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  • Pegasus : Israël et le Maroc, une si longue histoire d’amour

    Pegasus : Israël et le Maroc, une si longue histoire d’amour. Le client présumé de la firme Pegasus collabore activement avec le gouvernement israélien, et ce, depuis des décennies.

    En coulisse des plaintes compulsives du Maroc envers les journalistes et les ONG ayant étayé les soupçons de son usage massif du logiciel Pegasus, et des dénégations de pure forme de l’État israélien, les différents gouvernements impliqués s’activent pour régler une affaire d’espionnage qui a dégénéré en brouille diplomatique. Selon le site Axios, un conseiller du premier ministre Naftali Bennett s’est rendu à Paris courant octobre pour discuter de l’usage du logiciel conçu par la firme israélienne NSO. Une réunion censée offrir des « garanties » futures à la partie française, explique le quotidien le Monde, auprès duquel l’Élysée a confirmé l’information.

    La France espère obtenir les mêmes privilèges que les plus proches alliés d’Israël, États-Unis et Royaume-Uni en tête. En clair, que les numéros français soient définitivement exclus des cibles de NSO et des autres logiciels espions israéliens exploités par ses clients, comme l’avait déjà indiqué la ministre des Armées, Florence Parly, dès la fin du mois de septembre.

    Une bataille judiciaire qui ne fait que commencer

    Des discussions qui confirment un secret de Polichinelle : la firme privée NSO agit en parfaite intelligence avec les services de sécurité israéliens, dont les clients étatiques figurent parmi les alliés ou partenaires de Tel-Aviv, qu’il s’agisse de la Hongrie de Viktor Orban, du Rwanda de Paul Kagame, ou du Maroc de Mohammed VI.

    L’avocat du royaume chérifien Olivier Baratelli maintient cependant que NSO «  n’a jamais eu de liens contractuels ou commerciaux » avec Rabat, qui poursuit au tribunal Amnesty International, le collectif médiatique Forbidden Stories, et les journaux qui ont relayé ou étayé ces soupçons, dont l’Humanité.

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  • Pourquoi l’Humanité dérange au Maroc

    Pourquoi l’Humanité dérange au Maroc. Affaire Pegasus: Le journal français a dénoncé les intimidations du Maroc qui l’a attaqué en justice pour diffamation dans le cadre de l’affaire liée au logiciel espion « Pegasus » conçu par l’entreprise israélienne NSO Group.

    Le journal français l’Humanité a dénoncé les intimidations du Maroc qui l’a attaqué en justice pour diffamation dans le cadre de l’affaire liée au logiciel espion « Pegasus » conçu par l’entreprise israélienne NSO Group. « L’Humanité a déjà affronté de nombreux obstacles, difficultés et tempêtes au cours de son histoire, dont des saisies et des attaques contre son siège. Mais, pour la première fois, nous sommes convoqués au tribunal par un Etat étranger qui entend nous faire taire et nous intimider », a écrit le directeur du journal l’Humanité, Fabien Gay, dans un édito intitulé « Nous ne céderons pas! ». « Le royaume du Maroc a ainsi assigné l’Humanité en justice pour diffamation, après avoir été confondu par l’association Forbidden Stories dans le scandale des écoutes par le logiciel espion Pegasus », rappelle Fabien Gay.

    Le sénateur de Seine-Saint-Denis a fait savoir que « cette manœuvre d’intimidation cible la journaliste Rosa Moussaoui, dont le nom figurait dans la liste des personnes espionnées et qui, à plusieurs reprises, a courageusement fait état des pressions, harcèlements et barbouzeries en tout genre exercés au Maroc contre des journalistes, des avocats et des personnalités progressistes diverses défendant les droits humains ». « Cette agitation procédurière n’est ni un signe de force, ni un témoignage de sérénité. D’autant que les preuves de l’utilisation par le Maroc du logiciel fabriqué et supervisé par la société israélienne NSO sont légion et accablantes », a-t-il assuré.

    Le directeur du journal l’Humanité rappelle, en outre, « qu’ils et elles seraient 30.000 à figurer sur les listes des personnes espionnées par le palais entre militants politiques et syndicaux, avocats, défenseurs des droits de l’homme, journalistes, élus, jusqu’aux plus hautes autorités de l’Etat français ». A cet égard, il a dénoncé la position de la France qui « n’a pas eu le courage de manifester sa réprobation face à ces pratiques hostiles et attentatoires à la dignité des citoyens français ».

    « Cette attaque en justice, aussi scandaleuse et déplacée soit-elle, doit être prise au sérieux », indique Fabien Gay, soulignant « qu’elle témoigne de l’acharnement dont use le pouvoir marocain pour faire taire toute critique à son encontre et entraver l’exercice d’un journalisme indépendant et décidé à informer les citoyens des combats qui se mènent à travers le monde contre l’arbitraire ». C’est aussi, poursuit l’auteur de l’édito, « une guerre d’usure, autant judiciaire que financière, que mène le gouvernement marocain pour qu’au final nous finissions par céder et nous autocensurer ».

    Fabien Gay a fait savoir que son journal n’allait pas céder aux menaces et intimidations du Maroc. « Nous continuerons notre travail, nos investigations, nos reportages et nos révélations », a-t-il assuré. Le directeur du journal l’Humanité a invité toutes les personnes attachées à la liberté de la presse et à la défense des droits « à participer à la soirée de soutien à la presse libre, à l’Humanité et à l’ensemble des journalistes menacés, lundi 25 octobre à la bourse du travail de Paris ».

    Le Maroc, impliqué dans l’affaire liée au logiciel espion « Pegasus » conçu par l’entreprise israélienne NSO Group, multiplie les attaques judiciaires contre les médias français, membres du consortium de 17 médias internationaux ayant révélé ou dénoncé le scandale.

    Le Monde et seize autres rédactions, coordonnées par Forbidden Stories, avaient révélé en juillet dernier l’ampleur de la surveillance menée par différents Etats contre des opposants politiques, journalistes, avocats ou militants des droits humains, à l’aide du puissant logiciel espion Pegasus, commercialisé par la société israélienne NSO Group et auquel le Maroc a eu recours.

