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  • WikiLeaks: corruption au sein de la famille royale marocaine

    WikiLeaks: corruption au sein de la famille royale marocaine

    Maroc, corruption, immobilier – WikiLeaks: corruption au sein de la famille royale marocaine

    Le roi du Maroc Mohammed VI s’est efforcé d’éradiquer la corruption au sein de la famille royale, mais celle-ci conserve, par le biais de ses intérêts, une emprise puissante sur les grandes entreprises du pays, selon les câbles de WikiLeaks.

    La famille royale du Maroc utilise les institutions de l’État pour « contraindre et solliciter des pots-de-vin » dans le secteur immobilier lucratif du pays, selon un rapport de diplomates américains ayant fait l’objet d’une fuite.

    Des informations sur la corruption à haut niveau impliquant les dirigeants de l’allié le plus proche de Washington en Afrique du Nord ont été portées à l’attention du consulat américain à Casablanca, la capitale commerciale du Maroc, par un homme d’affaires en 2009, ce qui a conduit les diplomates à décrire « l’effroyable cupidité » des proches du roi Mohammed VI.

    Selon le rapport américain, les décisions concernant Omnium Nord Africain (ONA), une société holding appartenant au roi, sont prises uniquement par le roi et deux de ses puissants associés. « Avoir des discussions avec quiconque d’autre serait une perte de temps », aurait déclaré le directeur de la société.

    L’implication du roi dans les affaires est un sujet brûlant au Maroc, mais les discussions publiques à ce sujet sont sensibles. L’ambassade des États-Unis à Rabat a signalé à Washington, dans un autre câble, que « la corruption est répandue à tous les niveaux de la société marocaine ».

    Mohammed, qui a succédé à son père, Hassan, en 1999, est censé avoir fait le ménage dans la famille royale, mais il semble qu’il n’en ait pas fait assez.

    « Alors que les pratiques de corruption existaient sous le règne du roi Hassan II, elles sont devenues beaucoup plus institutionnelles avec le roi Mohammed VI », indique un câble citant les propos d’un homme d’affaires. Des institutions telles que l’ONA – le plus grand conglomérat du Maroc, qui approuve la plupart des grands projets de développement – contraignaient régulièrement les promoteurs à accorder des droits bénéficiaires à l’ONA, selon les propos de l’homme d’affaires.

    En 2008, l’ONA a licencié Saad Bendidi de son poste de directeur général pour avoir mal géré Wana, la filiale de télécommunications de l’entreprise – une décision qui a attiré l’attention du public sur les activités commerciales du roi. « Malgré l’intrigue qui a entouré le licenciement de Bendidi, les membres de la communauté des affaires de Casablanca ne l’ont pas trouvé particulièrement inhabituel », a indiqué le consulat. « Un franchisé de longue date a fait remarquer que le prédécesseur de Bendidi … n’avait pas non plus passé plus de quelques années à la tête de l’ONA. Comme l’a dit un homme d’affaires, le palais peut être très exigeant. Quand le palais appelle, « si vous ne décrochez pas le téléphone à la première sonnerie, vous avez des problèmes ».

    Les médias ont notamment appelé le roi « à quitter le monde des affaires, invoquant le conflit inhérent entre son rôle d’arbitre ultime du système marocain et celui d’homme d’affaires et de banquier de premier plan au sein de ce système ».

    L’affaire « a jeté le doute sur la transparence des affaires du roi », une « situation explosive » à un moment où les Marocains sont confrontés à la hausse des prix des biens dont la production et la distribution sont souvent assurées par les propres sociétés du roi. Ces questions ont longtemps fait l’objet d’un débat feutré dans les milieux d’affaires marocains, mais « peu s’attendent à ce que le rôle royal dans l’ONA change de sitôt ».

    L’expérience de l’informateur du consulat américain « démontre une réalité dont la plupart des Marocains n’osent que chuchoter – l’influence et l’intérêt commercial du roi et de certains de ses conseillers dans pratiquement tous les grands projets immobiliers ici », indique le câble. « Un ancien ambassadeur des États-Unis au Maroc, qui reste étroitement lié au palais, nous a séparément déploré ce qu’il a appelé la cupidité effroyable des proches du roi Mohammed VI. Ce phénomène porte gravement atteinte à la bonne gouvernance que le gouvernement marocain s’efforce de promouvoir. »

    The Guardian, 6 décembre 2010

    #Maroc #Wikileaks #Famille_royale #Corruption #Immobilier #EtatsUnis

  • Wikileaks: Le Palais Royal au sommet de la corruption au Maroc

    Maroc, Wikileaks, corruption, palais royal – Wikileaks: Le Palais Royal au sommet de la corruption au Maroc

    Les diplomates américains décrivent des cas concrets ou les conseillers de Mohamed VI demandent des commissions pour autoriser des projets immobiliers

    EL PAÍS – Madrid – 02/12/2010

    « L’influence et les intérêts commerciaux du roi [Mohamed VI] et de certains de ses conseillers » sont perceptibles « dans chaque grand projet immobilier au Maroc ». Le conseiller commercial des Etats Unis, rattaché au Consulat américain à Casablanca, est arrivé à cette conclusion, en décembre de l’année dernière, après s’être réuni séparément avec des représentants du secteur ayant eu affaire, de près ou de loin, au palais royal.

    Dans une note secrète du 11 décembre de l’année dernière le conseiller commercial signale le nom de ses sources et raconte avec toutes sortes de détails l’histoire d’un homme d’affaires qui, pour le compte d’un consortium international, souhaitait invertir 220 millions de dollars (162 millions d’euros) dans un projet immobilier. Pour ne pas porter préjudice aux sources du conseiller, EL PAÍS omet de donner les noms de ses interlocuteurs et des sociétés mentionnées dans la note américaine.

