Tags : Algérie, Russie, Union Européenne, lobby pro-marocain, Raphaël Glucksmann,
Jamais dans l’histoire de relations internationales n’a-t-on connu une campagne aussi acharnée, bien financée, haineuse et envieuse à l’encontre de l’Algérie. Une campagne haineuse menée spécialement par 17 sur 705 membres du Parlement Européen. Ces 17 eurodéputés sous l’impulsion du sulfureux Raphaël GLUCKSMANN, lobbyiste, remarqué pour son combat sur le front anti-Russe, ce terreau transmet ses codes, ses désirs, ses manières de guider le monde sans lesquels l’Algérien se retrouve nu et incapable d’agir pour construire et inventer l’avenir, ont interpellé la présidente de la Commission européenne, Ursula Von der Leyen, et le chef de la diplomatie européenne, Josep Borrell, sur l’accord d’association liant l’Union européenne à l’Algérie, à la lumière du soutien croissant de l’Algérie à la Russie.
Alors, avant de balayer devant la porte des autres, sans courir le risque que cette « Lettre » ainsi affublée soit confondue avec le règlement intérieur d’une quelconque loge maçonnique, ces donneurs de leçon sautent comme des cabris en piaillant on a droit, on a droit, on a droit.
C’est parce que le droit est tombé sous la coupe de l’idéologie mondialiste ou droit-de-l’hommiste, étant par principe une large voie à la négation des différences entre les peuples et à l’effacement de l’autre. Imposer à autrui, n’est pas un droit mais une violation ou plutôt une contrainte dont l’issue ne peut qu’être funeste.
On n’a assez des leçons de morale distribuées, lamentable et désespérant ! Avant de juger avec leurs lunettes de désabusés et de jaloux, les francs-tireurs du tous pourris devraient se demander ce qu’ils reprochent concrètement à l’Algérie, seulement des racontars, des scandales montés en épingle par les médias et répétés en boucle selon l’adage « décriez, décriez, il en restera toujours quelque chose !!!!
C’est tellement malin que cette campagne haineuse n’était pas seulement une campagne continue de douter de l’intégrité des accords. C’est la loi de la jungle ! Celui qui croit encore en certaines sornettes comme les droits humains, la démocratie, la liberté et autres délires du genre, reste encore perdu !
Bien sur l’intelligentsia Occidentale nous étonnera toujours par sa grande clairvoyance avec ce fameux « état de droit » à l’origine douteuse mais en tout cas sans rapport avec les peuples, et la démocratie, c’est-à-dire le droit pour les peuples de choisir leur destin. Ce que la Lettrene dit pas, c’est que ces pays, tout comme la Pologne, la Slovaquie, la Lituanie, la Estonie., la Bulgarie et la Hongrie sont encore des pays de paysannerie. Même au sein de l’Europe la sociologie des pays de l’Est correspond grosso modo à celle de l’Espagne des années 60, des villes entourées par des campagnes compactes. C’est les médias occidentaux que le disent !!!!!
A l’écoute de ces grands humanistes si soucieux des droits de leurs concitoyens donnaient des leçons de morale aux Algériens, çà fait quand même rigoler. Rien de pire que la propagande vicieuse, surtout que dans leur cas ils sont loin d’avoir les mains propres! S’ils étaient si parfaits, les flux migratoires auraient pris le sens nord-sud depuis longtemps. Or ce n’est toujours pas le cas. On est donc bien d’accord une fois pour toutes: l’Algérie a tous les torts et a tout faux. Il faut le savoir. C’est toujours plus facile de reprocher aux autres ce que l’on fait soi même.
Cependant le Parlement Européen n’a pas le droit de faire pression sur l’Algérie pour son non-respect des droits de l’homme. Et d’ailleurs pourquoi se cantonnerait-elle à l’Algérie ?
Il en existe des dizaines et des dizaines, y compris dans ses propres rangs. L’Europe fera bien de se comprendre plutôt que de dénoncer le non-respect des droits de l’homme
Peut-on savoir, Eurodéputés, quels sont ces droits? Nous attendons donc avec hâte que vous nous éclairiez de vos lumières, autorisation vous est donnée, ignorant que nous sommes?
Celui de se marier avec une personne du même sexe que soi ?
Celui, pour un «couple homosexuel», d’adopter des enfants ?
Celui de dire à des enfants de 8 ans qu’ils peuvent changer de sexe si c’est cela que, soi-disant, ils souhaitent ?
Celui de la liberté d’expression, notre pays assure la liberté de conscience, respecte toutes les croyances. Chacun est libre de croire, de ne pas croire, de changer de religion. Seulement lorsque cette liberté prend des allures d’agression d’autrui, la diffamation ou l’injure gratuite, elle est parfaitement condamnable.
Pour ma part, j’estime que la publication de mensonges avérés, ou même seulement de faussetés manifestes et les simplismes sont généralement beaucoup plus fascinants que le réel et sont instrumentalisés de façon parfaitement cynique par des groupuscules ou encore des formations politiques.
Dans la plupart des pays, le journalisme est une bonne planque pour promouvoir leurs idées politiques. En France les journaux appartenant presque tous à des patrons proches de la Gouvernance, leurs journalistes ne risquent pas la prison, seulement le licenciement lorsqu’ils ne sont pas assez louangeurs des exploits du gouvernement.
Le rôle de notre diplomatie est de défendre les intérêts du peuple algérien, pas de se mettre au service d’un groupe de pression d’un nouveau délire et on rénove encore plus loin dans le recadrage des Droits de l’Homme. NOUS sommes des barbares.
L’amalgame est grossier, c’est pratique cette idéologie woke, alors d’une manière lapidaire ils disent que :
1-L’Algérie s’est abstenue lors du vote sur la résolution des Nations unies condamnant la guerre en Ukraine le 2 Mars 2022
2-L’Algérie s’est abstenue lors du vote contre l’exclusion de la Russie du Conseil des droits de l’homme de l’ONU.
3-L’Algérie s’est abstenue lors du vote sur la résolution exigeant que Moscou renonce à sa «tentative illégale d’annexion».
4-L’Algérie accueille sur son sol des manœuvres militaires conjointes avec la Russie.
5-L’Algerie entretient des liens toujours croissants avec la Russie, une situation qui se traduit à travers le soutien politique, logistique et financier.
6- l’Algérie fait partie des quatre premiers acheteurs d’armes russes dans le monde entier, culminant avec un accord d’armement de plus de 7 milliards d’euros en 2021.
Pour répondre à toutes ces accusations des eurodéputés à la recherche d’une dérobade comme d’habitude, peut-être par nostalgie mais c’est quand on rentre dans le détail que ça devient vraiment encore plus accablant.
1) Dix-neuf pays africains se sont abstenus, donc l’Algérie, par sa position relativement non alignée. Sans compter une guerre au Yémen menée par une coalition d’États dirigée par l’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis. Mais celle-ci reste à ce jour ignorée de l’ONU et de la plupart des médias occidentaux et qui ne s’inquiètent que pour l’Ukraine. Il y a des politiques inhumaines.
2) plusieurs États africains, dont l’Afrique du Sud et l’Algérie ont choisi l’abstention, jugeant que la résolution suspendant Moscou « préjuge les résultats de la commission d’enquête » créée début mars par le Conseil des droits de l’homme.
3) 35 pays se sont abstenus dont l’Algérie, la Chine, l’Inde et le Pakistan. Ce qui est intéressant est que ceux qui se sont abstenus on fait remarquer les deux poids et mesures, dans l’application du droit International, Israél annexe le Golan Syrien et les colonies en Cisjordanie, sans oublier que le Royaume du Droit de l’homme du Maghreb (Maroc) qui annexe à sa guise le Sahara Occidental, qui demeure toujours une question de décolonisation au sein des Nations Unies sans que la Communauté International puisse exige un vote de résolution
4) Les deux armées ont déjà effectué des exercices conjoints dans le Caucase et en Russie ces cinq dernières années, et le mois dernier en mer Méditerranée. Mais c’est la première fois qu’elles se déroulent sur le sol algérien, les deux pays avaient déjà organisé des manœuvres navales conjointes en octobre 2022 au large d’Alger, tandis que l’Algérie avait participé aux exercices militaires Vostok 2022, dans l’est de la Russie. Le Maroc a organisé en juin les manœuvres African Lion, avec la participation d’Israël, de membres de l’Otan et des Etats-Unis, au sein du plus grand exercice jamais organisé dans le pays, tout près de la frontière algérienne.
5) Les contrats pour l’achat de l’armement datent depuis 2017. La coopération russo-algérienne se prolonge également sur le plan industriel. En effet ces liens croissants de l’Algérie avec la Russie ne sont pas vus, du bon œil par les occidentaux surtout que l’Algérie possède une forte armée dont les capacités et le professionnalisme, ne sont plus à démontrer. Il s’agit de l’une des armées les plus perfectionnées au monde, classée 1ère dans la région du Maghreb et 3ème dans le Monde arabe et sur le continent africain. Les occidentaux doivent comprendre que la balance des forces dans le monde est en train de changer et que les pays non alignés cherchent à se faire une place auprès de ceux qui luttent, comme eux, contre l’établissement d’un monde unipolaire.
Bref, pour ces braves eurodéputés, les seuls achats d’armes condamnables sont celles de l’Algérie bien sûr !
Quant à l’accord d’association liant l’Union européenne à l’Algérie, la révision des dispositifs de l’accord d’association avec l’Union européenne était réclamée depuis longtemps par la partie algérienne, d’autant que la balance commerciale était défavorable à l’Algérie, sa révision peut devenir effective par la conjoncture actuelle, marquée par la crise énergétique en Europe qui offre une opportunité pour l’Algérie, qui a demandé à deux reprises la révision de l’accord d’association de façon globale, jugeant que l’accord a été largement en défaveur de l’économie algérienne de manière générale, principalement dans son aspect commerce extérieur.
Nous voyons qu’au nom du Bien, 17 Eurodéputés latents sur 705, s’inquiètent pour réduire le flux des revenus pétroliers qui financent la machine de guerre de la Russie, un délire destructeur, dont on sait parfaitement qu’il sera compris comme un délire par la partie de la société qui n’a pas perdu le sens commun.
Selon le rapport du Centre for Research on Energy and Clean Air (CREA) l’UE a représenté 61% des importations fossiles, soit environ 57 milliards d’euros, sur les 100 premiers jours de la guerre (24 février – 3 juin). Les plus gros importateurs ont été la Chine (12,6 milliards d’euros), l’Allemagne (12,1 milliards) et l’Italie (7,8 milliards).
Les revenus de la Russie proviennent d’abord de la vente de pétrole brut (46 milliards), suivi par le gaz acheminé par gazoducs (24 milliards), puis les produits pétroliers, le gaz naturel liquéfié (GNL) des céréales et enfin le charbon. Il s’agit d’ailleurs d’achats au comptant et non dans le cadre de contrats de long terme, ce qui signifie que la France a décidé sciemment de recourir à l’énergie russe malgré l’invasion de l’Ukraine, estime le rapport, je crois que c’est le nerf de la guerre de cette propagande.
Par ailleurs selon les indications des douanes russes, le plus gros acheteur d’or russe est le Royaume-Uni, avec 290 tonnes en 2020 pour un montant de 16,9 milliards de dollars.
Chapeau, Eurodéputés, vendre du vent et jeter l’opprobre sur les autres, n’est pas à la portée de tous, pointer les doubles standards Algériens, il ne faut pas être trop naïf quand même. La dictature des droits de l’homme, certes un bon concept mais très mauvaise application !
Tags : Afrique, France, Russie, Emmanuel Macron, Mali, Burkina Faso,
L’Afrique peut parler pour elle-même, mais lorsque la France essaie de parler pour l’Afrique, cela reflète sa mentalité néocolonialiste, a déclaré une porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères à l’agence Anadolu lors d’un point de presse jeudi.
Commentant les propos de Macron qui a affirmé que Moscou mène « une politique prédatrice » en Afrique, Maria Zakharova a soutenu qu’aujourd’hui tous les pays sont souverains et indépendants et ont le droit de mener leurs propres politiques, à l’intérieur et à l’extérieur, et ont le droit de développer des liens bilatéraux.
« Nous ne comprenons pas pourquoi un responsable à Paris parle au nom du continent africain. Le continent africain a sa propre voix. Et c’est notre pays qui a aidé les États africains à obtenir cette voix et à la développer ».
Le Premier ministre burkinabè, Me Apollinaire Joachimson Kyelem de Tambela a reçu ce mardi 29 novembre 2022, en fin de matinée, l’ambassadeur de France au Burkina Faso, Monsieur Luc Hallade. C’est sans langue de bois que le Premier ministre s’est adressé au Chef de la mission diplomatique française. « Cela fait six ans que le Burkina Faso est acculé et ça n’émeut personne », s’est indigné Me Kyelem de Tambela qui a rappelé à l’ambassadeur Hallade, que son pays a fait montre d’une sollicitude différente quand il s’est agi de venir en aide à l’Ukraine dans le récent conflit qui l’oppose à la Russie.
