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  • Le panorama politique en Afrique vu au Maroc

    Le panorama politique en Afrique vu au Maroc

    Tags : Afrique, Mali, Guinée Bissau, République Démocratique du Congo, Soudan, Sahel, Zimbabwe, la République démocratique du Congo (RDC) et la Zambie, Sénégal, Burkina Faso, Côte d’Ivoire,

    L’Afrique, avec ses 54 pays et plus de 2 000 langues, présente un continent complexe de part sa diversité culturelle, ethnique et socio-économique.

    Le continent est confronté à des défis de taille tels que la pauvreté, le recours à l’agriculture de subsistance, la malnutrition et l’éducation inadéquate. Par ailleurs, l’Afrique abrite les trois seuls pays dans le monde qui ont un faible IDH à savoir le Zimbabwe, la République démocratique du Congo (RDC) et la Zambie. Depuis 1952, année du premier coup d’État perpétré en Égypte, le continent africain a connu pas moins de 73 coups d’État. Ce chiffre atteint 100 si l’on y ajoute les tentatives- réelles ou supposées- et plus de 75 conflits armés.

    I. Etat des lieux

    L’Afrique reste le continent le plus ravagé par les conflits, Mali, Guinée Bissau, République Démocratique du Congo, Soudan, on ne compte plus les zones de tensions qui secouent le continent.

    Ces conflits peuvent être résumés comme suit :

    Conflits dits « ethniques » dont les causes de certains sont attribuées au tracé des frontières ne tenant que très peu compte de l’histoire et de l’organisation sociétale des diverses composantes culturelles du continent africain.

    Conflits dits « politiques » ou « socio-politiques » du fait de gouvernements irresponsables faisant passer les intérêts des dirigeants avant ceux des populations locales en dépit de leur pauvreté.

    Des guerres civiles aux enjeux internationaux éclatent pour le contrôle des matières premières dont la commercialisation n’enrichit que rarement les populations locales.

    Sur le plan sociopolitique, à quelques exceptions près, la gouvernance s’améliore dans la majorité des états africains. Bien qu’il existe des signes de reprise de l’intervention militaire dans la politique africaine dans certains pays, les niveaux de conflits intra étatiques ont sensiblement baissé depuis 1998.

    En effet, depuis les années 90, l’Afrique s’est retrouvée dans le train de la démocratie, sous une influence intérieure et extérieure, en particulier les pressions internationales, par la mondialisation économique et politique, entre démocratie et développement, ce qui a affecté positivement la politique interne des états dans leur quête de démocratie et de développement.

    En outre, l’instabilité politique et géopolitique en Afrique présente le risque de s’y voir « cristallisé le consensus conservateur » qui conduirait à privilégier la «stabilité politique au détriment d’une alternance démocratique. Ainsi, pour des raisons internes ou externes et afin de garantir une stabilité géopolitique, des régimes sont maintenus au pouvoir par leur reconduction à travers des élections dites «démocratiques». En 2012, l’évaluation de Freedom House sur 54 Pays africains (sur la base de l’année civile 2011) a classé 9 comme libres et 22 en tant que pays non libre comme suit :

    Pays libres : le Bénin, le Botswana, le Cap-Vert, Ghana, Mali, Maurice, la Namibie, São Tomé et l’Afrique du Sud.

    Pays non libres : Algérie, Angola, Cameroun, Tchad, République du Congo, République démocratique du Congo, la Côte d’Ivoire, Djibouti, l’Egypte, Guinée équatoriale, Érythrée, l’Ethiopie, Gabon, Gambie, Libye, Mauritanie, Rwanda, Somalie, Soudan, Sud Soudan, Swaziland, Zimbabwe.

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    #Maroc #Sénégal #Mali #ByrkinaFaso #Niger #Sahel #Congo #RDC #RCA

  • Fiche : Le panorama politique en Afrique

    Fiche : Le panorama politique en Afrique

    Afrique, Mali, Guinée Bissau, République Démocratique du Congo, Soudan, Sahel, Zimbabwe, la République démocratique du Congo (RDC) et la Zambie, Sénégal, Burkina Faso, Côte d’Ivoire,

    L’Afrique, avec ses 54 pays et plus de 2 000 langues, présente un continent complexe de part sa diversité culturelle, ethnique et socio-économique.

    Le continent est confronté à des défis de taille tels que la pauvreté, le recours à l’agriculture de subsistance, la malnutrition et l’éducation inadéquate. Par ailleurs, l’Afrique abrite les trois seuls pays dans le monde qui ont un faible IDH à savoir le Zimbabwe, la République démocratique du Congo (RDC) et la Zambie. Depuis 1952, année du premier coup d’État perpétré en Égypte, le continent africain a connu pas moins de 73 coups d’État. Ce chiffre atteint 100 si l’on y ajoute les tentatives- réelles ou supposées- et plus de 75 conflits armés.

    I. Etat des lieux

    L’Afrique reste le continent le plus ravagé par les conflits, Mali, Guinée Bissau, République Démocratique du Congo, Soudan, on ne compte plus les zones de tensions qui secouent le continent.

    Ces conflits peuvent être résumés comme suit :

    Conflits dits « ethniques » dont les causes de certains sont attribuées au tracé des frontières ne tenant que très peu compte de l’histoire et de l’organisation sociétale des diverses composantes culturelles du continent africain.

    Conflits dits « politiques » ou « socio-politiques » du fait de gouvernements irresponsables faisant passer les intérêts des dirigeants avant ceux des populations locales en dépit de leur pauvreté.

    Des guerres civiles aux enjeux internationaux éclatent pour le contrôle des matières premières dont la commercialisation n’enrichit que rarement les populations locales.

    Sur le plan sociopolitique, à quelques exceptions près, la gouvernance s’améliore dans la majorité des états africains. Bien qu’il existe des signes de reprise de l’intervention militaire dans la politique africaine dans certains pays, les niveaux de conflits intra étatiques ont sensiblement baissé depuis 1998.

    En effet, depuis les années 90, l’Afrique s’est retrouvée dans le train de la démocratie, sous une influence intérieure et extérieure, en particulier les pressions internationales, par la mondialisation économique et politique, entre démocratie et développement, ce qui a affecté positivement la politique interne des états dans leur quête de démocratie et de développement.

    En outre, l’instabilité politique et géopolitique en Afrique présente le risque de s’y voir « cristallisé le consensus conservateur » qui conduirait à privilégier la «stabilité politique au détriment d’une alternance démocratique. Ainsi, pour des raisons internes ou externes et afin de garantir une stabilité géopolitique, des régimes sont maintenus au pouvoir par leur reconduction à travers des élections dites « démocratiques ». En 2012, l’évaluation de Freedom House sur 54 Pays africains (sur la base de l’année civile 2011) a classé 9 comme libres et 22 en tant que pays non libre comme suit :

    Pays libres : le Bénin, le Botswana, le Cap-Vert, Ghana, Mali, Maurice, la Namibie, São Tomé et l’Afrique du Sud.

    Pays non libres : Algérie, Angola, Cameroun, Tchad, République du Congo, République démocratique du Congo, la Côte d’Ivoire, Djibouti, l’Egypte, Guinée équatoriale, Érythrée, l’Ethiopie, Gabon, Gambie, Libye, Mauritanie, Rwanda, Somalie, Soudan, Sud Soudan, Swaziland, Zimbabwe.

    Certes, des instabilités chroniques existent en Afrique mais on assiste à une pacification du jeu politique et les demandes légitimes pour la démocratie se sont accrues. Les tribus, les chefferies et les royaumes existent toujours, avec les mêmes langues, normes sociales et cultures qui servent de facteur d’unité, et forment des blocs ethniques dans la plupart des États africains. Les regroupements ethniques se cristallisent autour de loyautés et d’appartenances tribales au sein des régimes politiques des États nations modernes. En Afrique d’aujourd’hui, la démocratie libérale, représente un acquis même minimal, qui mérite d’être préservé et renforcé.

    II. Elections

    Depuis 1990, des élections multipartistes ont eu lieu dans 35 des 48 États subsahariens. Le système du suffrage universel et son utilité comme mode de sélection des dirigeants sont entrés dans la culture politique et un dialogue certain s’est installé entre les gouvernants et la classe politique.

