Étiquette : Mohammed VI

  • Maroc: Le Commandeur des écoutes, son Altesse Pegasus 6


    Maroc, Algérie, Pegasus, Espionnage, Mohammed VI, Ramtane Lamamra, #Maroc #Algérie

    Cette diplomatie dézédienne qui dérange furieusement son altesse Pegasus 6 !

    par Hakim Laâlam

    Par essence, et même par essence de contrebande, je me méfie toujours des gens qui tendent d’abord l’oreille, pour te tendre…

    … la main, ensuite !

    Ils me font sourire jaune, les cousins d’ici qui disent « mais qu’est-ce qu’on en a à faire de la Tunisie et des bouleversements qui s’y déroulent en ce moment ? Occupons-nous de notre tambouille ! » Moi, je veux bien, mais ce n’est pas à moi qu’il faut la chanter cette chanson.

    Bredouillez-en le refrain au Frère Erdogan. À quelle vitesse il s’est rendu en Tunisie, le Président turc ! Pas folle la guêpe islamiste ! Elle a tout de suite vu le danger pour le califat de perdre en route son p’tit Ghannouchi. Eh ouais ! Ils sont comme ça, les Frères ! Ils bossent. S’il faut que le boss descende dans l’arène, il y va Recep ! Il n’hésite pas à mouiller le costard et à susurrer aux oreilles de Kaïs Saïed tout le bien qu’il voit dans un retour rapide à la « normalité » en Tunisie.

    Et nous, ici, nous devrions rester les bras croisés et nous occuper de ce qui se passe de ce côté-ci des frontières ? Mais y a plus de frontières, cousin ! Ou alors, c’est que tu n’as rien compris au nouveau monde et à ceux qui, couteaux en mains, en découpent de larges parts pour se les partager.

    Ce qui m’amène à ces noms d’oiseaux que les mêmes cousins locaux balancent à la figure de Lamamra, notre chef de la diplomatie. « Résidu de Içaba ! » Ou encore « figure du bouteflikisme ». Ou encore « on ne peut pas faire du neuf avec du vieux puisé dans le clan ». Ah les raccourcis ! Et surtout, ah ! les dégâts tragiques provoqués par le calamiteux « Yetnahaw gaâ ».

    Non, cousin ! On ne les enlèvera pas tous ! Ou alors, c’est qu’il ne resterait plus grand monde en Dézédie. Ou alors, il faudrait que nous disparaissions tous, en premier ceux qui, vingt ans durant, ont fermé leur gueule, ont baissé la tête, courbé l’échine et n’ont découvert la parole « révolutionnaire » qu’à partir du 22 février. Trop fastoche ! Tellement confortable !

    Lamamra est une pointure. Et le dressing est tellement vide de chaussures adéquates et de bonnes pointures que lorsqu’on en tient une, on ne la lâche plus d’une semelle ! Surtout pas lorsque ceux qui prônent de se débarrasser de Lamamra sont d’abord et avant tout l’armée de mouches employée par le Commandeur des Écoutes, son altesse Pegasus 6 ! Je fume du thé et je reste éveillé, le cauchemar continue.

    H. L.

    Le Soir d’Algérie, 04/08/2021

  • Espionnage : A qui profite le «crime»?

    B. Nadir

    Le scandale d’espionnage dans lequel est impliqué le Maroc, qui a espionné les données personnelles et téléphones portables de plusieurs personnalités grâce au logiciel espion Pegasus développé par l’entreprise israélienne NSO Group, n’a pas encore « tout » révélé. Le Monde est « secoué » par ce scandale. De hauts responsables politiques, mais aussi les militaires, les diplomates, et même les chefs de partis politiques et des chefs d’entreprises algériens ont été écoutés, selon le journal français Le Monde.

    Ainsi, ce sont plus de 6.000 numéros algériens qui ont été ciblés par le Maroc dans le cadre de cette vaste opération d’espionnage. Très vite, le Maroc a nié son implication. « Le Maroc n’a jamais acquis de logiciels informatiques pour infiltrer les appareils de communication, de même que les autorités marocaines n’on jamais eu recours à ce genre d’actes », lit-on dans le communiqué de gouvernement marocain. « Le gouvernement défie le collectif, tout comme il l’avait fait avec Amnesty international, de fournir les preuves réalistes et scientifiques qui peuvent faire l’objet d’une expertise et d’une contre-expertise indépendantes sur la véracité de ces allégations », a ajouté la même source. Mais ce démenti n’est pas à prendre au sérieux.

    Le président français Emmanuel Macron et le roi du Maroc Mohammed VI figurent sur la liste des cibles potentielles du logiciel Pegasus, ont révélé mardi des médias membres du consortium. L’affaire, révélée dimanche, est désormais entre les mains de la justice française qui a ouvert une enquête mardi pour examiner la plainte de journalistes espionnés à l’aide du logiciel de la firme israélienne NSO. Les révélations accusent en l’occurrence le Maroc, qui rejette toute accusation. « Si les faits sont avérés, ils sont évidemment très graves. Toute la lumière sera faite sur ces révélations de presse », a réagi la présidence française, interrogée par l’AFP.

    D’après le Washington Post, autre membre du consortium, la liste contient des numéros de deux autres présidents, l’Irakien Barham Saleh et le Sud-Africain Cyril Ramaphosa. Selon le média américain cite plusieurs hautes personnalités mondiales. Si Macron a été espionné malgré l’important arsenal de cybercriminalité et d’anti-espionnage que détient la France, les pays de la rive du Sud n’ont qu’à protester.

    Depuis plusieurs mois, la société israélienne NSO Group assure que son logiciel Pegasus, qui permet d’espionner des terminaux mobiles au profit des services de lutte contre le terrorisme, ne sert pas à transformer les téléphones de civils en mouchards.

    Pour le moment, c’est notre pays qui a été le plus touché par cette opération d’espionnage. Et là, on se demande à qui profite cet espionnage et qui en est derrière ? Israël n’a pas été ciblée, selon les premières révélations. Le Maroc aurait certainement profité mais Israël surtout. Une telle affaire devrait relancer le débat sur la lutte contre l’espionnage et imposer aux entreprises de téléphonie et de soi-disant contre-espionnage ou d’espionnage contre le terrorisme, de respecter un certain code d’éthique et de s’engager à ne pas faire dans l’espionnage du monde politique, d’affaire et des journalistes.

    Le Monde devra s’insurger et mener une enquête pour révéler les tenants et aboutissants de qui profite des données et informations des personnes ciblées par cette opération.

