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  • La France, l’échec

    La France, l’échec

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    La liste des échecs de la France est longue. Le dernier en date est son incapacité d’organiser une rencontre footballistique d’un jour dans une capitale envahie par la saleté, les rats et les drogués. Mais avant cet échec frappant, il y’avait d’autres: la corruption des institutions, la montée des extrêmes, le déclin de la démocratie, la perte de l’influence dans le monde et en Afrique en particulier, les sous-marins australiens, la Libye, les gilets jaunes, les violences policières, la gestion de l’épidémie COVID-19, les masques, le vaccin qu’elle est la seule parmi les grands à ne pas su trouver, le Mali…etc.

    Mais de tous ses échecs le plus grave est son incapacité avérée à gérer ses contradictions. À force de vouloir être originale, elle devient banale, voir menacée dans son existence. Elle a si profondément perverti la notion de laïcité que celle-ci s’assimile désormais chez elle à l’islamophobie. Elle veut une “laïcité à la française” qui n’est plus la laïcité universelle. Elle veut un “Islam de France” qui n’est plus l’Islam universel. Elle veut un traitement de l’immigration par l’intégration qui efface les diversités culturelles. Elle veut tout mais elle n’a rien. Le résultat : le face-à-face prédit par le ministère de l’intérieur Gérard Collomb avant son départ devient une réalité et la guerre civile n’est plus une simple vue de l’esprit, elle est une menace réelle.

    Elle peine à regarder sa réalité en face et à se remettre en cause. Elle s’entête, malgré tout, à croire qu’elle est le meilleur modèle de gouvernance au monde. Elle croit encore à ses lumières qui n’illuminent même pas chez elle.

    Ses malins génies, les Sarkozy, les Zemmour, les Marine le Pen, les Devillier, les Dupont-Aignan, et les Darmanin, ont trouvé la cause de ses déboires: l’ensauvagement et les sauvages. Ils entendent par là que le mal vient des immigrés maghrébins et africains noirs qui polluent la vie tranquille et policée de français de souche, blancs et chrétiens.Il se peut qu’il y’ai une part de vérité dans cette justification malgré son absurdité patente. Mais qui en assume la responsabilité ? Ces immigrés, ces habitants des zones déshéritées, ses “sauvages” dont on rappelle à chaque fois les origines pour s’en dédouaner, ne sont pas venus d’ailleurs, ils sont, en très grande majorité, des natifs de la France, des enfants de la France, formés à l’école républicaine française, par la société française, par la politique française, dans le cadre de l’économie française, qui évoluent dans les villes et les cartiers français et qui ont complètement coupé les liens avec les pays de leurs parents et leurs cultures. Ils sont les victimes de l’intégration et donc les victimes de la France et non de l’Algérie, de la Tunisie, du Cameroun où du Niger. Elle les a adopté en leur accordant la nationalité, elle en a par conséquence la garde. C’est elle qui a pris la charge de les former et de les ” civiliser”. Elle n’a pas su le faire. Et pour celà, telle un mère indigne, elle est la seule à blâmer.

    Ces enfants qui râlent et qui cassent ne sont pas des sauvages, ils sont des laissés pour compte, des révoltés. Désormais la France ne peut plus s’en débarrasser, ils font partie d’elle. Ils ne sont pas SON problème, ils ne sont qu’une petite partie de SON problème.

    Mekideche A.

    Bel-Abbès Info, 31 mai 2022

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    #France #Extrêmedroite #Discrimination #Laïcité #Immigration

  • Trafics, corruption, terrorisme, développement et insécurité

    Trafics, corruption, terrorisme, développement et insécurité

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    Trafics, corruption et terrorisme, une même facette qui menace le développement et la sécurité mondiale

    Lors 16ème sommet extraordinaire de l’Union africaine, le 28 mai à Malabo en Guinée équatoriale, en matière de prévention et de lutte contre le terrorisme et l’extrémisme violent, le Président de la République, M. Abdelmadjid Tebboune, a exposé la position de l’Algérie sur l’évolution de la menace terroriste sur le continent et les réponses qui doivent être apportées aux niveaux régional et international. L’Algérie depuis de nombreuses années a attiré l’attention de la communauté internationale sur ce fléau planétaire nécessitant une large coordination internationale. Dans le contexte d’un monde de plus en plus globalisé, qui facilite la circulation des personnes et des substances, les groupes de criminalité organisée ont prospéré, posant de nombreux défis , où les groupes criminels utilisent souvent des entreprises commerciales licites pour dissimuler leurs activités illicites, par exemple en plaçant de la drogue dans des cargaisons, ces organisations criminelles menaçant le bien-être économique et social de tous les citoyens

