Étiquette : migration

  • Canaries : Interceptée une patera avec 32 personnes et 263 kilos de haschisch à trois miles de Lanzarote

    Le bateau est parti du Maroc avec à son bord 22 hommes, 4 femmes et 6 mineurs, ainsi que 10 paquets de haschisch d’un poids total de 263 kilos.

    Des agents de la police nationale et de la garde civile ont intercepté un bateau à trois miles de l’île de Lanzarote avec 32 immigrants à bord et une douzaine de ballots de haschisch pesant au total 263 kilos.

    Le bateau de 6 mètres de long transportait 22 hommes, 4 femmes et 6 mineurs, qui ont été emmenés par Salvamento Marítimo au port d’Arrecife aux premières heures du 1er mai. La perquisition des agents de la Guardia Civil et de la Police Nationale a permis d’intercepter la drogue et d’identifier deux des voyageurs comme étant les responsables présumés de la conduite des bateaux et des voyages illégaux du Maroc vers l’Espagne, pour lesquels ils facturaient environ 2 000 euros à chaque immigrant.

    Ces deux personnes sont accusées d’un crime contre la liberté des citoyens étrangers et, avec deux autres membres du réseau, en tant qu’auteurs présumés d’un crime de trafic de drogue.

    Après le rapport de police correspondant, les détenus et la drogue saisie ont été mis à la disposition de l’autorité judiciaire compétente d’Arrecife, qui a ordonné l’emprisonnement de tous, l’intervention policière a été effectuée par des agents du commissariat d’Arrecife et de la Garde civile de Costa Teguise.

    Trafic mixte de drogues et de personnes

    Si l’arrivée de petites embarcations et de cayucos avec des migrants sur les côtes canariennes est courante, il n’est pas si fréquent que ces embarcations contiennent de la drogue, dans un commerce mixte de trafic de personnes et de stupéfiants.

    Bien que ce ne soit pas fréquent, ce n’est pas la première fois qu’un bateau sert de véhicule à cette double activité. Le dernier bateau intercepté avec des migrants et de la drogue à bord a été localisé en mars dernier, dans le cadre d’une enquête qui a abouti à l’arrestation de 20 personnes à Tenerife faisant partie d’une organisation dédiée au trafic d’immigrants et de haschisch.

    La police nationale a arrêté 14 hommes de nationalité marocaine et 6 Espagnols au sein de ce réseau criminel, qui profitait des voyages en bateau du Maroc vers les îles Canaries pour introduire de la drogue, avec des bénéfices supérieurs à 300 000 euros.

    De même, en décembre 2020, quatre personnes ont été arrêtées pour avoir fait passer 542 kilos de haschisch dans une yole avec 7 migrants à bord située au large de Lanzarote.

    Le 19 octobre 2020, une yole a également été localisée au large de Gran Canaria avec 12 occupants à bord, qui ont à leur tour apporté 544 kilos de haschisch et ont donné lieu à six arrestations.

    ABC, 06 mai 2021

    Etiquettes : Espagne, Iles Canaries, patera, migration, trafic de drogue, cannabis, haschich,

  • Comment quitter le Maroc pour trouver un meilleur emploi à l’étranger ?

    La plupart des Marocains rêvent de travailler à l’étranger. Selon une étude de l’association marocaine d’études et de recherches sur les migrations (AMERM) ce sont bels et biens 42 % des Marocains qui veulent partir à l’étranger. Cependant, la migration n’est plus une simple décision, mais bien un réel projet migratoire.

    Selon la même étude, sur l’ensemble de personnes sondées, seules 9 % ont un réel potentiel d’émigration. Le potentiel à migrer étant disponible chez les personnes ayant un niveau élevé et moyen d’éducation. Cette personne doit bénéficier de plusieurs ressources (information, documents de voyages, ressources financières ) qui facilitent la réalisation du projet migratoire.

    1- Cibler un pays qui a une politique sérieuse et claire d’immigration

    Si vous avez décidé d’un coup de tête de vous expatrier à l’étranger et vous ne savez pas encore quels est le pays à choisir pour commencer votre nouvelle vie. Je vous propose de regarder cette liste des 5 pays où l’on vit le mieux quand on est expatriés. En 2014, la banque HSBC a effectué une étude sur les pays les plus agréables lorsque l’on est expatrié. C’est finalement la Suisse qui monte sur la première marche du podium avec un score de 0,55, les critères n’étant le “mode de vie équilibré” ainsi que les salaires élevés et les perspectives professionnelles.

    2- Se renseigner au maximum sur le pays voulu

    Il faut tout d’abord se renseigner sur le pays en général : que cela soit au niveau de sa situation économique, sa demande en main d’œuvre, le niveau de vie, le pouvoir d’achat, le prix de l’immobilier… Votre job à l’étranger doit vous permettre de vivre sur place sans dépenser l’intégralité de votre salaire. Avant de partir, informez-vous sur ce que vous allez gagner et sur le coût de la vie dans votre pays d’accueil.
    Vous l’avez compris, Internet est un atout de taille dans vos recherches. Il faut donc utiliser tous les moyens pour trouver les informations pertinentes par rapport au pays choisi : sur les moteurs de recherches, forum, groupes facebook….
    Ensuite, il faut se renseigner sur les démarches de visas pour savoir à vous attendre lorsque vous allez effectuer les démarches pour l’immigration. Il existe certains pays qui demandent certains formulaires ou certaines conditions pour obtenir le visa.

