Étiquette : corruption

  • Le PE renforce sa commission spéciale sur l’ingérence étrangère après le Qatargate

    Tags : Parlement Européen, corruption,

    La commission spéciale du Parlement européen sur l’ingérence étrangère se voit confier de nouvelles tâches et responsabilités à la suite d’allégations d’ingérence étrangère présumée et de corruption qui ont conduit à l’arrestation de l’ancienne vice-présidente du PE, Eva Kaili.

    Mardi, les députés ont approuvé une mise à jour du titre et des responsabilités de la commission spéciale existante, qui avait tenu sa première réunion le 12 mai 2022.

    Afin de protéger le PE des affaires de corruption telles que celles qui font actuellement l’objet d’une enquête, il sera désormais chargé d’identifier les lacunes des règles du Parlement en matière de transparence, d’intégrité, de responsabilité et de lutte contre la corruption. Il devra également proposer des mesures à moyen et long terme et émettre des recommandations de réformes.

    Selon la décision approuvée par les députés, son travail devrait s’appuyer sur les résolutions du PE et les meilleures pratiques d’autres parlements et institutions, en étroite coopération avec la commission des affaires constitutionnelles et la commission des affaires étrangères, indique le texte de la décision.

    La commission spéciale devrait maintenant présenter son rapport final axé sur ses nouvelles tâches pour adoption par les députés en plénière en juillet au plus tard.

    #Qatargate #Parlement_européen #Corruption

  • L’émir du Qatar rencontrera Macron à Paris sur fond de scandale de corruption dans l’UE

    Tags : Parlement européen, corruption, France, Qatar, Emmanuel Macron,

    L’énergie et les importations de gaz naturel liquéfié seront à l’ordre du jour.

    PARIS — L’émir du Qatar Tamim bin Hamad Al Thani rencontrera Emmanuel Macron au palais de l’Elysée à Paris mercredi après-midi, selon le bureau du président français.

    Cette visite intervient au milieu d’un important scandale de corruption impliquant des membres du Parlement européen qui auraient été illégalement influencés par des responsables qatariens. Le scandale a mis en lumière les liens historiquement étroits entre la France et le Qatar .

    Macron et le dirigeant qatari discuteront « du renforcement du partenariat entre [les deux] pays pour faire face aux défis régionaux et mondiaux », a indiqué l’Elysée dans une note.

    L’énergie et les importations de gaz naturel liquéfié seront également à l’ordre du jour selon Sihem Souid, une lobbyiste représentant les intérêts qatariens en France.

    L’émir assistera également à un match de football de la Ligue des champions entre le Paris Saint-Germain, propriété du Qatar, et le Bayern Munich à Paris mardi, a déclaré le même lobbyiste.

    L’émir s’est également rendu en Italie lundi.

    Jeudi, le vice-Premier ministre du Qatar et chef du fonds souverain de l’émirat Mohammed bin Abdulrahman Al Thani déjeunera avec le ministre français de l’Economie Bruno Le Maire. Les deux discuteront des « investissements » et de « l’attractivité » de la France, a déclaré un responsable du ministère français de l’Economie, notant que le déjeuner faisait suite à la visite de Le Maire au Qatar le mois dernier.

    Politico, 13/02/2023

    #Qatargate #Qatar #Maroc #Parlement_européen #Corruption

  • Qatargate : Le juge Michel Claise trahi par l’Elysée

    Tags : Maroc, DGED, France, Marocleaks, hacker Chris Coleman, Parlement Européen, corruption,

    Quelle sera la réaction du juge belge chargé de l’instruction de l’affaire Qatargate après les informations diffusées par Le Figaro. Une exclusisivité utilisée par la diplomatie française pour envoyer une alerte aux responsables marocains susceptibles d’être concernées par le mandat d’arrêt international émis par le parquet belge.

    Nous ne voulons pas une répétition de l’affaire Hammouchi qui en 2013 a provoqué une crise entre la France et le Maroc, semble être le message lancé par Paris aux autorités marocaines. Curieusement, cette crise se trouve derrière l’apparition des Marocleaks dont les documents révélés servent actuellement comme preuve accablante contre les détenus dans le cadre de l’affaire Qatargate.

    Le message est d’une clarté épostouflante : Il prévient « plusieurs responsables marocains » qui « ont des enfants en France » qu’ils pourraient être arrêtés « à leur descente d’avion ». Le message vise, entre autres :

    – Yassine Mansouri et l’un de ses subordonnés, Mohammed Bellahrach, recherché notamment en France où il dirigeait l’antenne de la DGED,

    – Abderrahim Athmoun, l’ambassadeur du Maroc en Pologne qui faisait de porte-valises

    -Lahcen Haddad, qui a remplacé le porteur de valises Abderrahim Athmoun à la tête de la commission parlementaire mixte Maroc-UE

    #Maroc #UE #Qatargate #France #DGED

  • Maroc : Mandat d’arrêt contre Yassine Mansouri

    Tags : Maroc, France, Parlement européen, corruption, DGED, services secrets,

      Des responsables des services secrets marocains sont demandé par la justice belge.

      Les juges de Bruxelles ont émis des mandats d’arrêt contre des responsables marocains et principalement contre le directeur des renseignements, Mohamed Yassin al-Mansouri.

      Ces mandats font suite aux enquêtes des services de sécurité belges qui sont arrivés à prouver l’implication des poursuivis dans l’affaire de corruption de l’Union européenne, connue sous le nom de « Maroc Gate ».

       Ces mandats ont été délivrés à la justice française, afin d’arrêter les responsables marocains, en vertu de leur résidence sur le sol français, selon ce qu’a rapporté lundi le journal « Le Figaro ».

      Selon le journal français, qui a publié une photo du directeur du renseignement marocain en tête de la liste des personnes recherchées, la justice belge a remis à son homologue français la liste des Marocains recherchés afin de les arrêter, notant qu’un diplomate français a commenté le cas que ces responsables marocains avaient des enfants vivant en France, et cette dernière s’est retrouvée dans l’embarras, car « l’affaire va aggraver sa relation avec le Maroc, donc elle ne veut pas les arrêter à la descente de l’avion alors qu’ils viennent voir leurs enfants en France », a-t-il déclaré.

      Les mesures prises par la justice belge interviennent quelques jours après que la police belge a arrêté vendredi dernier le député belge Mark Tarabella, impliqué dans la même affaire après que le Parlement européen a levé son immunité parlementaire.