    1.-Le fléau du crime organisé dépasse le cadre national, devant le relier aux réseaux internationaux, où existent des liens dialectiques entre certains agents externes et internes. La lutte contre le crime organisé et la corruption, qui concerne tous les pays sans exception, n’est pas une question de lois ou de commissions, montrant clairement que les pratiques au niveau mondial contredisent le juridisme et les discours. Il est illusoire de s’attaquer à ce fléau mondial sans un système d’information fiable en temps réel utilisant les nouvelles technologies, dont l’intelligence artificielle qui a un impact à la fois sur la gestion du segment sécuritaire, des entreprises, des intuitions et de nos comportements. Une importante enquête sur plus de 150 pays réalisées par d’éminents experts internationaux (juristes, économistes, politologues et experts militaires), parrainée par l’ONU en octobre 2021, mettant en relief que le montant du crime organisé varierait entre 2 et 5% du PIB mondial, estimé à 84 680 milliards en 2020 et, selon la Banque mondiale, devrait dépasser les 100 000 milliards de dollars en 2022, ce qui donne, entre 2020 et 2022, 1 700 et 4 230 milliards de dollars contre une estimation pour 2009 d’environ 600 milliards de dollars, les crise économiques amplifiant le trafic, issu du commerce illégal sous toutes ses formes : drogue, armes, traite, déchets toxiques, métaux.

    Se basant sur douze indicateurs de résilience : leadership politique et gouvernance, transparence et responsabilité du gouvernement : – coopération internationale, – politiques et législations nationales, – système judiciaire et détention, – forces de l’ordre, intégrité territoriale, – lutte contre le blanchiment d’argent, capacité de réglementation économique, soutien aux victimes et aux témoins, prévention et acteurs non étatiques, l’étude arrive à six conclusions. 1re conclusion : plus des trois quarts de la population mondiale vivent dans des pays où le taux de criminalité est élevé, ou dans des pays où le niveau de résilience face au crime organisé est faible. 2e conclusion : de tous les continents, c’est l’Asie qui enregistre les niveaux de criminalité les plus élevés. 3e conclusion : la traite des personnes est le marché criminel le plus répandu au monde. 4e conclusion : les démocraties présentent des niveaux de résilience face à la criminalité plus élevés. 5e conclusion : les acteurs étatiques constituent les principaux facilitateurs de ces pratiques occultes et obstacles à la résidence face au crime organisé (dont octroi opaque de l’octroi de marchés publics). 6e conclusion : de nombreux pays en conflit et États fragiles sont très vulnérables face au crime organisé.

    2.-Ainsi, le trafic de marchandises regroupe différentes pratiques : contrefaçon, piraterie, falsification, adultération de produits, contrebande de produits licites et fraude fiscale. Le commerce illicite génère des bénéfices juteux et ne représente que peu de risques pour les groupes criminels organisés, car les peines encourues au titre du commerce illicite sont plus légères que pour d’autres infractions comme le trafic de stupéfiants. Pour combattre efficacement ce fléau, les pays doivent disposer d’enquêteurs spécialisés, de procureurs et de juges dans ce domaine de criminalité, tandis que les groupes criminels organisés disposent de compétences, de réseaux et de ressources logistiques toujours plus perfectionnés, utilisant les nouvelles technologies détournées à des fins criminelles, notamment les sites Internet, les médias sociaux, les appareils mobiles, les places de marché en ligne, le Darknet ou encore les cyber monnaies, et posent un problème permanent pour la communauté des services chargés de l’application de la loi.

    Dans le cadre du crime organisé, je distingue plusieurs segments, où peuvent exister des relations dialectiques entre les différents acteurs concernant le trafic illicite ( voir Pr A.Mebtoul intervention Ministère de la défense nationale MDN IMPED octobre 2019 sur le trafic aux frontières et intervention à l’ouverture du séminaire organisé par le haut commandement de la gendarmerie nationale Cercle des Armées Alger 23/24 février 2022 sur le thème –les différentes formes de la criminalité économique et financière et comment y faire face ) . Premièrement, nous avons le trafic d’armes. Le commerce des armes à feu est empreint d’opacité et oppose le secret d’État à de nombreuses tentatives de transparence. Le Groupe de recherche et d’information sur la paix et la sécurité (GRIP), un centre de recherche indépendant en Belgique, dénonce aussi parfois le comportement des industries qu’il accuse de se cacher derrière le secret-défense pour justifier des pratiques difficilement acceptables, ce qui explique les données contradictoires avec des différences importantes.