    3- Préparer un projet professionnel réaliste et enthousiasmant

    S’expatrier, c’est se confronter à l’inconnu : il faut se poser les bonnes questions. Et même si vous croyez avoir pensé à tout, il reste une part d’imprévu. Une bonne préparation est souvent une garantie contre des désillusions.

    Il faut donc être au clair avec :
    – le type de poste que vous voulez occuper
    – le type d’entreprise
    – le secteur d’activité
    – le niveau de salaire
    – la ville dans laquelle vous voulez travailler
    – a quelle échéance, vous voulez occuper ce poste
    Plus cet objectif sera précis et enthousiasmant pour vous, plus votre communication autour de votre projet sera claire et la mise en place de votre plan d’action aussi !

    4- Apprendre la langue du pays

    Avant de choisir le pays dans lequel vous souhaitez vous installer, il vous faudra apprendre quelques rudiments de la langue locale. Même si l’anglais est un atout pour une entreprise internationale, vous aurez néanmoins besoin de comprendre ce dont on parle autour de vous.

    Le type d’emploi que vous recherchez déterminera alors le niveau des compétences linguistiques dont vous aurez effectivement besoin. Dans tous les cas, vous allez devoir montrer à votre futur employeur votre motivation à apprendre la langue locale.

    Enfin, sachez rédiger votre Cv dans la langue et dans les règles du pays. Un Cv américain n’est pas un Cv français traduit en anglais !

    5- Impliquer votre réseau dans la recherche

    Faites vos recherche à la fois en ligne et « dans la vraie vie.» Lorsque vous décidez sur un pays, il faut en parler à vos amis, à votre famille, à vos collègues, à vos voisins. Bref à tout le monde dans votre réseau. Il ya des chances qu’ils connaissent quelqu’un qui peut vous aider. Votre objectif est d’avoir un réseau de plus en plus qualifié. C’est l’image de l’entonnoir : au début, vous connaissez beaucoup de personnes, mais peu d’entre elles pourraient vous aider. Puis, petit à petit, vous allez affiner et filtrer les personnes que vous allez rencontrer et serez plus efficace.

    6- Se faire accompagner par des professionnels

    Trouver un travail motivant à l’étranger demande d’abord de l’audace et une profonde envie mais également de maitriser les techniques et garder la motivation! Alors, n’hésitez pas à vous faire accompagner dans ce projet.

    De nombreux organismes destinés à aider et renseigner les candidats à l’expatriation existent, ne les négligez pas ! Un certain nombre d’organismes – qui sont aussi des sources sûres d’information – existent dans de nombreux pays pour vous aider à trouver un emploi ou un stage à l’étranger :

    Forem (http://www.leforem.be/): service public wallon sur l’emploi et la formation. La rubrique “Consulter les offres d’emploi à l’étranger” () regroupe les offres d’emploi à l’étranger ;
    BIJOB (http://www.bijob.be): « BIJOB, le Brussels International Jobcentre, est le service de placement international du service public de l’emploi bruxellois, ACTIRIS. La mission principale de BIJOB est de promouvoir la mobilité internationale à partir de et vers la Région bruxelloise. » Les offres d’emploi à l’étranger se trouvent à la rubrique : « Offres d’emploi à l’étranger »
    Réseau EURES (http://ec.europa.eu/eures/) : portail européen sur la mobilité de l’emploi. Il concerne les demandeurs d’emploi, les employeurs et les personnes à la recherche de possibilités d’éducation et de formation. Comprenant plusieurs centaines de miliers d’ offres d’emploi, le site permet une sélection par secteur d’activité, par pays et par région.
    AMSEP (http://www.wapes.org). L’AMSEP est l’Association Mondiale des Services d’Emploi Publics. Les membres sont des Services Publics d’Emploi du monde entier. En 2012, c’est un réseau de 89 Services Publics d’Emploi, concernant 86 pays.

    Côté petites annonces, les sources d’informations sont diverses : sites internet, réseau, presse et Pôle emploi international. Quelques sites généralistes pour trouver un emploi à l’étranger :
    – Monster
    – Career Builder
    – Michael Page
    – Pôle emploi international
    – Emploi Expat

    Site du Lycée Moulay Driss 1er

    Etiquettes : Maroc, migration, visa, travail, étranger,

  • Nouveau drame au large des Canaries : 24 cadavres retrouvés dans un canot à la dérive, l’embarcation venait de la Mauritanie

    XALIMANEWS-Un nouveau bilan a été donné par les autorités espagnoles après la découverte de plusieurs cadavres dans un canot à la dérive au large des Canaries. Le nombre de morts passe de 17 à 24, parmi lesquels deux mineurs. Ce ne sont pas 17 cadavres mais 24, dont deux mineurs, qui ont été retrouvés dans le canot à la dérive au large des îles Canaries, ont indiqué les autorités espagnoles. Repérée par un avion de l’armée espagnole mardi dernier, l’embarcation était à la dérive à 500 kilomètres au sud-est d’El Hierro, la plus petite île de l’archipel espagnol. Un navire de secours en mer avait été envoyé dans la zone.

