Étiquette : NSO Group

  • Le logiciel Pegasus menace les démocraties du monde entier

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    Israël est mécontent de Ben & Jerry’s, qui ne veut plus vendre de glaces dans les territoires occupés, écrit le journaliste de MO* Peter Speetjens. Le reste du monde concentre son indignation sur le logiciel espion Pegasus qu’Israël a vendu à toutes sortes de régimes autoritaires. Ce serait une grave erreur que de considérer avec cynisme qu’il s’agit d’une nouvelle variante technologique d’un jeu ancestral.

    Le 19 juillet, le producteur Ben & Jerry’s a annoncé qu’il ne vendrait plus de crème glacée dans les territoires palestiniens occupés, car cela contredit les valeurs défendues par l’entreprise. Cette décision a suscité une vague d’indignation en Israël.

    « Le boycott d’Israël – une démocratie entourée d’îlots de terreur – reflète la façon dont [le monde] s’est égaré « , a déclaré le Premier ministre israélien Naftali Bennett. Le ministre israélien des Affaires étrangères, Yair Lapid, a parlé d’une « reddition honteuse » face à l’antisémitisme et au mouvement international de boycott BDS (Boycott, Désinvestissement, Sanctions).

    Le 28 juillet, 90 des 120 membres de la Knesset, le parlement de l’État d’Israël, ont signé une lettre ouverte à Ben & Jerry’s lui demandant d’annuler « le boycott des villages et des villes d’Israël ». Il est frappant de constater que, bien que Ben & Jerry’s souhaite uniquement cesser de vendre des glaces dans les territoires occupés, cette décision est présentée comme une attaque contre l’État d’Israël tout entier.

    En revanche, les logiciels d’espionnage qu’Israël a vendus à de nombreux régimes autoritaires ont suscité beaucoup moins d’indignation. Tirant son nom du cheval ailé de la mythologie grecque, Pegasus permet d’accéder à n’importe quel téléphone mobile, où qu’il soit. Le logiciel peut même activer le microphone et l’appareil photo à l’insu du propriétaire du téléphone.

    Pegasus est l’idée du groupe NSO, l’une des dizaines d’entreprises israéliennes spécialisées dans la surveillance et la cybersécurité. Selon NSO, le programme ne sert qu’à combattre les « criminels et les terroristes » et c’est pourquoi il n’est vendu qu’aux gouvernements qui respectent les droits de l’homme.

    En ce qui concerne ce dernier point, il suffit de mentionner les pays connus pour avoir acheté la « drogue du cheval » israélienne : Mexique, Azerbaïdjan, Kazakhstan, Hongrie, Inde, Émirats arabes unis (EAU), Arabie saoudite, Bahreïn, Maroc, Rwanda et Togo. Aucun de ces pays n’est connu comme un modèle de démocratie et de droits de l’homme.

    Les recherches menées par Forbidden Stories et Amnesty International, en coopération avec 17 organisations de médias, montrent également que les « criminels et les terroristes » sont loin d’être les principales cibles du logiciel espion Pegasus.

    À partir d’une liste de plus de 50 000 numéros de téléphone sélectionnés par les clients de NSO qui a fait l’objet d’une fuite, le projet Pegasus a pu découvrir l’identité de 1400 numéros. Parmi eux : quelque 180 journalistes et 250 militants des droits de l’homme.

    La plateforme médiatique libanaise Daraj, pour laquelle je travaille également, était l’un des partenaires du projet et a concentré ses recherches principalement sur le monde arabe, où se trouvent certains des principaux utilisateurs du logiciel : les Émirats arabes unis, l’Arabie saoudite et le Maroc.

    Les Émirats arabes unis et le Maroc avaient chacun environ 10 000 numéros de téléphone sur la liste. Un passe-temps coûteux. Selon une liste de prix de 2016, NSO a facturé 650 000 dollars pour infiltrer 10 téléphones, en plus des 500 000 dollars de frais d’installation et des frais de maintenance annuels de 17 %. Une centaine de cibles supplémentaires coûte 800 000 dollars.

    Les EAU avaient jusqu’à 3 000 numéros au Qatar sur la liste, dont celui de l’émir lui-même et du journaliste jordanien Yasser Abu Hilala, qui a dirigé Al Jazeera de 2014 à 2018. On ne sait pas encore à qui appartenaient les autres numéros.

    En Irak, les EAU ont suivi des hommes politiques, des ministres, des parlementaires, des agents de renseignement, des ambassadeurs et le chef spirituel Sayed Ali al-Sistani. Un autre numéro important de la liste était celui de l’actuel Premier ministre du Kurdistan irakien, Masrour Barzani.

    Au Yémen et en Égypte, le Premier ministre et presque tous les ministres ont été surveillés. Les Saoudiens ont fait de même avec les ministres égyptiens, notamment au moment du sommet arabe de 2019 à Tunis.

    Mais le pouvoir du téléphone portable en tant qu’oreille et œil d’autrui va bien au-delà de l’arène politique. Le 4 mars 2018, les garde-côtes indiens ont arrêté la princesse Latifa, fille du cheikh Mohamed bin Rashid Al Maktoum de Dubaï, et l’ont renvoyée chez elle. Elle avait fui la chefferie en yacht quelques jours auparavant. La sixième épouse du cheikh Maktoum, la princesse Haya, a eu plus de succès lorsqu’elle s’est enfuie en Angleterre un an plus tard. Le projet Pegasus montre comment les EAU, après leur vol, ont mis sur écoute les téléphones des deux femmes et de leur cercle d’amis.

    Les services de renseignement saoudiens ont fait de même avec le téléphone du journaliste Jamal Khashoggi juste avant son assassinat à Istanbul le 2 octobre 2018. Les autorités marocaines ont également ciblé des journalistes et des opposants en utilisant le logiciel espion NSO. MO* en a parlé plus tôt cette année dans une interview avec le militant égyptien de la vie privée Ramy Raoof.

