Étiquette : Palestine

  • Algérie/ Maroc-Israël : Khaoua-khaoua… à nos frontières !

    par Maâmar Farah

    Même si vous ne savez pas que les sionistes sont arrivés en grande pompe au Maroc (ils y étaient déjà, mais là, c’est officiel), même si vous n’avez pas vu cette photo face à la frontière algérienne où les emblèmes d’Israël et du Makhzen font «khaoua-khaoua», il suffit de suivre l’actualité en Palestine et au Sahara Occidental occupés pour savoir que les méthodes de là-bas sont déjà arrivées au Maghreb : la maison d’une militante sahraouie a été détruite et les drones commencent à viser les chefs militaires de la RASD !

    Question tueries et répression, le Makhzen, malgré sa longue pratique des deux, a beaucoup à apprendre de son amour de toujours : Israël.

    M. F.

    Le Soir d’Algérie, 12 mai 2021

    Etiquettes : Algérie, Maroc, Sahara Occidental, Israël, Palestine,

  • Maroc / Mohammed VI : le roi de la trahison

    Président de la Fondation El Qods, il ne dit mot sur le massacre des Palestiniens

    Le Makhzen n’est pas à sa première infidélité envers la cause palestinienne. La débâcle des troupes arabes lors de la guerre des Six Jours en 1967 est due à la trahison du roi du Maroc Hassan II.

    Brahim TAKHEROUBT

    Qui ne dit pas mot, consent. Face à la féroce répression menée par les forces d’occupation israéliennes contre les Palestiniens, face aux bombardements et aux tueries d’enfants, de femmes et de personnes âgées que subissent les Palestiniens, le roi Mohammed VI se mure dans un silence complice. Au double plan moral et éthique, le devoir l’incite à réagir plus énergiquement et plus fortement que tout autre dirigeant politique musulman et arabe car c’est lui le président de la Fondation El Qods où se déroule la politique d’apartheid que fait subir l’entité sioniste aux Palestiniens.
    Que reste-t-il alors du leadership religieux proclamé par le monarque? Mohammed VI n’a même pas daigné dénoncer les agressions à l’intérieur même de la mosquée El-Aqsa. Cette série d’agressions dont la violence élevée crescendo, dure depuis le début du mois sacré du Ramadhan, en particulier après la prière des «tarawih», vient d’atteindre son apogée à la veille de l’Aïd El-Fitr avec des dizaines de morts dont des enfants.

    Ces agressions inhumaines et racistes n’ont-elles pas vocation à être vigoureusement dénoncées? Faut-il taire la purification ethnique de l’entité sioniste contre le peuple palestinien? Le tableau chaotique et ensanglanté qu’offre au monde l’esplanade des Mosquées d’El Qods occupée ne concerne nullement le commandeur des croyants dont les préoccupations sont ailleurs. Il est plutôt rongé par le stress de connaître le verdict de l’American Israel Public Affairs Committee (Aipac), puissant lobby juif aux Etats-Unis. Pris dans le tourbillon d’un acharnement diplomatique sans précédent, Mohammed VI a dépêché le 6 mai dernier, à Washington, son ministre des Affaires étrangères Nasser Bourita dans l’ultime espoir d’infléchir la position de l’administration Biden sur le dossier du Sahara occidental. Au moment où la propagande du Makhzen fanfaronnait autour d’une «victoire diplomatique historique du royaume», l’Oncle Sam lance un appel aux protagonistes à «éviter l’escalade» du conflit dans la région, à afficher «une attitude constructive sur le terrain avec la mission de la paix de l’ONU», la Minurso et à accélérer les démarches pour la nomination d’un nouvel émissaire onusien «afin de relancer dès que possible le processus politique bloqué». Terrible affront pour Rabat qui s’est aplati devant Tel-Aviv, une douche froide pour le régime de Mohammed VI, qui a appris que l’engagement précipité dans l’«accord du siècle a été une grave erreur».

    Au Makhzen, c’est l’affolement. On se cherche une porte de sortie avec le moins de dégâts possibles face à une opinion publique marocaine de plus en plus hostile. La normalisation avec Israël n’a ni séduit au plan international ni conduit à une victoire totale du royaume dans le conflit du Sahara occidental. La compromission a produit exactement le contraire de ce qu’espérait le roi: pour l’opinion interne, le Maroc se range désormais aux côtés des pays «traîtres» à la Palestine.

    Alors que Mohammed VI se débat, la nouvelle Intifada palestinienne est arrivée, comme une tornade, atteindre un royaume traumatisé par une mésaventure diplomatique dans l’«accord du siècle» qu’il a passé avec l’entité sioniste.
    Mais le Makhzen n’est pas à sa première trahison envers la cause palestinienne. La débâcle des troupes arabes lors de la guerre des Six Jours en 1967 est due à la trahison du roi du Maroc Hassan II. Ce dernier enregistrait le contenu de la réunion qui se tenait dans un hôtel de Casablanca avec ses «frères» arabes sur la stratégie à emprunter vis-à-vis d’Israël. Le journal The Times of Israel confirme que Hassan II n’a pas hésité un instant à remettre cet enregistrement au Mossad, ce qui permit aux forces militaires israéliennes d’anticiper sur les opérations qu’allaient mener les armées arabes.

    Autant dire que chez les rois, la trahison va de père en fils quant aux conséquences, elles risquent d’être catastrophiques.

    Cette situation risque d’exacerber le mécontentement déjà perceptible avec les nombreux problèmes socio-économiques que vit le pays depuis le début de la crise sanitaire désastreuse.

    L’Expression, 12 mai 2021

    Etiquettes : Maroc, Mohammed VI, Palestine, Israël, Al Qods, Jérusalem,

  • L’expulsion de familles palestiniennes de Jérusalem-Est constituerait une violation du droit international (ONU)

    Les Nations Unies ont rappelé à Israël que l’expulsion de familles palestiniennes de leurs maisons situées à Jérusalem-Est constituerait une violation du droit international.

