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  • Affaire Pegasus : l’exportation de l’autocensure

    Le point de vue du Guardian sur le logiciel espion Pegasus : l’exportation de l’autocensure

    Des règles mondiales sont nécessaires pour encadrer la prolifération de ces armes de répression massive.

    Cette année, les dépenses militaires mondiales – près de 2 milliards de dollars – ont été les plus élevées depuis 1988. Plus de la moitié de ces dépenses ont été effectuées par les États-Unis et leurs alliés. Les capacités de défense sont des biens nationaux étroitement gardés. Un réseau de règles s’est développé autour de l’exportation d’armes et de leur utilisation. Aucun pays ne souhaite que ses armes les plus meurtrières soient retournées contre lui.

    Pourtant, il existe au moins 500 entreprises privées qui opèrent, en grande partie sans réglementation, et vendent des logiciels intrusifs à des régimes oppressifs qui espionnent et harcèlent leurs détracteurs. Ces actes antidémocratiques devraient suffire à mettre un terme à ce commerce. Pourtant, il a continué ; l’industrie affirme que ces outils servent à lutter contre la criminalité et le terrorisme. Que se passe-t-il lorsque, au contraire, les gouvernements choisissent d’utiliser ces capacités non seulement contre leur peuple, mais aussi contre l’Occident démocratique ?

    Nous sommes peut-être sur le point de découvrir la réponse à cette question. Un consortium mondial de reportages, qui comprend le Guardian, Amnesty International et l’organisation à but non lucratif Forbidden Stories, basée à Paris, a produit cette semaine une multitude d’articles à partir d’une liste de numéros de téléphone identifiés par les gouvernements clients de NSO, une société israélienne de haute technologie, qui a fait l’objet d’une fuite. Une analyse médico-légale a montré que le logiciel espion Pegasus de NSO était utilisé par certains de ses clients pour pirater des smartphones appartenant à des journalistes, des dissidents et des militants. Le téléphone portable d’un ministre français en exercice présentait des traces numériques d’une activité associée au logiciel espion de NSO. Paris a ouvert une enquête.

    Ces téléphones figuraient sur une liste de plus de 50 000 numéros ayant fait l’objet d’une fuite. On y trouvait 10 premiers ministres, trois présidents – dont le Français Emmanuel Macron – et le roi du Maroc. Le gouvernement indien, soupçonné d’être un client de NSO, aurait sélectionné des numéros du gouvernement tibétain en exil du Dalaï Lama. Des centaines de téléphones appartenant à des citoyens britanniques ont également été répertoriés, et le gouvernement responsable de leur sélection serait l’allié britannique du Golfe, les Émirats arabes unis, qui entretiennent eux-mêmes des liens étroits avec Israël, partenaire du Royaume-Uni. Avec de tels amis, on peut se demander ce que l’on attend de nos adversaires. Cette semaine, le ministre du Cabinet, Lord True, a déclaré que le Royaume-Uni avait « fait part de ses préoccupations à plusieurs reprises au gouvernement israélien concernant les opérations de NSO ».

    NSO affirme que, comme elle n’exploite pas les systèmes de logiciels espions qu’elle vend, et qu’elle n’a pas accès aux données des cibles de ses clients, la société ne peut pas superviser leur utilisation. Il s’agit d’un argument égocentrique qui repose sur le secret d’entreprise. Mais les logiciels espions tels que ceux de NSO rendent possible la violation des droits fondamentaux. Il est un peu fort de la part des démocraties occidentales de se plaindre que la Chine ou la Russie exportent l’autoritarisme numérique si leurs alliés colportent des outils qui peuvent être utilisés aux mêmes fins.

    Le pouvoir de l’État est une question de logiciel. Israël devrait mettre un frein au secteur des logiciels espions qui permet aux régimes autoritaires d’exporter l’autocensure. Des règles mondiales sont nécessaires pour encadrer la prolifération de ces armes de répression massive : il est dans l’intérêt des démocraties de limiter la diffusion de ces technologies. À l’heure actuelle, il n’existe aucun autre mécanisme gouvernemental ou privé, hormis les actions en justice, pour prévenir ou réparer les graves violations de la liberté d’expression, d’association et de la vie privée que permettent des outils tels que les ONS. Cela doit changer.

    The Guardian, 22/07/2021

    Etiquettes : Emmanuel Macron, France, Pegasus, Espionnage, NSO Group, logiciels espions, Maroc, Arabie Saoudite,

  • Affaire Pegasus : Echec au complot

    L’Etat voyou de la région ne recule désormais plus devant aucune forfaiture pour exporter la tension et véhiculer la déstabilisation dans l’espace méditerranéen. Les barbouzeries en tous genres, encouragées par l’allié sioniste, sont dans la nature même de l’Etat narcotrafiquant, foncièrement répressif et liberticide.

    Le scandale d’espionnage Pegasus, commis par le Maroc au profit d’Israël et révélé par 17médias internationaux, traduit la vassalité d’un régime aux abois et accroché, pour seule alternative, à une collaboration avec le parrain sioniste. L’acte de piratage cybernétique, développé par la société israélienne NSO et exécuté par le Maroc, représente une menace permanente contre les libertés fondamentales de la région et de l’Europe.

    Après l’épisode tumultueux de l’Espagne et de l’Allemagne, coupables d’un acte d’humanisme et de l’attachement à la légalité internationale, l’allié le plus sûr a subi le choc de cette affaire d’espionnage qui a ciblé, selon les médias français, le président Emmanuel Macron, 14 ministres et l’ancien Premier ministre Edouard Philipe.