    Ainsi, 9 élections dont 3 présidentielles ont été organisées durant le premier semestre de 2012. De même 10 élections sont prévues pour le dernier trimestre de 2012 (dont 3 présidentielles) notamment les présidentielles au Zimbabwe et 5 en 2013 comme suit :

    Présidentielles en République d’Angola prévues le 31 août 2012
    Le Président actuel, José Eduardo dos Santos, (69 ans, au pouvoir depuis 1979) du Mouvement Populaire de Libération de l’Angola (MPLA) est pressenti comme candidat à sa propre succession.

    Les dernières élections législatives ont renforcé la position du MPLA au pouvoir et la nouvelle Constitution adoptée en janvier 2010 a renforcé la position du président Dos Santos. Il tentera probablement un autre mandat qu’il obtiendra. S’agissant de l’Unita, leur Candidat principal est Isaïas Samakuva.

    Il est à rappeler que lors des dernières présidentielles, il n’y a eu qu’un 1er tour de l’élection présidentielle, le 2ème tour exigé par la constitution, n’a pas été réalisé. Dos Santos est logiquement jusqu’aujourd’hui (2012) un président sans légitimation électorale.

    Présidentielles en République de Sierra Leone prévues le 17 novembre 2012

    Le Président actuel, Ernest Bai Koroma (58 ans, au pouvoir depuis 2007) de L’APC (All People’s Congress) est candidat à sa propre succession.

    L’APC est l’un des 5 partis officiellement reconnus en Sierra Leone. Les autres formations, toutes de l’opposition, sont le Parti des peuples de Sierra Leone (SLPP, le plus important de l’opposition), le Mouvement du peuple pour le changement démocratique (PMDC), l’Alliance Nationale Démocratique (NDA) et le Mouvement Démocratique Uni (UDM) récemment créé. L’APC, le SLPP et le PMDC sont les seuls représentés dans l’actuel parlement.

    Le Budget des élections est estimé à 47 millions de dollars et le candidat potentiel sera l’ex putshiste Julius Maada Bio du Parti des Peuples de Sierra Leone (SLPP).

    Présidentielles en République du Ghana prévues en décembre 2012
    Après le décès du président John Atta Mills, (68 ans), du Congrès Démocratique national (NDC) en juillet 2012, le vice-président, John Dramani Mahama, a accédé à la présidence par intérim.

    Nana Konadu Agyemang Rawlings, (63 ans), Yao Obed leader du Parti pour la Liberté Démocratique (PLD), qui a annoncé que sa formation politique va retourner au sein du parti au pouvoir, le Congrès National Démocratique (NDC),sont les candidats potentiels à ces présidentielles.
    7 décembre 2012, 1er tour, second tour le 28 décembre 2012.

    Présidentielles en République du Zimbabwe (en cours de discussion, probablement fin 2012)

    Le Président actuel , Robert Mugabe, (88 ans) de l’Union Nationale Africaine du Zimbabwe, est au pouvoir depuis 32 ans.

    Les nouvelles élections ne pouvaient être organisées en 2011, en raison des négociations sur l’élaboration d’une nouvelle constitution.

    Présidentielles en République du Kenya prévues en mars 2013

    Le Président actuel , Mwai Kibaki, du Parti de l’Unité nationale (PNU), Alliance nationale arc-en-ciel (NRA) et de l’Union nationale africaine du Kenya (KANU), est au pouvoir depuis 1992.

    Uhuru Kenyatta (un candidat potentiellement puissant), Martha Karua (ancienne Ministre de la Justice) peut créer la surprise, Raphael TUJU, ancien MAE et conseiller présidentiel kenyan, et William Ruto du Mouvement démocratique orange (ODM) sont les candidats potentiels à ces présidentielles.

    Cependant, les deux candidats potentiels Uhuru Kenyatta et William Ruto, risquent d’être inculpés d’ici là par la Cour pénale internationale (CPI) pour leur rôle lors des clashs postélectoraux de 2008.

    Après les législatives du 14 août 2012, le Parlement national sera constitué de deux chambres dont les membres sont élus pour un mandat de cinq ans. Aujourd’hui, le Parlement est composé d’une seule chambre qui est l’Assemblée nationale.


    Présidentielles à Madagascar prévues en mai 2013

    Le premier tour de l’élection présidentielle malgache aura lieu le 8 mai 2013, suivi le 3 juillet d’un éventuel second tour jumelé avec les législatives.

    Madagascar attend ces élections depuis le renversement en mars 2009 du président Marc Ravalomanana par le maire d’Antananarivo Andry Rajoelina. Ce dernier a pris le pouvoir lors d’une révolte populaire, est devenu «président de la Transition », non élu. Il existe un risque de violences politiques et de contestations.

    Présidentielles en Somalie prévues en 2013

    Le Président actuel Sheikh Sharif Sheikh AHMED est au pouvoir depuis le 31 janvier 2009.

    L’adoption, le 6 juillet dernier, d’une feuille de route, a ouvert une période intérimaire qui se terminera le 20 août 2012. Ce document contient des objectifs à atteindre aussi bien sur le plan sécuritaire que sur des questions constitutionnelle et de gouvernance. La FDR soumet le gouvernement fédéral de transition (GFT) à une obligation de mettre en place un projet de nouvelle constitution, de lutter contre la corruption, et de renforcer de l’Etat de droit.

    III. Remarques 

    Le bilan des deux décennies de transitions démocratiques en Afrique peut paraître décevant : guerres civiles, dictatures et coups d’État. Pourtant, les sociétés africaines, plurielles et ouvertes, s’approprient les formes démocratiques, avec un langage et des pratiques qui leur sont propres.

    Le pluralisme politique est déjà un fait acquis dans plusieurs pays africains, mais la logique de son fonctionnement varie d’un pays à l’autre. Certains États étudient les modalités de financement des partis politiques afin qu’ils contribuent positivement à l’oeuvre démocratique (Sénégal, Guinée, Togo, etc.). D’autres s’alignent sur les bases ethniques ou socio-religieuses devenant des partis alimentaires.

    Davantage en Afrique, où le spectre de l’autoritarisme rôde autour du pouvoir, la formation à la démocratie devrait occuper une grande partie des énergies nationales; des synergies devraient être recherchées entre éducation civique, éducation à la démocratie et alphabétisation des masses, pour réussir cette entreprise.

    En outre, un grand défi pour la politique africaine est qu’elle doit à la fois achever la création d’un Etat-nation en même temps qu’elle doit se doter d’une société civile saine, ce qui implique la gestion impartiale et juste des conflits qui y surgissent en terme d’accès aux ressources.

    La question des minorités n’est pas liée aux grandes questions de la démocratie en Afrique: « les Banyamulenge, les Peuls et Toubou (Niger), la Casamance (Sénégal), les Twa au Rwanda et Burundi, etc ».

    Par ailleurs, plusieurs constitutions constituent une feuille de route où les minorités, notamment les femmes et les enfants, ne trouvent aucune protection, davantage si elles sont analphabètes.

    L’alternance politique ou la compétition pour le pouvoir est rarement perçue comme une affaire politique. De plus cette alternance se trouve souvent dans le piège du clanisme et de la haine personnelle alors qu’elle devrait faire partie des règles du jeu démocratique qui consiste à accepter le choix des électeurs.

    Il reste à instaurer un nouveau « contrat social » en Afrique pour répondre aux attentes immenses soulevées par les révolutions dans toutes les couches de la société et permettre à leurs économies de rebondir rapidement.

    Ministère des Affaires Etrangères et de la Coopération

    Le secrétaire général

    #Maroc #Sénégal #Mali #ByrkinaFaso #Niger #Sahel #Congo #RDC #RCA

  • La France décriée, assiste-t-on à la fin de la Francafrique ?

    La France décriée, assiste-t-on à la fin de la Francafrique ?

    France, Barkhane, Françafrique, Mali, Burkina Faso, Niger, Sahel,

    Le sentiment anti-français a fortement augmenté dans les pays sahéliens et nord-africains, principalement en raison d’une animosité persistante envers les contributions de Paris à la déstabilisation de certaines parties du Sahel par le biais d’interventions militaires malavisées et malheureuses.