    Le Comité des Nations Unies pour l’exercice des droits inaliénables du peuple palestinien a exprimé sa profonde préoccupation concernant les expulsions imminentes de familles palestiniennes de Jérusalem-Est qui fait partie du territoire palestinien occupé. Le Secrétaire général de l’ONU, António Guterres, et son Coordinateur spécial pour le processus de paix au Moyen- Orient, Tor Wennesland, avaient exhorté ces derniers jours Israël à mettre fin à ces expulsions.

    Dans un communiqué publié lundi, le Comité a réitéré ses appels à la « cessation de toutes les politiques et pratiques israéliennes illégales, y compris toutes les activités de colonisation, les démolitions de maisons, les expulsions et tout autre acte de punition collective contre la population civile palestinienne ».

    « Les expulsions, si elles étaient ordonnées et mises en œuvre, violeraient les obligations d’Israël en vertu du droit international », avait déclaré le porte-parole du Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme (HCDH), Rupert Colville, lors d’un point de presse vendredi à Genève.

    Les familles qui risquent d’être expulsées sont des réfugiés palestiniens qui ont perdu à la fois leurs maisons d’origine et leurs moyens de subsistance à la suite du conflit israélo-arabe de 1948. En 1956, ces familles de réfugiés ont emménagé dans le quartier de Sheikh Jarrah à Jérusalem-Est avec le soutien du gouvernement jordanien qui contrôlait la partie orientale de la ville et l’assistance matérielle de l’Office de secours et de travaux des Nations Unies pour les réfugiés de Palestine dans le Proche-Orient (UNRWA) après plusieurs années de déplacement. « Elles ont résidé dans ces maisons pendant près de 70 ans. Elles risquent désormais d’être déplacées pour la deuxième fois de mémoire d’homme », a prévenu l’UNRWA dans un communiqué publié lundi.

    Les menaces d’expulsions dans le quartier de Sheikh Jarrah ne sont pas un incident isolé. Selon le Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations Unies (OCHA), près d’un millier de Palestiniens, dont près de la moitié sont des enfants, risquent d’être expulsés de force de Jérusalem-Est. Dans de nombreux cas, l’expulsion forcée de Palestiniens se produit dans le contexte de la construction et de l’expansion de colonies israéliennes, illégales au regard du droit international humanitaire. Certaines d’entre elles sont fondées sur des revendications antérieures à 1948, tandis que les réfugiés palestiniens sont interdits de manière discriminatoire de récupérer leurs propriétés et maisons perdues à Jérusalem-Ouest en 1948.

    Des expulsions reposant sur des lois israéliennes de 1950 et 1970 considérées comme discriminatoires
    Les partisans des expulsions de familles palestiniennes de leurs maisons à Jérusalem-Est fondent leur argumentation sur deux lois israéliennes : celle sur la propriété des absents de 1950 et celle portant sur les questions juridiques et administratives de 1970. La loi de 1950 interdit aux Palestiniens de récupérer leurs propriétés perdues lors de la guerre de 1948, tandis que la loi de 1970 permet aux Juifs israéliens de revendiquer à nouveau les propriétés perdues au cours de la même guerre.

    « La loi sur la propriété des absents et la loi sur les questions juridiques et administratives sont appliquées de manière intrinsèquement discriminatoire, uniquement sur la base de la nationalité ou de l’origine du propriétaire », a déclaré M. Colville. Le porte-parole du HCDH a rappelé que « les expulsions de familles palestiniennes en vertu de ces lois se sont répétées à plusieurs reprises au fil des ans, suscitant de profondes inquiétudes quant à l’impunité et au manque de responsabilité ».

    « Ces lois sont intrinsèquement discriminatoires, à la fois dans leur intention et dans leur application », ont, pour leur part, précisé le Rapporteur spécial des Nations Unies sur la situation des droits de l’homme dans le territoire palestinien occupé depuis 1967, Michael Lynk, et le Rapporteur spécial des Nations Unies sur le droit à un logement convenable, Balakrishnan Rajagopa, dans un communiqué conjoint publié mardi *. Ces deux experts indépendants de l’ONU ont ajouté que ces deux lois israéliennes « violent les principes fondamentaux du droit international humanitaire et du droit international relatif aux droits de l’homme ».

    Une puissance occupante ne peut confisquer la propriété privée en territoire occupé
    Compte tenu des « scènes troublantes » à Sheikh Jarrah ces derniers jours, le HCDH a tenu à rappeler que Jérusalem-Est fait toujours partie du territoire palestinien occupé, dans lequel s’applique le droit international humanitaire.

    Le Conseil de sécurité des Nations Unies a condamné à plusieurs reprises l’annexion de parties du territoire palestinien occupé et les colonies, qu’il considère comme nulles et non avenues au regard du droit international, et a exigé d’Israël qu’il annule ses actes illégaux, ont rappelé le HCDH et les deux experts indépendants.

    Pour le HCDH et les deux Rapporteurs spéciaux, Israël, en tant que « puissance occupante » doit respecter et ne peut pas confisquer la propriété privée en territoire occupé et doit respecter l’ensemble des lois existantes qui régissaient le territoire, sauf si il en est absolument empêché. « Cela signifie qu’Israël ne peut pas imposer son propre ensemble de lois dans les territoires occupés, y compris à Jérusalem-Est, pour expulser les Palestiniens de leurs foyers », a précisé M. Colville.

    « De plus, ces expulsions violent le droit à un logement convenable – un droit humain fondamental en droit international », ont souligné M.M. Lynk et Rajagopa.

    Dans le territoire palestinien occupé, des obligations strictes s’appliquent en ce qui concerne l’interdiction des transferts forcés et des expulsions forcées en vertu du droit international humanitaire et du droit international des droits de l’homme, a rappelé l’UNRWA. « Les expulsions forcées sont l’un des principaux facteurs contribuant à la création d’un environnement coercitif qui ne peut laisser d’autre choix aux individus ou aux communautés que de partir, contrairement à l’interdiction du transfert forcé », a ajouté l’agence onusienne.

    « Le transfert forcé de la population sous occupation est une grave violation de la quatrième Convention de Genève, qui contribue à l’environnement coercitif qui règne actuellement à Jérusalem-Est », ont, pour leur part, rappelé M.M. Lynk et Rajagopa.