    Le Carrefour d’Algérie

    Etiquettes : Maroc, Espionnage, NSO Group, Pegasus, Maroc, Mohammed VI #Maroc #Pegasus #Espionnage

  • Algérie-Maroc : Mohammed VI tente la carte de l’apaisement

    C’est un revirement diplomatique spectaculaire que vient d’opérer le roi du Maroc à l’égard de l’Algérie. Alors que la tension entre les deux pays a quasiment franchi le point non-retour ces derniers jours suite au dérapage dangereux de l’ambassadeur marocain à l’ONU, mais aussi d’espionnage d’Algériens par le Makhzen par voie du logiciel Israélien Pegasus, voici que Mohamed VI fait volte-face et tente de faire jouer la carte de l’apaisement en saisissant l’opportunité de son discours prononcé samedi, à l’occasion de la fête du Trône.

    Par Feriel Nourine

    Contre toute attente, Mohamed VI déplore la «tension» qui caractérise ces derniers temps les relations entre les deux pays. Dans ce sillage, il n’a pas manqué de réitérer son appel à rouvrir les frontières terrestres entre les deux pays.

    Dans son allocution qu’il adresse au peuple marocain chaque année en pareille circonstance depuis son intronisation il y a 22 ans, le souverain marocain a réservé de longs passages à destination de l’Algérie. «Vous n’aurez jamais à craindre de la malveillance de le part du Maroc. La sécurité et la stabilité de l’Algérie, et la quiétude de son peuple sont organiquement liées à la sécurité et à la stabilité de Maroc», a-t-il dit à ce propos.

    Il a prôné ce type de discours après avoir proposé d’«œuvrer de concert» avec l’Algérie et «sans conditions à l’établissement de relations bilatérales fondées sur la confiance, le dialogue et le bon voisinage».

    Mohammed VI fait cette proposition en se disant non satisfait de l’état actuel des relations entre les deux pays, «car il ne sert en rien les intérêts respectifs de nos deux peuples» et «il est même jugé inacceptable par bon nombre de pays», se surprend-il à constater, avant d’inviter Abdelmadjid Tebboune «à faire prévaloir la sagesse» et «œuvrer à l’unisson au développement des rapports fraternels tissés entre les peuples des deux pays».

    Dans la même logique, il réitérera son appel à la réouverture des frontières entre les deux pays voisins, en tentant encore de rassurer contre tout risque de danger que provoquerait cette réouverture. Référence faite au trafic de cannabis, mais aussi à la normalisation opérée entre le Makhzen et l’entité sioniste.

    Des menaces qui n’empêchent pas pour autant le roi marocain d’estimer que «l’état normal des choses» entre l’Algérie et le Maroc est que les frontières «soient et demeurent ouvertes». Selon sa vision, «les raisons ayant conduit à la fermeture des frontières sont totalement dépassées et n’ont plus raison d’être aujourd’hui».

    Pour rappel, la fermeture des frontières terrestres entre l’Algérie et le Maroc a été décidée par les autorités algériennes en 2014, en guise de riposte à la décision du Maroc d’imposer un visa d’entrer sur son territoire aux citoyens algériens.
    Ce visa a, par la suite, été supprimé, mais l’Algérie a décidé de maintenir ses frontières fermées, justifiant sa position par l’attitude agressive adoptée à son encontre par les autorités marocaines. Dans une interview accordée à l’hebdomadaire français Le Point, en mai dernier, Abdelamdjid Tebboune avait expliqué cette position. «On ne peut pas ouvrir les frontières avec un vis-à-vis qui vous agresse quotidiennement», avait-il déclaré, soulignant que «le Maroc a toujours été l’agresseur» et que «nous n’agressons jamais notre voisin.», mais que «nous riposterons si nous sommes attaqués».

    Un Maroc agresseur qui n’a pas cessé de l’être depuis, ni d’observer une trêve dans son offensive d’espérer de porter atteinte à l’image de l’Algérie. C’est pourquoi, l‘invitation à l’apaisement fraîchement lancée par Mohammed VI a tout d’une grosse surprise dans l’état actuel des relations entre les deux pays. Si le souverain marocain daigne enfin ouvrir les yeux sur la détérioration de ces relations, il n’hésite pas à se taire sur les paramètres qui en sont à l’origine. A l’exemple de la toute récente machination vainement orchestrée par le représentant du Makhzen à l’ONU qui a affiché publiquement le soutien de son pays à un prétendu «droit à l’autodétermination du peuple Kabyle».

    Une vile manœuvre suivie quelques jours après par l’éclatement du scandale d’espionnage opéré par les services marocains sur des Algériens en recourant aux prestations du logiciel Pegasus commercialisé par le groupe israélien NSO.

    La question qui se pose aujourd’hui concerne en premier lieu le pourquoi de cette sortie du roi du Maroc, considérée comme tardive après la combine que s’est autorisée son ambassadeur à New-York, et qui a poussé Alger à rappeler son ambassadeur à Rabat après n’avoir constaté aucune réaction sur ce dossier en provenance des autorités marocaines.

    Mohammed VI tente-t-il donc de rectifier le tir et d’essayer de sauver ce qui peut être encore sauvé dans ses relations avec l’Algérie ? Si c’est le cas, on voit bien qu’il prend le soin diplomatique de choisir ses mots et ses phrases pour déculpabiliser le Makhzen dans cette affaire de tension dangereuse entre les deux pays.