    La Patrie News, 24/10/2021

  • Pegasus: Malgré l’espionnage, la France reste bien timide

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    Les révélations du vaste scandale d’espionnage permis par le logiciel «Pegasus» n’ont pas suscité de vive réaction d’Emmanuel Macron et son gouvernement. Eux-mêmes ainsi qu’un millier de Français sont pourtant concernées. Le scandale est mondial, la réaction bien timide. Face aux révélations du consortium Forbidden Stories, d’Amnesty International et de leurs médias partenaires, la France est jusque-là restée très prudente. Un millier de personnes sont pourtant concernées, des journalistes, des avocates, des responsables politiques et même le président de la République et une grande partie de son gouvernement.

    Pris de cours par ces révélations, l’exécutif a d’abord cherché à conserver un équilibre précaire dans son expression. Il s’agissait de montrer que les faits étaient pris très au sérieux, sans pour autant sombrer dans la panique générale ou le procès en incompétence. Les premiers éléments de langage livrés par l’Élysée ont donc été répétés en boucle par les rares ministres interrogés sur le sujet.

    L’instruction de Castex : en dire le moins possible

    Tous étaient priés d’en dire le moins possible à ce stade de la «série d’investigations» ordonnée par le gouvernement, selon les mots de son chef. «Je crois qu’il serait un peu irresponsable de notre part de dire des choses tant que nous ne savons pas exactement ce qu’il en est», a d’ailleurs déclaré Jean Castex au «13heures» de TF1, mercredi 21juillet.

    La veille, à l’Assemblée nationale, peu avant la publication des révélations sur le ciblage des téléphones d’Emmanuel Macron, Édouard Philippe et quatorze ministres, il avait expliqué que les «investigations» sur la «matérialité» des faits n’avaient «pas abouti». À ce moment-là, l’Élysée était déjà au courant, puisque le consortium l’avait informé quatre jours plus tôt.

    Jeudi, le chef de l’État réunissait un conseil restreint de défense et de sécurité nationale (CRDSN), dédié à l’affaire «Pegasus». «Le président de la République suit au plus près ce dossier et prend cette affaire très au sérieux», soulignait le matin même le porte-parole du gouvernement, sur France Inter. «Aucune certitude à ce stade n’est apparue, donc la prudence reste de mise dans les commentaires», indiquait aussi l’Élysée à l’issue de ce CRDSN, précisant qu’Emmanuel Macron avait toutefois changé d’appareil et de numéro de téléphone «pour certains de ses échanges». À cette occasion, le chef de l’État a également «exigé un renforcement de tous les protocoles de sécurité en parallèle des opérations techniques de détection et clarification en cours», a encore souligné l’Élysée, alors que certaines figures de l’opposition, telles que le patron des sénateurs Les Républicains (LR) Bruno Retailleau, déploraient l’«imprudence» et l’«amateurisme» du pouvoir exécutif en matière de cybersécurité. Le sujet s’est également invité à l’Assemblée, jeudi, lors de l’adoption du projet de loi relatif à «la prévention d’actes de terrorisme et au renseignement».

    Ce jour-là, le député La France insoumise (LFI) Adrien Quatennens, dont le nom figure parmi les personnalités politiques ciblées par le logiciel espion, s’est étonné qu’«aucun service de l’État ne [l’ait] contacté». «Qu’est-il prévu pour procéder aux vérifications que notre protection exige?», a-t-il interrogé, sans obtenir de réponse. Dans la foulée, l’Élysée a fait savoir que l’Agence nationale de la sécurité des systèmes d’information (ANSSI) avait proposé «ses services à celles et ceux pour qui il y a des soupçons d’intrusion sur la base d’un protocole et un accompagnement renforcés».

    Les ministres nagent dans le brouillard

    Informés pour la plupart dans la journée de lundi 19 juillet, les ministres dont les numéros de téléphone figurent sur la liste du «Projet Pegasus» semblaient, la semaine suivante, nager dans le brouillard le plus complet. Plus étonnés qu’inquiets par la nature des révélations de Forbidden Stories, plusieurs d’entre eux ont confié à Mediapart que leur appareil, potentiellement infecté, n’avait pas encore été pris en charge pour vérification. De son côté, l’Élysée se contentait de répéter que les analyses étaient encore en cours et qu’elles pouvaient prendre du temps. Sans plus de précisions.

    La procédure d’examen des données des téléphones, réalisée par les spécialistes du Security Lab d’Amnesty International à Berlin, et permettant d’identifier des traces de Pegasus, a été publiée dès le début du scandale sur Internet – avec le bilan détaillé des appareils où l’infection a été détectée. Un manuel à usage de celles et ceux qui voudraient vérifier. Par ailleurs, une fois le protocole en place, les premiers retours sont très rapides – quelques heures à peine. Dans le JDD du dimanche 25 juillet, Laurent Nuñez, le coordinateur national au renseignement, indique que les résultats pourraient de toute façon rester confidentiels, au nom du secret

    Parmi les responsables politiques ciblés, seul l’ancien ministre François de Rugy a accepté que son appareil soit examiné par Amnesty International qui y a décelé des traces de tentatives d’intrusion – sans succès apparent.

    La justice poursuit son enquête

    De son côté, le Maroc – qui a annoncé une plainte en diffamation en France – et NSO ont tous deux multiplié les prises de parole médiatiques pour contenir la polémique. Après le ministre des affaires étrangères marocain, dans Jeune Afrique, l’ambassadeur du Maroc en France a repris dimanche les mêmes éléments de langage : le royaume n’est pas client de NSO, il n’a jamais espionné Emmanuel Macron, ces révélations ressemblent à un complot algérien et des «réseaux hostiles au Maroc en France et ailleurs» dans un «timing particulier».