    En Algérie et au Maroc, les tentatives françaises de redéfinir les relations n’ont pas réussi à convaincre les jeunes enragés des deux pays. Pendant ce temps, les échecs de la politique étrangère en Libye et une lamentable erreur de calcul en Tunisie alimentent un consensus sur le rôle diminué de la France dans ce qui était autrefois sa sphère d’influence jalousement gardée.

    L’écriture était sur le mur dès la fin des années 1950, lorsque la plupart des colonies françaises d’Afrique gagnaient rapidement leur indépendance. À la fin de la guerre froide, la France luttait pour maintenir son proverbial pré-carré (ou «arrière-cour»), composé d’États indépendants qui faisaient autrefois partie des illusions de grandeur françaises en tant que puissance mondiale – un peu comme l’influence dominatrice américaine et britannique. dans le monde majoritairement unipolaire d’antan.

    L’apogée de la soi-disant «Francafrique», une référence péjorative à l’effondrement de l’influence française sur ses anciennes colonies en Afrique, a rapidement cédé la place aux contraintes nationales, à une marée montante d’anticolonialisme, à l’influence décroissante des partisans de la Francafrique et à ses membres de l’UE.

    Pendant ce temps, malgré la libéralisation politique et économique qui accompagne l’émancipation de l’hégémonie française, les anciennes colonies perdent rapidement de leur attrait face aux inévitables bouleversements sociopolitiques post-indépendance.

    Ainsi, l’évolution naturelle de la « sensibilisation » française a été l’adoption d’un pragmatisme condescendant dans ce qui restait de ses liens économiques, sécuritaires, politiques et même culturels avec la Francafrique, généralement via des approches alambiquées impliquant ses institutions publiques, ses médias, ses entreprises et ses universités.

    Ce cadrage fait allusion à l’égarement français en tant qu’entreprise nationale, mais la plupart des décisions politiques et des manœuvres stratégiques dans la sphère d’influence française en Afrique ont en fait été menées par un petit groupe restreint d’élites au sein de l’orbite du président français.

    Souvent, ces « conseillers » et influenceurs politiques travaillaient en étroite collaboration avec de puissantes entités commerciales françaises qui avaient déjà, ou recherchaient, des opportunités commerciales dans des industries stratégiques, telles que les combustibles fossiles et l’extraction des ressources minérales, dans les anciennes colonies.

    D’autres élites de l’ombre ayant des liens avec la Direction générale de la sécurité extérieure, les services secrets français, feraient pression sur l’Elysée pour établir des parapluies de sécurité, construire des réseaux idéologiques et même organiser des «interventions» opportunes par le biais d’élections ou de coups d’État douteux.

    Pendant un certain temps, la longue ombre projetée par Paris a entretenu l’illusion d’un mastodonte postcolonial toujours prospère, garant de la stabilité politique et économique des républiques africaines naissantes et exécuteur des mandats de l’ONU.

    Des accords de coopération et des monnaies ancrées au franc français aux réseaux personnels naissants construits entre les élites dorées des deux côtés de la Méditerranée, la France a dominé pendant des décennies, sans contestation, alors même que les échecs persistants et le manque de contrôle commençaient à sous-tendre une montée de la corruption et le racket de l’État.

    Ce n’était qu’une question de temps avant que l’influence française ne s’estompe, ce qui est exactement ce qui se passe dans notre monde multipolaire où la concurrence à la domination française et l’opposition à ses objectifs dans cette partie du monde ne manquent pas.

    Une présence chinoise accrue, par exemple, associée à des « intrusions » similaires de la Russie, des États-Unis, de l’Italie, de la Turquie et de plusieurs États arabes, a encouragé les acteurs locaux à ne plus compter uniquement sur les réseaux ou le soutien français pour se maintenir au pouvoir. Pour les pays d’Afrique du Nord autonomes qui ne souhaitent pas suivre la ligne de l’Elysée, il ne manque plus désormais de partenaires extérieurs susceptibles de liens bénéfiques qui ne s’accompagnent pas d’une demande implicite de déférence envers Paris, subordonnant ainsi leurs propres intérêts nationaux.

    Il n’est donc pas surprenant que ces dernières années, la perception négative de la France dans de multiples sociétés et populations francafricaines n’ait fait que croître régulièrement et soit sur le point de prendre de l’ampleur si les tendances actuelles persistent.

    Même avant les inévitables géopolitiques d’aujourd’hui, la France n’avait pas encore subi le contrecoup pendant plus de 50 ans d’interventionnisme malveillant à travers l’Afrique, sans exclure le soutien de régimes odieux qui privilégiaient l’enrichissement personnel au détriment du bien-être national. En conséquence, plusieurs groupes d’insurrection ont vu le jour pour défier les gouvernements affaiblis redevables à Paris, transformant le Sahel en une région fertile pour les acteurs malveillants qui ont continué à terroriser des populations entières.

    En fait, l’incapacité à maîtriser les groupes d’insurgés djihadistes et les gangs violents alimente également le ressentiment français, car les dirigeants militaires soutenus par Paris manquent de compétence, de détermination ou de stratégie pour lutter contre cette menace. En conséquence, l’antipathie française a atteint un point tel que les communautés sahéliennes toléreraient plus tôt des maraudeurs anarchiques que de supporter une présence française soutenue qui a perdu toute utilité et pertinence.

    Au cours des deux dernières années seulement, au moins six coups d’État, motivés par la montée du sentiment anti-français au Sahel, ont eu lieu au Mali, au Burkina Faso et en Guinée, des pays qui étaient autrefois un foyer d’ingérence coloniale française.

    Les manifestations violentes à travers le Sahel illustrent également la profondeur du ressentiment ressenti dans les capitales marocaine et algérienne. Une récente vague d’activités diplomatiques entre Alger et Paris a plus ou moins écarté les voix dissidentes parmi le public algérien – des voix qui ont insulté le président français Emmanuel Macron lors d’une visite officielle il y a un peu plus d’un mois. Au Maroc, cependant, c’est une autre histoire.

    La détérioration des relations entre le Maroc et la France est principalement due au fait que Rabat a développé des relations économiques, politiques et sécuritaires stratégiques avec des régimes dans certaines parties de l’Afrique de l’Ouest et du Centre dans un défi indirect à l’hégémonie française traditionnelle.

    La plupart de ces connexions ont un double objectif : obtenir un soutien avant l’examen minutieux du Sahara occidental par la communauté internationale, ainsi qu’éroder l’influence algérienne pour contrôler un rival régional. En conséquence, Paris se sent méprisé et progressivement mis à l’écart par les Marocains, qui renforcent également progressivement leurs liens avec Washington et récoltent un tourbillon de dividendes sous forme de matériel militaire et d’approbation tacite des propositions du Maroc sur la question du Sahara occidental.

    Avec le voyage en Algérie derrière lui, Macron devrait se rendre au Maroc ce mois-ci mais, dans l’état actuel des choses, on ne sait pas si ce qui sera très probablement un face-à-face tendu et maladroit à Rabat pourra dégeler un face-à-face de plus en plus relation glaciale, surtout quand le Maroc semble avoir toutes les cartes en main.

    Après tout, n’ayant réussi à atteindre aucun objectif politique et militaire tangible en Libye, associé à la perspective improbable d’un Tunis troublé invitant davantage l’influence française dans sa politique, l’écriture sur le mur devient lentement plus lisible. La Francafrique est à bout de souffle.

    Hafed Al-Ghwell est chercheur principal et directeur exécutif de l’Initiative stratégique Ibn Khaldun à l’Institut de politique étrangère de la Johns Hopkins University School of Advanced International Studies à Washington, DC, et ancien conseiller du doyen du conseil d’administration. du Groupe de la Banque mondiale. Twitter : @HafedAlGhwell

    Arab News, 22/10/2022

    #France #Sahel #Mali #Niger #BurkinaFaso #Barkhane

  • Mali: L’ambassadeur du Maroc alerte sur le rôle de l’Algérie

    Mali: L’ambassadeur du Maroc alerte sur le rôle de l’Algérie

    Mali, Maroc, Algérie, Hassan Naciri, Azawad, MNLA, accord de paix, CEDEAO,

    Vers le retour de l’Algérie sur la scène politico-diplomatique malienne

    J’ai l’honneur de porter à votre connaissance que le Ministre malien des affaires étrangères s’est rendu dimanche à Alger pour participer aux travaux de la 4ème session du comité stratégique algéro-malien.