    L’homme d’affaires obtint un permis de construire du gouverneur de la région où il voulait invertir, mais peu après le palais « l’encouragea vivement » à s’associer avec lui à travers une société appartenant à la famille royale. L’investisseur rejeta la proposition et dut supporter trois mois de paralysie du projet ».
    Au bout d’un moment la société appartenant au palais proposa alors à l’homme d’affaires de lui organiser une visite dans un pays du Golfe Persique ou il avait de nombreux contacts pour essayer d’encourager l’investissement étranger au Maroc. En échange de ce service il serait « le seul propriétaire » de son projet immobilier au Maroc. Il accepta la proposition.

    Corruption

    La délégation marocaine qui voyagea à ce riche pays du Golfe était dirigée par l’un des plus hauts cadres d’une des sociétés appartenant à la famille royale. Lors d’une réunion avec les investisseurs de la place le cadre marocain leur expliqua que seules trois personnes au Maroc étaient habilitées à prendre les décisions sur les grands investissements immobiliers: Fouad Ali el Himma, grand ami du souverain et leader du Parti Authenticité et Modernité (PAM) ; Mounir Majidi, secrétaire particulier de Mohamed VI, et le roi lui-même. « Parler avec quelqu’un d’autre est une perte de temps », leur dit-il. La PAM est le parti qui gagne les dernières élections municipales en juin 2009.

    Après le retour de la délégation au Maroc, la société appartenant au palais reçu des instructions de ses propriétaires de mettre presque complètement en oeuvre l’accord conclu avec l’homme d’affaires qui souhaitait investir au Maroc. Elle ne lui demanda qu’une participation de 5% dans son projet. « Les principales institutions et les procédures de l’Etat marocain sont utilisées par le palais pour faire pression et demander des pots de vin dans le secteur immobilier », déclare un célèbre homme d’affaires au conseiller commercial. « Même si la corruption était pratiquée du temps du roi Hassan II, ces habitudes ont acquis un caractère plus institutionnel avec le roi Mohamed VI ».
    Le conseiller prend ces commentaires pour de l’argent contant dans son rapport. Ils sont étayés par les observations que lui fait un ancien ambassadeur des États-Unis au Maroc « qui continue à avoir des relations étroites avec le palais ». Ce dernier confie au conseiller que certains proches de Mohamed VI font preuve « d’une honteuse gloutonnerie ». « Ce phénomène sape sérieusement la bonne gouvernance que les autorités du Maroc s’efforcent de promouvoir », ajoute-il.

    Entreprises espagnoles

    Même Luís Planas, l’ambassadeur d’Espagne à Rabat pendant les six dernières années (2004-2006), reconnut les difficultés pour investir au Maroc lors d’un déjeuner, en mars 2006, avec Thomas Riley, son homologue américain. Après avoir évoqué le lancement d’un plan espagnol de 200 millions d’euros pour encourager les petites et les moyennes entreprises espagnoles à traverser le Détroit de Gibraltar, Planas expliqua qu’il serait sans doute utile mais il lança aussi un avertissement : A cause de son manque de transparence, le Maroc est un pays qui donne à réfléchir quand il s’agit de faire des affaires.

    La Consulat des États-Unis à Casablanca fut lui aussi victime de la corruption quand il voulut acheter un terrain pour disposer de plus de place, d’après la note qu’il envoya au Département d’État en mars 2008. « Plus de 30 endroits ont été identifiés, mais une vingtaine ont du être enlevés de la liste parce que les vendeurs ne voulaient pas signer un contra légal ». « D’autres ont refusé de vendre car ils attendaient que les prix montent ». « Parmi ceux qui étaient disposés à vendre nombreux étaient ceux qui voulaient de l’argent sous la table (…) ».

    Source: El Pais, 02/10/2021

    #Maroc #Wikilelaks #Palais_royal #Corruption #Immobilier

  • Marchés et corruption: Les responsabilités du gouvernement

    Algérie, marchés publiques, corruption – Marchés et corruption: Les responsabilités du gouvernement

    Les marchés publics ont de tout temps été une des plus grandes brèches à travers lesquelles responsables politiques, cadres d’institutions étatiques et hommes d’affaires introduits dans le sérail se sont engouffrés pour détourner de grosses sommes d’argent, en grande partie en devises fortes. Passation de marchés non-conformes à la réglementation, pots-de-vin, surfacturation, transfert illicite de devises à l’étranger, ont été d’ailleurs les principales charges retenues contre ce qui est communément appelé la « Issaba ». Des procès retentissants ont eu lieu et se poursuivent encore contre d’anciens patrons et leur relais. 90% des affaires sont liées à la corruption et se nourrissent des marchés publics. Conscient du fléau, le gouvernement s’est engagé dans son plan d’action à renforcer le contrôle des finances publiques, en dotant de mécanismes garantissant la transparence et la traçabilité.

    Le Premier ministre, qui occupe également le poste de ministre des Finances a déjà élaboré un projet de loi relatif aux règles générales des marchés publics. Le nouveau texte a la particularité d’axer ses aspects juridiques exclusivement sur les marchés publics. Dans le but de s’assurer une plus grande marge de manœuvre dans le contrôle de la gestion de l’argent public, le gouvernement a opté pour un texte de loi englobant des règles générales, offrant toute la latitude aux législateurs d’opérer grâce à des dispositions réglementaires modulables selon les nouvelles réalités.