    Quant à la société israélienne au cœur du scandale, son patron Shalev Hulio a accordé plusieurs entretiens à la presse, dont le magazine Forbes. Il y répète les éléments de langage habituels de NSO, structurellement liée au gouvernement israélien. Pegasus est vendu à des gouvernements qui en font un usage que NSO ne contrôle pas, et sert à lutter contre les criminels et les terroristes. «Les personnes qui ne sont pas des criminels, qui ne sont pas des “Ben Laden” de ce monde n’ont rien à craindre», affirme le patron de la société. S’il assure ne pas connaître la liste des cibles de son logiciel, Shalev Hulio peut toutefois attester que le président français, mais aussi les proches du journaliste saoudien assassiné Jamal Khashoggi, n’y figurent pas…

    Après l’annonce d’une enquête en Israël, il précise aussi que NSO dispose bien d’un moyen de vérifier si ses clients «font un mauvais usage du système». À l’image des autres États visés par les récentes révélations, le Maroc et NSO font également entendre une petite musique mettant en cause l’enquête de Forbidden Stories et de ses partenaires, sa méthodologie, soulignant notamment que les preuves ne sont pas fournies. Et ce, en dépit des explications techniques d’Amnesty International et de l’expertise des spécialistes de Pegasus, déjà éprouvée par le passé.

    Cette petite musique est entendue jusqu’à Paris où elle est parfois reprise dans la bouche de responsables politiques. La justice, elle, a déjà commencé à travailler dans le cadre de l’enquête préliminaire ouverte après la plainte de Mediapart.

    Pris de cours par ces révélations, l’exécutif a d’abord cherché à conserver un équilibre précaire dans son expression. Il s’agissait de montrer que les faits étaient pris très au sérieux, sans pour autant sombrer dans la panique générale ou le procès en incompétence.

    L’Algérie aujourd’hui

  • La France a failli acheter le logiciel espion israélien Pegasus

    La France a failli acheter le logiciel espion israélien Pegasus

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    Selon Europe1, « plusieurs fonctionnaires français ont échangé » avec la société israélienne NSO Group productrive du logiciel espion Pegasus « pour trouver des solutions permettant d’aspirer plus facilement les données cryptées ». Ils étaient même « sur le point de signer un contrat », indique Europe1. « Le sujet étant ultra-sensible », ils ont fini par demander l’avis du président Emmanuel Macron.

    « Un vrai débat s’est suivi entre les spécialistes qui conseillent le chef de l’État en matière de Défense et de renseignement », signale le site français. « Mais le « non » catégorique présidentiel a mis fin aux discussions, six mois avant le scandale Pegasus », a-t-il ajouté.

    « Depuis ces révélations, Laurent Nunez, le coordonnateur national du renseignement et de la lutte contre le terrorisme à l’Élysée, fait le point sur cette affaire Pegasus avec les principaux services chaque semaine. Preuve s’il en fallait que le potentiel de dangerosité de ce type de logiciel est pris très au sérieux, au plus haut niveau de l’État, rapporte la même source.

    Pour rappel, une enquête publiée en juillet par un consortium de 17 médias internationaux, a révélé que le logiciel Pegasus, élaboré par l’entreprise sioniste NSO Group, aurait permis d’espionner les numéros d’au moins 180 journalistes, 600 hommes et femmes politiques, 85 militants des droits humains ou encore 65 chefs d’entreprise de différents pays.

    Le logiciel espion Pegasus, introduit dans un smartphone, permet d’en récupérer les messages, photos, contacts et même d’écouter les appels de son propriétaire. Ces révélations ont suscité l’indignation dans le monde entier d’organisations de défense des droits humains, de médias et de dirigeants politiques.

    NSO, régulièrement accusé de faire le jeu de régimes autoritaires, assure que son logiciel sert uniquement à obtenir des renseignements contre des réseaux criminels ou terroristes.

    Le travail mené par les 17 médias, dont les quotidiens français Le Monde, britannique The Guardian et américain The Washington Post, se fonde sur une liste obtenue par le réseau basé en France Forbidden Stories et l’ONG Amnesty International. Elle compte, selon eux, 50.000 numéros de téléphone sélectionnés par les clients de NSO depuis 2016 pour une surveillance potentielle.

    Plusieurs pays ont acheté ce logiciel, dont le Maroc, accusé d’avoir piraté le téléphone portable du président français Emmanuel Macron.

  • Affaire Pegasus : Le royaume marocain s'acharne contre les médias français

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    Le royaume du Maroc, impliqué dans l’affaire liée au logiciel espion «Pegasus» conçu par l’entreprise israélienne NSO Group, multiplie les attaques judiciaires contre les médias français, membres du consortium de 17 médias internationaux ayant révélé ou dénoncé le scandale. 
    Le Monde et seize autres rédactions, coordonnées par Forbidden Stories, avaient révélé en juillet dernier l’ampleur de la surveillance menée par différents Etats contre des opposants politiques, journalistes, avocats ou militants des droits humains, à l’aide du puissant logiciel espion Pegasus, commercialisé par la société israélienne NSO Group et auquel le Makhzen a eu recours. 
    Cependant, Rabat nie avoir utilisé ce logiciel et a porté plainte pour «diffamation» contre les principaux partenaires du «Projet Pegasus» en France. Après Forbidden Stories, Le Monde, Radio France, Mediapart et Amnesty International, le quotidien français L’Humanité est à son tour la cible d’une plainte en diffamation du royaume du Maroc, dans le cadre des révélations du «Projet Pegasus», a écrit vendredi le journal Le Monde.
    Depuis la fin du mois de juillet, plusieurs autres plaintes, visant directement ou indirectement le Maroc et NSO Group, ont également été déposées en France par des victimes du logiciel espion et des organisations non gouvernementales (ONG). D’abord une plainte collective, lancée par Reporters sans frontières, et qui regroupe 17 journalistes potentiellement ciblés par le logiciel. 
    Mediapart et Le Canard enchaîné, dont la journaliste Dominique Simonnot, depuis devenue contrôleuse générale des lieux de privation de liberté, ont aussi déposé une plainte à Paris. 
    A cela s’ajoutent la plainte du Syndicat national des journalistes ainsi que celle de L’Humanité, qui ont à leur tour porté plainte avec constitution de partie civile avec le Syndicat national des journalistes-CGT. 
    Les premiers éléments de l’enquête ont confirmé les analyses techniques menées, dans le cadre du «Projet Pegasus», par le Security Lab d’Amnesty International. 
    Pour rappel, le Makhzen, utilisateur du logiciel Pegasus, a espionné également à l’étranger, l’Algérie figurant parmi le pays ciblés.