    Cette visite intervient au moment où plusieurs indicateurs confirment le « retour » de l’Algérie sur la scène malienne. L’on rappelle d’abord que cette semaine, Alger a réussi l’organisation d’une réunion des Secrétaires Géneraux des trois mouvements armés signataires de l’Accord de Ouagadougou.

    La réunion a été sanctionnée par la signature, mardi dernier, de deux documents : le 1er portant le nom de « Déclaration d’Alger » et renfermant une plate-forme de négociations et le 2ème sous forme d’appel aux autres groupes armés pour cesser les hostilités, ce qui constitue une première sur ce plan.

    A la suite de la signature de ce document, Bilal Ag Charif, Secrétaire Général du MNLA a déclaré que « les consultations menées en Algérie ont été orientées vers la conception des étapes allant dans le sens des préparations des négociations avec le Gouvernement malien ».

    A cet effet, le Mali n’a pas manqué de saluer ce « succès » à travers un communiqué officiel formulé comme suit : « Le gouvernemant de la République du Mali prend acte de la signature, le 9 juin 2014 à Alger, d’une déclaration conjointe par trois mouvements armés du nord du Mali. Le gouvernement saisit cette occasion pour remercier le Président Abdelaziz Bouteflika, le Gouvernement et le peuple algériens pour les efforts de facilitation du dialogue inclusif inter-malien en vue d’un règlement global et durable de la crise au nord du Mali ».

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    #Mali #Maroc #Algérie #Accord_dalger #Azawad #MNLA #CEDEAO

  • Mali: L’ambassadeur du Maroc alerte sur le rôle de l’Algérie

    Mali: L’ambassadeur du Maroc alerte sur le rôle de l’Algérie

    Mali, Maroc, Algérie, Hassan Naciri, Azawad, MNLA, accord de paix, CEDEAO,

    Vers le retour de l’Algérie sur la scène politico-diplomatique malienne

    J’ai l’honneur de porter à votre connaissance que le Ministre malien des affaires étrangères s’est rendu dimanche à Alger pour participer aux travaux de la 4ème session du comité stratégique algéro-malien.

    Cette visite intervient au moment où plusieurs indicateurs confirment le « retour » de l’Algérie sur la scène malienne. L’on rappelle d’abord que cette semaine, Alger a réussi l’organisation d’une réunion des Secrétaires Géneraux des trois mouvements armés signataires de l’Accord de Ouagadougou.

    La réunion a été sanctionnée par la signature, mardi dernier, de deux documents : le 1er portant le nom de « Déclaration d’Alger » et renfermant une plate-forme de négociations et le 2ème sous forme d’appel aux autres groupes armés pour cesser les hostilités, ce qui constitue une première sur ce plan.

    A la suite de la signature de ce document, Bilal Ag Charif, Secrétaire Général du MNLA a déclaré que « les consultations menées en Algérie ont été orientées vers la conception des étapes allant dans le sens des préparations des négociations avec le Gouvernement malien ».

    A cet effet, le Mali n’a pas manqué de saluer ce « succès » à travers un communiqué officiel formulé comme suit : « Le gouvernemant de la République du Mali prend acte de la signature, le 9 juin 2014 à Alger, d’une déclaration conjointe par trois mouvements armés du nord du Mali. Le gouvernement saisit cette occasion pour remercier le Président Abdelaziz Bouteflika, le Gouvernement et le peuple algériens pour les efforts de facilitation du dialogue inclusif inter-malien en vue d’un règlement global et durable de la crise au nord du Mali ».

    L’Algérie, pour sa part, a affiché, mardi, sa satisfaction quant à l’engagement de trois mouvements maliens dans un dialogue inter-malien inclusif.

    Dans la même sillage, deux activités sont prévues à Alger, à savoir : la 4ème session du Comité bilatéral stratégique algéro-malien sur le nord Mali et la 3ème réunion de concertation de haut niveau sur le processus de dialogue inter-malien.

    L’autre indicateur de ce « retour », la position du Ministre français des Affaires Etrangères, Laurent Fabius, lors de sa dernière visite à Alger centrée sur la sécurité au Sahel et qui a fait une déclaration d’ordre stratégique et pleine de sous-entendus : « Le dialogue au Mali passe par trois canaux : la CEDEAO, le Réprésentant Spécial du Président malien et un canal, l’Algérie, dont l’efficacité est reconnue par les uns et les autres ».

    Pour sa part, le parti malien Solidarité Africaine pour la Démocratie et l’Indépendance (SADI) du tonitruant Oumar Maricko, vient d’appeler à une alliance stratégique avec l’Algérie pour la résolution de la crise.

    Enfin, il semblerait que, contrairement à la conditionnalité fixée par les maliens quant à la nécessité de négocier au Mali, une brèche s’ouvre pour faciliter le travail de l’Algérie.

    Ainsi, au cours de la séance de « Questions d’actualités » à l’Assemblée nationale malienne, le Premier Ministre Moussa MARA, a soutenu la disponibilité de son pays à ouvrir les discussions avec les groupes armés sur les points qui font blocage, notamment le lieu des négociations.

    En guise de conclusion, l’on peut dire que l’Algérie, qui a souffert du rôle déterminant de la CEDEAO dans la gestion de la crise malienne et de ce que l’Algérie, après une période de « répit forcé », en raison de la montée du rôle de la CEDEAO et de ce qu’ils appellent « l’internationalisation de la gestion de la crise malienne », semble en passe de reprendre la main dans la gestion du dossier.

    Ceci est d’autant plus facilité par le dépassement de la crise induite de la maladie du Président algérien Abdelaziz Bouteflika et sa candidature pour un 4ème mandat aux élections présidentielles.

    Très haute considération
    L’Ambassadeur de S. M. le Roi du Maroc
    Hassan Naciri

    #Mali #Maroc #Algérie #Accord_dalger #Azawad #MNLA #CEDEAO

  • Burkina Faso : Traoré sur les pas de Thomas Sankara

    Burkina Faso : Traoré sur les pas de Thomas Sankara

    Burkina Faso, Ibrahim Traoré, Thomas Sankara, France, Mali, Sahel,

    Thomas Sankara, avec le grade de Capitaine a renversé le président Jean-Baptiste Ouedraogo à l’âge de 34 ans. Aujourd’hui, Ibrahim Traoré a renversé Paul Damiba au même âge et au même grade. Est-ce le fruit de l’hasard?.

    En tout cas, ce qui est sûr c’est que le nouveau homme fort du Burkina Faso semble aller sur les pas du président martyr le plus apprécié du Pays des Hommes Libres. Celui qui en seulement 4 ans au pouvoir (1983-87), a construit 350 écoles, des routes, des chemins de fer sans aide étrangère. Il a augmenté le taux d’alphabétisation de 60%. Il a également interdit les mariages forcés, donné des terres aux pauvres, vacciné 2,5 millions d’enfants et planté 10 millions d’arbres.

    Thomas Sankara a nommé des femmes à des postes gouvernementaux élevés, les a encouragées à travailler, les a recrutées dans l’armée et leur a accordé des congés de maternité. Il a également vendu la flotte de voitures Mercedes du gouvernement et a fabriqué la Renault 5 (la voiture la moins chère vendue au Burkina Faso à cette époque).

    « Il n’y a pas de véritable révolution sociale sans la libération de la femme. Que mes yeux ne voient jamais et que mes pieds ne me conduisent jamais dans une société où la moitié du peuple est tenue au silence. J’entends le rugissement du silence des femmes. Je sens le grondement de leur tempête et je ressens la fureur de leur révolte », a-t-il déclaré.

