncer ses propres ouailles devenues soudain des extrémistes, et cette volte-face ultrarapide, qui n’a pris que quelques heures, a instantanément lézardé la mouvance d’extrême droite, suprématiste blanche, exhalant des miasmes néo-nazis, sur laquelle il s’est toujours appuyé.

    On pourrait presque soupçonner, en empruntant un peu de complotisme à Trump et ses fans, que des forces centrifuges ont trouvé le moyen de le pousser à la faute. Si tel est le cas, ça a réussi !

    Le casus belli constaté, il est confirmé que l’extrême droite sur laquelle il s’appuie n’a aucun respect de la démocratie. Elle a eu le vent en poupe avec lui. Elle subit un désastre avec cette histoire en apparaissant pour ce qu’elle est, une minorité d’enragés qui met les règles de la démocratie à la sauce de ses intérêts.

    Le passage de Trump au pouvoir a coïncidé et donné un coup de fouet à la montée de l’extrême droite dans beaucoup de pays du monde. Outre de nombreux pays d’Europe où il a ses supporters, le Président brésilien Jair Bolsonaro a continué jusqu’au bout à soutenir Trump en déclarant que la crise entraînée par l’attaque du Capitole est causée « par le manque de confiance » des Américains à l’égard des élections en relayant les accusations de fraude de Trump.

    L’autre moralité est moins subsidiaire. Les décisions contraires au droit international qu’a osé prendre Trump – (Ambassade des USA à Jérusalem, troc américano-israélo-marocain, etc.) — et qu’aucun président américain n’aurait sans doute pu prendre, ne sont pas antinomiques avec une vision géostratégique. Joe Biden, visiblement plus conscient du devoir de respecter les formes, ne les aurait sans doute pas prises avec cette désinvolture. Mais il a le pouvoir de revenir dessus. On peut gager qu’il n’en fera rien !
    A. M.

    Le Jour d’Algérie, 10 jan 2021

    Tags : Etats-Unis, USA, Algérie, Maroc, Sahara Occidental, Israël, Donald Trump, Palestine, Jérusalem,

  • Le Maroc champion incontesté du “mensonge, de la fraude et de l’hypocrisie…”

    Intervenant dans une rencontre scientifique sur la société marocaine, organisée dernièrement dans une ville du royaume, un universitaire marocain en a profité pour attirer l’attention des présents sur des phénomènes qui y ont cours; des phénomènes qu’il a jugé de “très graves”. Et pour cause: le Maroc, leur a-t-il asséné, est classé “à la première place dans le monde en matière de mensonge, de fraude et d’hypocrisie”. Non pas par des rapports de quelques officines occultes dépendant de “parties” hostiles au Makhzen mais, a-t-il tenu à le préciser, par des publications scientifiques à la renommée bien établie; tels l’hebdomadaire français Nature, et celui américain, Science. 

    Selon l’universitaire marocain, le premier a publié, en 2017, une étude scientifique allant dans ce sens; et le second, a fait de même, en 2019. C’est dire qu’au royaume de M6, les choses sont loin de correspondre à la réalité que tente d’imposer le Makhzen. Faut-il le dire, avec l’appui d’une presse locale aux ordres, et d’une presse étrangère, complice. Une réalité voulue toute rose où “tout le monde, il est beau, tout le monde, il est gentil”. Sauf que celle-ci est démentie par de nombreux faits, têtus, que le Makhzen peinent à cacher. 
    Parmi ces faits, le classement peu reluisant de notre “voisin de l’Ouest” en matière d’IDH (Indice de développement humain). Établi, annuellement, depuis 1990, par le PNUD (Programme des Nations unies pour le développement) et ce, sur la base de quatre critères – le dernier ayant été introduit en 2020 seulement – que sont: le produit intérieur brut (PIB) par habitant, l’espérance de vie des citoyens, le niveau d’éducation mesuré à partir de 15 ans et plus, et – c’est le nouveau critère récemment introduit – l’impact climatique de chaque pays; en clair, pour reprendre son intitulé officiel et exact, “l’empreinte carbone des activités humaines ainsi que les émissions de gaz à effet de serre”, il constitue un indice incontournable et difficilement récusable de l’impact effectif de tout processus de développement sur la quotidien des citoyens de chaque pays classé. 
    Dans le classement de l’année 2020, le royaume de M6 occupe la peu reluisante 121ème place – sur 189 pays et territoires reconnus par l’ONU – avec “un indice (estimé) à 0,686 (qui) le place dans la catégorie (des pays à) développement humain moyen”. Loin derrière l’Algérie qui, elle, occupe la 91ème place mondiale avec un IDH évalué à 0,748, qui la place dans la catégorie des pays “à développement humain élevé”. Et là, il y a lieu de préciser que le recul de la 82ème place qu’occupait l’Algérie en 2019 à la 91ème place qu’elle a occupé en 2020 s’explique par l’introduction du quatrième critère susmentionné; un critère qui a pénalisé tous les pays producteurs de pétrole et ce, à l’instar de “la pétromonarchie du Nord” qu’est la Norvège qui a reculé à la 16ème place après avoir occupé durant plusieurs années d’affilée la tête du classement. 
    Pour en revenir à la sombre réalité sociale prévalant au royaume de M6, que le Makhzen s’échine à cacher, d’autres fléaux la caractérisent. Tous liés à la pauvreté dans laquelle est maintenue une bonne partie de la population marocaine, la prostitution, la pédophilie et la consommation de drogue ne cessent, malgré les dénégations des autorités marocaines, de prendre de l’ampleur. Ce qui a pour conséquences de conforter chez les couches défavorisées de la société marocaine le sentiment qu’elles ont d’être abandonnées à leur sort par le Makhzen. 
    Et, partant, de les pousser à se forger des moyens de survie dans une société qui ne leur fait pas de quartier. Parmi ces moyens, le mensonge, la fraude et l’hypocrisie qui valent au royaume de M6 de figurer en haut du classement mondial des pays où ils sont le plus répandus. 
    Mourad Bendris
    Dzair-tube, 9 jan 2021
    Tags : Maroc, Algérie, fraude, hypocrisie, Makhzen, 
  • Les résonnances sur les machinations du Maroc contre l’Algérie

    Le hacker Chris Coleman a publié des documents confidentiels du ministère des Affaires étrangères et de la Coopération et des Services de renseignement marocains. Le contenu desdits documents divulgués sont exposés sous les rubriques suivantes :

    -les menaces du Makhzen contre l’Algérie ;

    -le dossier du Sahara occidental ;

    -l’offensive marocaine en Afrique ;

    Ces révélations confirment que le Maroc regarde toujours l’Algérie comme son ennemi stratégique exclusif. Dans cette veine, il met en branle une stratégie élaborée, cohérente et touffue visant à consumer l’Algérie. Mais la force de frappe de la monarchie marocaine n’est pas inhérente à son individualité ; elle lui est concédée par les alliances auxquelles il a consenti en endossant le costume de sous-traitant fidèle au bénéfice des uns et de camériste appointé au profit des autres.

