Étiquette : corruption

  • Algérie : Des législatives et des interrogations

    Voilà une semaine depuis la tenue des élections législatives et l’onde de choc des résultats tarde à s’estomper. Alors que les Algériens ne se sont pas encore remis de la puissante secousse née de la victoire du PFLN et du RND qu’on a cru naïvement enterrés par l’insurrection citoyenne du 22 février 2019, le scrutin révèle d’autres petits secrets. Le président du Conseil constitutionnel Kamel Feniche a ainsi révélé avant-hier que pas moins de 400 recours ont été déposés par des partis et des candidats ayant participé aux législatives. Énorme pour une assemblée devant accueillir juste 407 députés ! Il s’avère finalement que le scrutin ne soit pas vraiment aussi «honnête et transparent» que ne le claironne le président de l’ANIE, Mohamed Charfi.

    Si la fraude ne se pratique plus en quantité industrielle comme ce fut le cas sous le règne de Bouteflika et sa clique, tout n’est pas nickel non plus aujourd’hui. Du coup, il va falloir patienter encore quelques jours avant que le conseil constitutionnel de Kamel Feniche ne tranche sur ces recours et rende son verdict. Pour autant, il ne faudrait pas s’attendre à un bouleversement de la carte politique telle que dessinée par le scrutin du 12 juin boycotté faut-il le rappeler par 77% du corps électoral.

    L’ex parti unique et son clone le RND sont d’ores et déjà assurés de pouvoir remettre en selle l’alliance présidentielle pour servir de béquille politique au président Tebboune comme ils l’avaient fait des années durant pour Bouteflika. Vus sous cet angle, les résultats des dernières législatives ressemblent à s’y méprendre à toutes les précédentes. Même la respectable présence de la femme à l’assemblée populaire nationale qu’on exhibait jadis comme un trophée de guerre … démocratique a été cette fois, sacrifiée. Elles seront seulement 34 à porter la voix de la femme dans un hémicycle dominé par une forêt d’hommes. Même les jeunes ayant servi fortement dans la propagande en faveur de ces élections ne seront pas présents en masse.

    Mis à part quelques heureux élus parmi les « fils à…papa,» l’assemblée nationale sera peuplée essentiellement de vieux loups et autres habitués des lieux.. C’est dire tout compte fait que l’APN sortante qui portait les mêmes couleurs du PFLN et du RND est, ironie du sort nettement plus crédible que celle où siégeront les enfants de Bouguetaya et Bengrina. Ces derniers disposent au moins d’un peu plus de culture de l’État par rapport à leurs rejetons qui eux, vont entamer la vie active par ce poste de député… Grassement payé, il est vrai.

    Imane B.

    Etiquettes : Algérie, élections législatives, APN, députés, corruption, transparence, fraude,

  • Algérie / Deux anciens ministres sous mandat de dépôt

    Justice – Tahar Khaoua et Arezki Berraki sous mandat de dépôt

    par Abla Chérif

    Deux anciens ministres ont été placés, entre jeudi et vendredi, sous mandat de dépôt par des juges chargés de leur dossier au niveau du pôle pénal spécialisé du tribunal de Sidi-M’hamed.

    Le premier n’est autre que Tahar Khaoua, ex-ministre chargé des Relations avec le Parlement. Son dossier, qui se trouve entre les mains de la justice depuis plus d’une année, est traité dans le cadre de l’affaire d’un autre homme politique, un ex-député, Abdelmalek Sahraoui, lui aussi placé sous mandat de dépôt durant le mois d’avril dernier.

    Dans un communiqué publié par le parquet de Sidi-M’hamed, l’on apprenait alors que le mis en cause avait été incarcéré pour «corruption dans le foncier dans la wilaya de Mostaganem», et qu’il était poursuivi pour «faux en écriture publique, dilapidation de deniers publics, abus de fonction, abus de pouvoir et atteinte à la propriété foncière». Son incarcération est intervenue à l’heure où une large enquête sur le sujet se poursuivait et Tahar Khaoua est l’un des noms suspectés d’être impliqués dans l’affaire à avoir fait l’objet d’une interdiction de sortie du territoire national (ISTN) en janvier 2020. Le communiqué publié hier par le procureur de Sidi-M’hamed pour rendre publique la mise sous mandat de dépôt de Tahar Khaoua n’a toutefois pas livré plus de détails sur l’affaire. Différentes sources laissaient, cependant, entendre que l’ancien ministre chargé des Relations avec le Parlement et l’ex-député entretenaient des liens étroits avec l’ancien garde des Sceaux, Tayeb Louh.

    Dans la journée de jeudi, Arezki Berraki, ancien ministre chargé des Ressources en eau, était lui aussi placé sous mandat de dépôt par un magistrat du pôle spécialisé du tribunal de Sidi-M’hamed. Il est poursuivi pour corruption en tant qu’ancien responsable de l’Agence nationale des barrages et transferts (ANBT). Ces nouvelles incarcérations marquent un retour en force des affaires judiciaires liées à la corruption.

    Alors que dix-neuf ministres (incarcérés ou sous contrôle judiciaire) se trouvent aujourd’hui en attente de jugement, de nouvelles mises sous mandat de dépôt sont enregistrées à une fréquence accélérée. Il y a moins de dix jours, et à Sidi-M’hamed toujours, Abdelkader Benmessaoud, ex-ministre du Tourisme, avait lui aussi fait l’objet d’une incarcération avant d’être libéré une semaine plus tard par la chambre d’accusation d’Alger. Ses avocats avaient introduit un recours en raison de l’absence de preuves dans son dossier.

