Étiquette : migration

  • CNBC : « Crise diplomatique entre l’Espagne et le Maroc après l’entrée de 8000 migrants sur le territoire espagnol »

    Un fossé diplomatique s’est creusé entre l’Espagne et le Maroc après que des milliers de migrants sans papiers ont tenté de pénétrer sur le territoire espagnol dans le pays d’Afrique du Nord.
    L’Espagne a dû se démener pour sécuriser ses frontières après que des milliers de migrants aient pénétré cette semaine à Ceuta, l’une des deux enclaves espagnoles situées sur la côte nord du Maroc.

    Un fossé diplomatique s’est creusé entre l’Espagne et le Maroc après que des milliers de migrants sans papiers ont tenté de pénétrer sur le territoire espagnol, apparemment sans être inquiétés par les autorités marocaines.

    L’Espagne a dû faire des pieds et des mains pour sécuriser ses frontières après que des milliers de migrants soient entrés cette semaine à Ceuta, l’une des deux enclaves espagnoles sur la côte nord du Maroc.

    Environ 8 000 migrants, dont des familles, seraient entrés à Ceuta lundi et mardi, nombre d’entre eux ayant contourné à la nage les clôtures frontalières qui séparent l’enclave du Maroc, et des migrants ayant utilisé des pneumatiques et des canots pneumatiques. Au moins une personne serait décédée au cours de la traversée.

    L’afflux de migrants a incité l’Espagne à déployer des forces armées pour sécuriser la plage et à renforcer la présence policière dans les enclaves. Un nombre plus restreint de migrants a également tenté de pénétrer dans l’enclave espagnole de Melilla, plus loin le long de la côte, selon le gouvernement espagnol. Environ la moitié des 8 000 migrants, qui étaient pour la plupart marocains selon la BBC, ont été renvoyés au Maroc, ont indiqué les autorités espagnoles.

    Néanmoins, les arrivées ont provoqué une dispute diplomatique entre l’Espagne et le Maroc, notamment à la suite de rapports et de séquences qui semblaient montrer les autorités marocaines permettant aux migrants de tenter d’entrer à Ceuta sans essayer de les arrêter.

    CNBC a contacté le ministère marocain des affaires étrangères pour un commentaire mais n’a pas encore reçu de réponse.

    Ceuta et Melilla sont sous domination espagnole depuis le XVIIe siècle, bien que le Maroc revendique ces territoires depuis son indépendance en 1956. Certains pensent que la tension actuelle entre l’Espagne et le Maroc provient du fait que l’Espagne a accepté que Brahim Ghali, le leader du Front Polisario du Sahara occidental, qui souhaite l’indépendance du Sahara occidental vis-à-vis de l’administration marocaine, soit admis dans un hôpital en Espagne pour y être soigné le mois dernier, ce qui a provoqué la colère de Rabat.

    Le Maroc aurait retiré son ambassadeur pour des discussions avec Madrid après que la ministre espagnole des affaires étrangères ait fait part à l’envoyé de son « dégoût » pour ce qui s’était passé, a rapporté la BBC mardi.

    Une crise pour l’Espagne, mais aussi pour l’Europe

    L’Union européenne a exprimé son soutien à l’Espagne, même si ce dernier incident, qui s’ajoute aux milliers de tentatives de migrants d’entrer sur le territoire européen ces dernières années, n’a fait que souligner la porosité des frontières de l’Union et l’absence d’action unifiée de l’UE en matière de migration.

    C’est aussi une nouvelle démonstration du désespoir persistant des migrants qui tentent d’entrer dans l’Union à la recherche d’une opportunité économique ou d’un refuge contre les conflits, la pauvreté et les violations des droits de l’homme.

    La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a déclaré sur Twitter que « l’UE est solidaire de Ceuta et de l’Espagne » et que le bloc a besoin de « solutions européennes communes pour la gestion des migrations ».

    « Cela peut être réalisé avec un accord sur le nouveau pacte sur les migrations. Des partenariats plus forts basés sur la confiance mutuelle et des engagements conjoints avec des partenaires clés comme le Maroc sont cruciaux », a-t-elle déclaré.

    La commissaire européenne aux affaires intérieures, Ylva Johansson, a également tweeté que « la chose la plus importante maintenant est que le Maroc continue de s’engager à prévenir les départs irréguliers », ajoutant que « les frontières espagnoles sont des frontières européennes. L’Union européenne veut construire une relation avec le Maroc basée sur la confiance et des engagements partagés. La migration est un élément clé à cet égard. »

    Le Premier ministre espagnol Pedro Sanchez a rencontré d’autres responsables du gouvernement espagnol mardi au cours duquel ils ont discuté de ce que le gouvernement a décrit comme une « crise grave pour l’Espagne, mais aussi pour l’Europe. »

    La vice-Première ministre espagnole Carmen Calvo a déclaré que « ce qui s’est passé … est une attaque contre nos frontières, et cela ne peut pas faire partie des bonnes relations avec le Maroc, mais nous continuerons à les maintenir parce que nous sommes des pays voisins et proches ».

    L’Espagne a déclaré que sa priorité « est de garantir le contrôle du trafic à la frontière avec le Maroc » et de fournir aux villes de Ceuta et Melilla « tous les moyens nécessaires pour résoudre la crise humanitaire causée par l’arrivée de tant de personnes et procéder au retour de toute personne entrée irrégulièrement à Ceuta et Melilla, comme le prévoient les accords signés depuis des années par l’Espagne et le Maroc. »

    M. Sanchez s’est rendu à Ceuta et Melilla mardi, après s’être engagé à rétablir « l’ordre dans la ville et à ses frontières ».

    Plus tôt dans la journée, M. Sanchez avait déclaré sur Twitter que sa priorité était de « rétablir l’ordre à Ceuta ».

    « Ses citoyens doivent savoir qu’ils ont le soutien absolu du gouvernement espagnol et la plus grande fermeté pour assurer leur sécurité et défendre leur intégrité en tant que partie du pays contre tout défi. »

    CNBC, 19 mai 2021

    Etiquettes : Maroc, Espagne, Ceuta, Melilla, migration, chantage, pression migratoire, marocains,

  • Bruxelles appelle le Maroc à empêcher les départs de migrants

    La commissaire européenne, Ylva Johansson, a jugé hier “inquiétant” l’afflux de quelque 6 000 migrants la veille dans l’enclave espagnole de Ceuta et appelé le Maroc à empêcher les “départs irréguliers” depuis son territoire.

    “Il est inquiétant qu’au moins 6 000 personnes, dont un grand nombre d’enfants, aient rejoint Ceuta à la nage, en mettant leur vie en danger. Beaucoup ont dû être secourus, une personne est morte”, a déclaré la commissaire aux Affaires intérieures devant le Parlement européen.

    “Le plus important maintenant, c’est que le Maroc continue à s’engager à empêcher les départs irréguliers, et que ceux qui n’ont pas le droit de rester soient renvoyés de façon ordonnée et efficace. Les frontières espagnoles sont les frontières de l’Europe”, a-t-elle poursuivi.

    De son côté, le ministre espagnol de l’Intérieur, Fernando Grande-Marlaska, a annoncé que son pays avait renvoyé au Maroc 1 500 des quelque 6 000 migrants entrés à Ceuta et continuait ces renvois.

    APS

    Etiquettes : Maroc, Espagne, Ceuta, Melilla, Migration, chantage, pression migratoire, Union Européenne, UE,

  • Ceuta : Les 8.000 migrants ne représentent qu’un «tir de sommation» du Maroc

    8000 migrants débarquent dans la ville espagnole de Ceuta en 24 heures

    Le vil chantage marocain
    Le but de Rabat est d’exploiter l’ «affaire Ghali» pour forcer la main à l’Espagne et l’amener à céder sur le dossier du Sahara occidental.