    Les EAU ont également pris pour cible des journalistes internationaux tels que Bradley Hope du Wall Street Journal, Simon Kerr du Financial Times et Greg Carstorm de The Economist. Ils ont également suivi la militante des droits de l’homme Alaa Siddiq, décédée dans un accident de voiture le 19 juin, et son patron Yahya Asiri. Ahmed Mansour, emprisonné depuis 2017 pour avoir « diffusé des mensonges », et des militants saoudiens tels que Loujain Al-Hathloul, Omar Abdulaziz et Ghanem Al-Dosari ont également été espionnés.
    Alors, que devons-nous penser de Pegasus ? s’interroge l’écrivain indien Arundhati Roy dans un essai pour The Guardian. Le rejet cynique de ce projet comme une nouvelle variation technologique d’un jeu séculaire (…) serait une grave erreur. Nos téléphones portables font partie de notre intimité. Les révélations du projet Pegasus montrent que la menace potentielle est plus répandue que toute autre forme d’espionnage et de surveillance ».

    L’Inde aussi a fait un usage enthousiaste de Pegasus. Et là encore, il ne s’agissait guère de « criminels et de terroristes ». Selon M. Roy, les quelque 1 000 numéros de téléphone figurant sur la liste constituent un véritable annuaire des opposants au programme nationaliste hindou dans le pays.

    Nous nous dirigeons vers une situation où nous sommes dirigés par des États qui savent tout ce qu’il y a à savoir sur le peuple, mais dont le peuple sait de moins en moins de choses », a déclaré M. Roy. Cette asymétrie ne peut mener que dans une seule direction. Le mal. Et la fin de la démocratie ».

    La fin de la démocratie. C’est plutôt ironique pour un pays qui aime se présenter comme « la seule démocratie du Moyen-Orient ». Une démocratie qui, en fait, fournit à des pays comme les Émirats arabes unis, l’Arabie saoudite et le Maroc les oreilles et les yeux nécessaires pour étouffer dans l’œuf les développements démocratiques.

    Une démocratie qui ne peut être appelée ainsi que si l’on fait abstraction des millions de Palestiniens qui vivent à Gaza et en Cisjordanie sous la botte militaire israélienne.

    Et c’est là que le boycott de Ben & Jerry’s et Pegasus se rencontrent. Ils sont tous deux issus de l’occupation militaire. Le logiciel espion a été développé pour opprimer les gens là-bas. Au début de l’année, MO* a publié une analyse sur la manière dont Israël menace également la vie privée de ses propres citoyens.
    L’occupation militaire est comme un énorme éléphant dans l’armoire à porcelaine israélienne. Et le scandale qui entoure Pegasus n’a fait que donner à Ben & Jerry’s une raison supplémentaire de ne pas vendre de crème glacée dans les territoires occupés.

    MO, 04/08/2021

  • Pegasus: plainte de 19 journalistes à l’ONU et à Paris

    #Pegasus #NSOGroup #RSF #Espionnage

    NSO/Pegasus : 17 journalistes de 7 pays se joignent aux plaintes déposées par RSF à l’ONU et devant la justice française

    17 journalistes originaires de 7 pays, identifiés comme victimes potentielles ou avérées d’une surveillance par Pegasus, déposent plainte aux côtés de RSF contre la société NSO Group et tous les autres responsables que l’enquête judiciaire établira. Cette plainte vient compléter celle déposée par RSF le 20 juillet aux côtés de deux journalistes franco-marocains. RSF saisit également l’ONU des cas de ces journalistes.

    Le 5 août, 17 journalistes se sont joints formellement à la plainte déposée par Reporters sans frontières (RSF), Maati Monjib et Omar Brouksy devant le parquet de Paris le 20 juillet. Originaires d’Azerbaïdjan (2 journalistes), du Mexique (5 journalistes), d’Inde (5 journalistes), d’Espagne (1 journaliste), de Hongrie (2 journalistes), du Maroc (1 journaliste) et du Togo (1 journaliste), tous ces journalistes ont été surveillés par le logiciel Pegasus de NSO, ou sont susceptibles de l’avoir été, leurs noms apparaissant dans la liste révélée par le Pegasus Project.

    Tous ces journalistes ont exercé un journalisme libre, indépendant et sur des sujets d’intérêt public. Ils savent ou ont des raisons sérieuses de craindre avoir été espionnés par leur gouvernement. C’est notamment le cas de la journaliste azerbaïdjanaise Sevinc Abassova, du Togolais Ferdinand Ayité, des Mexicaines Marcela Turati et Alejandra Xanic, des Indiens Sushant Singh, Siddharth Varadarajan et MK Venu, ou des Hongrois Szabolcs Panyi et András Szabó. Un d’entre eux, Shubhranshu Choudhary, est un des correspondants de RSF en Inde. Plusieurs sont victimes depuis de nombreuses années de la vindicte de leur gouvernement, comme Hicham Mansouri au Maroc ou Swati Chaturvedi en Inde, lauréate du prix RSF du courage 2018, pour laquelle RSF avait saisi l’ONU la même année. Certains ont même été espionnés par un État étranger, comme l’Espagnol Ignacio Cembrero, très probablement surveillé par le Maroc.

    “Les plaintes de ces journalistes, originaires de tous les continents, confirment l’ampleur de la surveillance déployée grâce au logiciel Pegasus de NSO, déclare Pauline Adès-Mével, porte-parole de RSF. L’enquête doit établir toutes les responsabilités, que les personnes impliquées soient dirigeantes d’entreprises ou hauts dirigeants de leurs pays. Face à pareil scandale si lourd de conséquences pour la liberté de la presse, aucun doute ne doit subsister, le voile doit être complètement levé et la justice doit passer.”

