Étiquette : corruption

  • Qatargate, la piste Turque. « Le manager d’Erdogan lié à Qatar et Panzeri? »

    Tags : Turquie, Hakan Camuz, Tayip Erdogan, Parlement Européen, Groupe S&D, Corruption, Maroc, AntonioPanzeri, Eva Kaili, Francesco Giorgi,


    Le Qatrgate, nouvelle « piste » en Turquie ? Soupçon sur l’homme d’affaires d’Erdogan pour des liens avec le Qatar et Panzeri, quelle est la suite. Kaili en prison pour deux mois de plus, 2 personnes sous enquête à Milan

    NOUVELLE PISTE SUR QATARGATE EN TURQUIE : CE QU’ERDOGAN A À VOIR AVEC ÇA

    L’une des particularités qui contribuent à rendre la maxi enquête du Qatargate par le parquet belge de plus en plus « enchevêtrée » mois après mois est le vaste réseau de connexions présumées qui auraient construit le flux de pots-de-vin du Qatar et du Maroc vers l’Union européenne . Après les volets de l’enquête ouverts en Grèce et à Milan, ce qui émerge ces derniers jours de la Turquie du « sultan » Erdogan pourrait bientôt jouer un rôle important : écrit aujourd’hui le journal « La Verità », citant des sources directes de l’enquête, expliquant comment un mystérieux homme d’affaires lié à la famille du président turc aurait été l’officier de liaison entre Pier Antonio Panzeri, Francesco Giorgi et les prétendus corrupteurs du Qatar .

    Hakan Camuz est le nom de l’homme qui émerge dans l’enquête du Qatargate avec un rôle encore à reconstituer : « La vie de Hakan Camuz est comme un film. En 1991, il se brouille avec son père et quitte Ankara pour s’envoler pour Londres, où il possède aujourd’hui un cabinet d’avocats, est président de Musiad (une Confindustria turque, ndlr), résout les problèmes des Turcs en Angleterre où il est connu comme « frère Hakan »». écrit le magazine turc Arti90 cité aujourd’hui par « La Verità ». Après l’arrêt des voies diplomatiques avec le Qatar en juin 2017 du Bahreïn, de l’Arabie saoudite, de l’Égypte et des Émirats arabes unis, c’est la Turquie d’Erdogan qui est devenue la principale nation islamique alliée à l’émir pour « défendre » les intérêts dans la course à la Coupe du monde 2022 (et au-delà). Les enquêteurs belges soupçonnent depuis des semaines que l’ argent envoyé par les sociétés Camuz et la mystérieuse « Team organizasyon » d’Istanbul  » sont le produit du blanchiment d’argent mis en place par le Qatar pour rémunérer les services de Panzeri , engagé avec des pétro-euros pour se défendre ». la réputation de Doha à Bruxelles », écrit « La Verità ».

    QATARGATE, DEUX SUGGÉRÉS DANS UNE NOUVELLE TENDANCE À MILAN. KAILI EN PRISON POUR ENCORE 2 MOIS

    Évidemment, il reste à savoir si cette prétendue « triangulation » Qatar-Turquie-UE a réellement existé en premier lieu et si oui, qui avait les rênes des « jeux » : les enquêteurs du Qatargate recherchent toute preuve qui mène à Panzeri, Camuz, au Qatar ou encore au gouvernement d’Erdogan pour comprendre de qui est né le prétendu réseau de corruption. En attendant, l’actualité d’hier a confirmé le séjour en prison d’un des « principaux » accusés du Qatargate, c’est-à-dire l’ancienne vice-présidente du Parlement européen Eva Kaili : l’appel de la défense à la libération a été une nouvelle fois rejeté et effectivement, l’homme politique grec va doivent rester en prison pendant au moins deux mois supplémentaires(il est dans sa cellule depuis le 9 décembre dernier, ndlr). C’est ce qu’a décidé la cour d’appel de Bruxelles, rejetant le recours présenté par les avocats de la politique grecque.

    Entre-temps, un dossier d’enquête « dérivant » du Qatargate a été officiellement ouvert à Milan avec deux suspects : le délit litigieux est le blanchiment d’argent et sous le coup d’une accusation, note l’ANSA, il y aurait les deux associés de la société de conseil Opera  » Equality  » qui, selon les enquêteurs, aurait servi « de « machine à laver » pour blanchir en Italie l’argent – ​​environ 300 mille euros – issu de la prétendue série de pots-de-vin mis au jour par l’enquête belge », qui provenait du Qatar et du Maroc . Il s’agit des suspects Manfred Forte et Dario Scola : ils seraient, selon les premières indications du parquet de Milan – en accord avec le parquet de Bruxelles – les présumés « figure de proue » de Francesco Giorgi , ancien collaborateur de l’ex-eurodéputé Antonio Panzeri et assistant de l’autre suspect sur Qatargate Andrea Cozzolino.

    Environ 300 000 euros font l’objet d’une enquête qui sont parvenus à Equality, une société précédemment détenue par la comptable de la famille Panzeri Monica Rossana Bellini et le frère et le père de Giorgi, dont les actions ont ensuite été transmises à Forte et Scola. Comme l’écrit le procureur belge dans l’acte d’arrêt belge de Bellini (l’audience à Milan le 9 mars pour décider de sa remise ou non), « le comptable Bellini semble avoir joué un rôle important dans le retour de l’argent du Qatar par créant, avec Silvia Panzeri , fille de Pier Antonio, une structure d’entreprise qui donnerait au flux d’argent une forme juridique». La position officielle de la défense des nouveaux suspects dans l’affaire Qatargate sera attendue dans les prochains jours pour comprendre s’il y a lieu d’aller en justice ou même pas sur ce nouveau « volet ».

    Source

    #Parlement_européen #corruption #Antonio_Panzeri #Eva_Kaili #Francesco_Giorgi #S&D #Maroc #Turquie #Erdogan #Hakan_Camuz

  • UE : Qatargate et maintenant Ursula von der Pfizer

    Tags : Ursula Von der Leyen, Pfizer, Parlement Européen, Groupe S&D, Corruption, Maroc, AntonioPanzeri, Eva Kaili, Francesco Giorgi,

    Le jeu de mots du titre de cet article est dû au chroniqueur sur Europe 1, Vincent Hervouet… Car il y a un soupçon de corruption entre Albert Bourla, PDG de l’entreprise pharmaceutique Pfizer, et la présidente de la Commission européenne qui se prend, à la faveur de la crise due à la pandémie (Covid-19) et de la guerre en Ukraine déclenchée par l’autocrate Vladimir Poutine, comme la présidente de l’Union européenne – ce qu’elle n’est pas.

    Ce soupçon se trouve renforcé par le refus de la Commission de jouer la transparence prétextant du fait que les SMS échangés entre Pfizer et Ursula van der Leyen seraient introuvables. Même la médiatrice européenne, Emily O’Reilly, y va de critiques légitimes : « Cette façon d’agir ne répond pas aux attentes en matière de transparence et de normes administratives au sein de la Commission », après avoir déploré « qu’aucune tentative n’a été faite pour identifier si les textes en question existaient ». C’est une déclaration qui date de juillet 2022.

    Le fond de l’affaire, supposément de corruption en attendant confirmation, repose sur l’achat à Pfizer/BioNTech par la Commission de de 1,8 milliard de doses de vaccins contre le Covid-19 au prix surévalué de 19,50 € au lieu des 15,90 € à l’origine. En tout, la Commission a passé commande de 10 doses par Européens. La question se pose : pourquoi autant de doses et à ce prix ?