    Trois survivants, parmi lesquels une femme, avaient ensuite été hélitreuillés vers un hôpital de Tenerife. « Ils étaient si faibles que nous avons dû nous y mettre à plusieurs pour les aider à se tenir debout », a confié à l’Afp Juan Carlos Serrano, un membre de l’équipage de l’hélicoptère. Selon les médias espagnols, les 24 personnes, parties de Mauritanie, sont mortes de faim et de soif après avoir passé 22 jours en mer. Toutes étaient originaires d’Afrique subsaharienne. Le canot a été remorqué mardi par un navire de secours jusqu’au port de Los Cristianos, à Tenerife, où il est arrivé mercredi soir. Les pompiers présents sur le quai ont sorti les corps qui ont ensuite été transportés au funérarium de l’île.

    Près de 2 000 morts en 2020.

    Les arrivées de bateaux de migrants aux Canaries se sont multipliées depuis la fin 2019 et le renforcement des contrôles en Méditerranée. L’an dernier, 23 023 migrants ont atteint l’archipel espagnol, soit huit fois plus que l’année précédente, selon le ministère de l’Intérieur. « L’état de la mer à cette période de l’année et la distance à parcourir (…) rendent cette route particulièrement dangereuse », ont indiqué le Haut commissariat de l’ONU aux réfugiés (HCR) et l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) dans un communiqué conjoint. « Les bateaux peuvent dériver pendant des jours, sans nourriture et sans eau », ont-ils ajouté. La traversée depuis les côtes ouest-africaines fait au minimum 100 kilomètres, mais elle est particulièrement dangereuse à cause des forts courants. Les bateaux sont la plupart du temps surchargés et en mauvais état. L’an dernier, au moins 1 851 personnes ont perdu la vie en tentant d’atteindre les Canaries, selon l’ONG Caminando Fronteras, qui surveille ces migrations.

    Avec Infos migrants

    Xalima.com, 2 mai 2021

    Etiquettes : Mauritanie, Iles Canaries, Espagne, migration, pateras,

  • Les titres de séjours des algériens en France

    En France, la législation relative au droit des étrangers est compilée dans le Code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile, également appelé CESEDA.

    La délivrance des titres de séjour est donc régie par les dispositions contenues dans ce code. Cependant, les titres de séjour des algériens en France sont régis par un autre texte.

    La France a conclu avec certains pays, notamment les pays du Maghreb mais également d’autres pays d’Afrique, des accords bilatéraux régissant le séjour et l’exercice d’une activité professionnelle de ces ressortissants dans l’hexagone.

    Ainsi, l’accord franco-algérien du 27 décembre 1968, modifié et complété par plusieurs avenants, prévoit les conditions dans lesquelles les citoyens algériens sont autorisés à séjourner en France.

    Les dispositions du CESEDA ne sont donc pas applicables aux algériens à ce propos.

    Aux termes de cet accord, les algériens peuvent prétendre aux titres de séjour suivants :
    – le certificat de résidence d’un an
    – le certificat de résidence de dix ans (dont le certificat pour personnes retraitées).

    Le certificat de résidence d’un an portant la mention « vie privée et familiale ».
    Selon l’article 6 de l’accord bilatéral, ce certificat est délivré de plein droit :

    1) au ressortissant algérien résidant en France depuis plus de 10 ans ou plus de 15 ans si, au cours de cette période, il a séjourné en qualité d’étudiant ;

    2) au ressortissant algérien marié avec un ressortissant de nationalité française, à condition que son entrée sur le territoire français ait été régulière, que le conjoint ait conservé la nationalité française et, lorsque le mariage a été célébré à l’étranger, qu’il ait été transcrit préalablement sur les registres de l’état civil français ;

    3) au ressortissant algérien marié à un ressortissant étranger titulaire d’un titre de séjour d’un an portant la mention « scientifique » à condition que son entrée sur le territoire français ait été régulière ;

    4) au ressortissant algérien ascendant direct d’un enfant français mineur résident en France, à la condition qu’il exerce même partiellement l’autorité parentale à l’égard de cet enfant ou qu’il subvienne effectivement à ses besoins.

    Lorsque la qualité d’ascendant direct d’un enfant français résulte d’une reconnaissance de l’enfant postérieure à la naissance, le certificat de résidence d’un an n’est délivré au ressortissant algérien que s’il subvient à ses besoins depuis sa naissance ou depuis au moins un an ;

    5) au ressortissant algérien qui n’entre pas dans les catégories précédentes ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial, dont les liens personnels et familiaux en France sont tels que le refus d’autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus ;

    6) au ressortissant algérien né en France, qui justifie y avoir résidé pendant au moins 8 ans de façon continue, et suivi, après l’âge de 1 an, une scolarité d’au moins 5 ans dans un établissement scolaire français, à la condition qu’il fasse sa demande entre l’âge de 16 ans et 21 ans ;

    7) au ressortissant algérien, résidant habituellement en France, dont l’état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait entraîner pour lui des conséquences d’une exceptionnelle gravité, sous réserve qu’il ne puisse pas effectivement bénéficier d’un traitement approprié dans son pays.