    L’Expression, 03/10/2021

  • Logiciel espion Pegasus : le Maroc porte plainte contre « L’Humanité »

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    Le royaume du Maroc, qui nie être client du logiciel de la société NSO Group, a porté plainte contre plusieurs médias français, dont « Le Monde ».
    Après Forbidden Stories, Le Monde, Radio France, Mediapart et Amnesty International, le quotidien L’Humanité est à son tour la cible d’une plainte en diffamation du royaume du Maroc, dans le cadre des révélations du « Projet Pegasus », a appris Le Monde auprès du quotidien communiste.
    Le Monde et seize autres rédactions, coordonnées par Forbidden Stories, avaient révélé cet été l’ampleur de la surveillance menée par différents Etats contre des opposants politiques, journalistes, avocats ou militants des droits humains, à l’aide du puissant logiciel espion Pegasus, commercialisé par la société israélienne NSO Group.
    Le Maroc figure parmi les clients de Pegasus identifiés par le consortium de journalistes, avec de nombreuses cibles en France, dont des militants pour l’indépendance du Sahara occidental, mais aussi des diplomates français ou de hauts responsables politiques.
    Rabat nie avoir utilisé ce logiciel et a porté plainte pour « diffamation » contre les principaux partenaires du « Projet Pegasus » en France, dont Le Monde, mais aussi contre Mediapart – dont le fondateur, Edwy Plenel, a été espionné par Pegasus – et, désormais, contre L’Humanité. La journaliste autrice de l’article visé par la plainte, Rosa Moussaoui, figure elle-même dans la liste des cibles potentielles de Pegasus consultée par le consortium.
    Depuis la fin du mois de juillet, plusieurs autres plaintes, visant directement ou indirectement le Maroc et NSO Group, ont également été déposées en France par des victimes du logiciel espion et des organisations non gouvernementales (ONG). D’abord une plainte collective, lancée par Reporters sans frontières, et qui regroupe 17 journalistes potentiellement ciblés par le logiciel. Mediapart et Le Canard enchaîné, dont la journaliste Dominique Simonnot, depuis devenue contrôleuse générale des lieux de privation de liberté, ont aussi déposé une plainte à Paris. A cela s’ajoutent la plainte du Syndicat national des journalistes ainsi que celle de Rosa Moussaoui et de L’Humanité, qui ont à leur tour porté plainte avec constitution de partie civile avec le Syndicat national des journalistes-CGT.
    Les premiers éléments de l’enquête ont confirmé les analyses techniques menées, dans le cadre du « Projet Pegasus », par le Security Lab d’Amnesty International. Le Monde maintient les informations publiées cet été.
    Le Monde, 01/10/2021

  • Le Maroc et les liaisons dangereuses

    Le Maroc et les liaisons dangereuses

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    Que le Maroc multiplie et diversifie ses attaques contre l’Algérie procède de la logique de confrontation qu’il recherche. Et des plans qu’on lui demande d’exécuter.

    Le makhzen nous espionne. Le contraire eut été étonnant. Surtout venant d’un pays en animosité déclarée avec le nôtre. La réalité connue de tous et pratiquée par tous, est que tout le monde espionne tout le monde ; espionnage et contre-espionnage relèvent de la banale normalité d’un binôme inséparable. Il y a quelques années, la CIA a été prise, à ce propos, la main dans le sac de Merkel et dans la poche de Sarkozy. On se surveille même entre amis. On l’a vu à ce scandale vite étouffé.

    Les stations d’écoute téléphoniques pullulent, et, sont un secret de polichinelle. Le logiciel Pegasus est connu de tous les services secrets, depuis plusieurs années. Tout comme son utilisation à des fins de recueil d’informations. Que le Maroc multiplie et diversifie ses attaques contre l’Algérie procède de la logique de confrontation qu’il recherche. Et des plans qu’on lui demande d’exécuter. À quoi peut-on s’attendre d’un pays qui, pris dans la masse de ses alliances, pyromaniaques, est prêt à tout et au pire ?

    La normalisation de ses relations avec l’entité sioniste pour tirer profit de son influence diplomatique et de sa puissance militaire, et, son adhésion, ouverte, et, assumée, aux plans de l’OTAN, sont une suite logique aux reniements qu’il opère dans le cadre de son offensive.

    Le Maroc a tout simplement, décidé de jouer son va-tout, et d’enfoncer le clou pour hâter, à son profit l’isme de la question sahraouie.

    Prêt, pour ce faire, à s’allier au diable, et, à contribuer à la déstabilisation de la région. Sachant qu’en cas de conflit, sont de son côté ceux qui poussent au pire. Donc, prêt à l’internationalisation du conflit marocco-sahraoui, selon une feuille de route répondant aux intérêts extra régionaux des puissances militaires. Tableau, en préparation, d’un classique remake de l’affrontement indirect, des blocs, par exacerbation des conflits sous-régionaux,
    au grand bonheur des vendeurs d’armes et des futurs bénéficiaires des marchés de reconstruction. Schéma itératif des guerres par procuration, auquel est en train de donner corps l’extensionnisme marocain sous l’impulsion et les calculs de ses sponsors. Ne pouvant plus reculer, le makhzen travaille sur commande à la déflagration. L’atteste le rapprochement avec l’ennemi juré. L’espionnage téléphonique à grande échelle au profit du vrai maître d’œuvre et de l’ouvrage qu’est l’entité sioniste est une véritable agression.

    Elle s’ajoute à l’immixtion dans les affaires intérieures avec le soutien apporté aux séparatistes du MAK. L’objectif est de pousser à l’irréparable. À en découdre. Ce scénario est clair.

