Étiquette : espionnage

  • Qui dirige le Maroc ?

    Qui dirige le Maroc ?

    VALSE-HÉSITATION ET TÂTONNEMENTS EN SÉRIE : Qui dirige le Maroc ?

    par Maâmar Farah

    Depuis quelque temps, le Maroc déroute les observateurs par sa politique tâtonnante et parfois franchement aventureuse. Pour une monarchie qui a toujours fonctionné dans l’ordre et la discipline hérités d’une longue pratique makhzenienne, certaines prises de décision étonnent parce que ne correspondant plus à cette ligne de conduite. Que s’est-il passé ?

    Certains lieront cette inconstance de la décision politique à la faiblesse d’un roi qui n’a jamais fait preuve de fermeté. Après le règne dur de Hassan II, le Maroc a réellement cru en l’arrivée d’un pouvoir monarchique jeune encourageant la modernité et les réformes. Mohammed VI était le symbole de ce changement attendu. Mais il n’en fut rien.
    D’autres pencheront vers la thèse d’une mainmise préoccupante du sionisme qui agit dans la précipitation pour renforcer sa présence et réaliser ses plans, sans tenir compte des équilibres dans le royaume, ni des intérêts du peuple marocain.

    Enfin, la troisième explication que nous trouvons la plus plausible est le transfert du centre de décision vers les services de sécurité, jadis fermement contrôlés par le roi défunt et qui, depuis sa mort, semblent grignoter des parts de pouvoir. Le Maroc, qui accuse l’Algérie d’être une république sous la botte des généraux, joue à l’hôpital qui se moque de la charité ! Si les forces patriotiques de l’ANP et des autres services ont une longue tradition d’accompagnement du projet politique historique et si les circonstances font qu’elles interviennent en dernier recours pour empêcher les atteintes à la République, celles du Maroc ont toujours été maintenues sous l’autorité du roi. Le royaume ne s’est pas remis des deux tentatives d’assassinat du roi au début des années 70. Depuis, les forces royales ont été réduites au silence et strictement contrôlées par le Palais.

    Au cours des dernières années, le Maroc offrait au monde une fausse image de monarchie parlementaire tranquille où les députés avaient un semblant d’autonomie et de pouvoir. Mais, cette même monarchie, pour sa survie, a laissé faire les services de sécurité qui ont peu à peu réduit cette vie politique à sa plus simple expression, la peur gagnant tous les représentants des partis, les acteurs économiques et les hommes des médias et de la culture.

    Sahara : l’héritage empoisonné

    L’affaire du Sahara Occidental, qui obsède la monarchie et les services, est devenue l’axe central de la politique intérieure et extérieure et le critère qui sert à mesurer le patriotisme des uns et la trahison des autres. Je lis, çà et là, qu’un homme est en train de contrôler le Maroc à travers les ramifications du contre-espionnage, omniprésent du sommet du pouvoir jusqu’aux plus petits des hameaux. Cet homme est Abdellatif Hammouche et la presse l’accuse d’ailleurs d’être derrière l’affaire rocambolesque Pegasus. Et c’est sans doute l’obsession autour de l’affaire du Sahara Occidental qui semble être encore derrière tout ce projet funeste.

    Il faut dire que le roi actuel a hérité d’une véritable bombe à la mort de son père. Je le signalais d’ailleurs lors du décès de Hassan II dans un article où je disais que le défunt voulait régler le problème sahraoui avant sa disparition.

    Il voulait organiser le fameux référendum. Il était persuadé que le vote allait tourner en sa faveur puisqu’il avait envoyé des Reguibet du sud du Maroc dans les territoires sahraouis où ils se faisaient passer pour des tribus locales. Mais le Polisario découvrit la combine et présenta les véritables habitants du Sahara tels que reconnus par un conseil des sages et des chefs de tribus.

    On en était là lorsque le souverain quitta ce monde. Des amis marocains m’avaient soufflé que Hassan II préférait le prince Rachid qu’il trouvait apte à poursuivre son travail et contrôler la situation. Mais c’est Mohammed VI qui était le prince héritier.

    Un pays qui espionne son propre roi est un pays tombé sur la tête !

    Le renforcement du pouvoir des services de sécurité et la pression des sionistes qui ont carrément pris la direction des affaires militaires, y compris celles liées à la cyberguerre (un accord israélo-marocain sur la cybersécurité a été signé la semaine dernière), vont faire passer le Maroc par une phase de valse-hésitation qui s’est illustrée par des guerres diplomatiques inutiles : contre l’Allemagne d’abord, puis l’Espagne. Toujours à cause des positions des uns et des autres vis-à-vis de la question du Sahara Occidental.

    Le comble fut atteint lors du débarquement juvénile à Ceuta. Aucun pays n’aurait accepté l’humiliation de voir ses enfants jetés à la mer pour un bout de pain ! Cette opération sans queue ni tête mit dans l’embarras la diplomatie marocaine qui recula devant la fermeté de l’Union européenne. Il s’ensuivit une explication fantaisiste qui n’est pas dans la tradition marocaine, une explication qui étonne par sa légèreté : ces gosses n’ont pas été arrêtés par la police des frontières parce que les agents étaient… éreintés après un mois de jeûne !

    On n’était plus ni dans la diplomatie, ni dans la politique, ni dans les habitudes d’un Maroc qui mesure chaque mot. Visiblement, la machine s’est détraquée. Il y a plusieurs donneurs d’ordre et quand il fallut livrer une explication à cette foire, cela se fit dans la précipitation et le… ridicule !

    L’affaire Pegasus vient encore prouver que la même fièvre obsessionnelle autour du Sahara – que l’on a peur de perdre – continue d’être au centre de toute la politique sécuritaire et des relations avec les autres nations.

    Juste avant, la sortie de l’ambassadeur du Maroc aux Nations-Unies fut du même acabit : l’Algérie est le principal «empêcheur de tourner en rond» et il fallait lui boucler la bouche avec «l’indépendance» de la Kabylie ! Autre grossière erreur des multiples forces qui dirigent le Maroc. Il y avait une animosité arabophones-Kabyles alimentée par les réseaux sociaux et surtout par les mouches électroniques du Makhzen. Miracle : l’ambassadeur marocain a effacé cela par ses déclarations. Unité et amour entre arabophones et Kabyles sont aujourd’hui la nouvelle réalité sur YouTube, Facebook, etc.

    On ne compte plus les bêtises du Makhzen qui nous a habitués à mieux. Ou alors ce Hammouchi est un nullard ou alors les sionistes ont envoyé des conseillers bidon dans le pays voisin. Pensez qu’avec les Algériens, les Français et tous les autres, ils ont même espionné leur propre roi ! Non, le Makhzen est tombé sur la tête et Mohammed VI a intérêt à reprendre sérieusement les choses en main.