    Le nombre de dossiers (quarante-deux) actuellement traités au niveau du pôle spécialisé du tribunal de Sidi-M’hamed s’alourdit de jour en jour.

    A. C.

    Etiquettes : Algérie, jusutice, corruption, foncier, Mostaganem,

  • Algérie-En vrac : Les ripoux

    par Madjid Khelassi

    Durant les 9 mois d’activité allant de septembre 2020 à mai 2021, le pôle pénal économique et financier près le tribunal de Sidi M’hamed , à Alger a lancé 21 mandats d’arrêts internationaux , délivré 53 commissions rogatoires à de nombreux pays dans le cadre de 57 affaires. Le procureur de cette instance avance le nombre de 2079 personnes impliqués dans des affaires de corruption dont 723 sont déjà poursuivies parmi lesquelles 409 hauts fonctionnaires. Les faits pour lesquels ils sont poursuivis sont en premier lieu liés à la loi 06/01 relative à la lutte contre la corruption avec 2079 personnes inculpées. En seconde position viennent les infractions liées à la loi sur le contrôle des changes , mouvements de capitaux de et vers l’étranger et en dernier lieu l’abus de fonction et la dilapidation des deniers publics.

    Corruption et délits en tous genres. Et Nœuds de vipères qui aimante 409 hauts fonctionnaires…Tout semble aller dans le meilleur des mondes et pourtant cela déraille .

    C’est le ballet des cols blancs dans le ventre d’une nébuleuse qui damne tout le monde.

    Hauts Fonctionnaires : corps simple devenu composé…de bakchich, de chkara, de tchipa, de virement et d’entourloupes swiftées . Et Olympe usurpée car entachée de déshonneur.

    Ça commence souvent par un petit cadeau, puis une enveloppe pour les vacances et enfin le pactole d’une vie dorée. Et enfin le grand saut vers l’inconnu qui ne fait pas la différence entre le Panama chapeau et le Panama pays. S’ensuit le mandat d’arrêt puis la villégiature carcérale et la chute qui fait cassure dans la famille, dans le fort intérieur et dans une âme si sûre de résister à toutes les tentations mais qui un jour fit le saut d’Icare.

    Fonctionnaires ripoux, dit-on de cette caste marquée par le sceau de la prédestination.

    409 hauts fonctionnaires poursuivis pour des faits ayants trait à des affaires immorales : le mal prend les allures d’une pandémie que nul vaccin ne viendra à bout.

    La Nation, 16 juin 2021

    Etiquettes : Algérie, corruption, malversation, gabégie, ripoux,

  • Wikileaks : Pour le roi du Maroc, l’armée est la plus grande menace pour le trône.

    Les forces armées marocaines « restent minées par la corruption, l’inefficacité bureaucratique, les faibles niveaux d’éducation, certains de ses soldats risquent de tomber dans le radicalisme, ils sont politiquement marginalisés, et le gros de leurs troupes est déployé au Sahara occidental. » « Elles se modernisent, mais elles restent lestées par des problèmes de longue date ».

    L’ambassadeur américain au Maroc, Thomas Riley, a rédigé en août 2008, avec la collaboration de ses conseillers en matière de défense et de sécurité, un rapport confidentiel exhaustif de neuf pages sur les armées marocaines. Au total, les trois armées comptent 218 000 hommes – 10 000 de moins que celles de l’Espagne – dont 50 à 70 % se trouvent au Sahara. Seuls 40 %, un faible pourcentage, des unités déployées dans cette ancienne colonie espagnole sont opérationnelles.
    Les jeunes hommes qui s’engagent comme soldats sont payés environ 2000 dirhams par mois (180 euros), tandis que les officiers qui commencent leur carrière gagnent environ 6 000 dirhams (540 euros). A cela s’ajoute le logement gratuit, qui les place dans une « situation raisonnablement confortable dans le contexte marocain ».
    Forte surveillance
    Protagonistes de deux coups d’État ratés dans les années 1970, les forces armées sont toujours étroitement surveillées. « Nous pensons que la monarchie continue de considérer les militaires comme la plus grande menace potentielle pour la Couronne. » « Par conséquent, ses officiers continuent d’être tenus à l’écart de la prise de décision politique et leur participation aux discussions sur la force militaire du Maroc est limitée », tout comme leurs relations avec les officiers des armées étrangères, y compris les attachés militaires américains. En conséquence, la qualité de l’information sur les forces armées est parfois « défaillante ».
    En raison de cette méfiance, « il n’y a pas de mouvements de troupes, de manœuvres ou même de voyages d’officiers à l’intérieur ou à l’extérieur du pays sans l’approbation du roi ». Au Maroc, il n’y a pas de ministère de la défense mais une petite administration civile qui rend compte au premier ministre. La participation du Maroc aux opérations de maintien de la paix est gérée par le ministère des affaires étrangères. « Toutes les autres questions liées à la défense sont décidées au Palais royal ».
    M. Riley estime toutefois que « certains signes montrent que la confiance du roi dans les forces armées s’accroît ». Preuve en est l’ »augmentation significative des dépenses militaires » avec l’achat, par exemple, de 24 chasseurs-bombardiers F-16 aux États-Unis. « Récemment, le roi a autorisé les vols militaires au nord de Ben Guerir [la plus grande base militaire du Maroc, à environ 200 kilomètres au sud de Rabat], ce qui n’était pas autorisé par le passé parce que le monarque voulait tenir les militaires éloignés du palais de Rabat. »
    Corruption et infiltration des islamistes
    Le principal défi auquel sont confrontées les forces armées est la corruption, selon M. Riley. Elle touche surtout les plus hauts niveaux de la hiérarchie militaire. Elle a des origines historiques car après les deux tentatives ratées, Hassan II a dit aux militaires : « Soyez loyaux et vous pourrez en profiter. » « Des rapports crédibles indiquent que le lieutenant-général Benanni profite de sa position de commandant en chef du secteur sud pour soutirer de l’argent des contrats militaires et influencer les décisions commerciales. » « Une rumeur répandue indique qu’il possède une bonne partie des pêcheries du Sahara occidental. » « Comme beaucoup d’autres officiers vétérans, Benanni a une somptueuse maison familiale qui a probablement été construite avec l’argent provenant de pots-de-vin. »
    « Une position de leader dans une région est une source importante de revenus non légaux pour la hiérarchie militaire », argumente l’ambassadeur. « On rapporte même que des étudiants de l’académie militaire marocaine paient pour améliorer le classement de leur école afin d’obtenir des postes militaires lucratifs. » « Les commandements dans le secteur sud, c’est-à-dire au Sahara occidental, sont considérés comme les plus lucratifs étant donné la concentration de l’activité militaire dans cette région (…) ». « Le gouvernement marocain semble chercher des moyens de mettre fin à la corruption dans les rangs des militaires qui sont formés à partir du colonel (…) ».
    Un problème mineur, comparé à la corruption, est la pénétration islamiste de l’armée. Certains rapports « suggèrent qu’un petit nombre de soldats sont sensibles à l’islamisme radical ». Après les attentats de 2003 à Casablanca, qui ont fait 45 morts, les enquêteurs ont « identifié des militaires » parmi les conspirateurs. Par la suite, « plusieurs militaires et gendarmes appartenant à d’autres cellules terroristes, dont l’une a volé des armes dans une base d’activités terroristes » ont été arrêtés.
    Parmi les mesures préventives prises pour éviter la propagation de l’islamisme radical dans les armées figurent « la suppression de toutes les mosquées sur les bases (…) et le déploiement du contre-espionnage militaire, le fameux Cinquième Bureau, avec des agents secrets pour surveiller les activités radicales dans les mosquées » près des casernes.
    Etiquettes : Wikileaks, Maroc, armée, Mohammed VI, palais royal, mafia immobilière, islamistes, Sahara Occidental,
    Source : Marocleaks, 06 juin 2021
    Etiquettes : Maroc, Wikileaks, corruption, armée, immobilier, Palais royal, Mohammed VI, Hassan II, FAR, Forces Armées Royales,
  • Algérie : 409 hauts fonctionnaires poursuivis en justice