    Les marchés passés de gré à gré et soumis à l’approbation du conseil des ministres restent à 10 milliards de dinars. Il est à signaler l’introduction de la soumission électronique et l’obligation du recours à la publicité en cas d’appels d’offres ouverts ou restreints. « Le recours à la publicité est obligatoire au bulletin officiel des marchés de l’opérateur public (Bomop) et par voie de presse pour les formes de passation des marchés publics visées aux articles 37 et 39, en cas de nécessité », stipule la nouvelle loi.

    Une particularité : les marchés portant sur des solutions développées par des startups peuvent faire l’objet de la procédure de gré à gré. Par ailleurs, 20 % de la commande publique sont réservés aux micro-entreprises. La nouvelle loi force dans la mesure du possible les entreprises étrangères qui obtiennent des marchés publics en Algérie à conclure des accords de sous-traitance avec des entreprises de droit algérien.

    Il va de soi que la lutte contre la corruption sous toutes ses expressions requiert une détermination sans failles et une mobilisation quasi-permanente des services financiers, en attendant l’informatisation de tous les outils de gestion. Il est à rappeler qu’en deux décennies, les marchés publics ont permis à la « Issaba » et ses affidés de détourner et de placer dans des banques à l’étranger plusieurs dizaines de milliards de dinars.

    Des sommes inouïes ont été soustraites du Trésor public pour prendre la direction de l’Europe, les pays du Golfe et les paradis fiscaux. En 20 ans, l’Algérie a perdu de quoi remettre à niveau l’ensemble de son infrastructure industrielle ! Afin de se prémunir contre une quelconque « mise à sac » orchestrée par des responsables peu scrupuleux et d’hommes d’affaires sans foi ni loi, le gouvernement est en train de revoir son système défensif. Cette fois-ci sera-t-elle la bonne ?

    Mohamed M.

    L’Est Républicain, 21/11/2021

    #Algérie #Marchés_publiques #Corruption

  • L’Algérie pourrait approvisionner l’Europe en énergie solaire

    L’Algérie pourrait approvisionner l’Europe en énergie solaire – « Notre priorité est de moraliser l’administration et le monde des affaires ».

    Dans un entretien publié hier par le Der Spiegel, le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, a réaffirmé la volonté de l’Etat de poursuivre la lutte contre la corruption à travers la moralisation de la vie publique et la consolidation de la bonne gouvernance, ainsi que la consécration de la transparence et de l’intégrité dans la gestion des deniers publics.

    «Notre priorité est de moraliser l’administration et le monde des affaires», a-t-il déclaré à l’hebdomadaire allemand, précisant que les autorités du pays «luttent, depuis deux ans, contre ce fléau». Le chef de l’Etat a réitéré la volonté de récupérer l’argent public détourné et placé à l’étranger, affirmant que «ce qui s’est passé au niveau du plus haut sommet de l’Etat était une dilapidation impardonnable des richesses du pays», et que cela était «nuisible pour les citoyens».

    Il a souligné, dans ce contexte, que la stratégie de lutte contre la corruption adoptée, depuis son accession à la présidence de la République, repose sur «la lutte contre l’argent sale», rappelant que l’Algérie a adopté «une nouvelle Constitution qui donne plus de droits aux citoyens» et procède, actuellement, à «la réorganisation de la Cour des comptes». Evoquant les mesures prises pour améliorer le pouvoir d’achat des citoyens, le président Tebboune a rappelé qu’il avait décidé d’exonérer les salaires inférieurs à 30.000 DA de l’Impôt sur le revenu global (IRG) et d’augmenter le salaire national minimum garanti (SNMG), faisant remarquer qu’un «intérêt particulier» est accordé aux zones rurales, jusque-là oubliées, pour améliorer les conditions de vie des citoyens.

    Sur un autre registre, le président de la République a affirmé également que la liberté de la presse est garantie en Algérie, relevant, toutefois, que cette liberté ne donne pas le droit de diffuser de fausses informations ou de dénigrer son pays. Interrogé sur la réforme de la Constitution ouvrant la voie à un possible déploiement de l’armée algérienne à l’étranger, le président de la République a affirmé que l’ONU pourra désormais solliciter l’Algérie pour participer aux opérations de maintien de la paix, précisant, néanmoins, qu’il n’enverrait pas les soldats algériens à la mort pour défendre les intérêts des autres.

    L’Algérie pourrait approvisionner l’europe en énergie solaire

    Dans le registre de la coopération, le président Tebboune a mis en évidence le «potentiel» existant notamment en matière d’énergies renouvelables entre l’Algérie et l’Allemagne, un potentiel qui pourrait permettre d’approvisionner l’Europe entière en énergie solaire. «Il y a (…) beaucoup de potentiel dans les énergies renouvelables.

    Avec l’aide de l’Allemagne, nous pourrions approvisionner l’Europe en énergie solaire», a affirmé le président Tebboun. A une question sur ses attentes par rapport au prochain gouvernement allemand dans le domaine de la coopération bilatérale, le chef de l’Etat a déclaré : «Tout ce qui est possible», affirmant que «l’Allemagne est un modèle pour nous à bien des égards».

    Evoquant les secteurs de coopération pouvant être développés, il a cité, à titre d’exemple, celui de la santé. «Je voudrais que nous construisions ensemble un grand hôpital à Alger. Un établissement qui couvre toutes les spécialités de la médecine», a-t-il précisé, soulignant que l’Algérie serait disposée à financer une «grande partie» de ce projet. Le président Tebboune s’est félicité de la qualité des relations politiques entre les deux pays.

    «Les Allemands nous ont toujours traités avec respect, ils ne nous ont jamais traités avec arrogance, et il n’y a jamais eu de désaccord sur la politique étrangère», a-t-il souligné.