Pour le Premier ministre, cette attitude de la France interroge sur la franchise des relations d’amitié et de coopération qui lient nos deux pays. Me Apollinaire Joachimson Kyelem de Tambela a été on ne peut plus clair : « les Burkinabè cherchent une bouée de sauvetage pour leur pays ; et si cette bouée de sauvetage doit provenir d’un autre pays autre que la France, pourquoi pas ? » a-t-il déclaré.
Lors d’une réunion, le ministre chinois des Affaires étrangères Wang Yi a déclaré que son pays et Moscou soutenaient fermement un système de relations internationales avec les Nations Unies.
La Chine et la Russie ne reconnaîtront jamais une politique de force brute et d’hégémonie unipolaire , a déclaré dimanche le ministre chinois des Affaires étrangères Wang Yi lors d’une rencontre avec l’ambassadeur de Russie en Chine Igor Morgulov.
« La Chine et la Russie prônent ensemble un monde multipolaire et ne reconnaissent pas l’hégémonie unipolaire. Ils préconisent fortement un système de relations internationales avec les Nations Unies jouant le rôle central, un ordre mondial fondé sur le droit international. Ils rejettent la politique de la force brute », a déclaré le ministère chinois des Affaires étrangères.
Wang Yi a ajouté que cette position est du bon côté de l’histoire et correspond aux tendances de développement modernes.
WASHINGTON, 28 novembre (Reuters) – Le Pentagone étudie une proposition de Boeing visant à fournir à l’Ukraine des petites bombes de précision bon marché montées sur des fusées disponibles en abondance, permettant à Kiev de frapper loin derrière les lignes russes, alors que l’Occident s’efforce de répondre à la demande d’armes supplémentaires.
Les stocks militaires américains et alliés diminuent, et l’Ukraine a de plus en plus besoin d’armes plus sophistiquées à mesure que la guerre s’éternise. Le système proposé par Boeing, baptisé GLSDB (Ground-Launched Small Diameter Bomb), fait partie d’une demi-douzaine de plans visant à mettre en production de nouvelles munitions pour l’Ukraine et les alliés américains d’Europe de l’Est, selon des sources industrielles.
Bien que les États-Unis aient rejeté les demandes concernant le missile ATACMS, d’une portée de 297 km, la GLSDB, d’une portée de 150 km, permettrait à l’Ukraine d’atteindre des cibles militaires importantes qui étaient jusqu’à présent hors de portée et l’aiderait à poursuivre ses contre-attaques en perturbant les zones arrière russes.
Le GLSDB pourrait être livré dès le printemps 2023, selon un document examiné par Reuters et trois personnes familières avec le plan. Il combine la GBU-39 Small Diameter Bomb (SDB) avec le moteur de fusée M26, tous deux courants dans les inventaires américains.
Doug Bush, le principal acheteur d’armes de l’armée américaine, a déclaré aux journalistes au Pentagone la semaine dernière que l’armée envisageait également d’accélérer la production d’obus d’artillerie de 155 millimètres – actuellement fabriqués uniquement dans des installations gouvernementales – en permettant aux entrepreneurs de la défense de les construire.
L’invasion de l’Ukraine a fait grimper la demande d’armes et de munitions de fabrication américaine, tandis que les alliés des États-Unis en Europe de l’Est « passent de nombreuses commandes » pour toute une série d’armes dans le cadre de l’approvisionnement de l’Ukraine, a ajouté M. Bush.
« Il s’agit d’obtenir des quantités à un coût peu élevé », a déclaré Tom Karako, expert en armement et en sécurité au Center for Strategic and International Studies. Selon lui, la baisse des stocks américains explique en partie la ruée vers les armes aujourd’hui. Les stocks sont « de plus en plus bas par rapport aux niveaux que nous aimons garder sous la main et certainement par rapport aux niveaux dont nous aurons besoin pour dissuader un conflit en Chine ».
M. Karako a également fait remarquer que le retrait des États-Unis d’Afghanistan a laissé de nombreuses bombes larguées par avion. Elles ne peuvent pas être facilement utilisées avec des avions ukrainiens, mais « dans le contexte actuel, nous devrions chercher des moyens novateurs de les convertir en une capacité à distance. »
Bien qu’une poignée d’unités GLSDB aient déjà été fabriquées, il existe de nombreux obstacles logistiques à un approvisionnement officiel. Le plan de Boeing nécessite une dérogation à la découverte des prix, ce qui dispense l’entrepreneur d’un examen approfondi qui garantit que le Pentagone obtient la meilleure offre possible. Tout arrangement exigerait également qu’au moins six fournisseurs accélèrent les expéditions de leurs pièces et services afin de produire l’arme rapidement.
Un porte-parole de Boeing s’est refusé à tout commentaire. Le porte-parole du Pentagone, le lieutenant-commandant Tim Gorman, a refusé de commenter la fourniture d’une « capacité spécifique » à l’Ukraine, mais a déclaré que les États-Unis et leurs alliés « identifient et examinent les systèmes les plus appropriés » qui pourraient aider Kiev.
Le GLSDB est fabriqué conjointement par SAAB AB (SAABb.ST) et Boeing Co (BA.N) et est en cours de développement depuis 2019, bien avant l’invasion, que la Russie qualifie d’ »opération spéciale ». En octobre, le directeur général de SAAB, Micael Johansson, a déclaré à propos du GLSDB : « Nous attendons sous peu des contrats à ce sujet. »
Selon le document – une proposition de Boeing au Commandement européen des États-Unis (EUCOM), qui supervise les armes destinées à l’Ukraine – les principaux composants du GLSDB proviendraient des stocks américains actuels.
Le moteur de fusée M26 est relativement abondant, et les GBU-39 coûtent environ 40 000 $ chacun, ce qui rend le GLSDB complet peu coûteux et ses principaux composants facilement disponibles. Bien que les fabricants d’armes aient du mal à répondre à la demande, ces facteurs rendent possible la production d’armes d’ici le début de 2023, bien qu’à un faible taux de production.
Le GLSDB est guidé par GPS, peut vaincre certains brouillages électroniques, est utilisable dans toutes les conditions météorologiques et peut être utilisé contre des véhicules blindés, selon le site Web de SAAB. Le GBU-39 – qui servirait d’ogive au GLSDB – est doté de petites ailes repliables qui lui permettent de planer sur plus de 100 km s’il est largué d’un aéronef et de viser des cibles d’un diamètre de 3 pieds seulement.
MOTIVATION DE L’INDUSTRIE
Dans une usine de production de l’Arkansas rural, Lockheed Martin redouble d’efforts pour répondre à la demande croissante de lance-roquettes mobiles appelés HIMARS, qui ont réussi à frapper les lignes d’approvisionnement, les postes de commandement et même les chars d’assaut russes. Le numéro un américain de la défense s’efforce de résoudre les problèmes de chaîne d’approvisionnement et de pénurie de main-d’œuvre afin de doubler la production pour atteindre 96 lanceurs par an.
Lockheed Martin a publié plus de 15 postes liés à la production de HIMARS, notamment des ingénieurs de la qualité de la chaîne d’approvisionnement, des analystes des achats et des ingénieurs d’essai, selon son site Web.
« Nous avons fait des investissements en termes d’infrastructure dans l’usine où nous construisons les HIMARS », a déclaré Becky Withrow, responsable des ventes au sein de l’unité des missiles de Lockheed Martin.
Malgré l’augmentation de la demande, le directeur financier de Lockheed Martin a déclaré à Reuters en juillet qu’il ne prévoyait pas de revenus significatifs liés à l’Ukraine avant 2024 ou au-delà. Le directeur financier de Raytheon Corp (RTX.N), un autre grand entrepreneur américain de la défense, a fait écho à ce calendrier dans une interview accordée à Reuters cet été.
Les HIMARS tirent des missiles GMLRS (Guided Multiple Rocket Launch System), des missiles guidés par GPS et dotés d’ogives de 90 kg. Lockheed Martin fabrique environ 4 600 de ces missiles par an ; plus de 5 000 ont été envoyés en Ukraine jusqu’à présent, selon une analyse de Reuters. Les États-Unis n’ont pas révélé combien de cartouches GMLRS ont été fournies à l’Ukraine.
La réaffectation d’armes à un usage militaire régulier n’est pas une tactique nouvelle. Le système anti-aérien NASAMS, mis au point par Kongsberg Defence and Aerospace et Raytheon, utilise des missiles AIM-120, destinés à l’origine à être tirés par des avions de chasse sur d’autres avions. Une autre arme, la munition d’attaque directe conjointe (JDAM), omniprésente dans les stocks américains, est une bombe standard non guidée qui a été équipée d’ailettes et d’un système de guidage GPS.
Tags : Algérie, Union Européenne, Ukraine, Russie, Gaz, hiver, froid,
L’Algérie pourrait réchauffer l’Europe pendant la saison glaciale
Le monde se relevait à peine d’une pandémie mondiale que le chaos géopolitique a éclaté au début de l’année 2022. Une invasion russe de l’Ukraine, et la rupture de l’Europe avec Moscou perturbent actuellement l’ordre mondial. Entre les sanctions de l’Union européenne contre la Russie, et la suspension indéfinie par cette dernière des exportations de pétrole, de charbon et de gaz naturel vers l’ouest du continent, des craintes d’un hiver froid sans précédent planent pour les Européens. Actuellement en proie à une crise énergétique, l’Europe est désormais contrainte de réévaluer sa chaîne d’approvisionnement énergétique, et de réduire sa dépendance vis-à-vis de la Russie.
Dans le contexte de ces relations internationales incertaines, un pays d’Afrique du Nord apparaît comme un sauveur potentiel qui pourrait réchauffer l’Europe pendant l’hiver. Membre de l’OPEP, l’Algérie bénéficie d’une importante richesse en ressources naturelles. Elle possède les dixièmes plus grandes réserves prouvées de gaz naturel au monde, est le sixième plus grand exportateur de gaz, et possède les troisièmes plus grandes réserves de gaz de schiste. L’Algérie se classe également au seizième rang mondial pour les réserves prouvées de pétrole ; ce qui en fait une option attrayante pour l’Europe, et une alternative pratique à la Russie.
Cependant, l’Algérie est-elle réellement capable de compenser la pénurie d’approvisionnement en gaz russe de l’UE ? Est-elle prête à coopérer?
La situation Algéro-Européenne
Les tensions entre Bruxelles et Moscou augmentent alors que l’Europe occidentale tente d’imposer de nouvelles sanctions contre le Kremlin. Au milieu de cette pression géopolitique à prendre parti, l’Algérie s’est bien gardée de mécontenter la Russie, son alliée historique. De toute évidence, le pays d’Afrique du Nord a adopté la même neutralité subjective et la même approche non alignée qu’il a affichées à l’époque de la guerre froide. Pendant ce temps, les relations hispano-algériennes se sont détériorées, en raison du soutien de l’Espagne au Maroc dans l’affaire du Sahara occidental. Par conséquent, l’Algérie a réduit le pourcentage de ses exportations globales de gaz vers l’Espagne de 45 % à 22 % en juillet, tout en transférant l’approvisionnement de l’Espagne vers l’Italie.
Néamoins, le dialogue énergétique entre l’Algérie et l’Union européenne a été fructueux, et l’Algérie a accepté d’augmenter ses approvisionnements en gaz. Le Premier ministre italien Mario Draghi et le président français Emmanuel Macron se sont rendus en Algérie, dans l’espoir de consolider le partenariat avec leur désormais deuxième fournisseur d’énergie après la Norvège. Il s’avère que l’Italie aurait la plus grande part. Depuis le début de 2022, des rapports montrent que l’Algérie a fourni à l’Italie 13,9 milliards de mètres cubes de gaz, soit une augmentation de 113 % par rapport aux prévisions initiales.
Toutefois, l’Algérie peut-elle réellement remplacer la Russie comme alternative aux problèmes énergétiques de l’Europe ? Pour répondre à cette question, il faut se pencher davantage sur la capacité énergétique de l’Algérie.
Les enjeux de la dépendance de l’Algérie aux Hydrocarbures
L’Algérie est le premier exportateur africain de gaz vers l’Europe, ayant exporté près de 19 milliards de mètres cubes de gaz naturel en 2021 seulement ; il possède également un important potentiel de gaz de schiste. Le secteur des hydrocarbures, marqué par des ressources massives de pétrole brut et de gaz naturel, a longtemps été le pilier de l’économie du pays. Cependant, cela laisse le pays à la merci de la volatilité des prix mondiaux du pétrole et du gaz. En d’autres termes, une baisse des prix du pétrole pourrait facilement affaiblir l’économie algérienne.
Avec les dernières confrontations géopolitiques mettant en lumière le potentiel énergétique de l’Algérie, des questions ont été soulevées quant à savoir s’il peut réellement compenser la Russie. L’Algérie a fourni environ 11 % du gaz européen importé en 2021, tandis que la Russie en a fourni environ 45 %.