    Lutte contre la corruption : 409 hauts fonctionnaires poursuivis en justice

    Durant neuf mois d’activité, allant de septembre 2020 à fin mai 2021, le pôle pénal économique et financier près le tribunal de Sidi M’hamed, à Alger, a lancé 21 mandats d’arrêt internationaux, diffusés par Interpol, et délivré 53 commissions rogatoires à de nombreux pays, dans le cadre de 57 affaires, sur les 83 dont il a la charge. Procureur de cette instance, Kara Chaker avance le nombre 2079 personnes impliquées dans des actes de corruption, 723 poursuivies, dont 409 fonctionnaires. Le bilan fait état de 55 personnes placées en détention, 151 mises sous contrôle judiciaire et 368 ont bénéficié de la relaxe.

    Institué au mois de septembre 2020, le pôle pénal économique et financier près le tribunal de Sidi M’hamed, à Alger, a fait état, hier, du bilan de ses neuf premiers mois d’activité judiciaire (septembre 2020 à fin mai 2021).

    Lors d’une conférence de presse, Kara Chaker, procureur de cette instance, évoque la «complexité» des affaires examinées par le pôle autant par «la nature des faits que par leur étendue géographique ainsi que les personnes mises en cause» qui a, selon lui, «retardé les procédures de poursuite» et nécessité l’affectation de 5 magistrats, 21 greffiers, un procureur et deux adjoints, sans compter les experts et les traducteurs auxquels il est fait appel.

    Durant ses neuf premiers mois, dit-il, le pôle a reçu 141 informations relatives à des affaires, mais il n’en a gardé que 83 qui relèvent de ses prérogatives, (soit 58,87%), parmi elles, 34 affaires étaient en instruction au niveau de la Cour suprême, en raison du privilège de juridiction dont jouissaient les mis en cause. Elles ont été transférées en moins d’une semaine après la création du pôle.

    Le pôle a refusé 58 affaires, estimant qu’elles ne relevaient pas de ses compétences, définies par la loi, révèle le procureur. Sur les 83 affaires prises en charge par le pôle, 57 sont en cours d’instruction, soit 68,67%, et 26 encore au stade de l’enquête préliminaire au niveau de l’Office central de la lutte contre la corruption et les services de police judiciaire de la police et de la gendarmerie.

    Durant la même période, des poursuites judiciaires ont été engagées contre 723 personnes, dont 527 hommes et 47 femmes, ainsi que 149 sociétés ou entités économiques. Parmi les mis en cause, 409 sont des fonctionnaires, soit 56,57% du total.

    Elles se sont soldées par la mise en détention provisoire de 55 personnes (51 hommes et 4 femmes), soit 7,61% du total des mis en cause, alors que 151 personnes (139 hommes et 12 femmes) ont été mises sous contrôle judiciaire et 368 ont bénéficié de la relaxe. Pour le procureur, «cela démontre que la détention préventive reste une mesure exceptionnelle».

    «2079 personnes poursuivies pour corruption»

    Les faits pour lesquels il y a eu le plus de poursuites sont ceux liés à la loi 06/01, relative à la lutte contre corruption, avec 2079 personnes inculpées.