    En plus des nouvelles plaintes déposées en France, RSF saisit formellement les Nations unies des cas de ces journalistes. RSF demande aux Rapporteurs spéciaux sur la liberté d’expression, le droit à la vie privée, les défenseurs des droits de l’Homme et sur la protection des droits de l’Homme dans la lutte antiterroriste d’obtenir des explications de la part des États suspectés d’avoir eu recours à Pegasus pour espionner ces journalistes. RSF leur demande aussi d’exiger la stricte régulation internationale de l’exportation, la vente et l’utilisation de logiciels de surveillance tels que Pegasus et un moratoire international sur la vente de ces logiciels. RSF les appelle enfin à promouvoir l’établissement par le Conseil des droits de l’Homme de l’ONU d’un mécanisme ad hoc chargé d’enquêter et faire toute la lumière sur la vente et l’usage des logiciels de surveillance.

    En tout, 19 journalistes ont ainsi déposé plainte en France avec RSF et ont mandaté l’organisation pour saisir avec eux les mécanismes des Nations unies :

    Maati Monjib (Maroc)
    Omar Brouksy (Maroc)
    Hicham Mansouri (Maroc)
    Sevinc Abassova (Azerbaïdjan)
    Mushfig Jabbar (Azerbaïdjan)
    Ignacio Cembrero (Espagne)
    Szabolcs Panyi (Hongrie)
    András Szabó (Hongrie)
    Swati Chaturvedi (Inde)
    Sushant Singh (Inde)
    Siddharth Varadarajan (Inde)
    MK Venu (Inde)
    Shubhranshu Choudhary (Inde)
    Ferdinand Ayité (Togo)
    Marcela Turati (Mexique)
    Alejandra Xanic Von Betrab (Mexique)
    Ignacio Rodriguez Reyna (Mexique)
    Jorge Carrasco (Mexique)
    Alvaro Delgado (Mexique)

    En 2020, RSF avait inclus NSO Group dans sa liste des “prédateurs numériques”

    RSF, 05/08/2021.

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  • La propriété de NSO Group est en suspens suite au scandale Pegasus

    Le fonds de pension de l’Oregon reconsidère son investissement de 233 millions de dollars dans Novalpina Capital, qui détient la majorité des parts de la société basée à Herzliya, dont le logiciel espion aurait été utilisé à mauvais escient dans le monde entier.

    SALEM, Oregon (AP) – La propriété future d’une société israélienne de logiciels espions dont le produit a été utilisé pour pirater les téléphones portables de journalistes, de défenseurs des droits de l’homme et peut-être même de chefs d’État est en suspens.

    Les principaux investisseurs d’une société de capital-investissement qui détient une participation majoritaire dans NSO Group, le fabricant du logiciel espion Pegasus, discutent des mesures à prendre. Le fonds de pension des employés de l’État de l’Oregon est l’un des principaux investisseurs, si ce n’est le plus important, puisqu’il a engagé 233 millions de dollars dans Novalpina Capital, la société de capital-investissement, en 2017.

    Novalpina Capital a été affligé à la fois d’un conflit interne entre ses partenaires fondateurs et d’un rapport explosif montrant que les logiciels espions de NSO Group ont été largement détournés dans le monde entier.

    La porte-parole du Trésor de l’État de l’Oregon, Rachel Wray, a déclaré à l’Associated Press dans un courriel mercredi que le ministère s’implique. Les fonctionnaires de l’État ont précédemment déclaré que les investisseurs ont un droit de regard limité sur les investissements en capital-investissement une fois qu’ils sont terminés.

    « Je peux confirmer que, conformément à nos obligations fiduciaires envers les bénéficiaires de l’Oregon, et avec d’autres partenaires limités, le Trésor (de l’État de l’Oregon) est impliqué dans les discussions liées à notre investissement dans Novalpina », a déclaré Mme Wray mercredi.

    Ce développement intervient dans le cadre d’un grave désaccord entre les trois cofondateurs de Novalpina Capital, dont le siège est à Londres. Selon la presse britannique, les investisseurs ont décidé de retirer le contrôle du fonds après avoir conclu que les relations entre les trois personnes s’étaient tellement détériorées qu’elles ne pouvaient plus travailler ensemble.

    Selon Sky News, le différend portait sur le déploiement futur du fonds de 1 milliard d’euros (1,18 million de dollars) de Novalpina.

    En plus de ce conflit interne, une enquête publiée en juillet par le consortium mondial des médias Forbidden Stories a montré qu’au moins 180 journalistes dans le monde ont été sélectionnés comme cibles par des clients de NSO Group. Dans un cas mis en lumière par le Guardian, le reporter mexicain Cecilio Pineda Birto a été assassiné en 2017 quelques semaines après que son numéro de téléphone portable soit apparu sur une liste de plus de 50 000 numéros de téléphone portable qui a fuité.

    Le président français Emmanuel Macron est l’un des nombreux dirigeants mondiaux qui pourraient avoir été ciblés à l’aide du logiciel espion capable de vérifier les courriels et autres données d’un téléphone cellulaire et d’activer son microphone et ses caméras.

    NSO Group a nié avoir jamais tenu « une liste de cibles potentielles, passées ou existantes ». Dans une déclaration séparée, il a qualifié le rapport d’Histoires interdites de « plein d’hypothèses erronées et de théories non corroborées ».

    La société insiste sur le fait qu’elle ne vend ses produits qu’à des « agences gouvernementales contrôlées » pour les utiliser contre les terroristes et les grands criminels et qu’elle n’a aucune visibilité sur les données de ses clients. Les critiques ont fourni des preuves que NSO gère directement l’espionnage de haute technologie.

    Le trésorier de l’État de l’Oregon, Tobias Read, qui est le responsable des investissements de l’État, « suit et est préoccupé par les rapports concernant Novalpina et le groupe NSO », a déclaré Mme Wray.

    Mme Wray a déclaré qu’elle ne pouvait pas donner de détails sur les discussions entre les investisseurs de Novalpina en raison des restrictions de confidentialité et des obligations de l’Oregon en tant que partenaire limité. M. Read a refusé une demande d’interview.

    L’Oregon a été le premier investisseur important de Novalpina. Stephen Peel et Stefan Kowski, deux partenaires fondateurs de Novalpina Capital, se sont présentés aux bureaux du Trésor de l’Oregon dans la banlieue de Portland, à Tigard, en novembre 2017, pour faire un discours au Conseil d’investissement de l’Oregon, qui supervise le fonds de pension de 90 milliards de dollars de l’État.