Par conséquent, il serait difficile pour l’Algérie de répondre aux demandes du marché mondial, notamment en pleine explosion de la consommation d’énergie domestique.
La dépendance excessive du pays aux hydrocarbures dans la production d’électricité a gravement nui à ses capacités d’exportation, entraînant une baisse des recettes d’exportation. En fait, le secteur énergétique algérien a été négligé jusqu’à présent, car les réserves s’épuisent et la production stagne.
Le potentiel en énergie renouvelable
Avec une superficie totale d’environ 2,3 millions de kilomètres carrés et plus de 1 600 km de côtes, l’Algérie est le dixième plus grand pays du monde, le plus grand d’Afrique et du monde arabe. Le désert du Sahara constitue une grande partie de sa surface, et plus de 3 000 heures d’ensoleillement annuel permettent à l’Algérie de construire l’un des plus grands champs solaires du monde.
Pourtant, malgré cela, la part des énergies renouvelables dans le mix énergétique global de l’Algérie reste faible. En 2021, 99 % de la production d’électricité était basée sur le gaz. Bien qu’elle dispose d’un grand potentiel d’énergies renouvelables, l’Algérie manque malheureusement d’infrastructures. Seules des mesures minimes ont été prises pour renforcer la capacité des énergies renouvelables ; car l’État reste focalisé sur l’augmentation des investissements dans les hydrocarbures. Cela rend le pays incompatible avec un marché européen du gaz qui évolue rapidement vers les énergies renouvelables.
Cependant, l’Europe peut-elle aider l’Algérie à rénover son secteur énergétique ?
Coopération UE-Algérie
Lors du récent dialogue Algérie-UE sur l’énergie, le commissaire européen à l’énergie, Kadri Simson, a salué la coopération, la considérant de « partenariat stratégique à long terme ». Fondamentalement, il est crucial que ce partenariat se concentre sur l’augmentation des investissements énergétiques.
Cependant, la politique étrangère de l’Algérie permettra-t-elle des investissements étrangers, même si elle veut travailler avec l’Europe et moderniser son secteur énergétique ?
Dans les appels d’offres publics en Algérie, les entrepreneurs étrangers devaient trouver des partenaires locaux ; car la participation des investisseurs étrangers était plafonnée à 49 % jusqu’en 2019. Cependant, en 2020, le gouvernement a abrogé la règle restrictive « 51/49 », bien qu’elle reste applicable pour certains secteurs stratégiques, tels que les hydrocarbures, les mines, la défense et les produits pharmaceutiques.
Même si Sonatrach, la compagnie pétrolière publique algérienne, conserve toujours le contrôle des activités d’exploration et d’exploitation des hydrocarbures en Algérie, une nouvelle loi sur les hydrocarbures promulguée en décembre 2019 a introduit la possibilité de partager la production avec des groupes étrangers. Le cadre contractuel actuel permet plus de flexibilité, et une répartition équitable des bénéfices aux opérateurs étrangers. Par la suite, Sonatrach a signé un gros contrat de «partage de production» de pétrole et de gaz de 4 milliards de dollars avec des partenaires européens en juillet dernier, un accord qui devrait contribuer à augmenter le volume de gaz disponible à l’exportation.
Bien que l’augmentation des exportations de gaz algérien reste une priorité absolue pour l’UE, la coopération énergétique bilatérale vise également à tirer parti du grand potentiel de ressources renouvelables inexploitées et abondantes en Algérie.
L’augmentation des investissements dans le domaine des énergies renouvelables serait cruciale et également bénéfique pour les deux parties, avec une énergie renouvelable libérant potentiellement des volumes de gaz, et augmentant éventuellement la capacité d’exportation internationale. À cet égard, le gouvernement algérien entend atteindre 15 000 MW d’énergie solaire d’ici 2035. Un appel d’offres est lancé pour installer des centrales solaires dans plusieurs régions.
Conclusion
Cette profonde mutation de la géopolitique de l’énergie a placé l’Algérie sur le devant de la scène énergétique internationale. Et si l’Algérie est prête à s’engager dans le « partenariat stratégique à long terme », elle ne souhaite pas offenser la Russie, son partenaire de longue date. Dans l’ensemble, les dialogues énergétiques réussis, et les discussions sur de nombreux investissements étrangers, et un transfert de technologie efficace marqueront une nouvelle ère de développement énergétique et de revenus diversifiés pour l’Algérie.
L’analyse coûts-avantages du soutien américain à l’Ukraine est incontestable. Il produit des victoires à presque tous les niveaux.
L’ancien président Trump et d’autres aux États-Unis, dont certains démocrates et républicains, ont critiqué le soutien continu des États-Unis à l’Ukraine dans sa guerre contre la Russie. Ils ont appelé à la réduction, voire à la fin, du soutien militaire et financier à l’Ukraine. Ils minimisent le risque lié à la Russie et soutiennent que l’argent devrait être dépensé dans le pays.
Pourtant, de nombreux points de vue, vus du point de vue du rapport qualité-prix, le soutien des États-Unis et de l’Occident à l’Ukraine est un investissement incroyablement rentable.
Au total, l’administration Biden a reçu l’approbation du Congrès pour une aide de 40 milliards de dollars à l’Ukraine pour 2022 et a demandé 37,7 milliards de dollars supplémentaires pour 2022. Plus de la moitié de cette aide a été affectée à la défense.
Ces sommes paraissent insignifiantes lorsqu’on les compare à un budget de défense américain total de 715 milliards de dollars pour 2022. L’aide représente 5,6 % des dépenses totales de défense des États-Unis. Mais la Russie est un adversaire principal des États-Unis, un rival de premier plan pas trop loin derrière la Chine, son challenger stratégique numéro un. En termes géopolitiques froids, cette guerre offre aux États-Unis une excellente occasion d’éroder et de dégrader la capacité de défense conventionnelle de la Russie, sans bottes sur le terrain et avec peu de risques pour la vie des États-Unis.
Les forces armées ukrainiennes ont déjà tué ou blessé plus de 100.000 soldats russes, soit la moitié de leur force de combat d’origine ; il y a eu près de 8.000 pertes confirmées de véhicules blindés, dont des milliers de chars, des milliers d’APC, des pièces d’artillerie, des centaines d’avions à voilure fixe et tournante et de nombreux navires de guerre. La dépense américaine de 5,6 % de son budget de défense pour détruire près de la moitié de la capacité militaire conventionnelle de la Russie semble être un investissement absolument incroyable. Si nous divisons le budget de la défense américaine en fonction des menaces auxquelles elle est confrontée, la Russie serait peut-être de l’ordre de 100 à 150 milliards de dollars en dépenses par menace. Donc, dépenser seulement 40 milliards de dollars par an érode une valeur de menace de 100 à 150 milliards de dollars, un rendement de deux à trois fois. En fait, le rendement est susceptible d’être des multiples de cela étant donné que les dépenses de défense et la menace sont des événements récurrents annuels.
L’armée américaine pourrait raisonnablement souhaiter que la Russie continue de déployer des forces militaires pour que l’Ukraine les détruise.
Pendant ce temps, remplacer le matériel détruit et suivre la nouvelle course aux armements qu’il a maintenant déclenchée avec l’Occident finira sûrement par ruiner l’économie russe ; en particulier une économie soumise à des sanctions occidentales agressives. Comment la Russie peut-elle espérer gagner une course aux armements alors que le PIB combiné de l’Occident est de 40.000 milliards de dollars et que ses dépenses de défense s’élevant à 2 % du PIB totalisent bien plus de 1 000 milliards de dollars lorsque la contribution disproportionnée des États-Unis à la défense est prise en compte ? Le PIB total de la Russie n’est que de 1,8 billion de dollars. Vladimir Poutine devra détourner les dépenses de la consommation vers la défense, risquant des troubles sociaux et politiques à moyen terme, et un danger réel et bientôt présent pour son régime. Imaginez à quel point l’aide militaire occidentale sera une bonne affaire si elle apporte finalement un changement de régime positif en Russie.
Deuxièmement, la guerre a servi à détruire le mythe selon lequel la technologie militaire russe est en quelque sorte comparable à celle des États-Unis et de l’Occident. N’oubliez pas que l’Ukraine n’utilise que la technologie américaine de deuxième génération améliorée, mais bat constamment tout ce que l’armée russe peut déployer. Les guerres sont des vitrines pour les industriels de la défense ; tout acheteur sensé voudra la technologie fabriquée par le gagnant. L’erreur de jugement de Poutine n’a fourni qu’une fantastique opportunité de marketing à ses concurrents occidentaux.
Notez également que la guerre pousse également les partenaires de l’OTAN à augmenter rapidement les dépenses à l’ objectif de 2% du PIB et au-dessus . Compte tenu de l’avantage technologique des États-Unis en matière d’équipement de défense, une part importante de ces dépenses militaires supplémentaires sera consacrée à l’équipement américain.
Les Ukrainiens font également preuve d’une innovation remarquable dans leur propre défense, améliorant les performances des équipements dans les conditions du champ de bataille, ce qui apporte à nouveau des avantages technologiques au secteur de la défense américain.
roisièmement, la révélation que l’industrie de la défense russe est en quelque sorte un village Potemkine génère également d’autres victoires stratégiques et diplomatiques pour les États-Unis. Les pays désireux d’obtenir une capacité de défense pour faire face à leurs propres menaces – pensez à la Turquie, à l’Inde, au Pakistan, à l’Égypte et à l’Arabie saoudite – auraient peut-être opté pour des offres de défense russes moins chères et « de valeur ». Cependant, la qualité/capacité de cet équipement étant désormais remise en question en raison de mauvaises performances sur le champ de bataille, ils seront probablement en lice pour acquérir un meilleur kit américain. Mais cela nécessitera une amélioration des relations diplomatiques. Cela est actuellement évident dans l’amélioration des relations américano-pakistanaises, le Pakistan obtenant des kits de mise à niveau pour ses F-16.
Quatrièmement, aider l’Ukraine à battre la Russie envoie sûrement aussi un signal fort à la Chine que les États-Unis et leurs alliés sont forts et déterminés lorsqu’ils sont mis au défi sur des questions d’importance fondamentale. Cela peut soulever des questions dans l’esprit de Xi Jinping et des généraux de l’Armée populaire de libération quant à leur capacité à gagner un conflit contre des pays armés de technologie militaire américaine/occidentale, par exemple à Taïwan. Il est certain que la difficulté de la Russie à gagner la guerre en Ukraine provoquera des doutes en Chine quant à la sagesse et peut-être à la viabilité des efforts pour conquérir Taïwan.
Cinquièmement, la guerre en Ukraine encourage et accélère la transition énergétique en Europe, mais aussi la diversification de l’Europe loin de l’énergie russe. L’Europe essaie désespérément de s’approvisionner en énergies alternatives, et le gaz naturel liquéfié (GNL) américain s’avère être le bénéficiaire évident.
En conclusion, à tant de niveaux, le soutien continu des États-Unis à l’Ukraine est une évidence du point de vue du rapport qualité-prix. L’Ukraine n’est pas le Vietnam ou l’Afghanistan pour les États-Unis, mais c’est exactement cela pour la Russie. Une Russie continuellement embourbée dans une guerre qu’elle ne peut pas gagner est une énorme victoire stratégique pour les États-Unis.
Pourquoi quelqu’un s’y opposerait-il ?
Timothy Ash est stratège souverain principal des marchés émergents chez RBC BlueBay Asset Management. Il est chercheur associé à Chatham House sur leur programme Russie et Eurasie.
KHERSON, Ukraine (AP) – Fuyant les bombardements, des centaines de civils ont fui samedi la ville du sud de l’Ukraine dont ils avaient célébré la reprise quelques semaines plus tôt.
L’évasion de centaines de Kherson est survenue alors que le pays rendait hommage aux millions d’Ukrainiens morts dans une famine de l’ère stalinienne – et cherchait à s’assurer que la guerre de la Russie en Ukraine ne prive pas les autres dans le monde de ses exportations alimentaires vitales.
Une file de camions, de camionnettes et de voitures, certains tractant des remorques ou transportant des animaux de compagnie et d’autres biens, s’étendait sur un kilomètre ou plus à la périphérie de la ville de Kherson.
Des jours de bombardements intensifs par les forces russes ont provoqué un exode doux-amer : de nombreux civils étaient heureux que leur ville ait été reconquise, mais ont déploré de ne pas pouvoir rester.
« C’est triste que nous quittions notre maison », a déclaré Yevhen Yankov, alors que la camionnette dans laquelle il se trouvait s’avançait. « Maintenant, nous sommes libres, mais nous devons partir, car il y a des bombardements et il y a des morts parmi la population. »
Sortant la tête par derrière, Svitlana Romanivna a ajouté : « Nous avons traversé un véritable enfer. Notre quartier brûlait, c’était un cauchemar. Tout était en flammes.
