Étiquette : corruption

  • Des contacts pour extrader Farid Bedjaoui vers l’Algérie

    Des contacts pour extrader Farid Bedjaoui vers l’Algérie

    Algérie, Farid Bedjaoui, extradition, Chakib Khelil, corruption, #Algérie,

    Coopération internationale pour extrader Farid Bedjaoui vers l’Algérie

    Les autorités algériennes prennent des contacts actifs, dans le cadre des accords judiciaires récemment conclus avec 11 pays, pour recevoir l’homme recherché, Farid Bedjaoui, bras droit de l’ancien ministre de l’Énergie, Chakib Khelil, contre lequel des mandats d’arrêt internationaux ont été lancés. émis pour son implication dans plusieurs affaires de corruption.

    Dans des détails qui ont été révélés par des sources d’Echorouk, après la réception de l’ancien directeur général de la Sonatrach, Abdelmoumen Ould Kaddour, les autorités algériennes ont entamé des contacts avec plusieurs pays pour extrader le fugitif de la justice, Farid Bedjaoui, notamment après avoir conclu de nouveaux accords judiciaires avec 11 à savoir la Suisse, la France, l’Espagne, l’Italie, le Luxembourg, le Panama, le Royaume-Uni, l’Irlande du Nord, la Chine, les États-Unis d’Amérique et les Émirats arabes unis.

    Farid Bedjaoui est recherché par la justice algérienne pour le suivi de plusieurs affaires de corruption, et selon les informations en possession d’Echorouk, le dossier d’enquête se situe au niveau du doyen des juges d’instruction de la première chambre du pénal économique et financier. Pôle de Sidi M’hamed Court.

    Le premier dossier, portant le numéro d’enquête 20/0005, concerne la société canadienne « SNC Lavalin ». Spécialisée dans les grandes installations d’ingénierie, et la seconde portant le numéro d’enquête 20/0007 relative au « SAIPEM », dans laquelle l’ancien ministre de l’Énergie et des Mines, Chakib Khelil, était mis en cause comme principal suspect, son épouse Arafat et ses deux fils fuyant justice, et Mohamed Meziane, l’ancien directeur général de la Sonatrach, en plus de Noureddine Boutarfa, ancien ministre de l’Énergie et des Mines, ainsi que plus de 50 prévenus dans les deux affaires.

    Quant au troisième dossier dans lequel Farid Bedjaoui est suivi, il concerne les deals gaz-liquide, « dont les personnes impliquées dans le dossier ont bénéficié d’un montant supérieur à 8 millions d’euros, soit l’équivalent de 168 millions de DZD, comme le le dossier a été ouvert par le juge d’instruction de la neuvième chambre du tribunal de Sidi M’hamed à Alger avant d’être transféré au doyen des juges d’instruction du tribunal de pôle national spécialisé dans la lutte contre la criminalité financière et économique au tribunal de Sidi M’hamed .

    L’affaire a eu lieu en Suisse avec la complicité des dirigeants de la succursale de Sonatrach en Suisse, dénommée « RS » et « BG » sur ordre de l’ancien ministre de l’Énergie et des Mines, le fugitif Chakib Khelil, et l’ancien directeur général de Sonatrach , appelé « AF », qui est en détention provisoire, et « B. Boumediene », le vice-président et directeur général des activités « amont » au niveau de la même compagnie pétrolière, ainsi que Farid Bedjaoui, contre qui un mandat d’arrêt international a été lancé, une affaire dont le bien-fondé a été révélé par le tribunal italien de Milan dans sa justifications des décisions judiciaires annoncées en septembre dernier, dans l’affaire Sonatrach Eni Saipem, qui confirmaient que Farid Bedjaoui, qui était le bras droit de Chakib Khelil, avait vendu les secrets des offres de Sonatrach au prix fort de 197 millions d’euros,

    Sous enquête du dossier n° 0003/20, Farid Bedjaoui, est suivi par la justice, accompagné de Chakib Khelil et de l’ancien ministre des Transports et des Travaux publics, Amar Ghoul.

    Farid Bedjaoui, contre lequel 4 mandats d’arrêt internationaux ont été émis, est poursuivi pour de lourdes charges inscrites dans la loi Anti-Corruption et Prévention 01/06, représenté en délit de gaspillage de fonds publics, abus d’influence réelle et supposée pour obtenir des avantages indus et octroi à d’autres, abusant intentionnellement de la position d’effectuer un travail dans le cadre de l’emploi pour obtenir des avantages indus et les accordant à d’autres en tirant illégalement des avantages directement et indirectement de contrats, d’appels d’offres et de contrats, en plus des accusations de « blanchiment d’argent et de délits produits résultant de délits de corruption, le transfert de biens et de fonds résultant de produits du crime pour dissimuler leur source illicite et l’acquisition et la possession de biens et de fonds résultant du produit du crime ».