      #Maroc #France #Qatargate #Parlement_européen #Corruption

    • Qatargate : Mandat d’arrêt contre des responsables marocains

      Qatargate : Mandat d’arrêt contre des responsables marocains

      Tags : Maroc, Parlement européen, corruption, France,

      Selon George Malbrunot, la justice belge a transmis aux autorités françaises des mandats d’arrêt contre « plusieurs responsables marocains » impliqués dans le Qatargate, révèle Le Figaro. « Nous sommes embarrassés, confie un diplomate. Ces personnes ont des enfants en France « .

      « Nous n’aimerions pas devoir les arrêter à leur descente d’avions s’ils venaient les voir. Ce sont des gens auxquels on n’aimerait pas toucher. Cela ferait mauvais effet alors qu’Emmanuel Macron doit se rendre prochainement en visite au Maroc », ajoute cette source diplomatique.

      « Emmanuel Macron doit se rendre au Maroc, en février probablement; mais on n’a encore pas de date. Les Marocains aimeraient que nous publiions un communiqué contre l’Algérie avant », ajoutait ce diplomate, il y a quelques jours, indique le journaliste français.

      Selon The Economist la France a tourné le dos au Maroc : L’enfant gâté et choyé lâché par ses parrains – Ce qui n’était qu’une vague impression est aujourd’hui devenue une réalité aux yeux de l‘hebdomadaire britannique, The Economist, pourtant pas tendre envers l’Algérie.

      Le journal a publié un nouvel article dans lequel il estime que la France a abandonné le Maroc pour se rapprocher d’Alger. L’hebdomadaire britannique, a évoqué les relations diplomatiques entre la France, l’Algérie et le Maroc où il a expliqué que le gouvernement français «se rapproche de son homologue algérien et s’éloigne de celui du royaume chérifien». Ce rapprochement entre Algériens et Français s’explique, selon lui, par les intérêts économiques et géopolitiques que partagent les deux pays, la visite du président français, Emmanuel Macron, en Algérie en août dernier.

      En plus de celles du chef d’état-major de l’ANP à Paris, il y a quelques jours, autant d’éléments qui renforcent cette position. Ce qui ne serait pas le cas du Maroc a encore fait savoir le journal. Ce dernier a fait savoir que le royaume est responsable, en partie, de la baisse de l’enthousiasme français envers lui. Il a souligné que la principale cause de la dégradation des relations politiques entre la France et le Maroc est «l’absence du roi Mohammed VI sur la scène politique internationale». Ce dont a profité l’Algérie qui milite sur plusieurs fronts régionaux (africain, arabe et le reste du monde).

      Par ailleurs, l’article a indiqué que le souverain du Maroc avait passé environ 4 mois sur le sol français l’année dernière. Et pendant son séjour, écrit-il, il n’a eu aucune rencontre avec le chef de l’État de ce pays. Ce même article a fait savoir que le parti politique du président Macron avait soutenu la résolution du Parlement européen. Une résolution qui a condamné fermement le Maroc pour ses atteintes aux droits de l’Homme. Ce rapprochement est vu d’un mauvais œil du côté du Maroc. Une campagne de presse féroce est même déclenchée contre tout ce qui est français.

      Pour comprendre les nouvelles relations algéro-françaises, un haut responsable à la coopération technologique et industrielle franco-algérienne, Jean-Louis Levet avait indiqué l’année dernière à Oran à l’occasion d’une conférence sur le thème «Les grandes transformations scientifiques et techniques à l’œuvre dans le monde : quelle place pour la coopération algéro-française», à l’École nationale polytechnique d’Oran (ENPO), Jean-Louis Levet que les relations entre les deux pays «passent par une phase de transition qu’il convient d’accélérer».

      Il a estimé que le passage vers ce nouveau modèle exige une nouvelle démarche qui consiste à comprendre les attentes et les besoins de l’économie algérienne pour savoir comment y répondre. Il ne suffit plus d’exporter», a-t-il souligné. «Ce passage exige en outre une redéfinition des priorités qui permettent de structurer les relations entre les deux pays dans le long terme, notamment dans les domaines fondamentaux de l’éducation, de la formation, de la culture et de l’industrie», a-t-il ajouté. Il s’agit de quatre priorités actées par les deux gouvernements, à savoir la montée en qualité en matière de formation professionnelle, de l’infrastructure technologique et technique d’appui aux entreprises et tous les enjeux de normalisation qui y sont liés et de la propriété intellectuelle et de la démarche qui consiste à défendre les marques algériennes à l’intérieur et les promouvoir à l’extérieur.

      La quatrième priorité se base sur la construction de partenariats qui vont de l’assistance technique à la coproduction entre PME françaises et algériennes dans des domaines divers tels que l’agroalimentaire, la mécanique, les énergies renouvelables, la santé, le transport et la formation, a-t-il expliqué. La France n’est pas allée loin pour trouver une source d’énergie à moindre coût. L’Algérie était prête à aider et deux fois plutôt qu’une, offrir le gaz et acheter du matériel militaire. L’affaire du journaliste de BFMTV qui a été limogé pour avoir prononcé l’expression Sahara marocain l’explique très bien. En plus, ce sont des parlementaires européens français qui étaient à l’origine de la résolution du Parlement européen contre le Maroc.

      #Maroc #France #Macron #Algérie #Parlement_européen #Pegasus #Espionnage #Corruption

    • Qatargate : ne pas abuser des ONG pour des ingérences étrangères

      Tags : Parlement européen, corruption,

      Le Groupe PPE se félicite qu’il y ait cet après-midi un débat en plénière du Parlement européen sur les fonds européens alloués aux organisations non gouvernementales (ONG) incriminées dans le soi-disant scandale de corruption du Qatargate. Les affaires de corruption impliquant des membres et du personnel du Groupe S&D ont montré comment une ONG a été utilisée pour couvrir une organisation criminelle et pour canaliser des pots-de-vin de pays tiers afin d’influencer le processus décisionnel européen. Le scandale a également montré que la transparence des ONG a des limites importantes.

      « Notre message est clair. Le Groupe PPE n’est pas contre les organisations qui respectent les règles et font un travail extrêmement utile et précieux pour notre société. Nous luttons contre celles qui ne sont pas transparentes, avec des financements louches et qui participent à des activités illégales. ne partagent pas nos valeurs. Ce sont des ennemis de notre démocratie », a déclaré Monika Hohlmeier, députée européenne, présidente de la commission du contrôle budgétaire du Parlement.