    Reporters, 02/08/2021

    Etiquettes : Maroc, Algérie, Mohammed VI, Frontières, Israël, #Maroc #Algérie

  • Discours du roi du Maroc: Au coeur de la fraternité soulignée, les frontières…

    Maroc, Algérie, frontières, Pegasus, espionnage, Mohammed VI, #Maroc #Algérie

    Les Marocains, n’arrivent toujours à classer le dossier des frontières terrestres, fermées avec l’Algérie, depuis 1994.
    Dans un discours prononcé à l’occasion de la fête du Trône (31 juillet) Mohammed VI qui déploré les « tensions » entre son pays et l’Algérie, a reitéré son appel à leur réouverture.
    « Vous n’aurez jamais à craindre de la malveillance de la part du Maroc (…) La sécurité et la stabilité de l’Algérie, et la quiétude de son peuple sont organiquement liées à la sécurité et à la stabilité du Maroc », a assuré Mohamed VI.
    Notant que « l’état actuel des relations (entre les deux pays) n’est pas satisfaisant ni dans l’intérêt des deux peuples » et « qu’il « n’est pas accepté de la part de plusieurs pays », le roi du Maroc, a appelé « son excellence le président algérien, à œuvrer ensemble, dès qu’il le jugera opportun, pour développer les relations fraternelles que nos peuples ont construites au cours d’années de lutte commune ».
    « La fermeture des frontières est non seulement incompatible avec le droit naturel mais aussi avec le principe juridique authentique inscrit dans les accords internationaux, dont le traité de Marrakech instituant l’Union du Maghreb arabe (UMA), qui prévoit la liberté de circulation des personnes, des services, des biens et des capitaux entre ses pays », a-t-il souligné.
    Dans son discours « apaisé » qui ne reflète en aucun cas, l’animosité récente manifestée à l’egard de l’algerie, Mohamed VI est allé jusqu’à même dire qu’il n y a « pas de logique raisonnable qui puisse expliquer la situation actuelle. D’autant plus que les raisons de la fermeture des frontières sont éculées, et qu’elles n’ont aujourd’hui plus aucune justification acceptable ».
    Mohamed VI est-il mauvais élève en Histoire ? Fait-il semblant d’ignorer les véritables raisons de la fermeture des frontières entre les deux pays ? Assurément pas. Devrions-nous lui rappeler alors que tout a commencé en août 1994?
    l’Algérie affrontait à l’époque , un terrorisme sanguinaire et la situation économique et sécuritaire était particulièrement difficile.
    Cet état de fait n’a pas empêché le royaume marocain à lâcher son voisin et le charger d’accusations gravissimes.
    Ainsi après un attentat à Marrakech, le royaume rendait responsables les services de renseignements algériens . Alger décidait alors de fermer sa longue frontière de 1 500 km avec le royaume.
    Les temps passent, les écrits restent. Mais force est de constater que les Marocains ne s’en remettent que rarement…à leur passé. Pas les Algériens. L’on se souvient des propos peu diplomates et du dérapage de l’ex Consul marocain à Oran ayant tout bonnement qualifié en juin 2020, l’Algérie de « pays ennemi ».
    Ce ne serait pas le seul fait grave que Mohamed VI évite d’évoquer. Taper sur leur voisin de l’Est est devenu une habitude chez les officiels marocains, tant Rabat n’en est plus à son premier coup d’essai.
    Il ne nous dit rien également sur les propos de l’ambassadeur marocain à l’ONU Omar Hilale qui a annoncé durant une réunion du mouvement des non-alignés soutenir « l’autodétermination » du « peuple kabyle » en Algérie.
    Quid du scandale Pegasus ? Là, aussi, Mohamed VI fait comme si, de rien n’était alors que des hauts responsables algériens avaient été espionnés.
    Alors faudrait-il croire vraiment aux « bonnes intentions des Marocains » ?
    Y.O
  • Maroc-Algérie: Notre «ami» le Roi !

    Comme à son habitude en pareille circonstance, le sulfureux roi du Maroc, Mohamed VI, se la joue conciliant et limite « ami » de l’Algérie à l’occasion de son discours du Trône prononcé samedi soir. Il a quasiment manqué de verser une larme de crocodile pour tenter de nous convaincre qu’il nous adore… C’était incroyable à voir. Mais c’était pathétique aussi. 

    Difficile pour les algériens de prendre pour argent comptant cet excès « d’amour »….vache qui sortait de la bouche d’un monarque ayant ordonné il y a juste une semaine à son représentant à l’ONU, Omar Hilale, de distribuer une carte géographique de l’Algérie amputée de la Kabylie ! Question à un dirham troué : par quel miracle le « commandeur des croyants » soit revenu aussi loin à de meilleurs sentiments à l’égard de l’Algérie en une poignée de jours ? 
    Comment croire ces belles paroles prêchant la fraternité et l’amour entre deux pays après qu’il ait osé fourrer son nez dans notre politique interne en soutenant bêtement « l’autodétermination du peuple kabyle « . M6 à gravement tenté de porter atteinte à l’unité nationale. Politiquement, ce qu’a commis son représentant aux Nations Unis contre l’Algérie confine à une déclaration de guerre. Un casus Belli. 
    Il faut donc être un fieffé naïf pour croire les bons sentiments de ce roi qui joue le fou dans un discours où il paraissait dans un état second… Mohamed VI a sans doute raté une belle occasion de se taire. Le bon sens lui aurait commandé d’abord, de répondre au communiqué du ministère des affaires étrangères lui demandant des explications sur le grave dérapage de Omar Hilale lors de la réunion des Non-alignés qui avait provoqué le rappel de l’ambassadeur d’Algérie à Rabat. 
    Mais, comme à son habitude, M6 botte en touche et préfère « répondre » sous forme d’une énième invitation à la réouverture des frontières avec l’Algérie. Comme si de rien n’était…! De fait, la colère algérienne est le cadet de ses soucis. Tout ce qui l’intéresse c’est de voir la voie s’ouvrir vers notre pays pour déverser sa drogue en quantités industrielles et bien sûr secourir les régions orientales de son royaume sinistrées par le sous développement grâce à l’argent des algériens. 
    Que notre « ami » le roi sache définitivement que l’Algérie ne lui fera jamais de cadeau. Elle sait que son royaume de l’intrigue qui file le parfait amour avec l’entité sioniste est capable des pires ignominies. Après avoir osé le coup fourré, et le coup de poignard dans le dos avec cette histoire « d’indépendance » de la Kabylie, l’Algérie sait qu’elle a affaire à un dignitaire…indigne de confiance. 
    Résultats des comptes : son discours du Trône ne trompe plus personne, pas plus que ces fausses déclarations d’amour à l’égard de l’Algérie, qu’il ne porte visiblement pas dans son cœur contrairement à ce qu’il dit. L’expression de son visage et ses rictus en disent d’ailleurs long sur ces véritables intentions.
    Imane B.
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  • Maroc-Algérie : Mohamed VI évite l’essentiel

    Maroc-Algérie : Mohamed VI évite l’essentiel

    Dans un discours apaisant en apparence à l’égard de l’Algérie
    Mohamed VI évite l’essentiel

    Impact de la normalisation avec Israël, Sahara Occidental, « industrie » du cannabis et scandale de Pegasus, le logiciel espion. Les questions sur lesquelles, le monarque a fait l’impasse. Dans son discours à l’occasion de la fête du trône, que des universitaires européens à la crédibilité avérée considèrent comme un « rituel » que la monarchie représenté par le Makhzen exploite chaque année pour consolider son pouvoir, le roi Mohamed VI a parlé de la crise sanitaire à laquelle est confronté le Maroc, à l’instar de tous les pays sans exception et de son impact sur la situation sociale et économique du royaume. Mais il a tenu pour des considérations, que seul un cercle restreint, constitué des plus proches conseillers du monarque et de personnalités américaines et israéliennes influentes, est en mesure de connaitre, à évoquer les relations de son pays avec l’Algérie.

    N’en déplaise au magazine français Le Point, pour qui, la sortie du souverain marocain concernant l’Algérie n’était pas forcément inattendue, le contexte régional et les nouveaux développements ayant marqué la politique étrangère alaouite, notamment le renforcement des relations avec Israël, plaident pour une autre lecture. « En parallèle avec les initiatives de développement menées au niveau interne, et avec une égale détermination, le Maroc s’attache à poursuivre ses efforts sincères pour consolider la sécurité et la stabilité dans son environnement africain et euro-méditerranéen, et plus particulièrement dans son voisinage maghrébin », a-t-il déclaré. « Dans le droit fil de cette approche, nous renouvelons notre invitation sincère à nos frères en Algérie, pour œuvrer de concert et sans conditions à l’établissement de relations bilatérales fondées sur la confiance, le dialogue et le bon voisinage », a-t-il ajouté, s’accordant ainsi le statut de celui qui n’a rien à se reprocher quant aux « tensions » entre les deux pays.