    Les deux experts indépendants de l’ONU estiment que les actions menées par les organisations de colons israéliens, dont le but déclaré est de transformer les quartiers palestiniens de la ville en quartiers juifs, sont la « source immédiate » des tensions actuelles à Jérusalem-Est. Selon les deux Rapporteurs spéciaux, cette « ingénierie démographique » a été encouragée par la municipalité de Jérusalem, dont les plans directeurs d’urbanisme ont explicitement fixé l’objectif de limiter la population palestinienne de la ville à 30%. « L’établissement d’objectifs démographiques officiels comme celui-ci renforce les schémas de domination ethnique enracinés, qui n’ont pas leur place dans le monde moderne », ont-ils souligné.

    Pour le Comité des Nations Unies pour l’exercice des droits inaliénables du peuple palestinien, une « action collective et responsable » est impérative afin de désamorcer et garantir la responsabilité nécessaire pour les violations du droit international, y compris du droit humanitaire et des droits de l’homme, « perpétrées par Israël depuis bien trop longtemps dans le territoire palestinien occupé, y compris à Jérusalem-Est ».

    *NOTE :
    Les Rapporteurs spéciaux font partie de ce qu’on appelle les Procédures spéciales du Conseil des droits de l’homme. Les procédures spéciales, le plus grand organe d’experts indépendants du système des droits de l’homme des Nations Unies, est le nom général des mécanismes indépendants d’enquête et de suivi du Conseil qui traitent soit de situations nationales spécifiques, soit de questions thématiques dans toutes les régions du monde. Les experts des procédures spéciales travaillent sur une base volontaire ; ils ne font pas partie du personnel de l’ONU et ne reçoivent pas de salaire. Ils sont indépendants de tout gouvernement ou organisation et servent à titre individuel.

    ONU info, 11 mai 2021

    Etiquettes : Palestine, Israël, Jérusalem, Al Qods,

  • Le Hamas frappe dans les profondeurs d’Israël, qui promet de continuer à frapper Ghaza

    Le Hamas a lancé des roquettes sur Tel Aviv et en direction de Jérusalem tôt jeudi et Israël a promis de continuer à frapper la faction islamiste de Gaza, malgré la prédiction du président américain Joe Biden selon laquelle les hostilités les plus violentes depuis des années pourraient bientôt prendre fin.

    Il n’y a pas eu de nouvelles immédiates des victimes de la salve d’avant l’aube, qui a déclenché des sirènes jusqu’au nord de Nahalal, à 100 km de Gaza, poussant des milliers d’Israéliens à se mettre à l’abri.

    Au moins 67 personnes ont été tuées à Gaza depuis l’escalade de la violence lundi, selon le ministère de la santé de l’enclave. Sept personnes ont été tuées en Israël, selon des responsables médicaux.

    Les puissances mondiales exigeant une désescalade d’un conflit qui commence à rappeler la guerre de Gaza de 2014, Washington a prévu d’envoyer un émissaire, Hady Amr, pour des discussions avec Israël et les Palestiniens.

    « Mon attente et mon espoir sont que cela sera fermé plus tôt que tard, mais Israël a le droit de se défendre », a déclaré Biden mercredi après avoir parlé à Netanyahu.

    M. Biden n’a pas expliqué les raisons de son optimisme. Le bureau de M. Netanyahu a déclaré qu’il avait dit au président américain qu’Israël « continuerait à agir pour frapper les capacités militaires du Hamas et des autres groupes terroristes actifs dans la bande de Gaza ».

    Mercredi, les forces israéliennes ont tué un commandant supérieur du Hamas et bombardé plusieurs bâtiments, dont des tours et une banque, qui, selon Israël, étaient liés aux activités de la faction.

    Le Hamas a affiché sa défiance, son chef, Ismail Haniyeh, déclarant : « La confrontation avec l’ennemi est sans fin ».

    Israël a lancé son offensive après que le Hamas a tiré des roquettes sur Jérusalem et Tel Aviv en représailles aux affrontements entre la police israélienne et les Palestiniens près de la mosquée al-Aqsa à Jérusalem-Est pendant le mois de jeûne du Ramadan.

    Ces affrontements se sont intensifiés à l’approche d’une audience judiciaire – désormais reportée – qui pourrait conduire à l’expulsion de familles palestiniennes de maisons de Jérusalem-Est revendiquées par des colons juifs.

    Pour Israël, le ciblage des deux grandes villes a constitué un nouveau défi dans la confrontation avec le Hamas, considéré comme un groupe terroriste par Israël et les États-Unis.

    Une source palestinienne a déclaré que les efforts de trêve déployés par l’Égypte, le Qatar et les Nations unies n’avaient pas permis de mettre fin à la violence.

    Le secrétaire d’État américain Antony Blinken a téléphoné au président palestinien Mahmoud Abbas et a déclaré que Washington « déployait des efforts avec toutes les parties concernées pour parvenir au calme », a indiqué l’agence de presse officielle palestinienne WAFA. Abbas est un rival du Hamas dont l’autorité est limitée à la Cisjordanie occupée par Israël.

    CONFLIT AU SEIN D’ISRAEL

    Les combats ont provoqué des dissensions en Israël, où certains membres de la minorité arabe ont organisé de violentes manifestations pro-palestiniennes. Les médias ont fait état de la multiplication des attaques de rue par des Juifs contre des passants arabes dans des zones ethniquement mixtes mercredi.

    À Gaza, deux immeubles résidentiels à plusieurs étages et une tour abritant des médias, dont un lié au Hamas, se sont effondrés après qu’Israël a exhorté les occupants à évacuer avant ses frappes aériennes, et une autre structure a été fortement endommagée.

    « Israël est devenu fou », a déclaré un homme dans une rue de Gaza, où les gens sont sortis en courant de leurs maisons alors que des explosions secouaient les bâtiments.

    En Israël, de nombreuses personnes se sont également terrées dans des abris alors que des vagues de roquettes frappaient le cœur du pays, certaines ayant été soufflées par les intercepteurs du Dôme de fer.