    Les compétences et les bonnes volontés ne manquent pas au Maroc. Que le Sahara cesse d’être le centre du monde et que le droit international soit respecté et tout redeviendra normal. À moins que cette affaire ne soit l’arbre qui cache la forêt de la désolation socioéconomique et qui est utilisée pour ne pas réveiller le volcan du mécontentement populaire.

    Le Soir d’Algérie, 24/07/2021

    Etiquettes : Maroc, Pegasus, NSO Group, espionnage, Sahara Occidental,

  • Espionnage marocain via Pegasus: L’Algérie réagit officiellement

    Espionnage marocain via Pegasus: L’Algérie réagit officiellement et met en œuvre sa stratégie de riposte

    L’Algérie a réagi officiellement à l’affaire de l’espionnage par le logiciel espion Pegasus, annonçant l’ouverture d’une enquête judiciaire.

    Le ministère des Affaires étrangères et de la Communauté nationale à l’étranger a dénoncé dans un communiqué l’«inadmissible atteinte systématique aux droits de l’homme et libertés fondamentales ». « L’Algérie exprime sa profonde préoccupation suite aux révélations émanant d’un consortium de nombreux organes de presse de grande renommée professionnelle et faisant état de l’utilisation à large échelle par les autorités de certains pays, et tout particulièrement par le Royaume du Maroc, d’un logiciel d’espionnage dénommé +Pegasus+ contre des responsables et citoyens algériens, ainsi que des journalistes et des défenseurs des droits de l’homme à travers le monde», a indiqué la même source.

    Le communiqué du MAE a affirmé que l’Algérie dénonce «la violation flagrante des principes et normes régissant les relations internationales». «L’Algérie condamne vigoureusement cette inadmissible atteinte systématique aux droits de l’homme et libertés fondamentales qui constitue également une violation flagrante des principes et normes régissant les relations internationales», ajoute le communiqué.

    La même source a affirmé que que «cette pratique illégale, malvenue et dangereuse, met en péril le climat de confiance qui doit présider aux échanges et interactions entre les responsables et représentants des Etats».
    Le MAE a indiqué que l’Algérie se réserve le droit de mettre en œuvre sa stratégie de riposte.» Etant directement concernée par ces attaques, l’Algérie se réserve le droit de mettre en œuvre sa stratégie de riposte et se tient prête à participer à tout effort international destiné à établir collectivement les faits et à faire la lumière sur la matérialité et l’ampleur de ces crimes qui menacent la paix et la sécurité internationales, ainsi que la sécurité humaine», précise la même source. Et d’ajouter : «L’impunité constituerait un précédent extrêmement dommageable à la conduite de relations amicales et de coopération entre les Etats conformément au droit international».

    Ouverture d’une enquête préliminaire

    Outre la dénonciation de cet acte d’espionnage, le Parquet général près la Cour d’Alger a annoncé jeudi dernier l’ouverture d’une enquête préliminaire.

    Le procureur de la République près le tribunal de Sidi M’hamed a ordonné l’ouverture d’une enquête préliminaire sur l’existence d’un système d’intelligence informatique d’écoute et d’espionnage ayant visé les intérêts de l’Algérie, mais aussi des citoyens et des personnalités algériennes.

    «Suite aux informations divulguées à travers des organes de presse nationaux et internationaux, ainsi que des rapports émanant de certaines chancelleries, faisant état de l’existence d’un système d’intelligence informatique d’écoute et d’espionnage ayant visé les intérêts de l’Algérie, mais aussi des citoyens et des personnalités algériennes, et en application des dispositions de l’article 11 du Code de procédure pénale, le Parquet général près la Cour d’Alger informe l’opinion publique que le procureur de la République près le tribunal de Sidi M’hamed a ordonné l’ouverture d’une enquête préliminaire sur les faits en question, diligentée par les services de police judiciaire spécialisée en matière de répression d’infractions liées à la cybercriminalité et aux technologies de l’information», précise la même source.

    «Si les faits, objet de cette enquête, sont avérés, ils constitueraient des infractions réprimées par la législation algérienne sous sa forme criminelle pour avoir rassemblé des renseignements, objets et documents au profit d’une puissance étrangère aux fins de nuire à la défense nationale et constitueraient également des infractions d’accès frauduleux dans un système de traitement automatisé de données et d’atteintes aux secrets des communications», conclut la même source.

    Samir Hamiche

    Ouest Tribune, 24/07/2021

    Etiquettes : #Maroc #Pegasus #NSOGroup #Espionnage #LogicielsEspions

  • Réactions au projet Pegasus

    NSO = Non coupable, ou ?
    Un commentaire de Patrick Beuth

    Personne n’est aussi indigné par les révélations de Pegasus que la société à l’origine du logiciel de surveillance. Mais leur défense pourrait durer un certain temps – au moins plus longtemps que leur ridicule boycott médiatique.

    Les reportages mondiaux sur le logiciel de surveillance Pegasus ont déclenché la tempête d’indignation attendue : les chefs d’État et de gouvernement, de la chancelière allemande au président français Emmanuel Macron, les militants des droits civils ainsi que les médias du monde entier sont indignés par l’utilisation révélée du logiciel d’espionnage contre leurs pairs. Les pays qui ont acheté et utilisé Pégase sont indignés car ils sont maintenant mis au pilori pour cela.

    Mais personne n’est aussi indigné que les développeurs de Pegasus eux-mêmes, le groupe NSO d’Israël.

    Ce que rapportent les médias impliqués dans le projet peut se résumer ainsi : Les clients de NSO Group, dont l’Inde, le Mexique, l’Arabie saoudite et la Hongrie, souhaitaient apparemment utiliser le logiciel de surveillance Pegasus pour espionner des chefs d’État étrangers, des figures de l’opposition dans leur propre pays, des journalistes d’investigation et des militants des droits de l’homme.

    Le point de départ de ces recherches est une liste, dont la source n’a pas encore été rendue publique, contenant 50 000 numéros de téléphone qui seraient des cibles au moins potentielles de Pegasus. Les médias ont été en mesure de déterminer les noms d’environ 1000 numéros. Amnesty International a procédé à l’examen informatique légal de 67 des smartphones en question ; selon les experts, des traces d’une infection réussie ou d’une tentative d’infection par Pegasus ont été trouvées sur 37 d’entre eux.