    Echourouk online, 09/08/2021

  • Algérie : Sale temps pour les fuyards !

    Algérie, Abdelmoumen Ould Kaddour, corruption, Sonatrach, #Algérie

    par Maâmar Farah
    Ould Kaddour a été livré à la justice algérienne par les Émirats. Le décideur qui a décidé pour l’ancien P-dg de Sonatrach est le même qui a soufflé au roi de tendre la main aux Algériens.
    Et, ce faisant, le décideur qui décide a dû prévoir de s’occuper de tous les fuyards. Donc, ne soyez pas surpris si un avion venant de Rabat ou Marrakech débarque les prochains jours à Boufarik avec, à son bord, celui qui a insulté les patriotes et soutenu l’occupation du Sahara, du haut du… FLN ! Zornadji ou Drabki, il sera de la fête !
    Et il y a les autres qui se font payer par le Makhzen pour descendre en flammes l’Algérie sur les réseaux sociaux. Le décideur n’a pas encore décidé pour eux.
    M. F.
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  • Algérie : Un homme au cœur du système de rapine

    par A. Maktour

    Abdelmoumen Ould Kaddour, un nom intimement lié à quelques-uns des épisodes de la série de scandales qui ont éclaboussé la plus grande entreprise du pays. Des scandales dont le dernier en date, l’acquisition de la vieillotte raffinerie d’Augusta, est venu sceller un palmarès qu’il a même enrichi d’une condamnation pour espionnage au profit de puissances étrangères en novembre 2007.

    La longue et troublante aventure d’Abdelmoumen Ould Kaddour est donc arrivée à son terme avec son extradition consommée. C’est qu’il a accompli du parcours, l’homme auquel ont été confiées, entre mars 2017 et avril 2019, les destinées de la compagnie qui nourrit le pays bien que son casier judiciaire ne fût pas le plus banal de ceux de tous les malfrats de haut vol que l’Algérie ait connus. En fait, le nom d’Abdelmoumen Ould Kaddour est devenu familier aux Algériens lorsque avaient commencé à être divulgués les innombrables méfaits commis par Chakib Khelil à l’époque où celui-ci s’était approprié, entre 1999 et 2010, le ministère de l’Énergie tout en cumulant la présidence de Sonatrach.

    Le premier haut fait d’armes d’Ould Kaddour, sur lequel d’ailleurs tout n’a pas été encore dit, remonte à l’époque où il dirigeait la joint-venture Brown & Root – Condor, la fameuse BRC, née d’un accord entre Sonatrach et Haliburton.
    Tout autant que son «père spirituel» Chakib Khelil, l’homme au nom intimement mêlé aux grands scandales qui ont amoché l’image de Sonatrach, le patronyme Abdelmoumen Ould Kaddour est en effet apparu en grand dans l’affaire BRC qui, selon ce qui a été divulgué jusque-là, a de quoi laisser sans voix, tellement les révélations sont troublantes avec ses intrigues dignes d’un blockbuster d’espionnage et de malversations à coups de millions de dollars.

    Abdelmoumen Ould Kaddour, P-dg de BRC en 1993 avant d’en devenir le président du Conseil d’administration en 2005, s’était retrouvé dans un des «beaux rôles» d’un scénario dans lequel Sonatrach a servi en même temps de vache à traire et de moyen pour amasser indélicatement des fortunes. «Sonatrach a confié 27 projets à la société mixte Brown and Root Condor (BRC) pour un montant global de 73 milliards de dinars. Pour l’ensemble de ces projets, le gré à gré a été érigé en règle. Sonatrach a allègrement violé le décret présidentiel N° 02/250 relatif à la réglementation des marchés publics. Le client principal de BRC a en effet signé des contrats clés en main, confiant à la société l’étude du projet, l’acquisition des fournitures, la supervision et la réalisation jusqu’à la réception définitive», écrivait Le Soir d’Algérie dans une de ses éditions d’octobre 2006.