    Le chef de l’Etat qualifie de « très grave » les propos de Macron : « On ne touche pas à l’histoire des Algériens »

    Le président de la République, Abdelmadjid Tebboune a qualifié de « très graves » les propos du Président français, Emmanuel Macron, sur l’Algérie. « Quand un chef d’Etat déclare que l’Algérie n’était pas une nation à part entière, cela devient très grave », a indiqué le Président Tebboune dans cette interview, soulignant qu’il « ne s’agit pas d’un problème personnel (avec Macron), mais d’un problème national ». « L’on ne touche pas à l’Histoire d’un peuple et on n’offense pas les Algériens », a-t-il dit, qualifiant les propos de Macron de « vieille haine ».

    « Macron a relancé complètement et inutilement une vieille querelle », a précisé le chef de l’Etat, faisant observer que « si le journaliste d’extrême droite Eric Zemmour tenait de tels propos, personne n’y prêterait attention, mais quand un chef d’Etat déclare que l’Algérie n’était pas une nation à part entière, cela devient très grave ». Toutefois, pour le Président Tebboune, « Macron est loin de penser ainsi », estimant que ses propos sont motivées par des « raisons électorales », estimant qu’avec cette déclaration, Macron « s’est rangé du côté de ceux qui justifient la colonisation ». Interrogé sur la question de la Mémoire, le président de la République a indiqué que « l’Algérie n’a pas besoin d’excuses de la part de Macron pour des événements qui se sont déroulés en 1830 ou en 1840, mais exige une reconnaissance pleine et entière des crimes commis par les Français ».

    « Macron l’a déjà fait quand, en 2017, il avait déclaré publiquement que la colonisation était un crime contre l’humanité », a ajouté le Chef de l’Etat, relevant que « les Allemands ont détruit un village entier à Oradour-sur-Glane en 1944 et que ce massacre est encore commémoré à ce jour ».
    Pour M. Tebboune, « il y a des dizaines d’Oradour-sur-Glane en Algérie où les Français avaient amené les habitants de nombreux villages dans des grottes et y ont mis le feu pour les asphyxier ».

    « Désormais, pour aller au Mali, les français devront voler 9 heures au lieu  de 4 »

    Concernant le Mali, M. Tebboune, a affirmé que « l’Algérie n’acceptera jamais une partition » de ce pays. Le chef de l’Etat a également réitéré l’attachement de l’Algérie à l’exercice par le peuple sahraoui de son droit à l’autodétermination. A une question sur une éventuelle réouverture de l’espace aérien aux avions militaires français, il a répondu en affirmant : « Non, si les Français veulent aller au Mali ou au Niger, désormais ils devront voler 9 heures au lieu de 4. Toutefois, nous sommes disposés à faire une exception pour secourir les blessés »

    El Moudjahid, 07/11/2021

    #Algérie #France #Allemagne #Histoire #Colonialisme #mémoire #Corruption

  • Corruption: Nouvelles révélations sur l’affaire SNC-Lavalin

    Corruption: Nouvelles révélations sur l’affaire SNC-Lavalin – La Société canadienne a eu recours aux services du conseiller financier Hugh Thurston pour payer des pots-de-vin en Algérie»

    «Il y a une vingtaine d’années», la Société canadienne «SNC-Lavalin a eu recours aux services du conseiller financier personnel de l’ancienne Première ministre britannique Margaret Thatcher pour payer des pots-de-vin en Algérie», selon le quotidien québécois ‘La Presse’, citant une enquête de la Gendarmerie royale du Canada (GRC).

    Les nouvelles révélations concernent le projet du Complexe gazier de Rhourde Nouss, gigantesque installation construite dans la région d’Ouargla. «Il a été développé en partie par SNC-Lavalin pour la Société d’État algérienne Sonatrach, à partir de la fin des années 1990», écrit ‘La Presse’ dans un article intitulé «L’Algérie revient hanter SNC-Lavalin» publié jeudi dernier.

    Selon la même source, l’enquête «affirme clairement que des pots-de-vin ont été versés» via un «nouveau canal» qui «impliquerait un lien très ancien entre un cadre de l’entreprise et un acteur important dans le monde de la Finance offshore», précisant que ces «allégations» concernent des «personnes qui ne travaillent plus pour la multinationale» et «ne sont accusées de rien à ce stade».

    Le journal rapporte qu’une «perquisition pour aller chercher des documents additionnels au siège social de SNC-Lavalin» menée en février 2020, concernant un contrat de construction d’un pont routier ‘Jacques-Cartier’ (à Montréal, ndlr), «attribué au consortium de SNC-Lavalin, le 12 octobre 2000», a permis le «dépôt d’accusations de fraude contre l’entreprise et deux ex-cadres, le mois dernier (le fonctionnaire corrompu mis en cause dans cette affaire avait déjà été condamné en 2017 après avoir admis les faits)».

    Ainsi, «un cadre de l’entreprise montréalaise aurait contacté un mystérieux conseiller financier installé dans le paradis fiscal de Jersey» avant de lui envoyer une «ébauche de contrat qui devait permettre de faire transiter des paiements de près de 2 millions de dollars, à travers une société-écran» détenue par Hugh Thurston ancien «conseiller financier personnel de l’ancienne Première ministre britannique Margaret Thatcher», ajoute la même source.

    «Selon la GRC, le mystérieux financier de Jersey avait déjà aidé la firme par le passé par l’entremise de son entreprise personnelle, qui agissait comme «représentant» de SNC-Lavalin en Algérie», précise-t-on. «Cette compagnie de représentant a été utilisée par SNC-Lavalin International pour des paiements de pots-de-vin à certains individus en relation au projet Rhourde Nouss en Algérie», ajoute ‘La Presse’, citant l’enquête de la GRC.