    « Malveillant », dit l’ONS. Pas l’utilisation de Pegasus, remarquez bien, mais la « campagne médiatique bien orchestrée ». C’est ce qu’indique un texte que la société a publié sur son site web mercredi, intitulé « Trop, c’est trop ». Il est écrit : « En raison du mépris total des faits, l’ONS annonce par la présente qu’elle ne répondra plus à aucune demande des médias sur cette question. »

    L’ONS se considère comme « responsable » et « prudent ».

    Le black-out de l’information qu’il s’est imposé n’a pas duré 24 heures. Jeudi, le cofondateur et PDG de NSO, Shalev Hulio, a accordé une interview au magazine Forbes, qui n’est pas impliqué dans le projet Pegasus, dans laquelle il a notamment répété la réponse standard de NSO jusqu’à présent. Elle affirme que la liste des 50 000 numéros de téléphone mobile n’a rien à voir avec NSO et Pegasus et que ce chiffre est tout simplement « fou » car NSO ne compte que 40 à 45 clients avec une moyenne de 100 destinations. Il s’agit d’affirmations non prouvées pour commencer, mais pour les réfuter, les partenaires du projet Pegasus devraient probablement révéler la source de la liste.

    Deuxièmement, Hulio a carrément affirmé dans l’interview que pas un seul des 37 smartphones examinés par Amnesty n’avait été infecté par Pegasus.

    Il s’agit d’une déclaration remarquable, étant donné que son entreprise souligne toujours qu’elle ne peut pas examiner activement les données de ses clients et qu’elle ne sait donc pas ce qu’ils font avec Pegasus. Mais selon Hulio, elle peut ensuite exiger que les clients lui remettent les fichiers journaux, y compris les numéros de téléphone mobile ciblés, si elle mène une enquête sur l’utilisation abusive de la technologie.

    L’ONS affirme avoir déjà agi de la sorte, en mettant fin aux relations commerciales avec un client en 2020, par exemple, parce que ce dernier avait ciblé « une personne protégée ». C’est ce qui ressort du premier rapport sur la transparence et la responsabilité de l’entreprise, publié à la fin du mois de juin. L’ONS a également enquêté sur les cas décrits dans le projet Pegasus, et les 37 numéros mentionnés ne figuraient pas dans les fichiers journaux, nous dit Hulio. Il n’a cependant pas fait d’effort particulier pour le prouver et réfuter Amnesty.

    Alors que l’ONS pourrait fournir un aperçu plus détaillé de Pegasus, mais ne le veut évidemment pas, c’est l’inverse qui se produit pour les médias et les experts en informatique légale impliqués : ils le veulent, mais ne peuvent pas fournir davantage de preuves. Seules des traces pointant vers Pegasus ont été trouvées sur les smartphones examinés – mais pas un morceau du logiciel lui-même.

    Pour Erste, tout se résume donc à une question de crédibilité : les logs de NSO sont-ils vraiment aussi « inviolables » que le dit le rapport de transparence, NSO est-il vraiment « responsable » et « prudent » avec Pegasus comme le promet le rapport de transparence ? Cela signifierait que les experts techniques d’Amnesty et du Canadian Citizen Lab n’ont pas seulement commis des erreurs maintenant, mais qu’ils ont commis des erreurs répétées depuis 2016 dans l’analyse des artefacts logiciels, des réseaux et des serveurs qu’ils attribuent à NSO.

    Au cas où l’une des deux lignes de défense de l’OSN s’effondrerait, un porte-parole en a rédigé une troisième peu avant le début du mini-boycott de la presse. Elle indique que les clients doivent être tenus responsables de l’utilisation de Pegasus, et non le développeur. Selon lui, « si j’étais un constructeur automobile et qu’un ivrogne renversait quelqu’un d’autre dans l’une de mes voitures, ce n’est pas vers moi qu’on se tournerait, mais vers le conducteur ».

    Voici donc le groupe NSO, une entreprise qui ne peut pas éliminer ou empêcher l’utilisation abusive de son produit le plus célèbre. Qui compare ses clients à des conducteurs ivres, et ses cibles à des victimes d’accidents. Et qui, dans tout cela, n’a aucun doute sur son modèle économique. Il serait peut-être plus sage qu’elle ne dise rien pendant un moment.

    Spiegel Netzwelt, 24/07/2021

    Etiquettes : Pegasus, espionnage, NSO Group,

  • Scandale Pegasus : Des Chefs d’Etat espionnés

    Le président français Emmanuel Macron a été visé par le logiciel d’espionnage Pegasus. C’est ce que prouve une liste de numéros de téléphone ayant fait l’objet d’une fuite que le Süddeutsche Zeitung a pu consulter. Apparemment, une autorité marocaine l’a espionné en 2019. Selon les recherches, la liste est constituée des numéros des cibles potentielles d’espionnage qui ont été présélectionnées par les clients de la société d’espionnage israélienne NSO Group. Au total, la fuite du projet Pegasus contient les numéros de téléphone de 14 chefs d’État ou de gouvernement qui ont pu être victimes de l’espionnage de téléphones portables Pegasus pendant leur mandat.

    Le bureau éditorial à but non lucratif Forbidden Stories, basé à Paris, et l’organisation de défense des droits de l’homme Amnesty International ont eu accès à ces données sensibles, qu’ils ont ensuite partagées avec le Süddeutsche Zeitung, le NDR et le WDR, ainsi qu’avec 15 autres médias de dix pays.

    Emmanuel Macron est connu pour utiliser ses téléphones portables de manière excessive, y compris pour contrôler son gouvernement. Les données du projet Pegasus comprennent désormais un numéro de téléphone qu’il utilise depuis au moins 2017, selon les informations du partenaire de SZ, Le Monde.

    Interrogé mardi soir, l’Élysée a déclaré : « Si les accusations s’avéraient vraies, elles seraient très graves. » Les révélations du groupe de journalistes devront faire l’objet d’une clarification complète. « Nous ne prendrons pas cela à la légère, bien sûr », a déclaré Gabriel Attal, le porte-parole de l’Élysée. Interrogé à ce sujet, l’INS a déclaré qu’il ne pouvait exclure que M. Macron soit une cible possible d’un client de l’INS, aujourd’hui ou dans le passé.

    Toutefois, les données incluent d’autres numéros de hauts responsables politiques français, comme ceux du Premier ministre de l’époque, Édouard Philippe, et de plusieurs ministres de son gouvernement en poste au premier semestre 2019. Le numéro de portable de Charles Michel, alors premier ministre belge et aujourd’hui président du Conseil européen, était également une cible potentielle des autorités marocaines.