    Par la force des choses, la question sahraouie est devenue le lieu d’une surdétermination ; elle semble condenser toutes les inimités que le Makhzen nourrit à l’endroit de l’Algérie, mais ce n’est plus à travers ce dossier qu’il faut envisager la question du leadership régional ; c’est à l’inverse, à travers le prisme de la question de l’hégémonie au plan régional qu’il faut administrer le dossier du Sahara occidental. C’est cette inversion du sens de la détermination provoquée par les retournements géostratégiques en cours, que le Makhzen semble avoir intégré dans sa stratégie visant à bousculer l’Algérie, comme en atteste le contenu des documents officiels marocains dévoilés par Chris Coleman. Quelles sont donc les raisons de cette turbulence marocaine ? Que cherche le Maroc en multipliant les actes d’animosité et d’agressivité contre l’Algérie ?

    1. Divers aspects de la diplomatie marocaine, comme les activités et le financement du lobby pro-marocain agissant jusque dans les plus hautes sphères des institutions onusiennes, les méthodes mafieuses (la corruption, la subornation, etc.), les stratégies et les plans d’actions marocains, pour obstruer la voie à la mise en œuvre des résolutions onusiennes (Conseil de sécurité), et notamment celles sur les rapports des mécanismes spéciaux du Conseil des Droits de l’Homme.

    2. La coopération de la DGED, les services secrets extérieurs du Makhzen avec les services secrets israéliens et la rémunération de journalistes américains, français et italiens, pour convaincre l’opinion publique américaine, que le Front Polisario avait des connexions avec le « terrorisme djihadiste », ainsi que l’accointance de certaines personnalités marocaines avec les associations juives américaines, dans le seul but de faire prévaloir les intérêts du Maroc dans le conflit, qui l’oppose à la République Sahraouie.

    Les documents divulgués par COLEMAN montrent que toute la politique étrangère marocaine et l’activité de la DGDE sont focalisées sur le dossier du Sahara Occidentale. Le Makhzen tente de faire accroire, que la véritable belligérance est celle, qui le confronte à l’Algérie; les dirigeants de la RASD et du Front POLISARIO n’étant, à ses vues, que des « obligés » du pouvoir en place à Alger.

    Ils ont dévoilé, par ailleurs, toutes les manœuvres et les manigances politiques et diplomatiques marocaines pour contrecarrer toutes les démarches initiées par l’Algérie pour régler le contentieux sahraoui, conformément, aux résolutions de l’ONU, pour lui endosser toute la responsabilité, dans la non résolution de cette question, en suspens depuis des décennies, et pour la déstabiliser en menant contre elle une véritable « guerre du cannabis », en attisant les conflits internes, en manipulant et en finançant les activistes de tout acabit, tels que le « Mouvement d’autonomie de la Kabylie » (MAK).

    Le hacker a, entre autres, révélé les dessous du renoncement provisoire des Etats-Unis à leur demande d’élargissement du mandat de la Minurso aux droits de l’homme auprès du Conseil de sécurité de l’ONU.

    Source : Maroc Leaks, 10 jan 2021

    Tags : #Algérie #Maroc #ChrisColeman #Complots #SaharaOccidental

  • En allusion au Maroc : L’Algérie est « capable » de contrer « vos » cyberattaques (Belhimer)

    BELHIMER REPOND, SANS LE NOMMER, AU MAKHZEN : L’Algérie est « capable » de contrer « vos » cyberattaques