    En plus d’être un narco-royaume et premier producteur mondial de kif qui inonde la planète, le Maroc semble avoir découvert son autre «profil», celui que lui donnent, bien malgré eux, les migrants clandestins. Rabat a, en effet, fait étalage de sa «puissance» à l’occasion d’un différend qui l’oppose à Madrid sur la question du Sahara occidental. Le mode opératoire est détestable pour tout Etat digne de ce nom, mais néanmoins efficace. Il a suffi au Maroc de desserrer l’étau sur les dizaines de milliers de migrants clandestins qu’il «garde en stock» pour que ces derniers se ruent sur la petite enclave espagnole de Ceuta. Plus de 8 000 migrants ont débarqué à Ceuta en 24 heures, encouragés par le Makhzen qui a vu dans ce «déferlement» un moyen de pression sur l’Espagne. Son entreprise a porté ses fruits puisque le gouvernement espagnol s’est réuni, hier, en urgence pour étudier la grave situation à sa frontière avec le Maroc. Les 8.000 migrants ne représentent qu’un «tir de sommation» de Rabat.

    À l’origine de cette crise où le Maroc montre son véritable visage d’Etat voyou qui marche sur les principes humains les plus élémentaires, l’arrivée le mois dernier en Espagne du président sahraoui, Brahim Ghali, pour des soins.

    Les autorités espagnoles évoquaient depuis quelques jours «plusieurs menaces quasiment ouvertes de la part de représentants marocains, selon lesquelles ils pourraient utiliser la carte du contrôle de l’immigration si l’Espagne ne revenait pas sur sa décision d’héberger Ghali», avait indiqué la ministre des Affaires étrangères, Fernandez Molina. Ce n’était donc pas des menaces en l’air, puisque le Maroc a mis son plan à exécution en «noyant» Ceuta sous un flux impressionnant de migrants subsahariens. «Quand les relations sont bonnes, les frontières se contrôlent; quand elles se tendent, on utilise la carte migratoire pour faire pression sur l’Espagne. C’est une constante. Nous le vivons depuis des décennies», rappelle Eduard Soler, expert de l’Afrique du Nord au Centre des affaires internationales de Barcelone», cité par l’AFP.

    Madrid voit clair dans le chantage du Makhzen et affirme par le biais de sa ministre des Affaires étrangères que la présence de Brahim Ghali en Espagne n’a été qu’un «prétexte». Tir de semonce ou ballon-sonde, le Maroc a sérieusement ébranlé ses rapports avec un pays de l’Union européenne. Par cette opération de «brigandage» d’Etat, Rabat donne un signal aux Européens sur son changement de statut. Le soutien ouvert de l’entité sioniste donne au Maroc l’opportunité de viser très haut. Le «prétexte» évoqué par Mme Molina poursuit l’objectif de Rabat d’amener l’Espagne et la France à reconnaître la marocanité du Sahara occidental sur les pas de Donald Trump. «Il y a eu une pression vraiment très forte (du Maroc) sur des pays comme l’Espagne et la France pour qu’ils changent leur position et suivent l’exemple américain», affirme-t-elle.

    Sachant la dépendance de l’Europe du Sud sur la question des migrations, le but de Rabat est d’exploiter l’«affaire Ghali» pour forcer la main à l’Espagne et l’amener à céder sur le dossier du Sahara occidental. En d’autres termes, le Maroc appuie là où ça fait mal. Il est clair que dans cette séquence hispano-marocaine, il y a une véritable agression contre un Etat souverain pour le forcer à changer de politique à l’égard d’une question d’autodétermination reconnue en tant que telle par la communauté internationale. Si l’on considère que «sans la collaboration du Maroc dans le contrôle migratoire, l’Espagne a un problème», et donc que ce pays doit céder aux caprices d’un Etat voyou, la légalité internationale est foulée aux pieds. L’Europe laissera-t-elle le Maroc dicter sa loi? L’entité sioniste n’est pas loin…

    L’Expression, 19 mai 2021

    Etiquettes : Maroc, Espagne, Sahara Occidental, Front Polisario, Brahim Ghali, Union Européenne, UE, migration, chantage,

  • Immigration clandestine en Espagne : Les Algériens représentent 71 % des migrants

    Apparemment, rien n’arrête les migrants algériens quiaffrontent toutes sortes de dangers, ne craignant rien ni personne et décidés d’arriver à la destination qu’ils ont choisie pour s’y établir.

    En effet, malgré la pandémie qui fait rage en Europe et qui décime ses habitants par milliers, les contaminations qui se poursuivent, les dangers de la mer et la surveillance continue des Garde-côtes aussi bien algériens qu’étrangers, ce sont de vagues de migrants de toutes nationalités qui débarquent sur la rive Nord de la Méditerranée.

    Pour l’Espagne, ce sont les Algériens qui ont la « cote » car ayant été les plus nombreux à débarquer dans ce pays en 2021, c’est par dizaines qu’ils arrivent à bord d’embarcations de fortune ou de navettes rapides qu’ils abandonnent sur les plages.

    Ainsi et selon l’Agence Européenne de garde-frontières et de garde-côtes (Frontex) entre le 1er janvier et le 28 février 2021, ce ne sont pas moins de 887 migrants algériens qui ont débarqué illégalement en Espagne. Ce chiffre est de loin le plus important comparé aux autres nationalités arrivées sur la péninsule ibérique.

    Selon les statistiques de l’agence européenne, les migrants illégaux algériens arrivés en Espagne représentent 71% du nombre total des personnes ayant effectué la traversée vers l’Espagne, le reste c’est-à-dire les 29 % proviennent du Maroc avec 357 migrants clandestins.

    En tout, ce sont 1.234 immigrés qui ont pu rejoindre la péninsule ibérique par voie maritime pendant le mois de février 202, un chiffre qui selon Frontex reflète une baisse significative estimée à 47 % par rapport à la même période en 2020. Cette baisse est due essentiellement aux conditions météorologiques défavorables qui avaient caractérisé les mois de janvier et février ce qui a quelque peu réduit le flux de migrants, les passeurs ne voulant pas s’aventurer par mauvais temps.

    Le corridor algéro espagnol est aussi emprunté par les migrants marocains qui traversent les frontières terrestres près d’Oujda pour ensuite s’embarquer à partir d’Oran en direction d’Almeria (Espagne). Par ailleurs et, pas plus loin que vendredi passé, ce sont 8 jeunes Algériens sans papiers qui ont été interceptés par la police espagnole dans la campagne d’Almeria. L’on rapporte que ces jeunes auraient utilisé une navette rapide qu’ils avaient abandonnée après avoir débarqué sur les côtes espagnoles. La Guardia civil a trouvé cette navette échouée sur une des plages et ses occupant auraient quitté les lieux dans la précipitation de peur d’être interceptés par la police espagnole

    Le Provincial, 15 mars 2021

    Etiquettes : Algérie, migration, harga, harragas, Espagne, pateras,

  • L’Espagne arrache le soutien de l’UE dans son bras de fer contre le Maroc

    L’entrée d’immigrants clandestins à Ceuta recule après l’arrivée de 8 000 personnes en seulement 36 heures

    La « crise humanitaire » qui a éclaté lundi à Ceuta, avec l’arrivée de milliers d’immigrants venus à la nage de l’autre côté de la frontière avec la complicité des gendarmes marocains, s’est transformée ce mardi en crise diplomatique. La ministre des Affaires étrangères, Arancha González Laya, a convoqué l’ambassadrice du Maroc à Madrid, Karima Benyaich, pour lui exprimer son  » rejet  » et son  » mécontentement  » face à la négligence du Maroc face à sa responsabilité de contrôler la frontière entre les deux pays ; et Rabat a convoqué son ambassadeur à Madrid pour des consultations, ce qui signifie que sa représentation diplomatique en Espagne reste temporairement vacante. Jusque-là, contre toute évidence, le gouvernement espagnol avait évité d’imputer au Maroc la responsabilité du déferlement sans précédent d’immigrants clandestins dans la ville autonome, qui s’élevait à « environ 8 000 » à six heures de l’après-midi mardi, selon le ministère de l’intérieur. En milieu d’après-midi, le Maroc a déployé la police anti-émeute de son côté de la frontière, ce qui a entraîné une réduction substantielle du nombre d’entrées irrégulières.