    Si, finalement, l’opération de faire transiter des paiements de près de 2 millions de dollars, dans le cadre du contrat du pont ‘Jacques-Cartier’, n’a pas transité par la société écran de Hugh Thurston, elle a été réalisée via une autre «société de consultants établie au Liban». «Les comptes en Suisse de cette société auraient ensuite servi à transférer discrètement 2,2 millions de dollars au P-DG de la Société des ponts fédéraux qui avait truqué l’appel d’offres pour les travaux du pont Jacques-Cartier», lit-on dans l’article, qui précise que «la dépense aurait faussement été imputée dans les comptes de l’entreprise à des frais de représentation pour des projets en Algérie et en Libye». Invité à réagir, «un porte-parole de SNC-Lavalin affirme que l’entreprise n’a jamais eu vent que le versement allégué de pots-de-vin liés au projet gazier de Rhourde Nouss avait fait l’objet d’une enquête policière, ce qui laisse entendre que le dossier n’a peut-être pas été plus loin», écrit ‘La Presse’. L’enquête canadienne estime qu’un «troisième cadre s’était rendu coupable de fraude». Il s’agit de «Michael Novak, ancien président de la division SNC-Lavalin International, qui a quitté l’entreprise en 2013» qui, selon des «documents judiciaires», «a signé des conventions destinées à autoriser les paiements faussement attribués aux projets en Libye et en Algérie, alors que l’argent était en fait destiné à un fonctionnaire canadien corrompu». Selon l’article, «l’ambassade d’Algérie à Ottawa n’a pas donné suite» à la «demande de commentaire» du journal.

    par M. Mehdi

    Le Quotidien d’Oran, 30/10/2021

  • Algérie: Détermination accrue de tous

    -L’Algérie a besoin d’une économie diversifiée, performante, compétitive et transparente
    -Il faudra changer les habitudes, affronter les intérêts particuliers, la lutte contre les passe-droits, la corruption et la bureaucratie

    Tout le monde est conscient des défis que représentent pour le pays la mise en œuvre de réformes nécessaires à la garantie de l’Etat de droit et la mise en place d’une économie diversifiée, performante, compétitive et transparente. Cette philosophie demande du courage pour faire changer les habitudes, affronter les intérêts particuliers, la lutte contre les passe-droits, la corruption et la bureaucratie. En toute logique il s’agit de la réponse la meilleure pour garantir la stabilité et la prospérité à long terme.

    Les réformes convaincantes, solides et appropriées sont la meilleure réponse que le nouveau gouvernement dirigé par le Premier ministre, ministre des Finances, Aïmene Benabderrahmane peut apporter à la conjoncture actuelle que traverse le pays sur le plan économique, financier et social et aux attentes concurrentes des citoyens et de la jeunesse en particulier.

    Faudra-t-il encore cette détermination accrue de tous car les choses, les acquis ne sont pas difficiles à faire, ce qui est difficile c’est que tout le monde se mette en état de les faire avec conviction à travers des réponses et des actions concrètes qui ne doivent guère être ternies par des controverses politiciennes, des tensions sociales ou d’obstacles visant à freiner cet élan nouveau.

    L’important c’est d’apporter des modifications jusqu’à garantir la solution des vrais problèmes : les problèmes de la population. En effet, le citoyen algérien dans son désir aspire à un avenir prospère dans un Etat de droit, démocratique, débarrassé de toutes les pratiques du passé et offrant à tous des opportunités égales.

    Aussi aucun modèle de développement ne peut mieux réussir que le rétablissement de la confiance du citoyen en droite ligne et répondant sans équivoque aux aspirations populaires légitimes qui renforcent l’Etat de droit, la consolidation des institutions et du développement socio-économique profitant à tous. C’est un espoir national qui s’exprime depuis Février 2O19 de voir le pays reprendre la voie du succès. C’est là un objectif qui exige des efforts soutenus pour changer les comportements, les mentalités et éliminer les stéréotypes sociaux concernant les rôles et les responsabilités de chacun et de tous ; une volonté qui devra réunir par la convergence des approches nécessaires à la mise en œuvre de mesures positives, ciblées sur des objectifs précis de développement économique et social.

    Justement, le Premier ministre, ministre des Finances, Aïmene Benabderrahmane dès sa prise de fonction, a mis l’accent sur le rétablissement de la confiance du citoyen qui constitue dès lors la  » priorité du gouvernement, en sus d’autres dossiers tout aussi important, en tête desquels la lutte contre la corruption ».

    Pour lui,  » La lutte contre la corruption est une priorité qui ne manque pas d’importance « .

    B.C.

    Lemaghrebdz, 20/10/2021

  • Pandora Papers: Londres facilite-t-elle la corruption ?

    Grande-Bretagne, Pandora Papers, corruption, paradis fiscaux, offshore, Consortium international des journalistes d’investigation, ICIJ, #PandoraPapers,

    Les Pandora Papers ont révélé comment des hommes politiques, des magnats de l’industrie et d’autres fonctionnaires utilisent des paradis fiscaux offshore pour dissimuler leur richesse. Plus de 600 journalistes de 150 médias dans 117 pays sont impliqués dans l’enquête sur les Pandora Papers, ce qui en fait la plus grande collaboration journalistique jamais réalisée dans le monde. Le Consortium international des journalistes d’investigation a mené l’enquête.