    Le ministre de la Communication, porte-parole du gouvernement, Ammar Belhimer, a affirmé, jeudi, que l’Algérie, l’un des pays les plus exposés à la cybercriminalité, « est capable de faire face aux différentes formes de la cybercriminalité grâce à ses moyens juridiques et ses potentialités humaines et matérielles ». « L’Algérie est capable, grâce à ses moyens juridiques et ses potentialités humaines et matérielles, de faire face aux différentes formes de cybercriminalité. L’opérateur public “Algérie Télécom” a créé un centre opérationnel de cybersécurité visant à contrer toutes les attaques électroniques ciblant l’ensemble des structures de l’entreprise », a indiqué Belhimer dans un entretien au site électronique « Dzaïr News ». « La société Kaspersky a fait échouer 95 000 attaques électroniques contre notre pays, classé en 2018, 1er pays arabe et 14e au monde à être exposé aux attaques électroniques. Le site “Facebook” a démantelé, en novembre 2020, 7 réseaux activant en faux comptes et pages dans cinq pays dont le Maroc », a-t-il expliqué.
    Le ministre a précisé que « cette guerre électronique “malveillante”, connue de tous, est contrée au moment opportun et avec l’efficacité nécessaire par les médias nationaux publics et privés, en sus de la réponse des citoyens aux détracteurs de l’Algérie sur les réseaux sociaux ». Ce propos vise, on ne peut plus clair, la dernière attaque émanant de hackers marocains, à l’instigation du Makhzen, qui ont visé des sites algériens. Belhimer a exprimé le souhait de voir les sites électroniques, qui seront créés en vertu du décret exécutif sur l’activité des médias sur internet, participer « avec force » à la lutte contre les attaques électroniques contre l’Algérie et contre toute atteinte à la liberté et la dignité d’autrui. Répondant à une question sur les piliers de la nouvelle approche du secteur de la Communication, le porte-parole du gouvernement a fait savoir que « ces piliers sont tirés du discours du président de la République dans ses 54 engagements qui ont été confirmés par la nouvelle Constitution et qui sont fondés sur la liberté, la responsabilité et le professionnalisme de la presse, outre le respect du pluralisme médiatique et le développement du secteur des médias électroniques ». Les parties concernées œuvrent à « la mise en place d’une nouvelle réalité médiatique à travers l’amendement et le renforcement du système législatif du secteur en focalisant sur l’exploitation des médias électroniques et de proximité pour accomplir les tâches d’information, d’éducation, de divertissement, de sensibilisation et d’accompagnement des efforts visant l’édification de l’Algérie nouvelle, notamment en ce qui concerne la promotion de l’action démocratique, la réalisation de la justice sociale et la lutte contre les attaques hostiles visant l’unité, la sécurité et la stabilité de l’Algérie ».
    La nécessaire prise de conscience collective
    L’occasion était, pour le ministre, de rappeler l’éditorial de la revue El-DJEICH dans son avant-dernier numéro, dans lequel il a été souligné que pour faire face aux plans hostiles qui ciblent le pays « notre peuple doit prendre conscience de la réalité des objectifs cachés que certaines parties hostiles tendent à atteindre, et ce en s’unissant autour des dirigeants du pays pour leur mise en échec ». Face aux plans subversifs ourdis aujourd’hui contre l’Algérie, Belhimer a affirmé que l’union des rangs et la conscience du peuple demeurent « l’enjeu sur lequel nous misons pour mettre en échec toute conspiration et renforcer le front interne, à travers la vigilance, la solidarité et la cohésion pour parer à toute éventualité », lançant un appel général « à faire preuve d’un haut sens de responsabilité suite aux récents développements ayant mis à nu les plans des détracteurs de l’Algérie ». « Nous ne sommes pas face à de simples pronostics quant aux dangers potentiels, notamment le long de nos frontières, mais plutôt devant des vérités avérées, étayées de faits et de rapports spécialisés, et la guerre électronique enragée contre les institutions de l’État et le peuple ne fera que renforcer la conscience du citoyen et l’amour pour son pays ».
    Concernant la vague de réactions nationales et internationales suscitées par la position du président américain sortant Donald Trump, suite à l’annonce de la normalisation des relations entre le Maroc et l’entité sioniste, en contrepartie de la reconnaissance de la prétendue souveraineté du Maroc sur les territoires sahraouis occupés, le ministre a estimé que « le meilleur commentaire » fait à ce sujet et auquel « nous adhérons complètement », c’est la déclaration du Secrétaire général de l’ONU qui avait affirmé: « Nous l’avons dit très clairement, pour nous (ONU), en ce qui concerne le Sahara occidental, tout reste inchangé. La solution au (conflit) au Sahara occidental ne dépend pas de la reconnaissance individuelle par les États. Cela dépend de l’application des résolutions du Conseil de sécurité, dont nous sommes les gardiens ». Pour ce qui est de la situation des Algériens bloqués à l’étranger en raison de la fermeture des frontières dans le cadre de la lutte contre la pandémie du nouveau coronavirus, le ministre a affirmé que la presse nationale, publique et privée, « accomplit son rôle dans la diffusion de l’information dans ce sens, de même que nos représentations diplomatiques à l’étranger et la compagnie aérienne nationale Air Algérie veillent à la prise en charge de ces citoyens pour leur rapatriement dans les meilleures conditions », a-t-il conclu.
    H. M.
    Tags : #SaharaOccidental #Polisario #Maroc #WesternSahara #Marruecos #Morocco #Algérie  #GuerreElectronique
  • La terre en échange de la normalisation : Se conformer aux résolutions de l’ONU