    Dans une déclaration faite sur les marches de La Moncloa, sans admettre de questions et sur le ton du plus grand sérieux, le président Pedro Sánchez a averti que « l’intégrité territoriale des frontières de Ceuta et Melilla, qui sont aussi celles de l’UE, et la sécurité de nos compatriotes seront défendues par le gouvernement espagnol à tout moment, en toutes circonstances et avec tous les moyens nécessaires ». Après avoir réitéré sa volonté de maintenir des relations amicales avec le Maroc, il a souligné que celles-ci devaient être fondées « toujours sur le respect des frontières mutuelles ». Sánchez n’a pas parlé d’ »invasion », comme l’a fait le président de Ceuta, Juan Jesús Vivas, mais il a clairement indiqué qu’il n’était pas seulement confronté à un problème humanitaire ou migratoire, mais à un défi pour la sécurité de l’Espagne et son intégrité territoriale.

    Pour démontrer la fermeté du gouvernement, a décidé dans les premières heures du mardi matin de mobiliser la garnison de l’armée à Ceuta, avec environ 3.000 soldats au total, qui ont été suspendus permis et réductions des heures de travail. Dès les premières heures de la matinée de mardi, on pouvait voir les légionnaires du Tercio Duque de Alba de la Légion en patrouilles mixtes avec la police nationale et les gardes civils dans les rues de la ville autonome et sur la plage de Tarajal, regroupant les immigrants dispersés et assistant et organisant les nouveaux arrivants sur le rivage. En outre, le ministre de l’Intérieur, Fernando Grande-Marlaska, a annoncé l’envoi de 150 agents de la police nationale et de 50 de la garde civile pour renforcer les 1 100 soldats des forces et corps de sécurité de l’État déployés en permanence sur la place.

    En réalité, reconnaissent les sources gouvernementales, ni les militaires ni les policiers ne peuvent faire grand-chose tant que le Maroc ne les empêche pas de se jeter à l’eau depuis l’autre côté de la frontière, plutôt que d’essayer de les empêcher de se noyer, comme cela est arrivé à un immigrant lundi dernier. « Vous ne pouvez pas empêcher votre maison d’être inondée si vous ne fermez pas le robinet à l’étage », soulignent ces sources de manière imagée.

    Afin de réduire l’eau, l’Espagne applique des accords bilatéraux avec le Maroc pour permettre le retour à la frontière de ceux qui entrent irrégulièrement. Jusqu’au milieu de l’après-midi, 4 000 personnes avaient déjà été renvoyées – la moitié des arrivées en 36 heures, depuis dimanche soir – et le gouvernement était confiant de pouvoir renvoyer la grande majorité des personnes, qui sont de nationalité marocaine. Avec les renforts de police, il est prévu que les équipes d’étrangers soient opérationnelles 24 heures sur 24 pour accélérer les procédures de retour. En théorie, font exception les mineurs – dont le nombre est estimé à plus de 1 500, bien qu’il n’y ait pas d’estimation officielle – dont le rapatriement est soumis à un processus beaucoup plus complexe dans lequel l’intérêt de l’enfant est primordial.

    M. Sánchez a annulé le voyage qu’il avait prévu de faire ce mardi à Paris pour se rendre, accompagné du ministre de l’Intérieur, à Ceuta et Melilla, qui n’avaient pas été visitées par un président du gouvernement en dehors d’une campagne électorale depuis 2006. A Ceuta, il a été salué par plusieurs dizaines de personnes à sa sortie de l’héliport. Pendant ce temps, un cabinet de crise dirigé par la première vice-présidente Carmen Calvo s’est réuni à La Moncloa.

    Rapport au Roi

    Avant de quitter Madrid, M. Sánchez a informé le roi – qui a téléphoné au président de Ceuta et au président de Melilla, Eduardo de Castro, pour s’informer de la situation sur le terrain – et le chef du PP, Pablo Casado. M. Sánchez a également pris contact avec des hauts fonctionnaires de l’UE afin de s’assurer de leur soutien dans l’impasse avec le Maroc. Il s’est notamment entretenu avec le président du Conseil, Charles Michel, et le haut représentant de l’UE pour la politique étrangère, Josep Borrell.

    La cascade de déclarations de soutien à la position espagnole ne s’est pas fait attendre. Michel a manifesté « tout son soutien et sa solidarité à l’égard de l’Espagne » et a rappelé que « les frontières de l’Espagne sont celles de l’Union européenne » ; la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a prévenu que la question de l’immigration sera « cruciale » dans les relations futures de l’UE avec des pays comme le Maroc ; et M. Borrell a souligné que « Ceuta est la frontière de l’Espagne avec le Maroc et l’UE fera le nécessaire pour soutenir l’Espagne en ces temps difficiles ».

    Les responsables espagnols ont évité d’évoquer l’élément déclencheur de la crise actuelle : la décision d’accueillir le chef du Front Polisario, Brahim Gali, pour le traiter contre le coronavirus dans un hôpital de Logroño pour des raisons « strictement humanitaires ». C’est l’ambassadeur du Maroc à Madrid qui, avant d’assister à sa rencontre avec González Laya, a assuré que les relations entre voisins sont basées sur la « confiance mutuelle » et qu’il y a des actes qui ont des conséquences « et il faut les assumer ».

    Pendant les heures les plus critiques de la crise de Ceuta, les médias officiels marocains ont été complètement silencieux sur le différend avec l’Espagne. La dernière allusion de Rabat à cette question remonte au 8 mai, lorsque son ministère des affaires étrangères a publié un communiqué, le deuxième sur le sujet, dans lequel il mettait en garde l’Espagne contre le fait de « minimiser l’impact grave » de cette crise sur les relations bilatérales et l’avertissait qu’elle prenait note et tirerait toutes les conséquences d’une décision « préméditée » prise « dans le dos d’un partenaire et voisin », en référence à la décision d’accueillir Gali.

    L’ouverture du passage frontalier avec Ceuta serait la « conséquence » de cette décision, selon des sources diplomatiques, ou peut-être juste un avertissement, puisque le chef du Front Polisario se trouve toujours en Espagne et est convoqué pour témoigner en tant que prévenu devant le juge de la Cour Suprême Santiago Pedraz le 1er juin.

    El Pais, 19 mai 2021

    Etiquettes : Espagne, Maroc, Ceuta, Melilla, Union Européenne, UE, migration, Sahara Occidental, Front Polisario, Brahim Ghali,

  • Conflit Maroc-Espagne : L’UE hausse le ton

    Ceuta, en direct : L’UE met en garde le Maroc : « L’Europe ne se laissera intimider par personne ».

    Les Nations unies ont exprimé la nécessité pour l’Espagne et le Maroc de parvenir à un accord « commun » pour « apaiser » la situation à Ceuta.

    Ceuta attend dans un calme tendu un nouveau jour après l’entrée massive de 8000 personnes depuis lundi, dans une situation sans précédent pour la ville autonome, avec de nombreux magasins fermés et avec des services de santé et d’urgence déjà sous pression après plus d’un an de pandémie. Le président du gouvernement, Pedro Sánchez, a pu constater la situation en personne mardi à son arrivée dans la ville autonome, où un groupe de citoyens a réprimandé le cortège de véhicules à leur sortie de l’héliport, certains ayant même atteint l’une des voitures. Des huées et des cris de soutien ont également retenti à leur arrivée à Melilla.

    La frontière de Ceuta entre le Maroc et l’Espagne s’est réveillée mercredi avec seulement quelques dizaines d’immigrants tentant de nager, une situation qui diffère de celle enregistrée il y a deux jours, lorsque les personnes ont commencé à arriver du pays voisin qui a atteint 8000, dont la moitié ont été retournés, selon le gouvernement espagnol.

    La délégation du gouvernement à Ceuta a confirmé à Efe que la nuit a été « relativement calme » et a assuré qu’il n’y a pas eu d’entrées de migrants.