    L’ambassade du Maroc à Paris a déclaré que ces allégations étaient « sans fondement » et avaient déjà été « catégoriquement rejetées » par le passé. Le gouvernement du Royaume et ses autorités n’ont « jamais acquis de logiciels informatiques » pour « infiltrer les dispositifs de communication, et les autorités marocaines n’ont jamais eu recours à de tels actes », précise le communiqué.

    À l’heure actuelle, on ne sait toujours pas si les téléphones des politiciens concernés ont effectivement été infectés par le logiciel d’espionnage dans chaque cas. Cela ne pourrait être prouvé que par un examen médico-légal des appareils, qu’aucun des responsables politiques n’a officiellement accepté jusqu’à présent. En revanche, les spécialistes d’Amnesty International ont trouvé des traces du logiciel d’espionnage Pegasus de NSO sur les téléphones portables de journalistes français.

    Une agence marocaine est également soupçonnée d’être à l’origine de ces attaques. Les smartphones sur lesquels Pegasus a été implanté avec succès peuvent être mis sur écoute et contrôlés à distance presque sans faille ; par exemple, la caméra et le microphone peuvent être secrètement activés. Le programme contourne également le cryptage des services de messagerie qui sont par ailleurs considérés comme sûrs.

    Selon le groupe NSO, le logiciel est destiné à la surveillance des terroristes et des criminels présumés. Par conséquent, l’espionnage des hommes politiques ne relève pas de l’utilisation autorisée. La société israélienne affirme qu’elle ne fait aucun commentaire sur ses clients et qu’elle n’a pas accès à leur sélection de cibles. Selon ses propres déclarations, l’ONS ne vend des licences Pegasus qu’à des agences gouvernementales. La société se défend contre les fausses accusations, mais elle enquêtera sur les cas présumés d’utilisation abusive de ses logiciels et, si nécessaire, se séparera des clients, ce qui s’est déjà produit par le passé.

    Les agences d’État en possession de Pegasus étaient apparemment aussi intéressées par le président irakien Barham Salih et le président de l’Afrique du Sud, Cyril Ramaphosa.

    L’ancien président de la Commission européenne, Romano Prodi, a été pris pour cible par les autorités marocaines, selon l’étude.

    L’ancien président mexicain Felipe Calderón, quant à lui, a apparemment été pris pour cible par les autorités de son propre pays, bien qu’après son mandat.

    Même un numéro attribué au roi du Maroc Mohammed VI, selon les recherches du projet Pegasus, figure sur la liste des 50 000 cibles potentielles d’espionnage.

    Dans ce cas également, c’est apparemment un service de renseignement de son propre pays qui s’est intéressé au monarque. L’ONS a déclaré que le monarque n’avait jamais été une cible ou une cible possible de l’un de ses clients.

    Au total, l’équipe du projet Pegasus a été en mesure d’identifier les numéros des fonctionnaires gouvernementaux de plus de 20 pays, ainsi que des centaines de fonctionnaires gouvernementaux de plus de 30 pays.

    Les organisations mondiales sont également des cibles potentielles de la surveillance gouvernementale, selon le rapport.

    Le numéro de téléphone portable de l’Éthiopien Tedros Adhanom Ghebreyesus, directeur général de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), figure dans la fuite, tout comme ceux de plusieurs ambassadeurs et autres diplomates des Nations unies. L’ONS a également commenté ce nom : Ghebreyesus n’était ni maintenant ni dans le passé une cible ou une cible possible d’un client de l’ONS.

    Ghebreyesus, selon les recherches du Pegasus Project, semble avoir été visé par les autorités marocaines, tout comme les cibles françaises et algériennes, et le chef du gouvernement pakistanais Imran Khan par les autorités indiennes. Saad Hariri (Liban) et Barham Salih (Irak) semblent avoir suscité l’intérêt de l’Arabie saoudite et des Émirats arabes unis, le premier ministre égyptien serait dans le collimateur des seuls Saoudiens, tandis que le chef du gouvernement yéménite serait dans le collimateur des seuls Émirats. Le président sud-africain et le premier ministre ougandais de l’époque auraient été pris pour cible par le Rwanda, bien que ce dernier nie avoir utilisé Pegasus. Les gouvernements d’Arabie saoudite et des Émirats arabes unis ont laissé sans réponse leurs demandes de renseignements sur l’utilisation du logiciel NSO. L’Inde a déclaré que les autorités indiennes agiraient dans le respect de la loi et de l’ordre.

    Suddetutsche Zeitung, 18/07/2021

    Etiquettes : Pegasus, espionnage, logiciels espions, NSO Group, Maroc, France, Emmanuel Macron,

  • Le Maroc corvéable à merci

    par Abdou BENABBOU

    On aurait tort de croire que le culot extravagant dont font preuve, en ce moment, les autorités marocaines leur soit subitement offert par un accès au rang d’une puissance alors que tout le monde sait que le Maroc n’a jamais aussi autant battu de l’aile. Leur impertinence actuelle et leur jeu de coq hardi sont au contraire et en tous points de vue un signe de désarroi face à la menace d’un naufrage certain. Le gigotement intempérant dont elles font preuve ne concorde pas avec leur petite hauteur et leurs actes ne sont pas dus à des fanfaronnades pour seulement acter définitivement les territoires sahraouis.
    Le scandale du Pegasus israélien en prenant une dimension mondiale vient de donner un éclairage sur une stratégie beaucoup plus large dont la monarchie alaouite ne serait qu’un outil pour des actions secrètes dont les initiateurs ne sont pas logés à Rabat. Violer l’intimité de plus de six mille personnalités algériennes n’est pas un jeu de pipeau et prétendre toute honte bue que le logiciel Pegasus est un petit artifice pour lutter contre le terrorisme d’une sornette éhontée relève de la plus incroyable des plaisanteries.
    Vendre son âme au diable est un exercice habituel de la monarchie marocaine qui ne date pas d’aujourd’hui. L’Histoire ne cesse de se répéter et on sait comment et pourquoi le maréchal Lyautey a été supplié par le monarque alaouite au début du vingtième siècle pour que le trône sauve des meubles branlants et anéantir définitivement la souveraineté du peuple marocain.
    La perfidie génétique en ébranlant aujourd’hui la conscience mondiale n’a pas de quoi étonner. Dès lors que le royaume a ouvert grands ses bras à l’Etat sioniste, il levait le voile sur une large et profonde stratégie, et le Maroc revêtait ses habits de sbire corvéable à merci pour se plier aux directives de ses maîtres pensants.
    On n’espionne pas plus de 500.000 acteurs politiques pour les rendre tous nus en prétendant participer à un jeu de marelle d’enfants. Faire croire que des poètes, des écrivains, des chefs d’Etat, des journalistes et tous les militants du progrès et de la bienfaisance sont de potentiels terroristes dépasse l’entendement.
    Etiquettes : Maroc, Espionnage, loogiciels espions, Pegasus, 
  • Maroc-Algérie: Cyber-espionnage à large échelle