    Depuis sa création, l’Organisation des Nations unies a toujours eu pour vocation d’œuvrer au maintien de la paix et de la sécurité internationales et ce, afin d’épargner au monde les affres de la guerre et des conflits armés. Ceci, outre de donner l’opportunité aux peuples des pays colonisés de décider de leur destin, ce qui est le cas de la République arabe sahraouie démocratique qui demeure, comme tout le monde le sait, la dernière colonie en Afrique. 
    Nassim Boubertakh 
    En vertu de la charte des Nations unies, tous les Etats membres de l’Assemblée générale sont tenus de se conformer exclusivement aux résolutions du seul Conseil de sécurité de l’ONU. Cependant, il n’est jamais mentionné, dans les textes de la charte, que les Etats doivent se conformer aux décisions d’un quelconque pays, quelle que soit sa place et son influence au sein de la communauté internationale. L’Organisation des Nations unies a fait du droit des peuples à l’autodétermination un principe immuable et un des éléments fondamentaux sur lesquels repose la notion de maintien de la paix et de la sécurité internationales, en plus d’être un droit reconnu par tous les pays. En effet, le deuxième paragraphe de l’article 1 de la charte appelle au respect de l’égalité entre les peuples et de leur droit à l’autodétermination, principe duquel l’Algérie a fait un des principaux piliers de sa politique étrangère et la source d’inspiration de la feuille de route de ses principes auxquels elle n’a jamais dérogé. 
    Le 30 août 1988, le Plan de règlement de l’Organisation des Nations unies a imposé au royaume du Maroc d’accepter l’activation de la solution politique et de négocier avec le Front Polisario. Ceci a été couronné par l’annonce du cessez-le-feu, suivi du déploiement de la mission de l’ONU (Minurso) chargée de la surveillance de son application après l’entrée en vigueur de ce dernier, le 6 septembre 1991, auquel tait adjointe la promesse d’organiser un référendum sur l’indépendance, l’année suivant sa signature, comme solution au conflit. Ce référendum n’a cependant pas vu le jour, en raison de l’attitude passive de l’ONU du fait de la pression exercée par de grandes puissances, d’une part, et l’obstination de la partie marocaine qui s’est traduite sur le terrain par les multiples violations perpétrées par ses forces militaires, d’autre part. La dernière en date a été les attaques lancées en novembre 2020, le long du mur de séparation, dans la zone adjacente au passage illégal de Guerguerat, considérées par le Front Polisario comme une transgression et une violation flagrante de l’accord de paix susmentionné. Cependant, on peut dire que ces agissements du royaume du Maroc ne sont guère nouveaux par rapport à la question du règlement. Il compte une longue expérience en matière de violations de la trêve et d’entrave aux efforts des missions de la Minurso, ce qui a incité de nombreux envoyés onusiens à présenter leur démission, à l’exemple du diplomate suisse Johannes Manz ainsi que de James Baker et Christopher Ross. 
    Ces agissements que le Maroc perpétue délibérément sont accueillis par un silence étrange et déconcertant de la communauté internationale, voire ils bénéficient de la bénédiction des grands pays qui font commerce des résolutions de l’ONU, des droits de l’homme et de la défense de la liberté d’expression et il apparaît clairement aujourd’hui, que le royaume du Maroc, à l’ombre du régime actuel, est de plus en plus soumis à des agendas étrangers. Il en est pour preuve l’accord suspect signé entre les décideurs au Maroc et le président américain sortant, Donald Trump. 
    Le deal de la honte que l’histoire ne pardonnera pas 
    Le 10 décembre de l’année écoulée, le très controversé président américain, Donald Trump, avait déclaré, à travers un tweet sur son compte, ce qui suit : «Aujourd’hui, j’ai signé une proclamation reconnaissant la souveraineté marocaine sur le Sahara occidental.» Il a ajouté que «la proposition d’autonomie sérieuse, crédible et réaliste du Maroc est la seule base d’une solution juste et durable pour parvenir à une paix et une prospérité durables» !!! Cette décision douteuse annoncée par le président américain a suscité une large polémique dans les cercles internationaux du fait qu’elle est en totale contradiction avec les résolutions de l’ONU et l’approche onusienne visant à régler la question sahraouie. Par ailleurs, quelques observations ont été retenues et se sont imposées sur la forme et le contenu de ce cadeau que le président américain a offert au royaume du Maroc dans le dernier quart d’heure de son mandat. Ces observations sont: 
    -Du point de vue de la forme, depuis quand la prise de décision internationale d’une importance cruciale est annoncée via les réseaux sociaux ? Ceci outre que M. Trump soit connu pour le grand embarras dans lequel il met chaque fois ses collaborateurs au sein de l’administration américaine à cause de ses tweets. 
    -Dans son tweet, Donald www.mdn.dz El-Djeich N° 690 Janvier 2021 61 Trump a explicitement utilisé l’appellation du Sahara occidental, ce qui constitue une preuve concluante qu’au fond de lui-même, il ne croit pas à la souveraineté marocaine sur le Sahara occidental, mais qu’il voulait plutôt conclure un accord avec le Maroc en échange de sa normalisation avec l’entité sioniste, c’est-à-dire la terre en échange de la normalisation. 
    -Seules les résolutions du Conseil de sécurité sont contraignantes et imposent aux Etats de les mettre en œuvre. Quant à l’annonce du président américain du 10 décembre 2020, elle n’engage personne et est considérée du point de vue juridique comme un non-événement. 
    -M. Trump est libre d’exprimer sa position -qui n’engage que lui-en considérant que «la proposition d’autonomie du Maroc est la seule base d’une solution juste et durable pour parvenir à une paix et une prospérité durables !!!». 
    Ce faisant, cela va à l’encontre de la position onusienne et met la prochaine administration américaine dirigée par Joe Biden dans un grand embarras. Selon la tradition américaine, la période suivant l’annonce des résultats de l’élection présidentielle est utilisée afin que les deux équipes, celle du président élu et du président sortant, procèdent au transfert du pouvoir, en raison de la complexité qui caractérise la scène politique américaine. Cependant, M. Donald Trump a brisé toutes les barrières et a pris des décisions contraires à la légitimité internationale, qui viennent s’ajouter à la longue liste de décisions controversées prises pendant son mandat électoral. Ce qui n’est pas étrange de la part d’un président qui a suggéré d’injecter du désinfectant alcoolique dans le corps humain pour faire face au virus de la Covid-19 en évoquant les recherches sur la découverte d’un vaccin efficace contre la pandémie, au grand dam de la communauté médicale et scientifique internationale. 
    Concernant la position de l’Organisation des Nations unies par rapport au décret américain, le porte-parole du secrétaire général de l’organisation a estimé que la position d’Antonio Guterres est inchangée concernant la question du Sahara occidental et qu’il est encore possible de parvenir à une solution sur la base des seules résolutions du Conseil de sécurité des Nations unies. Dans le même contexte, le ministère des Affaires étrangères russe a exprimé le rejet par son pays de l’annonce américaine, soulignant par là même qu’elle constitue un obstacle supplémentaire aux efforts des Nations unies et qu’elle portait atteinte aux fondements juridiques reconnus sur la scène internationale, relatifs au règlement du problème du Sahara occidental et qui nécessite de déterminer le statut final de ce territoire à travers la tenue d’un référendum. A l’opposé, l’histoire retiendra que le royaume du Maroc, dont le chef de la diplomatie avait ouvertement déclaré l’existence d’un bureau de liaison entre son pays et l’entité sioniste et ce, depuis 1994, vient de sacrifier la cause palestinienne, suite à la déclaration américaine, soutenant sa position injuste concernant la question sahraouie. Pire encore, les responsables marocains ont justifié cet acte de normalisation des relations avec l’entité sioniste, en soulignant que cela ne se ferait pas au détriment de la cause palestinienne ! Ici, une question nous interpelle : comment le royaume du Maroc prétend-t-il la cause palestinienne alors qu’il ouvre son espace aérien, des bureaux de liaison de l’entité sioniste et en normalisant les relations diplomatiques dans tous les domaines ? 
    L’Algérie : des positions constantes 
    L’Algérie a exprimé sa position ferme et constante de soutien aux causes de libération et au droit des peuples à l’autodétermination. Une position découlant des référents et principes historiques édictés par la Déclaration du 1er Novembre. Par conséquent, ses positions sont immuables. Elle vient de réitérer sa position à travers une déclaration officielle du ministère des Affaires étrangères concernant les développements récents, affirmant que le conflit du Sahara occidental est une question de décolonisation qui ne peut être réglée que par l’application du droit international et des résolutions pertinentes des Nations unies et de l’Union africaine. C’est-à-dire que l’exercice par le peuple sahraoui de son droit à l’autodétermination et à l’indépendance est inaliénable, conformément à la résolution de l’ONU n°1514 qui stipule l’octroi de l’indépendance aux pays et aux peuples coloniaux. Résolution, dont la communauté internationale vient de célébrer le soixantième anniversaire l’année écoulée. La position algérienne considère également que l’annonce du président américain sortant n’a aucune valeur juridique, du fait de son incompatibilité avec toutes les résolutions des Nations unies, en particulier celles du Conseil de sécurité se rapportant à la question du Sahara occidental, dont la dernière en date est la résolution 2548, adoptée le 30 octobre 2020, qui a d’ailleurs été formulée et défendue par la partie américaine elle-même. 
    Le communiqué du ministère des Affaires étrangères a conclu que l’Algérie, dont la position se réfère à la légitimité internationale, est contre l’imposition de la force et la conclusion d’accords douteux et renouvelle par là même son soutien ferme à la juste cause du peuple sahraoui. Ceux qui nourrissent l’illusion que l’évolution de la situation dans le proche voisinage géographique de l’Algérie pourrait la faire dévier de ses positions et la dissuader d’exprimer ses positions honorables, seront bien déçus. Bien au contraire, l’Algérie représente une force stabilisatrice importante dans une région minée par les conflits et les guerres. C’est ce qui l’a poussée à fédérer la plupart des efforts visant à assurer la sécurité, en veillant toujours à apporter sa contribution au règlement des différends et conflits par des moyens pacifiques, conformément aux résolutions de l’ONU. Son poids militaire, géographique et économique l’a qualifiée à tenir ce rôle pivot. L’Algérie qui sait parfaitement ce que «vivre sous le joug du colonial » veut dire, qui connaît également l’ivresse que procure le recouvrement de sa liberté, de sa souveraineté nationale et d’arracher son territoire des griffes du colonialisme, ne pourra jamais dévier de ses principes et continuera d’activer auprès de la communauté internationale pour la convaincre de traiter la juste cause du Sahara occidental conformément à la légalité internationale qui stipule le respect du droit des peuples à l’autodétermination.
    El Djeich, janvier 2021
    #Algérie #Maroc #SaharaOccidental #Polisario #ONU #DonaldTrump #Israël #Normalisation
  • Maroc : De l’oseille pour Jeune Afrique