    Ce mercredi, il n’y a que quelques immigrants à la frontière qui ont tenté de rejoindre Ceuta à la nage ou dans un petit bateau, bien qu’ils aient été interceptés par les trois bateaux de la Garde civile qui patrouillent dans la zone. Après les avoir recueillis en mer, les bateaux de la Guardia Civil emmènent les immigrants, tous de jeunes hommes, sur la plage, où ils sont accompagnés pour retourner au Maroc.

    09.24. LES FORCES DE SÉCURITÉ CONTINUENT DE REPOUSSER LES TENTATIVES D’ENTRÉE À CEUTA DE MOINS EN MOINS TUMULTUEUSES PAR LE BRISE-LAMES DE TARAJAL

    Les unités maritimes et terrestres de la Garde civile déployées à proximité de la frontière de Tarajal, de la digue maritime qui y est rattachée et du reste du périmètre de Ceuta ont repoussé pendant les premières heures de la matinée de mercredi de nouvelles tentatives d’accès irrégulier à la ville autonome  » de moins en moins tumultueuses « , selon les sources policières qui ont informé Europa Press.

    Le nombre d’entrées sur le territoire espagnol a été réduit au minimum, bien qu’il y ait encore « des centaines » de migrants, « 99% de Marocains », qui restent concentrés dans la partie marocaine du col de Tarajal et qui tentent de sauter la barrière frontalière par l’un ou l’autre point proche.

    Pendant la nuit, certains ont été faits avec des bateaux en bois pour essayer d’atteindre les eaux espagnoles, cependant, ont fait naufrage avant de l’obtenir, de sorte qu’il n’a même pas été nécessaire l’action efficace du Service maritime ou le GEAS de la Benemérita, comme l’a précisé par des sources policières déployées sur la plage.

    La situation est « beaucoup plus calme » dans le brise-lames de la frontière maritime nord, le Benzú, qui a commencé la crise migratoire déclenchée dans la nuit de lundi et où mardi en fin d’après-midi ne continuaient que « trente ou quarante » personnes avec l’intention apparente de la surmonter.

    09.15. L’UE PRÉVIENT LE MAROC : « L’EUROPE NE SE LAISSERA INTIMIDER PAR PERSONNE ».

    Le vice-président de la Commission européenneMargaritis Schinas a prévenu que l’Europe « ne se laissera pas intimider » ou « faire du chantage par qui que ce soit » sur les questions de migration, tout en offrant à l’Espagne « des moyens et des ressources » pour sécuriser la frontière dans les villes autonomes de Ceuta et Melilla.

    Dans une interview sur RNE, Schinas a déclaré que l’Union européenne est « trop forte pour être victime » des « tactiques » du Maroc, qu’il a accusé d’ »instrumentaliser la migration », ce qui « n’est pas admissible ».

    Le dirigeant européen a indiqué qu’il s’est entretenu mardi avec la ministre des Affaires étrangères, de l’Union européenne et de la Coopération, Arancha González Laya, et le ministre de l’Intérieur, Fernando Grande-Marlaska, auxquels il a dit que la Commission européenne fera « tout ce dont l’Espagne » a besoin.

    « Tout ce dont vous avez besoin pour aider à gérer la frontière à Ceuta et Melilla. Nous avons des moyens, des ressources, les garde-côtes européens de Frontex qui sont à la disposition des pays membres. Nous aiderons comme nous le pourrons et en fonction des demandes que nous recevrons de Madrid », a-t-il déclaré.

    09.06. SÁNCHEZ ACCUSE CASADO DE « DÉLOYAL » ET ASSURE QUE LA CRISE DE CEUTA EST UN « DÉFI » DU MAROC

    Le président du gouvernement, Pedro Sánchez, a accusé Pablo Casado d’être « déloyal » lors de la séance de contrôle du gouvernement pour son attitude avec l’exécutif dans la crise migratoire de Ceuta. « Ceuta et Melilla doivent savoir qu’elles ont le soutien et l’empathie de la citoyenneté espagnole et, par conséquent, du gouvernement d’Espagne. J’espère que vous abandonnerez votre attitude déloyale envers l’État et que vous assumerez votre responsabilité en tant que parti d’opposition (…) Vous n’avez pas d’autre objectif que d’utiliser n’importe quelle calamité pour faire tomber le gouvernement », a exhorté Pedro Sánchez.

    Des mots auxquels Casado a répondu en demandant à Sanchez de « réagir ». « Si je vivais à Ceuta ou Melilla, je serais très inquiet de voir mon président du gouvernement totalement désaffecté au parlement. La déloyauté, c’est vous », a déclaré le chef de l’opposition.

    09.04. CASADO TEND À NOUVEAU LA MAIN À SANCHEZ POUR LA CRISE DE CEUTA, MAIS CRITIQUE « SON INCAPACITÉ ».

    Pablo Casado a de nouveau tendu la main à Pedro Sánchez pour faire face à la crise migratoire à Ceuta. Toutefois, M. Casado n’a pas hésité à critiquer sévèrement M. Sánchez et son gouvernement. « C’est la chronique d’une crise annoncée. Nous avons lancé des avertissements à ce sujet depuis un certain temps. La meilleure politique étrangère est la meilleure politique intérieure et nous espérons qu’il rectifiera le tir. Malgré tout, nous lui avons tendu la main, mais il a choisi le radicalisme de ses partenaires gouvernementaux. Vous ne pouvez pas vendre de la fumée et des miroirs pour 2050 alors que vous êtes incapable de régler ce problème en 2021. Sans acrimonie, vous avez montré que vous avez dépassé le gouvernement. Soyez humble et laissez-vous aider. Il y a plus de loyauté dans l’opposition que dans votre Conseil des ministres, car nous nous soucions de l’Espagne », a-t-il déclaré.

    La ministre des Droits sociaux, Ione Bellarra, a convoqué d’urgence le Conseil territorial des services sociaux ce mercredi pour étudier avec les communautés une réponse commune à la situation des mineurs non accompagnés qui sont arrivés à Ceuta.

    Lors de la réunion qui se tiendra cet après-midi au siège du ministère, Mme Belarra va proposer aux responsables des services sociaux des administrations autonomes de se mettre d’accord sur « une réponse collective en tant que pays à la hauteur des engagements internationaux en matière de droits de l’enfant », comme elle l’a expliqué sur Twitter.

    Ces derniers jours, plus de 6 000 personnes ont rejoint cette ville autonome à la nage, dont environ 1 500 pourraient être des mineurs.

    08.49. GONZÁLEZ LAYA PRÉVIENT : « LA QUESTION DE LA MIGRATION N’EST PAS UNE QUESTION BILATÉRALE ENTRE L’ESPAGNE ET LE MAROC, C’EST UNE QUESTION EXTRÊMEMENT SENSIBLE DANS L’UNION EUROPÉENNE ».

    « L’un des messages clés que je voulais transmettre à l’ambassadeur était d’insister sur la nécessité de se tourner vers l’avenir. Et regarder vers l’avenir signifie que ce qui s’est passé ces dernières heures ne doit pas se produire, mais aussi que nous devons reprendre le travail de rapprochement. La question de la migration n’est pas une question bilatérale entre l’Espagne et le Maroc, c’est une question qui implique également l’Union européenne de l’autre côté. Le message pour l’Espagne est de regarder vers l’avenir et nous espérons que c’est également le message que le Maroc acceptera », a prévenu la ministre des Affaires étrangères, Arancha González Laya, dans une interview sur RNE.

    La Maison royale attend les instructions de la Moncloa pour servir de médiateur dans la nouvelle crise entre les deux pays. C’est l’information officielle à laquelle EL MUNDO a eu accès. Felipe VI pourrait devenir un atout important pour intercéder et tenter de résoudre le conflit, qui a commencé lorsque le Maroc a découvert que l’Espagne avait permis au leader du Front Polisario d’être admis dans un hôpital espagnol fin avril pour des raisons humanitaires. Cependant, la capacité d’agir de Don Felipe est soumise aux souhaits de Moncloa. Pour l’instant, le Roi a eu une conversation téléphonique hier matin avec Pedro Sánchez dans laquelle ils ont analysé  » les lignes d’action  » à suivre dans le conflit. Par la suite, Don Felipe a contacté le président de Ceuta pour lui faire part de sa « solidarité ».

