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  • Institut Montaigne: quand le Maghreb entre en ébullition

    Algérie, Maroc, Tunisie: quand le Maghreb entre en ébullition

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    Depuis le début de l’été, les États du Maghreb traversent une période de forte instabilité. La pandémie y a exacerbé des difficultés préexistantes dont témoignaient le hirak algérien de 2019, la révolte du Rif marocain en 2017 et l’instabilité politique et sociale tunisienne depuis 2011. Partout, la corruption, les inégalités et la pauvreté, notamment des régions rurales, minent le pacte social. Avec la crise sanitaire, l’arrêt de l’économie et la chute drastique des prix du pétrole, cette instabilité a encore augmenté.

    Dans ce contexte tumultueux, que signifient la crise institutionnelle qui secoue la Tunisie depuis un mois et la rupture des relations diplomatiques entre l’Algérie et le Maroc, intervenue cette semaine ? Quelles conséquences pour l’Europe et la France ? Explications de Hakim El Karoui, Senior Fellow à l’Institut Montaigne et auteur de la note La stabilité du Maghreb, un impératif pour l’Europe.

    Les ingrédients d’un cocktail explosif

    L’Algérie, tout d’abord, apparaît aujourd’hui fragilisée sur le plan politique. S’il a conduit au départ d’Abdelaziz Bouteflika, le hirak apparu en 2019 n’a pas abouti à de réels changements institutionnels, et la question de la transition vers un régime plus efficace et représentatif des aspirations du peuple algérien demeure pendante. C’est dans ce contexte qu’est survenue la pandémie, aux conséquences dévastatrices pour l’Algérie : au-delà de la difficile gestion de la crise sanitaire, l’effondrement du prix des hydrocarbures a mis à mal l’économie, tandis que les ressources manquent à présent pour relancer la consommation. S’ajoutent à ce tableau les feux de forêt qui ont ravagé la Kabylie en août, catastrophe naturelle sans précédent au bilan humain dramatique, puisque l’on dénombre 100 morts dont 30 militaires, et qui a en outre ravivé la question des relations difficiles de cette région avec le pouvoir central.

    Le Maroc, lui, bénéficie d’une situation politique plus apaisée ; la crise sanitaire y a été bien gérée grâce à la mise en place d’un confinement strict et à une campagne de vaccination menée très tôt, puisque les essais cliniques du vaccin chinois Sinopharm ont été effectués dès novembre 2020.

    Plusieurs événements diplomatiques ont cependant attisé les tensions régionales au cours des derniers mois : citons ainsi la signature par le Maroc des accords d’Abraham, marquant la normalisation de ses relations avec Israël, la reconnaissance par les États-Unis de la souveraineté marocaine sur le Sahara occidental, ou encore le rapprochement économique opéré avec la Chine : au cours des trois dernières années, le volume des échanges commerciaux entre les deux pays a progressé de 50 %.

    La Tunisie, enfin, est confrontée à une double crise : politique, tout d’abord, avec une défiance marquée de la population et de l’exécutif vis-à-vis du gouvernement soutenu par le parlement, mais aussi financière, l’État tunisien, fortement endetté, peinant aujourd’hui à trouver de nécessaires financements supplémentaires. C’est dans ce contexte que le variant delta a fait des ravages en juin et en juillet.

    L’été de toutes les tensions

    C’est dans ce contexte éruptif que le président tunisien Kaïs Saïed a limogé le 25 juillet le gouvernement Mechichi et suspendu le Parlement, invoquant un double danger sanitaire et politique pour s’octroyer les pleins pouvoirs en vertu de l’article 80 de la Constitution, dont les dispositions lui permettent de « prendre les mesures qu’impose l’état d’exception » « en cas de péril imminent menaçant l’intégrité nationale, la sécurité ou l’indépendance du pays et entravant le fonctionnement régulier des pouvoirs publics » : une décision soutenue par 91 % des Tunisiens, selon un sondage Sigma Conseil / Le Maghreb du 17 août. Le 26 août, Kaïs Saïed annonçait prolonger le gel du Parlement jusqu’à nouvel ordre, plongeant la Tunisie dans l’inconnu.

    Les risques sont multiples, à commencer par celui de la banqueroute, la Tunisie peinant à trouver des créanciers au-delà des promesses des États du Golfe qui, pour l’instant, ne se sont pas réalisées. Et la popularité de Kaïs Saïed, fondée sur la promesse d’une lutte contre la corruption et d’une redistribution des fruits de cette lutte, pourrait s’étioler à mesure que la perspective de redistribution des fruits de la lutte anti-corruption s’éloigne, exposant le président au risque d’un mécontentement populaire massif qui pourrait avoir des conséquences politiques.

    L’été fut tout aussi agité en Algérie et au Maroc, puisque l’Algérie annonçait le 24 août avoir rompu ses relations diplomatiques avec son voisin. Une querelle opportune pour le gouvernement algérien, qui, en pointant du doigt tantôt un mouvement autonomiste kabyle soutenu par le Maroc, tantôt la politique marocaine de rapprochement avec Israël, détourne l’attention des graves difficultés économiques et institutionnelles que traverse le pays.

    Le Maroc, lui, continue de son côté de renforcer son positionnement et son indépendance en tissant des liens étroits avec les grandes puissances, qu’il s’agisse de la France, des États-Unis avec les accords d’Abraham, ou encore de la Chine. L’affaire Pegasus, enfin (où le Maroc a été accusé – ce qu’il a nié – de s’être appuyé sur une technologie développée par la société israélienne NSO pour déployer une opération d’espionnage de grande envergure, NDLR) démontrerai la normalisation en cours des relations israélo-marocaines.

    Le destin de l’Europe est intimement lié à celui du Maghreb

    Quelles conséquences ces dynamiques régionales emporteront-elles pour l’Europe ? Comment cette dernière doit-elle réagir face aux risques que soulèvent les situations tunisienne, algérienne et marocaine ? En Tunisie, si les États européens, qui craignaient l’émergence d’un mouvement populaire ou la survenue d’un coup d’État militaire, furent tout d’abord soulagés par la décision du président Saïed, leur patience pourrait bien s’amenuiser si la situation perdurait sans que soient mis en œuvre des changements concrets. Pour autant, ni la France ni l’Europe ne disposent de moyens de pression significatifs : le président Saïed, mal connu des Européens et jugé très nationaliste, a besoin d’une poursuite de la coopération et d’un soutien financier. Plus qu’une éventuelle pression diplomatique, c’est la pression économique intérieure qui fera bouger les lignes. Un groupement de pays amis, qui devra compter la France, l’Allemagne et l’Italie, mais aussi l’Algérie et les États du golfe, devrait établir rapidement un dialogue avec le président Saïed pour encourager une transition institutionnelle rapide qui devra s’accompagner de réformes économiques substantielles en échange du soutien financier dont a besoin la Tunisie.

    Au-delà de leur vivacité de façade, les tensions entre l’Algérie et le Maroc, quant à elles, doivent être relativisées : cela fait près de trente ans déjà que la frontière entre les deux États est fermée, et le risque d’escalade du conflit apparaît dès lors minime. En outre, l’Europe n’a que peu de marge de manœuvre face à cette situation : l’Algérie doit poursuivre sa transition politique et institutionnelle, et elle le fera seule.

    L’Europe doit demeurer très attentive à la situation du Maghreb.

    Pour autant, l’Europe doit demeurer très attentive à la situation du Maghreb. Tandis qu’elle se prémunissait d’une grave crise économique et sociale en s’auto-attribuant 15 points de PIB de soutien public, les États à revenus intermédiaires qui se trouvent à ses portes ne pouvaient, eux, débloquer que 2 à 4 points de PIB de soutien public, dans une situation économique et sociale d’ores et déjà désastreuse, et aggravée encore, dans les cas algérien et tunisien, par les fragilités institutionnelles que l’on connaît.