    « En tant qu’investisseurs, nous supposons que nous devons être contrariants », a déclaré Peel au conseil. « Nous devons trouver des affaires que d’autres personnes ne voient pas ou ne veulent pas faire pour diverses raisons ».

    Le Conseil d’investissement de l’Oregon a approuvé à l’unanimité un engagement de 233 millions de dollars. Il a jusqu’à présent versé au fonds 65,7 millions de dollars, selon les statistiques les plus récentes. La Corporation du fonds permanent de l’Alaska et l’Autorité des pensions du Yorkshire du Sud, en Angleterre, ont investi respectivement 59 millions et 33 millions de dollars.

    En 2019, Novalpina Capital et les fondateurs de NSO Group ont acquis une participation majoritaire dans NSO Group auprès d’une autre société de capital-investissement, Francisco Partners, dans laquelle le fonds de pension de l’Oregon avait précédemment investi.

    Les principaux investisseurs de Novalpina envisagent maintenant de choisir Berkeley Research Group pour remplacer Novalpina, selon le Financial Times. S’il est nommé, le cabinet de conseil mondial basé en Californie aurait pour mandat de rendre l’argent des investisseurs en vendant les trois sociétés que Novalpina possède, dont NSO, au prix le plus élevé possible, selon le journal londonien.

    Berkeley Research Group n’a pas répondu à une demande de commentaire. Le site web du groupe indique qu’il « aide les organisations de premier plan à progresser dans trois domaines clés : les litiges et les enquêtes, les finances d’entreprise et l’amélioration des performances ».

    The Times of Israel, 05/08/2021

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  • Avec les compliments de Sa Majesté le roi du Maroc

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    Affaire Pegasus : les renseignements marocains avaient l’accord du roi

    Comme nous l’avions dit dans nos précédentes éditions, il est de l’ordre de l’invraisemblable que l’entreprise israélienne NSO Group vende un équipement stratégique de type Pegasus sans l’accord préalable du ministère israélien de la Défense, comme il est tout autant invraisemblable que le renseignement marocain opère une mission de l’ampleur des écoutes Pegasus sans l’aval du roi Mohamed VI.

    Cette évidence, si elle avait besoin à être confirmée, corrobore les derniers indices. Aussi, et selon un article publié hier, par le média en ligne Middle East Eye, les services de renseignement marocain n’ont pas agi sans l’aval du palais royal dans la ténébreuse affaire Pegasus, et « la crise internationale » qui en a résulté ne fait que commencer.

    Dans un article d’opinion intitulé: « Pegasus et le Maroc : Mohammed VI savait », l’auteur, le journaliste marocain, Ali Lmrabet, a souligné qu’ »il est impossible » que le patron de la direction générale de la sécurité du territoire marocaine (DST), Abdellatif Hammouchi, ait décidé tout seul de mettre sur écoute une légion de personnalités de tous bords et de toutes nationalités à l’aide du logiciel espion Pegasus de l’entreprise israélienne NSO Group.

    Selon l’auteur, espionner des journalistes marocains ou étrangers, des militants des droits de l’Homme, des politiciens marocains « ne nécessite aucun acquiescement » du roi, mais tenter de cibler le portable du président français, Emmanuel Macron, et dans ceux de son Premier ministre et d’une quinzaine de membres de son gouvernement « ne peut être l’œuvre du seul Hammouchi ».

    « Hammouchi qui détient ses abusifs pouvoirs directement de son seigneur et maître le roi du Maroc, lequel, à travers l’un de ses conseillers, Fouad Ali El Himma, garde le contrôle absolu sur les services secrets, n’a pas l’ambition politique qui en ferait un électron libre », a analysé Lmrabet.

    Dans ce même article, Lmrabet, a noté qu’afin de dédouaner le palais royal et même le régime de ce vaste réseau d’espionnage, le Maroc a procédé à une contrattaque en déposant plainte pour diffamation en France contre Forbidden Stories et Amnesty International, les ONG à l’origine de ces révélations, ainsi que contre Le Monde, Mediapart et Radio France, qui ont donné une large couverture à cette affaire.

    Certains ont sauté sur le fait que l’un des téléphones du roi Mohammed VI avait été sélectionné par les services secrets marocains pour une éventuelle mise sur écoute. Pourtant, il est fort probable, d’après l’auteur, que « Hammouchi, cherchait à contrôler les pas du roi pour mieux préserver son image gravement touchée par des rumeurs insistantes et sordides ».

    Et il est possible aussi, a-t-il nuancé, que la « sélection » (ce qui ne veut pas dire forcément « infection ») du téléphone de Mohammed VI ait été faite volontairement pour éloigner du roi les soupçons sur sa présumée implication dans l’éventualité où on découvrirait que le Maroc utilise le logiciel espion Pegasus. Ce qui est actuellement le cas ».

    Reste à savoir, si Hammouchi sera lâché par le roi si un magistrat français, espagnol ou autre venait à lancer un avis de recherche internationale contre lui, sachant qu’il a déjà des démêlées avec la justice française dans l’affaire Moumni. Difficile de le prédire, selon Lmrabet. Et de conclure: « Nous sommes aujourd’hui à l’aube d’une crise internationale qui ne fait que commencer ».

    La semaine dernière, des analystes de l’Etat français ont corroboré pour la première fois, de manière indépendante, les récentes révélations liées à l’affaire du logiciel espion Pegasus dans laquelle est impliqué le Maroc, mettant à nu notamment « la faiblesse de la riposte européenne » à ces dérives.

    Dans un dossier consacré à cette affaire, le journal Le Monde a rapporté, que les premiers éléments issus des analyses techniques conduites ces derniers jours dans le cadre de l’enquête judiciaire, confortent les informations avancées par le consortium de dix-­sept (17) médias, dont Le Monde, ayant mené l’enquête et par les constatations techniques d’Amnesty International.