    Ce qui représente 84,82% du nombre total des mis en cause. En seconde position, viennent les griefs contenus dans le code pénal, pour lesquels 204 personnes sont poursuivies, soit 8,32% des cas, suivis des infractions liées à la loi sur le contrôle de change et les mouvements de capitaux de et vers l’étranger, avec 81 poursuites, soit 3,30% du total des affaires.

    D’autres délits liés à ces faits représentent un peu plus de 3% des affaires. Ce sont là les principaux griefs pour lesquels les mis en cause sont poursuivis et qui relèvent de la compétence du pôle.

    Pour le procureur, «la violation de la réglementation des marchés publics vient en première position des motifs de poursuites, avec 478 cas, soit 38,39% du total des poursuites. Si l’on analyse ces dernières, nous remarquerons que les études des marchés constituent la source de corruption. Lorsqu’il y a des anomalies, des erreurs, des correctifs ou des études non terminées, cela ouvre la porte aux avenants et donc à la facilitation de la corruption».

    Le deuxième délit est l’abus de fonction, avec 339 poursuites, soit 27,21%, suivi de la dilapidation des deniers publics, avec 338 cas (27,52%) et enfin de la dissipation des revenus de crime, avec 73 poursuites (5,94% des cas). Le procureur précise, par ailleurs, que parmi les personnes poursuivies, les fonctionnaires publics occupent la première position, avec 409 cas, soit 56,57% des mis en cause, et 314 privés (43,43% des cas).

    Toujours durant les neuf premiers mois d’activité judiciaire du pôle, le procureur affirme que 750 biens fonciers et 1387 biens mobiliers ont été saisis, alors que 1011 comptes et cinq fonds bancaires ont été gelés.

    Toutes ces affaires, précise le magistrat, ont nécessité une coopération internationale qui «a facilité la récupération de certains biens transférés à l’étranger». Il insiste sur la «complexité de cette récupération, surtout lorsqu’il s’agit de biens fonciers appartenant à des Etats étrangers» et la difficulté d’agir avec certains pays avec lesquels il n’existe pas de convention bilatérale de coopération.

    Le magistrat note, par ailleurs, que le pôe pénal a délivré 53 commissions rogatoires internationales pour demande d’informations sur les mis en cause ou leurs biens ou encore le gel de leurs avoirs.

    Parmi les pays destinataires, la Suisse, la France, l’Espagne, l’Italie, le Luxembourg, le Panama, la Grande-Bretagne, l’Irlande, la Chine, les Etats-Unis, le Canada et les Emirats arabes unis. Dans le même cadre, le pôle a lancé 21 mandats d’arrêt internationaux, diffusés partout dans le monde, à travers des notices rouges, par l’intermédiaire d’Interpol.

    Ce bilan intervient alors que la veille, la chambre d’accusation, chargée des affaires du pôle et qui siège tous les mardis, a validé la prolongation de détention pour l’ancien directeur général de l’EGT Sahel, Abdelhamid Melzi, et l’homme d’affaires Metidji. Hier, la chambre d’accusation près la cour d’Alger a, quant à elle, renvoyé à mercredi prochain l’examen de l’affaire des 701 kg de cocaïne, dont l’instruction a pris fin il y a quelques jours.

    El Watan, 10 juin 2021

    Etiquettes : Algérie, justice, corruption,

  • Algérie: Le fils d’Ould Abbes aurait été arrêté à Caracas

    Recherché par Interpol: Le fils d’Ould Abbes aurait été arrêté à Caracas

    Le fils de l’ancien Secrétaire Général du FLN, El Ouafi Foued Ould Abbes, aurait été interpellé à l’aéroport Simon Bolivar de Caracas au Vénézuéla.

    Recherché par Interpol, suite à un mandat international délivré par la justice algérienne, concernant son implication dans des affaires de corruption, le fils de Djamel Ould Abbes, âgé de 52 ans, avait été interpellé en possession d’une fausse identité, révèle un média local.

    « Des agents d’Interpol Maiquetía du bureau de l’aéroport international Simón Bolívar ont réussi à appréhender le citoyen : Ould Abbes Elwafi Fouad, ressortissant algérien, 52 ans », a indiqué le même média.

    Etiquettes : Algérie, El Ouafi Fouad Ould Abbès, Djamel Ould Abbès, corruption, Venezuela,

  • Wikileaks : Pour le roi du Maroc, l’armée est la plus grande menace pour le trône.

    Maroc, #Maroc, Sahara Occidental, #SaharaOccidental, Wikilieaks,

    Les forces armées marocaines « restent minées par la corruption, l’inefficacité bureaucratique, les faibles niveaux d’éducation, certains de ses soldats risquent de tomber dans le radicalisme, ils sont politiquement marginalisés, et le gros de leurs troupes est déployé au Sahara occidental. » « Elles se modernisent, mais elles restent lestées par des problèmes de longue date ».

    L’ambassadeur américain au Maroc, Thomas Riley, a rédigé en août 2008, avec la collaboration de ses conseillers en matière de défense et de sécurité, un rapport confidentiel exhaustif de neuf pages sur les armées marocaines. Au total, les trois armées comptent 218 000 hommes – 10 000 de moins que celles de l’Espagne – dont 50 à 70 % se trouvent au Sahara. Seuls 40 %, un faible pourcentage, des unités déployées dans cette ancienne colonie espagnole sont opérationnelles.

    Les jeunes hommes qui s’engagent comme soldats sont payés environ 2 000 dirhams par mois (180 euros), tandis que les officiers qui commencent leur carrière gagnent environ 6 000 dirhams (540 euros). A cela s’ajoute le logement gratuit, qui les place dans une « situation raisonnablement confortable dans le contexte marocain ».