    Ainsi, selon l’ONU, sur la base des données de l’Office des Nations unies contre le crime (ONUDC), le marché international du trafic d’armes est estimé à plus de 1 200 milliards de dollars par an. Deuxièmement, nous avons le trafic de drogue. Avec un chiffre d’affaires estimé entre 300 et 500 milliards de dollars, le trafic de drogue est devenu le deuxième marché économique au monde, juste derrière le trafic d’armes. Si les trafiquants de drogue étaient un pays, leur PIB les classait au 21e rang mondial, juste derrière la Suède. Malgré la répression, l’ONU estime que seuls 42% de la production mondiale de cocaïne sont saisis (23% de celle d’héroïne). Troisièmement, nous avons la traite des êtres humains. C’est une activité criminelle internationale dans laquelle des hommes, des femmes et des enfants sont soumis à l’exploitation sexuelle, ainsi que le trafic d’immigrants. En 2019, le Gafi (Groupe d’action financière international) révèle dans une étude que les profits liés à la traite humaine s’élèveraient à 150 milliards de dollars. Un chiffre multiplié par six en l’espace de 5 ans. Quatrièmement, nous avons le trafic de ressources naturelles qui inclut la contrebande de matières premières telles que diamants et métaux rares (provenant souvent de zones de conflit) et la vente de médicaments frauduleux potentiellement mortels pour les consommateurs. Selon le Forum économique mondial, les médicaments contrefaits génèrent 120 à 160 milliards d’euros chaque année. Cinquièmement, le plus grand défi à la communauté internationale est la cybercriminalité (voir les trois derniers numéros de la revue du MDN Djeich où l’État major de l’ANP attire l’attention sur les dangers des nouvelles technologies qui menacent la sécurité nationale, rendant urgente leur maîtrise ) . Les pertes mondiales imputables aux attaques informatiques ont atteint les 1 000 milliards de dollars en 2020, soit plus de 1% du PIB mondial. Ces pertes proviennent du vol d’actifs monétaires et de propriété intellectuelle, mais également de pertes cachées, souvent omises.

    Selon une étude d’Interpol, un des dangers au XXIème siècle pouvant déstabiliser les Etats sont les cyberattaques. Compte tenu de cette situation, la direction de la cybercriminalité d’Interpol a élaboré en août 2020 un rapport d’évaluation mondial portant sur la cybercriminalité liée à la Covid-19 en s’appuyant sur l’accès aux données de 194 pays membres et de partenaires privés afin de brosser un tableau complet de la cybercriminalité liée à la pandémie de Covid-19 : escroqueries en ligne et hameçonnage pour 59% ; logiciels malveillants visant à désorganiser (rançongiciels et attaques par déni de service distribué) pour 36% ; logiciels malveillants visant à obtenir des données ; domaines malveillants, pour 21% ; désinformations et fausses informations, de plus en plus nombreuses, se répandent rapidement dans le public. Sixièmement, en synthèse de tous ces trafics, nous avons le blanchiment d’argent, processus durant lequel l’argent gagné par un crime ou par un acte illégal est lavé. Il s’agit en fait de voiler l’origine de l’argent pour s’en servir après légalement. Les multiples paradis fiscaux, des sociétés de clearing (aussi offshore) permettent de cacher l’origine de l’argent. Des techniques de blanchiment d’argent nouvellement émergentes et de plus en plus complexes apparaissent, impliquant l’utilisation du régime du commerce international, des passeurs de fonds, des systèmes alternatifs de transfert de fonds et des structures d’entreprise complexes. D’où l’importance d’un système d’information en temps réel, fondement impliquant la coordination étroite des institutions de contrôle, dont la réhabilitation de la Cour des comptes, consacrée par la Constitution comme organe suprême de contrôle, en léthargie depuis de longues années, y compris les services de sécurité pour protéger l’économie nationale et le renforcement de la coopération aux niveaux bilatéral, régional et international.

    En conclusion, au sein d’un monde turbulent et instable préfigurant d’importants bouleversements géostratégique, où le monde ne sera plus jamais comme avant, la lutte contre le terrorisme, le trafic en tout genre et la corruption sont un danger pour la sécurité mondiale, la Convention des Nations unies contre la criminalité transnationale organisée en décembre 2000 ayant mis en relief les liens entre le terrorisme, la criminalité transnationale organisée et le blanchiment d’argent. Pour l’Algérie, concernée par ce fléau qui menace la sécurité nationale et hypothèque le développement futur du pays, il s’agit d’anticiper et de réaliser de profondes réformes pour éviter que de telles pratiques ne se reproduisent, l’arsenal pénal étant en dernier ressort.