Emilie Fourrey, coordinatrice du projet d’urgence pour le groupe d’aide Médecins sans frontières en Ukraine, a déclaré qu’une évacuation de 400 patients de l’hôpital psychiatrique de Kherson, situé à la fois près d’une centrale électrique et de la ligne de front, avait commencé jeudi et devait se poursuivre dans les prochains jours. .
Kherson a été l’une des nombreuses villes ces derniers jours à faire face à une avalanche de tirs d’artillerie russe et d’attaques de drones, les bombardements étant particulièrement intenses là-bas. Ailleurs, le barrage visait en grande partie les infrastructures, bien que des victimes civiles aient été signalées. Des équipes de réparation à travers le pays se sont précipitées samedi pour restaurer les services de chauffage, d’électricité et d’eau qui ont été détruits.
Dans la capitale Kyiv, le président Volodymyr Zelenskyy a supervisé une journée diplomatique chargée, accueillant plusieurs dirigeants de l’Union européenne pour des réunions et organisant un « Sommet international sur la sécurité alimentaire » pour discuter de la sécurité alimentaire et des exportations agricoles du pays.
Les Premiers ministres belge, polonais et lituanien ainsi que le président hongrois étaient présents, et de nombreux autres ont participé par vidéo.
Le Premier ministre ukrainien Denys Shmyhal a déclaré que l’Ukraine – malgré ses propres difficultés financières – avait alloué 900 millions de hryvna (24 millions de dollars) pour acheter du maïs pour le Yémen, le Soudan, le Kenya et le Nigeria.
« L’Ukraine sait ce qu’est la faim, et nous ne voulons pas que des gens meurent à nouveau au XXIe siècle à cause de la Russie et de ses méthodes inhumaines », a-t-il déclaré à l’agence de presse Interfax.
Le rappel sur les approvisionnements alimentaires était opportun : les Ukrainiens marquaient le 90e anniversaire du début de « l’Holodomor », ou la Grande Famine, qui a tué plus de 3 millions de personnes en deux ans alors que le gouvernement soviétique sous le dictateur Josef Staline confisquait les vivres et les céréales. et expulsé de nombreux Ukrainiens.
Le chancelier allemand Olaf Scholz a marqué la commémoration en établissant des parallèles avec l’impact de la guerre contre l’Ukraine sur les marchés mondiaux. Les exportations de l’Ukraine ont repris dans le cadre d’un accord négocié par l’ONU, mais sont encore loin des niveaux d’avant-guerre, ce qui fait grimper les prix mondiaux.
« Aujourd’hui, nous sommes unis pour déclarer que la faim ne doit plus jamais être utilisée comme une arme », a déclaré Scholz dans un message vidéo. « C’est pourquoi nous ne pouvons pas tolérer ce à quoi nous assistons : la pire crise alimentaire mondiale depuis des années avec des conséquences odieuses pour des millions de personnes – de l’Afghanistan à Madagascar, du Sahel à la Corne de l’Afrique ».
Il a déclaré que l’Allemagne, avec le Programme alimentaire mondial des Nations unies, fournirait 15 millions d’euros supplémentaires pour de nouvelles expéditions de céréales en provenance d’Ukraine.
Scholz prend la parole alors qu’un groupe de législateurs multipartites en Allemagne cherche à adopter une résolution parlementaire la semaine prochaine qui reconnaîtrait la famine des années 1930 comme un « génocide ».
L’année dernière, l’Ukraine et la Russie ont fourni environ 30 % du blé et de l’orge exportés dans le monde, 20 % de son maïs et plus de 50 % de son huile de tournesol, selon l’ONU.
Dans un message publié samedi sur le réseau social Telegram, le maire de Kyiv, Vitali Klitschko, a déclaré que plus de 3 000 spécialistes d’un service public local continuaient de travailler « 24 heures sur 24 » et avaient réussi à restaurer la chaleur dans plus de plus de 90% des bâtiments résidentiels. Alors qu’environ un quart des habitants de Kyiv sont restés sans électricité, il a déclaré que l’eau desservie avait été rendue à tous dans la ville.
La bousculade pour rétablir le courant est intervenue alors que le Premier ministre belge Alexander De Croo a rencontré samedi Zelenskyy à Kyiv.
« Cet hiver pourrait être difficile », a-t-il déclaré, faisant allusion aux contributions de la Belgique en générateurs et au soutien des écoles et des hôpitaux en Ukraine, ainsi qu’à l’aide militaire telle que « le carburant, les mitrailleuses, l’artillerie propulsée, etc. ».
« Et en nous tenant ici, nous espérons que nous vous apporterons espoir et résilience dans la lutte à travers cette période difficile. »
1.1. Principales conclusions L’économie mondiale devrait croître à un taux moyen d’un peu plus de 3 % par an de 2011 à 2050, doubler de taille d’ici 2032 et presque doubler à nouveau d’ici 2050.
La Chine devrait dépasser les États-Unis en tant que plus grande économie d’ici 2017 en termes de parité de pouvoir d’achat (PPA) et d’ici 2027 en termes de taux de change du marché. L’Inde devrait devenir le troisième « géant économique mondial » d’ici 2050, loin devant le Brésil, qui devrait se hisser à la 4e place devant le Japon.
La Russie pourrait dépasser l’Allemagne pour devenir la plus grande économie européenne avant 2020 en termes de PPA et vers 2035 aux taux de change du marché. Les économies émergentes telles que le Mexique et l’Indonésie pourraient être plus grandes que le Royaume-Uni et la France d’ici 2050, et la Turquie plus grande que l’Italie.
En dehors du G20, le Vietnam, la Malaisie et le Nigéria ont tous un fort potentiel de croissance à long terme, tandis que la Pologne devrait largement dépasser les grandes économies d’Europe occidentale au cours des deux prochaines décennies.
1.2. Projections jusqu’en 2050
Ce rapport met à jour nos projections de croissance économique mondiale à long terme, publiées pour la dernière fois en janvier 2011. Celles-ci sont basées sur un modèle PwC qui tient compte des tendances projetées en matière de démographie, d’investissement en capital, de niveaux d’éducation et de progrès technologique.
Le graphique 1 montre les taux de croissance relatifs du PIB estimés pour les 24 économies de l’étude sur l’ensemble de la période 2011-50. Nous pouvons voir que les économies émergentes ont tendance à croître de 4 % par an ou plus, tandis que les économies avancées ont une croissance d’environ 2 % ou moins – nous continuerons à vivre dans une économie mondiale à deux vitesses pendant quelques décennies à venir en tant que processus de rattrapage Continuez.
L’évolution du classement du PIB mondial en PPA est présentée dans le tableau 1 ci-dessous. Les pays sélectionnés sont indiqués en gras pour mettre en évidence les changements notables dans les classements au fil du temps.
Cependant, même en 2050, le revenu moyen par habitant sera encore nettement plus élevé dans les économies avancées que dans les économies émergentes – l’écart de revenu actuel est tout simplement trop important pour être entièrement comblé au cours de cette période.
Contrairement aux arguments récents du professeur Robert Gordon et de certains autres commentateurs1 , nous ne nous attendons pas à un ralentissement significatif du rythme mondial du progrès technique étant donné la possibilité de nouvelles avancées majeures dans des domaines tels que les TIC, la biotechnologie et la nanotechnologie, bien que des économies émergentes telles que la Chine et L’Inde jouera un rôle croissant dans ces développements dans les décennies à venir. Cela alimentera davantage leur processus de rattrapage avec les économies avancées plus moroses.
1.3. Opportunités et défis pour les entreprises Ces tendances de croissance à long terme prévues présentent de nombreuses opportunités et défis pour les entreprises du Royaume-Uni et d’autres économies occidentales. La Chine, l’Inde, le Brésil et les autres marchés émergents mis en évidence dans notre étude deviendront non seulement des lieux de production à faible coût, mais aussi des marchés de consommation de plus en plus importants. À une époque où la croissance annuelle tendancielle ne devrait pas dépasser 2 % environ dans les économies avancées, les entreprises en quête de croissance devront se tourner de plus en plus vers ces marchés émergents.
En même temps, ces marchés peuvent être des endroits difficiles pour faire des affaires. Il sera important de comprendre et de s’adapter aux règles, réglementations et coutumes locales. La bonne stratégie d’entrée et, le cas échéant, le(s) bon(s) partenaire(s) de coentreprise seront cruciaux, tout comme de bonnes relations avec les autorités locales et les organismes de réglementation. Dans certains cas, les sites de production optimaux peuvent ne pas être les mêmes que les plus grands marchés de consommation (par exemple, investir en Malaisie, en Indonésie ou au Vietnam comme porte d’entrée vers la Chine ou l’Inde, ou en Pologne comme porte d’entrée vers la Russie).
1.4. Consommation d’énergie et changement climatique : trop tard pour 2 degrés ? Les gouvernements sont également confrontés à des défis importants, notamment en ce qui concerne les contraintes liées aux ressources naturelles telles que celles liées à la consommation d’énergie et au changement climatique. Comme le montre notre analyse, une approche « business as usual » basée sur nos projections de croissance du PIB pourrait entraîner un réchauffement climatique de 6˚C ou plus à long terme, tandis que l’objectif de 2˚C de l’ONU semble de plus en plus hors de portée compte tenu du manque de progrès. sur la décarbonation depuis 2000.
Un scénario de « verdissement progressif » plus plausible et abordable pourrait voir la décarbonisation à un rythme suffisant pour compenser largement les effets sur les émissions de la croissance économique, laissant ainsi les émissions mondiales totales de carbone en 2050 à des niveaux similaires à ceux d’aujourd’hui. Mais même ce scénario serait toujours compatible avec un réchauffement climatique de 4 degrés à long terme – il est peut-être déjà trop tard pour 2 degrés, comme l’explique plus en détail notre dernier rapport sur l’indice de l’économie à faibles émissions de carbone.2 Cependant, un tel changement climatique créera en lui-même de nouvelles opportunités pour les entreprises, par exemple en atténuant les risques liés aux phénomènes météorologiques violents parallèlement au développement de nouvelles technologies plus vertes.
2.Introduction
2.1. Contexte des rapports 2050 En mars 2006, nous avons produit un rapport présentant des projections de la croissance potentielle du PIB dans 17 grandes économies sur la période allant jusqu’en 20503. Ces pays étaient :
Le G7 (États-Unis, Japon, Allemagne, Royaume-Uni, France, Italie et Canada), plus l’Australie, la Corée du Sud et l’Espagne parmi les économies avancées actuelles ; et
les sept plus grandes économies de marché émergentes, que nous appelons collectivement le « E7 » (Chine, Inde, Brésil, Russie, Indonésie, Mexique et Turquie).
Ces projections ont été mises à jour en mars 2008 et janvier 2011, élargissant l’échantillon de pays dans ce dernier cas pour couvrir toutes les économies du G20 en y ajoutant l’Argentine, l’Afrique du Sud et l’Arabie saoudite. Nous avons également inclus le Vietnam et le Nigéria comme des « jokers » potentiels à croissance rapide en dehors du G20.
Nous réexaminons maintenant ces projections de PIB à long terme deux ans après notre dernier rapport et étendons l’échantillon pour inclure la Pologne (en tant que première économie de l’UE dans la région d’Europe centrale et orientale) et la Malaisie (en tant que pays potentiel à croissance rapide de taille moyenne l’économie de la région Asie-Pacifique qui peut fournir une rampe de lancement appropriée pour certaines entreprises occidentales investissant dans la région). Notre analyse suggère que ce groupe de 24 pays, qui représentent actuellement plus de 80 % du PIB mondial total, devrait inclure les 20 plus grandes économies du monde à l’horizon du milieu de ce siècle.
2.2. Notre approche de modélisation
Nous utilisons les données du PIB de la Banque mondiale jusqu’en 2011 et nos propres projections à moyen terme pour la croissance du PIB réel entre 2012 et 2017. Nous utilisons ensuite notre modèle économique à long terme pour estimer les taux de croissance tendanciels de 2018 à 2050. Ces estimations de croissance tendancielle à plus long terme sont motivée par les facteurs clés suivants (voir l’annexe A pour plus de détails) : Croissance de la population en âge de travailler (sur la base des dernières projections démographiques des Nations Unies).
Augmentations du capital humain, représentées ici par les niveaux d’éducation moyens de la population adulte.
La croissance du stock de capital physique, qui est tirée par l’investissement en capital net de l’amortissement.
Croissance de la productivité totale des facteurs, tirée par le progrès technologique et le rattrapage des pays à faible revenu par les pays plus riches en utilisant les technologies et procédés de ces derniers.
Les économies émergentes ont une croissance potentielle plus forte que les économies avancées actuelles sur la plupart de ces mesures, même s’il convient de souligner que cela suppose qu’elles continuent à suivre des politiques globalement favorables à la croissance. En ce sens, les projections concernent le PIB futur potentiel si de telles politiques sont suivies, plutôt que des prédictions inconditionnelles de ce qui se passera réellement, en gardant à l’esprit que tous ces pays ne seront peut-être pas en mesure de maintenir de telles politiques à long terme dans la pratique.