    C’est la première fois, selon le média, que des autorités officielles viennent confirmer de manière indépendante les preuves techniques avancées par Amnesty International dans le cadre du « Projet Pegasus », au même titre que les informations du consortium de journalistes.

    L’Express, 04/08/2021

    Etiquettes : Maroc, Mohammed VI, Espionnage, Pegasus, Israël, NSO Group, Abdellatif El Hammouchi, #Maroc #Pegasus

  • Algérie : Immunité sécuritaire


    Algérie, Maroc, Israël, Pegasus, Espionnage, NSO Group, #Algérie #Maroc

    Par Larbi Chabouni

    La guerre cybernétique féroce est une réalité reconnue aujourd’hui par la communauté internationale. Le scandale de Pegasus a révélé le visage hideux de la conspiration mondiale ciblant particulièrement l’Algérie et, au mépris des usages diplomatiques, les alliés inconditionnels mis sous haute surveillance par le Maroc aux ordres de son parrain sioniste.

    Le retrait tactique de l’entité sioniste et le retour à la sagesse du Makhzen, éclaboussés par l’affaire d’espionnage du siècle, sont la preuve manifeste d’une culpabilité qui n’admet aucune forme d’impunité accordée à la monarchie en désarroi qui a franchi toutes les frontières de l’illégalité et du chantage érigé en ligne de conduite politique.

    Le silence vaut une complicité et, au pire, un blanchiment d’un crime dénoncé de longue date par l’Algérie confortée par le recours judiciaire introduit contre l’entreprise israélienne NSO par la plateforme WhatsApp, appartenant à Facebook, et la fermeture des sites marocains hébergés en France.

    En février 2021, lors de la réunion parlementaire organisée au Cercle national de l’armée, le ministre de la Communication, Ammar Belhimer, a alerté sur ce phénomène pernicieux qui affecte les téléphones mobiles de plus de 1.400 utilisateurs répartis sur 120 pays. L’heure est donc à la réglementation et à la localisation des sites internet DZ, accordés par le Centre de recherche sur l’informatisation scientifique et technique, préconisées par le ministre de la Communication dans un entretien au site Sirmanews.

    «La campagne intense et acharnée ciblant notre pays et notre armée, à travers certaines tribunes médiatiques étrangères et les réseaux sociaux, n’est que la partie émergée de cette guerre perfide déclarée contre l’Algérie, en guise de vengeance pour ses prises de positions immuables envers les causes justes et son engagement à préserver la souveraineté nationale et ses décisions libres et affranchies de toute forme de soumission ou sujétion», a déclaré récemment le chef d’état-major de l’Armée nationale populaire.

    En rempart infranchissable, l’ANP est engagée dans le combat pour la sécurisation des frontières, la consolidation des acquis démocratiques et la préservation de la stabilité, de l’unité nationale et de l’intégrité territoriale.

    Horizons, 05/08/2021

  • Algérie: El Djeïch tire à boulets rouges contre le Maroc

    El Djeïch : Scandale «Pegasus» – Du chantage et de la provocation à la plus ahurissante affaire d’espionnage

    Les dérives et les scandales du Makhzen se succèdent, en ayant recours à toutes sortes de chantages et de provocations, faisant fi des droits internationaux et des us diplomatiques mais aussi des valeurs humaines. Après avoir poignardé l’Etat palestinien dans le dos par la normalisation avec l’entité sioniste, fait du chantage à l’Espagne avec l’affaire des immigrants clandestins, en plus de provoquer l’Algérie sans cesse et de manière obsolète qui n’échappe désormais à personne, voilà le Makhzen impliqué dans un grand scandale, digne d’un scénario hollywoodien.

    Dix-sept médias ont révélé au grand jour l’affaire d’espionnage dont l’acteur principal n’est autre que le Maroc. Des milliers de téléphones de personnalités, dont des chefs d’Etat et de gouvernement, des journalistes et des activistes ont été espionnés, grâce au logiciel d’espionnage sioniste «Pegasus», cédé au royaume en contrepartie de sa normalisation avec l’entité sioniste, n’en déplaise au peuple marocain.

    Ces informations choquantes ne sont pas uniquement de simples propos ou diatribes de «journaux», comme on le prétend, mais plutôt un travail d’investigation professionnel avec preuves à l’appui, suite à l’expertise technique réalisée par certains laboratoires internationaux sur certains téléphones portables ciblés. L’expertise a, en effet, prouvé que plus de la moitié des portables examinés ont été grandement espionnés, ce qui démontre sans aucun doute l’implication flagrante du Makhzen. La réfutation et le rejet des faits par les autorités marocaines ne sont que de simples propos destinés à la consommation médiatique et une mauvaise mise en scène. Le recours du régime marocain à l’espionnage n’est pas une nouveauté, son histoire pulule de faits identiques. Il suffit de souligner que certains rapports d’information ont révélé l’implication récente du Makhzen dans une affaire d’espionnage locale, avec le même programme «Pegasus», pour faire face à ses différentes crises internes.

    Le scandale du régime du Makhzen est en réalité un véritable crime. Du point de vue juridique, des jours difficiles attendent le Maroc pour être entendu sur les faits et devrait rendre des comptes sur cette dérive impardonnable. Conformément aux lois et textes internationaux que le Maroc a ratifiés, il paraît clair que le régime du Makhzen a transgressé l’article 17 du pacte international sur les droits civils et politiques portant sur la criminalisation de l’immixtion dans les affaires d’autrui ou le fait de mener des campagnes illégales qui portent atteinte à leur honneur ou à leur réputation. De même, le traité de Budapest oblige les Etats à condamner ce genre de faits, tout comme le traité de 1981, connu par le traité «108», en plus de mécanismes internationaux et régionaux, à l’instar de la convention européenne des droits de l’homme qui protège la vie privée. Une fois les éléments du crime réunis, tous les indices et les preuves révèlent l’implication du royaume dans l’espionnage et la violation des libertés d’autrui.