    Ayant eu à diriger en tant que directeur général des études économiques et haut magistrat comme premier conseiller à la Cour des comptes pour la présidence de l’époque, le dossier du bilan de l’industrialisation entre 1965 et 1978, du programme de l’habitat entre 1980 et 1983 en relations avec le ministère de l’Intérieur et tous les walis, nous avons constaté d’importants surcoûts par rapport aux normes internationales, ainsi que du dossier des surestaries avec le ministère du Commerce. J’avais conseillé à la présidence de l’époque d’établir un tableau de la valeur en temps réel, avec la numérisation des entreprises, du commerce, des banques, de la fiscalité, des domaines, et de la douane reliant toutes les institutions concernées aux réseaux internationaux (prix, poids, qualité), tableau qui malheureusement n’a jamais vu le jour du fait que la transparence des comptes s’attaquait à de puissants intérêts occultes. Or des actions concrètes sont nécessaires pour combattre ce fléau, condition d’un retour à la confiance afin de réaliser comme je l’avais proposé, lors de ma conférence du au club des Pins Alger le 24 décembre 2014 devant la majorité de membres du gouvernement et les cadres de la Nation, un large front national anti crise regroupant toutes les sensibilités, proposition qui revient aujourd’hui avec plus d’insistance, du fait des tensions géostratégiques régionales qui menacent la Nation.

    Abderrahmane MEBTOUL Professeur des universités, Docteur d’Etat 1974- expert international,
    30/05/2022 – ademembtoul@gmail.com

    #Corruption #Trafic #Terrorisme #Développement #Insécurité

  • Maroc : Le docteur Labbas Sbaï tabassée en prison

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    Le docteur Labbas Sbaï a été victime d’un tabassage dans la prison où il purge une peine de deux mois de prison ferme pour avoir dénoncé les trafics et la corruption endémiques dans la région de Mhamid El Ghizlane. Une pratique habituelle au Maroc visant à punir les prisonniers politiques.

    Labbas Sbaï, un citoyen suisse d’origine marocaine qui a choisi de retourner à son terreau natal, est détenu à Zagora pour avoir dénoncé les multiples activités mafieuses dans la région de M’Hamid, dans le sud du Maroc. Selon Le Temps, le citoyen suisso-marocain avait dénoncé la complicité de notables de sa région avec des trafiquants de chameaux, de cigarettes et de drogues qui sévissent à la frontière algéro-marocaine.

    Pour Amnesty International, Sbaï est clairement un prisonnier politique et un lanceur d’alerte qui dérange le régime.

    #Maroc #Labbas_Sbaï #Corruption #Mhamid_elghizlane



  • Sahara Occidental : Parfum de scandale à la Minurso

    Sahara Occidental : Parfum de scandale à la Minurso

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    Son responsable est accusé d’être corrompu par le Maroc : Parfum de scandale à la Minurso

    Le premier responsable de la Mission des Nations Unies pour le Référendum au Sahara Occidental (MINURSO) fait face à des graves accusations. Le russe Alexander Ivanko, représentant du Secrétaire Général de l’ONU pour le Sahara Occidental et chef de la MINURSO, aurait acquis un bien immobilier à Laayoune occupée. Est-ce éthique ou légal?

    Interrogé par les journalistes, le porte-parole de l’ONU s’est montré très évasif sur le sujet. Il est légal pour les membres du personnel de l’ONU d’acheter des biens…Je ne poursuivrais pas sur le sujet », a-t-il répondu aux journalistes.

    La crédibilité de la MINURSO en prend un sérieux coup
    Parfum de scandale à la MINURSO. Un article d’Abla Chérif à lire dans la version papier du Soir d’Algérie

    Le Soir d’Algérie, 29 mai 2022

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    #SaharaOccidental #Maroc #ONU #MINURSO #Alexander_Ivanko #Corruption

  • Maroc: Une Armée marginalisée et inefficace

    Maroc: Une Armée marginalisée et inefficace

    Maroc, armée, Wikileaks, corruption, intégrisme, islamisme,


    Les Forces Armées Marocaines « sont toujours éclaboussées par la corruption, l’inefficience bureaucratique, leur bas niveau d’éducation, certains de leur soldats courent le risque de tomber dans le radicalisme, elles sont politiquement marginalisées et le gros de leurs effectifs sont déployés au Sahara Occidental ». « Elles se modernisent mais elles continuent à être lestées par de vieux problèmes ». L’ambassadeur des États Unis au Maroc, Thomas Riley, a élaboré, en août 2008, un rapport exhaustif et confidentiel de neuf feuillets sur l’armée marocaine avec l’aide des attachés de défense et de sécurité. C’est une véritable radiographie des Forces Armées Royales aujourd’hui encore très mal connues.