    Notre journal révélait encore : «En l’absence de bureau d’études indépendant chargé du suivi, les maîtres de l’ouvrage n’ont pas pu assurer le suivi des projets. Pire encore, les coûts sont fixés de manière forfaitaire et sans cahiers des charges. N’ayant pas la qualification requise, BRC a souvent eu recours à la sous-traitance. Souvent, son rôle s’est limité à faire l’intermédiaire. Pour certains projets, elle s’est octroyé des marges bénéficiaires atteignant 65% du coût global. Souvent, les prix ont été multipliés par 20. Une ‘’règle’’ souvent appliquée pour l’équipement des deux tours abritant le siège du ministère de l’Énergie. L’entreprise nationale a payé des sommes faramineuses pour leur ameublement. Petit exemple : pour l’acquisition d’une salle à manger, de quatre oreillers et d’un traversin, Sonatrach a été sommée de payer 64 500 euros…». D’effarantes révélations qui feront l’objet d’un rapport de l’Inspection générale des finances (IGF) à travers lequel il était rapporté : «Il est singulier qu’une entreprise mixte créée depuis une douzaine d’années et spécialisée à l’origine en engineering pétrolier se soit orientée vers la réalisation de projets d’infrastructures au profit exclusivement de deux clients.»

    Une histoire qui constitue un des hauts faits de la carrière d’Ould Kaddour avant qu’il clôture sa carrière par un autre coup, plus récent celui-ci, qui a alimenté un tas de soupçons : l’acquisition de la raffinerie d’Augusta, en Sicile, auprès d’Esso, la filiale italienne d’ExxonMobil. Une acquisition venue enrichir le patrimoine de Sonatrach qui ne s’imposait pas, selon des experts qui, depuis que l’affaire a été conclue vers la fin de l’année 2018, n’ont pas fini de remettre en cause et de l’opportunité de cet achat et des conditions contractuelles. Un de ces autres méfaits dont on saura peut-être le fin mot, comme ceux de quelques-unes des affaires qui ont contribué à faire traverser au groupe Sonatrach des périodes parmi les plus sombres de son existence.

    Azedine Maktour

    Le Soir d’Algérie, 05/08/2021

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  • Algérie – L’ancien PDG de Sonatrach, Ould Kaddour, extradé des Emirats

    Algérie, Sonatrach, Abdelmoumen Ould Kaddour, corruption, #Algérie #Sonatrach

    Par Nassim Mecheri
    L’ancien PDG de Sonatrach, Abdelmoumen Ould Kaddour, a été extradé ce mercredi des Emirats arabes unis vers l’Algérie. L’avion transportant l’ancien patron de la compagnie pétrolière algérienne a atterri ce mercredi après-midi à l’aéroport d’Alger Houari Boumediène, les images de sa remise aux autorités algériennes ont été diffusée en direct sur la télévision nationale.
    Abdelmoumen Ould Kaddour a dirigé Sonatrach entre mars 2017 et avril 2019.
    En 2007, il a été incarcéré puis condamné pour « espionnage au profit de puissances étrangères » dans le cadre de l’affaire BRC. Mais il sera par la suite réhabilité et nommé à la tête de Sonatrach en mars 2017.
    Un mandat d’arrêt international contre l’ancien du groupe Sonatrach Abdelmoumen Ould Kaddour principal accusé dans l’affaire de l’acquisition de la raffinerie Augusta a été lancé en février 2021. Il passera ce mercredi sa première nuit à la prison d’El Harrach deux ans après avoir fui le pays.
    Le Pôle pénal économique et financier avait ouvert une enquête sur l’affaire de la raffinerie d’Augusta, dans laquelle un mandat d’arrêt international a été émis contre l’ancien PDG de Sonatrach comme principal accusé.
    En juin dernier, les autorités émiraties avaient donné leur feu vert pour l’extradition de Ould Kaddour, arrivé à Abu Dhabi en provenance de la France en mars. Son nom figurant sur la liste des personnes recherchées par Interpol, il a été arrêté après son arrivée aux Emirats, mais il sera relâché sous caution en attendant que les documents justifiant la notice rouge (mandat d’arrêt) parviennent à la justice émiratie.
    L’acquisition par le groupe Sonatrach en 2018, pour un montant de plus de 700 millions de dollars, de la raffinerie d’Augusta en Sicile (Italie) a fait couler beaucoup d’encre.
    La transaction a en effet suscité une grande polémique, notamment concernant le montant déboursé pour l’acquisition d’une raffinerie vieille de sept décennies et pour laquelle ExxonMobil avait, en vain, cherché un acheteur depuis 2015, selon les spécialistes. La présentant comme une opportunité et « une bonne affaire », il a été surtout mis en avant le fait que la raffinerie allait traiter le brut algérien, comblant ainsi le déficit national en produits raffinés que le pays importait.
    L’argument n’a pas tenu la route longtemps, d’autant que la raffinerie était conçue pour des bruts de densités moyenne et lourde et non pour du brut léger de la catégorie de ceux que produit l’Algérie. Il faut donc acheter du brut chez un fournisseur tiers pour le raffiner.
    Des experts avaient alors émis des réserves et se sont opposés à cette transaction, exhortant même le gouvernement de l’époque de ne pas approuver la transaction, compte tenu du montant exorbitant auquel devait s’ajouter des sommes importantes à engager dans le cadre de sa mise en conformité avec les normes environnementales. Mais ce fut peine perdue car la transaction a finalement eu lieu.
    Pour situer les responsabilités dans l’acquisition par Sonatrach de la raffinerie d’Augusta, qualifiée de fiasco, la justice a ouvert le dossier en juillet 2020 et a placé sous mandat de dépôt , à ce jour, Ahmed Mazighi, vice-président des activités commerciales et Abdelhamid Ali-Rais, vice président du raffinage et de pétrochimie qui sont poursuivis pour dilapidation de l’argent public.
    Au mois de janvier dernier, la justice a encore convoqué d’autres responsables de Sonatrach, supposés être impliqués dans cette transaction.
    Au moins une dizaine de responsables de Sonatrach, dont d’anciens membres de conseil d’administration, ont été convoqués, en janvier dernier, devant le juge d’instruction près du tribunal de Bir Mourad Raïs, à Alger, dans le cadre de l’enquête sur la transaction ayant conduit à l’acquisition de la raffinerie d’Augusta en 2018.
    Une source chargée du dossier avait confié au Jeune Indépendant que les responsables convoqués étaient notamment les anciens membres de l’ex-conseil d’administration du groupe pétrolier ainsi que les dirigeants clefs dans le processus d’achat de la vieille raffinerie d’ExxonMobil.
  • EAU :  Abdelmoumene Ould Kaddour remis à l’Algérie