    L’autre interrogation légitime pour toute personne soucieuse de l’indépendance des médias est de connaître les raisons pour lesquelles, après le site d’investigation Netzpolitik, c’est le journal, New York Times qui, s’appuyant sur l’article 42 du droit européen (1), exige la transmission des échanges de SMS. Pourquoi aucun des nombreux journalistes européens accrédités à Bruxelles n’a-t-il pas procédé à cette demande ? Pourquoi aucun des nombreux journaux influents des pays membres de l’Union européenne n’a-t-il engagé cette démarche conforme à l’esprit démocratique dont targuent les institutions européennes ? Y aurait-il une sorte d’« intimité incestueuse » (2) entre ces journalistes et ces mêmes institutions, dont la Commission européenne ?

    Un autre signe éventuel de corruption révélé par le média allemand Weld.de est le financement de 320 millions de dollars accordé par la Commission au laboratoire Orgenesis, dirigé par Heiko von der Leyen, le mari de la présidente… N’y aurait-il pas là encore une situation de conflit d’intérêts ?

    Toutes ces affaires, que la situation de corruption soit avérée ou démentie, montrent qu’à l’échelon national ou européen le système économique ultralibéral porte en lui l’avidité jamais rassasiée de profit maximum sur le dos de l’intérêt général et des peuples. Les profits des compagnies pétrolières – sanctions économiques obligent – qui loin de réduire les capacités économiques russes se retournent contre ses auteurs, et des firmes pharmaceutiques ainsi que des laboratoires n’ont jamais été aussi hauts.

    Seules des régulations drastiques, fortes socialement et démocratiquement, sont en mesure de maintenir dans le droit chemin de l’intérêt public les détenteurs de capitaux.

    Demander aux grandes entreprises capitalistes de respecter une certaine déontologie, comme aiment à le faire les membres du gouvernement macroniste, relève du vœu pieux. Seules des régulations drastiques, fortes socialement et démocratiquement, sont en mesure de maintenir dans le droit chemin de l’intérêt public les détenteurs de capitaux. Les biens communs, leurs productions et leurs gestions devraient relever de la propriété sociale et nationale sous le contrôle des salariés, des usagers et de la représentation nationale.

    L’attitude complaisante de la très grande majorité des médias européens en général et français en particulier est révélatrice de l’état de soumission à l’égard de l’oligarchie financière. Une démocratie vivante devrait se pencher sur cette question primordiale pour les principes républicains. Les journaux sont considérés comme le quatrième pouvoir. Force est de constater que ce n’est plus le cas, inféodés qu’ils sont aux milliardaires ou à l’État qui leur accorde des subventions pour mieux les contrôler et influer sur l’orientation des débats.

    Enfin, la Commission européenne devrait balayer devant sa porte. Elle qui est si prompte à dénoncer les atteintes aux valeurs démocratiques chez les autres, n’est pas exempte de défauts, entre le Qatargate et les liens « étranges » entre Mme van der Leyen et le PDG de Pfizer.

    Notes de bas de page
    1 « Tout citoyen de l’Union ainsi que toute personne physique ou morale résidant ou ayant son siège statutaire dans un État membre a un droit d’accès aux documents des institutions, organes et organismes de l’Union, quel que soit leur support. »
    2 Expression utilisée par Vincent Hervouet dans sa chronique éditoriale.

    Source

    #Parlement_européen #corruption #Antonio_Panzeri #Eva_Kaili #Francesco_Giorgi #S&D #Maroc #Pfizer #Ursula_von_der_Leyen

  • Après le Qatargate, l’Europarlement, peut-il faire le ménage ?

    Tags : Parlement Européen, Groupe S&D, Corruption, Maroc, AntonioPanzeri, Eva Kaili, Francesco Giorgi,

    La législature de l’UE veut durcir ses règles à la suite d’allégations de corruption choquantes surnommées Qatargate. Les propositions de la présidente ne sont pas encore publiées, mais la bataille autour des plans de réforme a déjà commencé

    Un mois après l’annonce du plus grand scandale de corruption jamais perpétré au Parlement européen, les révélations du « Qatargate » continuent de secouer Bruxelles.

    Cette semaine, la membre belge Marie Arena a démissionné de son poste de chef du sous-comité des droits de l’homme après avoir admis avoir omis de divulguer un voyage payé dans l’État du Golfe. Le Qatar est accusé (et nie) d’avoir soudoyé des législateurs pour influencer les décisions politiques de l’UE. Arena a souligné que contrairement à un certain nombre de collègues, elle n’a pas été impliquée dans les enquêtes des autorités belges ; c’était une erreur administrative.

    Plusieurs personnes liées au pouvoir législatif ou à des ONG ont été arrêtées après les perquisitions du 9 décembre dans la capitale de l’UE, lorsque la police belge a saisi près de 1,5 million d’euros (environ 1,6 million de dollars). Certains ont été relâchés peu de temps après. Quatre suspects, dont l’ancienne vice-présidente parlementaire en disgrâce Eva Kaili de Grèce, ont été inculpés quelques jours plus tard. Kaili est accusé de corruption, d’appartenance à une organisation criminelle et de blanchiment d’argent.

    La prochaine session plénière du Parlement européen commence lundi à Strasbourg, et la procédure visant à retirer à quatre législateurs leur immunité afin de faciliter les enquêtes devrait débuter. Mercredi vient le vote pour remplacer Kaili, limogé en décembre.

    La vie après le Qatargate

    Alors que les députés ont maintenant surmonté le choc initial d’apprendre que des collègues auraient eu des milliers d’euros en espèces mal acquises cachés dans la capitale de l’UE, des plans de réforme concrets pour éviter une répétition commencent à prendre forme. L’enjeu est de taille : il s’agit d’une crise de légitimité d’une ampleur sans précédent pour l’institution, à un an et demi seulement des élections européennes.

    La présidente du Parlement européen, Roberta Metsola, a présenté jeudi à huis clos un plan en 14 points aux chefs des groupes politiques de la législature. « Intégrité. Indépendance. Responsabilité », a tweeté l’homme politique maltais de centre-droit. « Nous allons avancer rapidement. »

    Les propositions incluent une nouvelle période de « rétractation » pour les anciens membres du Parlement européen afin qu’ils cessent d’utiliser leurs connexions et leur accès pour faire du lobbying. Une autre mesure consiste à interdire les groupes d’amitié non officiels entre les législateurs et les pays tiers, étant donné qu’il existe déjà des délégations officielles dans divers pays non membres de l’UE. Les règles sur la déclaration des réunions avec les lobbyistes seraient également plus strictes dans le cadre du plan de Metsola, tous les députés européens devant publier ces nominations plutôt que seulement les plus expérimentés qui dirigent des commissions ou des dossiers politiques.

    Metsola doit présenter ses propositions à Strasbourg lundi, selon son porte-parole. Un certain nombre de groupes, dont les socialistes et démocrates de centre gauche – qui sont au centre de l’enquête et pourraient mener une enquête interne dans leurs propres rangs – les Verts et la gauche ont déjà déclaré qu’ils n’allaient pas assez loin.

    Dernier d’une série de scandales

    Lorsque de telles révélations surviennent dans d’autres parlements, personne n’appelle à la destruction de l’institution, a déclaré à DW l’eurodéputé vert allemand Daniel Freund.

    « Mais un scandale de corruption au Parlement européen éclate et immédiatement vous avez [le politicien britannique pro-Brexit] Nigel Farage et [le Premier ministre hongrois eurosceptique] Viktor Orban disant » ils sont tous corrompus et le parlement devrait être aboli « , il a dit.

    Sa première réaction au Qatargate a été la frustration, admet-il, mais pas vraiment le choc. Il y a eu un certain nombre de scandales de corruption au cours des 40 années environ qui se sont écoulées depuis que le Parlement est devenu le seul organe élu directement de l’UE – comme l’affaire « argent contre amendement » de 2011, lorsque des députés européens ont été arrêtés par des journalistes infiltrés se faisant passer pour des lobbyistes à la recherche de modifications législatives.