    Les effectifs des trois armées s’élèvent à 218.000 hommes -10.000 de moins que ceux qui sont sous les drapeaux en Espagne- dont la moitié, voire même 70%, se trouvent au Sahara. Seules 40% de ces unités déployées dans cette ancienne colonie espagnole, un pourcentage assez bas, sont réellement opérationnelles. Les jeunes qui s’enrôlent comme soldats touchent 2.000 dirhams par mois (180 euros) et les officiers en début de carrière 6.000 dirhams (540 euros). A cela il faut ajouter un logement de fonction ce qui les place « dans une situation relativement confortable dans le contexte marocain ».

    Auteurs de deux coups d’État malheureux au début des années soixante dix, les militaires marocains sont encore étroitement surveillés. « Nous pensons que la monarchie estime toujours qu’ils représentent la plus grande menace pour la couronne ». « Les officiers continuent à être écartés de la prise de décisions politiques et même leur participation à des débats sur la force militaire du Maroc est restreinte ». Leurs relations avec les officiers des armées étrangères, y compris les attachés militaires américains, son aussi réduites. Du coup la qualité de l’information sur les Forces Armées Royales laisse à désirer.

    L’approbation du roi

    Ce manque de confiance royal à pour conséquence « qu’il n’y a pas de mouvements de troupes, de man½uvres ni de voyages officiels, à l’intérieur ni à l’extérieur du pays, sans l’approbation du roi ». Au Maroc il n’y a pas de Ministère de la Défense mais une petite administration civile, qui dépend du premier ministre, dont le rôle est de contrôler la gestion. Le Ministère des Affaires Étrangères s’occupe, quant à lui, de la participation marocaine dans des opérations de maintien de la paix. « Toutes les autres questions en rapport avec la défense se décident au palais royal », précise Riley.

    L’ambassadeur est cependant de l’avis que « certains symptômes montrent que la confiance du roi dans les Forces Armées s’accroît ». Pour preuve « la hausse significative des dépenses militaires » avec, par exemple, l’achat de 24 chasseurs bombardiers américains F-16. « Récemment le roi a autorisé les vols militaires au nord de Ben Guérir [la plus grande base militaire marocaine à 200 kilomètres au sud de Rabat], ce qui n’était pas permis jusqu’à présent car le souverain souhaitait que les militaires restent éloignés du palais de Rabat ».

    Le principal défi auquel doivent faire face les Forces Armées c’est la corruption, d’après Riley. Elle touche surtout les niveaux supérieurs de la hiérarchie militaire. Elle a une origine historique car, après les deux coups d’État frustrés, Hassan II déclara aux militaires : « Soyez loyaux et vous pourrez en tirer profit ». « Des rapports dignes de foi signalent que le lieutenant général Benanni tire justement profit de son poste de commandant en chef du secteur sud ». Il en tire « des revenus des contrats militaires et exerce son influence sur les décisions du monde des affaires ». « Une rumeur très répandue veut qu’il soit le propriétaire d’une bonne partie des pêcheries au Sahara Occidental ». « Comme d’autres officiers vétérans Benanni possède une fastueuse résidence familiale qui fut probablement construite avec l’argent recouvré des pots de vin ».

    Pénétration islamiste dans les armées

    « Une position de leader dans une région est, pour la hiérarchie militaire, une source importante de revenus non légaux », affirme l’ambassadeur. « Il y a même des rapports sur les élèves de l’académie militaire marocaine qui soudoient pour améliorer leur classement scolaire et obtenir ainsi [à leur sortie d’école] des postes militaires lucratifs ». « Des postes de commandement dans le secteur sud, c’est-à-dire au Sahara Occidental, sont considérés parmi les plus lucratif étant donnée la concentration, là bas, de l’activité militaire (…) ». « Le Gouvernement du Maroc semble chercher des formules pour freiner la corruption dans les rangs des militaires en formation, en commençant par les colonels et jusqu’au bas de la hiérarchie ».