      Le Groupe PPE demande une présélection financière complète des ONG avant qu’elles ne soient inscrites sur le registre de transparence de l’UE. Les accords contractuels entre la Commission européenne et les ONG doivent être publiés. Et le droit de l’UE devrait définir clairement ce qu’est une ONG et ce qui ne l’est pas.

      « La confiance dans le processus législatif européen a pris un coup dur. Il est de notre devoir d’y remédier, de renforcer la transparence, dans l’intérêt de tous les citoyens européens. Nous savons comment y parvenir et nous n’abandonnerons pas tant que ce ne sera pas fait », a déclaré Petri Sarvamaa, député européen, porte-parole du groupe PPE sur le contrôle budgétaire.

      Le Groupe PPE continuera à travailler sur des mesures concrètes pour révéler les ONG non transparentes. Elle soutient les mesures anti-corruption introduites par les dirigeants du Parlement européen. Elle travaillera également de manière intensive dans ce domaine au sein de la commission du contrôle budgétaire du Parlement, également en étroite coopération avec la Cour des comptes européenne.

      Source

    • Qatargate : Cozzolino a reçu de l’argent et des cadeaux du Maroc

      Tags : Andrea Cozzolino, corruption, Parlement Européen, Antonio Panzeri, Eva Kaili, Francesco Giorgi,

      L’accusation portée contre le député démocrate napolitain : « Il a eu des contacts directs avec Atmoun »

      Lorsque les financiers ont frappé à la porte de sa maison, il n’était pas chez lui : il était dans une clinique de Naples, sa ville, pour des contrôles. La Guardia di Finanza a reçu le mandat d’informer l’eurodéputée PD Andrea Cozzolino d’un mandat d’arrêt européen pour implication présumée dans le dénommé Qatargate.

      « D’après les éléments recueillis par les services secrets belges, il ressort que Cozzolino aussi, ainsi qu’Antonio Panzeri et Francesco Giorgi, ont reçu des fonds directement de M. Atmoun », l’ambassadeur du Maroc en Pologne. Nous avons lu le texte du mandat d’arrêt européen émis par les juges belges contre l’eurodéputé italien et consulté par l’Ansa.

      L’eurodéputé Dem, explique-t-on, avait des « contacts directs » avec Atmoun et le 1er juin 2022, lors d’une rencontre entre les deux à Varsovie, il a également reçu « un honneur et un ruban et aurait discuté de la ligne à suivre la Commission conjointe UE-Maroc du PE ».

      A la fin de l’enquête photodactyloscopique, le député européen Andrea Cozzolino est conduit à la prison napolitaine de Poggioreale. Dans la soirée, le Gico de l’unité de police économique et financière de la Guardia di Finanza de Naples a remis à Cozzolino un mandat d’arrêt européen émis par le parquet fédéral belge dans le cadre de l’enquête sur le soi-disant Qatargate.

      Source : L’Unione Sarda, 10 fév 2023

      #Qatargate #Marocgate #Corruption #Parlement_européen

    • Qatargate : l’eurodéputé italien Andrea Cozzolino arrêté à Naples

      Tags : Parlement européen, Qatar, Maroc, corruption, Antonio Panzeri, Francesco Giorgi, Eva Kaili,

      Un eurodéputé italien visé par la justice belge dans le scandale de corruption présumée au profit du Qatar et du Maroc a été arrêté vendredi, ont annoncé les médias italiens.

      Andrea Cozzolino qui se trouvait dans une clinique de Naples pour des examens médicaux, a été arrêté à sa sortie de la clinique en vertu d’un mandat d’arrêt européen, a précisé l’agence Ansa.

      Son immunité, ainsi que celle de l’eurodéputé belge Marc Tarabella, avait été levée le 2 février par un vote du Parlement européen. Selon un rapport parlementaire, M. Cozzolino, qui était jusqu’en janvier président de la délégation du Parlement européen pour les relations avec le Maghreb, « est soupçonné d’avoir participé à un accord avec d’autres personnes qui prévoyait une collaboration afin de protéger les intérêts d’États étrangers au Parlement européen ».

      Et ce « notamment en empêchant l’adoption de résolutions parlementaires qui pourraient nuire aux intérêts de ces États, en échange de sommes d’argent ».

      Dans cette vaste affaire de corruption, les enquêteurs belges ont mis la main sur 1,5 million d’euros en liquide, saisis aux domiciles de Pier Antonio Panzeri, ancien eurodéputé socialiste devenu dirigeant d’ONG et qui fait figure de personnage central dans cette histoire, et de l’eurodéputée socialiste grecque Eva Kaili, ainsi que dans une valise transportée par le père de celle-ci.

      Comme M. Panzeri, Mme Kaili est écrouée, de même que son compagnon, l’Italien Francesco Giorgi, assistant parlementaire, et un autre Italien, Niccolo Figa-Talamanca, responsable d’ONG. Ils sont inculpés d’ »appartenance à une organisation criminelle », « blanchiment d’argent » et « corruption ».

      RTBF, 10/02/2023

      #Maroc #Qatar #Andrea_Cozzolino #Parlement_européen #Corruption

    • Qatargate : Pagados por Bruselas y los Emiratos

      Tags : Corrupción, Parlamento Europeo, derechos humanos,

      Asalariados en Bruselas y en los Emiratos: cómo el eurodiputado se abre a los regímenes autocráticos

      Los contactos entre eurodiputados y países de fuera de la UE están bajo la lupa debido a una investigación sobre corrupción en Bélgica. El problema es mucho mayor que este asunto, según una gira de 20 eurodiputados y personal de la Eurocámara.

      Las luces de la noria se reflejan en la piscina. A lo lejos se ve la playa del Golfo, exclusiva para los huéspedes del Caesars Palace de Dubai. Según su página web, el hotel ofrece « una escapada de lo ordinario ». Las suites aquí cuestan normalmente cinco mil euros por una noche. Pero los políticos internacionales que asistan a la conferencia de Sir Bani Yas en noviembre de 2021 serán mimados gratis durante días.

      Uno de ellos es el eurodiputado democristiano Radoslaw Sikorski. El destacado portavoz de Exteriores y ex ministro polaco de Asuntos Exteriores, viaja a Emiratos Árabes Unidos unas dos veces al año, para estancias gratuitas en complejos de lujo. Y no sólo eso: Sikorski incluso cobra de sus anfitriones. Además de su sueldo como eurodiputado, de 7.646 euros netos al mes, recibe otros 100.000 dólares (93.000 euros) anuales de los Emiratos, por asesorar sobre la conferencia.