    Il n’est pas anodin, pour l’Europe, de constater que le PIB tunisien a décliné de 8 % l’an dernier et que l’on prévoit -6 % cette année. De tels chiffres sont propices à l’apparition de mouvements populaires et de crises politiques, sociales et économiques majeures dont l’Europe, qui entretient avec la région des liens extrêmement étroits, ressentira nécessairement les effets. Le constat se vérifie également sur le plan sanitaire : tant que le Maghreb sera en proie à la crise sanitaire, l’Europe demeurera exposée au risque d’une recrudescence de l’épidémie.

    Il est donc indispensable et urgent, pour l’Europe comme pour la France, de se montrer bien plus actives dans la promotion d’une politique vaccinale à destination de l’étranger proche ; cette politique doit s’accompagner par ailleurs d’un important soutien financier. Car si tous les regards sont aujourd’hui tournés vers l’Afghanistan, l’Europe et la France seraient bien inspirées de ne pas négliger le Maghreb : ce qui s’y joue aujourd’hui peut avoir pour elles des conséquences infiniment plus importantes que la terrible crise afghane.

    Institut Montaigne, 01/09/2021

  • Israël : l’Algérie contre-attaque!

    Israël : l’Algérie contre-attaque!

    Algérie, Maghreb, Israël, Maroc, #Algérie, #Maroc,

    Il y a coup et coup: il y a la normalisation Rabat-Israël qui a mené il y a quelques jours le gourou Lapid au Maroc où il a cru bon de menacer l’Algérie de la qualifier d’allié de l’Iran soit un ensemble d’actes et de paroles plus ou moins connues de tout le monde puis il y a ces mesures-chocs qui tombent les unes après les autres depuis Alger et son axe maghrébin et qui font froid dans le dos du camp d’en face :

    à l’impulsion algérienne, l’UA rechigne désormais à accepter l’entité en son sein; le flux du gaz algérien risque de ne plus transiter par un territoire marocain que foulent aux pieds les sionistes; et the last but not the least, il y a ce sommet de la Palestine qu’organise Alger et que plus d’un analyste estime être à même d’aplanir le terrain à l’émergence du facteur « Résistance » au Maghreb. Déjà, la Tunisie se fait parler d’elle à travers des mesures anti US et anti OTAN qu’elle adopte coup sur coup comme ce non-recevoir catégorique lancé à la délégation US et à ses ingérences. Alger n’est pas non plus à la traîne.

    Selon Al-Mayadeen, samedi 4 septembre, le nouveau gouvernement algérien a l’intention d’organiser un sommet pour la Palestine.

    Il est vrai que l’Algérie s’est toujours tenu, peuple et gouvernement, du côté du peuple palestinien, et a participé à la guerre d’Octobre en soutenant financièrement la cause palestinienne.

    Évoquant le plan d’action du gouvernement algérien où l’Algérie a affirmé qu’elle « œuvrera, au cours des prochains mois, à la refondation de l’action arabe commune et à la consécration du caractère central de la cause palestinienne au prochain sommet arabe », Alger fait exactement ce qu’il est entrain de faire au sein de l’UA à savoir la de-sionisation et partant une re-inclusion de la Résistance dans l’équation maghrébine.

    L’État algérien a commencé donc à agir avec force pour rétablir sa place et le rôle qui lui sied au regard de ses capacités et de son histoire en tant qu’acteur dans la région, que ce soit dans le dossier du barrage de la Renaissance ou dans celui de l’infiltration israélienne dans le continent africain.

    Et ce faisant il agit, n’en déplaise à Lapid, en totale synchronie avec la Résistance qui elle a totalement miné la normalisation Israël- Golfiens à rythme accéléré qui depuis la grande défaite qui a frappé le régime sioniste lors de la dernière guerre de Gaza.

    Il est permis ainsi de souhaiter de voir l’Algérie aller de l’avant en convoquant le sommet sur la Palestine dans les plus brefs délais : « Tout sommet arabe n’a aucune valeur sans la question palestinienne, ni de légitimité sans la présence de la Syrie et si l’Algérie a décidé de hisser l’étendard de la cause palestinienne unificatrice, et d’en faire le point focal du rapprochement arabe et des réconciliations face à l’occupation israélienne et à son extension dans la région et dans le continent africain, c’est qu’elle est dans son rôle historique. Et voilà ce qui fait peur au régime sioniste et à ses alliés arabes, anciens et nouveaux.

    Ainsi s’explique, d’ailleurs, les déclarations de Yair Lapid, le ministre israélien des Affaires étrangères, exprimant cette préoccupation il y a deux semaines, en accusant l’Algérie de se rapprocher des mouvements de Résistance en Palestine, au Liban, en Irak et au Yémen, comme si le rapprochement avec un État islamique frère qui soutenait la Résistance palestinienne et exigeait la libération de la Palestine de la mer à la rivière, était un péché ».

    Espérons que l’Algérie ira de l’avant en appelant à la convocation du Sommet sur la Palestine dès que possible, car il y aura là les prémisses d’un changement de la donne géopolitique aux dimensions qui dépasseraient largement les frontières algériennes. Et comment? La Résistance sortirait du Moyen-Orient pour aller toucher le Maghreb voire au-delà au Sahel où l’axe US/OTAN/Israël allant de coup d’Etat au terrorisme, provoque l’un après l’autre l’effondrement des gouvernements jugés parias à l’Empire.

    Pars Today, 26 sept 2021

  • Union du Grand Maghreb : Le rêve différé

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    L’Union du Grand Maghreb stagne et sa réactivation est de nouveau remise aux calendes grecques, après la rupture des relations diplomatiques entre l’Algérie et le Maroc.

    L’animosité historique du royaume qui s’est confirmée au fil des années à travers ses actions aussi hostiles que malveillantes à l’égard de notre pays n’a comme seul résultat que de compromettre l’avenir de cette organisation.

    L’Union s’est, d’ailleurs, transformée en une entité administrative protocolaire, menacée de disparition, après la recrudescence des tensions entre Alger et Rabat.

    Si pour certains l’espoir d’unification de millions de Maghrébins est invincible, pour d’autres, il est difficile de s’accrocher à cet idéal, alors que l’Union est dans un état léthargique prolongé. L’organisation n’a pu, en effet, depuis 1994 tenir aucun sommet économique réunissant les cinq pays.

    L’annonce de la création de l’Union du Maghreb arabe (UMA), le 17 février 1989, fut un moment historique pour les peuples de l’Algérie, la Tunisie, le Maroc, la Libye et la Mauritanie qui avaient toujours espéré unir leurs forces économiques qui se complètent.

    Tout y concourait : un relief favorisant des échanges humains, une langue commune et un fonds de croyances et de traditions communes.

    Les populations du Maghreb ont vu, par-delà les vicissitudes de cette histoire elle-même, le sentiment de leur unité spécifique s’affermir et se consolider.

    Ce rêve d’intégration sur le modèle de l’Union européenne est, désormais, dans une impasse et l’espoir de voir l’Union maghrébine se concrétiser s’amenuise au vu des différends qui perdurent entre les pays voisins les empêchant de converger vers un projet unique.

    Car, outre les tensions aiguës qui existent entre l’Algérie et le Maroc, le reste des pays du Maghreb sont confrontés à de nombreuses crises politiques, économiques et sécuritaires.

    Devant cette situation complexe, beaucoup espèrent voir à l’avenir ressurgir une nouvelle réflexion constructive de l’idée d’unité nord-africaine.

    Mais au-delà de l’obligation pour les cinq pays d’avoir un objectif commun, ce projet a besoin de paix et de la libre circulation des personnes. Des éléments qui ne sont toujours pas réunis dans la région. L’émergence d’une telle force régionale constituerait, en somme, la pierre angulaire pour relancer les initiatives de coopération et d’intégration auxquelles aspirent les populations nord-africaines depuis leur indépendance.

    Le chef du Conseil présidentiel libyen, Mohamed El Manfi, a appelé, dans ce sillage, à la reprise des réunions de l’UMA. El Manfi a souligné, lors de sa rencontre avec le chef de la diplomatie mauritanienne, «l’importance d’activer l’Union du Maghreb arabe et de soutenir ses institutions», ajoutant que «la Libye fera tout ce qui est en son pouvoir pendant la période actuelle pour atteindre cet objectif, en coopération avec les frères en sa qualité d’actuel président de l’Union».