    En langage décodé ; Mohamed VI s’est installé dans une posture où la sournoiserie le dispute au cynisme pour faire passer le message suivant : le Maroc n’a jamais été source de problèmes pour l’Algérie. « Vous n’aurez jamais à craindre de la malveillance de la part du Maroc », a-t-il assuré d’un ton martial, réitérant son « appel à rouvrir les frontières terrestres ». « La sécurité et la stabilité de l’Algérie, et la quiétude de son peuple sont organiquement liées à la sécurité et à la stabilité du Maroc », a-t-il affirmé, tout en prenant le soin de soustraire de son discours le dernier scandale provoqué par l’affaire Pegasus, le logiciel espion que les services de renseignements marocains ont utilisé massivement, en ciblant personnel politique et militaire, mais aussi journalistes et activistes algériens.

    Du haut de son trône, il a invité Abdelmadjid Tebboune « à œuvrer à l’unisson au développement des rapports fraternels tissés par les deux peuples durant des années de lutte commune », mettant tendancieusement l’Algérie au banc des accusés, et qui serait ainsi appelée à se repentir des torts qu’elle aurait causés à son voisin de l’ouest. En un mot, et derrière les formules diplomatiques savamment sélectionnées, il a voulu culpabiliser l’Algérie sans donner l’impression de le faire.

    Côté algérien, il s’agit d’une « sorcellerie verbale », qui ne pourrait guère contribuer « à l’établissement de relations bilatérales fondées sur la confiance, le dialogue et le bon voisinage ».

    Poursuivant sa plaidoirie pour la réouverture des frontières entre les deux pays, Mohamed VI a estimé que les « raisons ayant conduit à leur fermeture sont totalement dépassées et n’ont plus raison d’être aujourd’hui », oubliant que durant la décennie noire, des territoires de l’ouest marocain ont été transformées en bases arrières des GIA. Des terroristes ayant commis des carnages à Béchar, Béni Ounif et Tlemcen n’avaient eu aucun problème pour trouver refuge au Maroc, sous le parrainage des services secrets de sa majesté.

    Certes, Mohamed VI n’était pas encore aux commandes, mais il ne saurait ignorer que son défunt père le roi Hassan II a tout fait pour que la tragédie algérienne n’en finisse pas. Quant au trafic de cannabis, l’office des nations unies chargé de la question des stupéfiants a déjà démontré dans ses rapports, l’implication des plus hauts responsables du Makhzen dans des réseaux de narcotrafiquants, dont les tentacules s’étendent jusqu’à Amsterdam, Londres, Paris, Rome et Le Caire.

    Mohamed Mebarki

    L’Est Républicain, 02/08/2021

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  • Le roi du Maroc supplie l’Algérie de rompre son isolement après avoir resserré l’étau autour de son cou

    Le roi du makhzen supplie l’Algérie de rompre son isolement après avoir resserré l’étau autour de son cou

    Le roi du Maroc, Mohammed VI, a appelé l’Algérie à ouvrir les frontières fermées depuis 1994, et a déclaré : « Ma conviction est que l’ouverture des frontières est la situation normale entre deux pays voisins et deux peuples frères ».
    Dans un discours prononcé à l’occasion de l’anniversaire de son accession au trône du Maroc, le roi du Maroc a déclaré : « L’état actuel des relations ne nous satisfait pas, et n’est pas dans l’intérêt de nos peuples », et n’est pas accepté par de nombreux pays. « Je renouvelle l’appel sincère à nos frères du Maroc à travailler ensemble sans conditions pour construire des relations bilatérales basées sur la confiance et le bon voisinage ».
    Le roi du Maroc a tenté de dégager la responsabilité de son pays en fermant les frontières, il s’est donc mis à la place des innocents présidents algériens qui ne sont pas responsables de la fermeture des frontières. C’était une décision prise par l’ancien roi du Maroc, Hassan II, unilatéralement, sans consulter l’Algérie : « ni votre Excellence, l’actuel président algérien, ni l’ex président », moi non plus, je n’en suis pas responsable, mais nous sommes politiquement et moralement responsables de sa pérennité, devant Dieu, devant l’histoire et devant nos concitoyens, et il n’y a pas de logique raisonnable qui puisse expliquer la situation actuelle, d’autant plus que les raisons de la fermeture des frontières sont dépassées et qu’aujourd’hui elles n’ont plus de justification acceptable ».
    Le discours de Mohammed VI était plein d’apaisement et de mendicité, au point qu’il a blâmé un inconnu, et il n’a meme pas pris la peine de révéler son identité. Il a déclaré : « Nous ne voulons blâmer personne, et nous ne donnons de leçons à personne, mais nous sont frères, une différence entre nous est un corps intrus, qui n’a pas de place entre nous. « .
    Le style de discours du monarque marocain n’était pas dénué de ruse et de malice, car il a impliqué les peuples algérien et marocain dans une affaire qu’ils sont loin de ses causes, qui reste liée au comportement et à la diplomatie du Maroc, qui s’obstine à provoquer l’Algérie, le gouvernement et le peuple : « La fermeture des frontières ne coupe pas la communication entre les deux peuples, mais contribue plutôt à fermer les esprits. Ce qui est affecté par ce que certains médias promeuvent, de fausse thèse, que les Marocains souffrent de la pauvreté, et vivent de la contrebande et de la drogue ».
    Il semble que Mohammed VI ait oublié la récente explosion de son représentant aux Nations Unies lorsqu’il a commencé à clamer des choses sans fondement et à semer la discorde en Algérie en affirmant que le peuple de la région de Kabylie réclament un prétendu référendum, revendiqué par des bouches pécheresses pleines de trahiso. et de haine, et leurs aboiements et hurlements soutiennent le makhzen, malheureusement.
    Ahmed Achour
    Dzair-tube, 01/08/2021
    Etiquettes : Maroc, Algérie, Mohammed VI, frontières, 
  • La génération M-6 : une équipe de choc pour mener la stratégie de tension

    Tags : Maroc, Mohammed VI, Fouad Ali El Himma, Mohamed Mounir El Majidi, Abdellatif Hammouchi, Yassine Mansouri,

    Les documents confidentiels révélés par le mystérieux hacker Chris Coleman ont mis en évidence une réalité déjà connue de tous : ce sont les copains de collège de Mohammed VI qui tirent les ficelles au Maroc. Une génération qui constitue un pur produit du Makhzen et dont il a hérité les méthodes de répression.

    Fouad Ali El Himma, né le 6 décembre 1962 à Marrakech, ami intime du roi Mohammed VI et son conseiller depuis décembre 2011. C’est lui le Ministre de l’Intérieur dans l’ombre. Grand connaisseur des ruages de la politique interne du Maroc grâce aux nombreuses fonctions qu’il a assumées au sein de ce ministère.