    Forte surveillance

    Protagonistes de deux coups d’État ratés dans les années 1970, les forces armées sont toujours étroitement surveillées. « Nous pensons que la monarchie continue de considérer les militaires comme la plus grande menace potentielle pour la Couronne. » « Par conséquent, ses officiers continuent d’être tenus à l’écart de la prise de décision politique et leur participation aux discussions sur la force militaire du Maroc est limitée », tout comme leurs relations avec les officiers des armées étrangères, y compris les attachés militaires américains. En conséquence, la qualité de l’information sur les forces armées est parfois « défaillante ».

    En raison de cette méfiance, « il n’y a pas de mouvements de troupes, de manœuvres ou même de voyages d’officiers à l’intérieur ou à l’extérieur du pays sans l’approbation du roi ». Au Maroc, il n’y a pas de ministère de la défense mais une petite administration civile qui rend compte au premier ministre. La participation du Maroc aux opérations de maintien de la paix est gérée par le ministère des affaires étrangères. « Toutes les autres questions liées à la défense sont décidées au Palais royal ».

    M. Riley estime toutefois que « certains signes montrent que la confiance du roi dans les forces armées s’accroît ». Preuve en est l’ »augmentation significative des dépenses militaires » avec l’achat, par exemple, de 24 chasseurs-bombardiers F-16 aux États-Unis. « Récemment, le roi a autorisé les vols militaires au nord de Ben Guerir [la plus grande base militaire du Maroc, à environ 200 kilomètres au sud de Rabat], ce qui n’était pas autorisé par le passé parce que le monarque voulait tenir les militaires éloignés du palais de Rabat. »

    Corruption et infiltration des islamistes

    Le principal défi auquel sont confrontées les forces armées est la corruption, selon M. Riley. Elle touche surtout les plus hauts niveaux de la hiérarchie militaire. Elle a des origines historiques car après les deux tentatives ratées, Hassan II a dit aux militaires : « Soyez loyaux et vous pourrez en profiter. » « Des rapports crédibles indiquent que le lieutenant-général Benanni profite de sa position de commandant en chef du secteur sud pour soutirer de l’argent des contrats militaires et influencer les décisions commerciales. » « Une rumeur répandue indique qu’il possède une bonne partie des pêcheries du Sahara occidental. » « Comme beaucoup d’autres officiers vétérans, Benanni a une somptueuse maison familiale qui a probablement été construite avec l’argent provenant de pots-de-vin. »

    « Une position de leader dans une région est une source importante de revenus non légaux pour la hiérarchie militaire », argumente l’ambassadeur. « On rapporte même que des étudiants de l’académie militaire marocaine paient pour améliorer le classement de leur école afin d’obtenir des postes militaires lucratifs. » « Les commandements dans le secteur sud, c’est-à-dire au Sahara occidental, sont considérés comme les plus lucratifs étant donné la concentration de l’activité militaire dans cette région (…) ». « Le gouvernement marocain semble chercher des moyens de mettre fin à la corruption dans les rangs des militaires qui sont formés à partir du colonel (…) ».

    Un problème mineur, comparé à la corruption, est la pénétration islamiste de l’armée. Certains rapports « suggèrent qu’un petit nombre de soldats sont sensibles à l’islamisme radical ». Après les attentats de 2003 à Casablanca, qui ont fait 45 morts, les enquêteurs ont « identifié des militaires » parmi les conspirateurs. Par la suite, « plusieurs militaires et gendarmes appartenant à d’autres cellules terroristes, dont l’une a volé des armes dans une base d’activités terroristes » ont été arrêtés.

    Parmi les mesures préventives prises pour éviter la propagation de l’islamisme radical dans les armées figurent « la suppression de toutes les mosquées sur les bases (…) et le déploiement du contre-espionnage militaire, le fameux Cinquième Bureau, avec des agents secrets pour surveiller les activités radicales dans les mosquées » près des casernes.

    Etiquettes : Wikileaks, Maroc, armée, Mohammed VI, palais royal, mafia immobilière, islamistes, Sahara Occidental,

    Source : Marocleaks, 06 juin 2021

    Etiquettes : Maroc, Wikileaks, corruption, armée, immobilier, Palais royal, Mohammed VI, Hassan II, FAR, Forces Armées Royales,

  • Algérie: L’idée de la « réconciliation » divise les chefs de partis

    CAMPAGNE POUR LES LÉGISLATIVES DU 12 JUIN : L’idée de la « réconciliation » divise les chefs de partis

    La veille de la fin de la campagne pour les législatives, la polémique autour de la réconciliation refait surface. Faut-il négocier avec, voire, amnistier les oligarques emprisonnés ? Entre les voix pour et celles contre, chacune avance ses arguments.

    Les moyens et méthodes pour la récupération des biens mal acquis et des fonds détournés, notamment vers l’étranger, par la horde d’hommes d’affaires de l’ancien régime emporté par le Hirak, divise la classe politique. Certains plaident pour une négociation avec les oligarques pour la stabilité politique et le développement économique. D’autre s’y opposent au motif de moraliser la vie politique et bâtir un État de droit.

    Abdelaziz Belaid : « la réconciliation pour la stabilité »

    Le président du Front El Moustakbel, Abdelaziz Belaid, a appelé à « des négociations avec les hommes d’affaires et les hommes politiques de l’époque de Bouteflika, actuellement en prison, pour parvenir à une réconciliation qui créerait la stabilité et attirerait les investissements ». Il est revenu à la charge lors de son passage au Forum du journal électronique « Eldjazair El-ane ». « Je suis pour négocier et récupérer les fonds qui sont à l’étranger et je laisse circuler l’argent disponible dans le pays », a-t-il plaidé. Il appelle cela de « l’intelligence moderne et une façon qui permet de redonner de la confiance aux investisseurs nationaux et étrangers».