    Il s’agit d’une attaque massive lancée contre l’élite dirigeante mondiale, la société civile, les journalistes, les hommes d’affaires et les chefs d’entreprises. La guerre cybernétique, dénoncée en février 2021 par le ministre de la Communication, Ammar Belhimer, lors de la journée parlementaire sur «la cybercriminalité et ses retombées sur la sécurité du pays et des citoyens», n’est pas une vue de l’esprit. L’Algérie est particulièrement visée pour son soutien indéfectible à la lutte des peuples pour leur indépendance et son rôle pionnier dans l’exportation de la paix, de la réconciliation et du développement régional.

    L’Algérie forte de la mobilisation de la classe politique et de la société civile, elle saura face faire efficacement à la dérive marocaine irresponsable attentatoire aux fondements unitaires de l’Etat national. Le rappel immédiat et illimité de l’ambassadeur de l’Algérie au Maroc est une riposte aux frasques de la représentation diplomatique marocaine à New York, affichant des velléités d’ingérence et un soutien flagrant au terrorisme identitaire et religieux portant la marque insidieuse de la manipulation des groupes terroristes de la décennie sanglante.

    Le silence coupable du Palais royal impose des mesures à la hauteur de la gravité de la situation générée par la violation du droit international et des dispositions de l’acte constitutif de l’Union africaine portant sur l’intangibilité des frontières héritées du colonialisme.

    Horizons, 21/07/2021

    Etiquettes : Maroc, Algérie, Emmanuel Macron, France, Pegasus, Espionnage, NSO Group, logiciels espions, Sahara Occidental,

  • Affaire Pegasus : Le Maroc sous-traitant à la solde d’Israël

    Utilisation massive du logiciel espion Pegasus par le Maroc – Le Makhzen sous-traitant à la solde d’Israël

    Les turpitudes de la monarchie marocaine n’en finissent pas de surprendre autant les régimes compromis avec le Makhzen que les pays considérés comme des « ennemis » potentiels. Le dernier scandale en date révélé par Amnesty International et Forbidden stories, une plateforme créée par des journalistes et relayé par le média en ligne, Mediapart et le journal Le Monde, ainsi que d’autres médias, est illustré par une opération d’espionnage de grande ampleur menée par le royaume chérifien, dont l’une des premières cibles est l’Algérie. 
    Dans cette « affaire » qui s’apparente beaucoup plus à une histoire de science fiction, le Maroc a joué le rôle de sous-traitant au profit de Tel-Aviv, qui lui a permis d’utiliser le logiciel d’espionnage connu sous le label de « Pegasus », développé et commercialisé par une entreprise israélienne, contrôlée par le ministère de la Défense de ce pays. 
    Le logiciel en question crée en 2013 et évoqué pour la première fois par le quotidien britannique, le Financial Times, est capable d’accéder au système des Smartphones et de collecter les informations qui s’y trouvent, grâce à la détection de leurs failles. Pegasus permet en effet de prendre le contrôle du téléphone ciblé et « accède à l’intégralité de son contenu ainsi qu’à son microphone et sa caméra ». Les Emirats arabes unis ont été parmi les premiers pays à acheter une licence de ce logiciel espion. 
    C’est donc à l’aide de ce programme informatique très avancé que les services marocains ont pu espionner massivement les téléphones portables d’un nombre incalculable de responsables algériens à tous les niveaux, hauts gradés militaires et fonctionnaires civils. Le quotidien français cite les noms de l’ambassadeur d’Algérie à Paris ainsi que l’attaché militaire algérien dans la même ambassade. Et ce n’est pas tout. 
    La liste des personnalités algériennes ciblées par Rabat est très longue. Parmi les noms qui y figurent, on retrouve ceux de Ramtane Lamamra, Abdelkader Messahel et Sabri Boukadoum, Saïd, Nacer et Z’hor Bouteflika, les généraux Ali Bendaoud, Wassini Bouazza et Bachir Tartag, et un numéro attribué à Saïd Chengriha aurait été visé par cette opération, selon le quotidien parisien, qui ajoute que l’adjudant-chef Guermit Bounouira, ex-aide de camp d’Ahmed Gaïd Salah, et actuellement incarcéré après avoir été extradé de Turquie, a également été surveillé. 
    Les téléphones d’un nombre indéterminé de diplomates algériens en poste à travers le monde ont été également ciblés, en plus d’un des fils de Khaled Nezzar. Dans le même listing, on retrouve aussi les noms d’Ali Haddad, Zoubida Assoul et Abdelaziz Rahabi en plus des noms de journalistes, d’intellectuels et d’activistes du mouvement populaire du 22 février 2019. 
    Cette révélation intervient presque une semaine après que le Makhzen ait annoncé avoir « signé un accord de coopération avec Israël dans le domaine de la sécurité informatique. Selon le quotidien The Times of Israël, « l’accord a été signé à Rabat, en présence de Yigal Unna, directeur-général de l’administration israélienne de la cybersécurité, son homologue marocain, le général El Mostafa Rabii, et le ministre de la Défense du Maroc Abdellatif Loudiyi ». 
    Ce qu’a relaté The Times of Israël n’est que la partie « soft » d’une forfaiture d’Etat, dont l’objectif était de mettre sous surveillance toute personnalité marocaine ou étrangère, notamment les femmes et les hommes politiques européens, connus pour le soutien à la cause sahraouie. Aussi, des journalistes, des avocats et des élus français n’ont pas échappé à ce harcèlement informatique. Le cas de Claude Mangin une militante associative catholique française engagée, mariée à un Sahraoui détenu au Maroc, est éloquent. 
    Selon Radio France et Le Monde, outre Macron et Edouard Philippe et son épouse, des ministres de premier plan, figurent sur cette liste, Jean-Yves Le Drian, Christophe Castaner, Gérald Darmanin, Bruno Le Maire ou François de Rugy, entre autres, dont les téléphones ont été ciblé par le logiciel espion, Pegasus.
    Mohamed Mebarki
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  • Algérie: La sécurité nationale en mode 2.0