      Bajo una lupa

      Los contactos entre políticos europeos y Estados extranjeros están bajo la lupa ahora que ha salido a la luz un importante escándalo de sobornos. Desde principios de diciembre, tres (antiguos) eurodiputados y asistentes, del grupo socialdemócrata, han sido detenidos. Recibieron sobornos de Marruecos y Qatar, según la fiscalía belga, para asegurarse intereses europeos de esos países.

      El escándalo golpeó Bruselas como una bomba y aún resuena: la semana pasada se levantó de nuevo la inmunidad a dos eurodiputados en relación con la investigación. Pero quien pregunta en el MEP también escucha: el problema es mucho más amplio que este asunto. El Parlamento está abierto a la influencia de todo tipo de regímenes autocráticos, que intentan pulir su blasón de derechos humanos en Bruselas, según revela una visita de 20 eurodiputados y miembros de su personal.

      Un análisis de NRC sobre el historial de voto de Sikorski muestra que mantiene posiciones favorables a Emiratos y a su aliado más acérrimo, Arabia Saudí, en su mayoría en línea con las de su grupo democristiano. En el Parlamento Europeo, por ejemplo, Sikorski apoyó la oposición a detener el suministro de armas a esos países, que se están utilizando en una guerra devastadora en Yemen. También apoyó un intento de suavizar una resolución sobre las condenas a muerte saudíes.

      Casi todos los sospechosos del caso de corrupción que salió a la luz a finales del año pasado están vinculados a una comisión: la de derechos humanos. Esta comisión elabora mensualmente resoluciones sobre violaciones de los derechos humanos en otros países. Las resoluciones no son jurídicamente vinculantes, pero tienen un efecto determinante en la agenda. Su importancia no puede subestimarse, afirma Claudio Francavilla, de Human Rights Watch. « Los regímenes autocráticos no quieren que sus crímenes salgan a la luz », afirma Francavilla. « Una reputación empañada dificulta a estos gobiernos el establecimiento de relaciones comerciales más estrechas con la UE. En última instancia, el daño a la reputación también les afecta económica y políticamente. Por eso los gobiernos que se portan mal están dispuestos a llegar lejos para evitar las críticas ».

      Grupos de amistad


      Para influir en la política europea de derechos humanos, los gobiernos necesitan el apoyo del Parlamento Europeo. Una herramienta probada para ello son los « grupos de amistad ». Se trata de clubes informales de eurodiputados que mantienen relaciones con países de fuera de la UE al margen de los procedimientos normales. Los miembros de un grupo de este tipo viajan regularmente al país en cuestión; los gastos de transporte y alojamiento suelen reembolsarse íntegramente.

      En estos viajes, los eurodiputados son utilizados a veces como vehículos de relaciones públicas. Por ejemplo, el principal sospechoso en el asunto de los sobornos, Antonio Panzeri, viajaba regularmente a Marruecos en calidad de presidente del comité de Marruecos. Durante esas visitas, elogió en los medios de comunicación locales los esfuerzos del gobierno marroquí por salvaguardar los derechos humanos, mientras activistas y periodistas desaparecían simultáneamente entre rejas.

      Los viajes pagados hacen vulnerables a los parlamentarios, afirma Tineke Strik, eurodiputada de Izquierda Verde. Durante una reunión introductoria con el embajador marroquí de la UE a finales de 2019, le ofreció un viaje para ver paneles solares en Marruecos. Strik no aceptó. A finales de diciembre del mismo año, recibió un paquete de productos de lujo de la representación marroquí, entre ellos un costoso bolso de piel y una botella de aceite de oliva. Strik devolvió el paquete. Poco después, tras plantear en una reunión cuestiones críticas sobre el trato de Marruecos a los migrantes, cesó el contacto. « Al parecer », dice Strik, « están intentando ver quién está interesado. Algunos colegas podrían dedicarse a esto ».

      « Sin duda los hay », afirma un miembro de un grupo de presión de Bruselas. « Algunos eurodiputados están abiertos a ofertas, a veces incluso las piden », afirma. « Conozco conversaciones en las que los eurodiputados han dejado caer que estaban buscando otro destino para sus vacaciones familiares, o que su hijo o hija está buscando trabajo. Hay interlocutores de fuera de la UE que siguen dispuestos a facilitarlo ».

      Ofrecer viajes (de estudios) es una forma de ganarse apoyos, según el lobista. « No es que se compre influencia directa con ella », dice. « Es simplemente una forma de establecer contacto y crear así una vía de influencia ».

      Resolución sobre Bahréin

      Por ejemplo, Bahréin, un país muy represivo del Golfo. A la cabeza del Grupo de Amigos de Bahréin está el checo Tomás Zdechovsky. Visitó el Estado petrolero en 2021 y 2022 y habló con funcionarios del gobierno. Más adelante, en 2022, se presentará ante el Parlamento una resolución que pide la liberación de un activista de derechos humanos que, según observadores internacionales, ha sido detenido por motivos dudosos y torturado. Zdechovsky está redactando su propia resolución para su Partido Popular Europeo (los Demócrata-Cristianos): en ella no se pide la liberación, sino que se describe al disidente bahreiní como antiguo miembro de un grupo « terrorista », que quería desalojar de su trono al « califa reinante ». La resolución no lo consigue, pero llama la atención porque el texto coincide plenamente con la opinión del gobierno bahreiní.

      Zdechovsky dijo en una respuesta que quería que su resolución adoptara una « posición equilibrada » sobre el preso. Las visitas pagadas a países son, dice, « una forma bien establecida de diplomacia », y está « orgulloso » de la transparencia que da al respecto.

      Emiratos Árabes Unidos también tiene un grupo de amigos. Con el español Antonio López-Istúriz White, tienen un presidente influyente: también es secretario general de los democristianos, el grupo más numeroso del Parlamento Europeo. Cuando da una recomendación de voto, tiene mucho peso.

      Este López-Istúriz Blanco se encuentra a menudo en el estado del Golfo. En esas visitas, no habla de que Emiratos es uno de los países menos libres del mundo, donde los blogueros críticos desaparecen en la cárcel. O sobre la guerra que Emiratos libra en Yemen, que ha provocado la mayor crisis humanitaria actual. Sin embargo, el español elogia sistemáticamente al país por su « lucha contra el terrorismo », por ejemplo en una rueda de prensa que da en Abu Dahbi en 2017. En los Emiratos, se interpreta como una aprobación de los actos de guerra en Yemen. El Parlamento Europeo « nos apoya » en Yemen, escriben los periódicos tras la visita.