    Maroc, Algérie, espionnage, Pegasus, logiciels espions, NSO Group,

    par Abdelkrim Zerzouri

    Faut-il s’étonner devant cette affaire de cyber-espionnage à large échelle par les autorités de certains pays, et tout particulièrement par le Royaume du Maroc, à l’aide d’un logiciel d’espionnage dénommé « Pegasus », contre des responsables et d’autres citoyens algériens, ainsi que des journalistes et des défenseurs des droits de l’Homme, à travers le monde? Cela choquerait des pays amis du Maroc, comme la France, également concernée par cette affaire de cyber-espionnage révélée par des médias français, le mardi 20 juillet, qui ont annoncé dans leurs comptes-rendus qu’un numéro du chef de l’État Emmanuel Macron figurait « dans la liste des numéros sélectionnés par un service de sécurité de l’État marocain, utilisateur du logiciel espion ‘Pegasus’, pour un potentiel piratage », mais pas l’Algérie, qui a des preuves formelles à propos de l’hostilité de ce pays à son égard plus graves que ce spyware.

    Rien d’étonnant, donc, pour l’Algérie, sauf que cela appelle à une vigilance accrue en matière de cyber-sécurité, voire une riposte sur tous les fronts, face à ces attaques répétées contre la sécurité et la stabilité du pays. D’ailleurs, cela ressort clairement dans les positions adoptées par les deux pays, l’Algérie et la France, qui ont tous deux ouvert des enquêtes pour éclaircir cette affaire.

    La France estime, selon le porte-parole du gouvernement que « c’est une affaire qui, si ce qui a été révélé par un consortium de médias, est confirmé et avéré, est très grave », alors que l’Algérie a laissé entendre, selon le ministère des Affaires étrangères et de la Communauté nationale à l’étranger, qu’on se réserve le droit de mettre en œuvre sa stratégie de riposte et se tient prête à participer à tout effort international destiné à établir collectivement les faits et à faire la lumière sur la matérialité et l’ampleur de ces crimes qui menacent la paix et la sécurité internationales, ainsi que la sécurité humaine ».

    Si le mal est fait par ce logiciel espion, livré par Israël aux pays arabes « amis », contre lequel on ne peut que se prémunir davantage sur le plan de la lutte contre les cyber-attaques et le renforcement des protocoles de sécurité des moyens de communication sensibles, il ne serait pas vain de dévoiler au monde entier, avec les preuves nécessaires, les visées agressives du Maroc, afin de lui ôter toute possibilité de se présenter en tant que victime, un rôle qu’il a l’habitude de jouer, à tout bout de champ. Pourrait-on s’attendre dans cette optique à une quelconque coopération entre les pays ciblés par ce logiciel espion et trouver, ensemble, les voies et moyens des sanctions à mettre en œuvre ? Difficile à imaginer quand on sait que le cyber-espionnage est une pratique, très répandue dans le monde, qui reste encore très complexe à cerner avec des preuves concrètes. Mais, dans cette affaire précise, on pourrait ne pas avoir besoin d’aller chercher loin et trop longtemps les preuves qui incrimineraient le Maroc. Ce dernier pays a annoncé qu’il va attaquer en diffamation Amnesty et Forbidden Stories, à l’origine des révélations sur les clients de ce logiciel espion, devant le tribunal correctionnel de Paris. Un procès qui promet.

    Le Quotidien d’Oran, 23/07/2021

    Etiquettes : Maroc, Algérie, Pegasus, espionnage, logiciels espions,

  • Nouveaux détails sur l’utilisation de logiciel espion Pegasus

    De nouveaux détails montrent comment Pegasus était utilisé pour espionner les opposants politiques

    Kevin Reed

    Parmi les nouvelles révélations rapportées lundi par le Guardian, citons le fait qu’au moins 50 personnes proches du président mexicain Andrés Manuel López Obrador « dont sa femme, ses enfants, ses assistants et son médecin » figuraient sur la liste des cibles possibles du logiciel espion Pegasus ; Rahul Gandhi, le principal opposant politique du Premier ministre indien Narendra Modi,  » a été sélectionné à deux reprises comme cible potentielle dans les données de numéros de téléphone qui ont fuité  » ; la fille américaine de l’activiste rwandais emprisonné, Paul Rusesabagina, qui a inspiré le film Hôtel Rwanda,  » a été victime de multiples attaques utilisant le logiciel espion NSO. « 

    Selon un rapport publié lundi par le Washington Post, Pegasus est un « logiciel espion de qualité militaire » censé avoir été développé pour « traquer les terroristes et les criminels », mais il a été utilisé sur une liste de pas moins de 50 000 numéros de téléphone portable à l’échelle internationale. Une enquête médico-légale menée par le Post et les 16 autres médias partenaires a montré que le logiciel espion NSO a réussi à infiltrer « 37 smartphones appartenant à des journalistes, des militants des droits de l’homme, des chefs d’entreprise et deux femmes proches du journaliste saoudien assassiné Jamal Khashoggi… ».

    Bien que les numéros de téléphone figurant dans la liste de données de NSO qui a fait l’objet d’une fuite ne contiennent pas les noms associés des personnes, les journalistes ont été en mesure d’identifier « plus de 1 000 personnes dans plus de 50 pays grâce à des recherches et des entretiens sur quatre continents. » Selon le Post, parmi les personnes identifiées figurent « plusieurs membres de la famille royale arabe, au moins 65 chefs d’entreprise, 85 militants des droits de l’homme, 189 journalistes et plus de 600 politiciens et fonctionnaires, dont des ministres, des diplomates et des officiers de l’armée et de la sécurité. Les numéros de plusieurs chefs d’État et premiers ministres figuraient également sur la liste. »

    Les journalistes visés par les opérations d’espionnage travaillent pour « CNN, l’Associated Press, Voice of America, le New York Times, le Wall Street Journal, Bloomberg News, Le Monde en France, le Financial Times à Londres et Al Jazeera au Qatar ».

    L’analyse médico-légale a été menée par le laboratoire de sécurité d’Amnesty International sur 67 smartphones et, parmi ceux-ci, « 23 ont été infectés avec succès et 14 ont montré des signes de tentative de pénétration. » Les tests effectués sur les 30 autres téléphones n’ont pas été concluants.