    Dans cette optique, le président tunisien a exprimé sa volonté de voir les réunions de l’UMA qui on été suspendues à différents niveaux relancées.

    Horizons, 29/08/2021

  • Le mensonge au pluriel, des Marocains

    Algérie, Maroc, #Algérie, #Maroc, Maghreb, Pegasus, Espionnage, 

    Par Allaoua Bendif*
    J’ai rarement vu une posture diplomatique aussi stupide! Je dis rarement car elle ressemble clairement à celle de l’entité sioniste: s’aveugler jusqu’à la déraison sur ses dépassements et sur ses crimes et les projeter sur ses victimes.
    S’essayer, au microscope à balayage électronique, à rechercher la poussière qui se trouverait dans l’œil algérien et ignorer le madrier qui traverse le cerveau des animateurs du Makhzen et de ce qui est devenu la baraque royale marocaine, hélas pour le peuple marocain et pour l’avenir du Maghreb, c’est quoi, qu’est-ce donc d’autre que de l’aveuglement ?
    La narco guerre qui nous est infligée depuis des décades et les dizaines de tonnes de kif traité déversées sur notre jeunesse ce serait un prétexte fallacieux!
    Un document officiel de ce royaume décadent appelant à la sécession d’une partie de l’Algérie alors que ceux qui appellent à l’autonomie du Rif croupissent et meurent en prison et dans les oubliettes de la perversité royale, ce serait un prétexte fallacieux!
    Appeler à la sécession en Algérie et bloquer insidieusement le référendum de l’autodétermination du peuple Sahraoui (pourtant officiellement, depuis plus de dix ans) préconisées par toutes les institutions légales internationales et ce, par la torture, par les viols, par les alliances avec le diable, c’est le summum de la responsabilité et la sagesse, peut-être ?
    Payer des séditieux algériens pour essayer de détruire l’Etat national et provoquer la déconstruction de leur pays, ce serait un prétexte fallacieux!
    Afficher clairement son alliance stratégique avec Israël et l’exposer comme son nouveau protecteur, pour ne pas choquer en usant d’un terme proche, à nos frontières et pire…l’inviter à menacer notre pays à partir de votre territoire et qui plus est, en présence des officiels du gouvernement marocain, ce serait un prétexte fallacieux!
    Espionner 6000 personnalités algériennes grâce au logiciel israélien Pegasus, c’est sans doute un acte de grande bienveillante vis-à-vis d’un pays que vous dites frère, du plus profond de votre hypocrisie.
    Quand au peuple algérien que le rédacteur de ce torchon veut séparer des dirigeants de son Etat national par une tournure digne d’un enfant pubère en pleine crise d’adolescence, il vous connait, vous dirigeants du sinistre Makhzen depuis déjà votre lâcheté des sables, que vous appelez pompeusement la guerre des sables…
    Je voudrais également ajouter que le peuple algérien est conscient des lacunes de la gouvernance de son pays et qu’il n’aura de cesse de contribuer à impulser son amélioration par les voies légales, non violentes et constructives mais chiche!!…osez arrêter vos généraux corrompus, osez les juger et les mettre en prison. Osez arrêter, juger et mettre en prison vos narco nababs, vos premiers ministres, vos ministres et vos walis-gouverneurs corrompus…chiche ya Si Bourita!
    L’Algérie l’a fait! Elle continuera de le faire à son rythme, au rythme de personne et d’aucune autre instance décisionnaire que l’Etat national Algérien dont le Peuple est partie prenante.
    Contrairement à ce que vous prétendez en pure forme, en vous mentant à vous-même avec un ridicule dont on se demande vraiment de quelle étiologie il procède, le peuple algérien demandait cette rupture depuis longtemps et seules la patience pédagogique, l’intelligence et la vista de l’Ecole diplomatique algérienne, formée dans le combat libérateur de la glorieuse guerre de libération nationale réglée et ordonnée par le Congrès de la Soummam, que vos clowns diplomates voudraient dissocier de la mère patrie…seules, dis-je, ces qualités de l’Ecole diplomatique Algérienne consacrée à l’international, on retardé.
    Cette décision de nos responsables est l’une de celles qui répond le plus amplement à l’esprit du Hirak originel…pas celui dont vous participez à payer les zélateurs. Nos problèmes internes se règlent ici, chez nous. Jamais ailleurs et surtout pas à partir de votre Makhzen, ni à Londres, au kiosque d’El Magharibya, ni place de la République là où vous savez!
    Quant aux milliers de frères marocains qui travaillent au noir dans leur deuxième pays, l’Algérie, qui logent chez l’employeur-tricheur, qui consomment les produits de large consommations et qui se soigne avec les médicaments subventionnés par l’Etat que vous cherchez à déstabiliser depuis des décades et qui alimente pour partie le change de devises au noir du Square, nous demandons à nos responsables d’exiger d’eux qu’ils se conforment aux lois de séjour et de travail en vigueur en Algérie, de payer leurs impôts et leur cotisations et de soumettre le rapatriement de leur gains à nos lois, ni plus ni moins que leurs frères algériens. Sinon la loi est claire: ils doivent rentrer chez eux.
    Ce Bourita qui prétend agir avec sagesse et responsabilité a un profil diplomatique bancal.
    Allaoua Bendif*
    Né le 17 mars 1953 à Skikda
    Fils de Chahid
    Docteur en psychologie Clinique
    Enseignant universitaire à la retraite.
    Auteur de : « Violences Algériennes », Koukou Editions. Octobre 2019
    La Patrie News, 26/08/2021
  • Rahabi : La rupture des relations diplomatiques entre l'Algérie et le Maroc aurait pu être évitée si…

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    L’ancien diplomate et ministre de la Communication, Abdelaziz Rahabi a déclaré, jeudi, dans une interview à l’APS, que la rupture des relations diplomatiques entre l’Algérie et le Maroc aurait pu être évitée par un geste du roi suite à la demande de clarification exprimée par le ministère des Affaires étrangères et de la Communauté nationale à l’étranger, concernant « la dérive dangereuse » d’un diplomate marocain à l’ONU.
    Question : Que signifie la rupture des relations diplomatiques entre l’Algérie et le Maroc ?
    Réponse : C’est une situation qui n’est pas courante dans les relations entre Etats mais elle révèle une grave crise que les moyens diplomatiques traditionnels n’ont pas réussi à résoudre souvent en raison de l’absence d’un climat de confiance, ou l’inopérance des canaux de communication entre les deux Etats.
    Dans cette situation, j’estime que l’appel lancé à l’ONU par le Maroc, en juillet dernier, visant à provoquer une sédition en Algérie, a été un point de rupture, pouvant être atténué par un geste du roi du Maroc qui curieusement est venu sous la forme d’une demande de réouverture des frontières.
    Cela a été considéré comme un manque de considération et une attitude qui prend la forme d’une caution à l’appel à la sédition en Algérie.
    Je pense encore que l’Algérie a fait preuve de retenue et de responsabilité en pariant favorablement sur une réaction royale à la hauteur de la gravité de l’ingérence directe du Maroc contre l’unité de son peuple.
    Question : Quelle seraient les répercussions de la décision prise par l’Algérie sur l’échiquier maghrébin en termes géostratégique ?
    Réponse : Le projet d’intégration maghrébine a été conçu avec beaucoup d’arrières pensées. Il s’appuie d’abord sur un discours porté par le projet lui même comme l’expression de la volonté des peuples dans l’esprit de la déclaration de Tanger de 1958, alors que la société maghrébine est loin d’être un acteur déterminant dans le déroulement d’un processus qui aura vécu moins de 5 années.
    De plus, les Marocains et les Tunisiens étaient les plus ouverts sur l’Occident que les Algériens et envisageaient déjà leur intégration avec l’Europe en signant dès 1994 et 1995 des accords d’association avec l’Union européenne (UE) en pleine crise politique et sécuritaire en Algérie, violant ainsi le principe de solidarité qui est le socle normatif de tout projet d’intégration.
    Enfin, l’Afrique du Nord et le Sahel sont devenus des enjeux dans la géopolitique des grandes et moyennes puissances et un théâtre de luttes d’influence régionale ce qui a forcément conduit les Maghrébins à s’inscrire dans des alliances ou des positions différentes et parfois antagoniques.
    L’Algérie reste le pays le plus engagé dans l’effort de stabilisation de la région en raison de sa considérable masse territoriale. Les frontières restent des lignes de souveraineté à défendre de façon vigilante et permanente car elles appartiennent à une zone en perpétuelle recomposition, confrontée à de nouvelles formes de menaces issues de guerres irrégulières.
    Les relations avec le Maroc avec lequel nous n’avons pas de problèmes de frontières ne doivent pas nous distraire de notre ambitieux agenda régional dans ses dimensions diplomatique, militaire et économique.
    Question : A quoi faudrait-il s’attendre concrètement après l’annonce faite le MAE algérien ?
    Réponse : Je pense que la déclaration liminaire faite par le ministre Ramtane Lamamra en présentant les fondements de la décision de rupture, renseigne sur les limites de l’action purement diplomatique dans les relations internationales, car il y a souligné la volonté de nuire délibérée et matérialisée du Maroc qui dépasse le stade de la conjoncture.
    Il y a des attitudes durables qui relèvent d’une hostilité permanente très peu courante dans les relations internationales et surtout entre pays voisins.
    A-t-il pu le faire sans le soutien inconditionnel ou bienveillant des pays alliés du Maroc. Cette question se pose et pose celle de l’opportunité de réexaminer avec sérénité, et en tenant compte de nos intérêts, l’ensemble de nos relations avec ces pays.
    El Moudjahid, 27/08/2021
  • Maroc-Algérie: Les raisons d’une rupture