    Les révélations d’espionnage entrepris par l’encombrant voisin marocain via le programme NSO-Pegasus que lui a généreusement refilé l’entité sioniste, contre l’Algérie posent un grave problème de sécurité nationale. N’ayons pas peur des mots mais il s’agit bien d’une cyberguerre qui vient de nous être déclarée par le royaume de l’intrigue qui n’a visiblement aucun scrupule à s’allier avec Satan pour déstabiliser notre pays.

    Loin de tout effet de manche patriotard, nous sommes bien face à un ennemi prétendument « frère » qui multiplie les coups au-dessous de la ceinture pour nous faire plier sur le dossier du Sahara occidental. Le fait que ce programme aussi insidieux que dangereux cible d’autres pays dont la France ne nous dédouane pas de notre responsabilité à y faire face de la manière la plus ferme qui soit.

    Nos responsables nous avaient longtemps chloroformés avec leur discours faussement rassurant que l’Algérie était imperméable à ce genre « d’attaques » et qu’elle avait les capacités de les mettre hors d’état de nuire. Mais ce scandale de NSO Pegasus vient de nous rappeler notre triste réalité d’un pays ouvert aux quatre vents de tous les coups bas venant de nos ennemis éternels. Cette vaste opération d’espionnage à grande échelle menée par les services marocains contre des responsables, des journalistes et autres activistes algériens en filtrant toutes leurs communications téléphoniques est une gravissime atteinte à la sécurité nationale.

    Si le téléphone du président français, Emmanuel Macron, pourtant ami du monarque M6 à été mis sur écoute ainsi que d’autres hauts responsables de l’Hexagone, que dire alors des téléphones de ceux qui nous gouvernent ? Il y a tout lieu de penser que les manœuvres diplomatiques et les couacs internes en Algérie soient le résultat de cette opération d’espionnage téléguidée depuis Rabat et mise à exécution chez nous en Algérie grâce aux petites mains assassines qui mangent dans la main du roi et sa cour. A ce stade, toutes les hypothèses doivent être mises sur la table.

    La tension maximale qui règne en Algérie est peut être provoquée et attisée. Nous avons désormais une preuve grandeur nature que le Maroc et ses retrouvailles officielles avec l’entité sioniste, tendait une oreille attentive aux échanges téléphoniques de nos responsables. Il en sait peut-être plus que nous autres algériens. Et au delà des implications politiques et géopolitiques de ce casus Belli, il y a une réalité que nos gouvernants ne peuvent nous cacher : l’Algérie est largement en retard en termes de transition numérique et du développement des technologies de l’information et de la communication. Et s’il fallait une preuve, ce programme d’espionnage made in Israël dont le royaume de M6 à usé et abusé contre nous, est venu nous le rappeler.

    Faut-il par ailleurs souligner que le rapport mondial annuel de 2020 sur l’économie numérique (Network Readiness Index(NRI2020) a classé notre pays à la peu glorieuse 120éme sur 134 pays concernés par l’enquête sur la gouvernance numérique ! Il ne suffit de pas gloser sur « l’économie de la connaissance », « la transition numérique »,  » l’Algérie 3.0… » ou encore manipuler des concepts aussi racoleurs que « startup », « clusters », etc.. pour faire croire que nous sommes à la page et que nous avons réussi notre mise à niveau technologique.

    Aussi rageant et aussi menaçant que puisse être ce sulfureux programme Pegasus, il doit servir à réveiller nos responsables et leur rappeler leur devoir de protéger le pays de ses nombreuses vulnérabilités contre ces attaques technologiques de haut vol. Le gouvernement devrait se concentrer sur ces scabreuses opérations qui ciblent le pays de l’étranger.

    Par Imane B.

    L’Est Républicain, 22/07/2021

    Etiquettes : Maroc, Algérie, Emmanuel Macron, France, Pegasus, Espionnage, NSO Group, logiciels espions,

  • La France révise la sécurité autour du président Macron

    La France va ajuster la sécurité autour de Macron à la lumière de l’affaire du logiciel espion Pegasus.

    Par REUTERS

    Le président français Emmanuel Macron a changé son téléphone portable et son numéro de téléphone à la lumière de l’affaire du logiciel espion Pegasus, a déclaré jeudi un responsable de la présidence, dans l’une des premières actions concrètes annoncées en lien avec le scandale.

    « Il a plusieurs numéros de téléphone. Cela ne signifie pas qu’il a été espionné. C’est juste une sécurité supplémentaire », a déclaré le fonctionnaire à Reuters. Le porte-parole du gouvernement, Gabriel Attal, a déclaré que les protocoles de sécurité du président étaient adaptés à la lumière de l’incident.

    Un tollé mondial a été déclenché lorsque plusieurs organisations internationales de médias ont rapporté que le logiciel espion Pegasus avait été utilisé pour pirater des smartphones appartenant à des journalistes, des militants des droits de l’homme et des responsables gouvernementaux dans plusieurs pays.

    En Israël, où le groupe NSO, qui vend le logiciel Pegasus, est basé, un législateur de haut rang a déclaré qu’un groupe parlementaire pourrait examiner les restrictions à l’exportation de logiciels espions. NSO affirme que son logiciel est utilisé pour lutter contre la criminalité et le terrorisme et a nié tout acte répréhensible.