    Selon un rapport du Guardian publié lundi, les numéros de téléphone de 15 000 Mexicains figuraient dans les données divulguées, notamment « des politiciens de tous les partis, ainsi que des journalistes, des avocats, des militants, des procureurs, des diplomates, des enseignants, des juges, des médecins et des universitaires », et « la cybersurveillance n’est pas réglementée et échappe à tout contrôle au Mexique – un pays où les gouvernements fédéraux et des États ont longtemps utilisé des informateurs, des infiltrateurs et des dispositifs d’écoute pour surveiller et réprimer la dissidence ».

    Un rapport publié dans le Post lundi matin a examiné la manière dont Pegasus a infecté l’iPhone de Claude Mangin, l’épouse française d’un activiste politique emprisonné au Maroc. Un message texte a été envoyé sur le téléphone sans générer de notification ou d’avertissement que le iMessage d’un expéditeur inconnu contournait la sécurité des smartphones d’Apple et déposait le logiciel espion sur l’iPhone.

    Selon le rapport du Post, une fois que Pegasus est sur un smartphone, il peut « collecter des courriels, des enregistrements d’appels, des publications sur les médias sociaux, des mots de passe d’utilisateurs, des listes de contacts, des photos, des vidéos, des enregistrements sonores et des historiques de navigation », « activer des caméras ou des microphones » et « écouter des appels et des messages vocaux. » Le logiciel espion peut « collecter des journaux de localisation des endroits où un utilisateur a été et déterminer également où il se trouve actuellement, ainsi que des données indiquant si la personne est immobile ou, si elle se déplace, dans quelle direction ».

    Dans une série de longues déclarations officielles, dimanche dernier, NSO a nié être impliqué dans l’opération d’espionnage gouvernemental mondial qui cible les smartphones depuis cinq ans. La société a également affirmé que les données divulguées par Forbidden Stories et Amnesty International étaient inexactes et qu’elle n’était pas responsable de l’utilisation illégale de sa technologie par ses clients gouvernementaux non divulgués.

    Dans un passage particulièrement remarquable, NSO déclare : « Nous maintenons également nos déclarations précédentes selon lesquelles nos produits, vendus à des gouvernements étrangers contrôlés, ne peuvent pas être utilisés pour effectuer de la cybersurveillance aux États-Unis, et aucun client étranger n’a jamais reçu de technologie lui permettant d’accéder à des téléphones portant des numéros américains. C’est technologiquement impossible, et cela réaffirme le fait que les affirmations de vos sources ne sont pas fondées. »

    Le fait que cette déclaration ne mentionne pas le gouvernement américain en tant qu’utilisateur bien connu et avéré d’outils de surveillance similaires, tant au niveau national qu’international, est un aveu transparent de NSO que sa technologie a été approuvée, voire contractée en premier lieu, par l’appareil de renseignement militaire américain.

    Dans une série de tweets publiés dimanche et lundi, le lanceur d’alerte et ancien contractant de la NSA Edward Snowden a dénoncé NSO et l’utilisation de logiciels espions par le gouvernement. En réponse aux premiers rapports du Guardian dimanche, Snowden a écrit : « La société israélienne à l’origine de cette affaire – le groupe NSO – devrait porter la responsabilité directe et criminelle des décès et des détentions de ceux qui sont visés par les vecteurs d’infection numérique qu’elle vend et qui n’ont aucune utilité légitime. »

    Lundi midi, Snowden a ajouté : « Si nous ne faisons rien pour arrêter la vente de cette technologie, il n’y aura pas seulement 50 000 cibles. Il y aura 50 millions de cibles, et cela se produira beaucoup plus rapidement qu’aucun d’entre nous ne le prévoit. »

    Snowden a également écrit : « C’est une industrie qui ne devrait pas exister : ils ne font pas de vaccins – la seule chose qu’ils vendent, c’est le virus », et il a également souligné le fait que le groupe NSO a donné du « prix du sang » à des responsables d’Obama, de Trump et de Biden pendant leurs campagnes électorales.

    World Socialist Web Site, 19/07/2021

    Etiquettes : Pegasus, logiciels espions, NSO Group, espionnage, Edward Snowden,

  • Comment vérifier si votre portable est infecté par Pegasus?

    Nous pensons que vous avez acheté l’information selon laquelle nos autorités pourraient utiliser un logiciel espion appelé Pegasus pour pirater les téléphones des critiques. Il y a un système accessible par lequel vous allez examiner si vous êtes sur cette liste.

    Amnesty, l’un des nombreux membres de l’entreprise Pegasus, a rendu publique une boîte à outils permettant aux clients de vérifier si leur téléphone est contaminé par Pegasus.

    La boîte à outils nommée MVT demande aux clients de savoir si leur méthode passe par la ligne de commande. Elle fonctionne vraiment mieux sur iOS que sur Android.

    Dans cet article, nous allons vous informer de la manière dont vous devez utiliser ce dispositif pour détecter Pegasus dans votre iPhone, en procédant étape par étape.

    Tout d’abord, créez une sauvegarde cryptée et transférez-la sur un Mac ou un PC. Vous devriez utiliser Linux ici, mais pour cela, vous devez installer libimobiledevice.

    En ce qui concerne la méthode de sauvegarde complète du téléphone, obtenez python 3.6 ou plus récent dans votre système – au cas où vous ne l’auriez pas.

    Ensuite, rendez-vous sur le manuel d’Amnesty. Là, vous pouvez simplement installer MTV dans votre système. L’installation de MTV vous présentera les utilitaires que vous devez utiliser dans la ligne de commande Python.

    Maintenant, suivez les étapes proposées ci-dessous pour savoir comment utiliser MVT pour détecter Pegasus sur une sauvegarde d’iPhone.

    Informations étape par étape pour utiliser MVT afin de détecter Pegasus sur un iPhone
    Dans un premier temps, décryptez la sauvegarde des informations. Pour cela, entrez le format ci-dessous après avoir modifié le contenu textuel de l’espace réservé avec votre chemin personnalisé :

    MVT-IOS DECRYPT-BACKUP -P PASSWORD -D /DECRYPTED /BACKUP

    Maintenant, il est important d’exécuter un scan sur la sauvegarde décryptée, en utilisant les ICOs les plus récents et de stocker le résultat dans un dossier de sortie,

    Donc, vous avez besoin des IOCs pour cette étape. Obtenez les IOC les plus récents à partir d’ici. Après cela, entrez le format d’instruction proposé ci-dessous dans votre chemin de liste personnalisé :

    MVT-IOS CHECK-BACKUP -O /OUTPUT -I /PEGASUS.STIX2 /BACKUP

    Une fois le processus d’analyse terminé, MTV place les informations JSON dans un dossier de sortie particulier. Si un fichier JSON a un suffixe _détecté, cela signifie que votre iPhone est contaminé par le logiciel espion Pegasus.