Bien entendu, de nombreuses incertitudes entourent ces projections de croissance à long terme. Il convient donc d’accorder plus d’attention aux grandes tendances indiquées plutôt qu’aux chiffres précis cités dans le reste de ce rapport. Les conclusions générales tirées sur le transfert de puissance économique mondiale du G7 vers les économies émergentes de l’E7 devraient cependant être robustes à ces incertitudes, à condition qu’il n’y ait pas de chocs catastrophiques (par exemple, guerre nucléaire mondiale, collisions d’astéroïdes, changement climatique mondial extrême, etc. . ) qui font dérailler durablement le processus global de développement économique mondial. Ces chocs doivent être distingués des variations cycliques à plus court terme, qui se produiront inévitablement à un degré plus ou moins grand dans toutes les économies, mais ne devraient pas modifier sensiblement les taux de croissance tendanciels moyens sous-jacents au cours de la période de quatre décennies considérée.
Qu’est-ce qui a changé depuis la mise à jour de janvier 2011 ? Nous avons apporté trois modifications principales à l’analyse depuis notre dernière mise à jour publiée en janvier 2011 :
Nous avons mis à jour les données historiques dans le modèle afin que l’année de référence soit désormais 2011 plutôt que 2009. Nos projections à moyen terme jusqu’en 2017 tiennent également compte du ralentissement observé dans la plupart des économies en 2011-2012, bien que cela n’ait pas une grande impact sur les taux de croissance tendanciels à plus long terme projetés par le modèle pour la période au-delà de 2017.
Nous avons ajouté la Malaisie et la Pologne à l’analyse et incluons les commentaires des économistes seniors de PwC de ces deux pays dans la section 3.4 ci-dessous.
Nous avons amélioré la manière dont les tendances des taux de change à long terme sont modélisées. L’évolution du taux de change réel d’un pays est toujours déterminée par la convergence vers le taux d’équilibre PPA à mesure qu’il s’enrichit, mais la base de cette hypothèse de convergence est désormais ancrée plus solidement dans les tendances historiques. 2.4. Structure de ce rapport Le reste du rapport est structuré comme suit : La section 3 résume les principaux résultats de l’analyse en termes de niveaux de PIB projetés, de taux de croissance et de tendances du revenu moyen jusqu’en 2050. La section 4 examine les obstacles potentiels à une croissance mondiale soutenue à long terme, y compris en particulier le défi de la forte consommation d’énergie et les risques liés au changement climatique.
La section 5 met en évidence les implications pour les entreprises des tendances de croissance projetées.
L’annexe A fournit de plus amples détails sur notre approche méthodologique, y compris les hypothèses formulées sur les principaux moteurs de la croissance dans le modèle.
L’annexe B comprend des résultats supplémentaires fondés sur le PIB aux taux de change du marché (RFG). Cela complète le matériel de la section 3, qui se concentre davantage sur les résultats pour le PIB aux parités de pouvoir d’achat (PPA)4.
Principaux résultats
3.1. Taille relative des économies
3.1.1. G7 contre E7
Dans cette section, nous examinons comment les tailles relatives des différentes économies sont projetées par notre modèle pour changer au fil du temps. Comme le montre le graphique 2, nos projections du scénario de base suggèrent que les pays de l’E7 seront plus de 50 % plus grands que les pays du G7, mesurés par le PIB aux taux de change du marché (MER) d’ici 2050, et environ 75 % plus grands en termes de PPA. En revanche, l’E7 représente actuellement un peu moins de la moitié de la taille des économies du G7 sur la base du PIB aux RFG et un peu plus de 80 % de la taille du G7 sur la base du PIB mesuré en termes de PPA.
Le graphique 4, qui montre les trajectoires de croissance de l’E7 et du G7 en termes de MER, brosse un tableau similaire, à l’exception que l’année où l’E7 dépasse le G7 est repoussée vers 2030, plutôt qu’en 2017. En effet, les niveaux de prix dans les économies de l’E7 sont, en moyenne, encore bien inférieurs aux niveaux du G7 lorsqu’on les compare aux taux de change actuels du marché – en d’autres termes, les RFG dans les économies de l’E7 sont bien inférieurs aux niveaux de parité de pouvoir d’achat (PPA).
Il s’agit d’un phénomène couramment observé pour les économies émergentes, mais l’expérience passée avec des pays à croissance rapide tels que le Japon dans les années 1960 à 1980 ou la Corée du Sud dans les années 1970 à 1990 suggère que les MER ont tendance à converger progressivement avec les taux de PPA à mesure que le développement économique se poursuit. . Cela pourrait se produire soit par une appréciation du taux de change nominal, soit par une inflation relativement élevée des prix intérieurs dans les économies émergentes, mais dans les deux cas, le résultat est susceptible d’être une appréciation réelle de la monnaie à long terme. Cet effet5, basé sur une équation économétrique estimée à partir de données passées, est intégré dans notre modèle et constitue la base de nos projections de PIB en termes de TCM comme le montre le graphique 4 ci-dessus. Cependant, ces projections de taux de change réels sont très incertaines dans la pratique, nous accordons donc plus de poids aux résultats de la PPA dans le reste de cette section, avec de plus amples détails sur les résultats du MER étant inclus dans l’annexe B étant donné qu’ils sont pertinents pour de nombreuses applications commerciales. .
3.1.2. La Chine, les États-Unis et l’Inde devraient être les économies mondiales dominantes d’ici 2050
Une grande partie de la croissance que nous prévoyons dans les économies de l’E7 sera tirée par la Chine et l’Inde. D’ici 2050, la Chine, les États-Unis et l’Inde seront probablement de loin les trois plus grandes économies du monde, comme l’illustre le graphique 5 ci-dessous.
Notre modèle suggère que la Chine pourrait dépasser les États-Unis d’ici 2017 en termes de PPA, et vers 2027 en termes de MER (voir graphique 6). L’estimation du MER est toutefois soumise à nos hypothèses sur le rythme de convergence du MER de la Chine avec son taux de change PPA estimé, que nous considérons comme plausible mais néanmoins sujet à une incertitude importante.
Le taux de croissance de la Chine devrait atteindre le nouvel objectif de 7 % du gouvernement pour la décennie en cours, mais se ralentira progressivement au cours de la période 2021-2050 à mesure que son économie arrivera à maturité. Le vieillissement rapide de la population et la hausse des coûts réels de la main-d’œuvre devraient faire passer la Chine d’une économie axée sur l’exportation à une économie davantage axée sur la consommation. Les entreprises occidentales sont également susceptibles de voir un changement dans leur façon de faire des affaires dans la région – la hausse des coûts signifiera que de nombreux emplois délocalisés sont susceptibles de quitter la Chine au fil du temps pour d’autres économies moins chères telles que le Vietnam et l’Indonésie, tandis que les exportateurs chinois se retrouvent davantage en concurrence sur la base de la qualité que sur celle des prix sur leurs principaux marchés d’exportation des États-Unis et de l’UE. 3.1.3. Au-delà des 3 premiers pays Le tableau 2 résume nos projections pour les 20 plus grandes économies en 2011, 2030 et 2050, mesurées par le PIB aux PPA. Les pays sélectionnés sont mis en évidence en gras dans le tableau pour rendre plus claire l’évolution de leur classement du PIB au fil du temps.
En plus de la hausse de la Chine et de l’Inde déjà notée, un autre développement notable projeté par notre modèle est que le Mexique et l’Indonésie pourraient se hisser parmi les 10 plus grandes économies – se classant respectivement 7e et 8e d’ici 2050 en termes de PIB aux PPA. La Russie pourrait submerger l’Allemagne bien avant 2030 pour devenir la plus grande économie européenne, mais dans le classement mondial, elle pourrait alors être dépassée par le Brésil avant 2050. Le Nigeria et le Vietnam devraient entrer dans le top 20 d’ici 2050 aux 13e et 19e places respectivement. La Malaisie reste juste en dehors du top 20 compte tenu de sa population relativement faible par rapport aux autres économies émergentes considérées ici, mais a néanmoins un fort potentiel de croissance, comme expliqué plus en détail dans la section 3.4.2 ci-dessous.
Le Royaume-Uni devrait passer de la 9e à la 11e place d’ici 2050 étant donné qu’il s’agit d’une économie relativement mature et avancée, bien qu’il se maintienne relativement bien par rapport aux autres économies avancées, en partie en raison d’une démographie relativement favorable selon les normes de l’UE. En revanche, une démographie moins favorable freine la croissance polonaise après 2030, même si elle devrait continuer à croître relativement fortement pendant au moins les deux prochaines décennies, comme indiqué plus en détail à la section 3.4.1 ci-dessous.
3.2. Croissance relative du PIB
Le graphique 7 montre les taux de croissance annuels moyens du PIB réel mesurés en PPA6 pour chaque pays pour la période de 2011 à 2050, et la contribution à celle-ci de la croissance moyenne du PIB par habitant (qui peut être interprétée comme une croissance de la productivité du travail) et de la taux de croissance démographique sur cette période.
Le graphique 7 montre que :
Les économies émergentes devraient croître beaucoup plus rapidement que celles du G7 et des autres économies avancées actuelles au cours des quatre prochaines décennies.
Le Nigeria pourrait être le pays à la croissance la plus rapide de notre échantillon en raison de sa population active jeune et croissante, mais cela dépend de l’utilisation de sa richesse pétrolière pour développer une économie plus large avec de meilleures infrastructures et institutions (par exemple en ce qui concerne l’état de droit et la gouvernance politique). ) et donc soutenir la croissance de la productivité à long terme – le potentiel est là, mais il reste à le concrétiser.
Le Vietnam est également une économie à croissance rapide potentielle, même s’il a besoin d’un cadre de politique macroéconomique plus solide pour soutenir une croissance rapide à long terme.
L’Inde, l’Indonésie et la Malaisie ont également un fort potentiel de croissance dans la région asiatique, à la fois en raison de leur propre dynamisme et de l’attrait de la grande économie chinoise (voir la section 3.4.2 ci-dessous pour plus de détails sur la Malaisie).
Comme indiqué ci-dessus, le taux de croissance de la Chine devrait ralentir après 2020 à mesure que son économie mûrit. L’augmentation de la productivité du travail sera le principal moteur de sa croissance au-delà de 2020, la structure par âge de la population chinoise devenant de moins en moins jeune (accentuée par sa politique de l’enfant unique depuis 30 ans). Cependant, la croissance chinoise devrait rester autour de 3-4% par an même dans les années 2040, toujours bien au-dessus des niveaux projetés aux États-Unis ou dans l’UE.
Bon nombre des économies avancées actuelles connaîtront une croissance démographique extrêmement faible – en fait, le Japon et l’Allemagne connaîtront en fait une croissance démographique négative en moyenne au cours de la période allant jusqu’en 2050 (ceci est également vrai pour la Russie et, comme indiqué plus en détail dans la section 3.4.1 ci-dessous, la Pologne ).
3.3. Niveaux de revenu relatifs
Le graphique 8 ci-dessous montre le PIB par habitant projeté en termes de PPA pour les économies du G7 et de l’E7. Bien que les pays de l’E7 soient sur le point de dépasser les pays du G7 en termes de taille globale et de taux de croissance, on s’attend toujours à ce qu’ils accusent un retard important par rapport aux pays du G7 en 2050 en termes de PIB par habitant.
Les États-Unis devraient conserver leur première place dans ce groupe en termes de niveaux de revenu moyens en 2050, tandis que de grands pays émergents tels que la Chine, le Brésil, l’Indonésie et l’Inde occupent toujours le bas du tableau des revenus. Cependant, les écarts de PIB par habitant entre les deux groupes de pays devraient se combler de manière significative (par exemple, le PIB par habitant de la Chine en proportion des niveaux américains devrait passer de 18 % en 2011 à 44 % en 2050). Le Royaume-Uni est classé quatrième au sein des pays du G7 en termes de PIB par habitant projeté en 2050, derrière les États-Unis et, dans une bien moindre mesure, également le Canada et la France, mais reste assez bien placé sur cette mesure en termes mondiaux.
Cette analyse montre clairement pourquoi les entreprises occidentales ne devraient pas abandonner leurs marchés domestiques aux États-Unis et dans l’UE, même si ceux-ci croissent beaucoup plus lentement en moyenne que les économies émergentes. Pour les produits et services de plus grande valeur, les marchés des États-Unis et de l’UE resteront des emplacements attrayants compte tenu de leurs consommateurs plus aisés, bien que les multinationales des marchés émergents puissent s’attendre à atteindre une position de plus en plus forte sur ces marchés au fil du temps à mesure qu’elles progressent dans la chaîne de valeur.