    « Tout Israël est attaqué. C’est une situation très effrayante », a déclaré Margo Aronovic, une étudiante de 26 ans, à Tel Aviv.

    Parmi les victimes en Israël figurent un soldat tué alors qu’il patrouillait à la frontière de Gaza et cinq six civils, dont deux enfants et un travailleur indien, selon les autorités médicales.

    La société énergétique américaine Chevron a déclaré qu’elle avait fermé la plateforme de gaz naturel Tamar, au large des côtes israéliennes, par mesure de précaution. Israël a déclaré que ses besoins en énergie continueraient d’être satisfaits.

    Au moins deux compagnies aériennes américaines ont annulé des vols entre les États-Unis et Tel Aviv mercredi et jeudi.

    Israël, dont l’aéroport Ben Gurion a brièvement suspendu ses activités lundi après un tir de roquettes sur Tel Aviv, a déclaré que la compagnie aérienne nationale El Al était prête à assurer des vols supplémentaires.

    Le tir de barrage de jeudi sur Tel Aviv a incité Israël à réacheminer un vol El Al en provenance de Bruxelles de Ben Gurion, sa destination prévue, vers l’aéroport de Ramon dans le sud. Il semble que ce soit la première fois qu’Israël utilise Ramon comme alternative à Ben Gurion en temps de guerre. Un vol avait déjà été détourné de cet aéroport en raison du mauvais temps, selon Avi Scharf, spécialiste du suivi de l’aviation.

    Le conflit a entraîné le gel des pourparlers menés par les adversaires de M. Netanyahu en vue de former une coalition gouvernementale pour le renverser après les élections non concluantes du 23 mars en Israël.

    Le ministère de la santé de Gaza a déclaré que 17 des personnes tuées dans l’enclave étaient des enfants et six des femmes. L’armée israélienne a déclaré jeudi que quelque 350 des 1 500 roquettes tirées par les factions de Gaza n’avaient pas atteint leur cible, ce qui a pu faire quelques victimes civiles palestiniennes.

    Bien que les derniers problèmes à Jérusalem aient été le déclencheur immédiat des hostilités, les Palestiniens ont été frustrés car leurs aspirations à un État indépendant ont subi des revers ces dernières années.

    Il s’agit notamment de la reconnaissance par Washington de la ville contestée de Jérusalem comme capitale d’Israël, d’un plan américain pour mettre fin au conflit qu’ils considèrent comme favorable à Israël, et de la poursuite de la construction de colonies.

    Reuters, 13 mai 2021

    Etiquettes : Palestine, Hamas, Ghaza, AL Qods, Israël, roquettes,

  • Biden a parlé à Netanyahu, il pense que le conflit prendra bientôt fin

    Le président Joe Biden a déclaré mercredi qu’il espérait que le cycle de violence entre Israéliens et Palestiniens prendrait bientôt fin, après une conversation téléphonique qu’il a eue avec le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu.

    « Mon attente et mon espoir sont que cela se termine plus tôt que tard, mais Israël a le droit de se défendre », a déclaré Joe Biden aux journalistes à la Maison Blanche.

    M. Biden n’a pas expliqué les raisons de son optimisme. Il a indiqué que son équipe de sécurité nationale avait été en contact fréquent avec ses homologues en Israël, en Égypte, en Arabie saoudite et aux Émirats arabes unis pour tenter de parvenir à une résolution du conflit.

    La violence a éclaté vendredi dernier à la mosquée Al-Aqsa de Jérusalem, dans un contexte de colère croissante face à l’expulsion potentielle de Palestiniens de leurs maisons situées sur des terres revendiquées par des colons juifs. Les affrontements se sont intensifiés lundi. lire la suite

    Dans un communiqué de la Maison Blanche sur les entretiens Biden-Netanyahu, M. Biden a condamné les tirs de roquettes du Hamas et d’autres groupes contre des cibles en Israël et « a fait part de son soutien indéfectible à la sécurité d’Israël et au droit légitime d’Israël de se défendre et de défendre son peuple, tout en protégeant les civils ».

    « Il a également transmis l’encouragement des États-Unis à une voie vers le rétablissement d’un calme durable. Il a partagé sa conviction que Jérusalem, une ville d’une telle importance pour les personnes de foi du monde entier, doit être un lieu de paix », indique le communiqué.

    Les deux dirigeants ont convenu de rester en contact personnellement dans les jours à venir et de maintenir une consultation étroite entre leurs équipes, précise le communiqué.

    Reuters, 12 mai 2021

    Etiquettes : Israël, Palestine, Ghaza, Jérusalem, AL Qods,

  • Les États-Unis envoient un émissaire alors que les barrages entre Israël et Gaza s’intensifient et qu’un commandant du Hamas est tué.

    Israël a tué un commandant du Hamas et a promis de ne pas relâcher ses barrages sur Gaza mercredi, alors que les militants palestiniens font pleuvoir des roquettes de l’autre côté de la frontière et que Washington envoie un émissaire pour tenter de calmer les hostilités les plus intenses depuis des années.

    Au moins 65 personnes ont été tuées à Gaza depuis l’escalade de la violence lundi, selon le ministère de la santé de l’enclave. Six personnes ont été tuées en Israël, selon des responsables médicaux.

    Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a déclaré que le commandant de la brigade de la ville de Gaza et 15 autres membres du groupe militant islamiste ont été tués dans des frappes aériennes.

    « Ce n’est que le début. Nous allons les frapper comme ils n’ont jamais rêvé de le faire », a-t-il déclaré.

    Après l’annonce, d’autres salves de roquettes ont été tirées sur la région de Tel Aviv et les villes d’Ashdod, Ashkelon et Sderot.

    Le Hamas a confirmé la mort du commandant et d’ »autres dirigeants et guerriers saints » dans un communiqué. Son chef Ismail Haniyeh a ajouté : « La confrontation avec l’ennemi est sans fin ».