    EAU : Abdelmoumene Ould Kaddour remis à l’Algérie

    Selon Algérie1, qui cite la télévision publique des Emirats Arabes Unis, Abdelmoumene Ould Kaddour arrivera en Algérie dans les prochaines heures après la décision des autorités emiraties de remettre l’ancien PDG de Sonatrach.

    Abdelmoumene Ould Kaddour a été arrêté en mars par les autorités Emiraties qui ont pris, en juin, la décision de réponde au mandat d’arrêt international émis par les autorités algériennes.

    Ould Kaddour est poursuivie par la justice algérienne pour plusieurs affaires de corruption.

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  • Abdelaziz Bouteflika : la fumisterie politique

    Par Mustapha Hadni

    Pour tenter de comprendre la longévité du règne de Bouteflika et ses effets dévastateurs sur le pays dans les différentes strates de la société, il convient de revisiter, d’une part, les conditions historiques et politiques qui ont précédé son intronisation à El Mouradia et déceler, d’autres part, les leviers et les mécanismes s’appuie de l’exercice de son pouvoir.

    Après l’ouverture frelatée, issue des événements d’octobre 1988, l’Algérie se retrouve en 1991 au bord d’un gouffre sans fond. L’installation annoncée d’un état théocratique mettait en danger l’état-nation et l’exclusion programmée de la démocratie est alors inéluctable. Profitant d’un désenchantement national né de la faillite provoquée du système national, les islamistes intégristes menacent l’identité Algérienne dans sa vocation ancienne de progrès, de tolérance et de liberté.

    La direction suprême du pays, rappelle alors Mohamed Boudiaf de son exil marocain pour lui confier la tâche difficile de sauver le pays d’un imminent péril national. S’adressant à une jeunesse frustrée et contestataire du système, le père fondateur du FLN historique clame sa fidélité au projet du mouvement national, aux idéaux de la révolution de Novembre et à sa doctrine politique. Il croyait à une Algérie libérée de toutes les oppressions et archaïsmes, et tournée résolument vers la modernité.

    Au bout de six mois, il est assassiné et l’espoir tant suscité fut de courte durée. Cette brève parenthèse d’enchantement national cède à la folie meurtrière des partisans de l’état théocratique. Des années durant, le peuple Algérien fait face à un combat inégal et à une période de dérives et de barbarie sans précédent dans l’histoire de l’humanité, en dépit du déficit de consensus national contre l’islamisme totalitaire, et souvent, dans l’indifférence totale des sociétés occidentales. Ce moment douloureux a été pour le peuple Algérien une grande épreuve nationale suscitant diverses formes de solidarité, de lutte, d’organisation efficace, de prise de conscience nationale, au cours de laquelle ont été tramées des conspirations contre l’Algérie et son idéal démocratique.