    Cette fuite financière met au jour les secrets des puissants dirigeants mondiaux et des super-riches. Cette enquête a permis de nommer des dizaines de dirigeants internationaux actuels et anciens. Le Consortium international des journalistes d’investigation (ICIJ), qui a reçu un trésor de 11,9 millions de données classifiées, facilite l’initiative des Pandora Papers.

    Les journalistes ont étudié et trié les données pendant deux ans, en contextualisant les informations, en recherchant des sources et en analysant les dossiers publics et autres documents. À ce jour, les secrets financiers d’au moins 35 dirigeants mondiaux actuels et anciens, ainsi que de plus de 330 responsables gouvernementaux de 91 pays, ont été divulgués. Les documents ont été obtenus auprès de 14 sociétés de services offshore du monde entier qui ont créé des sociétés fictives et d’autres entités offshore pour leurs clients, dont beaucoup étaient de riches politiciens, des cadres et des criminels cherchant à dissimuler leurs opérations financières.

    En outre, le Consortium international des journalistes d’investigation (ICIJ) a déclaré qu’à une époque d’autoritarisme et d’inégalités croissantes, « les Pandora Papers offrent une perspective inégalée sur la manière dont l’argent et le pouvoir opèrent au XXIe siècle, et sur la manière dont l’État de droit a été contourné et brisé dans le monde entier par un système de secret financier mis en place par les États-Unis et d’autres pays riches ».

    Les Pandora Papers exposent les finances de beaucoup plus de dirigeants et de fonctionnaires étrangers que les Panama Papers, et fournissent plus de deux fois plus d’informations concernant la propriété de sociétés offshore. Dans l’ensemble, cette enquête révèle « les véritables propriétaires de près de 29 000 sociétés offshore, les plus gros contingents provenant de Russie, du Royaume-Uni, d’Argentine, de Chine et du Brésil » (Olawoyin & Ibekwe, 2021).

    En particulier, les documents font également référence à un certain nombre de trusts aux États-Unis, tels que le Dakota du Sud, la Floride et le Delaware, où les milliardaires pourraient cacher leurs actifs. Robert F. Smith, milliardaire du capital-investissement, et son financier Robert Brockman figurent parmi les milliardaires américains identifiés dans les Pandora Papers. En particulier, les transactions financières offshore de certains des hommes politiques les plus puissants du monde ont été exposées. Parmi eux, le roi Abdullah II de Jordanie, qui a créé un empire immobilier à Londres et à Washington. Les documents révèlent également les malversations financières d’Andrej Babi, le premier ministre de la République tchèque, et de Nicos Anastasiades, le président de Chypre. La fuite nomme également le président de l’Ukraine, Volodymyr Zelenskiy. Les documents Pandora jettent également la lumière sur le système offshore dans son ensemble.

    Les documents divulgués révèlent de manière graphique le rôle majeur de coordination de Londres dans l’ombre du secteur offshore. Les gestionnaires de patrimoine, les cabinets d’avocats, les agences de création de sociétés et les comptables ont tous des bureaux dans la capitale britannique. Tous existent pour servir leur clientèle ultra-riche. Nombre d’entre eux sont des magnats nés à l’étranger qui bénéficient du statut de « non-domicile », ce qui signifie qu’ils n’ont pas à payer d’impôts sur leurs avoirs internationaux (Guardian, 2021).

    Cette situation est également embarrassante pour le Royaume-Uni. Le blanchiment d’argent et la richesse étrangère sont depuis longtemps associés à l’immobilier londonien. Il y a toujours plus de paradis fiscaux offshore où les riches et les puissants peuvent cacher leur argent et éviter de payer des impôts. Bien que des lois aient été adoptées pour lutter contre la quantité de richesses illicites qui transitent par les maisons de ville coûteuses de Londres, les recherches révèlent que peu de choses ont changé (Ollie, 2021).

    Une fuite massive d’informations sur les entreprises a une fois de plus mis en évidence la position persistante de la Grande-Bretagne en tant que facilitateur de la corruption à l’échelle mondiale, et elle devrait servir d’avertissement au gouvernement pour qu’il renforce ses défenses contre l’argent sale. Par conséquent, les Pandora Papers révèlent comment des responsables gouvernementaux, des figures du crime organisé et des entreprises utilisent des sociétés des îles Vierges britanniques (BVI), le plus grand centre financier offshore du Royaume-Uni, pour dissimuler leurs noms et leurs activités. (Transparency International, 2021).

    Les Papiers Pandora : L’élite mondiale dévoilée, la Grande-Bretagne a besoin de transparence

    Les Panama Papers sont une fuite d’environ 12 millions de documents et de dossiers qui révèlent l’argent et les transactions cachées de dirigeants internationaux, d’hommes politiques et de milliardaires. Les données ont été recueillies par le Consortium international des journalistes d’investigation à Washington, DC, et ont donné lieu à l’une des enquêtes mondiales les plus complètes jamais entreprises. Plus de 600 journalistes de 117 nationalités ont fouillé dans la vie privée de certaines des personnes les plus puissantes du monde.

    Selon l’enquête des Pandora Papers, 35 dirigeants mondiaux actuels et anciens, dont l’ancien Premier ministre britannique Tony Blair, le roi de Jordanie Abdullah II et le président du Kenya Uhuru Kenyatta, la princesse marocaine Lalla Hasnaa, Mohammed bin Rashid Al Maktoum, le premier ministre des Émirats arabes unis, l’émir du Qatar, Tamim bin Hamad Al Thani, le ministre des finances du Pakistan, Shaukat Fayaz Ahmed Tarin, ainsi que de riches milliardaires, sont liés à des paradis fiscaux offshore.