    Les infractions plus mineures aux règles parlementaires internes restent souvent impunies, a-t-il noté. « Au cours des dix dernières années, il y a eu 24 cas où le code de conduite des membres a été enfreint, et vous savez, dans 24 cas, il n’y a pas eu de sanction. »

    Pour Freund, les révélations autour du Qatargate font partie d’une « culture de l’impunité » plus large. De nombreux députés s’efforcent de s’assurer qu’ils ont correctement déclaré les voyages à l’étranger payés effectués ces dernières années, a-t-il déclaré.

    De plus, comme le souligne Freund, une majorité au Parlement européen a voté à plusieurs reprises contre les réformes de la transparence dans le passé. Certains députés, principalement de droite, mettent en garde contre l’introduction d’obstacles bureaucratiques pesants qui décourageraient les candidats potentiels. Freund n’y croit pas : « Je veux dire, désolé, l’idée que quelqu’un ne se présente pas au Parlement européen parce qu’il doit remplir quelques formulaires ? C’est un faux argument. »

    Les eurodéputés « pour l’argent » ?

    Un aspect souvent critiqué de la vie parlementaire est l’indemnité forfaitaire de dépenses de près de 5 000 € par mois, en plus d’un salaire annuel généreux. Les députés n’ont pas besoin de divulguer comment cela est dépensé, ce que la branche européenne du groupe de défense Transparency International estime devoir changer.

    « Cela attire des gens pour servir en tant que membres du Parlement européen, ceux qui y sont essentiellement pour l’argent, et ils sont ouverts à la corruption », a déclaré Shari Hinds, assistante politique de la branche, à DW.

    Le Qatargate a mis en lumière une série de questions au Parlement européen, explique Hinds. L’un des problèmes concerne les règles laxistes sur les réunions entre parlementaires et ONG qui ne se sont pas inscrites au registre de transparence de l’UE. Toutes les entités – qu’il s’agisse de lobbies ou de groupes d’intérêts – qui ne figurent pas sur cette liste ne devraient pas pouvoir rencontrer les législateurs, a déclaré Hinds à DW. C’est déjà le cas pour la Commission européenne. Un autre concerne les protections contre les dénonciateurs, qui, selon Hinds, sont encore trop faibles pour ceux au sein du parlement qui souhaitent signaler des actes répréhensibles.

    Pour Transparency International, les propositions de Metsola sont bonnes mais reposent encore malheureusement sur « un système d’auto-application ». Freund souligne le même problème, appelant à un organisme externe et indépendant pour faire appliquer les règles.

    Le Qatargate est-il donc un tournant potentiel pour le parlement ? Après le scandale du « cash-for-amendements », les règles ont été resserrées, dit Freund. À l’heure actuelle, de nombreux membres semblent désireux de nettoyer au plus vite sa réputation internationale.

    La question est de savoir si cette volonté est toujours aussi forte lorsque les réformes proposées seront votées dans les mois à venir. « J’espère que la majorité sera là », dit Freund. « Si vous me demandez aujourd’hui, êtes-vous sûr que tout cela arrivera ? Non, je ne suis pas sûr.

    Source

    #Parlement_européen #corruption #Antonio_Panzeri #Eva_Kaili #Francesco_Giorgi #S&D #Maroc

  • Qatargate: agents, lobbying et ONGs opaques, la piste turque

    Tags : Hakan Camuz, Parlement Européen, Groupe S&D, Corruption, Maroc, AntonioPanzeri, Eva Kaili, Francesco Giorgi,

    Qatargate : entre 007, cabinets de conseil et ONG opaques, la nouvelle piste turque

    (Giacomo Amadori, Camilla Conti – la Verità) – Ce jour-là, Hakan Camuz, alors âgé de 50 ans, avocat d’origine turque (il est né à Ankara en octobre 1971), débarque de Londres. Sa présence est enregistrée aux contrôles des passagers extracommunautaires et il présente un passeport indiquant qu’il a la nationalité britannique. Il repart le lendemain. Qu’a fait ce professionnel aux lunettes, à la barbe déjà blanche, aux cheveux clairsemés et à l’allure arrondie à Milan pendant ces deux jours ?

    A-t-il rencontré les directeurs et les associés de la société Equality Consultancy srl à Opera qui a reçu plus de 300 000 euros pour des services très louches de la part de sociétés liées à lui ou à la Turquie ?

    L’un des principaux suspects du Qatargate, l’ancien assistant parlementaire de Pier Antonio Panzeri, Francesco Giorgi, a décrit le travail du cabinet fondé en 2018 par son père Luciano, son frère Stefano et la comptable Monica Rossana Bellini.

    Le récit de Giorgi poursuit : « C’est le Palestinien qui nous a suggéré de nous tourner vers Hakan (Camuz, ndlr) et sa société en Angleterre, dont je ne me souviens plus du nom. Comme il s’agissait d’une société anglaise, les documents devaient être rédigés en anglais. Mon intervention a consisté à mettre en contact Panzeri, sa comptable Monica Bellini et sa fille Silvia Panzeri (dont aucune ne parlait anglais) avec Hakan. Silvia a préparé les dossiers en tant qu’avocate. J’ai également contribué à la création d’Equality en utilisant mes compétences linguistiques. Pour justifier le recours à une société italienne par une société anglaise, les services doivent être fournis en anglais. J’ai donc demandé à des connaissances de ma famille qui parlent anglais de fournir des services concrets, sans qu’ils sachent ce qui se passe ».

    Mais qui est vraiment Camuz ? Célébrant son talent, un magazine turc, Arti90, destiné à la communauté des résidents à l’étranger, lui consacre en janvier 2013 pas moins de quatre pages dans un numéro dont la couverture est ornée d’une grande photo du président Recep Tayyip Erdogan, sous le titre : « Vous n’êtes pas seul ». Eh bien, à la page 24, la longue interview commence par une courte introduction : « La vie d’Hakan Camuz est comme un film. En 1991, il s’est disputé avec son père et a quitté Ankara pour s’envoler vers Londres, où « aujourd’hui il possède un cabinet d’avocats, est président de Musiad (une sorte de Confindustria turque, ndlr), résout les problèmes des Turcs en Angleterre », où il est connu sous le nom de « frère Hakan ».

    Après l’obtention de mon diplôme, ma vie a commencé à reprendre son cours. J’ai rencontré ma deuxième femme […] Je gagnais de l’argent en travaillant comme traducteur et assistant juridique ».

    C’est ce que Camuz disait de lui-même en 2013. Sur Linkedin, il se décrit comme « responsable des affaires juridiques avec de l’expérience et une longue expérience de travail dans le domaine de la pratique juridique », sur le site web de l’une de ses entreprises, « consultant juridique senior ».

    En effectuant une recherche dans la base de données des entreprises britanniques, on trouve toute une galaxie de sociétés dont on peut remonter jusqu’à Camuz, ou dont il est l’un des directeurs. Telles que Stoke white consultancy, Musiad, Sirone ltd, Nomos international (qui s’occupe des violations des droits de l’homme contre la population civile syrienne), Turken foundation Uk, Septimum, Black pearl consultancy. Et la fondation Turken Uk. Une fondation dont on peut retrouver la trace dans la famille d’Erdogan (en mai 2022, le leader de l’opposition Kemal Kiliçdaroglu a accusé Erdogan de transférer de l’argent à l’étranger par le biais de ses fondations, mentionnant Türgev, Ensar et Turken). Et ce n’est pas tout. Par le passé, Camuz a également aidé Bilal Erdogan, le troisième fils du président turc, qui connaît bien l’Italie et parle un peu l’italien grâce à ses études à Bologne, à Johns Hopkins (la même université où le père de Romano Prodi et d’Elly Schlein a également enseigné). En 2003, le Premier ministre de l’époque, Silvio Berlusconi, était son témoin de mariage.