3.4. Zoom sur la Pologne et la Malaisie
Dans cette édition du rapport Le Monde en 2050, nous examinons de plus près la Pologne et la Malaisie, qui ont été ajoutées à l’étude pour la première fois. Les commentaires suivants ont été rédigés par des experts économiques de haut niveau de PwC dans ces deux pays.
3.4.1. Commentaire sur les projections de croissance à long terme pour la Pologne
Selon notre modèle de projection, le PIB polonais augmentera à un taux réel moyen d’environ 2,5 % par an jusqu’en 2050. Cela peut sembler quelque peu faible étant donné que le taux de croissance moyen de l’économie polonaise depuis l’introduction des réformes du marché en 1990 a été de 3,3 % par an. Compte tenu de cette perspective historique, un taux de croissance inférieur à 3 % est généralement perçu comme décevant pour la Pologne. Une autre raison de cette perception est que l’expérience passée suggère que l’emploi en Pologne ne commence à augmenter (en moyenne) que lorsque le taux de croissance du PIB dépasse 3 %.
D’autre part, les recherches économiques passées montrent qu’à mesure qu’une économie s’enrichit, son potentiel de croissance peut avoir tendance, toutes choses égales par ailleurs, à diminuer. Au début du processus de réforme en 1990, le PIB polonais par habitant ne représentait que 8 % des niveaux allemands aux taux de change du marché de l’époque et seulement environ 32 % en termes de PPA après ajustement des différences de niveau de prix : les ratios actuels correspondants sont de 30 % et 54 % respectivement.
Il existe également une opinion générale selon laquelle les performances post-crise des principaux marchés d’exportation polonais dans l’UE ne seront pas aussi bonnes à l’avenir qu’avant 2008.
Alors, dans ce contexte, un taux de croissance moyen à long terme projeté d’environ 2,5 % jusqu’en 2050 est-il vraiment si décevant ? Regardons les performances de la Pologne en termes relatifs par rapport à l’Allemagne (cf. graphique 9 ci-dessous).
Ces projections de croissance à long terme peuvent être divisées en deux périodes : avant et après 2030. Au cours de la période antérieure jusqu’en 2030, le taux de croissance projeté pour la Pologne est nettement supérieur à celui de l’Allemagne. Le taux polonais moyen devrait en fait être d’environ 3 % par an, légèrement inférieur à sa moyenne historique depuis 1990. La rupture intervient dans les décennies après 2030, lorsque les taux de croissance polonais convergent beaucoup plus étroitement avec ceux de l’Allemagne, tout en restant légèrement plus élevés. Sur l’ensemble de la période jusqu’en 2050, cependant, la croissance polonaise est supérieure d’environ 1 point de pourcentage par an à celle de l’Allemagne, ce qui conduit à une différence de croissance cumulée significative (près de 50 % au total sur les quatre décennies jusqu’en 2050).
Le potentiel de croissance relativement fort de l’économie polonaise au cours des 20 prochaines années par rapport à l’Allemagne (et en fait à d’autres grandes économies d’Europe occidentale telles que le Royaume-Uni et la France) résulte d’un certain nombre de facteurs.
Premièrement, malgré les progrès passés, la Pologne reste un pays relativement pauvre par rapport à l’Allemagne, tout en bénéficiant d’une intégration complète avec le grand marché de l’UE. Ce qui est encore plus important, en particulier alors que les économies de l’UE ont connu des difficultés ces dernières années, c’est que l’adhésion de la Pologne à l’UE offre une stabilité institutionnelle à la fois réelle et perçue en termes de facteurs tels que l’État de droit et la responsabilité politique. Cela signifie que la Pologne devrait rester un endroit à croissance relativement rapide et stable pour investir pendant de nombreuses années à venir.
Deuxièmement, l’économie polonaise continue de se restructurer sérieusement. La part de l’emploi dans l’agriculture reste relativement élevée à environ 12 % et ce nombre diminuera progressivement au fil du temps, améliorant ainsi la productivité moyenne globale. Les inscriptions dans l’enseignement supérieur en Pologne sont parmi les plus élevées de l’UE, ce qui augmente la probabilité que la part de la production qualifiée et à forte intensité technologique augmente dans l’économie polonaise. En outre, au moins jusqu’en 2020, les fonds de l’UE continueront d’affluer en Pologne, soutenant l’infrastructure et le potentiel d’innovation du pays.
Les projections du modèle indiquent un risque que les tendances soient moins favorables après 2030, car le taux de croissance économique pourrait ralentir et la Pologne pourrait pratiquement cesser de rattraper son plus grand voisin de l’UE. La démographie est ici le facteur le plus fondamental. Le nombre de Polonais en âge de travailler (15-64 ans) en 2035 devrait être inférieur de 14 % au chiffre actuel. La Pologne a l’un des taux de fécondité les plus bas de l’UE (1,3) et ce n’est toujours pas un endroit suffisamment attractif pour pouvoir combler cet écart avec l’immigration (en fait, la Pologne connaît toujours une émigration nette à l’heure actuelle, même si cela pourrait changer progressivement à mesure que son niveau de revenu relatif augmente).
En outre, le potentiel de croissance à long terme de la Pologne pourrait être limité par une propension relativement faible à épargner. Une part importante des investissements en Pologne au cours des dernières années a été financée par des entrées de capitaux étrangers. Le déficit moyen du compte courant de l’économie polonaise depuis 2004 était de 4,5% du PIB, mais malgré cela, l’investissement national total n’était que de 21,4% du PIB (contre 23,8% en Allemagne). Ce n’est pas viable si la Pologne souhaite rester une économie à croissance relativement élevée à long terme.
Le message clé de l’analyse est donc que les niveaux d’épargne et d’investissement nationaux devront augmenter si l’économie polonaise veut poursuivre son processus de rattrapage au-delà de 2030. La puissance de la convergence ne sera suffisante que pour les deux prochaines décennies. Mateusz Walewski, économiste principal, PwC Pologne (mateusz.walewski@pl.pwc.com)
3.4.2. Commentaire sur les projections de croissance à long terme pour la Malaisie L’économie malaisienne a progressé à un rythme soutenu de 5,1 % en 2011. La croissance a été tirée par l’expansion de la demande intérieure, attribuée principalement aux dépenses des ménages et à l’investissement des entreprises. Le 10e Plan de la Malaisie, qui guide le développement à moyen terme de la Malaisie de 2011 à 2015, a ciblé une croissance annuelle du PIB réel de 6 % pour la période de cinq ans. De même, le gouvernement malaisien s’est lancé dans un programme de transformation économique (ETP) qui vise une croissance annuelle du PIB réel de 6 % jusqu’en 2020.
En conséquence, nous expliquons dans ce bref commentaire pourquoi nous pensons que, si les plans du gouvernement peuvent être mis en œuvre, le taux de croissance de la Malaisie a le potentiel de surpasser les résultats du modèle, qui montrent une croissance moyenne du PIB réel de 5 % jusqu’en 2020 (ce qui est similaire au dernier projection à moyen terme du FMI jusqu’en 2017) et une croissance réelle d’environ 4,4 % pour l’ensemble de la période jusqu’en 2050.
Le gouvernement malaisien s’est engagé dans une dynamique majeure consistant en un renforcement des capacités ainsi que des initiatives de transformation structurelle basées sur le nouveau modèle économique (NEM). Le NEM définit un cadre global pour transformer la Malaisie d’un pays à revenu intermédiaire supérieur en un pays à revenu élevé et pleinement développé d’ici 2020. En 2010, le gouvernement malaisien a lancé deux programmes de transformation complémentaires : l’ETP et le Government Transformation Program (GTP). L’ETP se compose de deux parties – la première partie est l’identification par les participants des secteurs privé et public de 12 domaines économiques clés nationaux (NKEA)7, qui sont des secteurs offrant d’importantes opportunités de croissance où la Malaisie peut être compétitive à l’échelle mondiale. Des projets de point d’entrée (PPE) ont été identifiés au sein de ces 12 NKEA pour stimuler la croissance et agir comme catalyseurs de l’investissement et de la croissance. Cela représente le côté demande de l’ETP. Dans le même temps, 7 initiatives de réforme stratégique8 (SRI) ont été introduites pour compléter les mesures axées sur la demande en augmentant la compétitivité et le potentiel de croissance de l’économie malaisienne.
Au-delà de 2020, une bonne affaire pourrait être faite pour la surperformance continue de la Malaisie par rapport aux projections du modèle sur la base de trois facteurs clés :
La Malaisie tend la main aux talents mondiaux et à sa propre grande diaspora par le biais de programmes actifs d’attraction de talents et d’un engagement à accroître le dynamisme et l’habitabilité de ses principales zones urbaines.
On s’attend à ce qu’un environnement politique fortement favorable à la croissance se poursuive bien au-delà de 2020.
La progression dans la chaîne de valeur, y compris le développement de la capacité d’innovation, pourrait entraîner une forte croissance continue de la productivité du travail supérieure au taux de 3,4 % prévu par le modèle en 2021-50. Ces efforts de transformation montrent quelques premiers fruits de succès – dans les récentes enquêtes et études économiques mondiales, la Malaisie a constamment montré une amélioration rapide :
Le rapport Doing Business 2013 de la Banque mondiale a montré que la Malaisie s’est hissée au 12e rang sur 185 économies, avec des faits saillants clés, notamment une solide protection des investisseurs.
Le Rapport sur la compétitivité mondiale 2012-2013 du Forum économique mondial classe la Malaisie parmi les 10 premiers pays d’Asie-Pacifique et inclut une reclassification de la Malaisie d’une économie axée sur l’efficacité à une économie en transition vers une économie axée sur l’innovation.
Patrick Tay, directeur exécutif, Conseil économique, PwC Malaisie (patrick.se.tay@my.pwc.com)
Obstacles potentiels à une croissance durable et défi du changement climatique
4.1. Obstacles potentiels à une croissance durable
Les projections de croissance décrites ci-dessus supposent qu’il n’y aura pas de catastrophe mondiale majeure et que les pays continueront de suivre des politiques globalement favorables à la croissance. De toute évidence, cependant, il existe de nombreuses incertitudes entourant ces projections à long terme et de nombreux défis qui doivent être surmontés pour parvenir à une croissance mondiale durable aux taux tendanciels moyens de plus de 3 % indiqués par notre modèle.
Certains des risques liés aux projections sont liés aux hypothèses économiques du modèle. En particulier, il pourrait y avoir :
Diminution des rendements de l’investissement en capital dans les économies émergentes telles que la Chine, comme cela s’est produit dans le passé pour le Japon : cela est déjà pris en compte dans le modèle dans une certaine mesure, mais pourrait s’avérer un effet plus important que nous ne le supposons, en particulier si les méthodes de l’allocation du capital ne s’améliorent pas dans les économies émergentes comme la Chine et l’Inde, où les banques d’État continuent de jouer un rôle dominant. Un ralentissement du taux de progrès à la frontière technologique, tel que représenté par les États-Unis dans le modèle : cela a été considéré comme un risque par Gordon (2012)9 , bien qu’il semble plutôt en contradiction avec l’accélération du rythme de changement dans les TIC et le potentiel de progrès rapides dans des domaines tels que la nanotechnologie et la biotechnologie au cours des prochaines décennies. Il est possible que la croissance mesurée du PIB ralentisse en raison de difficultés à mesurer les améliorations liées à la technologie dans la qualité de certains services, mais nous n’avons pas pris cela en compte dans notre modèle car cela ne représenterait pas un ralentissement de la variable sous-jacente de la production économique que le PIB cherche, même imparfaitement, à mesurer.
Protectionnisme accru entraînant des taux de rattrapage plus lents pour les économies émergentes en particulier. C’est toujours une préoccupation, mais jusqu’à présent, les tendances récentes suggèrent que les politiciens reconnaissent qu’aller trop loin dans cette direction serait voué à l’échec à long terme, car les économies qui se coupent du commerce et de l’investissement mondiaux ont tendance à croître plus lentement à l’avenir. long terme.
Un autre défi majeur, cependant, concerne les contraintes potentielles des ressources naturelles sur la croissance mondiale durable à long terme. Dans la discussion ci-dessous, nous nous concentrons sur la consommation d’énergie et le changement climatique car il s’agit du sujet le plus facilement quantifiable dans le cadre de notre modèle, mais d’autres domaines comme l’eau, l’alimentation et la biodiversité sont clairement aussi importants.
4.2. Consommation d’énergie et changement climatique : trop tard pour 2 degrés ?
Dans les rapports précédents de la série Le monde en 205010, nous avons étendu notre modèle de PIB pour dériver des projections de consommation d’énergie et d’émissions de carbone dans des scénarios politiques alternatifs. Ce modèle étendu a également servi de base au PwC Low Carbon Economy Index, dont la dernière édition a été publiée en novembre 201211. Nous avons mis à jour ces calculs pour produire trois scénarios possibles pour les émissions mondiales de carbone et les concentrations atmosphériques de gaz à effet de serre comme résumées dans le tableau 3 ci-dessous.