    En outre, les « Pandora Papers » révèlent les véritables propriétaires de près de 29 000 sociétés offshore. Certaines de ces sociétés sont utilisées pour cacher des comptes bancaires anonymes, des avions privés, des yachts, des manoirs, et même des œuvres d’art de Picasso et de Banksy, entre autres (DW, 2021).

    Les Pandora Papers ont notamment révélé que Londres est un refuge populaire pour certaines des personnes les plus riches et les plus puissantes du monde. Les près de 12 millions de fichiers ont révélé comment des personnes fortunées du monde entier auraient créé des entreprises offshore pour acheter des propriétés et éviter de payer des impôts. Avec de nombreuses résidences de premier ordre au cœur de la ville appartenant à des non-nationaux, le marché immobilier londonien s’est battu pendant des années pour se débarrasser de sa réputation de jouer un rôle clé dans la manière dont les plus riches du monde tentent de dissimuler leurs revenus.

    Selon Transparency International, l’enquête, menée par le Consortium international des journalistes d’investigation (ICIJ), devrait servir de « signal d’alarme » pour que le gouvernement prenne des mesures attendues depuis longtemps pour renforcer les défenses britanniques contre l’argent sale. En conséquence, Transparency International UK exhorte le gouvernement à combler une faille qui permet aux sociétés domiciliées dans les centres financiers offshore du Royaume-Uni d’acheter des biens immobiliers dans le pays sans avoir à révéler le nom de leurs véritables propriétaires. Elle souhaite également que le gouvernement agisse contre les professionnels qui aident les personnes possédant des richesses illégales à déplacer et à cacher leur argent au Royaume-Uni (Free Press, 2021).

    De même, suite à une fuite massive de données financières, les défenseurs de la transparence exhortent la Grande-Bretagne à renforcer ses défenses contre le blanchiment d’argent et l’évasion fiscale. Cependant, le gouvernement britannique est confronté à une pression croissante pour fournir plus d’informations sur les bénéficiaires effectifs ultimes. Selon Transparency International, l’organisation internationale pourrait le faire en demandant à tous les gouvernements de mettre en œuvre des mesures qui rendent les enquêtes sur la criminalité financière plus efficaces et efficientes (The Paypers, 2021).

    Duncan Hames, directeur des politiques à Transparency International UK, déclare, suite aux Panama Papers :

    « Le gouvernement a été poussé à adopter des mesures de transparence fiscale dans le pays. Plus important encore, les Pandora Papers ont apporté de l’espoir aux partisans d’une responsabilité accrue et de l’effroi à ceux qui s’y opposent ».

    Almayadeen, 17/10/2021

  • Corruption: Les procès n’attirent plus l’intérêt des Algériens

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    C’est un paradoxe algérien : entamé dans la foulée des premières semaines du Hirak populaire qui a avorté la perspective d’un cinquième mandat du président Bouteflika, le défilé des responsables devant les tribunaux ne semble plus susciter l’intérêt des Algériens. Rares sont ceux qui consentent aujourd’hui, en dehors des cercles intéressés, à commenter les chroniques judiciaires qui accompagnent les affaires enrôlées de ces responsables, dont certains ne sont pas des moindres, compte tenu du rang qu’ils ont pu occuper durant de longues années dans les arcanes du pouvoir.

    Les nombreux procès intentés à ces responsables, à un rythme soutenu depuis de longs mois, essentiellement pour des affaires de corruption ou d’abus de fonction, s’ils ont pu provoquer l’étonnement dans l’opinion au tout début de l’opération aux allures de “manu pulite”, ont fini, au fil des mois, par tomber dans une espèce de banalité. Des procès, presque ordinaires, sommes-nous tentés de les qualifier. Ni la qualité, ni le titre des personnes jugées, ni les révélations qui sont parfois faites, et encore moins l’étendue des affaires pour lesquelles ils sont poursuivis ne semblent capter l’intérêt des Algériens.

    Sous d’autres latitudes, des affaires similaires auraient non seulement suscité de grands débats, mais auraient fait, sans interruption, les choux gras de la presse. Cette attitude, qui fleure la circonspection des Algériens que le contexte politico-économico-social délétère ne peut expliquer à lui seul, tient sans doute au fait qu’ils peinent encore à croire à l’indépendance de la justice que les dirigeants n’ont pas cessé de clamer depuis de longues années.

    Pensé et engagé pour lutter contre la “îssaba”, selon un terme en vogue pour désigner nombre de serviteurs de l’ancien régime, accusée d’avoir dilapidé les richesses du pays et dans l’espoir de récupérer une confiance abîmée auprès de l’opinion, la cascade de procès a fini par prendre les allures de règlements de compte si l’on se fie à certaines déclarations de prévenus, à l’image de l’ex-ministre Tayeb Louh ou encore le frère du défunt président Abdelaziz Bouteflika.

    Pis encore, le nombre considérable de responsables poursuivis, dans diverses sphères de la décision (en attendant certainement d’autres) et l’ampleur de la corruption révélée, témoignent que le fléau est loin d’être un simple épiphénomène mais qu’il est structurel et presque institutionnalisé.

    Assez suffisant pour convaincre les plus réfractaires de la nécessité de la rupture et du changement des paradigmes de la gouvernance. Unique planche de salut pour rétablir la confiance des Algériens dans leurs institutions, y compris en l’appareil judiciaire.

    Liberté, 11/10/2021

  • Algérie : Lutte contre la corruption

    Algérie : Lutte contre la corruption

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    Désormais. La lutte contre la corruption qui a gangréné les institutions depuis des décennies, s’inscrit parmi les priorités du gouvernement. Ce mal impardonnable, concerne tous les acteurs du développement en plaçant l’intérêt du pays et des entreprises au-dessus de tous les clans et appartenance partisanes.