    Israël a lancé son action militaire après que le Hamas a tiré des roquettes en représailles à des affrontements entre la police israélienne et des Palestiniens à Jérusalem-Est, notamment sur un lieu saint pendant le mois de jeûne du Ramadan. Une source palestinienne a déclaré que les efforts de trêve déployés par l’Égypte, le Qatar et les Nations unies n’avaient pas permis de mettre fin à la violence.

    Les combats transfrontaliers ont déclenché des dissensions en Israël, où certains membres de la minorité arabe ont organisé de violentes manifestations pro-palestiniennes. Les médias ont fait état d’attaques de rue répétées par des Juifs contre des passants arabes dans des zones ethniquement mixtes mercredi.

    Décrivant les scènes de destruction comme « déchirantes », le secrétaire d’État américain Antony Blinken a déclaré qu’un collaborateur de haut rang, Hady Amr, serait envoyé pour exhorter Israéliens et Palestiniens à rechercher le calme.

    Israël s’est engagé à continuer de frapper le Hamas.

    Une « trêve » ne fait pas partie du jargon sur nos lèvres, certainement pas dans les prochains jours ou les deux prochains jours », a déclaré le porte-parole militaire, le brigadier-général Hidai Zilberman, au radiodiffuseur public Kan.

    L’armée a déclaré que ses frappes visaient les sites de lancement de roquettes, les bureaux du Hamas et les maisons des dirigeants du Hamas.

    « Israël est devenu fou », a déclaré un homme dans une rue de Gaza, où les gens sont sortis en courant de leurs maisons alors que des explosions secouaient les bâtiments.

    Le chef du Pentagone, Lloyd Austin, a réaffirmé « un soutien sans faille au droit légitime d’Israël à se défendre ».

    Les combats sont les plus intenses depuis une guerre de 2014 dans l’enclave dirigée par le Hamas, et l’inquiétude grandit de voir la situation devenir incontrôlable.

    À Gaza, deux immeubles résidentiels à plusieurs étages et une tour abritant des médias, dont un lié au Hamas, se sont effondrés après qu’Israël a averti à l’avance les occupants d’évacuer, et une autre structure a été fortement endommagée par les frappes aériennes.

    Vingt-quatre personnes ont été tuées dans les frappes aériennes israéliennes sur Gaza mercredi, selon le ministère de la Santé de Gaza. De nombreux Israéliens ont également passé une nuit blanche alors que des vagues de roquettes ont frappé leur cœur, certaines ayant été soufflées du ciel par les intercepteurs du Dôme de fer.

    « Les enfants ont échappé au coronavirus, et maintenant un nouveau traumatisme », a déclaré une Israélienne de la ville côtière d’Ashkelon à la chaîne de télévision Channel 11.

    Des Israéliens ont couru vers des abris ou se sont allongés sur les trottoirs dans certaines communautés éloignées de Gaza.

    « Tout Israël est attaqué. C’est une situation très effrayante », a déclaré Margo Aronovic, une étudiante de 26 ans, à Tel Aviv.

    Le long de la frontière de Gaza, un soldat israélien a été tué par un missile anti-char, a indiqué l’armée. Deux personnes ont été tuées par une roquette à Lod, une ville mixte arabe-juive près de Tel Aviv.

    UN RABBIN APPELLE AU CALME ALORS QUE LES ÉMEUTES SE PROPAGENT

    Après l’incendie d’une synagogue à Lod, la police a déployé des renforts paramilitaires et annoncé un couvre-feu. lire la suite Dans le nord d’Acre, un automobiliste juif a été battu par des résidents arabes, et à Bat Yam, une banlieue de Tel Aviv, des jeunes juifs ont saccagé des magasins et battu un Arabe, ont rapporté les médias israéliens.

    « Nous ne devons pas être entraînés dans des provocations et infliger des dommages aux personnes ou aux biens », a déclaré le grand rabbin Yitzhak Yosef dans un rare appel public. « La Torah d’Israël n’accorde aucune licence pour prendre la loi entre ses mains et agir violemment ».

    Pour Israël, le ciblage de Tel Aviv, sa capitale commerciale, a posé un nouveau défi dans la confrontation avec le Hamas, considéré comme un groupe terroriste par Israël et les États-Unis.

    La société énergétique américaine Chevron a déclaré avoir fermé la plate-forme de gaz naturel Tamar, au large des côtes israéliennes, sur instruction du ministère de l’Énergie. Israël a déclaré que ses besoins énergétiques continueraient d’être satisfaits. en savoir plus

    Au moins deux compagnies aériennes américaines ont annulé des vols entre les États-Unis et Tel Aviv mercredi et jeudi. lire la suite Israël, dont l’aéroport Ben Gourion a brièvement suspendu ses activités lundi après un tir de roquettes sur Tel Aviv, a déclaré que la compagnie aérienne nationale El Al était prête à assurer des vols supplémentaires.

    Ces violences font suite à des semaines de tension pendant le Ramadan, avec des affrontements entre la police israélienne et des manifestants palestiniens près de la mosquée Al-Aqsa à Jérusalem-Est.

    Les tensions se sont intensifiées à l’approche d’une audience du tribunal – désormais reportée – qui pourrait conduire à l’expulsion de familles palestiniennes de maisons de Jérusalem-Est revendiquées par des colons juifs.

    Le conflit a entraîné le gel des pourparlers menés par les adversaires de M. Netanyahou en vue de former une coalition gouvernementale pour le renverser à l’issue des élections israéliennes du 23 mars, qui n’ont pas été concluantes.

    La violence a également éclaté en Cisjordanie occupée. Selon des sources médicales, un Palestinien de 16 ans a été tué lors d’affrontements avec les forces israéliennes mercredi.

    Le ministère de la santé de Gaza a déclaré que 16 des personnes tuées dans l’enclave étaient des enfants. L’armée israélienne a déclaré que 200 des plus de 1 000 roquettes tirées par les factions de Gaza n’avaient pas atteint leur cible, ce qui a pu faire des victimes parmi les civils palestiniens.

    Cinq des personnes tuées en Israël étaient des civils, dont un enfant et un travailleur indien, selon des responsables médicaux.

    Israël a envoyé de l’infanterie et des blindés pour renforcer les chars déjà rassemblés à la frontière, évoquant le souvenir de sa dernière incursion terrestre à Gaza pour mettre fin aux tirs de roquettes en 2014.