    « Il est évident que nous prenons (cette affaire) très au sérieux », a déclaré M. Attal aux journalistes quelques heures après une réunion d’urgence du cabinet consacrée aux allégations relatives à Pegasus.

    Le journal Le Monde et la chaîne de télévision Radio France ont rapporté mardi que le téléphone de M. Macron figurait sur une liste de cibles potentielles de surveillance par le Maroc. Les deux médias ont déclaré qu’ils n’avaient pas accès au téléphone de M. Macron et qu’ils ne pouvaient pas vérifier si son téléphone avait effectivement été espionné.

    Le Maroc a rejeté ces allégations.

    Dans un contexte d’inquiétude croissante de l’UE, la chancelière allemande Angela Merkel a déclaré aux journalistes à Berlin que les logiciels d’espionnage devraient être refusés dans les pays où il n’y a pas de contrôle judiciaire.

    Les procureurs hongrois ont ouvert jeudi une enquête sur les multiples plaintes reçues à la suite de ces rapports.
    Israël a nommé une équipe interministérielle chargée d’évaluer les rapports basés sur une enquête menée par 17 organisations médiatiques, selon lesquels Pegasus a été utilisé dans des tentatives de piratage ou des piratages réussis de smartphones à l’aide de logiciels malveillants qui permettent d’extraire des messages, d’enregistrer des appels et d’activer secrètement des microphones.

    VÉRIFICATIONS

    L’ONS a rejeté les rapports des partenaires médiatiques comme étant « pleins d’hypothèses erronées et de théories non corroborées ». Reuters n’a pas vérifié de manière indépendante le reportage.

    « Nous devons certainement examiner à nouveau tout ce sujet des licences accordées par la DECA », a déclaré Ram Ben-Barak, chef de la commission des affaires étrangères et de la défense de la Knesset, à la radio de l’armée israélienne, en faisant référence à l’Agence de contrôle des exportations de la défense, gérée par le gouvernement.

    L’équipe du gouvernement israélien « effectuera ses vérifications, et nous ne manquerons pas d’examiner les résultats et de voir si nous devons corriger les choses ici », a déclaré Ben-Barak. Ancien chef adjoint du Mossad, il a déclaré que l’utilisation correcte de Pegasus avait « aidé un grand nombre de personnes ».

    Le DECA fait partie du ministère de la Défense israélien et supervise les exportations de NSO. Le ministère et l’entreprise ont déclaré que Pegasus est destiné à être utilisé pour traquer uniquement les terroristes ou les criminels, et que tous les clients étrangers sont des gouvernements contrôlés.

    NSO affirme ne pas connaître l’identité spécifique des personnes contre lesquelles ses clients utilisent Pegasus. Si elle reçoit une plainte selon laquelle Pegasus a été utilisé à mauvais escient par un client, NSO peut acquérir rétroactivement les listes de cibles et, si la plainte s’avère fondée, fermer unilatéralement le logiciel de ce client, affirme la société.

    Parmi les autres dirigeants mondiaux dont les numéros de téléphone figuraient sur une liste de cibles possibles, selon les médias, figurent le Premier ministre pakistanais Imram Khan et le roi du Maroc Mohammed VI.

    The Jerusalem Post, 22/07/2021

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  • Crise France-Maroc: "Une tempête dans un verre d'eau" (Alain Chouet)

    Alain Chouet (ex-DGSE): «Quand on a des choses secrètes à dire, on le dit sur des réseaux secrets»