    « Les investisseurs étrangers lisaient dans les médias algériens que ces hommes d’affaires étaient considérés comme des champions économiques. Ils ont été couronnés comme de bons managers et sont aujourd’hui en prison, qui aura confiance ? », a expliqué le chef d’El Moustakbel. « C’est d’abord une réconciliation économique et politique en second lieu » qui permettra « de retrouver la confiance », a appuyé Belaid. Pour lui, « il est impossible que l’économie algérienne redécolle dans ce climat de peur, de terreur et de ces lois coercitives qui dissuadent nos cadres », a-t-il mis en garde. Un wali rechigne à signer et tout le monde a levé le « frein à main ».

    Soufiane Djilali : « ces gens méritent leur sort »

    Le président de Jil Jadid, Soufiane Djilali, s’oppose catégoriquement à tout élargissement des oligarques en prison. Il a jugé « immoral » le fait de négocier avec eux. Pour lui, ceux qui ont été jugés et condamnés pour corruption « méritent leur sort » même s’il reconnaît qu’ils ont agi dans « l’intérêt de parties tierces ». Ils ont « servi de tremplin à des personnes qui se sont enrichies en utilisant leurs noms ». Djilali appelle à donner la chance aux entrepreneurs qui sont capables de bâtir une vraie économie. Il demande la poursuite de la campagne de récupération des fonds dilapidés par les « oligarques » tout en excluant toute possibilité de négociation avec eux. « Pourquoi quelqu’un qui vole un kilo de pommes de terre est emprisonné, alors qu’un autre qui a dilapidé des milliards on veut le libérer et on négocie avec lui ? », s’interroge-t-il. « Le problème de notre pays c’est la dimension morale et éthique. Un État se construit sur des principes et non pas sur les compromis et la participation au crime », a-t-il soutenu. Pour lui, il n’est pas question de marchander les principes qui font le fondement de l’État. Il a rappelé que le chef de l’État Abdelmadjid Tebboune a fait de la lutte contre la corruption et la récupération de l’argent détourné un des principaux thèmes de sa campagne présidentielle.

    Tayeb Zitouni : « La réconciliation passe par un référendum »

    Le secrétaire général du Rassemblement national démocratique (RND), Tayeb Zitouni, a déclaré que « parler de réconciliation économique avec les pilleurs de deniers nécessite d’organiser un référendum populaire car ce sont les citoyens qui sont concernés par le pillage et le gaspillage des ressources du pays ».

    Il s’est demandé s’il était possible de récupérer les fonds pillés grâce à la réconciliation et sur l’étendue du succès de la proposition émanant d’un certain nombre de chefs de partis. Zitouni a déclaré que « les laquais de la Îssaba sont toujours présents dans l’administration et encouragent les importations pour faire passer l’argent des citoyens à l’étranger ». Il a ajouté que ces pratiques représentent « des chiffres mirobolants qui rongent l’économie nationale, car nous importons chaque année un milliard de dollars de lait en poudre de France et divers produits, dont le fourrage, à 600 millions de dollars, tandis que Djelfa peut combler le déficit grâce à l’élevage de vaches ». En revanche, il a dénoncé les restrictions imposées aux élus locaux, affirmant qu’ils « font l’objet de divers harcèlements, et que quiconque tente d’amorcer le développement et de mettre un terme aux chefs de la corruption, est entré dans le cycle des accusations et des poursuites judiciaires ». Le SG du RND a estimé que « sortir de cette situation nécessite d’aller aux élections afin de se doter d’un parlement fort qui se dresse face aux prédateurs et d’assurer la stabilité ».

    Bengrina et Ghouini « pour » la poursuite de la lutte contre la corruption

    Dans la foulée d’autres chefs de partis s’y opposent directement ou indirectement. Abdelkader Bengrina, chef du Mouvement El Bina, a fait de la lutte contre les membres la Îssaba son argument électoral. Le président du Mouvement El Islah, Filali Ghouini, a appelé à « la lutte contre la corruption et à mettre un terme à l’abus de fonction et l’exploitation de la bureaucratie ».
    Lyes Ayoub

    Le Courrier d’Algérie, 08 juin 2021

    Etiquettes : Algérie, réconciliation, campagne électorale, partis politiques, corruption,

  • Algérie : Le grand forcing pour récupérer l’argent transféré à l’étranger

    Récupération de l’argent transféré à l’étranger : Le grand forcing d’Alger

    par Abla Chérif

    Un grand forcing est actuellement opéré par l’Algérie en vue de la récupération des biens issus de la corruption transférés à l’étranger. Elle exige aussi l’extradition des «criminels» auteurs de ces actes, qui ont grandement nui au pays.

    Abla Chérif – Alger (Le Soir) – Un nouvel appel a été, en effet, lancé cette fin de semaine par le garde des Sceaux, qui prenait part à une réunion de la commission onusienne chargée de la lutte contre la corruption à travers le monde. Cet espace très symbolique a permis de poser les questions lancinantes auxquelles se trouve confrontée l’Algérie, en guerre ouverte contre la corruption.

    Belkacem Zeghmati n’a pas lancé de messages voilés ni usé d’insinuations. La récupération des biens issus de la corruption et transférés à l’étranger «doit se faire sans condition, et dans le respect total de la souveraineté des États demandeurs», a-t-il déclaré. Il ajoute qu’il en est de même pour «l’extradition des criminels», autant de sujets qui demandent une accentuation «des échanges d’informations», et le «respect des engagements des États signataires des conventions portant sur la lutte anticorruption avec bonne foi».