    Il a rendu la Renault 5 voiture de service officielle des ministres. Il réduit les salaires de tous les fonctionnaires, y compris les siens, et interdit l’utilisation des chauffeurs du gouvernement et des billets d’avion de première classe. Et il a abaissé son salaire à 450 dollars par mois.

    Il s’est opposé à l’aide étrangère, affirmant que « celui qui vous nourrit, vous contrôle ». Il a également chassé l’impérialisme français et retiré le Burkina Faso du FMI.

    Après tout cela, il a quand même été tué comme un chien par les laquais de la France. Leçon : Peu importe votre loyauté et votre patriotisme envers votre peuple et votre pays, si l’Occident veut votre mort, vos propres compatriotes seront utilisés pour faire le sale boulot.

    Comme disait le président guinéen, Ahmed Sékou Touré, « quand vous êtes félicité par le colon, cela signifie que vous êtes mauvais pour votre peuple. Quand ils disent que tu es mauvais, cela veut dire que tu es bon pour ton peuple. Le jour où ils diront que je suis bon, cela voudra dire que je vous ai trahi ».

    Aujourd’hui les responsables français s’agitent dans des déclarations qui trahissent leur esprit colonisateur. Ainsi, François Hollande a affirmé que «les coups d’Etats au Mali et au Burkina ont été utilisés par les Russes pour mettre la France dehors». N’est-ce pas là, un aveu implicite que Paul Damiba était un pion français?

    #Burkina_Faso #Ibrahim_Traoré #Thomas_Sankara #France #Mali #Sahel

  • Morocco spied on a meeting of Ban Ki-moon with Idriss Déby

    Morocco spied on a meeting of Ban Ki-moon with Idriss Déby

    Morocco, UN, Ban Ki-moon, Tchad, Idriss Déby, MINUSMA, Mali, RCA, République Centrafricaine, MINUSCA,

    Morocco received an email containing the minutes of the UN Secretary General’s meeting with Chadian President Idriss Déby Itno. The confidential mail was sent by a certain Isam Taib, of the Africa II Division, DPA.

    Among the secrets revealed by French hacker Chris Coleman is also a document containing language elements that the UN chief should raise in this meeting

    Here is the full text of the mail as well as the document hacked by the Moroccan secret services.

    Chad
    I T [izmtyb@gmail.com]
    Date d’envoi : vendredi 26 septembre 2014 18:30
    meeting with H.E. Mr. Idriss Déby Itno,
    President of the Republic of Chad,
    Held at United Nations Headquarters
    On 23 September 2014 at 18:15 pm

    Present:

    The Secretary-General
    H.E. Mr. Idriss Déby Itno,
    Ms. Malcorra
    Mr. Ladsous
    Mr. Koenders
    President of the Republic of Chad
    H.E. Mr. Moussa Faki Mahamat,
    Minister of Foreign Affairs of Chad
    Mr. Abdelaziz
    Mr. Zerihoun
    Ms. Guebre Selassie
    Ms. Rubira
    Mr. Taib (Note taker)
    H.E. Mr. Gali Ngote Koutou,
    Minister, Director of Cabinet of the President
    H.E. Mr. Cherif Mahamat Zene,
    Permanent Representative of Chad to the United Nations
    Mr. Ahmat Abdrahman Haggar, Diplomatic Adviser of the President

    Key points raised:

    The Secretary-General reiterated his condolences for the recent loss of Chadian peacekeepers in northern Mali and commended Chad for its important contribution to the United Nations Integrated Stabilization Mission in Mali (MINUSMA). He reassured Chad that their concerns would be addressed and encouraged Chad to continue supporting stabilization efforts in Mali. President Déby Itno reiterated Chad’s full commitment to continue supporting stabilization efforts in Mali and called on the United Nations to do more to address their concerns in relation to the conditions of their troops in northern Mali.

    The Secretary-General expressed concern over the threat posed by terrorism and sought President Déby Itno’s assessment of the situation in north-eastern Nigeria. President Déby Itno expressed serious concern over the threat posed by Boko Haram and stressed the need to implement the United Nations Integrated Strategy for the Sahel to combat the spread of this phenomenon.

    The Secretary-General commended Chad for its active contribution, as Chair of the Economic Community of Central African States (ECCAS) and member of the Security Council, to resolve the ongoing crisis in the Central African Republic (CAR). He encouraged Chad to continue to support stabilization efforts in CAR and to cooperate with the United Nations Integrated Stabilization Mission in the Central African Republic (MINUSCA). President Déby Itno highlighted that Chad would continue to support stabilization efforts in the Car and indicated that the deployment of Chadian soldiers to the country was not an option.

    President Déby Itno raised serious concern over the situation in Libya.

    Summary of Discussion

    1. The Secretary-General reiterated his sincere condolences for the recent loss of Chadian peacekeepers in northern Mali. He indicated that Chad had shown courageous leadership and set a strong example for peace and security in the region through its important contribution to the United Nations Integrated Stabilization Mission in Mali (MINUSMA). He expressed the UN’s appreciation for the excellent performance of Chadian soldiers within MINUSMA and commended Chad for its role in support of the Malian peace process. He underlined that the UN was determined to provide support to the Chadian contingent by improving the situation in their bases and through the provision of additional equipment. He informed the Chadian delegation that the United Nations is exploring options to increase the number of armored vehicles, pre-deployment training and collaboration with the French operation “Barkhane”. He announced that the UN would dispatch a high-level delegation to N’Djamena, Chad, to discuss these issues.

    2. President Idriss Déby Itno indicated that, while Chad was shocked by the recent killing of its soldiers, it would remain committed to pursue its cooperation with the United Nations. He deplored the “very bad” management of Chadian peacekeepers located in the most volatile and difficult regions of the north of Mali (Aguelhok, Tessalit and Kidal). He called on the UN to improve the living conditions of Chadian soldiers and to take necessary measures to enhance their protection. He suggested that a rotation of troops within MINUSMA be established to allow Chadian peacekeepers to be regularly redeployed out of this “hardship zone”. President Déby Itno insisted on the need to implement the United Nations Integrated Strategy for the Sahel to tackle the spread of terrorism and to prevent further recruitment by these groups. He indicated that the promises made by the World Bank and the UN to the people of the region needed to materialize.

    3. The Secretary-General encouraged President Déby Itno to work with national stakeholders to ensure that progress achieved in peace consolidation is further strengthened in the country.

    4. The Secretary-General expressed concern about the threat posed by Boko Haram and sought Chad’s views on the situation in north-eastern Nigeria and its impact on peace and stability in the region.

    5. President Déby Itno indicated that he was very pessimistic about the situation in north-eastern Nigeria, adding that the Nigerian army did not have the means to contain Boko Haram. He was very concerned with Boko Haram’s new tactics of conquering territories, expanding its activities into Cameroon, and increasing recruitment. He also expressed serious concern about Boko Haram’s allegiance to the so-called Islamic State of Iraq and the Levant (ISIL).

    6. The Secretary-General commended Chad for its active contribution, as Chair of the Economic Community of Central African States (ECCAS) and member of the Security Council, to resolve the ongoing crisis in CAR. He also welcomed the initial role played by Chadian soldiers to stabilize CAR and invited Chad to continue to cooperate and render support to stabilization efforts in CAR.

    7. President Déby Itno welcomed the launch of MINUSCA’s operations and stated that the recent resumption of economic activity in Bangui was a good sign. He regretted that the Government had little influence beyond Bangui and indicated that more dialogue was needed. He warned against pushing for elections in the CAR and stressed the need to support the ongoing transition, including financially, to allow for the expansion of state authority throughout CAR. Concerning the anti-Balaka, he mentioned the need to confine these groups to barracks and to begin DDR operations as soon as possible. He indicated that the deployment of Chadian soldiers to CAR was not an option, adding that Chadian public opinion was adamantly against it. He added that Chad was however ready to support CAR, including through the training of its soldiers and officials.

    8. resident Déby Itno expressed serious concern over the ongoing situation in Libya.