    Un problème mineur, comparé à la corruption, est la pénétration islamiste dans les armées. Certaines informations « suggèrent qu’un petit nombre de soldats sont susceptibles de tomber dans l’islamisme radical ». Après les attentats de 2003 à Casablanca, qui firent 45 morts, les enquêteurs « ont identifié des militaires » faisant partie de la conspiration. Plus tard la police arrêta « plusieurs militaires et gendarmes faisant partie d’autres cellules terroristes dont l’une vola des armes dans une base (…) ».

    Parmi les mesures préventives prises pour empêcher la propagation de l’islamisme radical dans l’armée figurent « l’élimination des mosquées dans toutes les casernes (…) et le déploiement de la contre intelligence militaire, appelée le Cinquième Bureau, avec ses agents secrets pour surveiller les activités radicales dans les mosquées » proches des bases militaires.

    El Pais, 02/10/2010

    #Maroc #Armée #Wikileaks #EtatsUnis

  • Algérie. Place aux actes!

    Algérie, corruption, clientélisme, reconstruction nationale,

    S’il y a une chose dont on a gavé jusqu’à la nausée le citoyen algérien depuis des décennies, ce sont des discours non suivis d’actes. On discourt, on promet, on s’engage et au final, rien! rien de rien ! Le gouvernement actuel doit éviter à tout prix les discours et les engagements creux pratiqués à l’échelle industrielle sous l’ancien régime. Que n’a-t-on pas entendu comme discours depuis au moins deux décennies sur la dynamique de reconstruction nationale, sur la stabilisation du dinar, sur des législations en mesure de protéger les biens publics, sur les programmes spéciaux au profit des wilayas des Hauts Plateaux et du Sud, sur le développement de l’industrie pétrochimique et la modernisation des entreprises publiques, sur la bonne maturation des projets afin d’écarter les réévaluations des coûts, sur le développement de la technologie dans les filières céréalières et semencières pour atteindre l’autosuffisance alimentaire…etc.? Et qu’a-t-on au final ? Que du gâchis !

    Une économie qui repose quasi-exclusivement sur les revenus issus des exportations d’hydrocarbures et un pays rongé par la corruption et le clientélisme ! On se souvient encore de la célèbre diatribe de Bouteflika en 1999 qui disait « Je suis triste de dire, que je ne suis pas fier d’être Algérien alors que je sais que 1000 dinars algériens valent 30 dirhams marocains ». Et l’on connaît maintenant les tristes résultats de ses vingt ans de règne ! Plus jamais ça ! Les Algériens exigent maintenant des actes, pas des discours, de la vérité , pas du mensonge ! Ils ont tellement entendu des discours, des promesses, des engagements sans lendemain qu’ils ont fini par les prendre en horreur.

    Après Mohamed Arkab, le ministre de l’énergie et des mines qui s’est engagé à relancer les grands projets miniers structurants comme la mine de fer de Ghar Djebilet à Tindouf en joint-venture avec un partenaire chinois ainsi qu’à exploiter le gisement de zinc et de plomb à Oued Amizour, Béjaia et le gisement du phosphate à Bled (Tébessa), le ministre de l’Agriculture et du Développement rural, Mohamed Abdelhafid Henni vient d’annoncer de son côté que l’Algérie pourrait se passer d’ici deux années de l’importation des semences de certains produits de large consommation.

    Ce sont là de bonne nouvelles à condition qu’elles aboutissent et qu’elles connaissent leur réelle concrétisation sur le terrain. Car les promesses avancées depuis des années sur ces projets justement n’ont jamais abouti. Sous les Gouvernements Ouyahia et Sellal, on n’a jamais cessé de répéter que l’Algérie réalisera sa sécurité alimentaire et atteindra son autosuffisance alimentaire à l’horizon 2022 et on est toujours là à dépendre en tout de l’étranger. Les engagements avancés par les ministres des mines et de l’agriculture doivent être concrétisés car il y va de la crédibilité de tout le gouvernement. Que la politique des discours creux soit à jamais bannie !

    L’Express, 24 mai 2022

  • Algérie. Les «incompatibles»

    Algérie. Les «incompatibles» – députés, immunité parlementaire, corruption,

    La presse algérienne (cf. El Watan/Nabila Amir, 7 mai 2022) a révélé, dernièrement, que pas moins de dix-neuf parlementaires (dont 12 députés et 7 sénateurs) sont concernés par la levée de l’immunité car «ayant des antécédents avec la justice ou sous le coup de poursuites judiciaires». Et, à ceux-là, s’ajoutent «plus d’une soixantaine de députés qui sont concernés par cette opération en raison d’incompatibilité avérée avec le mandat parlementaire». Révélation ? Pas tant que ça ! Car le phénomène existe depuis presque toujours, sauf qu’il changeait de «clientèles» et de destinations en fonctiion des «nécessités» politiques de l’heure et surtout des amitiés particulières entretenues par les candidats avec les gouvernants et/ou décideurs de l’heure.