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    A s’interroger sur l’opportunité de ne pas se contenter de la fermeture des frontières entre l’Algérie et le Maroc, en rompant purement et simplement toute relation diplomatique avec le Maroc, la réponse s’impose d’elle-même compte tenu des derniers développement sur la scène régionale. 
    Outre son soutien éhonté d’une prétendue autodétermination de la Kabylie, de la permission octroyée au ministre israélien des Affaires étrangère de menacer l’Algérie à partir de son territoire, le Maroc est en guerre quasi-ouverte contre l’Algérie en usant des réseaux sociaux dans une tentative de démoraliser les Algériens. 
    Chaque agissement commis par Rabat, ces derniers jours est un acte d’hostilité manifeste. Il n’y a pas de doute là-dessus.
    A la question de savoir ce qu’attend l’Algérie de son voisin, à part des relations positives de bon voisinage ? La réponse est rien du tout. Le Maroc ne pèse pas du tout dans la balance commerciale, les investissements ou encore dans un quelconque apport en matière de savoir-faire. C’est un pays classé au 120e rang dans le classement mondial de l’Indice de développement humain.
    En réalité la seule valeur ajoutée susceptible de faire du Maroc un partenaire viable tient dans l’édification de l’Union du Maghreb. Il a été établi qu’un large marché commun dans la région amènerait plus de prospérité et de croissance aux peuples des cinq pays maghrébins. Le Tunisien, le Marocain, le Libyen et le Mauritanien pourrait bénéficier d’une manière ou d’une autre de la manne énergétique algérienne. 
    De son côté, l’Algérien consoliderait son pouvoir d’achat et pourrait envisager une croissance solide de son PIB. Cela en plus de l’effet stratégique qui mettrait l’Union du Maghreb face à l’Union européenne et la CDEAO de l’Afrique de l’ouest. Mais là aussi, posons-nous la question de savoir le Maghreb que nous propose donc le voisin marocain. 
    En laissant faire les trafics en tout genre, tout le long de la frontière, le gouvernement marocain se comporte comme un cartel de maffieux qui use de moyens pour le moins, peu conventionnels, pour gérer la grande pression sociale qui couvent depuis des années.
    Symptomatiques de l’échec de toutes les politiques mises en place depuis plus de cinquante ans, le trafic drogue qui fait de l’Algérie sa zone de transit et de consommation, impose une situation de faite, totalement kafkaïenne et inimaginable dans le monde entier en matière de gestion du voisinage entre deux nations souveraines. 
    Il faut savoir que dans les deux plaies qui font vraiment mal au Maghreb et qui menacent de mettre en place une sorte de Maghreb parallèle de la criminalité, le royaume marocain donne l’impression d’avoir choisi cette voie. 
    Alors à quoi bon espérer l’édification d’un Maghreb uni ?
    Par Nabil G.
    Ouest Tribune, 26/08/2021
  • Wikileaks : L’Algérie, allié des Etats-Unis au Maghreb

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    Câbles WikiLeaks : l’Algérie passe de blague sécuritaire à alliée des Etats-Unis au Maghreb

    Après les attentats suicide de 2007, les diplomates américains ont fustigé les forces de sécurité du pays, mais les relations se sont considérablement améliorées depuis lors

    Le gouvernement algérien a été gravement secoué par les attentats d’Al-Qaida il y a trois ans alors que l’organisation terroriste ouvrait un nouveau front en Afrique du Nord et que les forces de sécurité « sclérosées et méfiantes » du pays avaient du mal à réagir, selon des câbles diplomatiques américains.

    Mais des rapports secrets de l’ambassade américaine à Alger révèlent que la coopération en matière de renseignement avec les États-Unis s’est tellement améliorée depuis que Washington considère l’Algérie comme le pays le plus important combattant al-Qaida dans la région du Maghreb.

    En décembre 2007, cependant, il y a eu un silence embarrassé du président Abdelaziz Bouteflika après que des attentats-suicides quasi simultanés contre un bâtiment de l’ONU et la Cour suprême de la capitale ont tué 41 personnes.

    Les câbles de l’ambassade américaine montrent le désarroi, la confusion et une incapacité à gérer les problèmes de sécurité de base. Bouteflika a demandé l’aide européenne « pour mettre sur écoute les téléphones portables dont les cartes SIM sont changées », tandis que les États-Unis avaient été invités plus tôt à lutter contre les attentats à la voiture piégée, selon les documents.

    De nombreux contacts algériens de l’ambassade ont attribué le silence du président après les attentats « à son embarras que les kamikazes étaient auparavant connus des services de sécurité » et avaient bénéficié d’un programme officiel de réconciliation pour les anciens djihadistes. Certains des plus de 250 islamistes qui avaient été amnistiés avaient rejoint al-Qaida au Maghreb islamique (Aqim).

    En février 2008, cependant, la coopération des États-Unis avec le renseignement militaire algérien s’était améliorée et avait porté ses fruits. « C’est un groupe épineux et paranoïaque avec lequel travailler », a indiqué l’ambassade, « mais avec eux, nous avons mis en place plusieurs réseaux qui ont envoyé des djihadistes algériens en Irak ».

    Un bureau du FBI avait été installé à l’ambassade pour établir des programmes de collaboration avec le ministère de l’Intérieur, « mais les Algériens ne se précipitent pas pour coopérer ». Dans la coopération militaire et sécuritaire, les Algériens sont restés « exceptionnellement prudents ».

    En septembre 2008, AQMI a appelé à l’assassinat de la secrétaire d’État américaine de l’époque, Condoleezza Rice, lors de sa visite à Alger. Les forces de sécurité algériennes ont déjoué un complot visant à attaquer l’aéroport de Hassi Messaoud, agissant apparemment sur la base d’informations reçues d’une cellule d’Al-Qaida en Europe. Le plan présumé impliquait le détournement d’un avion et d’une voiture piégée.

    Fin 2009, les documents américains montrent que l’Algérie avait « pris l’initiative » en persuadant ses voisins mauritanien, nigérien et malien de mettre en place un commandement régional pour des opérations conjointes de lutte contre le terrorisme à Tamanrasset, dans le sud de l’Algérie.

    « AQMI », a déclaré un haut responsable algérien aux responsables américains, « veut s’implanter dans la région et, par conséquent, l’Algérie entendait mener le combat au-delà des frontières de l’Algérie. Comme un boxeur qualifié… la clé est de maintenir la pression sur votre adversaire et augmentez votre marge de manœuvre. »

    Lorsque les Algériens ont insisté pour plus de partage de renseignements, un responsable américain de la défense a rétorqué que les survols de surveillance devraient être liés à une action directe sur le terrain puisque le coût d’une mission était d’environ 50 000 $, « nous devions donc être sûrs du résultat ». L’Algérie avait également besoin de brouilleurs d’engins explosifs improvisés sophistiqués, car les insurgés utilisaient des téléphones portables pour faire exploser ces bombes à distance.