    Sur les sites web de ses sociétés, on apprend que M. Camuz « traite des dossiers pour le compte de gouvernements, d’ONG et de particuliers », qu’il a « joué un rôle déterminant dans la mise en place de la structure de plusieurs organisations caritatives basées au Royaume-Uni » et qu’il « continue de contribuer à des organisations humanitaires et à la défense des droits de l’homme dans le monde entier ». Oui, les droits de l’homme. Le 15 décembre, sur son profil Twitter où il se décrit comme le directeur de Stoke white (dont le site web, rappelons-le, correspond au code de Stoke white limited), Camuz a rappelé son combat à La Haye contre l’Autorité palestinienne, accusée de la mort d’un activiste en 2021. Stoke white a déposé une plainte auprès de la Cour pénale internationale.

    (…) Le rapport de Disinfo lab indique qu’il a dirigé la fondation Turken UK, depuis sa création en 2015 jusqu’en 2019. Le site officiel de la fondation Turken Uk n’est pas actif ; cependant, sa version en cache redirige vers la fondation Turken USA, qui a été créée en 2014 par deux organisations turques : la fondation Ensar (fondée en 1979) et Turgev (fondée en 1996 par l’actuel président turc Erdogan).

    Un journaliste d’investigation indien s’est également intéressé à Camuz, (…) soulignant que  » l’un des fondateurs  » de Stoke white, notre Camuz,  » semble avoir des liens étroits avec le président turc Recep Tayyip Erdogan « .

    Ainsi, dans notre cas, les « gentils », les défenseurs des droits, feraient partie d’un réseau qui, plutôt que de défendre les opprimés, s’occuperait plutôt de servir les intérêts de la Turquie et de ses alliés, avec le soutien de divers services secrets.

    Et parmi les principaux partenaires figure le Qatar. Le 5 juin 2017, l’Arabie saoudite, le Bahreïn, l’Égypte et les Émirats arabes unis ont annoncé la rupture des relations diplomatiques avec le Qatar, déclenchant une crise qui a impliqué l’ensemble du monde arabe. Le boycott politico-économique contre Doha a conduit les dirigeants qataris à chercher des rivages en dehors du Conseil de coopération du Golfe (CCG) pour contourner la pression et préserver leur souveraineté. Depuis lors, la Turquie est le pays islamique qui a fait le plus pour soutenir le Qatar assiégé.

    En mai 2020, la Turquie a augmenté les lignes de change de devises avec la Banque centrale de Doha. En novembre 2022, le président Erdogan s’est rendu au Qatar pour la cérémonie d’ouverture de la Coupe du monde, bien que la Turquie ne se soit pas qualifiée. Cette visite a permis de revitaliser les relations grâce à la « diplomatie du football ». Panzeri et Bellini, le comptable qui a géré l’Equality jusqu’à sa fermeture définitive en 2021, étaient également présents à Doha à ce moment-là.

    Nous ne savons pas si Camuz était également présent. Le 12 février, le souverain du Qatar, le cheikh Tamim bin Hamad Al-Thani, s’est envolé pour la Turquie afin de rencontrer Erdogan en solidarité avec le pays après le tremblement de terre dévastateur. Les enquêteurs belges soupçonnent que l’argent envoyé par les sociétés de Camuz et le mystérieux Team organisasyon basé à Istanbul est le produit du blanchiment d’argent mis en place par le Qatar pour payer les services de Panzeri, qui a été engagé par les pétro-euros pour défendre la réputation de Doha à Bruxelles. La question est maintenant de savoir si cette triangulation a été orchestrée par les Qataris, par Panzeri ou si le gouvernement turc y a joué un rôle. Dans ce cas, le Qatargate pourrait prendre des contours encore plus inquiétants, ayant parmi les possibles directeurs de la corruption massive de représentants de l’UE non plus seulement le Qatar, le Maroc et le Mali, mais l’un des principaux acteurs de l’échiquier international, la Turquie d’Erdogan.

    Source

    #Parlement_européen #corruption #Antonio_Panzeri #Eva_Kaili #Francesco_Giorgi #S&D #Maroc

  • PE : Après le Qatargate, méfiance et discorde au Groupe S&D

    Tags : Parlement Européen, Groupe S&D, Corruption, Maroc, AntonioPanzeri, Eva Kaili, Francesco Giorgi,

    Selon la web Politico, « choc, colère, trahison » caractérisent la situation au sein du groupe socialiste frappé par le Qatargate. Derrière le front uni de la deuxième faction du Parlement européen, la méfiance couve à l’approche des élections.

    Les socialistes du Parlement européen regardent avec méfiance leurs collègues et assistants, se demandant quel allié putatif pourrait s’avérer être un menteur alors que de nouveaux détails émergent dans un scandale croissant d’argent contre faveurs, rapporte Politico.

    Les divisions géographiques qui couvent depuis longtemps au sein du groupe, le deuxième du Parlement, alimentent la méfiance et la discorde. Les membres sont en désaccord sur la force avec laquelle défendre leurs collègues impliqués. D’autres nourrissent des griefs sur la façon dont la direction du groupe a géré des mois de préoccupations concernant leur législatrice, Eva Kaili , qui est maintenant détenue en attendant son procès.

    Publiquement, le groupe a fait preuve d’une solidarité remarquable lors du soi-disant scandale du Qatargate, qui implique des allégations selon lesquelles des pays étrangers auraient soudoyé des législateurs européens. La chef des Socialistes et démocrates (S&D), Iratxe García, a rassemblé une réponse unifiée, produisant une proposition ambitieuse de réforme de l’éthique et lançant une enquête interne sans lancer de défi ouvert à son leadership. Pourtant, alors que le centre gauche du Parlement réfléchit à la manière de regagner la confiance du public avant les élections européennes de l’année prochaine, la confiance entre les membres eux-mêmes s’effiloche.


    « Je me sens trahi par ces gens qui sont des collègues de notre groupe politique », a déclaré Mohammed Chahim, député européen S&D néerlandais. « En ce qui me concerne, nous sommes tous des victimes politiques, et j’espère que nous pourrons faire éclater la vérité au grand jour. »

    Les eurodéputés S&D sont aux prises non seulement avec un sentiment de trahison personnelle, mais aussi avec la crainte que les liens avec la corruption ne compromettent des perspectives électorales par ailleurs prometteuses.

    Les sociaux-démocrates attendaient avec impatience de se présenter en 2024 sur les questions essentielles qui préoccupaient le plus le bloc dans un contexte d’inflation persistante, stimulée par la montée en puissance d’Olaf Scholz en Allemagne et la popularité continentale du Sanna Marin finlandais. Désormais, l’appel du groupe aux portefeuilles des électeurs pourrait être éclipsé par des valises remplies d’argent.

    « Nous ignorions complètement ce qui se passait », a déclaré García, promettant que l’enquête interne du groupe déterminera ce qui n’a pas fonctionné. « Nous devons laisser les personnes responsables [de l’enquête] travailler. »

    La « plénière la plus sombre »

    Le choc, la colère et la trahison se sont répercutés sur les 145 membres du caucus au début du mois de décembre de l’année dernière lorsque la police belge a commencé à arrêter des personnalités du S&D, parmi lesquelles l’ancien député européen italien Pier Antonio Panzeri et Eva Kaili, une étoile montante grecque qui venait à peine de terminer un année comme l’un des 14 vice-présidents du Parlement.