    Bien que les derniers problèmes à Jérusalem aient été le déclencheur immédiat des hostilités, les Palestiniens ont été frustrés alors que leurs aspirations à un État indépendant ont subi des revers ces dernières années.

    Il s’agit notamment de la reconnaissance par Washington de Jérusalem contestée comme capitale d’Israël, d’un plan américain pour mettre fin au conflit qu’ils considèrent comme favorable à Israël, et de la poursuite de la construction de colonies.

    Reuters, 12 mai 2021

    Etiquettes : Israël, Palestine, AL Qods, Al Aqsa, Jérusalem, Ghaza, Etats-Unis, Joe Biden, émissaire,

  • Israël / Palestine: Déclaration du Haut Représentant de l’UE sur l’escalade des affrontements

    La grave escalade en Israël et dans le territoire palestinien occupé, y compris la forte recrudescence de la violence à Gaza et aux alentours, doit cesser. Cela fait suite à des jours de tension et d’affrontements à Jérusalem, notamment dans les lieux saints et de la violence croissante dans les villes d’Israël et de Cisjordanie.

    L’UE est consternée par le grand nombre de morts et de blessés parmi les civils, y compris des enfants. La priorité doit être de protéger les civils. Tous les efforts doivent viser à éviter les victimes civiles et à soutenir la désescalade.

    Le lancement aveugle de roquettes du Hamas et d’autres groupes contre des civils israéliens est inacceptable.

    Tout en reconnaissant le besoin légitime d’Israël de protéger sa population civile, cette réponse doit être proportionnée et avec le maximum de retenue dans le recours à la force.

    L’UE appelle à une cessation immédiate de la violence en cours. Tout doit être fait pour éviter un conflit plus large, qui affectera avant tout les populations civiles des deux côtés. À Jérusalem, le statu quo sur les lieux saints doit être respecté et la liberté de culte garantie.

    Je suis en contact avec les parties concernées de la région et avec la communauté internationale, notamment par le biais du Quatuor pour le Moyen-Orient, pour désamorcer la situation à titre prioritaire et pour soutenir les efforts visant à mettre fin à la violence.

    EEAS, 12 mai 2021

    Etiquettes : Israël, Palestine, Ghaza, Al Qods,

  • Les accords d’Abraham sont déjà relayés au deuxième plan au Moyen-Orient.

    Ishaan Tharoor

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    En septembre dernier, le président Donald Trump exultait. Accompagné à la Maison Blanche du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu et de hauts dirigeants de Bahreïn et des Émirats arabes unis, Trump a salué la normalisation des liens entre Israël et les deux monarchies du Golfe. Les accords ont été regroupés sous le titre grandiose d’ »accords d’Abraham », un clin d’œil à la promesse de coexistence et de prospérité partagée sur le lieu de naissance de trois grandes religions.

    « Nous sommes ici cet après-midi pour changer le cours de l’histoire. Après des décennies de division et de conflit, nous marquons l’aube d’un nouveau Moyen-Orient », a déclaré M. Trump depuis le balcon de la Maison Blanche, ajoutant que les accords « serviraient de base à une paix globale dans toute la région ». Dans les mois qui ont suivi, le Soudan et le Maroc ont entamé leur propre processus de normalisation avec Israël.

    Mais dès le départ, la manœuvre a été accueillie avec beaucoup de cynisme. Ni les EAU ni le minuscule Bahreïn n’ont jamais été en guerre contre Israël. Ils entretenaient déjà de nombreux canaux de coopération clandestine avec l’État juif. Les accords qu’ils ont signés, comme ce sera le cas plus tard avec le Soudan et le Maroc, sont venus avec d’importants édulcorants géopolitiques de l’administration Trump. En tant qu’États non démocratiques, leurs élites dirigeantes ne pouvaient même pas prétendre représenter les opinions constantes de leur petit nombre de citoyens, et encore moins la masse critique de l’opinion publique régionale.

    Pourtant, les accords ont été présentés comme « un pivot de l’histoire », comme l’a dit Netanyahu en septembre. Les monarques avaient choisi de se passer de près de deux décennies de consensus panarabe sur Israël en normalisant les liens avant qu’une conclusion significative au conflit israélo-palestinien ne soit trouvée. Leur décision reflétait un réel épuisement politique de la cause palestinienne de la part de certaines élites politiques des pays arabes, plus préoccupées par les nouveaux défis posés par le régime iranien ou les islamistes politiques tels que les Frères musulmans que par le vieux combat des Palestiniens. Les partisans des accords affirmaient que la « paix globale » promise par Trump émergerait en raison de l’influence accrue que des gouvernements comme celui des Émirats arabes unis auraient désormais sur les Israéliens et les Palestiniens.

    Maintenant que Trump est parti et que Netanyahou s’accroche à peine au pouvoir, la politique régionale pourrait déjà s’éloigner des accords d’Abraham. Malgré les images réjouissantes des Émiriens en vacances à Tel-Aviv et des Israéliens faisant la fête à Dubaï, aucun nouveau pays ne s’est joint à eux depuis la vague initiale de Trump. Si l’administration Biden s’est félicitée de l’amélioration des relations entre Israël et le monde arabe, il n’est pas certain qu’elle ait l’intention de s’appuyer sur la principale initiative de politique étrangère de Trump. Le président Biden a retardé ses contacts directs avec Netanyahu dès son entrée en fonction ; le premier dirigeant du Moyen-Orient auquel il a parlé était le roi Abdallah II de Jordanie, dont le pays est beaucoup plus directement impliqué dans le conflit israélo-palestinien que les États du Golfe. Les relations entre la Jordanie et Israël sont également au plus bas, ce qui reflète, en partie, le mépris meurtrier de Trump et de Netanyahou pour la Jordanie en tant que gardien traditionnel des préoccupations palestiniennes.

    Il y a eu cette semaine une flambée de violence entre Israéliens et Palestiniens, déclenchée après des semaines de troubles et d’affrontements à Jérusalem. Mardi, des militants de la bande de Gaza sous blocus ont lancé l’une des plus importantes salves de roquettes jamais tirées sur Israël, faisant au moins trois morts.