    Les câbles montrent que les Algériens étaient cinglants à l’égard du Mali, se plaignant que les responsables de la capitale, Bamako, « ont alerté les insurgés que leurs appels sur leurs téléphones portables étaient surveillés et la fuite de renseignements sensibles ». L’Algérie a également accusé le Mali de faciliter le paiement des rançons pour les otages et a qualifié le pays de « environnement commercial favorable pour les terroristes ».

    Fin 2009, l’Algérie a tardé à répondre à une demande américaine d’autoriser des vols de surveillance par des avions EP-3 « pour surveiller l’environnement sigint (signal intelligence) dans les zones de Mauritanie et du Mali où AQMI opère ». Cela faisait suite à une visite du chef du commandement américain pour l’Afrique, le général William Ward, et était « une démonstration de la coopération renforcée en matière de sécurité que nous voulons soutenir face à la menace AQMI dans la région transsaharienne ».

    Les vols ont ensuite été approuvés, mais un nouveau problème est apparu en janvier lorsque le ministre algérien des Affaires étrangères a convoqué l’ambassadeur des États-Unis, David Pearce, pour protester contre l’inscription du pays sur une liste de « contrôle renforcé » par l’Administration américaine de la sécurité des transports. Cela faisait suite à la tentative du jour de Noël dernier du « Lamikaze » envoyé par al-Qaida au Yémen pour abattre un avion de ligne au-dessus du Détroit.

    « L’inscription de l’Algérie sur une liste qui inclut les Etats sponsors du terrorisme et les pays d’intérêt crée l’impression que l’Algérie fait partie du problème et n’est pas un partenaire à part entière dans la lutte contre le terrorisme », a déclaré l’envoyé.

    « Au cours de l’année écoulée, nous avons eu le feu vert pour développer de nouveaux liens à tous les niveaux, des militaires aux forces de l’ordre », a-t-il déclaré à Washington. « Cette lumière est maintenant devenue jaune ». Pearce a ajouté : « Il convient de rappeler qu’aucun pays n’est plus important que l’Algérie dans la lutte contre al-Qaida au Sahel et au Maghreb.

    The Guardian, 06/12/2010

  • L’UE appelée à ne plus favoriser le Maroc au détriment de ses voisins

    Il semble que les répercussions du retentissant scandale d’espionnage « Pegasus » dans lequel est tombé le régime du Makhzen seront une catastrophe pour lui, non seulement du côté algérien, mais aussi des pays de l’Union européenne, qui ont toujours placé le Maroc dans une meilleure position que ses voisins maghrébins, dans le cadre de la politique de voisinage adoptée par Bruxelles.

    Une étude d’un institut allemand spécialisé dans les affaires de sécurité internationale a révélé que les privilèges économiques et l’aide dont le Maroc bénéficie souvent dans ses relations avec les pays de l’Union européenne, au détriment de ses voisins comme l’Algérie et la Tunisie, ne contribuent pas à en faire un voisin, mais plutôt un État voyou qui cherche à dominer.

    Cette conclusion est le résultat d’une étude préparée par l’Institut allemand des affaires internationales et de sécurité (une institution qui conseille le parlement allemand), et est intervenue dans un contexte de tension sans précédent entre le Maroc et certains pays européens comme l’Allemagne et l’Espagne, et la plupart récemment la France en raison du scandale d’espionnage « Pegasus ».

    L’étude recommande de revoir la stratégie de l’Union européenne dans la région du Maghreb et d’œuvrer pour arrêter les tentatives d’hégémonie menées par le régime makhzen, par ses pratiques contraires au droit international au Maghreb arabe, qui ont mis la région à la merci d’un conflit régional qui a plus de quatre décennies.

    L’étude allemande accuse l’Union européenne de favoriser le Maroc au détriment de ses autres voisins du Maghreb, notamment l’Algérie et la Tunisie, et souligne la nécessité de faire face aux politiques expansionnistes du Maroc, qui ont provoqué des tensions, notamment avec l’Algérie, et elle estime aussi que la poursuite de la politique européenne en faveur du Maroc frustre les relations de l’Union avec les autres voisins du Maroc.

    Le Maroc connaît des crises avec les pays de l’Union européenne difficiles à surmonter jusqu’à présent. Les contacts diplomatiques entre Rabat et Berlin sont coupés depuis le printemps dernier, en raison du rejet par l’Allemagne des efforts du Maroc pour adapter la position de Berlin sur la question saharienne au service de la proposition Marocains, Berlin a été le premier pays à avoir vivement critiqué le tweet de l’ex président américain Donald Trump, qui a reconnu la prétendue souveraineté du régime makhzen sur les territoires sahraouis occupées.

    Les relations entre le Maroc et l’Espagne sont également au pire pour la même raison qui a étouffé ses relations avec Berlin, Madrid refusant d’accepter la proposition marocaine concernant la question sahraouie et le chantage marocain contre l’Espagne a également ouvert la voie à des milliers d’immigrants illégaux pour franchir les frontières espagnoles, dans une position condamnée par les pays de l’Union européenne en solidarité avec l’Espagne.

    La reprise de la crise avec l’Algérie est intervenue dans le contexte de l’emploi du régime makhzen en Kabylie, pour augmenter le niveau de tension chronique entre les deux pays, qui a atteint son paroxysme ces derniers jours en raison du problème d’espionnage « Pegasus », qui est considéré comme le plus dangereux depuis des décennies, et le même problème qui a laissé les relations du Makhzen dans un état de froid avec son allié traditionnel la France.

    Les résultats de cette étude et les évolutions qui caractérisent aujourd’hui les relations du makhzen avec les grands pays de l’Union européenne vont pousser Bruxelles à revoir sa politique traditionnelle fondée sur le fait de favoriser le régime du makhzen au Maghreb, et de lui faire davantage pression pour qu’il corrige ses politiques et pratiques voyous dans le bassin méditerranéen et en Afrique du Nord.

    Ahmed Achour

    Dzair-tube, 27/07/2021

    Etiquettes : Maroc, Sahara Occidental, Europe, Union Européenne, UE, Algérie, Tunisie, Maghreb,

  • Le racisme anti-maghrébin en France

    par Abdelkader Khaldi

    Dans un rapport publié le 28 juin 2021 l’Organisation des Nations Unies exhorte les Etats à reconnaître le racisme systémique pour mettre en lumière son impact délétère et le combattre sans concession. C’est une occasion pour nous de présenter cette brève étude sur le racisme en France dont sont victimes les Maghrébins.

    Dans ce pays le racisme structure les relations sociales. Les discriminations dans l’emploi ou le logement sont récurrentes, actes racistes de la vie quotidienne. Les replis et cloisonnements ethniques dans les quartiers défavorisés dans les grandes villes françaises sont une réalité patente.

    Racisme anti-arabe et islamophobie sont un couple de haine à l’égard d’un groupe humain qui ne demande qu’à vivre en paix.

    Les flux d’émigrés originaires du Maghreb ont commencé dès la période coloniale et se sont amplifiés durant la période dite des trente glorieuses (de 1945 à 1975), phase de forte croissance économique impulsée par une industrialisation accélérée.

    Le nombre d’Algériens vivant en France était de 350 000 en 1962 et de 846 000 en 2019.Quant aux binationaux d’origine algérienne leur estimation varie de trois à quatre millions (évaluation grossière puisque les statistiques ethniques sont interdites en France). La présence d’immigrés en France a été vue par les français comme une invasion et le racisme s’est mis en branle. Selon un sondage d’opinion réalisé en 2014, 73 % de la population française considéraient qu’il y avait trop d’immigrés.

    Le racisme éclot et se développe dans les milieux de socialisation des groupes sociaux d’appartenance, tel un cancer il se métastase. La justification de la différentiation raciale a commencé dès le 19è siècle. Gobineau en France dès 1850 et les idéologues nazis en Allemagne ont essayé, sans succès, de lui donner un fondement scientifique. Peine perdue, les progrès de la génétique ont discrédité ces élucubrations sans pour autant qu’elles reculent ou disparaissent.