    S’agissant de Pegasus, le ministre algérien de la Communication, avait, début 2021, fait état de l’existence d’attaques informatiques. On imagine mal que dans un tel contexte, l’Algérie soit restée depuis sans prendre des dispositions requises.

    Par contre, ce qui étonne le plus, est la lenteur de la réaction diplomatique algérienne. Les relations bilatérales étant au point mort depuis des lustres, leur rupture totale aurait dû être, il y a belle lurette, une première mesure immédiate, cinglante.

    D’autant que ces relations sont, tout à fait, inutiles au vu du bellicisme déclaré du royaume.

    Même si la diplomatie à ses raisons et ses mécanismes, il n’en demeure pas moins que la retenue diplomatique n’a de sens qu’en cas de symétrie dans le respect des conventions en usage dans les relations internationales. Conventions allègrement bafouées par la monarchie alaouite qui se sont pousser des ailes depuis son adhésion aux Accords d’Abraham et sa collusion d’intérêts avec la publication des bans de son mariage avec l’ennemi historique, qu’elle introduit dans la région et qui va se faire un devoir d’amplifier les désaccords et la zizanie. Et plus si nécessité.
    Avec la carte sioniste, la monarchie marocaine joue ses ultimes atouts pour se sortir du piège de la question sahraouie, plus que jamais, inscrite au chapitre de la décolonisation dans les registres onusien et africain. Ménager l’avenir ne devrait pas conduire à se satisfaire de déclarations de condamnation des nombreux casus belli de la partie marocaine. Il ne s’agit pas, ici, de pousser à l’aventure guerrière, mais la réaction se devrait être multiforme, globale, nettement plus énergique et dissuasive.

    La résiliation du contrat gazier qui se profile a le mérite d’aller dans ce sens, et appelle des réactions sévères à chaque récidive provocatrice.

    La redondance des mises en garde, des démonstrations de force et des exhibitions des biceps, a ceci d’inutile, est qu’elle est inopérante face à des agressions planifiées, répétées, encouragées et impunies.

    Il est vrai que la réponse, en ce domaine, exige de mûres réflexions.

    Ce bellicisme, unilatéral, a fait l’objet d’une théorisation et d’une planification par un centre de réflexion, commandées par le makhzen, d’une stratégie d’attaque. Il s’agit d’un plan de guerre identifiant les ennemis du Nord et de l’Est, et les cibles militaires algériennes.

    La mise en œuvre de ce plan a commencé avec l’installation de bases militaires, à proximité de la frontière, avec le concours de l’ingénierie et de la technologie de l’entité sioniste.

    Alors que la modernisation et le renforcement technologique de l’armée algérienne obéissent à des impératifs et des contingences géo et macro stratégiques qui n’ont aucun lien avec l’hostilité affichée du Maroc, la normalisation affichée de ce pays avec l’entité sioniste c’est aussitôt dit aussitôt fait, traduite par une coopération militaire, concrétisée par un contrat d’armement qui prévoit la fourniture de drones kamikazes, dans un message, de nouveau, provocateur.

    L’hostilité marocaine ne date pas d’aujourd’hui.

    L’Émir Abdelkader a, déjà, en son temps, eu à pâtir de la trahison du Maroc. L’arraisonnement, durant la lutte de Libération des cinq dirigeants révolutionnaires du FLN, en est une autre. L’agression armée de 1963, alors que notre pays sortait d’une épuisante guerre de 7 ans et demi, est un autre coup de poignard. L’attitude du makhzen et ses déclarations durant la décennie rouge, les accusations gratuites avec expulsions d’Algériens à la suite des attentats terroristes de Marrakech, les déclarations du consul marocain à Oran, Pegasus, le soutien au MAK, la drogue, les récurrentes hystéries médiatiques anti-algériennes, la déclaration du ministre sioniste en visite au royaume, en sont d’autres.

    En dépit de ce stakhalanovisme dans la production des actes hostiles et dans une attitude de sagesse visant à prémunir l’avenir des conjonctures passagères, notre pays n’a jamais eu à l’endroit du Maroc, la moindre initiative belliqueuse.
    La guerre des sables, la fermeture de la frontière terrestre et la récente rupture des relations diplomatiques sont toutes sans exception des réactions à des agressions marocaines.

    Dès lors, force est de croire que les raisons de cette agressivité, permanente, malgré la retenue et le pacifisme algériens, relèvent de l’obsessionnel et du complexe psychopathologique, qui habitent l’esprit revanchard makhzénien.
    Ces raisons laisseraient à penser que le Maroc, géographiquement enclavé et à l’étroit sur sa portion congrue, a, contrairement aux apparences, mal vécu notre indépendance et la non reconfiguration de la frontière, telle qu’il l’espérait dans le cadre de sa lubie du grand Maroc. Et qu’il vit, également, mal le voisinage d’un pays, territorialement plus grand au sous-sol plus riche et de surcroît souverainiste.

    S’inscrivant dans le cadre du respect du droit international, et parce qu’elle freine l’idéal maghrébin, l’opposition algérienne aux ambitions extensionnistes, téléguidées et multidirectionnelles, du royaume, a mis à nu l’hostilité atavique, qui caractérise, depuis au moins la trahison de l’Émir Abdelkader, la vraie nature faite de dépit et de prédisposition au pire de la relation du makhzen à l’Algérie.

    La fraternité, la solidarité et le respect entre les deux pays et leurs dirigeants ont vécu. L’anti-algérianisme et l’anti marocanisme se sont imposés de fait. La réconciliation n’est pas pour demain tant sont irréconciliables les oppositions fabriquées et entretenues par des intérêts extra-régionaux.

    À la cupidité extentionniste marocaine correspond l’inflexibilité de la situation de principe algérienne. Au regard des blocage au sein du conseil de sécurité de l’ONU qui empêchent à dessein le règlement de la question sahraouie, les perspectives d’évolution qui s’annoncent n’appellent pas à l’optimisme. Même s’il ne faut pas préjuger de l’avenir, l’idéal maghrébin ressemble de plus en plus à une chimère.