    Mohamed Mounir El Majidi, né le 19 janvier 1965 à Rabat, homme d’affaires marocain, secrétaire particulier du roi Mohammed VI depuis 2000 et président de la SIGER, la holding royale, depuis 2002. Il est le gardien de la fortune de Mohammed VI et ministre de l’économie dans l’ombre.

    Abdellatif Hammouchi, né à Fès en 1966, actuel directeur général de la Direction général de la sûreté nationale ( DGSN) ainsi que directeur de la Direction générale de la surveillance du territoire (DGST) 

    Yassine Mansouri, né le 2 avril 1962 à Boujad, directeur du service de contre-espionnage (DGED) et véritable patron de la diplomatie marocaine.

    En 2010, Majidi et El Himma ont été cités par Wikileaks dans des scandales de corruption, un phénomène qui « s’est institutionnalisé sous le règne de Mohammed VI». Un télégramme du consulat américain à Casablanca évoque  » l’avidité consternante de ceux qui sont proches du roi Mohammed VI ». En 2014, le nom de Majidi est cité dans l’affaire de la Banque HSBC appelée Swissleaks et en 2016, dans le Panama Papers.

    El Himma et Majidi ont été aussi visés par le Mouvement 20 Février en 2011. 

    Ils sont intouchables. Ceux qui ont osé s’en prendre aux amis du Roi ont été malmenés par le Makhzen. En 2011, le quotidien arabophone « Al Massae », révèle que Fouad Ali El Himma, serait impliqué dans une affaire de corruption et de violation des règles d’octroi des marchés publics. Son directeur, Rachid Niny a été condamné le 9 juin 2011, par le tribunal de première instance à Casablanca à un an de prison ferme avec une amende de 1000 dirhams (environ 90 euros) pour « atteinte à la sécurité du pays et des citoyens ».

    Le 27 avril 2011, Rachid Niny a été arrêté par la police marocaine après que le procureur général du Roi à Casablanca l’ait accusé « d’atteinte à la sécurité du pays et des citoyens » suite notamment à des publications mettant directement en cause le directeur des services de renseignements marocains, Abdellatif al-Hammouchi, au sujet de l’existence d’un camp de détention et de torture secret basé dans la région de la ville de Témara3. L’existence de cette prison est un tabou pour le régime de Mohammed VI à cause du scandale des tortures perpétrées par la CIA contre des musulmans soupçonnés d’appartenir à Al-Qaida. La CIA a d’ailleurs confirmé l’existence de ce centre de torture dans un rapport de 6 600 pages rendu public en mai 2014.

    En janvier 2014, El Hammouchi, lors d’un séjours à Paris avec le ministre de l’intérieur marocain, est convoqué par la justice française suite à une plainte déposée par le citoyen franco-marocain Zakaria Moumni pour séquestration et torture à la prison secrète de Témara. Parmi ses bourreaux, il a déclaré avoir reconnu El Hammouchi. Pour manifester son mécontentement, le Maroc a convoqué l’ambassadeur de France à Rabat, Charles Fries et suspendu quelques jours plus tard la coopération judiciaire avec la France. 

    Les membres de l’équipe du Roi Mohammed VI sont tous de la génération des années 1960, à l’instar de la nouvelle star de la diplomatie marocaine, Nasser Bourita, un pur produit des services de Sdi Yassine, comme ils appellent Yassine Mansouri dans les documents confidentiels dévoilés par le dénommé Chris Coleman.

    Nasser Bourita est né le 27 mai 1969 à Taounate. Après avoir exercé depuis 2011 la fonction de secrétaire général du ministère des Affaires étrangères et de la coopération, il a été nommé en février 2016 ministre délégué auprès du ministre des Affaires étrangères et de la coopération.

    L’équipe de Mohammed VI a fait du Sahara Occidental une cause sacrée, au détriment de la légalité et de la raison, faisant du Maroc un Etat presque hors-la-loi. 

    Dans le but de s’accaparer des alléchantes ressources naturelles de l’ancienne colonie espagnole, ils vont mener ce qu’un journal marocain se disant indépendant a appelé, non sans fierté, une nouvelle doctrine diplomatique. Pour lui donner un caractère offensif, la nouvelle diplomatie se base sur une stratégie de tension comme arme principale de lutte pour imposer la pseudo-solution d’autonomie pour le conflit du Sahara Occidental. Sa première cible est l’Algérie que Rabat accuse d’être l’obstacle à ses desseins expansionnistes. 

    Dans ce contexte, il y a lieu de citer:

    – Les attaques verbales du roi du Maroc en personne contre l’Algérie dans chacun de ses discours officiels 

    – La profanation du drapeau algérien au Consulat algérien de Casablanca, le 1er novembre 2013, par un nervi aux ordres du palais 

    – La multiplication d’incidents frontaliers 

    – L’agitation de la menace d’une confrontation armée avec l’Algérie pour impressionner la communauté internationale 

    – L’inondation du territoire algérien avec des milliers de tonnes de cannabis produit dans la région marocaine du Rif 

    – La création de sites hostiles tels qu’Algeria Times 

    – La création et financement du mouvement amazigh de Ferhat Mhenni 

    – La manipulation d’un mouvement terroriste (MUJAO) pour attaquer des objectifs algériens et enlever, en 2011, les 3 coopérants étrangers qui travaillaient à Tindouf. 

    – La manipulation des incidents de la communauté Mzab à Ghardaia. 

    – La multiplication des attaques cybernétiques 

    – La dystillation de messages accusant l’Algérie de manipuler Al Qaida en vue de s’attaquer au Maroc (emails envoyés à Hillary Clinton et dévoilés par Wikileaks) 

    – Des publications hostiles apparues aux Etats-Unis via des lobbies financés par le Maroc: le Centre d’études stratégiques et internationales (CSIS), Think Tank Républicain Center for the National Interest, Foreign Policy Research Institute 

    – Financement de lobbies en France : les journalistes Vincent Hervouet, Mireille Duteil, José Garçon, Dominique Lagarde, etc 

    Au niveau régionale:

    – Transmettre à l’opinion publique américaine que le Front Polisario avait des connexions avec le «terrorisme djihadiste. Le journaliste américain Richard Miniter a reçu la faramineuse somme de 60.000 dollars pour un article paru au New York Times. 

    – Les faux reportages de Vincent Hervouet sur TF-1 et iTélé. 

    – Le recrutement de collaborateurs dans les médias mauritaniens pour dénigrer le Front Polisario et l’Algérie. Parmi eux, le nom le plus important est celui de Abdallahy Ould Mohamedi, directeur du groupe mauritanien Sahara Media 

    – Le recrutement de Serge Daniel, correspondant de l’AFP et RFI à Bamako pour accuser le mouvement sahraoui d’accointances avec les terroristes de l’Azawad. 