    « Les révélations du Qatargate ont été un choc terrible pour le personnel du S&D et les eurodéputés », a déclaré un porte-parole du S&D. « Beaucoup se sont sentis trahis, leur confiance abusée et brisée. Quiconque a déjà été victime de criminels comprendra qu’il faut du temps pour guérir d’une telle expérience.

    Lorsque le S&D s’est réuni pour une session parlementaire à Strasbourg quelques jours après les premières arrestations, peu de membres l’ont pris plus fort que le président du groupe, García, qui à un moment donné a fondu en larmes, selon trois personnes présentes.

    « Nous ne sommes pas seulement des machines politiques, mais aussi des êtres humains », a déclaré l’eurodéputée allemande Gabriele Bischoff, vice-présidente S&D lors de son premier mandat. « S’adapter à une telle crise, et y faire face, ce n’est pas facile. »

    « Je veux dire, aussi, vous avez fait confiance à certaines de ces personnes », a-t-elle déclaré.

    À Strasbourg, le groupe n’a montré aucun appétit pour regarder le processus judiciaire se dérouler, soutenant une décision de retirer Kaili de son rôle de vice-présidente. (Elle a, par l’intermédiaire d’un avocat, constamment maintenu son innocence.)

    La direction du groupe a également fait pression sur les députés qui étaient liés de quelque manière que ce soit aux problèmes ou aux personnes impliquées dans le scandale pour qu’ils se retirent du travail législatif, même s’ils ne faisaient l’objet d’aucune accusation.

    « C’était bien sûr la plénière la plus sombre que nous ayons eue », a déclaré Andreas Schieder, un eurodéputé S&D autrichien qui occupe un rôle de premier plan au sein de la commission chargée de lutter contre l’ingérence étrangère après le Qatar. « Mais nous avons pris les bonnes décisions rapidement. »

    La hiérarchie S&D a rapidement suspendu Kaili du groupe en décembre et infligé le même traitement à deux autres eurodéputés qui seraient plus tard entraînés dans l’enquête.

    Mais maintenant, de nombreux députés S&D se demandent comment il était possible qu’un groupe de personnes ait exercé une telle influence sur le groupe socialiste, comment Kaili est monté si rapidement à la vice-présidence et comment tant de comportements prétendument corrompus sont apparemment passés inaperçus pendant des années.

    Comme la famille

    Les liens interpersonnels profonds entre les accusés et le reste du groupe faisaient partie de ce qui rendait tout cela si brûlant pour la tribu S&D.

    Le balayage initial des autorités belges a attrapé non seulement Panzeri et Kaili, mais aussi le partenaire de Kaili, un assistant parlementaire de longue date nommé Francesco Giorgi, qui avait passé des années à travailler pour Panzeri. Tout à coup, tous les anciens assistants de Panzeri encore au Parlement étaient suspects. Panzeri a ensuite conclu un accord de plaidoyer, proposant de dire qui il prétend avoir soudoyé en échange d’une réduction de peine.

    Maria Arena, qui a succédé à Panzeri à la tête du panel des droits de l’homme du Parlement en 2019, s’est également retrouvée sous le feu des projecteurs : son amitié avec son prédécesseur était si proche qu’elle avait été repérée comme sa plus-un lors du mariage de son assistant. Alessandra Moretti, une autre eurodéputée S&D, a également été liée à l’enquête, selon des documents juridiques consultés par POLITICO.

    L’apparition de Laura Ballarin, chef de cabinet de García, levant un verre avec Giorgi et passant des vacances sur un voilier méditerranéen avec Kaili a offert une illustration adaptée aux tabloïds de la façon dont l’accusé était empêtré avec les hauts gradés du groupe.


    « J’ai été le premier à me sentir choqué, blessé et profondément trahi lorsque la nouvelle est sortie », a déclaré Ballarin à POLITICO. « Pourtant, évidemment, mes relations personnelles n’ont jamais interféré avec mon rôle professionnel. »

    Pire encore, environ trois mois plus tard, le scandale est resté largement limité au S&D. Deux autres de ses membres ont été engloutis depuis la première série d’arrestations: l’Italien Andrea Cozzolino et le Belge Marc Tarabella – une figure bien-aimée connue pour avoir distribué des cadeaux de Noël au personnel du Parlement dans le cadre d’un acte de la Saint-Nicolas. Tous deux ont été exclus, comme Kaili, du groupe S&D. Ils clament leur innocence.

    Plus blanc que blanc

    Cela met la pression sur García, qui est considérée à Bruxelles comme une extension du pouvoir de son proche allié, le Premier ministre espagnol Pedro Sánchez.

    Cependant, elle n’a pas toujours été en mesure de tirer parti de cette alliance à Bruxelles. Un excellent exemple est l’ accord conclu en coulisses par les groupes politiques pour nommer le nouveau secrétaire général du Parlement, Alessandro Chiocchetti, qui est issu du Parti populaire européen de centre-droit. García est sortie la plupart du temps les mains vides des négociations, le PPE manœuvrant autour d’elle et le groupe La Gauche obtenant une toute nouvelle direction générale.

    Kaili, d’une petite délégation socialiste grecque de deux personnes, n’aurait également jamais obtenu le feu vert pour devenir vice-président en 2022 sans le soutien de García et des socialistes espagnols.

    Pourtant, lorsqu’il s’agit d’essayer de faire le ménage et de récupérer la hauteur morale, le chef socialiste a rassemblé les gens. « Elle mérite qu’on lui fasse confiance pour le faire correctement », a déclaré René Repasi, un député S&D allemand.

    Au cours de la nouvelle année, le S&D a réussi à faire passer l’affable et progressiste luxembourgeois Marc Angel pour remplacer Kaili, repoussant les efforts d’autres groupes de gauche et d’extrême droite pour prendre l’un des sièges du S&D au sein du bureau d’élaboration des règles du Parlement. Dans un autre mouvement visant à stabiliser le navire, les socialistes ont recruté en février Udo Bullmann , un eurodéputé allemand expérimenté qui dirigeait auparavant le groupe S&D, comme une paire de mains sûres pour remplacer Arena au sein du sous-comité des droits de l’homme.

    Et dans le but de passer à l’offensive, les socialistes ont publié un plan d’éthique en 15 points (au-dessus du plan secret en 14 points du président du Parlement de centre-droit). Il exige que tous les députés européens S&D – et leurs assistants – divulguent leurs réunions en ligne et poussent à la protection des lanceurs d’alerte au Parlement. Lorsque cela est légalement possible, le groupe s’engage à obliger ses propres membres à respecter ces normes – par exemple en interdisant aux députés européens de voyager à l’étranger payés – même si le reste du corps ne va pas aussi loin.

    Ces résultats ont été durement gagnés, ont raconté les responsables du groupe. Avec des membres de 26 pays de l’UE, le groupe a dû naviguer dans les divisions culturelles et géographiques sur la façon de gérer la corruption, exposant les lignes de fracture nord-sud.

    « Pour faire une enquête interne n’était pas soutenu au début par tous, mais nous en avons débattu », a déclaré Bischoff, décrivant les réunions quotidiennes qui se sont prolongées jusqu’à la veille de Noël.

    L’idée de recruter des joueurs extérieurs pour mener une enquête interne était également controversée, a-t-elle ajouté. Pourtant, à la fin, le groupe a annoncé à la mi-janvier que l’ancien député européen Richard Corbett et Silvina Bacigalupo, professeur de droit et membre du conseil d’administration de Transparency International Espagne, mèneraient une enquête soutenue par le groupe, qui a maintenant commencé.

    Les mesures semblent avoir évité un défi à la direction de García et, jusqu’à présent, les attaques du principal rival des socialistes, le PPE, ont été limitées. Mais les eurodéputés S&D disent qu’il y a toujours un air de malaise, certains craignant que le nettoyage ne soit pas allé assez loin – tandis que d’autres ont hâte de défendre l’accusé.