    Maroc, Jeune Afrique, Makhzen, Algérie, #Maroc, #Algérie,

    Selon une facture obtenue par Maroc Leaks, le Makhzen a payé, pour la période 2010-2011, le montant de 700.000 euros au magazine Jeune Afrique. De quoi répondre à la fameuse question « qui finance les publications de François Soudan »?.

    En 2005, le Journal Hebdomadaire a enquêté sur les liens occultes existant entre le régime marocain et Jeune Afrique. Voici le texte intégral de leur enquête :

    Le régime du maroc finance le groupe jeune Afrique
    Maroc: De l’oseille pour « jeune afrique »

    Le Journal Hebdo, 04-10-2005

    Comment le régime « finance » le groupe de Béchir Ben Yahmed pour soigner son image.

    Quelle est la vraie nature des liens que tisse le Maroc avec le groupe Jeune Afrique ? Un coin du voile est désormais levé sur la face cachée des relations, entre le royaume et le groupe de presse Jeune Afrique. Les documents que le Journal Hebdomadaire s’est procuré attestent d’une relation plus catholique. Les accusations n’ont jamais manqué. Voyons plutôt. Selon les données figurant sur l’échéancier de paiement que le Journal s’est procuré, le Maroc s’est engagé à verser 994.000 euros à DIFCOM, agence de communication et régie publicitaire appartenant au groupe Jeune Afrique. Cet échéancier d’encaissement stipule que le Maroc doit s’acquitter de ce montant en trois tranches ou versements, étalés sur un an. Toutefois, les modes de règlement n’ont pas été précisés…

    Qu’a obtenu le régime marocain en contrepartie de ces 994.000 euros ? DIFCOM s’est-elle engagée à assurer la publication d’une série d’articles positifs sur le Maroc ? La constellation Jeune Afrique mettait-elle à la disposition du royaume son réseau « France-Afrique » ? Pourquoi payer autant d’argent à ce groupe pour qu’il soigne l’image du Roi du Maroc ? Les échéanciers de DIFCOM attestent qu’en 2002 et 2003, les présidents de pays comme la Mauritanie, le Gabon, le Cameroun, la Guinée équatoriale, le Togo, ou le Rwanda ont assuré au groupe Jeune Afrique une manne de plusieurs millions d’euros. Pourquoi le Maroc recourrait-il à ce qui semble bien être des stratagèmes de républiques bananière pour soigner son image ? A noter que l’Algérie passe aussi à la caisse pour un montant quasi égal à celui versé par le Maroc (950.000 euros). Preuve, sans doute, des talents de négociateurs des dirigeants de JAI qui savent tirer le maximum des rivalités régionales sur le continent africain.

    Les visites du « Grand blond »

    Les articles de JAI consacrés au royaume et au roi du Maroc, en 2003 par exemple, se passent de tout commentaire (voir P. 32).
    Les visites de François Soudan, le directeur de la rédaction de JAI, au Maroc se suivent et se ressemblent. Elles sont régulières. Le « grand blond normand », comme l’appellent familièrement ses amis, est royalement accueilli. Logé dans les meilleurs palaces, François Soudan dispose, pendant tout son séjour au Maroc, d’une voiture et d’un chauffeur 24h/24. Ce traitement VIP dont bénéficie le directeur de la rédaction de JAI au royaume fait vraisemblablement partie de ce fameux « contrat de communication ». En tout cas, François Soudan multiplie les « missions spéciales » au Maroc. Il est reçu et briefé par tous les hommes forts du pouvoir comme Fouad Ali El Himma, Hamidou Laânigri, Meziane Belfkih et André Azoulay. Au Maroc et ailleurs, les accusations pointent constamment du doigt le groupe Jeune Afrique. Un article du Canard Enchaîné, daté du 8 juin 1994 considère J.A.I. comme le « spécialiste des dossiers de pub politique ». Et enchaîne, à propos d’une commande encensant l’ex-dictateur du Togo : « A croire que cirer les pompes du général Eyadema, un peu massacreur sur les bords, ne gêne en rien les dirigeants de Jeune Afrique. Des récidivistes, d’ailleurs ». Pour développer et rentabiliser ses « marchés » sur le continent noir, Béchir Ben Yahmed profitait de son amitié avec un certain Jacques Foccart, le monsieur Afrique de la France. Ce dernier, pour mener à bien sa diplomatie parallèle, mettait le patron de Jeune Afrique sur des sujets « porteurs ». Cette amitié avec l’homme qui joua un rôle de premier plan dans le maintien de la dépendance des pays africains en dit long sur l’action émancipatrice du groupe Jeune Afrique, véritable machine à sous ! Les sommes versées par le Maroc pour s’adjuger les faveurs éditoriales de JAI est une pratique qui ne date pas seulement du nouveau règne. Hassan II a souvent eu du mal à gérer BBY.