    La communauté internationale a qualifié cet acte de «totalement inadmissible» et «malvenu», voire «dangereux», demandant des explications et l’ouverture d’une enquête approfondie. Ainsi, il est évident que les Etats victimes, ainsi que les organisations internationales des droits de l’homme et la communauté internationale ne vont pas rester de marbre, mais plutôt mener une bataille juridique contre le Makhzen, car il est désormais indispensable de mettre fin à ce genre de pratiques politiques, contraires au droit international et aux droits de l’homme.

    Pour sa part, l’Algérie affirme sa disponibilité à participer à tout effort international afin de confirmer les faits et mettre la lumière sur l’ampleur de ces crimes qui menacent la paix et la sécurité internationales. Aussi, notre pays a fermement condamné cette atteinte systématique aux droits de l’homme et aux libertés fondamentales qui constitue également une violation flagrante des principes et normes régissant les relations internationales. Le communiqué du ministère des Affaires étrangères estime cette pratique «illégale, malvenue et dangereuse met en péril le climat de confiance qui doit présider aux échanges et interactions entre les responsables et représentants des Etats».

    Après ce scandale, la légitimité du pouvoir marocain a reçu un coup dur. Aujourd’hui, la communauté internationale se méfie du Maroc, qui représente une menace pour la sécurité régionale et internationale, sachant que mêmes ses alliés n’ont pas été épargnés par ce crime. Une étude de l’Institut allemand pour les affaires internationales et sécuritaires a indiqué que les relations entre le Makhzen et son allié traditionnel, la France, sont tendues. Ledit institut a recommandé aux pays de l’Union européenne de revoir leur stratégie dans la région du Maghreb arabe et œuvrer à empêcher toute tentative de domination menée par le Maroc à travers ses pratiques contraires aux règlements.

    En plus de l’image entachée du Maroc à l’extérieur s’ajoute un nombre élevé de protestations et de colère à l’intérieur, particulièrement après la conclusion du pacte de «la honte» avec l’entité sioniste. Selon les observateurs, l’état de tension dans les rues marocaines a atteint son paroxysme, suite à cet accord que le peuple considère comme un désengagement du Maroc envers la question palestinienne, ce qui a suscité la colère du peuple marocain, connu pour son attachement au droit du peuple palestinien.

    Pour les observateurs, il existe une grande contradiction entre le discours officiel du Maroc et ses actes menés sur le terrain. Le Makhzen qui s’est fait le chantre des droits de l’homme, de la démocratie et du respect des libertés, fait tout le contraire. Le Maroc qui, en apparence, tend à promouvoir la politique de bon voisinage, fait l’inverse, à travers la provocation de crises avec les pays voisins sans distinction entre l’allié, l’ami et le voisin. En moins d’une année, le régime marocain vit des crises avec plus de trois Etats, en plus de sa relation avec son allié, la France, qui est en voie de détérioration, en raison de ce scandale d’espionnage.

    Par ailleurs, le Makhzen n’hésite pas à solliciter l’Algérie pour la réouverture des frontières, en jouant sur les sentiments, oubliant qu’il a été le premier à porter atteinte aux relations fraternelles qui unissent les deux peuples et la cause de leur fermeture, tout en continuant à provoquer l’Algérie sur plusieurs plans. Le scandale ou l’affaire «Pegasus» serait, selon l’adage arabe, «La paille qui a brisé le dos de la mûle», et dévoile le vrai visage du Makhzen que certains observateurs classent dans la case des Etats «voyous» pour qui le droit ne représente qu’un slogan vide de sens et un simple texte écrit noir sur blanc.

    El Djeïch n° 697, août 2021

    Etiquettes : Maroc, Algérie, Union Européenne, Espionnage, Pegasus, NSO Group, Israël, #Maroc #Algérie

  • Scandale Pegasus: « Nul n’est à l’abri de la cybercriminalité »

    “Le scandale d’espionnage israélo-marocain via le logiciel Pegasus est une preuve de plus que nul n’est à l’abri de la cybercriminalité dont les auteurs sont des individus ou des parties sans scrupules”.

    C’est ce qu’a indiqué, le ministre de la Communication, Amar Belhimer, dans un entretien accordé au journal électronique “Sirmanews”.

    En effet, Amar Belhimer, souligne que la lutte contre ce type de crimes figurait parmi les priorités de son programme d’action.

    “Pour ses décisions souveraines et ses positions de principe, mais aussi pour des considérations géostratégiques, l’Algérie est la plus exposée à ces attaques, en témoignent les rapports d’experts à l’instar de la société +Kaspersky+”, a-t-il ajouté.

    Il rappelle que “l’Algérie a occupé la 1ère place arabe et la 14ème mondiale sur la liste des pays les plus exposés à la cybercriminalité pour l’année 2018”. Affirmant, à ce titre que “plus de 80 sites étrangers mènent des campagnes de diffamation contre l’Algérie”.

    “Notre pays est conscient des défis imposés par le mauvais usage d’Internet, c’est pourquoi il veille à garantir la sécurité informatique relative à la vie des individus et l’intégrité des organes de l’Etat”. Et ce, par “la mise en place d’un contenu purement national et de lois idoines. Outre la création d’entreprises spécialisées”.

    Rappelant la création du premier centre de cybersécurité qui permet à plusieurs entreprises et organes de bénéficier de ses services à même de faire face aux cyber-attaques”, a poursuivi le ministre.

    Ennahar online, 04/08/2021

    Etiquettes : Algérie, Maroc, Israël, Espionnage, Pegasus, NSO Group #Algérie #Maroc

  • Pegasus : Les traces de la folie

    Pegasus, Dubai, Espionnage, NSO Group, Emirats Arabes Unis, EAU, #Pegasus #NSOGroup


    Une nouvelle analyse technique montre : Un avocat britannique spécialisé dans les droits de l’homme, qui voulait libérer une princesse de Dubaï, était surveillé par le logiciel d’espionnage Pegasus.