    Certains militants du parti se demandent tranquillement si la réponse n’a pas été trop rapide et furieuse.

    L’avenir politique d’Arena est incertain, par exemple, même si elle n’a fait l’objet d’aucune accusation criminelle. Suite à une pression croissante sur ses liens avec Panzeri, culminant avec un rapport POLITICO sur son voyage non déclaré au Qatar , Arena a officiellement démissionné du sous-comité des droits de l’homme. Le groupe ne la défend pas, alors même que certains militants pleurent la chute de quelqu’un qu’ils considèrent comme un défenseur sincère des causes des droits humains.

    Le plaidoyer vocal en faveur de Kaili a également alimenté la controverse : les eurodéputés S&D italiens ont attiré les gémissements de leurs collègues lorsqu’ils ont colporté une lettre sur le traitement de Kaili et de sa fille , qui n’a recueilli que 10 signatures.

    « Je ne pense pas que ce soit nécessaire », a déclaré García à propos de la lettre. « [Si] je m’inquiète de la situation dans les prisons, cela doit être pour tout le monde, pas pour un député européen en particulier. »

    La lettre n’a également rien fait pour réchauffer les relations entre les délégations espagnole et italienne du S&D, qui étaient glaciales depuis avant le scandale. Le porte-parole du S&D a rejeté dans un communiqué l’idée qu’il y ait des tensions géographiques : « Il n’y a pas de clivage entre le Nord et le Sud, ni entre l’Est et l’Ouest, et il n’y a pas de tension entre les délégations italienne et espagnole ».

    Dans un autre camp, des eurodéputés regardent leurs collègues d’un œil un peu suspicieux.

    Repasi, le membre allemand du S&D, a déclaré qu’il était fatigué des « collègues qui semblent vous mentir au visage » – une référence spécifique à Tarabella, qui a nié vocalement tout acte répréhensible pendant des semaines, seulement pour avoir des allégations selon lesquelles il aurait reçu environ 140 000 € de pots-de- vin . Panzeri, l’ex-législateur détenu.

    Repasi a ajouté: « Cela vous fait de plus en plus vous demander s’il y a quelqu’un d’autre qui parie sur le fait qu’il pourrait ne pas être pris. »

    #Qatargate #Maroc #Moroccogate #Parlement_Européen #Corruption #S&D #Social_démocrates #Antonio_Panzeri #Eva_Kaili #Francesco_Giorgi

  • Maroc-Qatargate : Visite à Tindouf d’Antonio Panzeri

    Tags : Sahara Occidental, Maroc, Antonio Panzeri, Parlement Européen, Algérie, corruption, Front Polisario,

    27/10/2011

    En référence aux correspondances citées en référence, j’ai l’honneur de porter à votre connaissance qu’en marge de la session plénière du Parlement Européen à Strasbourg, cette Mission a eu un entretien informel avec le Conseiller de M. Pier Antonio Panzeri, qui était porteur d’un message de ce dernier, à l’attention des autorités marocaines.

    Ci-après les trois idées princiaples de ce message, telles qu’elles ont été communiquées:

    -La visite à Tindouf est indispensable pour conforter la crédibilité de M. Panzeri auprès de l’Algérie et du Polisario, après que celui-ci l’ait accusé d’être pro-marocain. Il n’est pas dans l’intérêt du Maroc que M. Panzeri soit perçu comme tel. Panzeri a fait son possible pour éviter la date du 6 novembre. La date de la visite (7 novembre) est un compromis raisonnable, en ce sens pour visiter les camps dans la continuité d’une visite en Algérie est symbolique en soi et constitue, en tout état de cause, une meilleure option (pour le Maroc) qu’une visite ad hoc dans les camps.

    -M. Panzeri entame ses échanges avec les responsables de l’Algérie et du Polisario en partant de la position de la CPM, qui a toujours placé la question du Sahara dans le cadre de la thématique de la régionalisation avancée. Néanmoins, M. Panzeri ne compte ni évoque l’autonomie avec le Polisario, ni faire une déclaration dans ce sens lors de sa visite. Il a indiqué qu’il se contentera d’écouter ses interlocuteurs.

    -Il existe une forte demande au PE concernant la question du Sahara. Cette question est régulièrement soulevée par les eurodéputés et fortement exploitée par les pro-Polisario, qui exercent une importante pression (notamment au sein du S&D). Le meilleur moyen de gérer cette pression est de la corconscrire dans le cadre de l’AFET, et de la canaliser par le biais de M. Panzeri, qui est en mesure d’être un interlocuteur crédible pour toutes les parties.

    Au premier abord, le message de M. Panzeri se veut rassurant. L’intéressé est très conscient de la sensibilité de sa visite dans les camps de Tindouf, et déploie un effort significatif pour se justifier et ne pas compromettre durablement ses entrées avec le Maroc. Il semble prendre au sérieux la recommandation de ne pas se rendre dans la zone à l’Est du dispositif de défense, et promet de tenir la Mission informée de l’évolution de son programme à Tindouf.

    D’un point de vue dynamique, les développement récents sont à replacer dans le prolomgement du travail méthodique entamé par M. Paneri depuis les premiers qui ont suivi son élection à la tête de la Délégation Maghreb (cf. M/F 033/2p/2011/CRU du 26/01/2011). Ses contacts avec le Polisario (aujourd’hui couronnés par la visite),les contacts avec les autorités algériennes (y compris sur la question du Sahara), les ponts de confiance qu’il a su jeter avec ses interlocuteurs marocains (à travers la CPM et son soutien précieux au PE) et, par-dessus tout « l’ambigüité constructive » dont il a su entourer ses attitudes vis-à-vis des uns et des autres, sont les manifestations dun agenda politique de longue haleine, mené d’une manière volontaire, parfois périlleuses, mais toujours avec tact et maîtrise. Il est difficile de ne pas y voit, aussi, une démonstration subliminale d’une « capacité de nuisance », tant il montre à quelle enseigne l’intéressé peut être un allié de poids ou un adversaire redoutable.

    Vus sous cet angle,les développements récents dénotent, dans la ligne poitique de M. Panzeri, d’une continuité rarement observée chez d’autres eurodéputés. Dans cette logique, il y a lieu de penser que, loin d’être une opération de communication, la visite à Tindouf est un jalon tactique dans l’agenda personnel du Président de la D-MAG; un agenda qui pourrait connaître une forte accélération durant les semaines et mois à venir.

    En effet, M. Panzeri envisage de lancer au PE un « processus » dans lequel la question du Sahara ferait l’objet d’un débat régulier et institutionnalisé dans le cadre de la Commission AFET. A ce stade l’intéressé n’est pas clair sur l’objectif d’un tel « processus ». Dans ces échanges aussi bien avec cette Mission qu’avec la co-présidente de la CPM, il se contente d’indiquer qu’il s’agit d’établir un dialogue sur la question du Sahara, sans pour autant préciser si ce dialogue a un objectif (à ses yeux), ou s’il est une fin en soi.

    Autant de raison qui plaident pour un cadrage des connaissance de M. Panzer sur la question du Sahara et de ses intentions à très courte échéance. A cet effet, il y a lieu de signaler que, à l’invitation de la co-présidente marocaine de la CPM, M. Panzeri sera au Maroc du 28 octobre au 1er novembre 2011m soit à la veille de sa visite en Algérie, qui le conduira également à Tindouf. Cette Mission recommande que le Président de la D_MAG puisse avoir une entrevue (ou plus), avec un (des responsables) à même de le briefer sur la question du Sahara de manière appropriée et, au besoi, anticiper sur le message qu’il recevra lors des étapes d’Alger et de Tindouf de qu’il y aurait tout lieu d’appeler sa « tournée auprès des parties concernées » par la question du Sahara.