    Cette idéologie délétère qui oppose les êtres humains est véhiculée de façon sournoise ou ouverte.

    Elle se répand dans toutes les strates de la société car elle est fondée sur ce qui est présenté comme une évidence, l’altérité : les différences entre groupes humains (couleur de peau, culture etc.).

    L’islamophobie, forme ambivalente et perverse du rejet des musulmans, mêlant critique d’une religion et haine des ses adeptes, a eu le vent en poupe ces dernières décennies en France. Sa manifestation médiatique a commencé à la fin des années 1980 avec l’affaire du foulard islamique porté par de jeunes filles maghrébines à Creil dans la banlieue parisienne. L’affaire a pris une tournure politique et la loi promulguée en 2004 a interdit de porter ce bout de tissu sur la tête dans les écoles.

    Face au racisme agressif ou sournois (remarques d’apparence anodine, plaisanteries etc.,), celui de tous les jours (le nano-racisme comme l’appelle le sociologue Achille Mbembe,), une marche en 1983 et des émeutes en 1990 et 2005 ont eu lieu en France.

    En France le racisme est un des sujets qui fâchent. Il n’irrite pas que l’opinion publique ou les autorités politiques, il crée la discorde même entre les chercheurs en sciences sociales. Les études portant sur le racisme sont restées marginalisées jusqu’au début des années 1990. Tant que la société persiste dans le déni ce mal continuera à la ronger et approfondir la fracture sociale.

    L’analyse du racisme que nous proposons est menée en deux temps d’abord nous présenterons quelques éléments sociologiques pour mieux comprendre ce phénomène social délétère ensuite nous étudierons la discrimination ethnique en France à l’encontre de la communauté d’origine maghrébine.

    Comprendre le mal : les concepts de race et de racisme

    On peut dire avec Etienne Balibar que « le racisme en tant que tel est un phénomène permanent dont le retour périodique traduirait l’incapacité des sociétés à progresser du point de vue de la civilisation, ou leur dépendance insurmontable par rapport à des structures archaïques de la mentalité collective ». S’il est un fait permanent qu’est-ce qui assure sa reproduction ? Il relève de l’émotion négative que ressentent les individus face à l’altérité.

    Les neurosciences nous apprennent grâce à l’imagerie médicale que la zone du cerveau qui réagit face à l’altérité est celle des émotions, émotions qui vont s’exprimer en haine, en rejet voire en actes violents sous l’effet de l’idéologie et du milieu social. Quand le caractère de ce qui est autre (altérité) est perçu comme une menace cela crée la peur, les problèmes surgissent, c’est la voie ouverte au rejet.

    Les préjugés racistes en cours dans la société et intériorisés par les individus élèvent la propension à la méfiance et au jugement de valeur qui dévalorise les autres. Le constat d’une différence ne mène pas obligatoirement au racisme, celui-ci se manifeste quand cette différence est utilisée contre autrui.

    Le dictionnaire Larousse définit le racisme comme « l’idéologie fondée sur la croyance qu’il existe une hiérarchie entre les groupes humains, les races ».

    Si la hiérarchie biologique est scientifiquement discréditée elle a encore la vie dure. On tente aussi de justifier l’inégalité supposée entre groupes humains par les différences culturelles. On passe allègrement de l’essentialisme biologique à l’essentialisme culturel. C’est cette distinction que précise André Taguieff, il y a « le racisme classique, biologique, et inégalitaire, et le racisme différentialiste et culturel, qui ne biologise pas le différent » (Taguieff,p.6).

    Le racisme est « une théorie pseudo-scientifique de l’inégalité des races humaines, fondée sur un déterminisme biologique grossier, de type « telle race telle culture » (…), ensuite un ensemble de conduites et de pratiques discriminatoires, qu’accompagnent des attitudes d’intolérance, voire de passions négatives, comme la haine ou le ressentiment ». (Taguieff, p.9). Le racisme se répand au sein de la société par la socialisation (apprentissage et intériorisation des normes et valeurs sociales de la société à travers différents espaces : familles, écoles, rues, lieux de travail etc.). Il fait l’affaire des groupes dominants, qui en profitent, il a une fonction, nous dit Albert Memmi, « il balise et légitime une dominance » (Memmi, p.92).

    Voyons maintenant d’un peu plus près cette notion de race

    Une race est définie par le dictionnaire Robert (édition de 1977) comme « un groupe ethnique qui se différencie des autres par un ensemble de caractères physiques héréditaires (couleur de la peau, forme de la tête, proportion des groupes sanguins etc.)». Une telle définition s’inscrit en droite ligne de l’idéologie raciste. Elle est facile à déconstruire puisqu’il y a une seule humanité même s’il y a diverses apparences.

    Il n’y a pas de races mais une diversité de groupes humains et d’individus. L’espèce humaine partage le même patrimoine génétique à un peu plus de 99 %. Le chercheur en biologie B.Jordan résume en quelques mots les découvertes scientifiques depuis des années 1990 : on a découvert dit-il « que la quasi-totalité de notre patrimoine génétique est identique chez les africains, les européens ou les asiatiques. L’espèce humaine est génétiquement homogène à environ 99,9 %, ce qui invalide la notion biologique de races humaines» (interview au journal « le monde » du 27/6/2013).

    Hiérarchiser les groupes humains n’a aucun sens.

    Cette prétendue hiérarchie est socialement construite. Les préjugés et la discrimination fondés sur la race, ainsi que les inégalités qui en découlent, nous rappellent que le racisme est un fléau bien réel qui sous-tend les rapports sociaux.

    Le fléau du racisme en France

    Le système colonial a joué un rôle important dans la genèse du racisme. Le racisme colonial est un racisme d’exploitation qui a été institutionnalisé. Le pouvoir politique colonial distingue deux groupes « racialisés » : européens et indigènes auxquels s’appliquent deux systèmes juridiques. Les colons étaient soumis au système judiciaire de la métropole. La population autochtone était régie par un système juridique d’exception, inférieur à celui qui s’appliquait aux français, le code de l’indigénat.

    Entré en application en 1870, le code de l’indigénat n’a été aboli qu’en 1946, c’est un ensemble de textes législatifs infligés aux seuls sujets (et non citoyens) qu’étaient les algériens, une communauté infériorisée politiquement et juridiquement, assujettie par l’ordre colonial.

    Ce code qui est un apartheid juridique, instaure un régime pénal spécial aux seuls indigènes. Il impose par exemple des sanctions collectives contre les tribus, des séquestres de propriétés, une autorisation administrative pour les déplacements, un internement sans jugement décidé par un responsable administratif et non par un juge au mépris du droit français qui est fondé sur la séparation des pouvoirs (exécutif, législatif et judiciaire) etc.

    Le colonialisme consacre la discrimination comme système légal. C’est un racisme d’Etat prégnant (Lecour Grandmaison O., la découverte, 2010), un racisme institutionnel.

    Alexis de Toqueville connu pour avoir écrit « de la démocratie en Amérique » a louangé la colonisation criminelle de l’Algérie en ces termes : il n’est pas « mauvais qu’on brulât les moissons, qu’on vidât les silos et enfin qu’on s’emparât des hommes sans armes, des femmes et des enfants ». Quant au « sage » Victor Hugo, il adhère aussi aux idées dominantes de son époque, celles de la conquête et de la domination en écrivant béatement à propos de l’occupation coloniale de l’Algérie « c’est la civilisation qui marche sur la barbarie ».

    Le système colonial a exacerbé le racisme contre les populations autochtones, car « il n’est pas possible d’asservir des hommes sans les inférioriser » comme l’a souligné Frantz Fanon.

    Le racisme colonial a laissé beaucoup de traces dans la société française. Les immigrés en ont fait les frais. Après la seconde guerre mondiale, durant ce que l’on appelé les trente glorieuses, une croissance économique élevée appuyée sur une forte industrialisation a induit un besoin énorme de force de travail d’où le recours pressant à la main d’œuvre étrangère notamment maghrébine. Le ralentissement de la croissance économique à la fin des années 1970 et son corollaire la montée du chômage ont accentué le racisme. « Les arabes piquent les emplois aux français » disent sans vergogne les racistes.