    Si on le lui demande, Felipe VI utilisera ses compétences diplomatiques et s’adressera directement à Mohamed VI pour tenter d’apaiser les tensions. C’est ce qu’a fait le roi en avril dernier, en appelant le souverain marocain le vendredi saint, en plein enfermement. Sous prétexte d’échanger des informations sur la pandémie entre les deux pays, Felipe VI a contacté son homologue dix jours après que le Maroc a approuvé unilatéralement l’extension de ses eaux territoriales de 200 milles. Ce fut la dernière occasion où Don Felipe s’est entretenu avec Mohamed VI, selon des sources officielles confirmées à ce journal. Lisez ici l’information complète

    08.11. LA POLICE MAROCAINE A JETÉ DES MILLIERS D’ENFANTS DE MANIÈRE ORGANISÉE SUR CEUTA.

    Ambiance d’intifada à la frontière de Ceuta. Gaz lacrymogènes, pierres, des milliers de personnes qui tentent de traverser la frontière à la nage, la plupart étant des mineurs, des hélicoptères qui tonnent dans le ciel, l’armée déployée avec des véhicules blindés dans le sable et des groupes de personnes entourées par des soldats pour être renvoyées, rapporte Alberto Rojas. Le Maroc met le paquet et utilise les munitions qui l’intéressent le plus : des adolescents sans avenir, parfois des familles entières avec des bébés, jetés dans une zone de courants où ils peuvent perdre la vie. L’utilisation et l’abus du robinet migratoire a toujours été une ressource du régime de Rabat, mais cette fois-ci, Mohammed VI a décidé d’aller plus loin et de copier le modèle qui a si bien fonctionné pour son père Hassan II : la Marche verte. Il faut remonter à cette lointaine année 1975 car, en démocratie, il n’existe aucun précédent d’une entrée irrégulière à la frontière de ces dimensions. Jusqu’à 8 000 en 24 heures.

    Il est impossible de savoir, sur les plus de 8 000 personnes qui sont entrées par les deux brise-lames, et qui continuent d’entrer toutes les heures, combien veulent vraiment migrer et combien ne le veulent pas. Ce mardi, la ville de Ceuta a été prise d’assaut par des milliers de jeunes marocains qui sont partis dans l’après-midi sur leurs propres pieds, après avoir fait une promenade, presque comme s’ils avaient fait une farce. « Quand nous avons entendu qu’ils ouvraient la frontière, nous avons voulu venir, mais nous avons vu qu’elle était en fait fermée. Puis la police marocaine nous a dit que nous devions entrer par le Tarajal et qu’ils n’allaient pas nous arrêter. C’est ce que nous avons fait », déclare Ahmed, 18 ans, en sandales, short et sac avec un sandwich. A la frontière de Benzú, c’était encore plus effronté. Des agents marocains, au vu et au su de tous, ont invité des centaines de jeunes Marocains à franchir la frontière de manière irrégulière sans qu’aucun d’entre eux n’agisse. [Lire le rapport complet ici].

    7.18 OSAMA, EXPULSÉ DE CEUTA, ATTEND À LA FRONTIÈRE UNE NOUVELLE OPPORTUNITÉ

    Désespéré par sa vie sans avenir dans son pays, Oussama se prépare à retourner dès que possible à Ceuta où ce jeune Marocain de 17 ans a réussi à passer sans problème pendant quelques heures ce mardi, comme des milliers de ses compatriotes, avant d’être expulsé.

    « Je vais y retourner ce soir. J’aime mon pays, mais je ne peux pas y vivre sans revenu », explique cet adolescent non scolarisé, qui vient de poser le pied sur le sol marocain. Comme les autres migrants qui ont afflué à la frontière depuis lundi, Oussama ne s’est pas déplacé dans l’espoir d’une nouvelle ouverture provoquée par l’assouplissement des contrôles du côté marocain.

    Il marche vers le centre de Fnideq avec un groupe de tous âges, hommes et femmes avec des enfants, parmi la foule de ceux qui ont été expulsés de l’enclave par les gardes-frontières espagnols.

    Le groupe est escorté par les forces de sécurité marocaines qui, après plusieurs heures de passivité lundi, se sont déployées mardi matin le long de la clôture séparant l’Espagne du Maroc pour endiguer la vague humaine vers la frontière. Rapports Afp.

    7.14 LA CRISE DE CEUTA SE FAUFILE DANS LA SESSION DE CONTRÔLE À SANCHEZ APRÈS LA DÉGRADATION DE L’ÉTAT D’ALARME

    La crise migratoire à Ceuta, où 8 000 immigrants sont arrivés hier, s’est immiscée dans le contrôle du président du gouvernement, Pedro Sanchez, qui devra également faire face aux critiques de l’opposition pour l’absence de plan alternatif après la fin de l’état d’alerte, le 9 mai.

    C’est au dernier moment que la dirigeante de Ciudadanos, Inés Arrimadas, a modifié sa question adressée au président pour mettre de côté ses demandes d’explications sur l’absence d’alternative dans cette phase finale de la pandémie et l’interroger sur les mesures que l’exécutif va adopter pour empêcher l’entrée irrégulière en Espagne par la frontière de Ceuta. Efe rapporte.

    7.00 LE MINISTRE MAROCAIN DES DROITS DE L’HOMME ASSURE QUE L’ESPAGNE « A CONNU LE PRIX FORT » DE LA « SOUS-ESTIMATION DU MAROC ».

    Le secrétaire d’État aux droits de l’homme et aux relations avec le Parlement, Mustafa Ramid, a assuré que l’Espagne « savait que le prix à payer pour sous-estimer le Maroc est très élevé », en référence au fait que le pays n’a pas respecté le « bon voisinage » en « accueillant » le secrétaire général du Front Polisario, Brahim Ghali.

    « L’accueil par l’Espagne du chef des milices séparatistes du Polisario, sous une fausse identité, sans tenir compte des relations de bon voisinage qui nécessitent une coordination et une concertation, ou du moins en prenant soin d’informer le Maroc, est un acte irresponsable et totalement inacceptable », a écrit Ramid sur son profil Facebook.

    L’arrivée en Espagne de ce leader aurait pu être l’élément déclencheur de l’arrivée massive de migrants dans la ville de Ceuta, puisque le gouvernement marocain a prévenu il y a une semaine que l’accueil du Ghali en Espagne pour des raisons humanitaires pourrait avoir des conséquences.

    « Qu’est-ce que l’Espagne attendait du Maroc en accueillant le chef d’une bande qui a pris les armes contre elle ? », s’est interrogé le ministre marocain, pour demander également « ce que l’Espagne aurait perdu si elle avait consulté le Maroc pour accueillir cet individu » et « pourquoi l’Espagne n’a pas annoncé la présence sur son sol de l’individu en question avec sa véritable identité ».

    Il a également indiqué que le fait de ne pas avoir informé le gouvernement marocain de l’arrivée de Ghali pourrait être « une preuve de leur conscience (de l’Espagne) que l’acte commis est contraire aux relations de bon voisinage ». « Et si c’était le Maroc qui a commis cet acte ? » a-t-il ajouté.

    M. Ramid a regretté que l’Espagne ait « préféré » sa « relation avec le Polisario et son mentor, l’Algérie », à sa relation avec le Maroc, qui, selon le ministre, « a sacrifié beaucoup au nom du bon voisinage », ce qui « devrait faire l’objet d’une attention particulière de la part des deux voisins ».

    Les agents espagnols et marocains ont empêché mardi en fin de journée une nouvelle tentative d’entrée irrégulière à Melilla par la darse sud, la même zone par laquelle, aux premières heures du matin, ont réussi à accéder 80 immigrants d’origine subsaharienne.

    Des sources de la Délégation du Gouvernement à Melilla ont rapporté que cette tentative d’entrée déjouée par la Digue Sud a eu lieu vers 23.45 heures et ont agi les Forces et les Forces de Sécurité de l’Etat, en plus des forces marocaines.