    La grande satisfaction de ceux qui tirent les ficelles. Enfin et pour terminer, pour éviter de sombrer dans les travers d’un tourbillon qui nous sera imposé, notre seul espoir est de comprendre maintenant la situation géopolitique présente au sein de laquelle tous les développements de l’avenir sont déjà noués et de mettre en œuvre une politique et des actions capables de maîtriser ces complexités à venir.

    Par : Dr MOHAMED MAÏZ
    UNIVERSITAIRE

    Liberté, 28/09/2021

  • Espionnage : L’Allemagne prend ses précautions

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    Le gouvernement allemand vient d’adopter «la nouvelle stratégie de cybersécurité 2021», qui remplace celle de 2016.

    Ce plan, établi pour les cinq prochaines années, prévoit, entre autres, de renforcer la protection des «communications électroniques».

    Une mesure rendue plus que nécessaire, estiment des spécialistes, suite au mégascandale des écoutes, dénommé Pegasus, impliquant le Maroc qui a été «confondu» en flagrant délit d’espionnage à grande échelle, y compris en Europe, grâce à ce logiciel israélien mis à sa disposition par le Mossad.

  • Comment l’espionnage israélien pénètre profondément dans nos vies

    Comment l’espionnage israélien pénètre profondément dans nos vies

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    Comment la main des techniques d’espionnage israéliennes pénètre profondément dans nos vies

    Le logiciel israélien utilisé sur les Palestiniens produit de nouvelles cyber-armes qui s’intègrent rapidement dans les plateformes numériques mondiales.

    Les armes de l’ère numérique développées par Israël pour opprimer les Palestiniens sont rapidement réaffectées à des applications beaucoup plus larges – contre les populations occidentales qui ont longtemps tenu leurs libertés pour acquises.

    Le statut d’Israël en tant que « pays en démarrage » a été établi il y a des décennies. Mais sa réputation d’innovation high-tech a toujours dépendu d’un côté obscur, qui devient de plus en plus difficile à ignorer.

    Il y a quelques années, l’analyste israélien Jeff Halper a averti qu’Israël avait joué un rôle central dans la fusion des nouvelles technologies numériques avec l’industrie de la sécurité intérieure. Le danger était que nous devenions tous progressivement palestiniens.

    Israël, a-t-il noté, a traité les millions de Palestiniens sous son régime militaire irresponsable comme des cobayes dans des laboratoires en plein air. Ils ont servi de banc d’essai pour le développement non seulement de nouveaux systèmes d’armes conventionnels, mais aussi de nouveaux outils de surveillance et de contrôle de masse.

    Comme l’a noted a recentrapport dans Haaretz, the Israeli surveillance operation against the Palestinians is  » one of the largest of its kind in the world ». It includes monitoring of the media, social networks and the general population ”.

    Les affaires de Big Brother
    Mais ce qui a commencé dans les territoires occupés n’allait jamais rester en Cisjordanie, à Jérusalem-Est et à Gaza. Il y avait tout simplement trop d’argent et d’influence à tirer du commerce de ces nouvelles formes hybrides de technologie numérique offensive.

    Aussi petit que sa taille, Israël a longtemps été un leader mondial dans le commerce d’ armeshugely lucrative , selling its weapon systems to authoritarian regimes around the world as “battle-tested” against the Palestinians.

    Ce commerce de matériel militaire est de plus en plus éclipsé par un marché du logiciel belliqueux : les outils de cyberguerre.

    Ces armes du nouvel âge sont très demandées par les États, non seulement contre les ennemis extérieurs, mais aussi contre la dissidence interne des citoyens et des observateurs des droits de l’homme.

    Israël peut à juste titre prétendre être une autorité mondiale ici, contrôlant et opprimant les populations sous son autorité. Mais il a tenu à ne pas laisser ses empreintes sur une grande partie de cette nouvelle technologie Big Brother, en sous-traitant le développement de ces cyber-outils aux diplômés de ses célèbres unités de sécurité et de renseignement militaire.

    Néanmoins, Israël sanctionne implicitement ces activités en fournissant à ces entreprises des licences d’exportation – et les hauts responsables de la sécurité du pays sont souvent étroitement associés à leur travail.

    Tensions avec la Silicon Valley
    Une fois l’uniforme retiré, les Israéliens peuvent profiter d’années d’expérience dans l’espionnage des Palestiniens en créant des sociétés qui développent des logiciels similaires pour des applications plus générales.

    Les applications utilisant une technologie de surveillance sophistiquée d’Israël sont de plus en plus courantes dans notre vie numérique. Certains ont été utilisés à des fins relativement bénignes. Waze, qui suit les embouteillages, permet aux conducteurs d’atteindre les destinations plus rapidement, tandis que Gett met les clients en relation avec les taxis à proximité via leur téléphone.

    Mais certaines des technologies les plus secrètes produites par les développeurs israéliens sont beaucoup plus proches de leur format militaire d’origine.

    Ce logiciel est vendu à la fois à des pays qui souhaitent espionner leurs propres citoyens ou États rivaux, et à des entreprises privées qui souhaitent se démarquer de leurs concurrents ou mieux exploiter et manipuler leurs clients à des fins commerciales.

    Lorsqu’il est intégré à des plateformes de médias sociaux comptant des milliards d’utilisateurs, ce logiciel espion offre aux agences de sécurité de l’État une portée potentiellement proche du monde. Cela explique les relations parfois tendues entre les entreprises technologiques israéliennes et la Silicon Valley, qui s’efforce de prendre le contrôle de ces logiciels malveillants, comme le montrent deux exemples récents et contrastés.

    Kit d’espionnage de téléphone portable
    En signe de tension, WhatsApp, une plate-forme de médias sociaux détenue par Facebook, a déposé la première action en justice de cefront guy un tribunal californien la semaine dernière contre NSO, la plus grande société de surveillance d’Israël.

    WhatsApp accuse NSO de cyberattaques. En seulement deux semaines et jusqu’au début du mois de mai, NSO aurait examiné les téléphones portables de plus de 1 400 utilisateurs dans 20 pays.