    Une vieille histoire

    Tantôt, il profite de ses écrits panégyriques, tantôt, il subit ses foudres « éditoriales ». Cela dépend-il de la générosité du palais royal ? Il y eut des hauts et des bas. Irrité par la méchanceté de BBY qui n’hésite pas à l’attaquer personnellement dans ses éditos, Hassan II décide d’interdire la diffusion de Jeune Afrique au Maroc pendant toute une décennie, entre 1965 et 1975. Mais, pendant toute cette période, Ben Yahmed profite du soutien inconditionnel de l’Algérie de Houari Boumediene. « Béchir a eu tout ce qu’il voulait d’Alger. Jeune Afrique était ouvertement pro-algérien et catégoriquement anti-marocain », explique un ancien journaliste rescapé de la boîte, qui coule sa retraite à Paris. « L’anti-marocanisme » de Jeune Afrique est alors essentiellement décliné par des enquêtes accusant l’implication des barbouzes du roi dans l’enlèvement de Medhi Ben Barka, et des articles soutenant les deux putschs avortés contre Hassan II, en 1971 et 1972. Des papiers qui portent la signature de Younes Berri, qui n’est autre que l’ancien opposant socialiste exilé à Paris, Hamid Barrada. Toutefois, grâce aux bons offices de Houphouët Boigny, ancien président de la Côte d’Ivoire, et un lobby pro-marocain mené par Serge Guetta, un financier parisien, ami de Ben Yahmed et André Azoulay, alors directeur commercial du groupe français Scoa, les relations entre Rabat et Jeune Afrique reprennent de plus belle. Profitant d’un incident avec l’Algérie, Ben Yahmed ferme, sans hésiter, son bureau à Alger en février 1975, tourne le dos à Houari Boumediene et entame une nouvelle page avec le Maroc. Désormais, BBY compte sur ses appuis dans l’entourage du Roi « C’était Mohamed Cherkaoui, alors ambassadeur du roi dans l’Hexagone et son beau-frère qui était l’émissaire de Hassan II auprès de Jeune Afrique », nous révèle cet ancien collaborateur de Jeune Afrique. A quelques mois de la Marche verte, Jeune Afrique lâche Alger et épouse, corps et âme, la thèse de Hassan II, conseillé par Ahmed Réda Guédira. L’hebdo va d’ailleurs jouer un grand rôle dans la médiatisation de sa version du dossier Sahara auprès d’une grande partie de l’Afrique francophone. A la manière d’un attaché de presse… Boumediene fulmine, il se sent trahi. Lui qui comptait beaucoup sur Ben Yahmed et son canard dans sa campagne de propagande en faveur de la RASD. Au sein même de la rédaction de la rue d’Auteuil, trois journalistes défendent, depuis quelques années déjà, la cause marocaine. Il s’agit de l’Algérien Hamza Kaidi, du Tunisien Abdelaziz Dahmani et du Marocain Mohamed Selhami. Ce trio dispose d’un bon carnet d’adresses au royaume. Leurs rapports avec les décideurs marocains sont plus qu’excellents. Ce qui arrange inévitablement les affaires de Ben Yahmed. Ce dernier accueille, les bras ouverts le général Ahmed Dlimi, un de ses contacts marocains les plus privilégiés, à chacun de ses passages à Paris. « Avec Dlimi, Ben Yahmed finissait toujours par avoir ce qu’il voulait du Maroc », nous explique-t-on. La lune de miel entre Rabat et Jeune Afrique ne va pas pour autant être affectée par la mort subite de l’ex-patron du CAB1. Et puis, en pleine guerre du Sahara, Hassan II a toujours besoin des « précieux services » du magazine des « présidents africains ». Driss Basri, ministre de l’Intérieur et de l’Information, l’a d’ailleurs très bien compris. Il répond favorablement à toutes les sollicitations et les démarches de François Soudan, désormais le journaliste attitré et l’émissaire officiel de Ben Yahmed au Maroc.

    Opération séduction à 1 million

    « Pendant plusieurs années, nous avons financièrement soutenu Jeune Afrique. Et l’on n’a pas lésiné sur les moyens pour satisfaire leurs doléances qui étaient récurrentes », reconnaît D.Basri. Ce dernier confie ainsi à Othmane Bouabid, son chef de Cabinet, la gestion du « dossier Jeune Afrique ». Le soutien financier auquel fait allusion l’ancien ministre de l’Intérieur se répartit globalement en éditions spéciales et autre manne publicitaire des annonceurs institutionnels publics marocains, voire même privés. Après son retrait spectaculaire de l’OUA, en 1984, Hassan II ne peut pas se permettre pour autant le luxe de la politique de la chaise vide. Il a compris que la bataille du Sahara se joue aussi dans les médias. C’est ainsi qu’à l’occasion de l’assemblée générale des Nations Unies à New York, en 1985, le Maroc commande à Jeune Afrique une édition spéciale de cent mille exemplaires consacrée au dossier du Sahara, en trois langues. Mais en raison d’un problème technique, la photo de Hassan II en couverture de cette édition a été déformée. Les Marocains ont demandé et obtenu son ramassage. Trois semaines plus tard, Béchir Ben Yahmed exige et finit tout de même par être payé malgré son édition ratée. L’opération aurait coûté la bagatelle de 1 million de francs français.