    C’est à la fois dans les conditions d’une posture victorieuse contre la nébuleuse islamiste armée et face à l’épuisement national que s’installe aux commandes Abdelaziz Bouteflika. Vingt ans de règne, durant lesquels, il substitut le système, par un sous-système, cynique, machiavélique, perfide, paternaliste, et falsificateur, et ce, dans le même état d’esprit à contester et à nier l’Algérie démocratique. Il le bâtit sur deux fondements : les structures sociales archaïques et la rente.

    C’est sur le terrain encore vulnérable des tentatives néfastes du conservatisme social et religieux, sous couvert d’initiatives plus partisanes que politiques, et dans un cadre planifié et élaboré que le sous-système revigora d’une manière persistante les structures tribales, claniques, ethniques et religieuses. Elles constitueront, d’emblée, le soubassement de la force d’encadrement du sous-régime sociétal, avant de bâtir une oligarchie financière qui s’érige en forteresse de corruption et de prédation, où se cristallise plusieurs forces financières aux trajectoires plurielles pour finir par être des détonateurs.

    Enfin, l’évolution la plus marquante a trait au transfert de la dominance dans le sous-système politico-social de l’instance politico-ideologique aux forces économiques prédatrices. Ces dernières sont constituées essentiellement d’une oligarchie compradore qui doit sa richesse à sa collusion à l’appareil politico-ideologique du sous-système, qui s’est approprié les segments important de l’économie nationale. Pour Bouteflika, le pouvoir de la finance et les structures sociales archaïques ont la vertu – pour lui- de réduire à l’impuissance le peuple Algérien. Plus soucieux par sa longévité au pouvoir que par le devenir du pays, Bouteflika, empêchera, incontestablement, l’édification d’une entité nationale liée au progrès moderne sous toutes ses formes et l’émergence d’une conscience positive éclairée du peuple : un idéal Algérien qu’il a combattu et sans cesse contesté.

    L’Algérie, un pays pourtant riche de ses hommes, de son passé, de son histoire et de ses ressources vit, vingt ans durant, d’emprunts faits à des idéologies aberrantes et à d’affligeants simulacres culturels et économiques qui ne reflètent aucunement le but digne d’un peuple tourné résolument vers l’avenir. En définitive, le pays subit deux décennies de régression politique, culturelle et éducative, dont les répercussions se ressortiront à très long terme.

    L’histoire Algérienne retiendra, de toute évidence, que ce règne est des plus longs et dévastateurs de tous les pouvoirs post-independance, et que par son caractère foncièrement anti-national, porte dans son essence même, les germes de sa propre destruction. Les Algériennes et Algériens, depuis l’avènement du mouvement populaire se sont réappropries leur pays et vivent, depuis, aux rythmes de la révolution du sourire, pendant que Bouteflika, chassé du pouvoir, vit dans la déchéance et que ses courtisans honnis par le peuple croupissent dans les geôles Algériennes.

    L’Avant-garde, 26/06/2021

    Etiquettes : Algérie, Abdelaziz Bouteflika, corruption, clientélisme, rente,

  • Dati : De potentielle présidente de la France à la prison

    Elle était ministre de la Justice sous Sarkozy mais maintenant elle est mêlée à une affaire de fraude – quelle est l’histoire de Rachida Dati ?

    De l’aspirant président de la France à l’accusée dans une affaire de fraude qui pourrait se terminer par 15 ans de prison, c’est une distance terriblement grande. Mais pour Rachida Dati , il ne s’agit que d’un virage à la baisse dans la roue de la Fortune, après un virage à la hausse qui l’a amenée d’une grande famille maghrébine en Bourgogne à un poste stellaire en tant que ministre de la Justice de Nicolas Sarkozy, figure la plus glamour de la politique française, eurodéputée, candidate à la mairie de Paris et l’an dernier, candidate à la présidentielle déclarée.

    Aujourd’hui, elle est accusée d’avoir reçu 900 000 euros de l’ancien patron de Renault, Carlos Ghosn, pour qui elle a effectué un travail de conseil secret pour développer les activités mondiales de l’entreprise, et est accusée de « corruption passive par une personne ayant un mandat public élu alors qu’elle travaillait dans un organisation » et «profitant personnellement de l’abus de pouvoir». Tout cela peut avoir pour effet de mettre fin à ses espoirs de devenir la première femme et le premier président musulman de la République.