    Par Luisa Hommerich
    C’est une course-poursuite inégale que la princesse Latifa Al Maktum et sa famille ont engagée en février 2018 : la jeune femme alors âgée de 32 ans a tenté de fuir l’émirat du Golfe de son père Mohammed bin Rashid Al Maktum, le dirigeant de Dubaï, à l’aide de voitures, de jet-skis et d’un yacht. Mais les autorités de sécurité les ont repris à 30 miles nautiques de la côte indienne. Les partisans qui ont milité pour leur libération avec une campagne appelée #FreeLatifa sont aussi apparemment entrés dans le collimateur des autocrates à la suite de cela.
    Les recherches menées par le projet Pegasus, une coalition de 18 médias dirigée par l’association Forbidden Stories, confirment que le téléphone portable d’au moins un des principaux soutiens de la princesse a apparemment été attaqué avec l’une des cyber-armes les plus puissantes du monde, le logiciel d’espionnage Pegasus, et ce avec succès. C’est ce qu’indiquent les analyses techniques d’Amnesty International, qui sont à la disposition du consortium de recherche. Les experts du Security Lab de l’organisation de défense des droits de l’homme ont trouvé des traces du programme sur l’iPhone de David Haigh, avocat britannique spécialisé dans les droits de l’homme et militant de #FreeLatifa. 
    Son appareil a été infecté le 3 août 2020, dix jours après avoir perdu le contact avec Latifa Al Maktum, comme le montrent des captures d’écran WhatsApp. Les données qui ont été saisies de cette manière ne sont pas claires.
    Il était « horrifié », a déclaré Haigh au UK Guardian. L’attaque de son téléphone portable était finalement « une attaque contre les droits de l’homme par un régime despotique ». Il a demandé au gouvernement britannique d’enquêter sur l’utilisation de Pegasus sur le sol britannique. Il a déposé une plainte. La police enquête.
    David Haigh est l’un des nombreux militants des droits de l’homme dans le monde qui ont été visés par la cybersurveillance. Le logiciel est distribué par la société israélienne NSO. Il peut être installé de manière inaperçue sur les téléphones portables afin de lire chaque mot écrit et d’écouter chaque mot parlé. Le fabricant affirme ne vendre le programme qu’aux autorités étatiques qui s’engagent à l’utiliser exclusivement contre les terroristes et les criminels. Mais il y a quinze jours, DIE ZEIT et ses partenaires médiatiques ont révélé que plusieurs États utilisent apparemment Pegasus pour surveiller les opposants politiques, les journalistes et les avocats – comme la Hongrie et le Mexique. Outre Haigh, Amnesty International a également pu vérifier pour la première fois, grâce à de nouvelles analyses techniques, l’identité de quatre autres victimes du programme d’espionnage : un militant musulman au Royaume-Uni, deux journalistes de Hongrie et de Turquie, et un avocat en Inde.
    Des allégations antérieures selon lesquelles il aurait placé Latifa et son entourage sous surveillance ont été démenties par son père, Sheikh Mohammed Bin Rashid Al Maktum, « en tant que personne privée » et « catégoriquement ». Mais sur une liste de cibles possibles de surveillance, que DIE ZEIT et ses partenaires médiatiques ont pu consulter, le numéro de téléphone portable de la princesse a été trouvé, ainsi que ceux de plusieurs de ses confidents. Le plus probable est que les chiffres ont été saisis par un client de NSO à Dubaï – c’est-à-dire quelqu’un dans une agence d’État qui est subordonnée au père de Latifa Al Maktum. Au total, la liste compte plus de 50 000 numéros.
    Interrogé par le consortium de recherche, un avocat de NSO a contesté la signification de cette liste. La collecte de ces numéros pourrait avoir « de nombreuses utilisations légitimes et totalement propres qui n’ont rien à voir avec la surveillance ou les ONS ». Même si les hypothèses concernant la liste téléphonique étaient correctes, cela ne signifierait « pas nécessairement » que l’alimentation des numéros faisait « partie d’une tentative de surveillance ». Il n’a pas été dit non plus qu’ »une tentative d’opération a réussi ». Une tentative de surveillance n’était « pas la seule façon » d’utiliser les données. Les journalistes ont tiré « des conclusions erronées, trop poussées et calomnieuses de cette liste ».
    Dans plusieurs cas, cependant, des analyses techniques ont montré que les cibles de la liste étaient effectivement infectées par le logiciel – maintenant aussi dans le cas d’autres numéros. Et le numéro de téléphone portable de Haigh n’était pas sur la liste en premier lieu. L’analyse technique ne permet pas de déduire si c’est Dubaï ou un autre pays qui a ordonné l’attaque de son téléphone portable. La NSO n’a pas fait de commentaires spécifiques sur le cas de David Haigh, mais a assuré qu’elle enquêterait sur tout soupçon d’utilisation abusive de la technologie. NSO n’a pas connaissance des activités de reconnaissance respectives de ses clients, à savoir les services de renseignement et les autorités policières, et ne connaît pas les données de ses clients sur les personnes ciblées. 
    Zeit Online, 02/08/2021
  • Pegasus un ami qui vous veut du bien…

    Pégase est un cheval ailé divin, fils de Poséidon. C’est aussi une constellation observable de l’hémisphère nord. A droite de Andromède en descendant à votre gauche.

    C’est aussi un redoutable logiciel qui parasite votre smartphone, pour le compte de vos amis intimes.
    On découvre aujourd’hui qu’un logiciel israélien (Pegasus) surveille à leur insu les dirigeants et tous les hommes intéressants de cette planète. Lire papier de France culture pêché au hasard de mes pérégrinations médiatiques.

    Ce n’est pas vraiment un scoop. Tout le monde sait qu’il suffit d’acheter la moindre bricole et de payer avec sa carte pour qu’on sache votre taille, votre poids, vos opinions politiques, la couleur des yeux de votre chat et ce que vous pensez de votre voisine.

    1.- La question n’est ni qui, ni pourquoi.

    2.- On sait qui n’est pas : la Russie et la Chine.

    3.- Tous les gens sensés savent qui (Etats-Unis et Israël) et

    – pourquoi : parce que ces deux pays dominés par des oligarchies non démocratiques veulent s’assurer que leurs « alliés » (i.e. leurs vassaux sont bien dociles et ne jouent pas comme l’Allemagne est accusée de le faire).