    « L’assaut a été encore plus féroce à Gaza, où Israël a mené l’une de ses campagnes aériennes les plus intenses depuis la guerre de 2014 qui a englouti les parties pendant plus d’un mois », ont rapporté mes collègues. « L’armée israélienne a déclaré avoir frappé plus de 500 cibles en représailles aux tirs de roquettes depuis Gaza. Mardi soir, le ministère palestinien de la Santé a déclaré que les frappes avaient tué 30 habitants de Gaza, dont 10 enfants, et en avaient blessé environ 200 autres. »

    L’escalade a suivi la montée en flèche des tensions à Jérusalem, où les récentes marches de groupes d’extrême droite juifs suprématistes, la volonté d’Israël d’expulser les résidents palestiniens du quartier de Sheikh Jarrah à Jérusalem-Est et la répression brutale des manifestants palestiniens par les forces de sécurité israéliennes ont jeté de l’huile sur le feu. L’agitation s’est étendue aux villes situées en dehors des territoires occupés, alors que les citoyens palestiniens d’Israël se rassemblaient pour soutenir leurs frères.

    Dans ce maelström, même les pays arabes qui ont normalisé leurs relations avec Israël relâchent leur étreinte. Les Émirats arabes unis et Bahreïn ont tous deux condamné l’assaut israélien de la mosquée al-Aqsa, considérée comme le troisième site le plus sacré de l’islam, le week-end dernier, ainsi que les mesures prises pour expulser des dizaines de Palestiniens de leurs maisons à Sheikh Jarrah. Les médias sociaux des deux pays ont vu fleurir les hashtags de soutien à leurs compatriotes arabes du quartier de Jérusalem.

    À l’issue d’une réunion virtuelle des ministres des affaires étrangères de la Ligue arabe mardi, le plus haut diplomate marocain a condamné la rhétorique et les actions « haineuses » des groupes juifs d’extrême droite impliqués dans les violences à Jérusalem. Le bloc, longtemps raillé pour son inaction, a déclaré qu’il exercerait davantage de pression au nom des Palestiniens aux Nations unies et à la Cour pénale internationale, dont le procureur général a lancé en mars une enquête officielle sur les crimes de guerre israéliens présumés dans les territoires occupés.

    Anwar Gargash, un éminent diplomate émirati qui, par le passé, a critiqué ouvertement l’Iran, a exprimé sur Twitter sa solidarité avec les Palestiniens, « avec la fin de l’occupation israélienne, avec la solution à deux États et avec un État palestinien indépendant ayant Jérusalem-Est pour capitale. C’est une position historique et de principe qui ne bouge pas. » Les gouvernements d’Oman, du Qatar et de l’Arabie saoudite ont tous publié des déclarations allant dans le même sens, affirmant leur soutien à un État palestinien selon les frontières de 1967 avec Jérusalem-Est comme capitale.

    Il s’agit d’une ligne traditionnelle que les gouvernements arabes invoquent souvent lorsque la violence israélo-palestinienne éclate. Mais elle est d’autant plus évidente aujourd’hui qu’elle va à l’encontre de la « vision de la paix » présentée l’an dernier par l’administration Trump avec la bénédiction de Netanyahou, qui envisageait un futur État palestinien vague et réduit, doté d’une souveraineté limitée et sans capitale à Jérusalem proprement dite. Selon l’administration Trump, les accords d’Abraham accéléreraient un réalignement de la politique régionale, dans lequel les pays arabes amis d’Israël et des États-Unis abandonneraient leurs préoccupations à l’égard des Palestiniens au profit d’une plus grande coopération avec Israël en matière de commerce et de sécurité.

    Aujourd’hui, cependant, grâce en partie aux provocations de l’extrême droite israélienne montante et à ce que la journaliste Noga Tarnopolsky, basée à Jérusalem, décrit comme l’opportunisme de Netanyahou, le sort des Palestiniens est au centre de la conversation politique mondiale. « Il faut se demander pourquoi Israël transforme la question palestinienne en sommeil en une crise qui fait rage », a observé Vali Nasr, de la School of Advanced International Studies de l’université Johns Hopkins. « Toute la stratégie d’Israël avec les Accords d’Abraham était basée sur l’argument selon lequel la question palestinienne n’était plus pertinente. Maintenant, grâce à une série d’erreurs israéliennes, elle revient en force. »

    The Washington Post, 12 mai 2021

    Etiquettes : Israël, Palestine, Jérusalem, Al Qods, Al Aqsa, Maroc, Emirats Arabes Unis, Ligue Arabe,

  • Maroc: des rassemblements de soutien au peuple palestinien réprimés

    Les forces de l’ordre marocaines ont réprimé lundi à Rabat et à Casablanca des sit-in de soutien au peuple palestinien, ont rapporté des médias locaux.

    Dans la capitale Rabat, les mêmes sources ont relevé la présence d’un dispositif sécuritaire « impressionnant », indiquant que le sit-in devait se tenir en face du parlement. Les médias ont relayé des vidéos montrant les éléments de la police marocaine chargeaient les manifestants.

    Durant ce rassemblement, à l’appel du Front marocain de soutien à la Palestine et contre la normalisation avec l’entité sioniste, les citoyens présents sur place ont scandé des slogans hostiles au gouvernement marocain et en faveur de la Palestine tels que « le peuple veut le gel de la normalisation » ou encore « la normalisation est une trahison, El-Qods est un legs ».

    Dans la ville de Casablanca, dans l’ouest du pays, un sit-in de solidarité similaire devait se tenir à la place des Nations Unies mais a été réprimé. Plusieurs boulevards et rues ont été bloqués par les forces de l’ordre, présentes en force, poussant les manifestants à organiser des marches improvisées avant d’être dispersés. Le Front marocain de soutien à la Palestine et contre la normalisation avait appelé à participer, lundi, à un sit-in à Rabat à partir de 16 heures devant le bâtiment du Parlement, en solidarité avec le peuple palestinien.