    Du temps de Houari Boumediene, c’était surtout pour faire taire les opposants en acte ou en puissance, les transformant, dans des postes de prestige et de simple représentation bien plus de décision, en serviteurs dociles validant sans discussion les mesures venues d’«en haut» ou transmettant sans piper mot les orientations du «pouvoir» : députés, ambassadeurs et consuls, rarement ministres. Durant la décennie noire, on a eu l’émergence (il est vrai absolument nécessaire, étant donné la situation sécuritaire) de gestionnaires locaux et régionaux aux CV douteux. Avec le bouteflikisme, c’est le summum qui est atteint, inaugurant la phase des «affairistes» dont certains ont réussi, grâce à leurs «baltaguias» et aux sacs-poubelles emplis de billets de 1.000 dinars, à se faire «élire» et/désigner, ce qui a grandement (ou totalement) favorisé leur «immunité» (et, au passage, leurs business et leur impunité).

    On avait cru qu’avec le Hirak, les textes et les procédures allaient être plus rigoureusement appliquées afin de se sortir du marécage. On s’aperçoit, hélas, qu’il n’en est rien. Il est vrai qu’un «système» ne peut pas changer en très peu de temps. Heureusement pour nos institutions-clés (celles qui légifèrent), ce n’est plus la même «clientèle». Donc, moins de danger, encore que. On se retrouve, globalement, face à des hommes et des femmes, certes de «bonne volonté», mais qui ont omis (volontairement ou non) de se plier, avant ou juste après leur élection ou désignation, aux règles constitutionnelles ou institutionnelles.

    Souvent, pour la plupart, non pour échapper à la justice, mais surtout pour essayer de gagner sur tous les tableaux, en conservant leur premier statut et en profitant des avantages du second. Le beurre et l’argent du beurre ! La nouvelle morale. Mais à qui la faute ? A celui qui ne veut pas ou ignore la loi ou à celui qui, au départ, s’est contenté de promulguer des textes puis n’a entrepris aucun contrôle préalable rigoureux des impétrants. Trouver la réponse, chez nous, c’est comme chercher une aiguille dans une botte de foin. Peut-être à la fin des mandats ou lors des départs à la retraite ?

    par Belkacem Ahcène-Djaballah

    Le Quotidien d’Oran, 14 mai 2022

    #Algérie #Corruption #Députés #Immunité_parlementaire

  • La justice malienne convoque Jean-Yves Le Drian

    La justice malienne convoque Jean-Yves Le Drian

    La justice malienne convoque Jean-Yves Le Drian – Mali, France, Barkhane, Takuba, corruption, tribunal de Bamako, Maliko, marché de fabrication de passeports,

    La justice malienne a convoqué le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, le 20 juin prochain, dans le cadre d’une enquête portant sur une « atteinte aux biens publics et autres infractions » remontant à 2015, a indiqué mercredi, l’AFP citant un tribunal de Bamako.

    « Le juge d’instruction du deuxième cabinet au tribunal de grande instance de la commune III du district de Bamako (pôle économique et financier) invite Monsieur Jean Yves-Le Drian à se présenter à son cabinet le lundi 20 juin 2022 pour affaire le concernant », précise la convocation, qui a été authentifiée, mercredi 11 mai, à l’AFP par la justice malienne.

    Une source judiciaire malienne a précisé que cette enquête faisait suite à une plainte d’une plateforme de plusieurs associations de la société civile malienne, dénommée « Maliko » (« La cause du Mali »). « C’est une histoire d’attribution d’un marché de fabrication de passeports maliens à une société française (à laquelle) le fils de Le Drian serait lié », a ajouté cette source.

    Algérie54

    #Mali #France #Corruption #JeanYvesleDrian

  • Maroc: La répression du Makhzen passe à la vitesse supérieure

    Maroc: La répression du Makhzen passe à la vitesse supérieure

    Maroc: La répression du Makhzen passe à la vitesse supérieure – Youssef El Hirèche, Mohammed El Yousfi, Abdelghani El Fatoumi, Mohammed Barhone, corruption,

    Youssef El Hirèche, un ingénieur marocain, actif sur les réseaux sociaux, affirme avoir été victime d’une tentative d’assassinat à Kenitra. A Laayoune, Mohammed El Yousfi, membre du PSU, a été arrêté. Tous les deux se sont dans la vulgarisation des dossiers de corruption.