    L’action des agents des deux côtés de la digue qui sert de frontière dans la partie sud de Melilla a permis d’avorter la tentative d’entrée, puisque, selon la délégation du gouvernement, aucun des immigrants n’a atteint son objectif d’accès irrégulier à la ville autonome.

    El Mundo, 19 mai 2021

    Etiquettes : Espagne, Maroc, Sahara Occidental, Front Polisario, Brahim Ghali, migration, Ceuta, Melilla,

  • Ceuta : Plus de 1500 harragas rapatriés au Maroc

    L’Espagne renvoie 1 500 immigrants au Maroc après l’entrée massive à Ceuta

    La remise aux autorités marocaines s’effectue conformément à un accord signé avec Rabat en 1992 et l’on s’attend à ce que, dans les prochains jours, tous ceux qui ont franchi la frontière soient renvoyés.

    Des sources policières consultées par Vozpópuli indiquent que l’Espagne a déjà renvoyé au Maroc 1 500 immigrants sur les quelque 6 000 qui ont franchi le périmètre frontalier de Ceuta depuis lundi. Ce geste s’inscrit dans le cadre de l’application d’un accord signé avec Rabat en 1992. On s’attend à ce que, dans les jours à venir, la même décision puisse être prise avec le reste des personnes qui restent dans la ville autonome après l’entrée massive de la clôture.

    La gravité de la situation a contraint le ministère de l’Intérieur à convoquer une réunion d’urgence à laquelle ont participé le chef du portefeuille, Fernando Grande-Marlaska, le secrétaire d’État à la sécurité, Rafael Perez, le directeur général de la police, Francisco Pardo, la directrice générale de la garde civile, Maria Gamez, ainsi que d’autres hauts représentants du département.

    La réunion s’est conclue par la décision d’envoyer 200 agents supplémentaires à Ceuta pour renforcer le dispositif : 50 de l’Institut armé qui seront déployés aux points critiques de la frontière et 150 de la Police nationale, qui sont répartis entre les agents de l’Unité d’intervention de la police (UIP), les scientifiques et la spécialité des étrangers et des frontières. L’incorporation de ce dernier correspond à l’intention d’appliquer l’accord signé avec le Maroc en 1992 qui permet le retour des immigrants qui traversent le périmètre frontalier.

    Effondrement à Ceuta

    Après la batterie d’entrées – d’autres sources indiquent à ce journal que le chiffre pourrait dépasser 5 000 immigrants en une seule journée – l’Espagne a déjà procédé à l’expulsion de 300 personnes, qui ont été remises aux autorités marocaines. Cet épisode a provoqué l’effondrement des installations habituellement mises en place pour s’occuper et gérer la situation des immigrants arrivant à Ceuta.

    La ministre des Affaires étrangères et de la Coopération, Arancha González Laya, dément dans une interview sur Cadena Ser que cette entrée massive soit le résultat d’un « désaccord » avec le Maroc après avoir accueilli le leader du Polisario, Brahim Ghali, en Espagne. « Je ne peux pas parler pour le Maroc. En tout cas, je peux vous dire qu’on nous a assuré il y a quelques heures que ce n’est pas le résultat d’un désaccord ».

    Le ministre des affaires étrangères insiste sur le fait que la priorité est de « maintenir les canaux habituels avec les autorités marocaines pour comprendre quelle est la raison » de cet épisode, puis d’ »assurer la sécurité de nos frontières » et, enfin, de « renvoyer dans leurs lieux d’origine ceux qui sont arrivés de manière irrégulière conformément aux protocoles ». Un retour qui a déjà commencé avec les 300 premiers immigrants livrés au Maroc.

    A Melilla aussi

    En outre, tôt ce mardi, on a appris que plusieurs dizaines de migrants subsahariens ont sauté la barrière frontalière entre l’Espagne et le Maroc à Melilla et ont réussi à accéder à la ville tôt ce matin en différents groupes.

    Ces entrées irrégulières ont eu lieu depuis 4h30 ce matin dans la zone du Dock Sud, où la police locale a coupé la circulation la nuit dernière « pour faciliter le contrôle » des forces et des forces de sécurité de l’État après l’afflux massif d’immigrants qui s’est produit hier à Ceuta.

    Selon les sources policières ont informé Efe, les immigrants sont entrés à Melilla en plusieurs groupes, le premier d’entre eux plus nombreux, et une fois dans la ville ont été dirigés vers la course au Centre de séjour temporaire des immigrants (CETI), escorté par des patrouilles de la Garde civile et la police locale.

    Les Subsahariens ont parcouru le Paseo Marítimo en célébrant leur entrée dans la ville par des signes de joie et des cris d’euphorie.

    Voz Populi, 18 mai 2021

    Etiquettes : Maroc, Espagne, Ceuta, migration, harragas,

  • Vidéo: Pluie de cailloux sur l’armée déployée par l’Espagne à la frontière avec le Maroc

    Les candidats à la migration illégale ont violemment attaqué avec des cailloux les unités militaires et policières déployées par l’Espagne dans la frontière avec le Maroc. Les détails dans cette dépêche du journal OK Diario.

    Les immigrants clandestins au Maroc accueillent l’armée avec une pluie de pierres

    L’armée est déjà sur la plage de Ceuta. Plus d’une centaine d’agents de la police nationale et de la garde civile, ainsi que des troupes du groupe de réguliers de Ceuta n° 54 et de la Légion, ont été déployés dans la bande espagnole de la digue du Tarajal de Ceuta, point par lequel ce lundi ont réussi à entrer illégalement dans la ville plus de 6 000 personnes. Du côté marocain, un groupe important de personnes tentant de traverser a commencé à jeter des pierres sur les agents gardant la digue.

    Mardi à l’aube, les troupes de l’armée avaient pris position sur le rivage de la plage de Tarajal, près des rochers qui marquent la fin du territoire espagnol et le début du Maroc. Une section de Regulars, avec une cinquantaine de soldats, a été déployée sur la plage ainsi que deux véhicules blindés de transport de troupes BMR armés de mitrailleuses, plus deux autres qui restent dans la zone asphaltée qui donne accès à la plage.

    Le déploiement a eu un effet dissuasif, car les flux entrants ont été considérablement réduits. Le flux d’immigrants a diminué et, selon les sources militaires expliquent à OKDIARIO, ce mardi les entrées à Ceuta vont à rythme de « goutte à goutte » par rapport à la journée de lundi. Du moins dans ce point géographique.

    Elle a également déployé un bon nombre d’agents de la police nationale, qu’il s’agisse de membres de la sécurité publique ou de membres spécialisés dans le contrôle des foules et des émeutes. Ces derniers ont formé une ligne de défense à la clôture de Tarajal elle-même. Des membres de la Garde civile, équipés de tenues anti-émeutes et de boucliers de protection, sont également présents dans la zone.

    Le renforcement de la sécurité à ce point, où sont entrées hier plus de 6 000 personnes en situation irrégulière – dont une bonne partie de mineurs – a mis en émoi la masse d’immigrants qui attendaient de passer à la nage mardi. Des centaines de personnes ont commencé à jeter des pierres contre la barrière où se trouvent les agents. Jusqu’à présent, aucun d’entre eux n’a causé de blessures aux fonctionnaires espagnols.

    [youtube https://www.youtube.com/watch?v=iqQaadql0UE&w=560&h=315]

    Plus de 6 000arrivées

    Selon le ministre de l’Intérieur, Fernando Grande-Marlaska, 1 500 des 6 000 immigrants entrés illégalement à Ceuta au cours des dernières heures ont déjà été renvoyés au Maroc.

    Marlaska a assuré mardi que les retours se poursuivront pour « renverser la situation » et en ce qui concerne les quelque 1.500 mineurs qui se trouvent parmi les immigrés qui appliqueront « la loi, les traités internationaux et nos accords avec le Maroc » pour leur protection.