      Diplomacia a través del « poder blando

      Pero el miembro más conocido del grupo de amistad es Radoslaw Sikorski. Ex ministro de Asuntos Exteriores de Polonia, aparece regularmente en los medios de comunicación occidentales para advertir de la amenaza de Rusia. También goza de fama por su matrimonio con la galardonada periodista estadounidense Anne Applebaum. Sikorski lleva años en nómina de Emiratos, según un estudio del Parlamento polaco. Recibe 100.000 dólares al año del país por asesorar en la conferencia de Sir Bani Yas. Esta conferencia fue creada por Emiratos hace poco más de 10 años como una forma de llevar a cabo la diplomacia internacional a través del poder blando. Además de Sikorski, se pidió a destacados (ex) políticos que formaran parte del consejo asesor, entre ellos Kevin Rudd y Carl Bildt, ex primeros ministros de Australia y Suecia respectivamente. A la conferencia en sí, por su parte, asiste un grupo privado de unos 150 políticos y analistas, entre ellos el año pasado el responsable de Asuntos Exteriores de la UE, Josep Borrell. La prensa no es bienvenida; todo se desarrolla bajo normas de reclusión.

      El propio Sikorski habla de « la conferencia más renombrada sobre Oriente Medio ». Forma parte del consejo asesor desde 2017, lo que ya le ha permitido recibir casi medio millón de euros del Ministerio de Asuntos Exteriores de Emiratos. Sikorski no reveló al Parlamento Europeo que asistió a la conferencia celebrada en los Emiratos a finales del año pasado, a expensas de ese país. Los eurodiputados están obligados a informar de estos viajes. Según Sikorski, esto no era necesario en su caso porque no realizó el viaje en calidad de eurodiputado. « Formaba parte de mis actividades externas remuneradas », dijo.

      Para averiguar si los generosos pagos, permitidos por las normas del PE, influyen en sus opiniones como eurodiputado, NRC analizó el comportamiento de voto de Sikorski. Aunque no puede probarse la influencia directa, parece que Sikorski mantiene posiciones que convienen a los Emiratos. El principal enemigo de Emiratos, Irán, es blanco habitual de Sikorski por la opresión que el régimen ejerce sobre sus propios ciudadanos. Hace campaña a favor de sanciones más duras contra Irán. Recientemente, en 2020, comparó a un ministro iraní con un dirigente nazi.

      Más indulgencia con Emirates

      Pero para los regímenes represivos de Emiratos y su aliado Arabia Saudí, Sikorski es más suave. Esto es evidente, por ejemplo, cuando el Parlamento Europeo quiere pedir a los Estados miembros que dejen de suministrar armas a Arabia Saudí tras el asesinato del periodista saudí Jamal Kashoggi en Estambul en 2020. Sikorski vota en contra del boicot de armas.

      En 2021, se opone a una petición de acción contra Emiratos por la detención de un bloguero crítico.

      Ese mismo año, apoya un intento de mitigar una resolución sobre las condenas a muerte en Arabia Saudí. Aunque la resolución pretende denunciar el hecho de que el país permita la ejecución de disidentes, Sikorski apoya una propuesta para que el texto afirme que los saudíes han dictado cada vez menos condenas a muerte en los últimos años. Esa propuesta también incluye una petición para añadir que otros países, como China e Irán, son incluso peores que Arabia Saudí.

      En estas cuestiones, Sikorski vota junto con sus compañeros de partido, del derechista Partido Popular Europeo, que incluye al CDA. Por lo tanto, Sikorski cree que no hay conflicto de intereses. « En todas las cuestiones sobre estos países, he votado de acuerdo con las recomendaciones de mi grupo político », respondió Sikorski a las preguntas de NRC. « De ahí se deduce que mi pertenencia al consejo asesor del Foro Sir Bani Yas no afecta a mi voto como eurodiputado ».

      Sospechas sobre el comportamiento electoral

      Aun así, su comportamiento en las urnas, combinado con los pagos, levanta sospechas entre sus colegas, según revelan las entrevistas con antiguos y actuales políticos europeos, la mayoría de los cuales se mostraron dispuestos a hablar sólo bajo condición de anonimato. Y no sólo de Sikorski. En líneas generales pintan el mismo cuadro: que nunca han presenciado sobornos, pero sí cuestionan a algunos colegas que parecen querer perdonar a ciertos regímenes autocráticos.

      La forma en que se producen las resoluciones, nos dicen los implicados, ofrece mucho margen de influencia. Esto empieza en cuanto se redacta el primer borrador. ¿Qué está incluido y qué no? Los acuerdos se alcanzan en la trastienda, y a menudo es imposible determinar después quién influyó en qué.

      El año pasado, por ejemplo, la Vicepresidenta del Parlamento Europeo Eva Kaili, ahora sospechosa de corrupción que resultó esconder maletas llenas de dinero, puso su nombre a una resolución que, a primera vista, era muy crítica con Irán. Pero, según supo el NRC por boca de los directamente implicados, entre bastidores Kaili se esforzó por hacer que el texto fuera lo más indulgente posible con Irán. Aunque la resolución se refería a la ejecución en masa de manifestantes por parte del gobierno iraní, Kaili quería que el texto hiciera hincapié en que las sanciones de Estados Unidos, en particular, también son responsables de la situación del pueblo iraní. Kaili también quiso suprimir un pasaje crítico sobre el régimen iraní. Debido a la contrapresión de su grupo, no se salió con la suya. Sin embargo, deja a los interesados con interrogantes: ¿con qué motivo intentó influir en el texto? ¿Es ideología? ¿Política? ¿O autoenriquecimiento?

      Organizaciones turbias

      También desconfían de algunas oscuras organizaciones de derechos humanos. « Hay ONG que operan aquí y llaman la atención del Parlamento sobre los abusos de un país concreto, pero guardan silencio sobre los abusos de otros países », afirma un miembro del personal que trabaja en la Comisión de Derechos Humanos.

      Las ONG forman parte de una guerra por poderes en el Golfo, donde Qatar fue aislado por Emiratos, Baréin y Arabia Saudí en 2017. Los dirigentes de esos países se sienten amenazados por la Hermandad Musulmana, respaldada por Qatar, que ya ha hecho tambalearse a más dictadores de la región.