    Les ressortissants algériens autorisés à séjourner en France au titre du regroupement familial, s’ils rejoignent un ressortissant algérien lui-même titulaire d’un certificat de résidence d’un an, reçoivent de plein droit un certificat de résidence de même durée de validité, renouvelable.

    Le certificat de résidence d’un an pour l’exercice d’une activité professionnelle.
    Un tel certificat pourra être délivré aux catégories suivantes :

    – Les ressortissants algériens désireux d’exercer une activité professionnelle salariée reçoivent sur présentation d’un contrat de travail visé par les services du ministre chargé de l’emploi, un certificat de résidence valable un an, renouvelable et portant la mention « salarié » : cette mention constitue l’autorisation de travail exigée par la loi française ;

    – Les ressortissants algériens désireux d’exercer une activité professionnelle soumise à autorisation reçoivent, s’ils justifient avoir obtenue cette autorisation, un certificat de résidence valable un an renouvelable et portant la mention de cette activité ;

    – Les ressortissants algériens autorisés à exercer à titre temporaire, en application de la législation française, une activité salariée chez un employeur déterminé, reçoivent un certificat de résidence portant la mention « travailleur temporaire », faisant référence à l’autorisation provisoire de travail dont ils bénéficient et de même durée de validité ;

    – Les ressortissants algériens qui viennent en France pour mener des travaux de recherche ou dispenser un enseignement universitaire, reçoivent sous réserve d’une entrée régulière, un certificat de résidence valable un an portant la mention « scientifique » ;

    – Les artistes-interprètes algériens tels que définis par la législation française ou les auteurs algériens d’œuvre littéraire ou artistique au sens de la législation française, titulaires d’un contrat de plus de 3 mois avec une entreprise ou un établissement dont l’activité principale comporte la création ou l’exploitation d’une œuvre de l’esprit, reçoivent un certificat de résidence valable un an portant la mention « profession artistique ou culturelle ».

    Le certificat de résidence de 10 ans.
    Le certificat de résidence valable 10 ans est délivré de plein droit :

    – Au ressortissant algérien, marié depuis au moins un an avec un ressortissant de nationalité française,

    – À l’enfant algérien d’un ressortissant français si cet enfant a moins de 21 ans ou s’il est à la charge de ses parents, ainsi qu’aux ascendants d’un ressortissant français et de son conjoint qui sont à sa charge ;

    – Au ressortissant algérien titulaire d’une rente d’accident du travail ou de maladie professionnelle servie par un organisme français et dont le taux d’incapacité permanente est égal ou supérieur à 20% ainsi qu’aux ayants droit d’un ressortissant algérien, bénéficiaire d’une rente de décès pour accident de travail ou maladie professionnelle versée par un organisme français ;

    – Aux membres de la famille d’un ressortissant algérien titulaire d’un certificat de résidence valable 10 ans qui sont autorisés à résider en France au titre du regroupement familial ;

    – Au ressortissant algérien qui justifie résider habituellement en France depuis qu’il a atteint au plus l’âge de 10 ans ;

    – Au ressortissant algérien qui est en situation régulière depuis plus de dix ans, sauf s’il a été, pendant toute cette période, titulaire d’un certificat de résidence portant la mention « étudiant » ;

    – Au ressortissant algérien ascendant direct d’un enfant français résidant en France, à la condition qu’il exerce, même partiellement, l’autorité parentale à l’égard de cet enfant ou qu’il subvienne effectivement à ses besoins, à l’échéance de son certificat de résidence d’un an ;

    – Au ressortissant algérien titulaire d’un certificat de résidence d’une validité d’un an portant la mention « vie privée et familiale », lorsqu’il remplit les conditions énumérées ci-dessus ou lorsqu’il justifie de 5 années de résidence régulière ininterrompue en France.

    A noter : Le ressortissant algérien, qui après avoir résidé en France avec un certificat de résidence valable 10 ans, a établi ou établit sa résidence habituelle hors de France et qui est titulaire d’ une pension de vieillesse, peut bénéficier d’un certificat de résidence valable dix ans portant la mention « retraité ».
    Ce certificat lui permet d’entrer à tout moment sur le territoire français pour y effectuer des séjours n’excédant pas un an.
    Le conjoint du titulaire d’un certificat de résidence portant la mention « retraité », ayant résidé régulièrement en France avec lui, bénéficie d’un certificat de résidence conférant les mêmes droits et portant la mention « conjoint de retraité ».

    Maître Kahena MEGHENINI
    Avocate au Barreau de Paris

    Village de la Justice, 27 mars 2020

    Etiquettes : France, Algérie, titres de séjour, visa, papiers, migration, regroupement familial,


  • Maroc : fuir à la nage, le désespoir des migrants (Vidéo)

    En plein jour et par dizaines, des jeunes voire très jeunes marocains ont rejoint à la nage, depuis Fnideq, que les espagnols appellent Castillejos, l’enclave espagnole de Ceuta à moins de 3 kilomètres. Ils pensent pouvoir contourner la frontière terrestre entre le Maroc et l’Espagne. Fnideq est aujourd’hui une ville sinistrée : la fermeture de la frontière et la crise sanitaire ont créé un marasme économique. 

    Mardi 27 avril, plus de 140 migrants ont atteint la ville autonome par la mer au cours des trois derniers jours. Les autorités des deux pays ont engagé une procédure concertée pour les rapatrier.