    L’Ambassadeur Menouar Alem

    Source :

    #Qatargate #Maroc #Marocgate #Moroccogate #Parlement_Européen #Corruption #Antonio_Panzeri #Sahara_Occidental #Tindouf #Algérie #Front_Polisario

  • Le sénégalais Mankeur Ndiaye toujours au service du Maroc

    Tags : Maroc, Sénégal, Sahara Occidental, Union Africaine, Mauritanie, Mankeur Ndiaye, corruption, pots-de-vin,

    L’ancien ministre sénégalais des affaires étrangères se trouve depuis vendredi 03 mars à Dakhla, chef-lieu de la régional méridionale du Sahara Occidental. « Je viens d’atterrir à Dakhla (Maroc) ce 03/03/23 pour prendre part au Forum annuel de «Maroc Diplomatique », l’Observatoire de la diplomatie marocaine, sous le haut patronage de SM le Roi Mohammed VI, à l’invitation de sa directrice générale et co-fondatrice Mme Souad Mekkaoui ». Le lendemain, Il présentera, « une communication sur Quelle Afrique en temps d’incertitudes et de bouleversements? » dans ce forum organisé sous le titre de « Le Maroc en Afrique: Choix Royal pour un Continent global et intégré », précise-t-il.

    La soumission de Ndiaye aux ordres et désirs de la monarchie alaouite ne date pas d’aujourd’hui. Des documents de la diplomatie marocaine publiés par un hacker français en 2014 ont révélé l’argent qu’il recevait de la « main » de l’ambassadeur du Maroc à Dakar, Taleb Berrada. L’équivalent de plus de 12.000 euros reçus chaque année en cash. Le hacker a apporté les preuves : Deux lettres de l’ambassadeur marocain : Une première rapportant le passage de Mankeur Ndiaye pour demander son cadeau et une autre accusant sa réception.

    Ces documents expliquaient l’offensive de Dakar contre les sahraouis au sein de l’Union Africaine. La même année, le Sénégal, à l’aide de la France, faisait pression sur quelques pays en faillite politique et économique pour soutenir son initiative visant à supprimer le conflit du Sahara Occidental de l’agenda de l’organisation panafricaine.

    En rouge, les pays qui constituent le « 1er cercle » des soutiens en Afrique

    L’alliance maroco-sénégalaise date des années 1980 depuis que le roi Hassan II s’est aligné du côté de Abdou Diouf dans le conflit qui l’a opposé au président mauritanien Maaouiya Sidahmed Taya. Selon certaines sources, Hassan II a eu un rôle non négligeable dans cette crise entre Dakar et Nouakchott. Rappelons sa déclaration distinguant le Sénégal « pays frère » et la Mauritanie « pays voisin ».

    Au Sénégal, le Maroc est une ligne rouge. Depuis le scandale suscité par les révélations sur les pots-de-vin marocains, le président Macky Sall a menacé de predre des mesures contre tout média qui ose critiquer le royaume de Mohammed VI.

    #Sénégal #Maroc #Sahara_Occidental #Union_Africaine #Mankeur_Ndiaye #Dakhla #Corruption #Pot_de_vin #RASD

  • Dirty time

    Tags : Morocco, Moroccogate, European Parliament, Bribery, corruption, Christian Cambon,

    Dirty time for the Moroccan regime, the latter no longer makes people cry. On the contrary, day after day, more and more voices are being raised to condemn its unacceptable actions and violations. The time when the corrupt regime in Rabat could afford to trample on the law now seems to be well and truly over. To this effect, the French newspaper L’Humanité published an article on the Makhzen’s policy of influence in the heart of European institutions, particularly in the French Senate, where some senators are privileged targets of the regime. This is the case of Christian Cambon, president of the France-Morocco friendship group in the French Senate, who systematically aligns himself with Rabat’s positions, even if it means denouncing a European resolution against violations of press freedom, writes L’Humanité in an article published under the title: « Sous les ors du Sénat, les amitiés marocaines de Christian Cambon ».

    According to the same newspaper, the approach of the senator « Les Républicains » from Val-de-Marne is not very surprising if one knows the close ties that the Alawite kingdom maintains with him. Practically at the same time, it was the Italian public television station RAI3 that exposed, among other things, Rabat’s colonialist policy. This was done by broadcasting a report on the corruption affair in the European Parliament (EP), shedding light on the interference and espionage manoeuvres of the Makhzen with corrupt MEPs, as well as on the crimes of the Moroccan occupation in Western Sahara.

    The report, entitled « Europe for sale », presented through the programme « PresaDiretta », evoked the central theme of this investigation carried out by the Belgian Federal Prosecutor’s Office since last December, namely the illegal practices that Morocco has resorted to in order to circumvent and avoid any resolution that does not go in its direction, especially with regard to the occupation of Western Sahara.

    Illustrating with images of confidential documents revealed to the general public, the journalist said that a note from Morocco’s mission to the European Union (EU) leaked in 2014, alerted its foreign ministry to the possible tabling of malicious amendments by opponents before the EP’s adoption of reports on torture, human rights and the EU’s trade relations with Mediterranean countries.

    Now we know what was behind the opposition of some members of the European Commission and Council to the European Court of Justice (ECJ) ruling on Western Sahara’s natural resources – bribes!

    #Marocgate #Maroc #Qatargate #European_Parliament #Bribery #Corruption #christian_cambon

  • Qatargate, investigation in Milan on the 300,000 euro ended up in Italy

    Tags : European Parliament, Moroccogate, corruption, bribery, Antonio Panzeri, Eva Kaili, Francesco Giorgi,

    Qatargate, investigation in Milan on the 300,000 euro ended up in Italy. Tarabella and Kaili remain in prison

    The Milan Public Prosecutor’s Office and the Italian Financial Police on the trail of Doha money that left London and Turkey

    To whom did the more than three hundred thousand euro that left England and Turkey and arrived in Italy end up in the coffers of Equality, set up by Antonio Panzeri? The investigations of the Milan Finance Police are following the traces left by this substantial and suspicious flow of money and the hypothesis of a system created to recycle and turn over in the country the bribes received by the former MEP arrested in Belgium. On Friday, Milan’s assistant public prosecutor, Fabio De Pasquale, opened an independent file for money laundering, entering two of Equality’s last partners in the register of suspects.

    The life of the company set up in Opera (Milan) by the Panzeri family’s accountant Monica Bellini, who is under house arrest following the arrest requested by the Brussels judiciary in the investigation into the bribes received by Antonio Panzeri and his ‘partner’ Francesco Giorgi to bribe members of the European assembly in the shadow of the NGO Fight impunity in favour of Qatar, Morocco and Mauritania, is short-lived but intense.

    Partners Bellini (5%), Giorgi’s father and brother, Luciano (70%) and Stefano (20%), Equality Consultancy was founded in December 2018 to close in June 2021 after a running change of the corporate structure with the exit of the Giorgi family and the entry of Manfred Forte and Dario Vittorio Scola. The last two are the people under investigation by the prosecutor De Paquale, while Bellini is under house arrest at her home in Opera as part of the Brussels investigation.

    Equality’s corporate purpose, among other things, is to ‘develop networks between different actors, NGOs, business organisations and counterparts in third countries’. The first balance sheet closed in 2019 with €240,000 in revenue and €102,000 in profit, the one for the following year with €75,000 in revenue and a loss of €51,000: so a total of just over €300,000 that would have been invoiced, according to the investigation, to three English companies and a Turkish one. The money laundering investigation to be opened by Milan’s Deputy Prosecutor Fabio De Pasquale will work on this.

    The latter has received a report from the men of the judicial police section of the Fiamme Giorgi with whom he will investigate the Italian aspects of the Brussels investigation that led on 9 December to the arrest of, among others, Panzeri, Giorgi and the latter’s partner, the former vice-president of the European Parliament Eva Kaili.