    Follow up action: none

    Isam Taib
    Africa II Division, DPA



    Source : Marocleaks, 04/10/2022

    #Morocco #UN #Tchad #Idriss_Déby_Itno #CEEAC #Mali #MINUSMA #RCA #MINUSCA

  • Le Maroc a espionné une réunion de l’ONU avec Idriss Déby

    Maroc, ONU, Ban Ki-moon, Tchad, Idriss Déby, MINUSMA, Mali, RCA, République Centrafricaine, MINUSCA,

    Le Maroc a reçu un email contenant le compte-rendu de la réunion du Secrétaire Général de l’ONU avec le président tchadien Idriss Déby Itno. Le courrier confidentiel a été envoyé par un certain Isam Taib, de l’Africa II Division, DPA.

    Parmi les secrets dévoilés par le hacker français Chris Coleman se trouve aussi un document contenant des éléments de langage que le Chef de l’ONU devrait soulever dans cette réunion.

    Voici le texte intégral du courrier envoyé par la source marocaine ainsi que le document subitlisé par les services secrets marocains.

    Chad
    I T [izmtyb@gmail.com]
    Date d’envoi : vendredi 26 septembre 2014 18:30
    rencontre avec S.E.M. Idriss Déby Itno,
    Président de la République du Tchad,
    Tenue au siège des Nations Unies
    Le 23 septembre 2014 à 18h15

    Sont présents :

    Le Secrétaire Général
    S.E. M. Idriss Déby Itno,
    Mme Malcorra
    M. Ladsous
    M. Koenders
    Le Président de la République du Tchad
    S.E. M. Moussa Faki Mahamat,
    Ministre des Affaires étrangères du Tchad
    M. Abdelaziz
    M. Zerihoun
    Mme Guebre Selassie
    Mme Rubira
    M. Taib (Preneur de notes)
    S.E. M. Gali Ngote Koutou,
    Ministre, Directeur du Cabinet du Président
    S.E. M. Cherif Mahamat Zene,
    Représentant permanent du Tchad auprès des Nations Unies
    M. Ahmat Abdrahman Haggar, Conseiller diplomatique du Président.

    Principaux points soulevés :

    Le Secrétaire général a réitéré ses condoléances pour la perte récente de soldats de la paix tchadiens dans le nord du Mali et a félicité le Tchad pour son importante contribution à la Mission intégrée des Nations Unies pour la stabilisation au Mali (MINUSMA). Il a assuré le Tchad que ses préoccupations seraient prises en compte et l’a encouragé à continuer à soutenir les efforts de stabilisation au Mali. Le Président Déby Itno a réitéré l’engagement total du Tchad à continuer à soutenir les efforts de stabilisation au Mali et a appelé les Nations Unies à faire plus pour répondre à leurs préoccupations en ce qui concerne les conditions de leurs troupes dans le nord du Mali.

    Le Secrétaire général s’est dit préoccupé par la menace que représente le terrorisme et a demandé au Président Déby Itno son évaluation de la situation dans le nord-est du Nigeria. Le président Déby Itno s’est dit très préoccupé par la menace que représente Boko Haram et a souligné la nécessité de mettre en œuvre la stratégie intégrée des Nations unies pour le Sahel afin de lutter contre la propagation de ce phénomène.

    Le Secrétaire général a félicité le Tchad pour sa contribution active, en tant que président de la Communauté économique des États de l’Afrique centrale (CEEAC) et membre du Conseil de sécurité, à la résolution de la crise actuelle en République centrafricaine (RCA). Il a encouragé le Tchad à continuer à soutenir les efforts de stabilisation en RCA et à coopérer avec la Mission intégrée des Nations Unies pour la stabilisation en République centrafricaine (MINUSCA). Le Président Déby Itno a souligné que le Tchad continuerait à soutenir les efforts de stabilisation en RCA et a indiqué que le déploiement de soldats tchadiens dans le pays n’était pas une option.

    Le président Déby Itno s’est dit très préoccupé par la situation en Libye.

    Résumé des discussions

    1. Le Secrétaire général a réitéré ses sincères condoléances pour la récente perte de soldats de la paix tchadiens dans le nord du Mali. Il a indiqué que le Tchad avait fait preuve d’un leadership courageux et montré un exemple fort pour la paix et la sécurité dans la région grâce à son importante contribution à la Mission intégrée des Nations Unies pour la stabilisation au Mali (MINUSMA). Il a exprimé la reconnaissance de l’ONU pour l’excellente performance des soldats tchadiens au sein de la MINUSMA et a félicité le Tchad pour son rôle de soutien au processus de paix malien. Il a souligné que l’ONU était déterminée à apporter son soutien au contingent tchadien en améliorant la situation dans leurs bases et en leur fournissant des équipements supplémentaires. Il a informé la délégation tchadienne que les Nations unies étudient les possibilités d’augmenter le nombre de véhicules blindés, la formation préalable au déploiement et la collaboration avec l’opération française « Barkhane ». Il a annoncé que l’ONU enverrait une délégation de haut niveau à N’Djamena, au Tchad, pour discuter de ces questions.

    2. Le Président Idriss Déby Itno a indiqué que, si le Tchad était choqué par le récent assassinat de ses soldats, il resterait déterminé à poursuivre sa coopération avec les Nations Unies. Il a déploré la « très mauvaise » gestion des casques bleus tchadiens situés dans les régions les plus volatiles et difficiles du nord du Mali (Aguelhok, Tessalit et Kidal). Il a appelé l’ONU à améliorer les conditions de vie des soldats tchadiens et à prendre les mesures nécessaires pour renforcer leur protection. Il a suggéré qu’une rotation des troupes au sein de la MINUSMA soit mise en place pour permettre aux casques bleus tchadiens d’être régulièrement redéployés hors de cette « zone de difficultés ». Le président Déby Itno a insisté sur la nécessité de mettre en œuvre la stratégie intégrée des Nations unies pour le Sahel afin de lutter contre la propagation du terrorisme et d’empêcher de nouveaux recrutements par ces groupes. Il a indiqué que les promesses faites par la Banque mondiale et l’ONU aux populations de la région devaient se concrétiser.

    3. Le Secrétaire général a encouragé le Président Déby Itno à travailler avec les parties prenantes nationales pour faire en sorte que les progrès réalisés dans la consolidation de la paix soient encore renforcés dans le pays.

    4. Le Secrétaire général s’est dit préoccupé par la menace que représente Boko Haram et a demandé l’avis du Tchad sur la situation dans le nord-est du Nigeria et son impact sur la paix et la stabilité dans la région.

    5. Le président Déby Itno a indiqué qu’il était très pessimiste quant à la situation dans le nord-est du Nigeria, ajoutant que l’armée nigériane n’avait pas les moyens de contenir Boko Haram. Il s’est dit très préoccupé par les nouvelles tactiques de Boko Haram, qui consiste à conquérir des territoires, à étendre ses activités au Cameroun et à accroître le recrutement. Il s’est également dit très préoccupé par l’allégeance de Boko Haram au soi-disant État islamique d’Irak et du Levant (ISIL).

    6. Le Secrétaire général a félicité le Tchad pour sa contribution active, en tant que président de la Communauté économique des États de l’Afrique centrale (CEEAC) et membre du Conseil de sécurité, à la résolution de la crise actuelle en RCA. Il a également salué le rôle initial joué par les soldats tchadiens pour stabiliser la RCA et a invité le Tchad à continuer à coopérer et à apporter son soutien aux efforts de stabilisation en RCA.

    7. Le Président Déby Itno a salué le lancement des opérations de la MINUSCA et a déclaré que la récente reprise de l’activité économique à Bangui était un bon signe. Il a regretté que le gouvernement ait peu d’influence au-delà de Bangui et a indiqué que davantage de dialogue était nécessaire. Il a mis en garde contre l’organisation d’élections en RCA et a souligné la nécessité de soutenir la transition en cours, y compris financièrement, afin de permettre l’expansion de l’autorité de l’État dans toute la RCA. Concernant les anti-balaka, il a mentionné la nécessité de confiner ces groupes dans des casernes et de commencer les opérations de DDR dès que possible. Il a indiqué que le déploiement de soldats tchadiens en RCA n’était pas une option, ajoutant que l’opinion publique tchadienne s’y opposait catégoriquement. Il a ajouté que le Tchad était cependant prêt à soutenir la RCA, notamment par la formation de ses soldats et de ses fonctionnaires.