    L’un des téléphones du président Emmanuel Macron a-t-il été la cible des services secrets marocains via le logiciel israélien Pegasus ? Oui, selon le consortium de presse Forbidden Stories et l’ONG Amnesty International. Non, réplique le gouvernement marocain, qui menace de lancer des procédures judiciaires contre quiconque l’accuse d’avoir eu recours à ce logiciel d’espionnage. Alain Chouet, ancien maître-espion et chef du service de renseignement de sécurité de la DGSE, est l’invité de RFI.
    RFI : Si l’on en croit le consortium de presse Forbidden Stories et l’ONG Amnesty International, il y a eu une frénésie de surveillance de la part du Maroc. Plus de 10 000 numéros ciblés. Êtes-vous surpris ?
    Alain Chouet : Je suis surtout surpris que cela surprenne tout le monde. Et si nos hommes politiques, nos journalistes et nos médias font l’objet de ce genre d’attaques, c’est parce qu’ils ne prennent pas les précautions élémentaires que tous les services de sécurité français passent leur temps à leur seriner, notamment en matière d’utilisation de téléphone portable. Quand on a des choses secrètes à dire, on le dit sur des réseaux secrets, en tout cas sur des réseaux protégés, et pas sur des Iphone du commerce.
    Donc, vous êtes d’accord avec le sénateur d’opposition (LR) Bruno Retailleau qui dit que, dans l’utilisation de ses téléphones portables, le président Emmanuel Macron a été « naïf » et « imprudent » ?
    Il n’a pas été… Bon, d’abord, je ne connais pas monsieur Retailleau. Mais le président [Emmanuel] Macron a été, comme tous les autres hommes politiques français, on l’a vu avec Nicolas Sarkozy, Bismuth et compagnie, effectivement d’une grande imprudence et d’une grande naïveté dans l’utilisation de ce genre de moyen de communication.
    Mais il faut bien que le chef de l’État puisse converser avec des gens au téléphone !
    Mais, absolument. Mais il a pour cela à sa disposition des services techniques qui seront en mesure de lui fournir des logiciels de cryptage ou des téléphones cryptés qui peuvent très bien être utilisés.
    Alors, vous dites que les Marocains s’intéressent notamment à leur diaspora en Europe et en France. Est-ce à dire qu’ils privilégient la lutte antiterroriste ou est-ce qu’ils sont dans une obsession contre tous les adversaires du « Sahara marocain » ?
    C’est plus large que cela. Les services marocains sont des services extrêmement professionnels, qui fonctionnent à peu près sur le modèle français. Là, ils s’intéressent à tout ce qui intéresse la sécurité du Royaume, c’est-à-dire le terrorisme bien sûr, les problèmes de la relation avec l’Algérie et les problèmes sahraouis, mais aussi l’opposition éventuelle au régime.
    On prête aux services marocains une participation active dans la localisation et la neutralisation d’Abdelhamid Abaaoud, l’un des organisateurs de l’attentat du Bataclan de novembre 2015. Est-ce à dire que les services marocains sont très utiles aux services français ?
    Ils ont toujours été extrêmement précieux, extrêmement utiles. Depuis une cinquantaine d’années, les services marocains et les services français travaillent la main dans la main en matière d’antiterrorisme. Avant, c’était le terrorisme euro palestinien, ou les terrorismes d’État -Iran, Syrie, Libye-, et maintenant, c’est le terrorisme islamiste. Les services marocains ont toujours aidé les services français, mais aussi les services belges ou les services allemands dans la détection et le suivi d’un certain nombre de menaces.
    Vous dites que vous n’êtes pas surpris par tout cela. Mais, tout de même, est-ce que le fait de cibler le téléphone personnel du chef de l’État français n’est pas un acte hostile de la part de l’allié marocain ?
    Oui, si on veut. Mais, les écoutes de la NSA [National Security Agency, l’agence de renseignement américaine chargée des écoutes électroniques] également sur le président de la République [à l’époque de Jacques Chirac, de Nicolas Sarkozy et de François Hollande] ou sur la chancelière allemande Angela Merkel, ce sont aussi des actes hostiles. Et ce que cette histoire révèle, c’est que tout le monde, en tout cas tous ceux qui en ont la possibilité, écoutent les autres dans leurs domaines d’intérêt.
    Est-ce à dire que les services français écoutent le roi Mohammed VI ?
    Ah, ça, je n’en sais rien et même si je le savais, je ne vous le dirais pas. Mais si cela présentait un intérêt quelconque, on a les moyens techniques de le faire.
    Alors vous dites que tout vient de deux services importants à Rabat, la Direction générale des études et de la documentation (DGED) et la Direction générale de la surveillance du territoire (DGST). Quel est le plus puissant des deux ?
    Je pense que c’est le service intérieur, parce que c’est celui le plus impliqué dans la sécurité du Royaume.
    La DGST ?
    Oui, c’est ça. La Direction générale de surveillance du territoire, un héritage de la DST (Direction de la surveillance du territoire] française. C’est certainement le service qui a à la fois le plus de moyens et le plus de puissance.
    Et on dit que son chef, Abdellatif Hammouchi, est l’un des hommes forts du régime. Vous confirmez ?
    Les chefs des services spéciaux, dans tous les pays arabes, sont toujours les hommes forts du régime.
    Oui, mais celui-là en particulier ?
    Celui-là en particulier est un homme fort du régime.
    Vous le connaissez ?
    Pas personnellement. Mais enfin, je vois bien qui c’est. Mais vous savez, [Mohamed] Oufkir était aussi le personnage le plus puissant du régime. On sait comment il a fini !
    Il a essayé de renverser le roi Hassan II [lors d’un coup d’État raté en 1972, au terme duquel il a été éliminé] …
    Donc, les monarques ou les présidents du monde arabe savent très bien que leurs chefs des services spéciaux sont des gens extrêmement puissants et ils les ont extrêmement à l’œil.
    Le roi Mohammed VI lui-même aurait été écouté par ses propres services. Est-ce que c’est crédible ?
    Je n’en sais rien. Il faudrait en avoir la preuve pour pouvoir gloser là-dessus. Moi, je ne sais pas quel est l’état actuel de la relation entre sa majesté le roi et ses services. Je les vois mal prendre le risque de faire quelque chose qu’il n’aurait pas approuvé.
    L’épouse du roi Lalla Salma Bennani sur écoute ?
    C’est pareil. On est à peu près dans la même configuration que pour le roi lui-même.
    « Si les faits sont avérés, ils sont graves », déclare le Premier ministre français, Jean Castex. Est-ce que, après enquête, la France est susceptible d’émettre une vive protestation contre le Royaume marocain ?
    On peut toujours émettre de vives protestations. On a émis aussi de vivres protestations sur les écoutes de la NSA depuis une vingtaine d’années et, régulièrement, on fait une vive protestation. Le résultat n’est pas vraiment tangible. On émettra des vives protestations. On ne va pas aller faire la guerre aux Marocains.
    Est-ce que cela peut changer la vision du Maroc par la France ?
    À mon avis, non. Ça, c’est une tempête dans un verre d’eau. Dans 15 jours, plus personne n’en parlera.
    RFI, 22/07/2021
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  • Macron organise aujourd'hui une réunion exceptionnelle sur l'espionnage de Pegasus

    Paris, 22 juil. (EFE) – Le président français Emmanuel Macron organise jeudi une réunion « exceptionnelle » sur le système d’espionnage Pégase avec des membres de son gouvernement pour discuter de l’avancement des enquêtes lancées pour vérifier les révélations de la presse selon lesquelles il figurait lui-même sur la liste des cibles.