    A. Merkel fait naturellement partie des cibles les plus stratégiques. Elle l’a déjà été et elle sait qu’elle est surveillée.

    Passons sur l’ordinaire : l’espionnage industriel et militaire qui permet de s’approprier ce que l’on ne crée pas. Tout en accusant tout le monde, y compris les Martiens, d’en vouloir aux génies que Dieu lui-même a élus.

    4.- France Info révèle que c’est le Maroc qui espionne les Français. Ça ne coûte pas – un vieux réflexe français- cher de tirer à boulets rouges sur ceux qui ne peuvent se défendre.

    Mais tout le monde sait aussi que le Maroc est une carpette commode. Un tuyau percé de tous les côtés qui sert à masquer les vrais décideurs.

    Le Maroc, pensez-vous ! Le roi ne peut péter sans autorisation off shore.

    Laissons cela.

    5.- Le vrai problème est ailleurs. Les dirigeants espionnés, les « alliés » intimes SAVENT qu’ils sont espionnés et par qui. Ils ne le révèlent pas à leurs concitoyens parce qu’ils sont eux-mêmes tenus par ces choses nécessaires à la reproduction de tout un chacun, mais qui sont chez ces chefs des appendices, des excroissances décoratives, facultatives. Ces pantins se reproduisent en effet par d’autres moyens : le clonage impérial.

    6.- En sorte que ces révélations n’en sont pas et permettent aux médias qui les révèlent de se donner bonne conscience. Les Gaulois, comme leurs voisins européens sont en vacances et ont d’autres chats à fouetter.

    Dans une semaine, il ne sera plus question que de bronzage, de taux de fréquentation des cinémas, des restaurants, de laïcité militante, de lutte contre le « terrorisme islamiste » et de tout sauf de ce qui aura cessé de préoccuper les rigolos qui les observent étroitement avec la complicité de leurs dirigeants.

    La vie des peuples couchés reprendra son train-train et tous ces citoyens qui vivent fièrement dans ces nations démocratiques sensibles à la loi de Newton referont le papier peint de leur cuisine, donneront des coups de pieds à leur cabot et conteront fleurette à leur voisine.

    Bien à vous amis.

    Djeha, D. 18 juillet 2021

    Bel-Abbès Info, 18/07/2021

    Etiquettes : Pegasus, Espionnage, NSO Group, Maroc, #Pegasus #Maroc #Israël #EtatsUnis

  • Espionnage : A qui profite le «crime»?

    B. Nadir

    Le scandale d’espionnage dans lequel est impliqué le Maroc, qui a espionné les données personnelles et téléphones portables de plusieurs personnalités grâce au logiciel espion Pegasus développé par l’entreprise israélienne NSO Group, n’a pas encore « tout » révélé. Le Monde est « secoué » par ce scandale. De hauts responsables politiques, mais aussi les militaires, les diplomates, et même les chefs de partis politiques et des chefs d’entreprises algériens ont été écoutés, selon le journal français Le Monde.

    Ainsi, ce sont plus de 6.000 numéros algériens qui ont été ciblés par le Maroc dans le cadre de cette vaste opération d’espionnage. Très vite, le Maroc a nié son implication. « Le Maroc n’a jamais acquis de logiciels informatiques pour infiltrer les appareils de communication, de même que les autorités marocaines n’on jamais eu recours à ce genre d’actes », lit-on dans le communiqué de gouvernement marocain. « Le gouvernement défie le collectif, tout comme il l’avait fait avec Amnesty international, de fournir les preuves réalistes et scientifiques qui peuvent faire l’objet d’une expertise et d’une contre-expertise indépendantes sur la véracité de ces allégations », a ajouté la même source. Mais ce démenti n’est pas à prendre au sérieux.

    Le président français Emmanuel Macron et le roi du Maroc Mohammed VI figurent sur la liste des cibles potentielles du logiciel Pegasus, ont révélé mardi des médias membres du consortium. L’affaire, révélée dimanche, est désormais entre les mains de la justice française qui a ouvert une enquête mardi pour examiner la plainte de journalistes espionnés à l’aide du logiciel de la firme israélienne NSO. Les révélations accusent en l’occurrence le Maroc, qui rejette toute accusation. « Si les faits sont avérés, ils sont évidemment très graves. Toute la lumière sera faite sur ces révélations de presse », a réagi la présidence française, interrogée par l’AFP.

    D’après le Washington Post, autre membre du consortium, la liste contient des numéros de deux autres présidents, l’Irakien Barham Saleh et le Sud-Africain Cyril Ramaphosa. Selon le média américain cite plusieurs hautes personnalités mondiales. Si Macron a été espionné malgré l’important arsenal de cybercriminalité et d’anti-espionnage que détient la France, les pays de la rive du Sud n’ont qu’à protester.

    Depuis plusieurs mois, la société israélienne NSO Group assure que son logiciel Pegasus, qui permet d’espionner des terminaux mobiles au profit des services de lutte contre le terrorisme, ne sert pas à transformer les téléphones de civils en mouchards.

    Pour le moment, c’est notre pays qui a été le plus touché par cette opération d’espionnage. Et là, on se demande à qui profite cet espionnage et qui en est derrière ? Israël n’a pas été ciblée, selon les premières révélations. Le Maroc aurait certainement profité mais Israël surtout. Une telle affaire devrait relancer le débat sur la lutte contre l’espionnage et imposer aux entreprises de téléphonie et de soi-disant contre-espionnage ou d’espionnage contre le terrorisme, de respecter un certain code d’éthique et de s’engager à ne pas faire dans l’espionnage du monde politique, d’affaire et des journalistes.

    Le Monde devra s’insurger et mener une enquête pour révéler les tenants et aboutissants de qui profite des données et informations des personnes ciblées par cette opération.

    Le Carrefour d’Algérie

    Etiquettes : Maroc, Espionnage, NSO Group, Pegasus, Maroc, Mohammed VI #Maroc #Pegasus #Espionnage