    8. le résident Déby Itno a exprimé sa profonde inquiétude quant à la situation actuelle en Libye.

    Action de suivi : aucune

    Isam Taib
    Division Afrique II, DPA

    #Maroc #UN #Tchad #Idriss_Déby_Itno #CEEAC #Mali #MINUSMA #RCA #MINUSCA


  • Morocco spied on a meeting of Ban Ki-moon with Idriss Déby

    Morocco spied on a meeting of Ban Ki-moon with Idriss Déby

    Morocco, UN, Ban Ki-moon, Tchad, Idriss Déby, MINUSMA, Mali, RCA, République Centrafricaine, MINUSCA,

    Morocco received an email containing the minutes of the UN Secretary General’s meeting with Chadian President Idriss Déby Itno. The confidential mail was sent by a certain Isam Taib, of the Africa II Division, DPA.

    Among the secrets revealed by French hacker Chris Coleman is also a document containing language elements that the UN chief should raise in this meeting

    Here is the full text of the mail as well as the document hacked by the Moroccan secret services.

    Meeting with H.E. Mr. Idriss Déby Itno

    Chad
    I T [izmtyb@gmail.com]
    Date d’envoi : vendredi 26 septembre 2014 18:30
    meeting with H.E. Mr. Idriss Déby Itno,
    President of the Republic of Chad,
    Held at United Nations Headquarters
    On 23 September 2014 at 18:15 pm

    Present:

    The Secretary-General
    H.E. Mr. Idriss Déby Itno,
    Ms. Malcorra
    Mr. Ladsous
    Mr. Koenders
    President of the Republic of Chad
    H.E. Mr. Moussa Faki Mahamat,
    Minister of Foreign Affairs of Chad
    Mr. Abdelaziz
    Mr. Zerihoun
    Ms. Guebre Selassie
    Ms. Rubira
    Mr. Taib (Note taker)
    H.E. Mr. Gali Ngote Koutou,
    Minister, Director of Cabinet of the President
    H.E. Mr. Cherif Mahamat Zene,
    Permanent Representative of Chad to the United Nations
    Mr. Ahmat Abdrahman Haggar, Diplomatic Adviser of the President

    Key points raised:

    The Secretary-General reiterated his condolences for the recent loss of Chadian peacekeepers in northern Mali and commended Chad for its important contribution to the United Nations Integrated Stabilization Mission in Mali (MINUSMA). He reassured Chad that their concerns would be addressed and encouraged Chad to continue supporting stabilization efforts in Mali. President Déby Itno reiterated Chad’s full commitment to continue supporting stabilization efforts in Mali and called on the United Nations to do more to address their concerns in relation to the conditions of their troops in northern Mali.

    The Secretary-General expressed concern over the threat posed by terrorism and sought President Déby Itno’s assessment of the situation in north-eastern Nigeria. President Déby Itno expressed serious concern over the threat posed by Boko Haram and stressed the need to implement the United Nations Integrated Strategy for the Sahel to combat the spread of this phenomenon.

    The Secretary-General commended Chad for its active contribution, as Chair of the Economic Community of Central African States (ECCAS) and member of the Security Council, to resolve the ongoing crisis in the Central African Republic (CAR). He encouraged Chad to continue to support stabilization efforts in CAR and to cooperate with the United Nations Integrated Stabilization Mission in the Central African Republic (MINUSCA). President Déby Itno highlighted that Chad would continue to support stabilization efforts in the Car and indicated that the deployment of Chadian soldiers to the country was not an option.

    President Déby Itno raised serious concern over the situation in Libya.

    Summary of Discussion

    1. The Secretary-General reiterated his sincere condolences for the recent loss of Chadian peacekeepers in northern Mali. He indicated that Chad had shown courageous leadership and set a strong example for peace and security in the region through its important contribution to the United Nations Integrated Stabilization Mission in Mali (MINUSMA). He expressed the UN’s appreciation for the excellent performance of Chadian soldiers within MINUSMA and commended Chad for its role in support of the Malian peace process. He underlined that the UN was determined to provide support to the Chadian contingent by improving the situation in their bases and through the provision of additional equipment. He informed the Chadian delegation that the United Nations is exploring options to increase the number of armored vehicles, pre-deployment training and collaboration with the French operation “Barkhane”. He announced that the UN would dispatch a high-level delegation to N’Djamena, Chad, to discuss these issues.

    2. President Idriss Déby Itno indicated that, while Chad was shocked by the recent killing of its soldiers, it would remain committed to pursue its cooperation with the United Nations. He deplored the “very bad” management of Chadian peacekeepers located in the most volatile and difficult regions of the north of Mali (Aguelhok, Tessalit and Kidal). He called on the UN to improve the living conditions of Chadian soldiers and to take necessary measures to enhance their protection. He suggested that a rotation of troops within MINUSMA be established to allow Chadian peacekeepers to be regularly redeployed out of this “hardship zone”. President Déby Itno insisted on the need to implement the United Nations Integrated Strategy for the Sahel to tackle the spread of terrorism and to prevent further recruitment by these groups. He indicated that the promises made by the World Bank and the UN to the people of the region needed to materialize.

    3. The Secretary-General encouraged President Déby Itno to work with national stakeholders to ensure that progress achieved in peace consolidation is further strengthened in the country.

    4. The Secretary-General expressed concern about the threat posed by Boko Haram and sought Chad’s views on the situation in north-eastern Nigeria and its impact on peace and stability in the region.

    5. President Déby Itno indicated that he was very pessimistic about the situation in north-eastern Nigeria, adding that the Nigerian army did not have the means to contain Boko Haram. He was very concerned with Boko Haram’s new tactics of conquering territories, expanding its activities into Cameroon, and increasing recruitment. He also expressed serious concern about Boko Haram’s allegiance to the so-called Islamic State of Iraq and the Levant (ISIL).

    6. The Secretary-General commended Chad for its active contribution, as Chair of the Economic Community of Central African States (ECCAS) and member of the Security Council, to resolve the ongoing crisis in CAR. He also welcomed the initial role played by Chadian soldiers to stabilize CAR and invited Chad to continue to cooperate and render support to stabilization efforts in CAR.

    7. President Déby Itno welcomed the launch of MINUSCA’s operations and stated that the recent resumption of economic activity in Bangui was a good sign. He regretted that the Government had little influence beyond Bangui and indicated that more dialogue was needed. He warned against pushing for elections in the CAR and stressed the need to support the ongoing transition, including financially, to allow for the expansion of state authority throughout CAR. Concerning the anti-Balaka, he mentioned the need to confine these groups to barracks and to begin DDR operations as soon as possible. He indicated that the deployment of Chadian soldiers to CAR was not an option, adding that Chadian public opinion was adamantly against it. He added that Chad was however ready to support CAR, including through the training of its soldiers and officials.

    8. President Déby Itno expressed serious concern over the ongoing situation in Libya.

    Follow up action: none

    Isam Taib
    Africa II Division, DPA

    Africa II Division, DPA

    #Morocco #UN #Tchad #Idriss_Déby_Itno #CEEAC #Mali #MINUSMA #RCA #MINUSCA

  • La France perd progressivement son influence en Afrique

    La France perd progressivement son influence en Afrique

    France, Afrique, Françafrique, Barkhane, Mali, Burkina Faso,

    Samedi, les putschistes ont accusé la France d’aider le lieutenant-colonel Paul-Henri Sandaogo Damiba, qu’ils avaient dit avoir démis vendredi. Une défiance anti-française également prégnante au Mali, au Niger et en Centrafrique, au profit de la Russie.

    La tentative de coup d’État au Burkina Faso entérine encore un peu plus le déclassement de l’influence française en Afrique de l’Ouest, au profit en particulier d’une Russie conquérante, qui surfe sur des opinions publiques devenues hostiles à Paris. Même si la situation reste confuse dans le pays, le chef de l’État destitué ayant finalement accepté de démissionner dimanche, la dynamique négative pour la France n’est ni récente ni anecdotique et gagne du terrain, alors que dans le même temps, la contagion djihadiste s’étend. Les groupes armés frappent de plus en plus fort au Sahel et s’infiltrent vers le golfe de Guinée.