    Le logiciel espion de NSO, connu sous le nom de Pegasus, a été utilisé contre des militants des droits humains, des avocats, des chefs religieux, des journalistes et des travailleurs humanitaires. Reuters a révélé la semaine dernière que de hauts responsables d’alliés américains avaient également été ciblés par le NSO.

    Après avoir pris en charge le téléphone de l’utilisateur à son insu, Pegasus copie les données et active le microphone pour la surveillance. Le magazine Forbes l’ a qualifiéof  » the world’s equally invasive mobile spy kit « .

    NSO a concédé sous licence le logiciel à des dizaines de gouvernements, y compris à d’éminents diets violant les droits humains such as Saudi Arabia, Bahrain, United Arab Emirates, Kazakhstan, Mexico and Morocco.

    Amnesty International s’est plainte que son personnel fait partie des personnes ciblées par les logiciels espions des services statistiques nationaux. Elle soutient actuellement une action en justice contre le gouvernement israélien.

    Liens avec les services de sécurité israéliens
    NSO a été fondée en 2010 par Omri Lavie et Shalev Hulio, tous deux diplômés de l’unité de renseignement militaire israélienne 8200.

    En 2014, des dénonciateurs ont révélé que l’unité espionnait régulièrement les Palestiniens, recherchant dans leurs téléphones et leurs ordinateurs des preuves d’irrégularités sexuelles, de problèmes de santé ou de difficultés financières qui pourraient être utilisées pour les pousser à collaborerwith the authorities. Israeli military.

    Les soldats ont écrit que les Palestiniens étaient « pleinement exposés à l’espionnage et à la surveillance des services de renseignement israéliens ». Il est utilisé pour la persécution politique et pour créer des divisions au sein de la société palestinienne en recrutant des collaborateurs et en poussant des parties de la société palestinienne contre elle-même .

    Malgré la délivrance de licences d’exportation par les autorités israéliennes à NSO, le ministre israélien Zeev Elkin a démenti la semaine dernière « l’implication du gouvernement israélien » dans le piratage de WhatsApp. Il a déclaré à la radio israélienne : « Tout le monde comprend qu’il ne s’agit pas de l’État d’Israël .

    Surveillance par caméras
    La même semaine où WhatsApp a déposé sa plainte, la chaîne de télévision américaine NBC a révélé que la Silicon Valley souhaitait néanmoins tendre la main aux startups israéliennes profondément impliquées dans les abus liés à l’occupation.

    Microsoft a investi massivement dans AnyVision pour développer une technologie sophistiquée de reconnaissance faciale qui aide déjà Tsahal à opprimer les Palestiniens.

    Les liens entre AnyVision et les services de sécurité israéliens sont à peine cachés . Son conseil consultatif comprend Tamir Pardo, ancien directeur de l’agence d’espionnage du Mossad en Israël. Le président de l’entreprise, Amir Kain, était auparavant le chef de Malmab, le département de sécurité du ministère de la Défense.

    Le logiciel de base d’AnyVision, Better Tomorrow, a été surnommé « Google Occupation » parce que la société prétend pouvoir identifier et suivre n’importe quel Palestinien en recherchant des images du vaste réseau de caméras de surveillance de l’armée. Israélien dans les territoires occupés.

    Grave préoccupation
    Malgré des problèmes éthiques évidents, l’investissement de Microsoft suggère qu’il pourrait viser à intégrer le logiciel dans ses propres programmes. Cela a soulevé de sérieuses inquiétudes parmi les groupes de défense des droits de l’homme.

    Shankar Narayan de l’Union des libertés civiles des États-Unis a mis en garde contre un avenir bien trop familier aux Palestiniens vivant sous la domination israélienne :

    « L’utilisation généralisée de la surveillance faciale renverse le principe de liberté et vous commencez à devenir une société où tout le monde est suivi, quoi qu’il fasse, tout le temps » Has said to Narayan NBC .

    « La reconnaissance faciale est peut-être l’outil le plus parfait pour un contrôle total du gouvernement dans les espaces publics .

    Selon Yael Berda, chercheuse à l’Université de Harvard, Israël tient une liste de quelque 200 000 Palestiniens en Cisjordanie qu’il veut sous surveillance 24 heures sur 24. Des technologies comme celles d’AnyVision sont considérées comme essentielles pour garder ce grand groupe. sous surveillance constante.

    Un ancien employé d’AnyVision a déclaré à NBC que les Palestiniens sont traités comme un laboratoire.

    « Cette technologie a été testée sur le terrain dans l’un des environnements de sécurité les plus exigeants au monde et nous sommes en train de l’étendre au reste du marché» , A- t-il déclaré.

    Ingérence dans les élections
    Le gouvernement israélien lui-même s’intéresse de plus en plus à l’utilisation de ces technologies d’espionnage aux États-Unis et en Europe, car leur utilisation est devenue un sujet de controverse et d’examen dans le discours politique dominant.

    Au Royaume-Uni, l’évolution du climat politique a été mise en évidence par l’élection de Jeremy Corbyn, un militant palestinien de longue date des droits humains, à la tête du parti travailliste d’opposition. Aux États-Unis, un petit groupe de législateurs qui soutiennent visiblement la cause palestinienne est récemment entré au Congrès, dont Rashida Tlaib, la première femme américano-palestinienne à occuper ce poste.

    Plus généralement, Israël redoute le florissant mouvement de solidarité internationale BDS (boycott, désinvestissement et sanctions), qui appelle au boycott d’Israël – sur le modèle de celui contre l’apartheid en Afrique du Sud – jusqu’à ce qu’il cesse d’opprimer les Palestiniens. Le mouvement BDS s’est fortement développé sur de nombreux campus américains.

    En conséquence, les cyber-entreprises israéliennes sont de plus en plus attirées par les efforts visant à manipuler le discours public sur Israël, notamment en s’ingérant apparently dans les élections étrangères.