    Les autorités espagnoles et marocaines ont convenu de renvoyer au Maroc les jeunes de ce pays qui ont rejoint Ceuta à la nage ces dernières heures. Concrètement, le nombre de personnes qui ont réussi à atteindre la ville autonome au cours des trois derniers jours s’élève à 150, dont au moins une douzaine de mineurs.

    La police espagnole a déployé une opération spéciale dans l’entrepôt de Tarajal (Fnideq) où ils sont confinés et qui est situé près de la frontière avec le Maroc pour coordonner ce processus de rapatriement à chaud. L’objectif est que ces personnes retournent dans leur pays d’origine afin d’en dissuader d’autres à faire de même à la suite de la fermeture de la frontière en profitant du fait qu’aucun retour n’était effectué, ont indiqué des sources policières.

    [youtube https://www.youtube.com/watch?v=hzqgzCoKtg0&w=560&h=315]

    TV5 Monde, 01 mai 2021

    Etiquettes : Maroc, Espagne, Ceuta, migration, Castillejos, Fnideq,



  • Rumeurs infondées : « les musulmans du Maroc vivent à 80 % de l’aide sociale »

    Non, il n’y a aucune preuve que « les musulmans du Maroc vivent à 80 % de l’aide sociale ». C’est une figure inventée

    Il s’agit d’un audio où une voix masculine assure qu’ »en Catalogne, les musulmans du Maroc vivent avec 80% des prestations sociales et sept mille d’entre eux ne résident même pas en Espagne ». Ce contenu nous est également parvenu par le biais des sites web d’Alerta Digital (2017) et de La Gaceta (2017).

    Une figure inventée : nous avons retracé l’origine de cette affirmation et il n’existe aucune donnée, document ou étude pour la soutenir.

    Il n’y a pas d’aide par religion ou par nationalité. Il n’y a aucune preuve de ce chiffre car il n’existe aucune trace d’aide basée sur la religion. Cela nous a été confirmé par le département du travail, des affaires sociales et de la famille de la Generalitat de Catalunya, qui est chargé de la gestion des prestations sociales.

    Les prestations sont accordées à toutes les personnes « qui remplissent une série de conditions, elles bénéficient de l’aide comme les autres personnes, d’une autre religion ou sans religion », nous dit le ministère du travail.

    Ni l’Institut national de la statistique (INE) ni la Direction générale des affaires religieuses du département de la justice de la Generalitat de Catalunya ne disposent de données démographiques sur le nombre de musulmans en Espagne et, par conséquent, il n’est pas possible de savoir si 7 000 personnes vivent ou non en dehors du pays.

    Pour recevoir la Renta Garantizada de Ciudadanía en Catalogne (équivalent de la Renta Mínima de Inserción), vous devez être inscrit en Catalogne et suivre les cours de formation qu’ils proposent, car cette aide est liée à une demande d’emploi.

    Si vous quittez l’Espagne, pouvez-vous continuer à recevoir l’aide ? Non, elle est liée à une formation et vous devez assister [physiquement] à cette formation, l’idée étant de trouver un emploi », nous assure-t-on au ministère du travail.

    Maldita.es, 27 avr 2021

    Etiquettes : Espagne, Maroc, migration, rumeurs, xénophobie, aide sociale,

  • Un candidat noir conteste le statu quo politique en Espagne

    MADRID (AP) – Deux jeunes hommes sénégalais se sont rencontrés sur un bateau de migrants à destination de l’Europe en 2006, une année qui a vu un afflux record d’Africains vers les îles Canaries en Espagne.

    Depuis lors, l’un est mort d’une crise cardiaque en fuyant la police espagnole et l’autre se présente mardi à une élection polarisée pour un siège à l’assemblée régionale de Madrid.

    Serigne Mbaye veut non seulement lutter contre ce qu’il considère comme un «racisme structurel» contre les migrants africains, mais aussi défier une histoire de sous-représentation de la communauté noire et des autres personnes de couleur dans la politique espagnole.

    «C’est là que commence toute discrimination», a déclaré le jeune homme de 45 ans à l’Associated Press.

    En 2018, n’ayant pas réussi à obtenir un travail légal et un permis de séjour, l’homme qu’il a rencontré sur le bateau – Mame Mbaye, aucun parent – est décédé d’une crise cardiaque échappant à la répression policière des vendeurs de rue.

    Après cela, Serigne Mbaye, qui représentait à l’époque un groupe de colporteurs principalement noirs africains, est devenu l’une des voix les plus vives contre la loi espagnole sur les étrangers, affirmant qu’elle lie les migrants arrivant illégalement à l’économie souterraine. Le règlement les punit également de prison pour avoir commis des infractions mineures, leur laissant un casier judiciaire qui pèse sur leurs chances d’obtenir un permis de séjour.

    «Son image de nuit quand nous étions sur le bateau me hante toujours», a déclaré Serigne Mbaye, aujourd’hui citoyen espagnol. «Le seul fait qu’il soit mort et que je sois en vie est dû à une loi injuste qui nous condamne et nous punit. Certains d’entre nous y parviennent. Certains peuvent passer 20 ans dans un cercle vicieux sans papiers. »

    Mbaye court sur un ticket avec le parti anti-austérité United We Can, le partenaire junior de la coalition dirigée par les socialistes au pouvoir.