    Mais Hassan II en a ras-le-bol. La chute du mur de Berlin, le cessez-le-feu avec le Polisario en 1991 et le plan de référendum proposé par l’ONU, finissent par convaincre Hassan II de la caducité de son « partenariat » avec Jeune Afrique. « Nous avons alors décidé d’arrêter notre collaboration pour des considérations mutuelles, en 1993 » (sic !), dira D.Basri. Ce dernier avoue même avoir personnellement donné quelque temps après l’ordre d’interdire la distribution de Jeune Afrique au Maroc, et ce à maintes reprises. Malgré ce « divorce », Jeune Afrique a continué à souffler le chaud et le froid sur Hassan II, depuis sa maladie jusqu’à son décès, et même après ! Dans Jeune Afrique n°2012, du 30 juillet au 9 août 1999, qui contient un spécial sur la mort de Hassan II, Béchir Ben Yahmed fait d’une pierre deux coups. Il instruit un procès de Hassan II à titre posthume et envoie des messages codés à son successeur. Messages que son entourage aurait finir par recevoir cinq sur cinq !

    Le trône « Peopolisé »

    Cette évolution est intéressante car elle souligne une régression notable dans la gestion de l’image du nouveau règne. Déjà, Hassan II avait pu se passer des services d’une presse « commerciale » puisque les réformes entamées durant les dernières années de son règne se « vendaient toutes seules ». La presse économique internationale a, la première, souligné les réformes économiques du Royaume avec, notamment, un programme de privatisation et de réforme des marchés financiers qui a suscité les commentaires favorables des quotidiens d’affaires les plus crédibles. Le Financial Times consacre ainsi, dès 1994, un supplément, à la tonalité positive, sur l’économie marocaine. Avec l’alternance et la nomination d’Abderrahman Youssoufi à la tête du gouvernement, Hassan II réalise une formidable opération de marketing politique. La très anti-monarchiste « l’Huma » titre un de ces articles sur le royaume en avril 1999, c’est-à-dire 4 mois avant le décès de Hassan II : « Le printemps marocain ». L’avènement du règne de Mohammed VI est accueilli avec encore plus d’enthousiasme. Le Wall Street Journal se fend d’un article, à la limite du dithyrambe, pour saluer l’arrivée du nouveau roi. Time Magazine publie la première interview du successeur de Hassan II avec reportage photo à l’appui. Avec les premiers errements, et notamment les dérapages sécuritaires, l’image du régime s’étiole. Les architectes de la communication de la monarchie réagissent par la « peopolisation » de la famille royale avec l’octroi d’un accès privilégié aux reporters de Paris Match. L’autre réaction, nous le savons aujourd’hui, est le retour des bonnes vieilles méthodes avec ce cher JAI. L’année 2003 est symptomatique de ce revirement. Pourquoi ? D’abord parce que c’est l’année, avec 2002, où l’existence d’un contrat de communication entre le Maroc et Difcom est prouvée. Mais aussi parce que 2003 est l’année où, depuis l’accession de Mohammed VI au trône, le pouvoir a le plus eu besoin de « communiquer » avec la communauté internationale et avec les Marocains.

    Flash-back. 2003 est sans conteste l’« annus horribilis » pour le Maroc. Tout d’abord avec les attentats de Casablanca le 16 mai qui traumatisent l’opinion et relancent le débat sur la place des islamistes en politique. Mais aussi avec l’encaissement d’un sérieux revers diplomatique lorsque Washington avalise le plan Baker II rejeté par un Maroc sommé de faire une contre-proposition. A cela s’ajoutent des éléments de politique intérieure déstabilisants pour le régime : le sempiternel débat sur la sacralité du roi dans une hypothétique réforme de la Constitution, des rumeurs portant sur des irrégularités lors du scrutin de septembre 2002, la montée du PJD et d’Al Adl wal Ihsane… Sans oublier un durcissement à l’encontre de la presse indépendante comme en témoigne l’affaire Ali Lmrabet.

    Dès lors, on devine les tentations du régime : rebondir sur les attentats de Casablanca pour positionner le roi au sein d’une nouvelle donne alors qu’il entre dans sa 4è année de règne et prête le flan à un vrai premier bilan. Et, pourquoi pas, au passage, en profiter pour affaiblir les islamistes, grand défi à la monarchie pour les années à venir et cette presse dite « indépendante » qui stigmatise chaque faux pas ? Résultat : ballottée au rythme de l’actualité, l’image du royaume se ternit au point que de réelles avancées comme la réforme de la Moudawana ne suffisent plus à redorer son blason. D’où la tentation d’emprunter des chemins de traverse…

    Tags : #Maroc #MonarchieAlaouite #JeuneAfrique #FrançoiaSoudan #BéchirBenyahmed #Françafrique

  • Le Haut conseil de sécurité se penche sur la politique belliqueuse de Rabat

    La réunion du Haut Conseil de sécurité lundi n’est pas passée inaperçue pour les observateurs. Elle ne peut être de routine ou fortuite, bien qu’elle intervient après plusieurs semaines d’absence du chef de l’État pour des soins médicaux et une longue convalescence.