    Néanmoins, vous devez savoir ce fait incontestable qu’Amnestry met à jour à plusieurs reprises les ICO pour mieux comprendre le fonctionnement du logiciel espion Pegasus.

    De ce fait, vous devez exiger de vous assurer que si les CIO sont à jour afin d’éviter les cas de faux positifs.

    Source : Napo News Online, 23/07/2021

    Comment vérifier si votre Smartphone est infecté par le logiciel espion Pegasus ?

    Il y a quelques jours, on a appris que l’utilitaire malveillant appelé Pegasus, créé par la société israélienne NSO Group pour les forces de l’ordre et les services de renseignement, est largement utilisé pour espionner secrètement les résidents de différents pays.

    Selon les spécialistes de la sécurité informatique, au moins 50 000 appareils ont été infectés dans le monde. Ce nombre ne semble pas remarquablement élevé, mais Pegasus est très dangereux – il permet de prendre le contrôle total du smartphone, de lire secrètement la correspondance, de mettre sur écoute les conversations téléphoniques, de visualiser les photos et les vidéos.

    Les antivirus populaires ne peuvent pas détecter Pegasus, car ce malware exploite des vulnérabilités de type « zero-day » qui sont inconnues des développeurs de systèmes d’exploitation et d’applications antivirus.

    L’organisation de défense des droits de l’homme Amnesty International a développé un utilitaire qui permet d’identifier ce malware. Il s’appelle MVT (Mobile Verification Toolkit), et son code source est disponible sur GitHub.

    L’utilitaire MVT est compatible avec Android et iOS, mais il n’existe pas de solutions toutes faites pour l’installation rapide de l’application. Elles doivent être compilées pour un appareil spécifique, ce qui ne peut être fait que sur un ordinateur équipé de Linux ou macOS.

    L’utilitaire enregistre une copie de sauvegarde des données du smartphone sur l’ordinateur, analyse toutes les données et vérifie si l’appareil est infecté par le logiciel espion Pegasus, et informe l’utilisateur si les informations de son appareil peuvent être compromises et transférées à des tiers.

    Cet utilitaire, en particulier, analyse les journaux de transfert de données – c’est là que les indicateurs d’infection sont le plus susceptibles d’être trouvés (informations sur l’envoi de l’historique des appels, des SMS, des messages instantanés et d’autres éléments à un serveur distant). Sur iOS, ces journaux sont stockés plus longtemps que sur Android, il est donc beaucoup plus facile de détecter le logiciel espion Pegasus sur l’iPhone. Étant donné la complexité de l’utilisation du Mobile Verification Toolkit, cet utilitaire ne devrait être recommandé qu’aux utilisateurs avertis ou à ceux qui soupçonnent Pegasus de les suivre.

    Les experts en sécurité de l’information pensent que ce logiciel espion est utilisé pour une surveillance ciblée. Il n’infecte pas des appareils au hasard mais uniquement les smartphones appartenant à des personnes spécifiques dont les activités intéressent ceux qui contrôlent ce logiciel. Chaque licence Pegasus coûte des centaines de milliers de dollars, de sorte que la surveillance s’exerce principalement sur les personnes disposant d’informations précieuses (par exemple, les hommes politiques, les chefs d’entreprise ou les journalistes de grandes publications).

    Bien que l’affaire Pegasus soit devenue très populaire dans l’actualité récemment, des centaines d’autres applications d’espionnage continuent de fonctionner silencieusement et d’espionner leurs victimes. De nombreux programmes opèrent dans une zone grise en se faisant passer pour un contrôle parental ou d’autres applications légitimes. Soyez prudent, adoptez une bonne hygiène numérique et restez en sécurité.

    Forbes, 23/07/2021

    Etiquettes : Pegasus, logiciels espions, NSO Group, espionnage, téléphone portable, smartphone, IPhone, hacking, piratage,

  • Pegasus: Les outils ont changé mais pas les régimes répressifs

    Pegasus : Les outils ont peut-être changé mais pas les régimes répressifs

    La révélation de l’utilisation abusive du logiciel espion pour smartphone du groupe NSO n’est pas une surprise.

    Lors du lancement d’Index on Censorship il y a 50 ans, notre fondateur, le poète et romancier Stephen Spender, a déclaré : « Le monde évolue dans deux directions : l’une va dans le sens d’un rétrécissement des distances grâce aux voyages, à l’accroissement des échanges entre scientifiques (qui adoptent une vision mondiale de problèmes tels que l’exploration de l’espace, l’écologie, la population) ; l’autre va dans le sens d’une fermeture des frontières, d’une surveillance toujours plus jalouse de la liberté individuelle par les gouvernements et la police. Les contraires sont la peur et l’ouverture ; et en se préoccupant de la situation de ceux qui sont privés de leurs libertés, on prend le parti de l’ouverture. »

    Ce texte a été écrit en 1971 – 36 ans avant le lancement de l’iPhone – et pourtant, il aurait facilement pu être écrit aujourd’hui, en particulier notre dépendance croissante à l’égard des scientifiques en tant que citoyens du monde dans le monde des pandémies mondiales.

    Mais les nouvelles de cette semaine sur la portée du logiciel espion Pegasus nous rappellent à la fois les progrès des technologies émergentes et la détermination permanente des régimes répressifs et des acteurs hostiles à les utiliser contre leurs citoyens, pour faire taire les critiques et restreindre la liberté des médias. Ceux qui cherchent à censurer et à intimider au XXIe siècle utilisent peut-être des outils différents, mais l’objectif reste le même.

    Pegasus, développé par NSO, est utilisé pour extraire des informations des smartphones de ses cibles. En théorie, cette technologie a été développée pour être utilisée par les services de sécurité des pays ayant un bilan positif en matière de droits de l’homme. En réalité, il semble que l’utilisation de cette technologie soit beaucoup plus étendue et qu’elle soit utilisée pour cibler les défenseurs des droits de l’homme, les militants des droits civils et les journalistes du monde entier.

    L’utilisation de ce logiciel espion pour saper ceux qui cherchent à défendre les valeurs libérales qui nous sont chères ne constitue pas seulement une violation de la Déclaration universelle des droits de l’homme, mais aussi une attaque contre chacun d’entre nous qui défend ces valeurs.

    L’exposition publique de l’impact de cette technologie est le meilleur du journalisme d’investigation ; l’utilisation de cette technologie par des acteurs étatiques pour porter atteinte à leurs citoyens et aux droits fondamentaux de l’homme est la nouvelle frontière de la lutte contre la censure et la surveillance.