    Pourtant, elle n’a jamais laissé la critique détourner son ambition; quand, au sommet de sa gloire en 2009, elle est tombée enceinte, elle a refusé de nommer le père (les spéculations fébriles sur son identité incluaient de hauts responsables politiques français ; en fait, c’était un magnat des casinos) et, devant l’opprobre universel, est retournée au travail trois jours après la naissance de sa fille.

    Rachida Dati allie aplomb et allure saisissante à une trame de fond utile. Son père était un maçon marocain; elle vient d’une famille de 11 personnes vivant dans un petit HLM. Elle s’en est sortie lorsque son père a travaillé pour une école catholique privée; elle a été éduquée par les religieuses dès l’âge de cinq ans, ce qui lui a donné une perspective différente de celle de la plupart des jeunes musulmans. Elle est allée à l’université (payée par un travail d’infirmière), l’une des rares femmes de son quartier à le faire, est allée travailler à Paris – et à ce moment-là, ses antécédents l’ont réclamée. Pour éviter les commentaires sarcastiques des voisins, elle a épousé un homme que sa famille connaissait en Algérie. Ce fut un désastre; elle fit plus tard annuler le mariage.

    C’était probablement la seule fois où elle laissait son passé lui barrer la route. Après avoir obtenu son diplôme, elle contactait les membres de l’établissement et demandait à les rencontrer ; lors d’une soirée à l’ambassade d’Algérie à laquelle elle a réussi à obtenir une invitation, elle a épinglé le ministre de la justice – il lui a dûment trouvé un emploi de haut vol et des contacts. Elle est finalement devenue la conseillère de Nicolas Sarkozy – ici son parcours était un atout positif – et plus tard son ministre de la Justice. A l’ère Macron, son étoile décline, mais elle s’oppose vivement au socialiste Anne Hidalgo dans la course 100% féminine à la mairie de Paris, avec le soutien de son ancien mentor, Sarkozy.

    Maintenant, cette formidable mobilité ascendante est au point mort. Mais peut-être pas pour de bon. Il n’y a pas beaucoup de politiciens comme elle – musulmans et farouchement intégrationnistes, classe ouvrière et férocement ascensionnelle. Elle est comme quelqu’un de Balzac ; pas, peut-être, un personnage tout à fait vertueux, mais tout à fait fascinant.

    Evening Standard, 29/07/2021

    Etiquettes : Rachida Dati, corruption, Carlos Ghosn, Nissan-Renault, Nicolas Sarkozy #RachidaDati, #NicolasSarkozy,

  • Rachida Dati accusée de corruption dans l’affaire Ghosn

    Une ex-ministre français accusée de corruption dans l’affaire Ghosn

    Le service de répression de la délinquance financière français a annoncé mardi 27 juillet qu’il avait mis en examen Rachida Dati, ancienne ministre et proche alliée de l’ex-président Nicolas Sarkozy, dans le cadre de ses relations avec l’ancien dirigeant de Renault Carlos Ghosn.

    Elle est accusée à la fois de « corruption passive par une personne investie d’un mandat électif » et de « bénéfice d’un abus de pouvoir » en relation avec le travail de conseil qu’elle a effectué pour Ghosn de 2010 à 2012, alors qu’elle était également députée au Parlement européen.

    Selon une source proche de l’enquête, Mme Dati a reçu 900 000 euros d’honoraires d’avocat au cours de cette période.

    L’enquête cherche à déterminer s’il s’agit uniquement d’un travail juridique ou si elle s’est livrée à des activités de lobbying, ce qui serait illégal pour les législateurs européens.

    Selon le journal Le Monde, le contrat de Mme Dati l’engageait à contribuer à l’expansion internationale de Renault, notamment au Moyen-Orient et en Afrique du Nord. Dati a demandé que ce travail reste strictement confidentiel, selon Le Monde.

    Mme Dati, qui est aujourd’hui maire du 7e arrondissement de Paris pour le parti de droite Les Républicains (LR) et parfois présentée comme une future candidate à la présidence, a été ministre de la Justice dans le gouvernement de M. Sarkozy entre 2007 et 2009 et a également été la porte-parole de sa campagne électorale.

    Depuis l’été 2019, trois juges enquêtaient sur des contrats conclus par la filiale néerlandaise de Renault Nissan lorsque Ghosn était directeur général du groupe.

    Dati a été interrogé dans le cadre de cette affaire pendant 16 heures en novembre, mais n’a pas été formellement mis en examen, bénéficiant au contraire du statut de témoin assisté.