    Seule une poignée de Noirs ont réussi au plus haut niveau de la politique espagnole. Née en Guinée équatoriale, Rita Bosaho, aujourd’hui directrice de la diversité raciale et ethnique au ministère espagnol de l’Égalité, est devenue en 2015 la première législatrice nationale noire en quatre décennies de régime démocratique. Luc André Diouf, qui a également émigré du Sénégal, a également remporté un siège à la Chambre basse d’Espagne en 2019.

    À un niveau régional inférieur, Mbaye veut montrer que «Madrid est diversifiée».

    «Qu’une personne noire soit inscrite sur les listes en a surpris beaucoup. De cette façon, cela fait réfléchir beaucoup de gens », a-t-il déclaré.

    Vox, le parti d’extrême droite de plus en plus influent du pays, a répondu à la candidature de Mbaye avec un post Instagram promettant de l’expulser, même si cela est impossible car le candidat d’extrême gauche est un citoyen espagnol. Avec son mélange de patriotisme et de provocation populiste, Vox est devenu la troisième force du parlement national et pourrait devenir le faiseur de roi lors des élections du 4 mai à Madrid.

    «Ils disent essentiellement que parce que je suis noir, il n’y a pas de place pour moi ici», a déclaré Mbaye. «Ce sont les types de messages qui nous criminalisent et que nous continuons de recevoir.»

    Vox a également fait des vagues avec de grandes annonces dans le métro citant des chiffres inexacts comparant les dépenses publiques alléguées de Madrid pour les mineurs étrangers non accompagnés à l’allocation moyenne présumée d’un retraité. Le parti blâme les mineurs – un total de 269 personnes dans la région de 6,7 millions d’habitants – pour une insécurité accrue.

    Les juges ont statué que les panneaux d’affichage relèvent de la liberté d’expression. Mais lorsque Vox est accusé par des opposants d’être raciste, le parti affirme que sa croisade est uniquement contre la migration illégale et qu’un parti raciste n’aurait pas de porte-parole métis au parlement régional du nord-est de la Catalogne. C’est Rafael Garriga, un dentiste d’origine belge et équato-guinéenne.

    «En s’entourant de ce qu’ils considèrent comme une sorte de respectabilité, ils essaient de légitimer un discours clairement raciste sans franchir certaines limites légales», a déclaré Antumi Toasijé, un historien qui dirige le Conseil national contre la discrimination ethnique et raciale.

    L’ascension de l’extrême droite et la polarisation des médias sociaux ont normalisé le discours de haine en Espagne, a-t-il déclaré.

    Le mouvement Black Lives Matter a mené l’année dernière à certaines des plus grandes manifestations contre le racisme en Espagne. Mais si beaucoup ont condamné le meurtre de citoyens noirs par la police aux États-Unis, peu ont réfléchi au racisme domestique ou à l’histoire du colonialisme, de l’esclavage en Espagne et, selon Toasijé, à «une longue tradition de tentatives de nettoyage ethnique».

    Dans un pays où le recensement ne pose aucune question sur la race ou l’appartenance ethnique, comme dans une grande partie de l’Europe, une étude gouvernementale récente a estimé le nombre de Noirs en Espagne à un peu plus de 700 000.

    La propre estimation de Toasijé élève ce chiffre à au moins 1,3 million de Noirs «visiblement», y compris des Africains subsahariens, des Latino-américains noirs et des Afro-descendants nés en Espagne. Ce serait 2,7% de la population, ou au moins neuf législateurs noirs si le Congrès des députés de 350 sièges reflétait la diversité du pays. Il y a actuellement un législateur noir.

    Pourtant, les quotas ou autres mesures qui aideraient à lutter contre les inégalités raciales ne font même pas partie du débat, a déclaré Toasijé.

    Cette sous-représentation affecte également les Roms espagnols, une communauté de 700000 personnes qui a remporté une victoire historique en 2019 en s’emparant de quatre sièges parlementaires, soit près de la part de 1,5% qu’elle représente dans la population totale. Mais l’un d’eux n’a pas réussi à conserver son siège lors d’une élection répétée.

    La situation n’est pas meilleure pour les descendants d’Amérique latine ou de Marocains, qui représentent certains des plus grands groupes d’Espagnols non blancs, ou pour plus de 11% de résidents nés à l’étranger qui ne peuvent même pas se présenter aux élections régionales ou nationales.

    Moha Gerehou, journaliste espagnol et militant contre le racisme, a déclaré que le «racisme structurel» était inhérent à la vie espagnole.

    «Cela a beaucoup à voir avec l’éducation, car le principal goulot d’étranglement est l’accès aux universités, laissant des emplois mal payés et précaires comme le travail domestique ou la récolte, là où il y a une exploitation endémique», a-t-il déclaré.

    À l’exception des personnalités du sport et de certains artistes, les personnes de couleur sont à peu près invisibles dans les cercles espagnols de haut niveau, des universités aux grandes entreprises, a déclaré Gerehou, qui vient de publier un livre sur le fait de grandir en tant que personne noire dans une capitale provinciale du nord de l’Espagne.