    « Mossad privé à embaucher »
    Deux exemples notoires de ces entreprises ont brièvement fait la une des journaux. Le groupe Psy, qui se présente comme un « Mossad privé à embaucher », a été dissous l’année dernière après que le FBI a commencé son enquête pour ingérence dans l’élection présidentielle américaine de 2016. Son « Projet Butterfly », selon le New Yorker , visait à  » déstabiliser et perturber les mouvements anti-israéliens de l’intérieur « .

    La société Black Cube, quant à elle, a été exposée l’année dernière à un examen hostile de la part de membres influents de l’administration américaine précédente sous Barack Obama. Il semble être étroitement lié aux services de sécurité israéliens, et a été pendant un temps situé sur une base militaire israélienne.

    Interdit par Apple
    D’autres entreprises israéliennes cherchent à brouiller la distinction entre espace privé et espace public.

    Onavo, une société israélienne de collecte de données créée par deux vétérans de l’unité 8200, a été rachetée par Facebook en 2013. Apple a interdit son application VPN l’année dernière en raison de révélations selon lesquelles elle fournissait un accès illimité aux données. utilisateurs.

    Le ministre israélien des Affaires stratégiques Gilad Erdan, qui mène une campagne secrète pour diaboliser les militants du BDS à l’étranger, a rencontré régulièrement une autre société, Concert, l’année dernière, selon un rapport de Haaretz . Ce groupe clandestin, qui est exempté des lois israéliennes sur la liberté d’information, a reçu environ 36 millions de dollars de financement du gouvernement israélien. Ses directeurs et actionnaires sont un « who’s who » de l’élite de la sécurité et du renseignement d’Israël.

    Une autre grande entreprise israélienne, Candiru, doit son nom à un petit poisson amazonien connu pour envahir secrètement le corps humain, où il devient un parasite. Candiru vend ses outils de piratage primarily to Western governments, although its operations are shrouded in secrecy.

    Son personnel provient presque exclusivement de l’Unité 8200. Signe du lien étroit entre le public et les technologies secrètes que les entreprises israéliennes ont développées, Eitan Achlow, directeur général de Candiru, dirigeait auparavant Gett, l’application de service de Taxi.

    Le futur dystopique
    L’élite de la sécurité israélienne profite de ce nouveau marché de la cyberguerre, exploitant – tout comme elle l’a fait avec le commerce des armes conventionnelles – une population palestinienne captive et désespérée sur laquelle tester sa technologie.

    Il n’est pas surprenant qu’Israël se normalise progressivement dans les pays occidentaux avec des technologies invasives et oppressives que les Palestiniens connaissent depuis longtemps.

    Les logiciels de reconnaissance faciale permettent un profilage racial et politique de plus en plus sophistiqué. La collecte et la surveillance secrètes de données brisent les frontières traditionnelles entre espace privé et espace public. Et les campagnes de diffamation qui en résultent facilitent l’intimidation, la menace et l’affaiblissement de ceux qui ne sont pas d’accord ou qui, comme la communauté des droits humains, essaient de demander des comptes aux puissants.

    Si cet avenir dystopique continue, New York, Londres, Berlin et Paris ressembleront de plus en plus à Naplouse, Hébron, Jérusalem-Est et Gaza. Et nous finirons tous par comprendre ce que signifie vivre dans un état de surveillance engagé dans une cyberguerre contre ceux qu’il dirige.

    Jonathan Cook

    La tribune diplomatique, 18/11/2019

  • L’Allemagne reconnaît que sa police a aussi utilisé le logiciel Pegasus

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    La police fédérale allemande a acquis le logiciel d’espionnage Pegasus, affirment plusieurs médias allemands. Les officiels clament s’en être tenus a une version limitée du programme.

    Alors que le scandale lié au logiciel espion Pegasus a déjà semé la zizanie entre certains Etats, les révélations sur ses utilisateurs continuent d’affluer. L’Office fédéral de police criminelle (BKA) y aurait notamment touché, selon plusieurs médias allemands. L’institution a en effet conclu un contrat avec la société israélienne NSO Group, développeur du logiciel d’espionnage.

    Le BKA est entré en contact avec l’entreprise israélienne dès 2017 pour une démonstration, croit savoir l’hebdomadaire Die Zeit. a l’époque, la police allemande aurait émis des craintes sur les capacités étendues du logiciel et aurait demandé des aménagements pour qu’il respecte les exigences de la Cour constitutionnelle sur les «perquisitions numériques».

    Auparavant, le BKA avait rencontré plusieurs problèmes techniques sur un autre logiciel. Des échecs qui auraient poussé l’institution a se tourner vers le produit de NSO Group. Pegasus a finalement été acheté a l’automne 2020 et mis a l’épreuve a partir de mars.

    La vice-présidente du BKA, Martina Link, a confirmé l’information devant une commission parlementaire, selon le Süddeutsche Zeitung. La responsable a affirmé que l’acquisition portait bien sur une version limitée de Pegasus, et non sur sa version standard. Le BKA a reçu l’assurance de NSO Group qu’aucune donnée ne serait transmise a l’entreprise, a précisé Martina Link.

    Le ministère au courant?

    La question de l’implication du ministère de l’Intérieur dans cet achat reste pour l’heure en suspens. Ces dernières années, le gouvernement fédéral a été interpellé officiellement a trois reprises sur le sujet, par des parlementaires ou des associations. a chaque fois, le ministère de l’Intérieur a répondu ne pas pouvoir fournir d’information sur une potentielle utilisation de Pegasus.

    Le logiciel de NSO Group avait fait parler de lui mi-juillet, après une enquête menée par 17 médias internationaux révélant son utilisation par «une dizaine de gouvernements». Le Maroc avait été particulièrement montré du doigt, ce qui avait tendu ses relations diplomatiques avec un certain nombre de pays, notamment l’Algérie.

    Le produit de NSO Group a également ciblé l’un des téléphones d’Emmanuel Macron. Le porte-parole du gouvernement, Gabriel Attal, avait dénoncé le 19 juillet des faits «extrêmement choquants. Le Maroc avait pour sa part qualifié les accusations de «mensongères».

    Au total, plus de 50.000 numéros auraient subi des écoutes téléphoniques. Un millier de Français seraient concernés.

    Echourouk online, 08/09/2021