    Le porte-parole du gouvernement français, Gabriel Attal, a déclaré à France Inter que M. Macron « suit cette affaire de très près et la prend très au sérieux ».
    D’où ce « conseil de défense exceptionnel » dédié à la cybersécurité et plus particulièrement au système d’espionnage Pegasus, développé par la société israélienne NSO afin que les pays auxquels il a été vendu puissent accéder aux téléphones portables des personnes qu’ils choisissent afin d’accéder à leur contenu et d’avoir accès, par exemple, à leurs caméras et microphones.
    Un consortium de médias internationaux soutenu par Amnesty International a publié ces derniers jours des informations selon lesquelles une douzaine de pays ont utilisé ce système pour tenter d’espionner des journalistes, des défenseurs des droits de l’homme et des hommes politiques.
    Le président français figure sur la liste d’environ 1 000 personnalités en France dont les téléphones ont été ciblés par les services secrets marocains pour être mis sur écoute, selon le consortium Forbidden Stories.
    M. Attal a rappelé que la France a lancé des enquêtes pour vérifier si les numéros de toutes ces personnalités étaient infectés – ce que l’enquête journalistique n’a pas pu prouver – et si, dans ce cas, Pegasus a effectivement absorbé des données ou capturé des conversations et des images des téléphones.
    Il a déclaré que ces enquêtes « progressent » et que si les soupçons sont confirmés, ce serait « très grave ».
    Il ne s’est toutefois pas étendu sur les conséquences que cela pourrait avoir sur les relations privilégiées de la France avec le Maroc, sujet sur lequel tous les responsables français se sont montrés jusqu’à présent très prudents.
    Le porte-parole de l’exécutif s’est défendu contre certains reproches de naïveté qui ont été lancés en direction de Macron ces derniers jours, notamment pour la façon dont il utilise ses téléphones portables, prétendument sans tenir compte des règles de sécurité.
    « Nous ne découvrons pas la question de la cyberdéfense et de la cybersécurité », a-t-il déclaré, avant d’insister sur le fait qu’ »il y a beaucoup de protection » dans l’utilisation des téléphones portables par le président de la République.
    Sans donner de détails « pour des raisons de sécurité », il a précisé que Macron change régulièrement de téléphone portable, que les paramètres sont modifiés et que lorsque l’exécutif organise des vidéoconférences, cela se fait avec des réseaux sécurisés et dans des lieux spécifiquement dédiés. EFE
    Swissinfo, 22/07/2021
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  • Le Maroc a mis dans l’embarras son lobby français

    LE MAKHZEN UTILISE PEGASUS CONTRE SES ALLIÉS ET SES ENNEMIS
    Maroc, la grande kechfa !

    par Tarek Hafid

    Le Maroc est accusé avec d’autres États d’avoir utilisé Pegasus, un logiciel développé par une entreprise israélienne, pour espionner les smartphones de nombreuses personnalités à travers le monde. Les services de renseignement de Mohammed IV ont ciblé un des numéros du Président français Emmanuel Macron ainsi qu’un nombre important de numéros algériens appartenant à de hauts responsables politiques et militaires et à des journalistes.

    Tarek Hafid – Alger (Le Soir) – La grande kechfa. Lundi 19 juillet, les ONG Forbidden Stories et Amnesty International ainsi que 80 journalistes de 17 médias à travers le monde rendent publique une grande enquête intitulée «Projet Pegasus». Ce travail d’investigation, basé sur des fuites massives de données, montre comment le logiciel espion Pegasus de la société israélienne NSO sert à surveiller les smartphones de nombreux dirigeants, militaires, militants et journalistes. Onze pays sont accusés d’utiliser ce système : l’Arabie Saoudite, l’Azerbaïdjan, le Bahreïn, les Émirats arabes unis, la Hongrie, l’Inde, le Kazakhstan, le Mexique, le Maroc, le Rwanda et le Togo. L’objectif consiste à pénétrer l’appareil et à avoir, ainsi, accès aux conversations, aux messages, aux photos et à l’ensemble des données.

    En Europe et au Maghreb, les médias s’intéressent particulièrement à l’utilisation par le Maroc de ce logiciel. Les services de renseignement marocains n’hésitent pas à utiliser Pegasus contre les plus proches alliés de leur roi. C’est notamment le cas du Président Emmanuel Macron dont un des smartphones a été sélectionné «pour une éventuelle mise sous surveillance». Une information révélée par le journal Le Monde partenaire de l’enquête internationale Projet Pegasus. Idem pour l’ex-Premier ministre Edouard Philippe et quatorze autres membres du gouvernement. Lundi, au terme du Conseil des ministres, le porte-parole du gouvernement français déclarait que l’affaire Pegasus «est un sujet grave» à une question sur une possible compromission du smartphone d’Emmanuel Macron.

    «Si ces faits sont avérés ils sont très graves. Nous tentons actuellement de regarder ce dossier attentivement», a affirmé Gabriel Attal. Le lendemain, le journal Le Monde recevait cette précision du palais de l’Elysée : «Si les faits sont avérés, ils sont évidemment très graves. Toute la lumière sera faite sur ces révélations de presse. Certaines victimes françaises ont déjà annoncé qu’elles porteraient plainte, et donc des enquêtes judiciaires vont être lancées.»

    Les deux premières victimes qui ont saisi la justice sont Dominique Simonnot, contrôleure générale des lieux de privation de liberté et ancienne journaliste au Canard Enchaîné et Edwy Plenel, directeur du site d’investigation et d’information Mediapart. D’autres victimes ont décidé de déposer plainte, notamment d’anciens ministres et des députés.