    « Quiconque détient des informations dans ce sens est invité à s’adresser aux organes de presse », a indiqué samedi, le président de la république, Abdelmadjid Tebboune, lors de son intervention à la rencontre gouvernement wali.

    Cela suppose que la saisine de la justice peut se déclencher à travers un article de presse qui fera objet de poursuite judiciaire. On peut dire que la lutte contre la corruption est une affaire de valeurs, d’honnêtetés qui concernent tous ceux qui détiennent des informations vérifiés et documentés et avec document à l’appui. Cette déclaration de faits, suffira-t-elle à elle seule sans permettre aux médias de faire leur travail d’investigation ?

    Aux journalistes qui détiennent des vérités vérifiées pour faire des enquêtes pour dénoncer la corruption sans être poursuivis et jugés pour un travail complet. Cette situation nous rappelle forcément un des anciens haut responsables de Sonatrach qui a reproché aux journalistes d’être à l’origine et la cause de tout ce qui s’est passé à Sonatrach, avant qu’il soit scotché : «Voulez-vous à travers ce que vous dites que les journalistes gardent le silence et vous laissent faire ce que vous voulez de l’entreprises ? », l’avons-nous interrogé avant qu’il prennent la fuite et éviter d’autres bêtises.

    La lutte contre la corruption, sera accompagnée par la consolidation d’un arsenal juridique de lutte contre la corruption et un engagement pour la protection des responsables intègres. « L’entreprise sera confortée par un dispositif juridique spécial », a ajouté le président Tebboune. Que demande le peuple.

    A.C

    Algérie62, 25/09/2021

  • Algérie/ Affaire Tahar: Khawa Noureddine Bedoui inculpé

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    par Abla Chérif

    Le traitement des affaires de corruption se poursuit à un rythme rapide. Les devants de la scène sont occupés par des procès très attendus et les instructions se mènent y compris de nuit ou durant le week-end au tribunal de Sidi-M’hamed.

    Abla Chérif – Alger (Le Soir) – La justice algérienne est résolue à clôturer la quarantaine de dossiers de corruptions en suspens durant l’année en cours, et l’étude de toutes ces affaires donne naturellement lieu à une lourde charge de travail, commentent des avocats à la sortie du tribunal de Sidi-M’hamed où de nouveaux visages ont fait leur apparition ce dimanche.

    Noureddine Bedoui se trouve au cinquième étage depuis la matinée. Son passage au niveau du pôle pénal spécialisé est attendu depuis le transfert de son dossier, il y a deux mois, par les services chargés d’enquêter sur sa gestion durant son mandat de wali à Constantine. Des informations dignes de foi affirment que la convocation dont il a fait l’objet pour une comparution ce dimanche, n’a pas de lien avec cette affaire.

    L’ancien premier ministre a été en fait convoqué pour être entendu dans le cadre de l’instruction menée dans l’affaire Tahar Khawa. L’ex-ministre chargé des Relations avec le parlement a été placé sous mandat de dépôt, dans la nuit allant du 17 au 18 juin dernier, après avoir été frappé d’ISTN (Interdiction de sortie du territoire national) durant dix-sept mois. Les raisons pour lesquelles Tahar Khawa fait l’objet de poursuites judiciaires n’ont fait l’objet d’aucune communication officielle.

    Des sources proches de ces dossiers laissent entendre que ses relations avec l’ancien ministre de la Justice et garde des sceaux, Tayeb Louh, sont scrutées scrupuleusement. Le nom de Noureddine Bedoui est apparu dans la liste des personnes inculpées dans cette même affaire. L’ancien chef du gouvernement a, cependant, quitté le tribunal sans être auditionné hier, a-t-on appris en fin de journée. Sa comparution a été renvoyée dans quinze jours «car les juges sont surchargés», nous dit-on.

    L’on sait aussi que deux autres anciennes personnalités ont été aussi convoquées et auditionnées hier encore par des magistrats du pôle pénal spécialisé. Il s’agit de Mohamed Loukal, ex-P-dg de la BEA et Hocine Ouadah, ex-wali de Constantine. Le premier est cité dans l’affaire des frères Kouninef. Il fait partie de la fameuse liste des dix-sept personnalités ciblées par une enquête judiciaire portant sur les avantages octroyés à la KOUGC (l’entreprise des Kouninef).

    En raison de la complexité de cette affaire, la justice a pris la décision de scinder le dossier en deux. Les trois frères Kouninef ont été jugés et définitivement condamnés en janvier dernier. Les dix anciennes personnalités feront quant à elles, l’objet d’un autre procès.

    Hocine Ouadah fait, quant à lui, partie des trois anciens walis de Constantine dans la tourmente. Avec Noureddine Bedoui et Abdelmalek Boudiaf, il est ciblé par une enquête déclenchée il y a plusieurs mois pour faire la lumière sur plusieurs irrégularités constatées dans l’octroi de marchés. Durant l’été 2020, un communiqué émanant de la justice informait l’opinion que Hocine Ouadah faisait aussi partie des personnes poursuivies dans l’affaire de l’Agence nationale des barrages et transferts (ANBT). C’est d’ailleurs sur ce dossier qu’il a été entendu hier au tribunal de Sidi-M’hamed.

    La même source faisait également savoir que des poursuites judiciaires avaient été engagées à l’encontre de l’ancien ministre des Ressources en eau, Salim Saâdi, de Abdelmalek Sellal, et d’anciens walis de Béjaïa et de Tizi-Ouzou.

    A. C.

    Le Soir d’Algérie, 20/09/2021