      No por casualidad, muchas nuevas ONG se incorporaron a Bruselas ese año. Los emiratíes crearon clubes con nombres como « Instituto Bussola » u « Ojo Europeo a la Radicalización », que centraron la atención en el peligro de los Hermanos Musulmanes. A la inversa, Qatar también creó ONG para ensuciar a sus rivales. La Comisión de Derechos Humanos debatió el pasado mayo un informe sobre la influencia emiratí. Esto suscitó grandes interrogantes a posteriori, ya que el informe se centraba únicamente en los Emiratos, y había sido elaborado por una ONG hasta entonces desconocida que no quiso decir cómo se había financiado.

      Las normas para evitar conflictos de intereses en el propio parlamento no son vinculantes. Por ejemplo, los políticos europeos pueden tener ingresos paralelos ilimitados, siempre que los declaren. Un análisis realizado por Transparencia Internacional en 2021 reveló que entre todos ganan hasta 11,5 millones de euros extra al año. El organismo de control de la corrupción también concluyó que muchas descripciones de ingresos complementarios son tan vagas que sigue sin estar claro qué implican exactamente y, por tanto, si existe un conflicto de intereses.

      Lo mismo ocurre con la forma en que el polaco Radoslaw Sikorski registró sus ingresos accesorios. Registró que todos sus ingresos accesorios, desde la conferencia de Sir Bani Yas hasta conferencias y actividades empresariales, no sumaban más de 10.000 euros al mes. De ello no se deduce que reciba casi una tonelada anual de los Emiratos Árabes Unidos.

      La obligación de los eurodiputados de declarar los viajes pagados en el plazo de un mes también está lejos de cumplirse. Desde que salió a la luz el escándalo de corrupción, muchos han añadido repentinamente a su lista de viajes pagados en las últimas semanas.

      Así pues, la falta de normas, de cumplimiento y de ejecución hace que los eurodiputados sean vulnerables a las influencias. Cada vez está más claro que los regímenes autocráticos también eran conscientes de ello.

      Fuente

      #Qatargate #Marocgate #EAU #Corruption #Parlement_Européen

    • Qatargate : Salariés à Bruxelles et aux Emirats

      Tags : Maroc, Qatar, corruption, Parlement Européen, EAU, droits de l’homme

      Salariés à Bruxelles et aux Emirats : comment le Parlement européen s’ouvre aux régimes autocratiques

      Les contacts entre les eurodéputés et les pays extérieurs à l’UE font l’objet d’un examen minutieux en raison d’une enquête sur la corruption en Belgique. Le problème est bien plus vaste que cette affaire, selon une tournée d’une vingtaine d’eurodéputés et de salariés.

      Les lumières de la grande roue se reflètent dans la piscine. Au loin se trouve la plage du Golfe, réservée aux clients du Caesars Palace à Dubaï. Selon le site Internet, l’hôtel propose « une évasion de l’ordinaire ». Les suites ici coûtent normalement cinq mille euros pour une nuit. Mais les politiciens internationaux qui assisteront à la conférence Sir Bani Yas en novembre 2021 seront choyés gratuitement pendant des jours.

      L’un d’eux est l’eurodéputé Radoslaw Sikorski, chrétien-démocrate. L’éminent porte-parole étranger et ancien ministre polonais des Affaires étrangères se rend aux Émirats arabes unis environ deux fois par an pour un séjour gratuit dans des complexes de luxe. Et pas seulement cela : Sikorski est même payé par ses hôtes. En plus de son salaire de député européen, de 7 646 euros nets par mois, il reçoit 100 000 dollars (93 000 euros) supplémentaires par an des Émirats pour ses conseils sur la conférence.

      Sous une loupe
      Les contacts entre les politiciens européens et les États étrangers sont passés à la loupe maintenant qu’un important scandale de corruption a été révélé. Depuis début décembre, trois (anciens) députés européens et salariés du groupe social-démocrate sont détenus. Selon la justice belge, ils ont reçu des pots-de-vin du Maroc et du Qatar pour sauvegarder les intérêts européens de ces pays.

      Le scandale a frappé Bruxelles comme une bombe et vibre toujours : la semaine dernière, l’immunité de deux eurodéputés a de nouveau été levée dans le cadre de l’enquête. Mais si vous demandez autour de vous au Parlement européen, vous entendrez aussi : le problème est bien plus large que cette affaire. Le parlement est ouvert à l’influence de toutes sortes de régimes autocratiques qui tentent de peaufiner leur bilan en matière de droits de l’homme à Bruxelles, selon une tournée de vingt députés et employés.

      Une analyse faite par NRC du bilan des votes de Sikorski montre qu’il prend des positions favorables aux Emirats et à son allié le plus fidèle, l’Arabie saoudite – pour la plupart conformes à celles de son groupe chrétien-démocrate. Par exemple, Sikorski a soutenu l’opposition au Parlement européen à l’arrêt des livraisons d’armes aux pays qui sont déployés dans une guerre dévastatrice au Yémen. Il a également soutenu un effort visant à assouplir une résolution sur les condamnations à mort saoudiennes.

      Presque tous les suspects de l’affaire de corruption qui a été révélée à la fin de l’année dernière sont liés à un seul comité : celui des droits de l’homme. Ce comité rédige des résolutions mensuelles sur les violations des droits de l’homme dans d’autres pays. Les résolutions ne sont pas juridiquement contraignantes, mais elles ont un effet d’établissement de l’ordre du jour. L’importance de cela ne peut être sous-estimée, déclare Claudio Francavilla de Human Rights Watch. « Les régimes autocratiques ne veulent pas que leurs crimes soient mis en lumière », dit Francavilla. « Une réputation ternie rend plus difficile pour ces gouvernements de nouer des relations commerciales plus étroites avec l’UE. En fin de compte, les atteintes à la réputation les affectent également économiquement et politiquement. C’est pourquoi les gouvernements qui se conduisent mal sont prêts à tout pour éviter les critiques.

      Groupes d’amitié
      Pour influencer la politique européenne des droits de l’homme, les gouvernements ont besoin d’un soutien au Parlement européen. Les ‘groupes d’amitié’ sont un instrument éprouvé pour cela. Ce sont des clubs informels d’eurodéputés qui entretiennent des relations avec des pays extérieurs à l’UE en dehors des procédures normales. Les membres d’un tel groupe se rendent régulièrement dans le pays en question, les frais de transport et d’hébergement sont souvent intégralement remboursés.