    Ces graves révélations ont mis dans l’embarras les milieux français proches du Makhzen. Les lobbyistes parisiens abonnés à l’hôtel La Mamounia ont tenté de réagir pour dédouaner le roi Mohammed VI et le Maroc. Le palais actionne Bernard Squarcini, ancien patron de la DST et de la DCRI. Invité d’Europe 1, l’ancien commissaire natif à Rabat assure que le Maroc «est accusé à tort» et «qu’il n’est pas à l’origine de l’espionnage d’Emmanuel Macron».

    Autre élément qui caractérise l’usage de Pegasus par les services marocains, le nombre important de numéros algériens ciblés par le logiciel espion israélien. 6 000 environ, soit plus de 10% de l’ensemble des opérations menées par les 11 pays concernés par cette enquête internationale.

    Parmi les cibles algériennes figurent des dirigeants politiques, des militaires, des responsables de partis, des militants et des journalistes. Le journal Le Monde a notamment évoqué les noms du général Ahmed Gaïd Salah, du général Wassini Bouaza et de la fratrie Bouteflika. Ramtane Lamamra, Abdelkader Messahel, Nourredine Bedoui, Noureddine Ayadi, Zoubida Assoul, Abdelaziz Rahabi ainsi que des dizaines d’ambassadeurs algériens figurent sur ce listing. Un niveau de surveillance très élevé qui confirme la volonté de Rabat de tout savoir sur les personnalités civiles et militaires algériennes.

    Expert en sécurité informatique, Karim Khelouiati tient cependant à relativiser la portée des révélations sur l’Algérie contenues dans cette enquête internationale. «Les responsables militaires connaissent parfaitement l’existence et la capacité de surveillance de Pegasus qui est apparu à la lumière en 2015. Ils étaient certainement au courant de son utilisation par le Maroc. Ils ont certainement introduit des procédures pour éviter d’utiliser les smartphones pour les communications sensibles», assure l’expert. Selon lui, l’enquête en elle-même est «certainement le résultats de fuites opérées grâce à un concurrent de la firme israélienne NSO».
    T. H.

    Le Soir d’Algérie, 22/07/2021

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  • ESPIONNAGE : Le Maroc épinglé par la communauté internationale

    Le Maroc vient d’être cette fois épinglé par la communauté internationale qui vient de découvrir le complot israélien pour lequel il avait pris le rôle de sous-traitant au profit de l’État hébreu. Le scandale du logiciel Pegasus vient d’être éventé et aujourd’hui le Makhzen, et malgré ses dénégations, est dans le box des accusés. Les révélations faites par le journal français « Le monde » sont suffisamment étayées par des preuves qui impliquent les services marocains et le Mossad.

    Le Maroc vient d‘apporter une nouvelle fois son bellicisme à l’égard de l’Algérie puisque, selon les révélations du quotidien français, ce sont les numéros de téléphone de responsables algériens et d’institutions qui étaient espionnés via le logiciel Pegasus, mis au point par une firme industrielle israélienne au profit du Mossad et de Tsahal. En 2019, le ministre de la communication Ammar Belhimer avait, dans une interview accordée à un quotidien national en décembre 2019, sans s’étaler sur le sujet, affirmé que l’Algérie était visée par un vaste programme d’espionnage piloté par Rabat au profit d’Israël. Aujourd’hui les faits lui donnent raison. Et ce qui étonne, dans les révélations du quotidien français, est que cette affaire d’espionnage ne date pas d’aujourd’hui mais remonte à plusieurs années. Le fait de retrouver les numéros de téléphone de la fratrie Bouteflika dans le registre des numéros ciblés, prouve que cela fait des années que l’Algérie était sur écoute via ce logiciel. Pire encore même après le départ de l’ancien président et ses frères conseillers et sa sœur infirmière, le Makhzen a placé sous écoute les numéros des nouveaux responsables aussi bien civils que militaires.
    C’est un acte belliqueux et le Maroc doit le payer cher car, si par le passé, il se contentait de noyer son voisin de l’Est avec des tonnes de drogue, ces derniers temps, il s’est permis d’attenter à son intégrité territoriale et avec l’affaire du logiciel espion, c’est de la stabilité de l’Algérie qu’il s’agit. Cette affaire prouve également que le Maroc entretenait de solides relations avec l’État Hébreu qui ne datent pas depuis l’annonce de la normalisation faite il y a quelques mois. Déjà le géniteur de M6, Hassen II, avait été accusé, au lendemain de la défaite des armées arabes le 5 juin 1967 au Sinaï et dans le Golan, d’avoir transmis à Israël des informations classées « top secret » relatives à des décisions d’un sommet de la ligue arabe organisé pour préparer la riposte à la volonté d’Israël d’envahir la Cisjordanie, Jérusalem et des territoires arabes d’Égypte et de Syrie. Le Maroc n’avait pas jugé utile de répondre à ces accusations et la ligue arabe n’avait pas eu, à son égard, la riposte qu’il fallait pour déjouer le complot.
    Pour cette fois, le Maroc devra rendre des comptes car c’est un large éventail de numéros de téléphone à travers le monde qui ont été espionnés. En France, comme le président Macron, et dans plusieurs pays de l’Union européenne, on compte sérieusement demander des explications à Rabat qui n’a pas hésité à nier les accusations en affirmant que les révélations du journal « Le monde » sont « un tissu de mensonges ». Toutefois, les preuves apportées par le quotidien mettent à mal les arguments du Makhzen qui vient de prouver qu’il est une « danseuse du ventre », prête à se déhancher pour le plus offrant.
    Cette affaire risque de ressusciter plusieurs crimes du Makhzen et des services marocains, des crimes que les capitales occidentales ont refusé d’admettre mais auxquelles, elles pourraient s’intéresser aujourd’hui.
    Slimane B.
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  • PEGASUSGATE : Le Maroc impliqué jusqu’au cou