    Au début du mois, cependant, les magistrats instructeurs l’ont à nouveau interrogée et ont prononcé la mise en examen.

    Dati, combative, a déclaré qu’elle allait se défendre, ajoutant : « Le système judiciaire est utilisé pour un motif politique ultérieur ».

    Elle a déclaré que le constructeur automobile n’était « ni le plaignant ni une victime et qu’aucun fonds public n’était en jeu ».

    Ghosn recherché par Interpol

    L’équipe de défense de Mme Dati avait toutefois déjà fait valoir qu’aucun de ses revenus n’avait été tenu secret et qu’un délai de prescription de trois ans devait s’appliquer.

    Les magistrats de l’unité de lutte contre les crimes financiers n’étaient pas d’accord et ont poursuivi leur affaire qui avait été déclenchée par une plainte en justice d’un actionnaire de Renault.

    M. Ghosn, qui a joui pendant des années d’une excellente réputation en tant que cadre supérieur de l’industrie automobile, est tombé en disgrâce en novembre 2018 lorsqu’il a été arrêté au Japon pour des allégations de malversations financières. Il a passé 130 jours en détention avant d’être libéré sous caution et de quitter clandestinement le pays fin 2019.

    Recherché par Interpol, Ghosn se trouve désormais au Liban, où il a été interrogé par des magistrats français en tant que témoin.

    L’ancien patron de Dati, Sarkozy, a lui-même fait face à une rafale d’enquêtes sur ses affaires depuis qu’il a perdu son immunité présidentielle après son unique mandat de 2007 à 2012.

    Le mois dernier, les procureurs ont réclamé une peine de six mois de prison pour l’ancien président dans le cadre de son procès pour violation du financement de sa campagne électorale lors de sa réélection en 2012.

    En mars, il est devenu le premier président français de l’après-guerre à être condamné à une peine privative de liberté lorsque les juges l’ont condamné à une peine de trois ans, dont deux ans avec sursis, pour corruption et trafic d’influence à la suite de tentatives d’obtenir les faveurs d’un juge.

    Euractiv, 28/07/2021

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  • Algérie-Corruption: Tabi veut impliquer les notaires

    Le moment est venu pour élaborer un code de déontologie pour la profession de notaire et instaurer des règles notariales modernes devant répondre au mieux aux exigences de l’heure et surtout aux besoins des opérateurs et investisseurs économiques.

    Ce qui doit passer par la révision imminente de la loi régissant la profession et l’introduction de la signature électronique, a indiqué, jeudi à Alger, le ministre de la Justice, garde des Sceaux, Abderrachid Tabi, lors de la première conférence nationale des élus de l’instance de notariat organisée par la Chambre nationale des notaires.

    Le ministre a relevé que le notaire en tant qu’agent public «se doit de se conformer aux règles déontologiques constituant la colonne vertébrale de sa crédibilité». De ce fait, il a jugé important d’élaborer un code de déontologie pour ce métier impliquant un contrat moral. «Le notaire a pour responsabilité de signaler toute transaction douteuse entourée de suspicion de corruption lors de sa réception de tout acte, et ce, en vue de lutter contre ce phénomène par divers moyens légaux possibles», a insisté Tabi. Selon lui, les notaires doivent être des exemples de probité. Dans ce sillage, le ministre a annoncé la mise en place d’un plan de travail et de modernisation de la profession des notaires, de façon à garantir un cadre légal de protection de cet agent public contre tous les dépassements dont il peut faire l’objet.

    Relance du haut conseil du notariat

    Concernant l’organisation de cette conférence, première du genre, Tabi indique qu’elle contribuera sans nul doute à la promotion de la performance notariale à travers l’enrichissement du système législatif et organisationnel, l’amélioration de la politique de formation et la modernisation du mode de gestion, afin de développer et de promouvoir le service public prodigué au citoyen, en général, et aux opérateurs économiques, en particulier. «Donner aux auxiliaires de justice le sceau de l’Etat signifie qu’une partie des prérogatives des pouvoirs publics en matière de service public leur a été conférée, au vu de leur contribution à la stabilité des transactions civiles», précise-t-il, soulignant que le rôle du notaire, en tant qu’officier public mandaté par l’Etat, confère aux actes qu’il établit un caractère officiel et leur donne la force juridique en termes d’authenticité. De ce fait, Tabi a estimé que la relance du haut conseil national du notariat «est devenue une nécessité impérieuse».