      Les députés européens sont parfois utilisés comme véhicules privés lors de tels déplacements. Par exemple, le principal suspect dans l’affaire de corruption, Antonio Panzeri, se rendait régulièrement au Maroc en tant que président du comité Maroc. Au cours de ces visites, il a salué dans les médias locaux les efforts du gouvernement marocain pour garantir les droits de l’homme – alors que dans le même temps, des militants et des journalistes disparaissaient derrière les barreaux.

      Les voyages payants rendent les parlementaires vulnérables, déclare Tineke Strik, députée européenne de GroenLinks. Lors d’une réunion d’introduction avec l’ambassadeur du Maroc auprès de l’UE fin 2019, il lui a proposé un voyage pour voir des panneaux solaires au Maroc. Strik n’a pas répondu. Fin décembre de la même année, elle a reçu un colis de produits de luxe de la représentation marocaine, dont un sac en cuir coûteux et une bouteille d’huile d’olive. Strik a renvoyé le colis. Après avoir posé des questions critiques sur le traitement des migrants par le Maroc lors d’une réunion peu de temps après, le contact a cessé. « Apparemment », dit Strik, « ils cherchent à savoir qui est intéressé. Certains collègues pourraient commenter cela.

      « Ils existent certainement », assure un lobbyiste bruxellois. « Certains députés européens sont ouverts aux offres, parfois ils en demandent même », dit-il. « Je connais des conversations dans lesquelles des députés ont mentionné qu’ils cherchaient toujours une destination pour leurs vacances en famille, ou que leur fils ou leur fille cherchait un emploi. Il y a des interlocuteurs extérieurs à l’UE qui sont prêts à faciliter cela.

      Selon le lobbyiste, offrir des voyages (d’études) est un moyen d’obtenir du soutien. « Ce n’est pas que vous achetez une influence directe avec cela », dit-il. « C’est simplement un moyen de nouer des contacts, et donc de créer une ouverture d’influence. »

      Résolution sur le Bahreïn
      Prenez Bahreïn comme exemple, un pays très répressif du Golfe. A la tête du groupe d’amis bahreïnis se trouve le Tchèque Tomás Zdechovsky. Il a visité l’État pétrolier en 2021 et 2022 et s’est entretenu avec des représentants du gouvernement. Plus tard en 2022, le parlement adoptera une résolution appelant à la libération d’un militant des droits humains, qui, selon les observateurs internationaux, a été détenu pour des motifs douteux et est torturé. Zdechovsky rédige sa propre résolution pour son parti populaire européen (les démocrates-chrétiens) : il n’appelle pas à sa libération, décrivant plutôt le dissident bahreïni comme un ancien membre d’un groupe « terroriste », qui est le « calife au pouvoir » de voulu ébranler son trône. La résolution ne le fait pas, mais elle attire l’attentioncar le texte s’inscrit pleinement dans la vision du gouvernement bahreïni.

      Zdechovsky dit dans une réponse qu’il voulait adopter une « position équilibrée » sur le prisonnier avec sa résolution. Les visites payantes dans les pays sont, dit-il, « une forme établie de diplomatie », et il est « fier » de la transparence qu’il assure à ce sujet.

      Les Emirats Arabes Unis ont aussi un groupe d’amis. Ils ont un président influent en l’Espagnol Antonio López-Istúriz White : il est également secrétaire général des chrétiens-démocrates, le groupe le plus important au Parlement européen. S’il donne des conseils de vote, cela a un poids lourd.

      Ce López-Istúriz White se trouve souvent dans l’État du Golfe. Lors de ces visites, il ne mentionne pas que les Émirats sont l’un des pays les moins libres au monde, où les blogueurs critiques vont en prison. Ou sur la guerre que mènent les Emirats au Yémen, qui a conduit à la plus grande crise humanitaire du moment. L’Espagnol ne cesse cependant de louer le pays pour sa « lutte contre le terrorisme », par exemple lors d’une conférence de presse qu’il a donnée à Abou Dahbi en 2017 . Aux Emirats, il est interprété comme une approbation des actes de guerre au Yémen. Le Parlement européen nous « soutient » au Yémen, écrivent les journaux après la visite.

      La diplomatie par le « soft power »
      Mais le membre le plus célèbre du groupe d’amis est Radoslaw Sikorski . Il est un ancien ministre des Affaires étrangères de la Pologne et apparaît régulièrement dans les médias occidentaux pour avertir de la menace de la Russie. Il est également connu pour son mariage avec la célèbre journaliste américaine Anne Applebaum. Sikorski se tient selon une enquête du parlement polonaisfait partie de la liste de paie d’Emirates depuis des années. Il reçoit 100 000 dollars par an du pays pour donner des conseils sur la conférence Sir Bani Yas. Cette conférence a été mise en place par les Emirats il y a un peu plus de 10 ans comme un moyen de mener la diplomatie internationale par le soft power. En plus de Sikorski, d’éminents (anciens) politiciens ont été invités à rejoindre le conseil consultatif, notamment Kevin Rudd et Carl Bildt, anciens Premiers ministres d’Australie et de Suède respectivement. La conférence elle-même est désormais suivie par un groupe fermé de quelque 150 politiciens et analystes, dont l’année dernière le chef de la politique étrangère de l’UE, Josep Borrell. La presse n’est pas la bienvenue, tout se déroule selon les règles du secret.

      Sikorski lui-même parle de « la conférence la plus renommée sur le Moyen-Orient ». Il siège au conseil consultatif depuis 2017, grâce auquel il a déjà reçu près d’un demi-million d’euros du ministère des Affaires étrangères des Émirats. Sikorski n’a pas dit au Parlement européen qu’il avait assisté à la conférence aux Emirats à la fin de l’année dernière, aux frais de ce pays. Les députés sont tenus de signaler ces déplacements. Selon Sikorski, ce n’était pas nécessaire dans son cas, car il n’a pas fait le déplacement dans son rôle de député européen. « Cela faisait partie de mes activités extérieures rémunérées. »

      Le NRC a analysé le comportement de vote de Sikorski pour savoir si les paiements généreux autorisés par les règles du PE influencent sa position en tant que député européen. Bien qu’une influence directe ne puisse être démontrée, il semble que Sikorski prenne des positions qui conviennent aux Emirats. L’ennemi principal des Emirats, l’Iran, est régulièrement pris pour cible par Sikorski car le régime opprime ses propres citoyens. Il milite pour des sanctions plus sévères contre l’Iran. En 2020 , il a comparé un ministre iranien à un dirigeant nazi.