    À peine 24 heures après le début du coup contre le colonel Damiba, lui-même arrivé au pouvoir par un coup d’État en janvier, les putschistes ont accusé la France de l’aider à reconquérir le pouvoir, accusations immédiatement balayées par Paris. Ils ont aussi revendiqué la «ferme volonté d’aller vers d’autres partenaires prêts à aider dans la lutte contre le terrorisme».

    Une allusion implicite à la Russie, dont des drapeaux ont été aperçus au Burkina depuis deux jours. «Les putschistes inscrivent très explicitement leurs actions dans un clivage Russie versus France», relevait samedi Yvan Guichaoua, expert de la région à l’université de Kent, à Bruxelles. «Très étonnant de voir les putschistes déclarer leur flamme si vite à leur  »partenaire stratégique »» privilégié. «On aurait pu imaginer qu’ils prennent le pouvoir d’abord puis fassent monter les enchères», ajoutait-il sur Twitter.

    Et l’expert de poser deux hypothèses : «soit bosser avec les Russes était le projet depuis le début et on a affaire à un plan de déstabilisation mûrement réfléchi, soit on invoque de manière opportuniste le clivage France/Russie pour galvaniser les soutiens parce que le projet tangue». Samedi l’ambassade de France à Ouagadougou a même été attaquée. La claque est d’autant plus rude pour Paris qu’elle s’inscrit dans une tendance lourde.

    Le Mali, l’étincelle qui a mis le feu aux poudres

    Au Mali voisin, la France a déployé pendant neuf ans la force antidjihadiste Barkhane contre les groupes affiliés à al-Qaida et État islamique, avant d’assister en 2020 à un double coup d’État amenant au pouvoir des militaires franchement hostiles à sa présence. Jusqu’à l’annonce par le président Emmanuel Macron du départ des soldats français qui se redéploient différemment dans la région. Simultanément, des soldats de la société de mercenaires privée russe Wagner s’installaient dans le pays, quand bien même Bamako n’évoquait que des «formateurs russes». Depuis, l’influence de Moscou s’y est renforcée, notamment via les réseaux sociaux et médias russes.

    Un tout récent rapport de l’Institut de Recherche stratégique de l’École militaire (Irsem), dépendant du ministère français de la Défense, décrivait au Mali la «prolifération de contenus de désinformation en ligne, le plus souvent destinés à dénigrer la présence française et justifier celle de la Russie». Il constatait aussi la contagion au Burkina voisin. «Le  »pays des hommes intègres » fait aujourd’hui partie des pays africains dans le viseur» de Wagner, écrivaient les auteurs. Qui notaient de très fortes progressions de l’audience des sites en français des médias russes RT et Sputnik depuis un an.

    Au Niger, la présence militaire française critiquée à son tour

    Une contagion qui semble également gagner le Niger voisin. Le 18 septembre 2022, des centaines de personnes manifestaient ainsi dans les rues de la capitale Niamey, et à Dosso (sud-ouest du pays), pour protester notamment contre la force française Barkhane combattant les djihadistes dans le Sahel. C’était la première mobilisation du genre dans le pays.

    Derrière cette mobilisation, plusieurs organisations civiles réunies sous le collectif le M62, appelant au départ de Barkhane et l’accusant de déstabiliser le Sahel, s’alignent clairement sur la position de la junte au pouvoir au Mali.

    « Considérant les multiples assassinats de nos populations civiles par la force Barkhane, chassée du Mali et illégalement présente sur notre territoire qu’elle estime conquis pour matérialiser son dessein funeste de déstabilisation du Sahel, nous réitérons notre opposition à la présence militaire française dans notre pays et exigeons son départ immédiat », déclarait alors, sans ambages, le M62.

    Un discours relayé par d’autres organisations de la société civile comme le Réseau panafricain pour la paix, la démocratie et le développement (Reppad), une structure en lien avec des organisations citoyennes importantes au Burkina Faso et au Mali.

    Ces rassemblements étaient alors ponctués de slogans anti-français et pro-russes : «Barkhane dehors», «À bas la (France)», «La France, dégage», «Vive Poutine et la Russie». Comme au Niger, et au Burkina, des drapeaux russes étaient également brandis aux côtés de drapeaux nigériens et maliens.

    En Centrafrique

    Mais la défiance envers la présence militaire française sur le continent, n’est pas l’apanage du Sahel. C’est ainsi le cas également en Centrafrique, où les relations diplomatiques avec la France se détériorent depuis plusieurs années, et notamment depuis le choix de la France de se retirer du pays en mettant fin à l’opération Sangaris, en octobre 2016, après quasiment trois ans de présence, laissant la Minusca (force de l’ONU) gérer seule la sécurité du pays. Un choix alors mal perçu par les Centrafricains, qui y virent un «abandon» en pleine crise, relate Ouest France .

    Un retrait dont la Russie, là encore, a su tirer profit, en y envoyant des instructeurs militaires, des armements, où en initiant des processus de paix pour réconcilier des milices. Et en y installant le controversé groupe paramilitaire Wagner.

    Parallèlement, la Russie s’est rapprochée de diverses organisations influentes de la société civile, à l’image de la Galaxie Nationale. En mai dernier, elle fut à l’origine d’une forte mobilisation à Bangui pour exiger le départ de la Minusca, et du média français RFI, décrit alors comme «un outil de propagande de la France à travers ses tapages médiatique grotesques, truffés de mensonges, orchestrés dans le but visible de ternir l’image de la République centrafricaine et ses alliés (…)».

    Face à la multiplication de campagnes de désinformations alimentées par la Russie, Emmanuel Macron a décidé, le 7 juin, la suspension de l’aide budgétaire et militaire de la France au profit de la Centrafrique. Lors d’un échange avec son homologue centrafricain le 1er juin, le président avait même déploré qu’il soit «l’otage du groupe paramilitaire russe Wagner». Jetant ainsi un froid sur les relations diplomatiques qui, depuis, ne se sont pas vraiment réchauffées.

    «L’offre russe»

    Au-delà du Sahel – et de la Centrafrique, la baisse de l’influence de la France en Afrique de l’Ouest, au cœur de ce qui était jadis son «pré carré», est patente. «On est à la fin d’un cycle. Si on continue sur la même lancée, il y a des risques d’éviction stratégique forts de la France d’espaces importants et d’intérêts majeurs», expliquait à l’AFP en mai dernier Elie Tenenbaum, directeur du Centre des études de sécurité de l’Institut français des relations internationales (IFRI).

    «La conditionnalité démocratique nous met en porte-à-faux avec des régimes qui sont en plein recul sur ce point et n’hésitent pas à faire valoir la concurrence avec des compétiteurs qui eux ne conditionnent leur soutien à aucun critère intérieur», ajoutait-il, pointant «l’offre russe».

    Bientôt le Sénégal et la Côte d’Ivoire ?

    En quittant le Mali, Paris a promis de ne pas délaisser la lutte contre les djihadistes, qui menacent ouvertement les pays du golfe de Guinée. Des discussions sont censées être en cours entre Paris et les chancelleries africaines, mais la France revendique une volonté de discrétion.

    «On change de paradigme (…). Aujourd’hui, se déployer avec une armada n’est plus dans l’air du temps», résumait à l’AFP cet été le colonel Hubert Beaudoin, sous-chef opérations de Barkhane à Niamey (Niger). Un air du temps, à l’évidence, défavorable à Paris.

    «À qui le tour ?» s’interrogeait pleine d’ironie, une source sécuritaire ouest-africaine à l’AFP, en évoquant le coup d’État au Burkina. «Au Sénégal et en Côte d’Ivoire, c’est à bas bruit, mais le vent  »France dégage » souffle également». À terme, la France pourrait devoir quitter le Burkina. Quelque 400 soldats y sont présents avec la force Sabre, des forces spéciales qui forment des soldats burkinabés près de Ouagadougou. Un départ jugé «certain», par une source militaire interrogée par l’AFP, plusieurs fois déployée au Sahel.

    Le Figaro, 01/10(2022

    #France #Mali #Burkina_faso #Afrique #Barkhane