    Le président de la Chambre nationale des notaires, Réda Benouanane, a appelé, quant à lui, à la mise en place de mécanismes prospectifs pour la profession de notaire à travers l’amendement de la loi 06-02 de février 2006, l’accélération de la tenue du Conseil supérieur du notariat, la revalorisation du service public du notaire et son élargissement à d’autres domaines ainsi que la révision de la tarification officielle des honoraires. Benouanane pense qu’il ne faut pas criminaliser l’acte notarial, car le notaire est souvent victime et non acteur dans l’acte frauduleux. Il plaide aussi pour l’introduction des outils de numérisation dans la profession, pour améliorer le service, l’efficacité et la productivité, appelant le ministre de la Numérisation et des Statistiques, Hocine Cherhabil, présent à la rencontre, à une concertation sur la possibilité de signature d’une convention permettant au notaire de bénéficier d’une formation en ce sens.

    Karima Alloun

    Horizons, 17/07/2021

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  • Algérie : La fragilité de l’homme politique

    On le sait, certains l’ont vécu; la politique est un jeu dangereux. Elle requiert chez l’animal politique de la passion. De la folie. Du courage. De la fourberie. De l’amoralité. Elle tente beaucoup de personnes. Elle ne sourit qu’à certains. Et mêmes à ceux qu’elle sourit, elle finit, presque toujours, par leur tourner le dos, par faire leur malheur.

    En cette dernière étape de notre histoire, le hirak a mis à nu les plus fourbes. Les plus véreux. Il a causé leur ruine. Il a précipité leurs chutes. Certains périront dans la misère et le déshonneur. Et, grâce à la volonté de dieu, certains autres seront réhabilités, et d’autres, échapperont à toute inquiétude. Ils retrouveront leur vie d’avant la tempête, leurs affaires, leur quiétude.

    Mais avant cette étape il y avait une autre où d’autres hommes politiques ont payé le prix de leurs ambitions. Certains, vils, parce qu’ils “ont trempé la main trop profondément dans le miel”, d’autres, nobles, parce qu’ils ont refusé l’allégeance et les manigances, ou parce qu’ils voulaient le pouvoir, et qui ont donc inquiété ceux qui le possédaient.

    Les fourbes, les traîtres, les voleurs, n’en parlons plus. Ouyahia, Sellal, Ould Abbes et leurs comparses ne méritent plus notre attention. Qu’ils pourrissent là où ils sont, qu’ils souffrent, qu’ils restent à jamais prisonniers de leur passé puisqu’ils n’ont plus de présent ni d’avenir. Parlons des hommes. De ceux qui avant de faire de la politique ont fait, bien ou mal, notre histoire. Surtout de ceux qui ont souffert de la trahison des hommes.

    Hocine Ait Ahmed, trahi, était un grand homme. Il aurait pu être un TRÈS grand homme. Il avait tout pour celà; l’âme du jeune combattant, l’esprit du stratège, le passé héroïque, la tête bien faite. Il aurait pu être notre Mandela. Hélas il a fini par faiblir. Par fuir de la prison d’El Harrach en 1964. Et pour, presque, ne plus revenir. Il a fuit un plus grand destin.

    Contrairement à lui Mandela n’a pas fui. Il a résisté et a fait de sa prison une école de la vie. La plus grande école de la VRAIE vie de l’Afrique du Sud, et au-delà. À sa sortie de prison, il a fait, à lui seul une très grande révolution. À lui seul, il a libéré son peuple de la plus hideuse des injustices et des occupations. Il a donné à l’humanité une de ses plus grandes leçons avant de partir occuper la place royale dans l’histoire qu’il a mérité.

    Mandela, contrairement à Da L’Hocine, était résilient. Il est sorti plus fort de ses longues souffrances. Il n’a pas fui son destin. Il lui a fait face. Il l’a maîtrisé. Il a triomphé enfin. On doit à Nicolas Nassim Taleb la notion d’anti-fragilité, qui signifie la capacité, non seulement de revenir à l’état d’avant le choc ( c’est-à-dire la résilience) mais à un état encore plus fort. C’est-à-dire la capacité de tirer profit des difficultés pour en sortir plus fort.

    Mandela est le contraire de Ait Ahmed comme l’anti-fragilité et le contraire de la fragilité. La fragilité et l’anti-fragilité, c’est tout ce qui fait la différence entre ces deux grands hommes. Hocine Ait Ahmed, fragile, n’est pas allé jusqu’au bout de son destin.

    Mekideche A.
    Bel Abbès Info, 23 décembre 2020

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