    Le racisme en France est quotidien, visible ou sournois, il se manifeste partout à l’occasion d’interactions entre les individus, dans les lieux de travail, les guichets d’administration, les rues, les transports, les écoles, les universités etc.

    Les comportements et actes racistes sont innombrables, observables dans tous les milieux sociaux où ils se forment par la socialisation ; ils sont multiformes : discrimination en matière d’emploi et de logement, plaisanteries, moqueries, insultes, mises à l’écart, agressions etc.

    Certains actes qui apparaissent comme anodins prennent une signification raciste, par exemple la lenteur d’un garçon de café à servir un arabe, l’individu qui se lève quand un arabe ou un noir s’assoit à côté de lui dans le bus ou le métro etc. C’est ce genre d’attitudes sournoises que j’ai observé durant mon long séjour en France quand j‘y étais étudiant.

    Durant la colonisation les peuples colonisés sont vilipendés. Culture, mœurs, comportement des indigènes sont scrutés au prisme des stéréotypes négatifs : de supposées tares sont attribuées aux arabes, comme la paresse et la fourberie, pour les mépriser et les asservir.

    Les français racistes désignent les arabes par des appellations outrageantes. Ces mots injurieux et répugnants qui attentent à leur dignité, forgés du temps de la colonisation, sont : bougnoule, crouille, bicot, raton et bicot. Bougnoule est emprunté à la langue wolof du Sénégal et qui veut dire noir. Bicot vient du mot « arabe ». Crouille et crouillat ont pour origine « khouya ». Raton et bicot ou bique en abrégé (renvoyant à l’animal qu’est le chevreau) visent à « animaliser » des êtres humains.

    Les maghrébins sont perçus par les français comme des sous-hommes. En dévalorisant l’autre le raciste se survalorise et il n’est pas prêt à remettre en cause les poncifs qui fondent sa conviction. Le racisme est propagé et consolidé par divers canaux, puissants moyens de la socialisation: romans, mass médias, sketchs etc. Littérature, cinéma, sketchs sont mobilisés pour stigmatiser et se moquer des arabes.

    Le roman de l’énergumène Michel Houellebeque, « soumission », publié en 2015 et qui a connu un grand succès (300 000 exemplaires vendus en un mois) a un contenu arabophobe et islamophobe manifeste, son thème est l’élection d’un président de la république musulman qui fait appliquer la charia dans sa version pure et dure.

    Tous les moyens sont bons pour déprécier le maghrébin. En 1974 l’humoriste franchouillard Pierre Péchin s’est rendu tristement célèbre par ses spectacles racistes, son fonds de commerce immonde, où il se moque des immigrés arabes en imitant leur accent particulier. Parler comme un arabe est devenu une raillerie raciste largement partagée par la population française durant la décennie 1970.

    Le recours à ce genre d’humour pour railler et humilier une communauté n’a rien de drôle, il participe dangereusement à son mépris, à sa dévalorisation sociale, il est tout simplement ignoble.

    Les mass-médias sont de la partie, diffusant des insanités qui stigmatisent des groupes sociaux d’origine étrangère, se préoccupant uniquement de leur audimat. La chaîne de télévision C News participe sans vergogne à la diffusion du racisme sans complexe, en donnant la parole à des commentateurs tel le tristement célèbre Eric Zemmour qui débite sa haine à l’encontre des arabes vivant en France. L’impunité dont ils bénéficient montre la faiblesse de la politique de lutte contre le racisme. Ainsi les mass-médias sont devenus un instrument puissant pour diffuser la funeste idéologie du racisme au lieu de contribuer à la réduire.

    Les actes racistes font l’objet d’une évaluation statistique depuis deux décennies à travers des enquêtes par sondage. Selon une enquête réalisée en 2003 par le ministère français des affaires sociales 39 % des personnes immigrés et 44% des personnes issues de l’immigration ont déclaré avoir subi au moins une attitude discriminatoire, moqueries, mises à l’écart, refus d’un droit etc. (Le vécu des attitudes intolérables et discriminatoires, in « Etudes et résultats » n° 290, février 2004).

    En 2008 ce sont 57 % des descendants d’immigrés algériens qui ont déclaré avoir été l’objet d’actes racistes et 55 % des descendants d’immigrés tunisiens et marocains. La discrimination ethnique sur le marché du travail est une réalité amère.

    L’enquête par tests (envoi de CV identiques ne différant que par le patronyme, l’un d’un français de souche et l’autre d’un français d’origine maghrébine) faite en 2006 par la direction de l’animation de la recherche du ministère français du travail évalue la discrimination ethnique qui règne sur le marché du travail. Il ressort de cette enquête que la probabilité pour un entretien d’embauche d’un candidat issu de l’immigration est réduite, « 70 % des choix ont été effectués en faveur du candidat d’origine apparente hexagonale ancienne et 19 % en faveur de celui d’origine apparente maghrébine ou noire africaine. Le taux net de discrimination s’élève donc à 51 % ».

    Quant au logement la population d’origine étrangère n’est pas mieux lotie. A la demande du Défenseur des droits et du ministère de la cohésion des territoires une étude faite en 2017 se référant à plusieurs enquêtes conclut à la fréquence de la discrimination à l’encontre des individus d’origine maghrébine dans l’accès au logement.

    Cette ségrégation a conduit à la constitution d’espaces pour immigrés, des ghettos à la périphérie des grandes villes où règnent la pauvreté, le chômage et l’insécurité. Les cloisonnements ethniques traduisent un grand repli des communautés minoritaires (Bancel N. et alii, le grand repli). Manuel Valls avait dit quand il était premier ministre qu’on a affaire à un « apartheid territorial, social, ethnique ».

    La ségrégation urbaine peu propice à une éducation de qualité dans les quartiers défavorisés où habitent une bonne partie des immigrés participe à l’échec scolaire de leurs enfants.

    Le Programme international pour le suivi des acquis des élèves (PISA, enquête de 2012) indique qu’un quart des élèves français âgés entre 15 et 24 ans sortis du système scolaire sans diplôme sont des enfants d’immigrés nés en France. Ils vont alterner alors chômage et emploi à courte durée et parfois certains d’entre eux chutent dans la délinquance.

    Le racisme s’exprime aussi de façon violente par des agressions physiques. Dans les années 1970 les actes de violence raciste se sont multipliés. En 1973 suite à l’assassinat d’un chauffeur de bus par un algérien déséquilibré mental, pas moins de 21 magrébins ont été tués, un châtiment collectif dans le pays dit des « droits de l’homme ». Selon la Délégation interministérielle contre le racisme et l’antisémitisme les agressions physiques évaluées ont concerné 7% des musulmans vivant en France durant la période 2014-2019. Les actes racistes ne sont pas déclarés en totalité aux services de police. Selon le Conseil consultatif des droits de l’homme, en 2019 on a recensé 5730 actes racistes soit une augmentation de 38 % par rapport à l’année précédente. « Le taux de plainte est estimé à 3% pour les injures racistes, à 17% en cas de menaces et à 30% en cas de violences à caractère raciste. En 2017, les services de police ont enregistré 8 700 plaintes ». Le racisme ne peut mener qu’à la violence, violence verbale ou physique.

    Conclusion

    Le racisme en France est bien enraciné dans la société, c’est un héritage du système colonial, il s’est consolidé durant la phase post-coloniale par l’absence de politique d’intégration efficace. Sous l’impulsion des normes de la Communauté européenne des lois qui punissent ces discriminations ont été promulguées en France mais leur application est insuffisante car les actes discriminatoires sont souvent imperceptibles et pernicieux, difficiles à prouver. Le cadre législatif mis en place s’est avéré insuffisant pour combattre le fléau du racisme qui est un phénomène bien incrusté, détestable et nocif.