    It was Giorgi who revealed Equality’s function to Belgian judge Michel Claise when he put on record that, instead of continuing to receive the cash from Qatar, Panzeri ‘thought it was preferable to create a structure’ through which ‘to manage the flow of money in a legal way’. He turned to Bellini who, Claise notes, thus ‘played an important role in the repatriation of the cash’. Equality ‘provided services to a company based in England’ which, Giorgi says, was referred to by a certain ‘Palestinian’ and referred to a certain ‘Hakan’. Giorgi, who was the only one who spoke English, kept contact between Hakan, Bellini, Panzeri and his daughter Silvia, who ‘prepared the documents as a lawyer’. After deciding to cooperate with the Belgian judiciary, Panzeri admitted that he and Giorgi received 2.6 million from Qatar, Morocco and Mauritania.

    Meanwhile, the Belgian-Italian MEP Marc Tarabella, arrested in Brussels in the Qatargate investigation, remains in prison. The Brussels Council Chamber decided to extend his detention by another month. « We will continue to fight to get an innocent man out of prison because, let’s remember it, Marc Tarabella is innocent and has never received money or gifts in exchange for his opinion, » say the MEP’s lawyers. While Eva Kaili, the former Vice-President of the EU Parliament, will remain in prison for another two months.

    Source

    #Qatargate #Moroccogate #European_Parliament #Corruption #Bribery #Antonio_Panzeri #Eva_Kaili #Francesco_Giorgi #Andrea_Cozzolino #Marc_Tarabella

  • Qatargate : « Kaili a essayé de m’empêcher de parler » -Walters-

    Tags : Maroc, Qatar, Parlement Européen, Corruption, Antonio Panzeri, Eva Kaili, Francesco Giorgi, Andrea Cozzolino, Marc Tarabella,

    Les médias internationaux ont fait une analyse approfondie du scandale impliquant la politicienne grecque – Les voyages au Qatar et les messages avec Metsola

    Le scandale du Qatargate qui semble mettre en vedette Eva Kaili a peut-être été révélé du jour au lendemain, cependant, Politico révèle que son plan directeur est « en cours » depuis un certain temps.

    Les médias internationaux rapportent que l’ancienne eurodéputée grecque s’était rendue au Qatar avec Francesco Giorgi et Antonio Panzeri en 2020, cependant, depuis qu’elle a assumé le rôle de vice-présidente au Parlement européen en janvier 2022, elle a commencé à planifier davantage de voyages dans le Golfe. Fin octobre 2022, Eva Kaili était de nouveau à Doha où elle a salué les réformes du travail du Qatar, après avoir reçu le feu vert de la Président du Parlement européen Roberta Metzola pour le voyage.

    Les messages que Kaili a échangés avec Metsola

    Selon quatre courriels entre Kaili et Metsola obtenus par Politico, l’eurodéputée grecque a passé des mois à faire pression sur Metsola pour qu’elle lui permette de se rendre au Qatar et au Koweït. Metsola n’a signé le voyage qu’une semaine avant qu’il n’ait lieu, mais Hannah Neumann – l’ eurodéputée verte qui préside la délégation du Parlement européen dans la péninsule arabique (DARP), dont Kaili était membre suppléant – n’a jamais été informée. Neumann a déclaré que le Qatar avait annulé un voyage que sa délégation avait organisé et qu’elle était surprise de voir Kylie partir.

    Dans le premier e-mail, envoyé en juillet dernier, Kaili a écrit à Metsola : « Je suis convaincu que le Parlement européen a un rôle plus important à jouer dans le Golfe ». Dans cet e-mail, Kaili a appelé à la création d’une assemblée parlementaire entre les pays du Golfe et le Parlement européen et à un sommet de l’UE avec le Conseil de coordination du Golfe, un groupe régional composé de Bahreïn, du Koweït, d’Oman, du Qatar, de l’Arabie saoudite et des Émirats arabes unis.

    Les rencontres de Kaili au Qatar

    À Doha, Kaili a rencontré tout le monde, de l’émir du Qatar au ministre des Affaires étrangères et au chef du Conseil de la Choura, l’organe législatif de l’État du Golfe. Selon la presse grecque, Kaili a également rencontré un homme du nom de Sakis Batsilas, un Grec qui était directeur général adjoint de la Coupe du monde de football 2022 au Qatar et conseiller stratégique de la candidature initiale en 2010.

    Avant l’organisation de la Coupe du monde par l’émirat, il y a eu une intense activité autour d’une résolution sur les droits du travail à la suite d’une enquête du Guardian qui a affirmé que 6.500 travailleurs migrants avaient été tués alors qu’ils travaillaient sur les chantiers de construction de la Coupe du monde. Le tournoi commençant fin novembre, les enjeux étaient élevés pour Doha – une publicité négative pourrait ternir l’image de modernisation que l’extravagance de la Coupe du monde était censée promouvoir.

    L ‘«allié» qui était contre Kaili

    Kaili et d’autres députés européens du groupe des socialistes et démocrates de centre-gauche avait adopté une position favorable sur le bilan de travail du Qatar, arguant que le pays du Golfe avait répondu aux préoccupations en adoptant des réformes. Mais tout le monde au Parlement européen n’a pas estimé que le Qatar méritait ces éloges. Lara Walters, une eurodéputée néerlandaise qui appartient au même groupe que Kylie, a été l’une des voix critiques les plus virulentes du Qatar.

    Avant l’audition du 14 novembre avec le ministre du travail du Qatar, Ali bin Samikh Al Marri — que les juges belges qualifieront plus tard comme personnage clé dans l’affaire de financement – le bureau de Mme Kaili a contacté à plusieurs reprises Walters pour une réunion. Lorsque le bureau de Walters a refusé les demandes, Kaili l’a approchée dans les couloirs du Parlement européen pour faire valoir son cas, selon un responsable du Parlement européen ayant une connaissance directe de l’affaire et qui a refusé d’être identifié.

    Lorsque Walters s’est levé pour parler lors de l’audience, deux autres suspects dans l’affaire, l’eurodéputé socialiste Marc Tarabella et le partenaire de Kaili, Francesco Giorgi, étaient dans la pièce. Après l’intervention de Walters, Tarabella a pris le micro et a fait l’éloge de l’histoire du travail du Qatar.  » Je me sentais extrêmement mal à l’aise « , a déclaré Walters à Politico.

    « Kaili a essayé de m’empêcher de parler »

    Un avocat de Tarabella a déclaré que son intervention ce jour-là était « complètement mesurée ». Tout ce qu’elle a dit, c’est d’arrêter de regarder ce qui se passait il y a 10 ans». L’avocat de Giorgi n’a pas répondu à la demande de commentaire de Politico. Une semaine plus tard, le 21 novembre, le Parlement européen devait voter la résolution. C’est à cette époque que Kaili a prononcé un discours au cours duquel elle a déclaré que « le Qatar est un pionnier en matière de droits du travail » .

    Finissant son discours, Kaili s’approcha de Walters, qui était assis.  » Eva vient vers moi et essaie essentiellement de m’empêcher de parler « , a déclaré Walters sur le podcast EU Scream en février. «Elle a maintenu les choses qu’elle a dites dans son discours. Elle lui a dit, très personnellement, pourquoi tu fais ça ? Sans se laisser décourager, Walters s’est levée pour prononcer son discours, pulvérisant les arguements sur les avancées du Qatar dans le domaine des droits du travail.

    Source

    #Maroc_Qatargate #Maroc #Parlement_européen #Corruption #Antonio_Panzeri #Eva_Kaili #Francesco_Giorgi #Andrea_Cozzolino #Marc_Tarabella