    La façon dont nous communiquons les uns avec les autres a évolué au-delà de toute reconnaissance au cours du dernier demi-siècle et pourtant nous savons que les tyrans et les régimes répressifs du monde entier ont les mêmes objectifs qu’ils ont toujours eus – conserver le pouvoir par tous les moyens nécessaires, c’est pourquoi ils utilisent tous les outils à leur disposition. Notre travail consiste à lutter avec force et à dénoncer chaque attaque contre nos droits humains collectifs.

    Index a toujours été du côté de l’ouverture et a fièrement (et bruyamment) pris position contre la répression. Nous poursuivons cette tradition aujourd’hui et nous nous tenons aux côtés des journalistes et des militants du monde entier qui sont pris pour cible par des régimes répressifs – que ce soit par Pegasus ou toute autre technologie.

    INDEX ON CENSORSHIP, 23/07/2021

    Etiquettes : Pegasus, espionnage, NSO Group, logiciels espions,

  • Espionnage marocain contre l’Algérie: Inadmissible atteinte

    Par Mohamed K

    Comme attendu, l’Algérie a exprimé sa “profonde préoccupation” suite à l’utilisation par le Maroc du logiciel d’espionnage “Pegasus” contre des responsables et citoyens algériens et condamne “vigoureusement cette inadmissible atteinte systématique aux droits de l’homme et libertés fondamentales”.

    Suite aux révélations émanant d’un consortium de nombreux organes de presse de grande renommée professionnelle faisant état de l’utilisation, à large échelle par le régime monarchiste du Maroc, du logiciel d’espionnage israélien “Pegasus” contre des responsables et citoyens algériens, le ministère des Affaires étrangères et de la Communauté nationale à l’étranger a exprimé sa profonde préoccupation en condamnant le procédé qualifié comme une atteinte flagrante aux droits de l’homme.

    “L’Algérie condamne vigoureusement cette inadmissible atteinte systématique aux droits de l’homme et libertés fondamentales qui constitue également une violation flagrante des principes et normes régissant les relations internationales”, affirme la même source dans une déclaration diffusée dans la soirée de jeudi. Pour le MAE, “cette pratique illégale, malvenue et dangereuse, met en péril le climat de confiance qui doit présider aux échanges et interactions entre les responsables et représentants des Etats”.

    “Etant directement concernée par ces attaques, l’Algérie se réserve le droit de mettre en œuvre sa stratégie de riposte et se tient prête à participer à tout effort international destiné à établir collectivement les faits et à faire la lumière sur la matérialité et l’ampleur de ces crimes qui menacent la paix et la sécurité internationales, ainsi que la sécurité humaine”, souligne le communiqué.

    “Toute impunité constituerait un précédent extrêmement dommageable à la conduite de relations amicales et de coopération entre les Etats conformément au droit international”, conclut la même source.

    Dans le même registre de riposte, l’ambassadeur d’Algérie en France, Mohamed-Antar Daoud, a déposé plainte pour diffamation contre Reporters Sans Frontières (RSF) qui a accusé l’Algérie d’utiliser le logiciel d’espionnage israélien Pegasus, dans une liste de 180 pays publiée par l’organisation de défense des droits des journalistes dans le monde. L’annonce a été faite par la représentation diplomatique algérienne dans un communiqué ce vendredi à Paris.

    « Cette action en justice porte sur l’assertion contenue dans un communiqué publié par RSF le 19 juillet 2021 sur son site web, selon laquelle l’Algérie figure parmi les pays en possession du logiciel Pegasus et qu’elle l’utiliserait pour espionner d’autres parties », a précisé la représentation diplomatique algérienne à Paris.

    L’ambassade a qualifié ces « allégations » de « diffamatoires » et de « mensongères », qui sont « inadmissibles » et relèvent de la « manipulation de RSF connue pour son acharnement vis-à-vis de l’Algérie ».

    L’Algérie « ne dispose aucunement de ce logiciel et n’a jamais eu à l’utiliser, ni à traiter ou à collaborer, de quelque manière que ce soit, avec les parties détenant cette technologie à des fins d’espionnage visant à porter atteinte à l’honneur et à la réputation d’un pays respectueux de la légalité internationale », a expliqué la représentation diplomatique algérienne.

    Ces accusations farfelues du RSF semblent être une tentative de détournement des graves révélations faites par un consortium de presse occidentale sur l’utilisation de ce logiciel par le régime marocain contre des pays voisins et des personnalités politiques, ainsi que des journalistes et des militants des droits de l’homme. Cette organisation se tait étonnamment sur cette affaire, en créant de nouvelles accusations contre des pays et des Etats, dont l’Algérie, ciblés par leurs alliés marocains et israéliens dans cette grosse affaire d’espionnage international et dont on ne connait pas encore en détail ni l’ampleur, ni les ramifications.

    Pour rappel, plusieurs personnalités algériennes dont de hauts responsables de l’Etat parmi eux l’ancien président déchu Abdelaziz Bouteflika , le défunt vice-ministre de la défense et chef d’Etat major Ahmed Gaid Salah et le diplomate Abdelaziz Rahabi ont été espionnées par les services de renseignements marocains à travers le logiciel israélien Pegasus.

    Les Algériens ciblés par cette opération d’espionnage, on trouve des hauts responsables politiques, mais aussi les militaires, les diplomates, et même les chefs de partis politiques et des chefs d’entreprise, selon une liste révélée récemment le journal français Le Monde.

    Ainsi, ce sont plus de 6.000 numéros algériens qui ont été ciblés par le Maroc dans le cadre de cette vaste opération d’espionnage.

    Dans cette liste des numéros infectés, on y trouve ceux présumés de Ahmed Gaïd Salah, chef d’état-major de l’ANP décédé en décembre 2019, Ramtane Lamamra, l’actuel chef de la diplomatie algérienne, Abdelkader Messahel, Nourredine Bedoui ainsi que Noureddine Ayadi, qui a occupé successivement les postes de secrétaire général du ministère des Affaires étrangères puis de directeur de cabinet de la Présidence de la République, selon le Monde.

    Le royaume chérifien s’est également intéressé à des journalistes et à des personnalités politiques comme Abdelaziz Rahabi et Zoubida Assoul.

    Le Maroc a normalisé ses relations diplomatiques avec Israël en décembre dernier, en échange de la reconnaissance par les États-Unis de sa souveraineté sur le Sahara occidental occupé.

    Etiquettes : Maroc, Algérie, Pegasus, Espionnage, NSO Group,