    Selon son témoignage, El Hirèche a été suivi par deux individus armés d’une machette et une matraque. Ils étaient postés devant ches lui, ils attendaient qu’il sorte. Ses blessures son graves.

    Selon des informations véhiculées par les réseaux sociaux, d’autres activistes ont été victimes d’agressions graves quasi-simultanées :

    – Abdelghani El Fatoumi, militant anti-corruption et membre du Mouvement 20 février, actif dans le bidonville carrières Thomas, ex-prisonnier d’opinion.

    – Mohammed Barhone, marocco-canadien qui accuse expressément la police politique DST.

    Selon plusieurs sources, la répression est bel et bien arrivé au stade des assassinats et liquidations physiques.

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    #Maroc #Répression #Makhzen #corruption


  • La diplomatie française dans le piège de La Mamounia marocaine

    La diplomatie française dans le piège de La Mamounia marocaine


    Par Daniel Schneidermann | Fondateur d’@rrêt sur images | 23/02/2011 (RUE89)

    Védrine, Bianco, Quilès : tous les ténors de la mitterrandie régalienne se bousculaient ce mercredi matin, aux radios, se disputant l’honneur de tirer le coup de grâce sur la moribonde diplomatie sarkozyenne, ses tapis rouges déployés sous les pas des tyrans, ses ambassadeurs à biscoteaux, sa bouffonnerie incessante.

    Ils emboîtent le pas à un collectif anonyme de diplomates atterrés, qui a fait connaître sa désolation dans Le Monde de ce mardi.

    De fait, ce qu’on appelait dans les livres d’Histoire « la diplomatie française » est en coma dépassé. Depuis quand ? Depuis qu’un catastrophique « machin » (Todd) en a pris les commandes ? Depuis la fin de la guerre froide, comme le soutenait ce mercredi Bernard Guetta sur France Inter, en élargissant la perspective ? On peut en disputer sans fin.
    « Sur le Maroc, on est gênés, ils nous tiennent »

    Diplomates, ministres, journalistes, se renvoient la responsabilité de la cécité sur les tyrannies vermoulues du « monde arabe ». Cette cécité a été la chose la mieux partagée des dernières décennies.

    Les journalistes n’en sont pas exemptés, avec cette réticence persistante à dire et nommer les choses. En face du brûlot des diplomates, Le Monde publiait mardi une page fort instructive de Natalie Nougayrède, intitulée « Etat par état, les révoltes arabes vues par le Quai d’Orsay ».

    Sur le Maroc, on y lit cette confidence (anonyme) d’un « connaisseur issu du Quai » :

    « Combien de ministres français ont séjourné gratuitement dans les palaces marocains depuis des années, au prétexte d’une visite de travail de trois jours qui commençait le vendredi, avec un entretien d’une demi-heure pour tout justifier. »

    Et un autre, « parlant de la masse d’informations collectées à la Mamounia sur les élites françaises » :

    « Sur le Maroc, on est gênés, ils nous tiennent. »

    C’est trop en dire, ou pas assez. Que savent ces diplomates anonymes ? A quelles orgies, à quelles bacchanales font-ils précisément allusion ? Rien n’en a jamais transpiré, à de très rares exceptions près. Que sait l’auteure de l’article elle-même ? Des noms, des dates !
    Ecoliers des révolutions arabes et non stupides professeurs

    Etrangement, on dirait que Le Monde lui-même n’a pas pris la mesure du basculement radical qu’imposent les révolutions arabes, et qui devrait nous faire désormais leurs « écoliers, et non leurs stupides professeurs », comme disait Badiou, dans une formule pénétrante.

    Ecoutons comme Natalie Nougayrède relate l’affaire du déjeuner Boillon, cet ambassadeur piégé « par sa propre brusquerie [Nougayrède ne parle pas d’arrogance] face à l’esprit soixante-huitard qui imprègne la Tunisie de la parole libérée, et ses journalistes branchés Facebook ».

    Si Boillon est seulement « brusque », alors les choses peuvent s’arranger avec un ambassadeur moins brusque. Si l’exigence des confrères tunisiens n’est que du « soixante-huitardisme », alors ces grands ados se calmeront tôt ou tard.

    Vivement que les journalistes français se fassent les écoliers de leurs confrères tunisiens, que se libère leur parole, et qu’ils se branchent Facebook. S’il en est encore temps, ce qui n’est pas certain.

    Le nouvel obs, 15 novembre 2016 

    #Maroc #France #Lobbying #LaMamounia #Corruption