    C’est le second appel du genre que lance l’Algérie à travers son ministre de la Justice en direction de la communauté internationale. Il y a plus de deux mois, en mars, Zeghmati avait également mis l’accent sur la «bonne foi» dont devaient faire preuve les États destinataires de demandes de récupération de biens issus de la corruption, ajoutant là aussi que cette récupération devait se faire «sans condition et dans le strict respect des droits souverains des États».

    Ces propos ont été tenus lors de sa participation à une rencontre internationale (par visioconférence). «L’Algérie, déclarait-il encore, affirme que l’administration, la gestion et l’utilisation des avoirs recouvrés relèvent en premier lieu de la responsabilité de l’État demandeur.»

    Ces propos avaient alors été traduits comme étant la preuve de l’existence de réelles réticences ou blocages à l’étranger pour la récupération des biens de l’Algérie issus de la corruption. Les enquêtes menées durant le traitement des dossiers de très nombreux anciens responsables et hommes d’affaires ont apporté les preuves d’importants transferts en devises, opérés durant les deux décennies passées. Une partie des éléments a été récoltée lors des enquêtes menées par les commissions rogatoires dépêchées par Alger à l’étranger.

    Ces commissions ont été dépêchées à travers des pays se trouvant sur les cinq continents. Certains territoires reviennent cependant souvent parmi la liste des pays où de multiples enquêtes se sont déroulées. Comme la France, l’Espagne, la Suisse. Les pays du Maghreb et les États arabes sont aussi concernés par cette situation. Si les sommes transférées ou contenues dans les comptes en banque domiciliés à l’étranger ont été dévoilées durant les procès des personnes poursuivies pour corruption, les biens matériels détenus par certains sont de notoriété publique. Les médias étrangers eux-mêmes (français en particulier) se sont intéressés de près à la question et ont mené des enquêtes établissant la liste de ces biens.

    L’ancien ministre de l’Énergie, Abdesslam Bouchouareb, est un exemple qui a été souvent cité en la matière. Bien qu’étant ciblé par au moins quatre mandats d’arrêt internationaux, il demeure libre de ses mouvements et aucune information n’indique à ce jour qu’il a été inquiété. Le cas le plus flagrant de cette «mauvaise foi» dénoncée par l’Algérie peut être aussi illustré par un autre exemple, celui de Abdelmoumen Ould Kaddour.

    Des informations jamais démenties par la partie algérienne annonçaient, il y a quelques mois, que l’ancien P-dg de Sonatrach avait été placé en garde à vue aux Émirats arabes unis. Aucune suite n’a cependant été donnée à cette affaire par cet État arabe. Chakib Khelil, son épouse et ses deux fils ne sont pas inquiétés, eux non plus. Toutes ces anciennes personnalités ont toutefois précédé les événements et les ennuis judiciaires qu’ils voyaient venir, en déposant des demandes pour accéder au statut de réfugiés politiques. Plusieurs avocats contactés sur le sujet nous ont fait savoir que la procédure lente protégeait du risque d’expulsion ou d’extradition jusqu’au moment où la décision définitive est rendue.
    A. C.

    Le Soir d’Algérie, 05 juin 2021

    Etiquettes : Algérie, argent transféré à l’étranger, corruption, détournement, Abdesslam Bouchouareb, Abdelmoumen Ould Kaddour, Chakib Khelil,

  • Fraude au visa dans le consulat maltais en Algérie

    Qui d’autre a ruiné la réputation de Malte ?

    Kevin Kassar*

    Malte a été mentionnée dans deux alertes émises par Frontex, l’agence européenne des frontières. Frontex a enregistré une forte hausse du nombre de ressortissants algériens entrant illégalement en Europe après avoir obtenu frauduleusement des visas maltais à Alger. Des Algériens munis d’un visa maltais se sont rendus à Marseille, apparemment en transit vers Malte, leur destination finale. Mais ils n’avaient que des billets pour Marseille et n’ont jamais quitté la France – et n’ont jamais atteint Malte.

    Ce pic a coïncidé avec la nomination du cousin éloigné de Joseph Muscat, Robert Falzon, comme consul maltais à Alger. Falzon n’avait absolument aucune expérience diplomatique. De sérieuses allégations concernant des milliers d’euros de pots-de-vin pour la délivrance de visas maltais à Alger n’ont pas fait l’objet d’une enquête car elles ne relevaient pas de la compétence du National Audit Office.

    Lorsque l’affaire a été signalée à la police, celle-ci n’a manifesté aucun intérêt. Le commissaire adjoint de police de l’époque, Lawrence Cutajar, a cité les relations du consul avec Mascate comme un facteur compliquant la mise en place de toute enquête.

    Les preuves contre le consul étaient accablantes. Environ 7 000 Algériens ont obtenu des visas en 18 mois seulement. Par habitant, Malte est devenu le pays européen accordant le plus grand nombre de visas aux Algériens, dans les neuf mois suivant l’entrée en fonction de Falzon comme consul. Pour quatre Algériens atterrissant à Malte avec un visa délivré par notre consulat, un seul revenait. Air Malta a assuré des vols fantômes avec un taux de non-présentation de 90 % entre Malte et Alger.

    Entre 4 000 et 8 000 euros étaient facturés pour fournir aux demandeurs des preuves d’emploi, des fiches de paie et des données de sécurité sociale pour obtenir leur visa. Si 7 000 visas ont été délivrés pour la somme modique de 4 000 euros, ce racket a généré au moins 28 millions d’euros. Bien que la police de l’immigration l’ait averti de ne pas délivrer de visas à 484 demandeurs algériens suspects, Falzon les a quand même délivrés. Dans 865 autres cas, la police a donné son feu vert, mais le consul a inexplicablement refusé de délivrer les visas.