Le premier scénario de « statu quo » projette l’expérience de la période 2000-2011, lorsque la décarbonation mondiale totale n’était en moyenne que de 0,8 % par an. Cela était en grande partie dû aux améliorations de l’intensité énergétique avec peu de progrès vers un mix énergétique plus vert (et pas de CSC). C’est un scénario pessimiste mais qui pourrait mettre le monde sur la voie d’un changement climatique catastrophique d’ici la fin du siècle12.
Notre troisième scénario de « croissance verte » dans la dernière colonne du tableau 3 est ce qui serait nécessaire pour respecter l’objectif de l’ONU de limiter le réchauffement climatique à environ 2˚C – cela nécessite désormais une décarbonisation de plus de 5 % par an jusqu’en 2050, ce qui sa crédibilité compte tenu de l’absence de progrès depuis 2000 et des résultats généralement décevants des pourparlers sur le changement climatique mondial depuis 2009.
Un cas un peu plus réaliste, mais toujours difficile, est notre scénario de « verdissement progressif ». Cela suppose des améliorations de l’intensité énergétique à environ deux fois le taux moyen observé depuis 2000, des progrès significatifs dans le passage du charbon au gaz en Chine et en Inde et, à plus long terme, aux carburants renouvelables dans le monde d’ici 2050, ainsi qu’une introduction progressive du CCS à partir de 2020. Des études antérieures suggèrent que ce type de programme, s’il est mis en place progressivement, ne devrait pas réduire le PIB mondial en 2050 de plus d’environ 2 à 3 % du PIB, mais il nécessite un engagement beaucoup plus important de la part de toutes les grandes économies du monde pour atteindre un tel niveau. résultat que nous avons vu ces dernières années. Même dans ce cas, nous pourrions voir une éventuelle augmentation des températures mondiales d’environ 4˚C, ce qui pourrait avoir des impacts économiques, sociaux et environnementaux majeurs, mais s’arrêterait au moins avant les résultats à long terme plus catastrophiques qui deviennent de plus en plus probables dans le scénario du statu quo.
L’alternative à la décarbonisation serait une croissance du PIB beaucoup plus lente, mais le prix à long terme serait beaucoup plus élevé. Le risque est que, si des progrès plus rapides vers la lutte contre le changement climatique ne commencent pas bientôt, de telles restrictions à la croissance pourraient être imposées aux générations futures. Il semble y avoir moins de risque en raison de l’épuisement des combustibles fossiles, compte tenu de l’augmentation récente de l’utilisation de ressources non conventionnelles telles que le gaz de schiste et l’huile de schiste (ce dernier fera l’objet d’un nouveau rapport de recherche détaillé de PwC qui sera publié plus tard en 2013).
Des considérations similaires s’appliquent à d’autres problèmes de ressources naturelles liés à des domaines tels que l’alimentation, l’eau et la biodiversité – agir maintenant de manière mesurée devrait être moins coûteux à long terme que de reporter l’action à plus tard dans le siècle ; mais à une époque d’austérité économique à l’Ouest et de développement économique rapide à l’Est, c’est plus facile à dire qu’à faire. Cependant, l’étude détaillée de ces questions dépasse le cadre du présent rapport13.
Implications pour les entreprises
5.1. Opportunités et défis pour les entreprises occidentales Pour les entreprises des économies occidentales avancées (les États-Unis et l’UE en particulier), il existe clairement à la fois des défis et des opportunités associés à nos projections de croissance mondiale. Le tableau 4 ci-dessous résume certaines d’entre elles du point de vue des entreprises occidentales envisageant de se développer dans les économies émergentes au cours des dix prochaines années (il est difficile de regarder au-delà de cette période au niveau sectoriel).
Cependant, il est difficile d’être précis quant à la sélection des gagnants et des perdants au niveau sectoriel – beaucoup dépendra des détails du marché particulier et de la manière dont la stratégie d’entrée de l’entreprise est exécutée. Les risques plus élevés associés aux marchés émergents doivent également être pris en compte dans les évaluations de projets et les évaluations d’acquisition, comme indiqué dans l’analyse trimestrielle des primes de risque pays de PwC14.
5.2. Accent accru sur les marchés de consommation émergents
Une analyse récente de notre rapport Global Economy Watch de décembre 201215 apporte un éclairage supplémentaire à ce sujet en distinguant, pour la période allant jusqu’en 2020, les économies qui resteront davantage axées sur la production à faible coût (par exemple, le Vietnam et l’Indonésie) et celles, comme la Chine, Le Brésil et la Russie, qui deviendront de plus en plus importants en tant que marchés de consommation à mesure que les salaires réels augmentent et probablement aussi que les taux de change réels s’apprécient selon notre modèle.
Dans le même temps, les grands marchés comme la Chine et l’Inde peuvent être des endroits difficiles pour faire des affaires. Il est important de comprendre et de s’adapter aux règles, réglementations et coutumes locales. La bonne stratégie d’entrée et, le cas échéant, le(s) bon(s) partenaire(s) de coentreprise sont essentiels au succès, tout comme de bonnes relations avec les autorités locales et les organismes de réglementation. Dans certains cas, les sites de production optimaux peuvent ne pas être les mêmes que les plus grands marchés de consommation (par exemple, investir en Malaisie, en Indonésie ou au Vietnam comme porte d’entrée vers la Chine ou l’Inde, ou en Pologne comme porte d’entrée vers la Russie).
Annexe A. Moteurs de croissance
A.1. structure du modèle
Conformément à la théorie économique établie et à un grand nombre d’études antérieures, nous adoptons un modèle simplifié de croissance économique à long terme16 dans lequel les parts du revenu national allant au capital et au travail sont supposées constantes17. La croissance du PIB dans ce modèle est déterminée par des hypothèses sur quatre facteurs, que nous abordons tour à tour ci-dessous :
Croissance de la population active, telle qu’approchée par les projections des Nations Unies pour la population en âge de travailler.
Croissance de la qualité de la main-d’œuvre (« capital humain »), qui est supposée être liée aux niveaux d’éducation moyens actuels et projetés de la main-d’œuvre.
La croissance du stock de capital physique, qui est déterminée par les nouveaux investissements en capital moins la dépréciation du stock de capital existant.
Le progrès technologique, qui entraîne des améliorations de la productivité totale des facteurs (PGF).
En outre, comme indiqué ci-dessus, le modèle formule également des hypothèses sur les tendances futures des taux de change réels du marché par rapport aux taux de PPA (voir la section A2 ci-dessous pour plus de détails).
En appliquant cette approche, nous prenons les États-Unis comme notre économie de référence, car ils sont supposés être à la « frontière mondiale » en termes de technologie et donc de productivité. La croissance du PIB américain est modélisée d’une manière un peu plus simple sur la base d’une croissance supposée de la productivité du travail de 2 % par an et des projections de la population en âge de travailler des Nations Unies. Comme décrit plus loin, les autres pays sont ensuite supposés rattraper progressivement les niveaux de productivité des États-Unis au fil du temps (à des taux qui varient selon les pays en fonction de leur situation).
Une limite de notre modèle qui mérite d’être notée dès le départ est que, bien qu’il permette des liens entre les performances des pays en raison des changements de la frontière technologique mondiale, il ne permet pas aux performances d’un pays (à l’exception des États-Unis) d’affecter les performances dans d’autres pays directement. La capture de ces interconnexions nécessiterait une approche de modélisation beaucoup plus complexe couvrant les flux commerciaux et d’investissement entre les pays. Notre approche limite la valeur du modèle à des fins de simulation mondiale, mais est beaucoup plus souple pour produire des projections de croissance à long terme pour des pays individuels. En outre, nos hypothèses sont choisies de manière à être globalement cohérentes d’un pays à l’autre, de sorte que les projections constituent un « scénario principal » plausible pour l’économie mondiale dans son ensemble.
A.1.1. démographie
Nous utilisons les dernières projections des Nations Unies (révision 2011) pour la population âgée de 15 à 59 ans comme indicateur de la croissance de la population active. Certaines économies pourraient être en mesure d’atteindre une croissance plus rapide ici si elles peuvent augmenter leurs taux d’emploi, mais de tels effets sont difficiles à prévoir et nous ne les avons donc pas inclus dans nos estimations du scénario de base.
Selon les projections de l’ONU, tous les pays pris en compte dans cette étude, à l’exception de l’Inde, verront une diminution de la part de leur population totale dans le groupe d’âge actif des 15 à 59 ans entre 2011 et 2050. C’est la contrepartie du fait que les 24 pays (y compris l’Inde) devraient voir une part croissante de leur population âgée de 60 ans ou plus. La Corée, l’Espagne, la Russie, le Japon, l’Italie et la Chine devraient connaître les baisses les plus importantes de la part du groupe d’âge très actif au cours de la période allant jusqu’en 2050. Les effets importants du vieillissement sont
donc nullement confinés aux pays développés existants, mais sont également importants pour certaines des principales économies de marché émergentes.
Si nous examinons plutôt la croissance attendue des populations en âge d’activité maximale (voir graphique A1), alors il y a plus de pays avec des taux de croissance positifs en raison soit de taux de natalité relativement élevés (par exemple, le Nigeria, l’Inde et la Turquie) et/ou de taux d’immigration (par exemple, le NOUS). Mais tous les principaux pays européens de l’OCDE sont confrontés à des populations en âge de travailler statiques ou en déclin (à l’exception du Royaume-Uni où elles devraient augmenter légèrement en raison de l’immigration) et cela est également vrai du Japon, de la Corée, de la Chine et, en particulier, de la Russie. L’impact d’une population en déclin et vieillissante est particulièrement important en ce qu’il limite la capacité de la Russie à augmenter sa part du PIB mondial à long terme de la même manière que d’autres grandes économies émergentes. Une population vieillissante agit également comme un frein à la croissance chinoise à plus long terme (c’est-à-dire après 2020) par rapport à celle de l’Inde.
A.1.2. Éducation
À l’instar de plusieurs études universitaires antérieures, nous avons fondé nos estimations du stock de capital humain sur les données relatives au nombre moyen d’années de scolarisation de la population âgée de 25 ans et plus de Barro et Lee (2001). Nous suivons ensuite l’approche de Hall et Jones (1998), elle-même basée sur l’enquête sur les estimations internationales des rendements de la scolarisation dans des pays à différents niveaux de développement économique par Psacharopoulus (1994). Plus précisément, pour les quatre premières années d’études, nous supposons un taux de rendement de 13,4 %, correspondant aux estimations moyennes pour l’Afrique subsaharienne. Pour les quatre prochaines années, nous supposons un rendement de 10,1 %, correspondant à la moyenne mondiale. Pour l’éducation au-delà de la 8e année, nous supposons des rendements moyens estimés de 6,8 % dans la zone OCDE. Cette approche conduit à des estimations du stock de capital humain par travailleur sous forme d’indice par rapport aux États-Unis.
Nous supposons ensuite que le nombre moyen d’années de scolarisation de la population de plus de 25 ans augmente au fil du temps dans chaque pays à des taux dérivés en extrapolant à partir des tendances des 5 à 20 dernières années (le poids accordé aux moyennes passées sur 5, 10 ou 20 ans varie d’un pays à l’autre en fonction de ce que nous considérons comme le meilleur indicateur des tendances sous-jacentes des niveaux d’éducation dans chaque pays). Conformément aux tendances de la dernière période, le nombre moyen d’années de scolarité devrait augmenter au rythme le plus lent aux États-Unis, reflétant leur point de départ plus élevé. Cela permet à d’autres pays de rattraper les niveaux américains moyens estimés de capital humain par travailleur.
Les taux de rattrapage éducatif les plus rapides sont supposés être observés dans des pays asiatiques tels que l’Inde et l’Indonésie, ce qui est conforme aux tendances des périodes récentes et est un facteur important dans leurs performances de croissance projetées relativement fortes. La Russie et la Pologne, avec des niveaux d’instruction moyens initiaux relativement élevés, progressent encore mais ont moins de possibilités de rattrapage rapide dans ce domaine.
A.1.3. Investissement en capital
Nous avons commencé par les estimations de King et Levine (1994) des ratios stock de capital/production au milieu des années 1980. Ces ratios sont projetés jusqu’à notre année de référence 2011 en utilisant les données sur l’investissement en % du PIB de la base de données Penn World Tables (v. 6.1) jusqu’en 2000, complétées par les données du FMI pour les années plus récentes. Nous supposons un taux de dépréciation annuel uniforme de 5 % du stock de capital existant à la fois dans ce calcul et dans les projections prospectives, ce qui est cohérent avec les taux de dépréciation de 4 à 6 % généralement supposés dans la littérature académique. Les ratios capital-production qui en résultent en 2011 varient d’environ 1 au Nigeria à 4,2 au Japon (le ratio britannique est de 2,5).