      Plus doux pour les Emirats
      Mais pour les régimes répressifs des Emirats et de l’Arabie Saoudite alliée, Sikorski est plus indulgent. Cela devient évident, par exemple, lorsque le Parlement européen veut appeler les États membres à cesser de fournir des armes à l’Arabie saoudite après le meurtre du journaliste saoudien Jamal Kashoggi à Istanbul en 2020. Sikorski vote contre le boycott des armes.

      En 2021 , il s’oppose à un appel à l’action contre les Emirats, en raison de l’incarcération d’un blogueur critique.

      Cette même année , il a soutenu un effort visant à assouplir une résolution sur la peine de mort en Arabie saoudite. Alors que la résolution veut dénoncer les exécutions de dissidents par le pays, Sikorski soutient une proposition visant à inclure dans le texte que les Saoudiens ont prononcé de moins en moins de condamnations à mort ces dernières années. Cette proposition comprend également une demande d’ajouter que d’autres pays, comme la Chine et l’Iran, sont encore pires que l’Arabie saoudite.

      Sur ces questions, Sikorski est d’accord avec ses collègues membres du Parti populaire européen de droite, qui comprend également le CDA. Par conséquent, Sikorski estime qu’il n’y a pas de conflit d’intérêts. « Sur toutes les questions concernant ces pays, j’ai voté conformément aux recommandations de mon groupe politique », a répondu Sikorski aux questions du NRC. « Cela montre que mon appartenance au conseil consultatif du Sir Bani Yas Forum n’affecte pas mon vote en tant que membre du Parlement européen. »

      Soupçons sur le comportement électoral
      Pourtant, son comportement électoral en combinaison avec des paiements éveille les soupçons de ses collègues, selon des conversations avec des politiciens européens anciens et actuels, dont la plupart ne voulaient parler que sous couvert d’anonymat. Et pas seulement celui de Sikorski. Ils dressent globalement le même tableau : qu’ils n’ont jamais été témoins de pots-de-vin, mais interrogent nombre de collègues qui semblent vouloir épargner certains régimes autocratiques.

      La manière dont les résolutions sont prises, disent les personnes impliquées, offre une grande marge d’influence. Cela commence dès que le premier projet de texte est rédigé. Qu’est-ce qui rentre et qu’est-ce qui ne rentre pas ? Un compromis est atteint à ce sujet dans les coulisses, de sorte qu’il est souvent impossible de déterminer ensuite qui a exercé quelle influence sur elle.

      Par exemple, la vice-présidente du Parlement européen Eva Kaili, entre-temps suspecte de corruption qui s’est avérée cacher des valises pleines d’argent, a mis son nom sous une résolution l’année dernièrequi à première vue est très critique envers l’Iran. Mais, comme le CNRC l’a appris des personnes directement impliquées, dans les coulisses, Kaili s’est efforcé de rendre le texte aussi doux que possible pour l’Iran. Alors que la résolution concernait des manifestants exécutés en masse par le gouvernement iranien, Kaili a tenu à souligner dans le texte que les sanctions américaines sont principalement responsables du sort de la population iranienne. Kaili a également voulu supprimer un passage critique sur le régime iranien. Elle n’a pas réussi en raison de la contre-pression de son groupe. Elle laisse les personnes impliquées avec des questions : pour quel motif a-t-elle essayé d’influencer le texte ? Est-ce une idéologie ? Politique? Ou l’enrichissement personnel ?

      Organisations louches
      Ils se méfient également de certaines organisations obscures de défense des droits de l’homme. « Il y a des ONG actives ici qui attirent l’attention du parlement sur les abus commis par un pays spécifique, mais gardent le silence sur les abus commis par d’autres pays », explique un employé impliqué dans la commission des droits de l’homme.

      Les ONG participent à une guerre par procuration dans le Golfe, où le Qatar a été isolé par les Émirats, Bahreïn et l’Arabie saoudite en 2017. Les dirigeants de ces pays se sentent menacés par les Frères musulmans soutenus par le Qatar, qui ont déjà renversé d’autres dictateurs dans la région.

      Ce n’est pas un hasard si de nombreuses nouvelles ONG sont arrivées à Bruxelles cette année-là. Les Émiratis ont créé des clubs portant des noms tels que «Bussola Institute» ou «European Eye on Radicalization», qui ont braqué les projecteurs sur le danger posé par les Frères musulmans. A l’inverse, le Qatar a aussi monté des ONG pour noircir ses rivaux. Un rapport sur l’influence des Emirats a été discuté à la Commission des droits de l’homme en mai dernier . Cela a soulevé de grandes questions par la suite, car le rapport ne portait que sur les Émirats et avait été préparé par une ONG jusque-là inconnue qui n’a pas voulu dire comment il était financé.

      Les règles visant à prévenir les conflits d’intérêts au parlement lui-même ne sont pas contraignantes. Par exemple, les politiciens européens peuvent avoir un revenu complémentaire illimité, tant qu’ils le déclarent. Une analyse de Transparency International en 2021 a montré qu’ils gagnaient jusqu’à 11,5 millions d’euros supplémentaires par an. L’organisme de surveillance de la corruption a également conclu que de nombreuses descriptions de revenus supplémentaires sont si vagues qu’il reste difficile de savoir exactement ce qu’elles impliquent – et s’il existe un conflit d’intérêts.

      Cela s’applique également à la manière dont le Polonais Radoslaw Sikorski a enregistré ses gains supplémentaires. Il a déclaré que tous ses revenus supplémentaires, de la conférence Sir Bani Yas aux conférences et aux activités commerciales, ne totalisaient pas plus de 10 000 euros par mois. Il n’est pas immédiatement clair qu’il reçoit près d’une tonne par an des Émirats arabes unis.

      L’obligation pour les députés européens de déclarer les déplacements payés dans un délai d’un mois n’est pas non plus toujours respectée. Depuis l’éclatement du scandale de la corruption, beaucoup ont soudainement ajouté à leur liste de voyages payés ces dernières semaines.

      Par exemple, un manque de règles, de conformité et d’application rend le Parlement européen vulnérable à l’influence. Il devient de plus en plus clair que les régimes autocratiques en étaient également conscients.

      Source

      #Qatargate #Maroc #Corruption #Parlement_européen