    Il a également souligné que l’intervention a été articulée en patrouilles conjointes avec les forces armées pour assurer la sécurité publique. Du côté de l’Intérieur, la Grande-Marlaska a annoncé un renforcement d’une cinquantaine de troupes de la Garde civile sur les lieux de passage les plus probables à Ceuta. La police nationale, quant à elle, augmentera de plus de 150 agents à Ceuta, y compris les membres des unités d’intervention de la police et le personnel spécifique des services scientifiques et des étrangers et des frontières.

    OK Diario, 18 mai 2021

    Etiquettes : Maroc, Espagne, Ceuta, migration, Sahara Occidental, front Polisario, Brahim Ghali,

  • Espagne: Sanchez annule son voyage à Paris face à la crise migratoire à la frontière avec le Maroc

    Le président du gouvernement, Pedro Sánchez, a annulé le voyage qu’il avait prévu de faire ce mardi à Paris pour participer à un sommet sur le financement de l’Afrique organisé par le président de la République française, Emmanuel Macron. La crise déclenchée à la frontière avec le Maroc après l’arrivée massive d’immigrants illégaux à Ceuta et Melilla a provoqué ce changement dans l’agenda du leader socialiste.

    La Moncloa a fait part de la suspension de ce voyage par le biais d’un communiqué dans lequel il est également souligné que l’exécutif s’efforce de « rétablir la normalité le plus rapidement possible ».

    Ces dernières heures, plus de 5 000 immigrants clandestins ont gagné les côtes de Ceuta à la nage, face à la passivité des autorités marocaines. Aux premières heures de la matinée de mardi, des dizaines d’immigrants subsahariens ont également franchi la vallée frontalière avec le Maroc à Mellilla.

    OKDIARIO révèle que les autorités marocaines ont donné l’ordre à leur police de ne pas agir contre la vague d’immigrants illégaux vers l’Espagne. Certaines sources assurent que le Maroc fait à nouveau pression sur l’Espagne avec l’une de ses armes les plus efficaces : le décontrôle volontaire du départ des immigrants illégaux de son territoire vers l’Espagne. Rabat s’est plaint il y a quelques semaines que le leader du Front Polisario recevait un traitement médical dans notre pays et il semble que ce fait coïncide avec un changement dans l’effort qu’il consacre à la surveillance de ses frontières.

    « La fermeté maximale ».

    Pedro Sanchez s’est exprimé sur cette crise à travers les réseaux sociaux. « Ma priorité pour le moment est de ramener la normalité à Ceuta. Ses citoyens doivent savoir qu’ils ont le soutien absolu du gouvernement espagnol et la plus grande fermeté pour assurer leur sécurité et défendre leur intégrité en tant que partie du pays face à tout défi », a déclaré le dirigeant socialiste.

    Le président du gouvernement présidera le Conseil des ministres ce mardi et après cette réunion, il fera une déclaration institutionnelle depuis La Moncloa sur cette crise migratoire que connaît Ceuta.

    OK Diario, 18 mai 2021

    Etiquettes : Maroc, Espagne, Ceuta, migration, harragas, Sahara Occidental, Brahim Ghali,

  • Au moins 2 700 personnes arrivent à Ceuta à la nage dans un contexte d’escalade des tensions diplomatiques avec le Maroc.

    Quelque 700 mineurs, des centaines de jeunes et plusieurs familles ont franchi une digue frontalière en l’absence des forces marocaines, après que ce pays a protesté contre l’accueil en Espagne du chef du Front Polisario.

    Au moins 2 700 personnes sans papiers, dont environ 700 mineurs, sont entrées lundi à la nage dans Ceuta depuis la ville voisine de Fnideq, 77 000 habitants, anciennement Castillejos, selon la délégation du gouvernement. L’arrivée a eu lieu sans que les autorités marocaines n’opposent de résistance et après plusieurs semaines au cours desquelles le Maroc a décidé de resserrer la corde diplomatique avec Madrid. Le désaccord est survenu après que les services de renseignement marocains ont découvert en avril dernier que le secrétaire général du Front Polisario, Brahim Ghali, a été reçu sous une fausse identité dans un hôpital de Logroño, souffrant de covid-19. La diplomatie marocaine déplore cet acte, avertit qu’elle en prend note et menace le gouvernement espagnol de représailles.

    L’arrivée de 2 700 migrants irréguliers en un seul jour à Ceuta est un événement sans précédent dans la ville autonome. Non seulement en raison du nombre record d’arrivées, mais aussi en raison du contexte sanitaire délicat dans lequel il s’inscrit. Le Maroc a décidé de protéger sa population en fermant les frontières terrestres de Ceuta et Melilla en mars 2020. Et il y a plusieurs semaines, elle a suspendu ses liaisons aériennes avec une quarantaine de pays, à titre de mesure préventive. Maintenant, c’est aux autorités de Ceuta de faire face au problème humanitaire posé par ce phénomène. Et c’est au gouvernement de Madrid et à l’Union européenne de relever le défi diplomatique posé par Rabat.

    En l’absence de confirmation officielle, les entrées irrégulières de lundi représentent un record quotidien qui n’a jamais été atteint, même dans les périodes les plus critiques de forte pression migratoire. Aux îles Canaries, le week-end le plus intense, celui des 7 et 8 novembre, a enregistré 2 000 arrivées. En 2018, année qui a enregistré le plus grand nombre d’entrées irrégulières, le mois de juin a enregistré l’une des semaines les plus compliquées avec le débarquement entre le 21 et le 27 juin de près de 2 800 personnes, rapporte María Martín.

    Le 26 avril dernier, après l’accueil du Ghali en Espagne, 120 jeunes sont déjà arrivés à Ceuta en nage. Cette fois, le nombre a été largement dépassé. « Nous sommes débordés », a déclaré une source dans la ville autonome. « Dans le navire où nous recevons les migrants irréguliers [et où ils doivent servir la quarantaine], il y avait environ 70 personnes dimanche. Je ne sais pas ce que nous allons faire du reste ni où nous allons le mettre ».

    Un habitant de Fnideq a déclaré à ce journal que la passivité de la police marocaine était totale. Des vidéos ont circulé sur les réseaux sociaux montrant des personnes se baignant sans que personne ne les en empêche. La source susmentionnée de la ville autonome a déclaré : « La police marocaine laisse les migrants venir sur la plage la plus proche de Ceuta. Ils arrivent donc ici tout de suite ». L’absence de surveillance sur les plages marocaines contraste dans un pays où il existe un contrôle policier rigoureux à l’entrée et à la sortie de centaines de communes, dont Fnideq.

    Les arrivées ont commencé à trois heures du matin, lundi. Et cela n’a pas cessé de toute la journée. Ils ont pénétré à la fois sur la plage de Tarajal et dans la région de Benzu. Une partie des nouveaux arrivants a été dirigée vers un navire dans le polygone de Tarajal, près de la frontière, ce qui a permis de maintenir la quarantaine. Selon des sources de la Croix-Rouge, l’enceinte a une capacité d’accueil d’un peu plus de 200 personnes, soit moins de 10% du dernier nombre d’entrées. Les personnes soignées font la queue aux portes, mais le dispositif est complètement débordé. Selon les médias locaux, certaines des personnes qui ont atteint la ville autonome se sont dispersées directement dans les quartiers de la ville, notamment le quartier d’El Principe.

    Depuis la fermeture des postes-frontières en mars 2020, un flux constant d’arrivées s’est produit aux points de convergence des barbelés et de la mer, tant à Ceuta qu’à Melilla. Ce type d’entrée par la natation, la traversée perchée sur les rochers des brise-lames ou par les points faibles de la clôture, tels que les canalisations d’égouts, s’est intensifié pendant l’été et s’est développé en raison de l’impossibilité d’accéder aux villes autonomes par d’autres voies depuis le Maroc. À Melilla, la Garde civile a constaté une plus grande intensité de ce type de traversées qui, toutefois, tendent à être individuelles ou en petits groupes. Jamais, jusqu’en avril, n’avait été enregistrée une entrée collective comme ce lundi par les bords du périmètre frontalier.