    Combattre avec force ce mal ne relève pas seulement de la répression judiciaire, il faut le combattre aussi par d’autres moyens à portée préventive, l’éducation et l’information des mass-médias. Il faut l’expliquer, le déconstruire pour mieux le faire reculer, libérant les gens qui succombent à ses biais cognitifs. L’éducation qui est un moyen d’action crucial doit être privilégiée pour former les jeunes générations au respect de l’égalité des droits pour tous les groupes humains, leur inculquer les connaissances actuelles qui invalidement scientifiquement les préjugés racistes car l’ignorance, l’inculture sont le terreau sur lequel prolifèrent la dépréciation des autres et les haines raciales. L’école est un lieu majeur de la socialisation qui doit transmettre les valeurs de la république.

    La propagation du racisme par les mass médias doit être bannie. Les réseaux sociaux sont un autre vecteur de haine raciale, leurs messages doivent subir un contrôle qui est un acte de salubrité publique.

    Ainsi la lutte contre le poison du racisme est complexe et multidimensionnelle. La participation de la société civile au combat contre le racisme est d’une nécessité impérieuse.

    La communauté maghrébine est entrée massivement dans la lutte pour l’égalité des droits pour la première fois en 1983. La marche pour l’égalité et contre le racisme, organisée cette année par des jeunes issus de l’immigration, avait mobilisé des milliers de personnes de plusieurs villes françaises convergeant vers Paris. C’est la première irruption politique de cette communauté. Le mouvement a fini par s’affaiblir sans avoir atteint ces objectifs, la lutte pour l’égalité des droits est une œuvre de longue haleine. Des divergences politiques internes et l’absence de leadership ont contribué à empêcher l’émergence d’une organisation structurée au sein de la communauté maghrébine. L’élite intellectuelle d’origine immigrée doit s’engager dans cette lutte. Jusqu’à présent elle paraît timorée. Un travail de lobbying s’impose.

    Les citoyens français originaires du Maghreb participent peu aux élections politiques. Leur implication dans le domaine politique est un axe majeur de la lutte contre la discrimination ethnique. Cette lutte multiforme sera longue et difficile.

    La participation aux associations locales ou nationales (par exemple SOS racisme) et aux organisations syndicales est un autre moyen d’action pour l’intégration et l’égalité des droits.

    Dans chaque pays il y a le meilleur et le pire, la société française d’origine européenne n’est pas raciste dans son ensemble, ceux qui sont opposés au racisme sont assez nombreux, ils représentent des alliés des victimes du racisme.

    Références bibliographiques

    Balibar E. : la construction du racisme, revue Actuel Marx, Presses universitaires de France, Paris, 2005

    Bancel N., Blanchard P. et Boubekeur A. : le grand repli, éditions la découverte, Paris, 2015

    Fanon E. : peaux noirs, masques blancs, éditions du seuil, Paris 2015

    Le Cour Grandmaison A : de l’indigénat, éditions la découverte, Paris, 2010

    Memmi A. : le racisme, éditions Gallimard, Paris, 1982

    Taguieff P.A. : le racisme, cahier du CEVIPOF, n°20, Paris, 1998

    Notes

    1- Docteur en socio-économie, diplômé des universités Paris 1-Sorbonne et Paris 10-Nanterre

    Le quotidien d’Oran, 11/07/2021


    Etiquettes : France, Maghreb, migration, racisme, xénophobie,

  • Lettre d’Afrique : Déplorer la fermeture de la frontière entre l’Algérie et le Maroc

    Dans notre série de lettres de journalistes africains, le journaliste algéro-canadien Maher Mezahi se demande pourquoi la frontière entre l’Algérie et le Maroc est fermée depuis tant d’années.

    Le principal point de passage entre le Maroc et l’Algérie s’appelle Zouj Beghal, ce qui se traduit par « Deux mules ».

    La légende veut qu’une paire de mules ait été attelée à un joug au Maroc et qu’on lui ait ordonné de marcher vers l’est jusqu’à ce qu’elle trace effectivement ce qui deviendrait la frontière entre le Maroc et l’Algérie.

    Sur un continent où la majorité de nos frontières sont arbitraires, je n’ai jamais douté de la véracité du mythe.

    Naturellement, la frontière, qui s’étend sur près de 2 000 km, a été une source de tension pour les deux pays depuis leur indépendance, à commencer par la guerre des sables de 1963, au cours de laquelle le Maroc a revendiqué des territoires en Algérie.

    Les deux pays se sont de nouveau brouillés lorsque l’Algérie a soutenu la campagne du Front Polisario pour l’indépendance du Sahara occidental vis-à-vis du Maroc, ce qui a conduit à la guerre du Sahara occidental de 1975 à 1991.

    La frontière a été fermée une nouvelle fois en 1994, soi-disant pour des raisons de sécurité, après l’attentat à la bombe perpétré par des militants islamistes contre un hôtel de la ville historique marocaine de Marrakech.

    Tous les détails de la relation entre les deux nations d’Afrique du Nord sont terriblement fastidieux et incroyablement complexes, mais je tiens à exprimer, au nom de ma génération, ma frustration face à la fermeture de la frontière.

    Traverser clandestinement
    En tant qu’Algérien ayant grandi dans la diaspora, j’ai rapidement appris que très peu de choses séparent les deux peuples.

    À l’étranger, nous prions dans les mêmes mosquées, nous nous prêtons main forte lors des mariages et nous nous livrons à une compétition féroce en football.

    En termes de coutumes, de culture et de langue, les Algériens de l’Ouest ont beaucoup plus en commun avec les Marocains qu’avec les Algériens de l’autre côté du pays.

    Personne ne le comprend mieux que les communautés qui vivent le long de la frontière et qui ont traversé clandestinement pendant des décennies.

    Cette année, cependant, le ton a changé.

    En mars, une communauté de cultivateurs de dattes de Figuig, au Maroc, qui exploitait un verger à El Arja, en Algérie, a été informée par les autorités algériennes qu’elle ne pourrait plus le faire.

    Certaines des familles marocaines affirment être en possession de documents prouvant que la terre appartenait à leurs familles au début du 20e siècle, avant le processus de décolonisation.

    Néanmoins, la frontière ratifiée par les Nations unies est strictement respectée par le gouvernement algérien, qui invoque le trafic de drogue pour justifier l’expulsion des cultivateurs de dattes.

    Pour de nombreuses familles de Figuig, l’agriculture est leur seul moyen de subsistance et la fermeture de la frontière pourrait sonner le glas de la prospérité économique de la région.

    Les tensions sont apparues quelques semaines seulement après qu’une législation a été proposée au Maroc pour légaliser le cannabis à des fins médicales, cosmétiques et industrielles.

    L’armée algérienne s’est alors inquiétée de l’afflux de drogues en provenance du Maroc, affirmant avoir saisi environ 200 tonnes de haschich et 6,3 millions de pilules psychotropes depuis 2018.

    « Le régime marocain utilise tous les moyens pour vendre ses drogues en dehors de ses frontières, ignorant la sécurité et la stabilité des pays voisins », a-t-elle allégué dans un communiqué.

    En juin, le président algérien Abdelmadjid Tebboune a exclu la possibilité d’une réouverture de la frontière, déclarant : « Nous ne pouvons pas ouvrir les frontières avec un pays qui nous attaque quotidiennement ».

    Il n’a pas donné de détails, mais les deux gouvernements s’attaquent souvent l’un à l’autre par le biais de leurs médias.

    L’histoire de Figuig m’a frappé parce que je me souviens très bien qu’elle a captivé mon imagination lors d’un étonnant voyage en train d’Oran à Bechar, il y a quelques années.

    Après m’être endormi sur la côte méditerranéenne verdoyante et accidentée, je me suis réveillé le lendemain matin dans le désert du Sahara, au passage de Figuig-Beni Ounif.

    C’était surréaliste de regarder à quelques centaines de mètres du wagon de queue et de voir des gendarmes et des patrouilles frontalières marocaines.

    Mes pairs n’ont jamais fait l’expérience du passage de la frontière terrestre et très peu ont l’espoir que la situation change bientôt.

    BBC News, 05/07/2021

    Etiquettes : Maroc, Algérie, Maghreb, frontières, Zouj Bhgal, Sahara Occidental, attentat de Marrakech, El Arja, Figuig, trafic de drogue,