    En normalisant officiellement ses relations avec Israël en date du 10 décembre 2020, suivies de la conclusion toute récente d’un accord sur la coopération dans le domaine sensible de la cyber-sécurité, le Maroc se révèle être le serviteur attitré de longue date de son allié, qui lui fournit soutien logistique pour le besoin d’espionnage dans la région méditerranéenne. Le Maroc est dans une mauvaise passe…

    Le scandale que venait de faire éclater « Forbidden Stories », un consortium de journalistes freelance en collaboration avec Amnesty international et 17 médias dans le monde, sur une opération d’espionnage d’envergure opérée par le Maroc entre 2017 et 2019, a fait l’effet d’une bombe dans le Royaume marocain. Quelque 6 000 lignes téléphoniques, appartenant à des chefs d’Etat et de gouvernements alors en exercice, des hauts cadres civils et militaires ainsi que des personnalités publiques, ont été piratés par le renseignement du Makhzen pour le besoin d’espionnage. Pour ce faire, le Maroc a fait appel à l’expertise et l’ingénierie du Mossad pour se faire acheter le logiciel espion Pegasus, l’un des plus sophistiqués au monde selon les spécialistes et conçu par l’entreprise israélienne NSO Group. Un groupe spécialisé dans la sécurité informatique et la surveillance.

    Durant cette période, le Maroc, à lui seul, représente le plus important utilisateur de Pegasus, soit la surveillance, la mise sur écoute et le vol de données à 6 000 téléphones cellulaires sur un nombre de 50 000 concernés par l’enquête de « Forbidden Stories ». C’est ainsi que quelque 13 chefs d’Etat, dont le président français Emmanuel Macron, ont été espionnés par les services marocains, lesquels ont fait, de l’Algérie en particulier, ce qui n’est pas une surprise une cible privilégiée. « Rabat est l’un des plus gros utilisateurs du logiciel espion Pegasus, commercialisé par l’entreprise israélienne NSO Group, au détriment des élites algériennes », note le journal le « Monde » qui fait partie des médias collaborateurs de cette enquête.

    M6 espionné par … ses propres services

    Techniquement, ce logiciel espion consiste à aspirer les données vidéo, images, communications téléphoniques, internet, géolocalisation, et même les conversations chiffrées sur les applications WhatsApp et Signal. Selon les spécialistes, ce logiciel « est tellement puissant » qu’aucune personne, fut-elle un chef d’Etat, n’est à l’abri et pourrait être donc facilement ciblé pour le besoin d’espionnage. D’où un scandale planétaire qui éclabousse le palais de Rabat dont le locataire qui plus est, Mohammed VI en l’occurrence, lui-même et son ex-épouse Lalla Salma, le prince Moulay Hicham, son épouse et leurs deux filles et de son jeune frère le prince Moulay Ismaïl, étaient ciblés par cette opération d’espionnage opérée par ses propres services de renseignement. L’affaire est grotesque que le Royaume se soit précipité et tente de démentir son implication pour sauver la face, mais peine perdue, le scandale révélé au grand jour a gagné le monde entier.

    Ainsi, concernant l’Algérie, au moment où notre pays traversait une crise au lendemain du Hirak, celui qu’il convient à appeler désormais l’œil du Mossad a piraté les lignes téléphoniques de plusieurs hommes responsables de l’Etat algérien. À l’image de la fratrie Bouteflika, l’ancien MAE Abdelkader Messahel et Ramtane Lamamra, l’ancien SG de ce département ministériel Noureddine Ayadi, en sus de Noureddine Bedoui, alors Premier ministre, leurs téléphones cellulaires étaient surveillés pour le besoin de soustraire des informations susceptibles que les services marocains pourraient utiliser afin de nuire à l’Algérie.
    Farid Guellil

    Quelques personnalités ciblées en Algérie

    L’opération d’espionnage du Maroc révélée au grand jour ne s’est pas limitée aux personnalités et responsables publics algériens. Preuve en est, elle concerne plusieurs pays, comme l’Afrique du Sud, l’Angola, le Burkina Fasso, l’Ethiopie, la Belgique, le Canada, la Côte d’Ivoire, l’Indonésie, les Emirats Arabes Unis, la Tunisie, la Turquie…Mais, il serait intéressant de revenir sur les noms de personnalités publiques algériennes ou étrangères exerçant leurs fonctions dans notre pays, dont les téléphones ont été ciblés par le logiciel espion israélien entre 2017 et 2019. À savoir, les frères et sœurs de Bouteflika, Saïd, Nacer et Zhor, l’ex-ambassadeur français, Xavier Driencourt et l’attaché militaire de la même représentation diplomatique, les Mae Lamamra, Messahel et Boukadoum, Les diplomates Lakhdar Ibrahimi et Abdelaziz Rahabi ou encore Noureddine Bedoui. Également, dans cette liste révélée par le journal « Le Monde », on retrouve les anciens responsables sécuritaires Wassini Bouazza et Bachir Tartag, l’ancien commandant des forces terrestres et aériennes Said Chengriha, l’adjudant Guermit Bounouira, ou encore les deux fils de Khaled Nezzar et du défunt Ahmed Gaïd Salah, respectivement Lotfi et Mourad.
    R. N.

    Le Courrier d’Algérie, 22/07/2021

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