    Etiquettes : Maroc, Palestine, Rabat, manifestation pro-palestinienne répirmée,

  • Algérie/ Pourquoi le combat des Palestiniens est pleinement le nôtre

    Par Saïd Djaafer

    De très nombreux Algériens sont naturellement solidaires des Palestiniens dont la situation atroce leur rappelle l’oppression coloniale subie dans leur chair et les entreprises de dépossession préparées par les grands massacres. Ils sont nombreux aussi à constater, impuissants, que la hogra historique subie par les Palestiniens est aggravée par la trahison des Etats, arabes ou non, qui prétendent défendre leur cause ou, du moins, les principes du droit international.

    Les moyens de soutenir effectivement ce peuple otage sont très limités ; lui exprimer sa solidarité par tous les moyens est la moindre des choses. La disproportion des forces dispense – ou devrait dispenser – de porter des jugements sur les moyens de lutte utilisés par les Palestiniens. La fameuse formule de Ben M’hidi «Donnez-nous vos chars et vos avions, et nous vous donnerons nos couffins» définit bien la terrible contrainte qui s’exerce sur ceux qui refusent de continuer à subir l’oppression coloniale et qui décident de se libérer du joug. Elle résume le présent des Palestiniens qui résistent, avec leurs faibles moyens matériels, à l’entreprise de dépossession et de purification ethnique menée par Israël dans le silence complice du monde.

    Ce qui frappe dans la mobilisation pour les familles du quartier Sheikh Jarrah d’Al-Qods menacées d’éviction de leurs maisons, c’est le courage et la détermination dont font preuve les Palestiniens malgré l’obscène disproportion des forces. Même s’ils sont seuls, les Palestiniens ne se résignent pas, ils prouvent que l’esprit de résistance peut permettre de s’opposer à la volonté d’annihilation d’un peuple par la plus grande puissance militaire du Moyen-Orient.

    Dans les monarchies arabes qui ont choisi la normalisation avec l’Etat colonial d’Israel, on n’est pas loin de rendre les Palestiniens responsables de la situation insupportable qui leur est faite. En Algérie, un discours, très minoritaire, conteste, avec des arguments frisant parfois le racisme, aux Algériens le droit d’exprimer leur solidarité. Certains ajoutent à la confusion en arguant que les régimes instrumentalisent la question palestinienne à des fins de politique intérieure. C’est l’un des clichés les plus entendus ces derniers temps. Comme si les mauvaises intentions des régimes – elles sont connues – pouvaient disqualifier une cause juste et un combat mené par un peuple. Comme si les errements de l’Autorité palestinienne pouvaient justifier que l’on s’abstienne d’exprimer notre révolte, notre profonde indignation, à ce qui est imposé au peuple palestinien.

    Autre argutie de mauvaise foi, les Algériens n’auraient d’yeux que pour la Palestine et ne se préoccupent pas des combats des autres peuples. Ces dernières heures, on leur aura même fait le reproche de ne pas se soucier des luttes du peuple colombien! C’est aberrant. Et faux de surcroît. Car il y a dans la culture des Algériens, même s’il elle ne s’étale pas tous les jours dans les discours et les médias, la conscience que tout être humain opprimé et emprisonné mérite la solidarité de tous les êtres humains conscients de leur humanité.

    Notre histoire explique notre sensibilité aux malheurs des Palestiniens
    La sensibilité naturelle des Algériens à la question palestinienne n’a pas à se justifier. Les soutiens sont naturellement plus forts à l’égard de ceux qui sont dans une proximité géographique, culturelle ou historique. Dans ces petits milieux on retrouve aussi une tendance à accuser les Algériens d’être animés par une motivation religieuse. Alors qu’il devrait être évident pour tous que les Palestiniens, musulmans, chrétiens, agnostiques ou athées, sont logés à la même enseigne, ils font partie d’un peuple enfermé par une puissance coloniale, entravé dans tous ses mouvements, dans tous les domaines de la vie, humilié à chaque occasion, et dont la terre même est volée chaque jour un peu plus.

    Bien avant que les ONG soulignent qu’Israël pratique le crime d’apartheid, Desmond Tutu avait livré un témoignage édifiant: « J’ai été témoin des routes et des maisons réservées aux Juifs et de l’humiliation infligée de manière systématique par l’armée israélienne aux femmes, aux hommes et aux enfants palestiniens. Leur humiliation nous est familière à nous, Noirs sud-africains, qui avons été réprimés, harcelés et insultés par les forces de sécurité du gouvernement d’apartheid.».

    En 2014, lors de l’agression sur Ghaza, le Dr Mads Gilbert, Professeur et Chef de clinique norvégien, présent à l’hôpital al-Shifa où il a participé à prendre en charge des milliers de victimes palestiniennes, a décrit une situation où “les Palestiniens sont traités comme des animaux. Enfermés, bombardés, affamés, privés des droits humains”. Cet homme qui avait grandi avec le récit dominant en Occident sur Israël, a découvert la réalité en allant sur place. Une des conclusions de son expérience était que “la solidarité est une arme puissante ».

    Notre histoire, celle d’un peuple marqué par la hogra et l’injustice, explique cette solidarité spontanée à l’égard du peuple palestinien. Dans ce combat inégal qu’ils mènent, les Palestiniens n’ont que leur volonté, leur courage, leur patience, leur disponibilité au sacrifice. Nous, à défaut de pouvoir les soutenir de manière plus concrète, nous pouvons, nous devons leur exprimer notre attachement fraternel et notre respect pour leur combat, un combat qui a été, et qui demeure le nôtre.

    Les Palestiniens, hommes, femmes et enfants, sont aujourd’hui en première ligne du combat universel pour la dignité humaine. Aujourd’hui ils incarnent au mieux le propos de Nelson Mandela: “ Un être humain, c’est un être de lumière libre, qui se fait braise quand il tombe, qui se fait incendie quand il se relève”.

    24hDZ, 12 mai 2021

    Etiquettes : Algérie, Palestine, oppression coloniale, guerre de libération, colonisation, résistance, Ghaza, Al Qods, Jérusalem, Israël, sionisme,