    Sa description est celle d’un pays largement blanc qui se considère non raciste et accueillant pour les migrants, même lorsque de nombreuses études ont capturé une discrimination endémique contre les personnes de couleur, en particulier dans les emplois ou le logement.

    «Le problème est que le débat sur la représentation raciale est toujours marginal», a déclaré Gerehou. «Nous devons aller beaucoup plus vite.»

    Associated Press, 02 mai 2021

    Etiquettes : Espagne, Europe, discrimination, racisme, ségrégation, Serigne Mbaye, migration,

  • Canaries : Arrivée de 70 migrants à bord de deux bateau provenant d’Agadir et Safi, Maroc

    Salvamento Maritimo (SALVAMAR) et toutes les opérations habituelles ont dû travailler intensément dans la nuit de vendredi à samedi et tôt dans la matinée pour faire face à l’arrivée de deux bateaux en provenance du Maroc dans lesquels se trouvaient 70 personnes au total.

    Comme le rapporte le Consortium pour la sécurité et les urgences, le premier des bateaux localisés par Salvamar a été amené au quai de La Cebolla, à Arrecife, vers neuf heures du soir. Il transportait 38 immigrants, dont 3 femmes et 6 mineurs. Tous étaient en bonne santé générale et n’avaient pas de fièvre, ils n’étaient donc en principe pas porteurs possibles du coronavirus. Dans leur déclaration initiale, ils ont assuré qu’ils étaient à bord depuis 5 jours et qu’ils avaient quitté le port de Safi.

    Par la suite, le Consortium lui-même a signalé l’arrivée d’un deuxième bateau vers huit heures ce samedi matin, également débarqué au même quai de la capitale de l’île. Dans celui-ci, un total de 32 personnes ont voyagé, dont 4 femmes et 6 mineurs éventuels. Comme le précédent, tous les occupants étaient en bonne santé générale et ont déclaré aux personnes qui les ont pris en charge à leur arrivée qu’ils avaient quitté le port d’Agadir 4 jours avant leur arrivée à Lanzarote.

    Cronica de Lanzarote, 01 mai 2021

    Etiquettes : Maroc, Espagne, migration, Lanzarote, Canaries, Safi, Agadir, pateras,

  • Algérie / Contribution : Basta le drame des haragas

    Le phénomène des « boti » people est devenu, depuis des années une grande tragédie internationale avec ses dizaines de milliers de morts et de disparus lors des tentatives d’émigration clandestine par voie de mer vers l’Europe avec des embarcations de fortune, hiver comme été.

    Cet incommensurable drame qui semble être accepté comme une fatalité inéluctable aussi bien par les dirigeants politiques des pays du sud et du nord de la « mare nostrum» que par les différentes franges des sociétés concernées par ce phénomène.

    Et, ce malgré le travail titanesque des ONG, toujours mobilisées pour le secours des naufragés. Cependant comme l’aspect répressif, à lui seul, ne peut endiguer ces innombrables vagues d’émigration clandestine, à l’assaut d’un Eldorado factice, le phénomène a toujours tendance à s’accentuer, malgré les risques mortels.

    Mais, comme il ne faut jamais désespérer de mettre fin à cette tragédie, il ne faut pas baisser les bras, même si la situation sociale, économique et politique dans les pays «fournisseurs » de « migrants clandestins marins » ne semble pas s’améliorer ou si peu.

    Pour notre pays, et malgré les difficultés traversées, le phénomène peut être réduit considérablement, sauf pour certains irréductibles, pour peu que la conjugaison des efforts de tous, pouvoirs publics, société civile, familles, proches, devienne une réalité tangible. S’il est vrai que l’histoire de l’humanité est avant tout, une histoire de migration, cela ne doit pas empêcher de refuser, et refuser catégoriquement, de s’habituer à cette « boucherie ».

    De verser dans l’indifférence et même dans l’occultation de la catastrophe, hécatombe internationale, avec ces dizaines de milliers de jeunes victimes, en quête d’un Eden fictif au péril de leur vie car les rescapés, eux aussi, ne sont pas au bout de leurs peines,

    Sauvés, ils sont retenus dans des camps de la honte avant d’être expulsés vers leurs pays d’origine. Les victimes repêchées, sont inhumées dans des cimetières de fortune quand elles ne sont pas ensevelies dans des fosses communes sans identification, laissant derrière elles des familles dans le désarroi, incapables de faire leur deuil.

    Pour notre pays, la lutte contre l’émigration clandestine maritime, ne peut être dissociée des programmes du développement, notamment des zones déshéritées socialement, économiquement et territorialement car, c’est de là que vient le gros des « troupes » d’émigration, en étant érigée cause nationale, avec la multiplication des offres d’emploi et d’opportunités pour les jeunes.

    Cause pour ne pas s’habituer à cela. Rester au pays ne doit signifier ni se résigner à son sort, ni abandonner ses rêves. C’est préserver sa vie et ne pas endeuiller les familles, car, nous n’avons pas de bien plus précieux que la vie. Il n’y a pas de fatalité. Enfin, voici le témoignage d’un sauveteur volontaire étranger qui s’interroge, « mais comment peut-on s’habituer à ça?