    Un agent commercial algéro-maltais et d’Air Malta, Alex Fezouine, a tiré la sonnette d’alarme. Il a naïvement écrit à Muscat en avril 2015, consterné par ce qui se passait. « Les vendeurs de visas ont pris le contrôle du consulat et de la compagnie aérienne, ils envoient des immigrants illégaux en Europe via Malte », a-t-il expliqué.

    La réponse de Muscat : « Je ne suis pas la police, je ne suis pas un enquêteur ». Et a rapidement agi pour faire taire le dénonciateur par une cruelle rétribution. Identity Malta a révoqué la citoyenneté maltaise de l’homme. Lorsque Fezouine a protesté et demandé une enquête, Muscat a nommé le juge à la retraite Philip Sciberras pour la présider.

    Les vendeurs de visas ont pris le contrôle du consulat et de la compagnie aérienne, ils envoient des immigrants illégaux en Europe via Malte.

    L’opposition a demandé que l’auditeur général enquête sur les allégations relatives aux visas. Mais le mandat imposé par le gouvernement était restrictif sans vergogne. Dans une lettre datée du 20 novembre 2015, Owen Bonnici, Chris Agius et Edward Zammit Lewis se sont assurés que la portée de l’enquête était ridiculement étroite. L’auditeur s’est heurté à une obstruction à chaque étape. Toutes les données relatives aux visas algériens délivrés entre 2009 et 2014 avaient été purgées. Par conséquent, l’auditeur ne pouvait pas effectuer une analyse comparative avec la période où Falzon était consul.

    Le NAO a concédé que « le manque de visibilité a empêché ce bureau d’établir si la délivrance des visas était intentionnellement prolongée pour susciter des paiements ». Mais il a établi que « les conditions de sélection d’un consul étaient peut-être inadéquates » et que « le consul n’avait pas l’expérience nécessaire ».

    Face à la pression croissante, le consul a été rappelé, peu avant que le scandale n’éclate. La police a interrogé le consul mais a discrètement avorté l’enquête.

    Le 16 août 2020, Aldo Cutajar, consul de Malte à Shanghai et frère du chef de la fonction publique Mario Cutajar, a été accusé de blanchiment d’argent et d’évasion fiscale. Une descente de police à son domicile a permis de trouver 500 000 € en espèces et des centaines de milliers d’articles de luxe, dont des montres Rolex, deux voitures Mercedes de luxe et d’autres véhicules.

    Aldo et sa femme, Isabel, avaient payé les véhicules de luxe en espèces. En outre, ils disposaient d’un compte bancaire à Dubaï contenant plus de 300 000 euros. Ils ont acheté une villa à Naxxar, un penthouse et des garages à Swatar et une propriété en Toscane. Ils détenaient également 2 millions d’euros sur Satabank.

    Quinze ans plus tôt seulement, Cutajar avait plaidé coupable de détournement de fonds d’un ministère. Condamné à deux ans de prison et à une interdiction perpétuelle, il a perdu son emploi au gouvernement. Peu de temps après sa condamnation, il a demandé au tribunal de lever son interdiction.

    Il a plaidé qu’il avait deux jeunes enfants, qu’il avait été contraint de vendre sa propriété résidentielle, qu’il était au chômage et qu’il devait subvenir aux besoins de sa famille. Le procureur général s’est opposé avec véhémence à cette demande en raison de la gravité de ses crimes et du fait qu’il était un fonctionnaire. Le tribunal a eu pitié de Cutajar et a levé l’interdiction, concluant qu’ »il a déjà payé cher ce qu’il a fait ».

    Le gouvernement a été contraint de le réintégrer. Les gouvernements successifs font attention aux missions qu’ils lui confient, jusqu’à ce que les travaillistes arrivent au pouvoir. Alors que Mario Cutajar est devenu chef de la fonction publique, son frère, Aldo a commencé une nouvelle carrière au ministère des Affaires étrangères en tant que consul à Pékin. En 2018, le ministre des affaires étrangères Carmelo Abela l’a nommé consul à Shanghai.

    En deux ans, le nouveau consul a amassé une richesse qui rendrait jaloux un dictateur africain. D’où vient tout cet argent ? Parmi les objets de luxe trouvés à son domicile, la police a trouvé une liste de noms et de numéros de passeport de citoyens chinois. Le procureur a déclaré au tribunal que la fortune obscène des Cutajar provenait de la vente illégale de visas chinois.

    Mario Cutajar a nié tout rôle ou avoir été consulté au sujet de l’affectation de son frère à Pékin et à Shanghai. Cette affirmation a été démentie par l’ambassadeur expérimenté et respecté Evarist Saliba. Mario Cutajar, en tant que chef de la fonction publique, doit avoir été directement impliqué, insiste Saliba, et « je parle d’après une très longue expérience de la fonction publique, ayant participé à la nomination des consuls ».

    Aldo Cutajar avait succédé au consul de Shanghai à Sai, épouse du ministre en disgrâce Konrad Mizzi, qui a même été exclu du parti travailliste.

    La réputation de Malte a été véritablement malmenée dans le monde entier. Elle ne se remettra pas facilement des coups de boutoir brutaux des travaillistes.

    *Kevin Cassar, professeur de chirurgie et ancien candidat du PN

    Times Malta, 30 mai 2021

    Etiquettes : Malta, consulat maltais à Alger, visa, fraude, pot-de-vin, corruption,