    – Accuser le Front Polisario de fournir des combattants pour défendre Gadhafi et l’Algérie de leur founir le moyen de transport. 

    – Recrutement d’un ancien policier sahraoui, Moustpha Selma, pour semer la confusion 

    – Accuser le mouvement sahraoui de dévier les aides humanitaires 

    – L’envoi de centaines de resortissants marocains en Lybie pour rejoindre Daech et dont le transit se faisait par l’Algérie 

    – Le financement du terrorisme avec l’argent de la drogue qui provient du Maroc (haschich) et qui transite par le Maroc (cocaine provenant de l’Amérique Latine). 

    – La formation de 5000 jeunes marocains pour mener le cyber-terrorisme contre le Polisario et l’Algérie 

    Au niveau internationale :

    – Recrutement de journalistes et personnalités qui agissent pour donner une fausse image du Maroc 

    – Confrontation directe avec ses anciens alliés : France, Etats-Unis, Union Européenne 

    – Confrontation avec l’ONU : attaques contre le Secrétaire Général de l’ONU et son Envoyè Personnel pour le Sahara Occidental, Christopher Ross. 

    – Manipulation de la communauté marocaine en Europe en vue de s’imposer comme allié indispensable dans la lutte contre le terrorisme. 

    – Presser ses salafistes pour les pousser à rejoindre les rangs de Daech 

    – Corrompre des fonctionnaires de l’ONU dans le but d’empêcher l’ONU de rapporter sur la situation des droits de l’homme au Sahara Occidental et dans les camps des réfugiés sahraouis à Tindouf. 

    – Attaquer les journalistes français Eric Laurent et Catherine Graciet pour empêcher leur nouvelle publication sur le roi du Maroc et venger le régime de leur anciens ouvrages sur le royaume alaouite. 

    Au niveau interne :

    – Maintenir dans le pays une tension basse mais permanente afin de justifier son maintien au pouvoir

    – Sévir contre quelques-uns pour que les autres rentrent dans le rang (Rachid Nini, l’historien et journaliste marocain Maâti Monjib, etc) 

    – Le harcèlement et la punition de ses opposants : De nombreux militants du Mouvement 20 février ont été assassinés. Khalid Gueddar a échappé de justesse à une agression au couteau près de son domicile à Rabat, cambriolage du local de l’AMDH, le lynchage de l’actrice Loubna Abidar, les attaques contre les étudiants sahraouis dans les universités. 

    – La barbouzerie : menaces et insultes téléphoniques en pleine nuit, intimidations, etc 

    – Eliminer tous les supports de la presse réellement indépendante. 

    – Travestir la vérité avec l’adoption de la mythomanie comme stratégie permanente au niveau intérieur et extérieur. 