    Pendant plus de 24 heures, l’Ocean Viking a été à la recherche de vies en mer, des personnes qui étaient à bord de deux embarcations en détresse, très loin l’une de l’autre. Nous n’avons trouvé aucune trace de la première embarcation et nous ne pouvons qu’espérer qu’elle ait regagné la terre ferme ou atteint un lieu sûr.

    Durant une nuit de tempête avec des vagues de six mètres, nous avons tenté de retrouver la seconde embarcation. Je n’ai aucun mal à l’admettre, j’ai passé quelques heures à vomir aux toilettes.

    La prométhazine, le dimenhydrinate et la moitié des trois dernières années passées en mer n’ont pas suffi. J’étais épuisé, déshydraté. J’ai eu beaucoup de mal à me recoucher, et pourtant j’étais protégé par un navire puissant, qui pèse des milliers de tonnes.

    Des coups secs sur la quille, des objets qui tombent dans les cabines. Dehors, quelque part dans ces mêmes vagues, un canot pneumatique transportant 120 personnes. Ou 100, ou 130. Nous ne le saurons jamais, car toutes ces personnes sont mortes.

    Nous avons repris nos recherches à l’aube, accompagnés par trois navires marchands sans coordination ni aide d’aucun État.

    Si un avion s’était écrasé dans la même zone, les marines de la moitié de l’Europe auraient été là ; mais ce n’étaient que des migrants, destinés au cimetière méditerranéen pour lesquels il est inutile de courir, et de fait, nous sommes restés seuls.

    Dans l’après-midi, l’avion envoyé par l’agence Frontex a repéré l’épave du canot pneumatique. Lorsque nous nous en sommes approchés, il flottait dans une mer de cadavres.

    Littéralement. Il ne restait pas grand-chose de l’embarcation. Ni des personnes. Il n’en reste même pas les noms.

    Impuissants, nous avons fait une minute de silence, afin qu’elle résonne à terre. Les choses doivent changer, les gens doivent savoir. Alessandro, volontaire sur l’Océan Viking, 23 avril 2021.

    De correspondante à Paris, Yasmina Houmad

    La Patrie News, 30 avr 2021

    Etiquettes : Algérie, migration, harga, harragas,

  • « Pourquoi ne suis-je pas resté en Tunisie? Parce que j’ai 30 ans et il n’y avait pas d’avenir pour moi en Tunisie. »

    Dans les Alpes italiennes, un dernier refuge pour les migrants avant la France

    Ultime repos avant la frontière française, un refuge géré par une ONG fondée par un prêtre dans les Alpes italiennes abrite depuis 2018 des migrants démunis presque arrivés au bout de leur long chemin d’exil.

    Le refuge, baptisé « Fraternità Massi », se trouve à Oulx, une petite ville du Piémont (nord-est), où l’ONG Talità Kum gère une dizaine de lits, dernière étape pour des migrants en transit avant de tenter de passer la frontière à hauteur du village de Claviere, qu’ils rejoignent par bus le soir avant de se lancer de nuit dans les bois.

    « Je veux aller en France parce que j’ai un membre de ma famille qui y vit. En Italie, il n’y a rien pour moi », explique à l’AFPTV Taher, un migrant tunisien accueilli à la Fraternità Massi. « Pourquoi ne suis-je pas resté en Tunisie? Parce que j’ai 30 ans et il n’y avait pas d’avenir pour moi en Tunisie. »

    Luigi Chiampo, curé sexagénaire de Bussoleno (Turin) et fondateur de Talità Kum qui gère le centre d’accueil à Oulx, respecte le travail de la police française des frontières: « la police française fait son travail, elle essaie d’arrêter les migrants ».

    « Parfois, les agents vont dans les bois à la recherche de migrants en transit pour arrêter le flux. À d’autres moments, la police se contente de garder les routes principales. Tout le monde fait son travail », estime-t-il.

    – « En sécurité » –

    Certains habitants se sont aussi mobilisés à titre personnel pour venir en aide aux migrants de passage. C’est le cas de Piero Gorza, un anthropologue âgé de 66 ans vivant à Oulx, qui a accepté de raconter à l’AFP son expérience.

    « Chez moi, j’ai accueilli une famille de migrants avec un bébé de 20 jours, 22 jours exactement. La mère avait accouché seule, dans un bois entre la Slovénie et la Croatie. C’est la situation des migrants qui passent par ici », témoigne-t-il.

    Zana, un étudiant kurde d’Irak âgé de 20 ans accueilli à la Fraternità Massi, confie être prêt à se rendre n’importe où: « peu importe le pays, tant que je peux être en sécurité ».

    « Peut-être que mon rêve est d’atteindre le Royaume-Uni, mais cela me suffit d’être en sécurité. »

    Côté français, les patrouilles de l’ONG Médecins du Monde ont constaté ces derniers mois une baisse des arrivées, mais aussi une modification du profil des migrants. Ce sont désormais des familles entières et non des hommes seuls qui tentent de traverser la frontière.

    Et de plus en plus d’Asiatiques tentent l’aventure, alors qu’auparavant les arrivées concernaient principalement des ressortissants d’Afrique subsaharienne.

    La Minute.info, 29 avr 2021

    Etiquettes : Tunisie, Italie, France, migration, Les Alpes italiennes, Fraternità Massi, Oulx,