    Selon le communiqué, la convocation de la plus haute instance où siègent les plus hauts responsables civils et militaires du pays, est intimement liée à la conjoncture complexe à tous les niveaux sur les plans interne et externe.
    Pour la présidence, il s’agit d’une réunion « consacrée à l’évaluation de la situation générale, notamment politique et économique, ainsi que des derniers développements dans l’environnement régional direct et international ». Autant dire d’un vaste examen des dossiers les plus brûlants qui font aujourd’hui l’actualité et remuent encore les tensions dans la région.
    L’une des plus inquiétantes, est certainement la situation délicate sur le plan régional à l’ouest, au sud et à l’est de nos frontières. En plus des profondes mutations et effervescences que connaissent les mouvements terroristes dans les zones sahéliennes, revigorés par les récentes tractations et paiements de rançons de la part de l’État français, c’est le déclenchement de la seconde guerre au Sahara occidental qui semble bouleverser toutes les données. Une guerre de libération, menée par les sahraouis, qui va sans doute bouger des certitudes et créer une nouvelle configuration géostratégique. Car, en quelques semaines de la violation du cessez-le-feu par le makhzen, Rabat annonce officiellement des accords importants avec l’entité sioniste, dans un marché de vente concomitante, avec Washington.
    La politique belliqueuse du voisin marocain est une nouvelle fois prouvée par des agressions de type inédit, celles d’inonder nos frontières et notre littoral de quantités incroyables de drogue. La menace marocaine sur la stabilité de l’Afrique du nord est désormais avérée et devient source de tension réelle. Car, en plus de ses agitations subversives et sa volonté d’affaiblir l’Algérie, Rabat a mis tout son poids dans le dossier épineux de la Libye, juste pour contrecarrer les intérêts diplomatiques et économiques algériens.
    D’ailleurs, certains observateurs et diplomates estiment qu’il serait opportun maintenant de repenser complètement nos rapports avec le régime monarchique de Mohamed VI, de réévaluer tous les contentieux et d’opter carrément pour une politique diplomatique, économique et médiatique offensive avec cet encombrant voisin.
    L’Algérie possède des atouts et des cartes à faire valoir pour sortir de la léthargie et de la mollesse qui l’ont impactés durant de longues années face aux politiques belliqueuses et sournoises du Maroc, devenu ennemi de la stabilité et de la paix dans la région.
    Le communiqué de la présidence est clair, bien qu’il soit allusif, quand il précise que « le Président Tebboune a salué les efforts déployés pour la préservation de la stabilité générale dans un environnement régional tendu et très complexe ».
    Ajoutant que le président de la République a “insisté sur le maintien de la vigilance à tous les niveaux afin de permettre à l’Algérie d’enclencher les étapes importantes à venir en adéquation avec les défis de l’année 2021, à la lumière des développements inédits survenus récemment dans la région, particulièrement dans l’espace régional voisin”.
    Au menu de cette réunion du Haut Conseil de sécurité, Tebboune a examiné la situation politique et économique du pays à la lumière des derniers développements. Avec le prochain début de la campagne de vaccination contre la Covid-19, l’Algérie entre maintenant dans une nouvelle période post-pandémie, où il est question de relancer l’économie, d’impulser une dynamique dans la croissance et mettre en place un plan d’urgence.
    Il est évident que sur le plan politique, l’opinion s’attend à des annonces, comme promis, celles de la tenue des élections législatives et communales anticipées, pour renouveler les composantes humaines de ces Assemblées populaires, fer de lance de toute mobilisation et renforcement du front interne.
    Tags : #Algérie, #Maroc, #SaharaOccidental
  • Complots du Maroc contre l’Algérie

    Maroc : Comment la DGED a manipulé le dénommé MAK

    La boîte mail de Mourad El Ghoul, chef de cabinet de Yassine Mansouri, continue de dévoiler les secrets de la DGED. Parmi les secrets les lieux entretenus par le service de renseignement makhzénien, les liens qu’il entretient avec le Mouvement pour l’Autonomie de la Kabylie (MAK), dirigé par le traître Ferhat Mehenni, dont les relations avec d’autres services étraangers, y compris le Mossad, ne sont plus à prouver. L’argent qu’il recevait non plus.

    Il est maintenant établi que les Marocains ont fourni assistance à Ferhat Mehenni pour fomenter une insurrection dans la région de Kabylie, sans évaluer ces conséquences devastatrices, pas seulement pour l’Algérie mais également au Maroc, en proie aussi à plusieurs mouvements insurrectionnels indépendantistes, notamment dans la région du Ri.

    Comme le prouvent ces emails, Mourad El Ghoul demandait à ses acolytes Ahmed Charai, Nadia Jalfi, Abdelmalek Alaoui, Karim Bouzida, Claude Moniquet, Ali Bahaijoub, Jean Louis Martienelli, Hasna Daoudi, Said Ida Hassan, Sidy Gay, etc, d’écrire des articles au titre accrocheur tels que « Violences algériennes anti-Kabyle » ou « violences policières en Kabylie », pour tromper l’opinion internationale sur la réalité des choses.

    Mourad El Ghoul entretenait des conctacts avec des membres du MAK utilisant les adresses mail postmaster@makabylie.org et president@makabylie.org. C’est lui qui a programmé et dirigé les actions de Meheni en France et aux Etats-Unis en vue de promouvoir les plans conspirtoires de ce dernier contre son pays, l’Algérie. Sous les ordres d’Ahmed Charaï, le journaliste français Vincent Hervouet a reçu le mercenaire kabyle dans son programme « Ainsi va le monde » sur les antennes de LCI.

    Il y a lieu de rappeler que les services de renseignement du Maaroc ne sont pas à leur première action malveillante à l’égard de l’Algérie. Ils ont déjà manipulé l’organisation terroriste GIA, à laquelle ils ont aussi fourni assistance dans la mise en place de filière d’acheminement d’armes à partir de l’Europe durant les années 1990.

    Le cas de l’ex-chef du GIA, Layada, est un exemple édifiant de la manipulation par le Maroc du terrorisme islamiste.

    A travers cette manipulation, le Maroc voulait affaiblir l’Algérie afrin de priver les sahraouis de leur soutient dans leur lutte pacifique contre le colonialisme marocain. Mais c’était peine perdue.

    De même pour le Mouvement subversif de Ferhat Mehenni, la DGED croyait qu’en alimentant un mouvement inssurrectionnel en Kabylie, elle allait gagner la bataille diplomatique contre l’Algérie sur le dossier du Sahara Occidental. Ce pays s’est de nouveau trompé dans ses calculs, car ceci n’a pas empêché le Front Polisario d’enregistrer plusieurs victoires diplomatiques sur la scène internationale. D’ailleurs, le soutien algérien à la lutte sahraouie pour l’indépendance n’a pas bougé d’un iota. Pour preuve, Alger a applaudi la décision des autorités sahraouies de reprendre la lutte armée contre l’occupant marocain.

    Loin de réaliser ses objectifs, les agissements du Makhzen se sont retournés contre lui. Son saction visant à mobiliser les kabyles a ravivé le sentiment nationaliste dans la région du Rif où la population rifaine vit, depuis les années 1950, dans la marginalisation, la répression et l’humilliation.

    Source : Maroc Leaks, 5 jan 2021

    Tags : Maroc, Algérie, MAK, Kabylie, Ferhar Mehenni, Layada, GIA, Sahara Occidental, Front Polisario,