    #Maroc #MohammedVI #Makhzen

  • France-Maroc, une relation incestueuse

    UN LIVRE DÉCORTIQUE LES LIENS ENTRE LES DEUX PAYS

    Ali Ammar, fondateur de l’ancien hebdomadaire marocain indépendant Le Journal, et Jean-Pierre Tuquoi, ancien journaliste au Monde, expert du Maghreb, viennent de publier Paris-Marrakech : luxe, pouvoir et réseaux, une enquête fouillée qui démontre les complicités entre le pays royal et la classe politique française, gauche et droite. Ce livre permet de comprendre pourquoi la France est toujours du côté de Rabat dans ses conflits avec Alger. Nous en proposons quelques extraits.
    Le rite ne change pas. Que la France se mette en congé et voilà Marrakech saisie par la fièvre. “Vacances” rime alors avec “effervescence” pour la cité presque millénaire. à l’aéroport international Marrakech-Menara, l’agitation est palpable. Le hall d’arrivée ressemble à un souk. On s’y bouscule gentiment sous l’œil goguenard des policiers de service. Les douaniers aussi sont à leur poste, près de la sortie. S’ils auscultent, palpent, fouillent les valises des Marocains de retour au pays, ils délaissent les bagages des touristes français. Bienvenue “dans le plus beau pays du monde”, comme l’assure la publicité de l’office du tourisme. à deux pas des guichets des passagers “normaux”, la file réservée aux diplomates et aux équipages s’écoule en bon ordre. Qui aurait imaginé qu’autant d’ambassadeurs, actifs ou à la retraite, fréquentent Marrakech ? Peu de têtes connues parmi ceux qui, passeport à la main, valise à roulettes dans l’autre, patientent devant les policiers plantés derrière leur comptoir comme les caissières d’un supermarché. Ni ministre, ni dirigeant politique, ni parrain du CAC40. La raison est simple. à peine débarqués, quelques-uns de ces happy few se sont engouffrés dans une limousine qui les attendait au pied de la passerelle de l’avion ; les autres se sont dirigés tout naturellement vers les salons pour VIP installés un peu à l’écart. Les formalités y sont douces. Traitement de faveur identique pour les clients de la Mamounia et d’une poignée de palaces pris en main et choyés dès leur arrivée. Un salon particulier les accueille avec boissons fraîches et serviteurs en gants blancs. En ce Noël 2010, Marrakech a fait le plein de beau monde. C’est une fin d’année hors du commun. Un cru exceptionnel. Jamais jusqu’alors Kech n’a réuni autant de membres de la France d’en haut. Jamais autant de VIP n’ont débarqué de Paris.
    Premier de cordée, Nicolas Sarkozy a donné le ton. Au départ, le président français et son épouse Carla avaient d’autres projets : changer d’hémisphère, aller en Afrique du Sud pour oublier la France et ses frimas. Marrakech, ils y étaient pour le réveillon 2009. Pourquoi ne pas aller voir ailleurs ? Mais une offre royale, de celles qu’il est délicat de rejeter, les a contraints à changer de destination. Comme l’année précédente, le monarque mettait à la disposition du couple présidentiel, flanqué d’un des enfants de Carla, Jna Kébir, le dernier-né de ses palais, mélange d’architecture mauresque et de décoration africaine. Caché dans la palmeraie, Jnan Kébir est réputé enchanteur même si l’atmosphère, selon des confidences chuchotées, se révèle un brin ennuyeuse lorsqu’on n’est pas un contemplatif.
    Dans le sillage du président, c’est le noyau dur du sarkoland qui a débarqué à Kech. En tête du cortège, l’indispensable Hortefeux, fidèle comme un chien à son maître, déjà annoncé comme directeur de campagne du candidat Sarkozy en 2012, venu avec madame, Valérie Hortefeux, et les époux Balkany, couple sulfureux et provocateur arrivé tout droit de son fief des Hauts-de-Seine. Entre ceux-là, tous grognards de la sarkozie, que de combats communs, de complots, de bagarres contre la chiraquie, contre son ange noir. Dominique de Villepin, contre la gauche, contre le centre…! Fût-il question de ces années de conquête de l’élysée lors du dîner qui les réunit ? Peut-être, mais alors comme d’une bataille victorieuse dont il fallait tirer les enseignements pour le prochain combat, la présidentielle 2012.
    Rien n’est gagné. à un an et demi de l’élection présidentielle, les sondages d’opinion sont médiocres et la droite en piteux état. Les centristes menacent de s’émanciper et de faire cavalier seul. Candidat malheureux à Matignon, Jean-Louis Borloo, l’ancien ministre de l’Environnement, laisse dire qu’il pourrait se lancer dans la course à l’élysée, au risque d’affaiblir la droite au profit de la gauche. Un autre ex, Hervé Morin, un temps à la Défense, fait de même et rêve d’un destin national. Ces faux durs, il faut tenter de les amadouer. Pourquoi pas ici à Marrakech, puisqu’ils s’y trouvent. Jean-Louis Borloo, tout juste débarqué avec son épouse, la journaliste de télévision Béatrice Schönberg, d’Essaouira, un autre lieu de villégiature marocain à la mode dans l’élite française, est donc reçu à dîner lui aussi. Sans grand succès. L’ex-futur Premier ministre parle volontiers de Marrakech où il possédait encore il y a peu une maison de 700 m2, agencée par une architecte d’intérieur française et ouvrant de plain-pied sur un golf, mais de ses ambitions élyséennes il ne souffle mot. Quant à Hervé Morin, c’est un Brice Hortefeux qui est désigné pour l’amadouer et lui faire espérer un retour en grâce. Peine perdue également. La diplomatie du tajine appliquée à la cuisine française se révèle décevante.
    Hervé Morin est descendu au Es-Saadi, un établissement cinq étoiles, refuge désuet et hors de prix de la France du bouclier fiscal. La milliardaire Liliane Bettencourt en a longtemps été une inconditionnelle, en particulier de son restaurant, connu depuis un demi-siècle comme la meilleure table du Maroc.
    Le Es-Saadi, pour une partie rénové, doit son attrait à ses neuf hectares de jardin, à sa dizaine de piscines, à ses suites orientales et à ses villas rococo. Chacune est typée : ambiance indienne, persane, romaine, berbère. Il y en a pour tous les goûts. Avec l’hôtel Plaza Athénée à Paris, le Es-Saadi est le seul établissement à abriter dans ses murs un institut de beauté Dior inauguré comme il se doit : des centaines d’invités au dîner de gala — Fanny Ardant, Nadine Trintignant, Jacques Chancel, Yann Arthus Bertrand (…).
    Brice Hortefeux est dans le même établissement, logé et nourri également aux frais de la princesse. Mais impossible de connaître le nom de l’amphitryon. Il s’agit d’un “ami” présent sur place, se contente-t-il de répondre à des journalistes curieux. En revanche, le ministre jure ses grands dieux qu’il est venu à Marrakech avec ses propres deniers, en empruntant un vol régulier.
    Tout dégoulinant de luxe qu’il est, le Es-Saadi n’est pas ce qui se fait de mieux à Marrakech, loin s’en faut. Le summum c’est le Royal Mansour, dans le quartier huppé de l’Hivernage, un palace plus discret que la Mamounia et le seul au fond qui sait faire la différence entre un millionnaire et un milliardaire (…) à l’automne 2010, le couple présidentiel y était arrivé incognito. L’élysée n’avait rien dit, jurant aux journalistes que Nicolas et Carla se reposaient en France, au Cap Nègre où la belle-famille du président possède une résidence. Médiocre mensonge.
    Le Royal Mansour mérite que l’on s’y attarde. Classé en 2011 parmi les hôtels “les plus extraordinaires du monde” par le Conde Nast Traveler, la bible des voyageurs fortunés, il se présente comme une médina reconstituée. Une médina cinq étoiles, flamboyante mais factice, hors sol, une collection de faux-semblants avec ses cinquante-trois riads immaculés, à la fois proches les uns des autres mais indépendants. Un monde clos et désincarné, sans bruit ni agitation, à deux pas de la ville et de la vraie vie (…) C’est une utopie pour milliardaires. Une fois passée la réception, le palace s’ouvre sur une enfilade de salons feutrés, de bars, où des garçons aux gestes étudiés servent des alcools forts plus que centenaires, de fumoirs où l’on propose des havane hors de prix, de restaurants tout justes ouverts et déjà consacrés. Le tout dans une débauche de marbres multicolores marquetés, de fer forgé, de cuirs, de zelliges, de plafonds de bois ouvragés dorés à la feuille, de meubles incrustés de nacre (…)
    En cette fin 2010, un bel échantillon de la France des nantis est à pied d’œuvre. Les ministres, ceux qui l’ont été, ceux qui aspirent à le devenir, on l’a vu, sont en nombre. Mais la gauche est loin d’être absente. Peut-être même est-elle davantage présente grâce à DSK qui, joker des socialistes face à Sarkozy pour quelques mois encore, agit comme un aimant (…)
    à Marrakech, DSK a comme voisin un éphémère secrétaire d’état de l’ère François Mitterrand, Thierry de Beaucé, qui exploite depuis des années avec un ami brésilien, Homero Machry, le riad Madani, l’ancienne demeure du grand vizir, le Glaoui, transformé en maison d’hôtes avec jardin de rêves et piscine en terrasse sur plus de 3000 m2. Le cinéaste François Ozon, la fille de François Mitterrand Mazarine Pingeot, et Bety Lagardère, la veuve de Jean-Luc, s’y rendent à l’occasion.
    Vit surtout, à deux pas de là, Bernard Henri-Lévy, propriétaire lui aussi d’un riad digne de la couverture d’un magazine de décoration avec ses zelliges flamboyants, ses murs intérieurs peints en tadellakt, ses fenêtres voilées par des moucharabiehs (…)
    L’interviewer politique Jean-Pierre Elkabbach est de ceux qui, dans le sillage de Jacques Sanchel, viennent régulièrement à Marrakech. Homme de télévision et candidat perpétuel à la direction de France Télévisions, Guillaume Durand est également un habitué de Marrakech. Jean-René, la patron de Vivendi, a ses habitudes à Marrakech. Des habitudes d’homme très riche. Il possède depuis plus de dix ans une propriété, Dar El-Sadaka, installée dans une oliveraie de 13 ha. Dans cet univers baudelairien où “tout n’est qu’ordre et beauté, luxe, calme et volupté”, on vit en nabab, servi par un discret ballet de babouches. Pour d’autres, ce sont des plaisirs autrement pimentés qu’ils sont venus chercher à Marrakech. Ils tournent autour du sexe (…). Depuis 2005, les bas-fonds de la ville mais aussi les riads repliés sur eux-mêmes, les palaces étoilés, les bars branchés, les night-clubs baroques, les restos chic, les résidences tapageuses et les villas cossues avec leurs vigiles sourcilleux ont supplanté Bangkok, longtemps destination phare du tourisme sexuel. Aujourd’hui, la capitale thaïlandaise est moins attirante. Trop éloignée de l’Europe. Trop exposée aux tsunamis. Et trop turbulente du point de vue politique. à Marrakech, la paisible, quel que soit le lieu de sortie, le sexe est tarifé et omniprésent et les prix aussi variés que les prestations. Tarif de la soirée pour une ambiance croisée dans un endroit à la mode dans le quartier huppé de l’Hivernage : environ 200 euros (…) Depuis qu’une crise immobilière sévit à Marrakech, des centaines de meublés sont disponibles pour des durées très brèves, parfois une seule nuit. Au total, elles seraient 20 000 âgées de 16 à 30 ans à offrir leurs services dans l’espoir de gagner jusqu’à 15 000 euros par mois pour les plus sollicitées. La passe furtive, elle, se négocie autour de dix euros dans les bosquets attenants aux murs de la Koutoubia, la vénérable mosquée du XIIe siècle, symbole de la cité. Tarifs identiques dans les jardins du centre-ville et sur la fameuse place Djemaa El-Fna, lieu de la drague improbable, rebaptisé le “souk des pédés” par les Marrakechis (…) Partout à Marrakech, il suffit d’un regard de clients étrangers en quête de sexe facile pour que des jeunes proposent leurs services. Sauf qu’ils ont pour la plupart en 15 et 18 ans. Pire, certains d’entre eux se retrouveraient sur le trottoir dès le plus jeune âge, en moyenne à 9 ans. Tous viennent du Mellah, l’ancien quartier juif de la ville. à deux pas de la médina, c’est un réservoir de chair fraîche (…) Il faut l’admettre : une frange de touristes se rendent au Maroc pour le sexe, pour la drogue, pour une gamme de plaisirs qu’ils ne peuvent se permettre aussi facilement dans leur pays d’origine (…)
    Qu’il s’agisse de vendre l’image d’un Mohammed VI démocrate, épris de justice sociale et à l’écoute d’un peuple qui le vénère, de défendre la “marocanité” du Sahara occidental face à l’Algérie et au Front Polisario, ou de célébrer le Maroc “dragon économique de l’Afrique”, les lobbystes ne manquent pas, à droite comme à gauche, prêts à monter en première ligne par intérêt ou par conviction.
    On les voit alors à la télévision, on les entend à la radio, ils signent des tribunes libres et des pétitions dans les journaux, courent les colloques et les séminaires — quand ils ne les organisent pas eux-mêmes — avec un discours bien rodé. Le nombre des thuriféraires du royaume fait honneur au professionnalisme des Marocains, passés maîtres dans l’art de s’attacher des “amis” bien mieux que ne le font leurs voisins algériens.
    Pas de recette unique dans leurs poches. Les Marocains jouent plusieurs cordes. L’attachement au pays natal en est une… Les cadeaux petits ou grands sont une autre façon de s’attacher des fidélités.
    Une invitation tous frais payés à un festival de musique, à un colloque de haute volée, à l’inauguration d’un palace à Marrakech, un bout de terrain constructible, une décoration… rien de tel pour se faire des obligés français qui auront à cœur de renvoyer l’ascenseur (…) La liste des amis de la monarchie a beau être très fournie, elle ne l’est jamais assez vue de Rabat. Recruter de nouvelles têtes est une obsession quotidienne pour les responsables marocains en poste en France (…)
    Ali Ammar et Jean-Pierre Tuquoi
    Etiquettes : Maroc, France, Marrakech, lobbying, Mohammed VI, Makhzen, La Mamounia, tourisme sexuel, orgies, pédophilie,
  • Le PDG de l’ONS accuse le Qatar ou le BDS d’être derrière le scandale Pegasus