    Problème pour l’Espagne et les autorités marocaines

    Cette arrivée massive pose un problème à l’Espagne mais en dégage un autre, majeur, pour les autorités marocaines, puisque la région de Castillejos est fortement touchée par le chômage après les mesures prises par Rabat contre la contrebande et après la fermeture des frontières intervenue en mars 2020 en raison de la pandémie. La ministre des Affaires étrangères, Arancha Gonzalez Laya, a déclaré lundi qu’elle n’était pas au courant que l’arrivée de migrants était due à une tentative de Rabat de faire pression sur les autorités espagnoles.

    La vague d’arrivées enregistrée ce lundi rappelle celle du 26 avril. Ce jour-là, plus de 128 personnes, selon les données de la Croix-Rouge, sont arrivées à Ceuta par la plage près de Fnideq. Pendant deux jours de tempête, ils se sont jetés à la mer devant l’inaction totale des autorités de l’autre côté de la frontière. Un habitant de la ville marocaine qui a suivi de près la fuite de dizaines de jeunes en avril a déclaré à ce journal sous couvert d’anonymat : « Ce n’est pas que nos policiers ont collaboré. Je les connais tous et je sais qu’ils ne feraient pas ça. Ce qui s’est passé, c’est que ce week-end-là, il n’y avait pas un seul policier pour surveiller les plages. Tout le monde a remarqué.

    Au moins deux personnes sont mortes pendant l’émigration massive ce jour-là. Ensuite, les négociations entre le ministère de l’Intérieur et Rabat ont permis de stopper l’entrée de personnes à Ceuta avec le déploiement de forces marocaines sur la côte et ont permis le retour rapide d’environ 110 jeunes malgré la fermeture stricte de la frontière. Il ne restait plus que 30 mineurs dans la ville autonome.

    Les événements du mois d’avril ont été un premier coup sur la table par le Maroc, agacé par l’arrivée à Logroño, le 18 avril, du leader du Front Polisario pour être soigné pour un covide en Espagne. Le fait que l’ancien président des États-Unis, Donald Trump, ait reconnu en décembre la souveraineté du Maroc sur le Sahara occidental a conduit le Maroc à faire pression sur l’Espagne, l’Allemagne et l’Union européenne en général pour qu’ils emboîtent le pas à Trump. Jusqu’à présent, la réponse de l’UE a été unanime et appelle les deux parties au conflit à parvenir à un accord mutuellement accepté au sein des Nations unies.

    Au début du mois, une déclaration du ministère marocain des affaires étrangères a reproché à l’Espagne l’ »inaction » de son système judiciaire qui a permis à Ghali d’entrer sur son territoire et a critiqué Madrid pour avoir agi « dans le dos d’un partenaire et voisin ». La diplomatie marocaine a reconnu que l’accueil du Ghali était une « décision souveraine de l’Espagne », mais a prévenu qu’elle en tirerait « toutes les conséquences ». Les neuf partis marocains ayant une représentation parlementaire ont accusé le gouvernement espagnol, dans une lettre commune, de maintenir une attitude « inacceptable et ouvertement provocatrice ».

    L’émigration massive de Fnideq est un soulagement pour les autorités marocaines, dans une région où plusieurs manifestations ont eu lieu ces derniers mois, avec des centaines de femmes réclamant des alternatives économiques à la fermeture des frontières avec Ceuta et Melilla.

    Des centaines de familles dans des villes proches de la frontière comme Fnideq – à côté de Ceuta – ou Beni Enzar, Barrio Chino et Farhana – à côté de Melilla – dépendaient des relations transfrontalières, qui ont été suspendues pendant plus d’un an depuis que les passages officiels ont été fermés en mars 2020 en raison de la pandémie. Rien qu’à Melilla, quelque 35 000 travailleurs transfrontaliers traversaient la frontière chaque jour. Les travailleurs domestiques, les travailleurs qualifiés et les employés du secteur des services laissés de l’autre côté de la frontière ont perdu leur emploi et, dans de nombreux cas, vivent des salaires qu’ils reçoivent encore de leurs employeurs par le biais de services de transfert de fonds certifiés.

    Il a également été mis un terme définitif au portage ou commerce atypique, une forme de contrebande à laquelle Rabat voulait mettre un terme et qui employait des milliers de personnes, dont beaucoup venaient de villes de l’intérieur du Maroc, comme Fès ou Casablanca. À Fnideq, les restaurants et les magasins ont été contraints de fermer. Des dizaines de familles de porteurs ont quitté la ville pour retourner dans leurs villages d’origine dans les montagnes de l’Atlas.

    En février, des centaines d’habitants de Fnideq sont descendus dans la rue jusqu’à quatre vendredis consécutifs pour demander l’ouverture des frontières avec l’Espagne. Les autorités ont arrêté plusieurs jeunes la première semaine. Mais cela n’a pas empêché des milliers de résidents, principalement des femmes, de manifester à nouveau le vendredi suivant, en criant « Honte à vous ! Vous avez tué Fnideq », « Le peuple veut ouvrir la frontière », « Liberté pour les détenus ». La police a alors décidé d’autoriser les rassemblements de protestation, tandis que la justice libérait les prisonniers et que les autorités distribuaient des bons d’alimentation d’une valeur de 30 euros. Mais les manifestations ont continué. « Nous ne voulons pas de l’aumône », ont-ils scandé.

    Alors que le Maroc s’efforce de relancer l’économie dans le nord du pays, la population de la région dépérit face à la fermeture de la frontière, qui a entraîné un flux constant d’arrivées à Ceuta et Melilla par la mer depuis le début de la pandémie et s’est intensifié depuis la fin de 2020. Cependant, ce type d’entrée massive à la nage n’avait jamais été observé auparavant, comme si une autoroute avait été ouverte dans la mer.

    Enfin, en mars, quelque 300 contrats temporaires sont arrivés pour d’anciens porteurs désireux de travailler dans l’industrie textile à Tanger. Mais la situation est loin d’être résolue à Fnideq. Les familles demandent quelque chose d’aussi simple et compliqué à trouver qu’un emploi. Entre-temps, la ville est à nouveau sous le feu des projecteurs des relations diplomatiques entre Rabat et Madrid.

    Augmentation des arrivées également dans le détroit de Gibraltar

    L’entrée à Ceuta coïncide avec une augmentation de l’arrivée de migrants en patera dans les eaux du détroit et de la mer d’Alboran, après des mois de faible activité. En seulement huit heures, de sept heures du matin ce mardi à trois heures de l’après-midi, le sauvetage maritime a secouru 46 immigrants, dont une femme, dans un flot continu qui a commencé à l’aube dans les environs de la zone sud de Tarifa. Il s’agit d’un nombre supérieur aux 33 migrants secourus à Cadix entre le 8 et le 28 avril, selon des sources de la subdélégation du gouvernement à Cadix.

    Les personnes secourues voyageaient à bord de 13 petites embarcations : des jouets gonflables, des kayaks et un canoë. Une vingtaine des nouveaux arrivants sont d’origine subsaharienne et le reste, d’origine nord-africaine. À l’exception de trois personnes qui sont arrivées à Fuengirola (Malaga) et qui ont été transférées dans la capitale de Malaga, la majorité, qui est arrivée sur la côte de Cadix, est en train d’être transférée dans la baie d’Algeciras, où un centre de prise en charge temporaire des étrangers (CATE) fonctionne depuis la crise migratoire de 2018, confirment de la Subdélégation du gouvernement de Cadix. Des sources du Secours maritime expliquent que ce rythme de sauvetages est « beaucoup » plus élevé que ce qu’ils enregistraient ces derniers temps. « Nous constatons une augmentation tant dans le détroit que dans la mer d’Alboran », explique Manuel Capa, sauveteur et délégué CGT du comité d’entreprise du sauvetage maritime. Capa a regretté que cette augmentation des arrivées ait commencé à se produire après que Fomento ait réduit les renforts de personnel qu’ils avaient dans les navires de sauvetage, rapporte Jesús A. Cañas.

    El País, 17 mai 2021

    Etiquettes : Maroc, Espagne, Sahara Occidental, Brahim Ghali, hospitalisation, Ceuta, Gibraltar, migration, harragas, pateras,