    Le PDG de l’ONS accuse le Qatar ou le BDS d’être derrière le scandale Pegasus

    Il y a des gens qui ne veulent pas que de la crème glacée soit importée en Israël ou que de la technologie soit exportée « , dit Shalev Hulio.

    Palestine occupée (QNN)- Shalev Hulio, cofondateur et PDG de NSO Group, a déclaré à un journal israélien que « le Qatar ou le mouvement BDS – peut-être les deux » sont derrière le scandale entourant le logiciel espion Pegasus de sa société.

    Dans une interview spéciale accordée à Israel Hayom, Hulio a affirmé que le scandale a été révélé par le Qatar ou le mouvement BDS (Boycott, Désinvestissement et Sanctions), ou peut-être les deux.

    « Je crois qu’au final, il s’agira du Qatar ou du mouvement BDS, ou des deux. Il s’agit toujours de la même entité », a-t-il affirmé.

    Amnesty International, Forbidden Stories et un consortium d’organisations internationales de médias ont déclaré que le logiciel espion a été utilisé dans des piratages de smartphones appartenant à des journalistes, des fonctionnaires, des militants des droits de l’homme et des dirigeants mondiaux.

    Le groupe d’enquête dit avoir acquis une liste de 50 000 numéros de téléphone qui semblent être des cibles, identifiées par les clients de la société israélienne, à espionner à l’aide de Pegasus.

    Les numéros du président français Emmanuel Macron, du roi du Maroc Mohammed VI, du président irakien Barham Salih et du premier ministre pakistanais Imran Khan figurent parmi les cibles apparentes.

    Hulio s’est en outre félicité d’une enquête sur l’utilisation abusive du logiciel d’espionnage de NSO « car nous pourrons laver notre nom », comme l’a déclaré Hulio à Israel Hayom.

    « Nous n’avons et n’avons jamais eu aucun lien avec la liste qui a été publiée, et s’il s’avère qu’un client a exploité notre système pour traquer des journalistes ou des défenseurs des droits de l’homme, il sera coupé immédiatement », a déclaré Hulio. « Nous avons prouvé cela dans le passé, y compris avec certains de nos plus gros clients, et nous avons cessé de travailler avec eux. »

    Hulio, 39 ans, a déclaré qu’il avait appris l’existence de l’enquête il y a environ un mois.

    « Un tiers m’a contacté, quelqu’un avec qui nous travaillons, qui n’est pas impliqué [dans l’affaire] et m’a dit : « Écoutez, ils se sont introduits dans vos serveurs à Chypre et toute la liste des cibles de NSO a été divulguée », a-t-il déclaré.

    « J’ai commencé à stresser, mais après un moment, je me suis calmé, à la fois parce que nous n’avons pas de serveurs à Chypre et aussi parce que nous n’avons pas de liste de ‘cibles’. Ça ne fonctionne pas comme ça : chaque client est un client unique. Nous n’avons pas de lieu central où sont rassemblées toutes les cibles des clients. »

    Cependant, quelques jours plus tard, Hulio a été contacté par un autre homme d’affaires avec une histoire identique qui circulait sur le marché à propos d’une « liste de cibles » de l’ONS.

    Quds News network, 24.07.2021

    Etiquettes : Israël, NSO Group, Pegasus, Espionnage, Qatar, BDS, Maroc, Mohammed VI, Emmanuel Macon,