Pour l’avenir, nous supposons que les ratios investissement/PIB annuels moyens initiaux, qui varient d’environ 5 % au Nigéria à plus de 40 % en Chine, s’ajustent progressivement aux niveaux d’investissement à long terme après 2025, qui varient plus étroitement de 10 % au Nigéria à 25 % en Chine. Chine (voir tableau A1 ci-dessous).
Ces hypothèses reflètent le point de vue selon lequel, avec la baisse des rendements marginaux des nouveaux investissements au fil du temps, les ratios investissement/PIB très élevés observés en Chine et dans d’autres marchés asiatiques émergents auront tendance à diminuer à long terme à mesure que ces économies mûriront (comme cela s’est produit avec le Japon depuis le début des années 1990).
Conformément à des études antérieures similaires, nous supposons pour simplifier que le capital a une part constante de 1/3 dans la production nationale, le travail ayant une part de 2/3.
A.1.4. progrès technologique
Ce facteur est supposé être lié à la mesure dans laquelle un pays est en retard sur le leader technologique (supposé ici être les États-Unis) et a donc le potentiel de «rattraper» grâce au transfert de technologie, en fonction des niveaux de capital physique et humain. l’investissement (comme indiqué ci-dessus) et d’autres facteurs plus institutionnels tels que la stabilité politique, l’ouverture au commerce et à l’investissement étranger, la force de l’État de droit, la force du système financier et les attitudes culturelles à l’égard de l’entrepreneuriat. Ces derniers facteurs institutionnels ne sont pas facilement quantifiables à travers un indice unique, mais se reflètent dans nos hypothèses sur la vitesse relative du rattrapage technologique dans chaque pays.
Dans certains cas (par exemple, l’Inde, l’Indonésie et le Nigéria), nous supposons un rythme de progrès technologique plus lent à court terme, mais supposons que le rythme de rattrapage s’accélère à plus long terme à mesure que ces pays renforcent leurs cadres institutionnels. À plus long terme, le taux de rattrapage est supposé converger vers un taux annuel de 1,5 % de l’écart de productivité totale des facteurs avec les États-Unis, ce qui est conforme aux résultats de recherches universitaires antérieures18 suggérant un taux de rattrapage typique à long terme. des taux d’environ 1 à 2 % par an.
Il est important de souligner que cette approche vise uniquement à produire des projections de croissance tendancielle à long terme. Elle ignore les fluctuations cycliques autour de cette tendance de long terme, dont l’histoire suggère qu’elles pourraient être significatives à court terme pour les économies émergentes en particulier, mais que l’on ne peut espérer prédire plus d’un an ou deux à l’avance au maximum. Il ignore également la possibilité de chocs négatifs majeurs (par exemple, des révolutions politiques, des catastrophes naturelles ou des conflits militaires) qui pourraient détourner les pays de leur trajectoire de croissance d’équilibre pendant de plus longues périodes, mais qui sont par nature impossibles à prévoir. Dans le même temps, notre modélisation ne tient pas compte de la possibilité d’un saut soudain de la frontière technologique (représentée ici par la croissance de la productivité du travail aux États-Unis, qui, comme indiqué ci-dessus, nous supposons qu’elle augmentera à un taux constant de 2 % par an en termes réels, reflétant les tendances historiques) en raison d’une nouvelle vague majeure d’innovation non encore imaginée. Comme indiqué dans la section 4.1 ci-dessus, cependant, il écarte également les arguments de Gordon (2012) et d’autres selon lesquels le progrès technologique mondial pourrait ralentir.
A.2. Taux de change réels : PPA vs. RFG
Le PIB aux PPA est un meilleur indicateur du niveau de vie moyen ou des volumes de produits ou d’intrants, car il corrige les différences de prix entre les pays à différents niveaux de développement. En général, les niveaux de prix sont nettement inférieurs dans les économies émergentes, de sorte que l’examen du PIB aux PPA réduit l’écart de revenu avec les économies avancées par rapport à l’utilisation des taux de change du marché.
Le PIB aux RFG peut être une meilleure mesure de la taille relative des économies du point de vue des entreprises, du moins à court terme. À des fins de planification d’entreprise à long terme ou d’évaluation des investissements, il est crucial de prendre en compte la hausse probable des taux de change réels du marché dans les économies émergentes vers leurs taux de PPA. Cela pourrait se produire soit par une inflation des prix intérieurs relativement plus élevée dans ces économies émergentes, soit par une appréciation du taux de change nominal, soit (très probablement) par une combinaison de ces deux effets.
Lors de l’estimation du PIB aux taux de change du marché sur la période allant jusqu’en 2050, une méthodologie similaire est donc adoptée comme dans le rapport original Le monde en 2050, où les taux de change du marché convergent vers les niveaux de PPA à des taux qui diffèrent d’une économie à l’autre. Cela conduit à des projections de hausses significatives des taux de change réels du marché pour les principales économies de marché émergentes en raison de leurs taux de croissance de la productivité plus élevés, bien que ces RFG projetés restent bien en deçà des niveaux de PPA en 2050 pour les marchés émergents les moins développés. Nous avons cependant mis à jour notre méthodologie ici avec de nouvelles estimations économétriques de la relation entre cette appréciation du taux de change réel des marchés émergents et la croissance relative de la productivité.
Pour les économies avancées, nous supposons que les taux de change réels convergent très progressivement vers leurs taux de PPA à un rythme régulier sur la période de 2012 à 2050. Cela est cohérent avec les recherches universitaires montrant que la parité de pouvoir d’achat se maintient à long terme, au moins approximativement, mais pas à court terme.
Dans l’annexe B ci-dessous, nous examinons plus en détail nos résultats pour le PIB aux taux de change réels, qui utilisent ces hypothèses sur les mouvements du taux de change réel au fil du temps (mais sont également plus incertains que les projections aux PPA en raison de la difficulté de projeter ces taux de change réels). changements de taux dans la pratique).
Références
Barro, R. J. (1997), Determinants of Economic Growth: A Cross-Country Empirical Study (Cambridge, MA: The MIT Press, 1997). Barro, R.J., et J.W. Lee (2001), « Données internationales sur le niveau d’instruction : mises à jour et implications », Oxford Economic Papers, 53 : 541-563. L’ensemble de données est disponible sur le site Web de la Banque mondiale, comme indiqué ci-dessous.
Denison, E. (1985), Tendances de la croissance économique américaine, 1929-1982, Brookings Institution.
Hall, R.E. et C.I. Jones (1998), « Why Do Some Countries Produce So Much More Output per Worker than Others ? », Stanford University Working Paper, n° 98-007, mars 1998.
King, R. et R. Levine (1994), « Capital Fundamentalism, Economic Development and Economic Growth », Carnegie-Rochester Conference Series on Public Policy, 41 (automne 1994) : 157-219.
Miles, D. et A. Scott (2004), Macroeconomics and the global business environment (Londres : John Wiley & Sons).
Psacharopoulus, G. (1994), ‘Returns to Investment in Education: A Global Update’, World Development, 22: 1325-43.
Solow, R. (1956), « Une contribution à la théorie de la croissance économique », Quarterly Journal of Economics, février 1956.
Solow, R. (1957), « Technical Change and the Aggregate Production Function », Review of Economics and Statistics, août 1957.
Wilson, D. et R. Purushothaman (2003), « Dreaming With BRICs : The Path to 2050 », Goldman Sachs, Global Economics Paper No.99, octobre 2003.
Appendice B. Projections supplémentaires du PIB aux taux de change du marché
Le tableau B1 ci-dessous résume nos projections de PIB pour 2011, 2030 et 2050 mesurés aux taux de change du marché (RFG). La plupart des conclusions et observations générales du tableau 2 dans le corps du texte (classement basé sur le PIB aux PPA) restent valables : la Chine dépasse les États-Unis en tant que plus grande économie du monde tandis que l’Inde se hisse clairement à la troisième place, bien devant le Brésil, qui remonte à la quatrième place d’ici 2050. Le Mexique et l’Indonésie reprennent leur place dans le top 10 d’ici 2050, tandis que le Nigeria entre dans le top 20 d’ici 2050, mais n’est pas aussi bien placé que dans le classement PPP (et le Vietnam ne fait pas le les 20 premiers d’ici 2050 en utilisant les RFG).
Le graphique B2 ci-dessous montre les taux de croissance moyens annuels mesurés en RFG pour chaque pays jusqu’en 2050. Il est similaire au graphique 7 dans le corps du texte, mais il montre également la contribution supplémentaire des mouvements projetés du taux de change réel aux taux de croissance moyens du PIB. mesuré en dollars américains constants.
A partir de ce tableau, nous pouvons noter ce qui suit :
Les mouvements de taux de change projetés de notre modèle donnent un nouvel élan à la croissance réelle en termes de dollars pour les économies émergentes (à l’exception du Brésil, qui avait en fait un taux de change du marché en 2011 légèrement supérieur aux niveaux de PPA, bien qu’il ait diminué depuis les entrées de capitaux ont diminué). Cela est particulièrement vrai pour des pays comme le Vietnam et l’Indonésie, car l’appréciation réelle prévue de leurs devises est suffisante pour les pousser devant le Nigeria et devenir les deux économies à la croissance la plus rapide au cours des prochaines décennies.
D’autre part, certaines des économies développées telles que l’Australie, le Japon et celles de la zone euro devraient connaître une dépréciation réelle progressive de la monnaie par rapport au dollar américain, car leurs taux de change du marché sont actuellement estimés par la Banque mondiale comme étant supérieurs à la PPA. les taux. Cela contribue négativement à leurs taux de croissance projetés du PIB réel lorsqu’ils sont mesurés en dollars américains par rapport aux projections en PPA (ou en monnaie nationale).
Compte tenu des incertitudes liées à ces projections à long terme, il convient de prêter plus d’attention aux larges relativités des taux de croissance indiqués dans le graphique ci-dessus, plutôt qu’aux chiffres de croissance précis. Lorsqu’elles sont appliquées dans un contexte commercial, une analyse de sensibilité et de scénario appropriée doit être utilisée plutôt que de concentrer l’attention sur une projection ponctuelle de croissance à long terme.
PwC Macroéconomie
Ce rapport a été rédigé par John Hawksworth et Danny Chan de l’équipe Macroéconomie de PwC au Royaume-Uni avec des contributions supplémentaires de Patrick Tay (PwC Malaisie) et Mateusz Walewski (PwC Pologne). Notre équipe de macroéconomie maintient des modèles internes de plus de 25 grandes économies qui représentent ensemble plus de 80 % du PIB mondial. Pour des projections à jour, veuillez consulter notre rapport mensuel Global Economy Watch ici : http://www.pwc.co.uk/economic-services/global-economy-watch/index.jhtml Les services de conseil de l’équipe combinent une analyse stratégique des tendances macro avec de solides techniques quantitatives dans les grands domaines décrits ci-dessous : Prévision des revenus et de la demande Nous utilisons notre vision de l’économie mondiale et notre boîte à outils économétrique pour aider les entreprises à évaluer la taille actuelle et potentielle des marchés sur lesquels elles se trouvent et les marchés sur lesquels elles ne se trouvent pas. Analyse de scénarios et tests de résistance Nous créons des scénarios et des cadres de risque pour aider les entreprises à comprendre les risques et les opportunités de leur activité et à les planifier. Analyse d’impact Nous aidons nos clients à démontrer leur valeur en évaluant leur impact économique et social, y compris leurs contributions à l’emploi, à la croissance et aux recettes fiscales stratégie du secteur public Nous travaillons avec des villes, des régions et des pays pour les aider à créer des politiques et des stratégies basées sur des vues macro et des analyses économiques Pour plus d’informations sur ce rapport ou sur nos services de conseil macroéconomique, veuillez contacter l’un des membres de l’équipe UK Macroeconomics ci-dessous : john hawksworth Économiste en chef +44 (0) 20 7213 1650 john.hawksworth@uk.pwc.com Guillaume Zimmern Consultant senior +44 (0)20 7212 2750 william.zimmern@uk.pwc.com Richard Boxshall Consultant senior +44 (0)20 7213 2079 richard.boxshall@uk.pwc.com
La volonté des États unis d’Amérique d’attirer l’Algérie dans son giron ou à tout le moins l’éloigner de l’influence russe n’échappe à personne. Cette volonté s’exprime un peu plus ouvertement depuis le déclenchement de la guerre entre la Russie de Vladimir Poutine et l’Ukraine. Les Américains savent à quel point l’Algérie est un allié historique et stratégique de la Russie depuis l’époque de l’Union sSoviétique et le choix de notre pays d’adopter le socialisme. C’est que Washington a compris que l’attachement de l’Algérie à son amitié avec la Russie rend cette dernière tout à fait crédible et fréquentable malgré sa guerre contre l’Ukraine.
Après avoir tenté vainement de faire changer d’avis à notre pays à travers des manœuvres de déstabilisation voire des menaces à travers des membres du Congrès ou via l’entité israélienne et le Maroc, Washington semble avoir compris que cette stratégie du bâton ne marche pas. Elle revient désormais à de meilleurs sentiments en tendant la carotte aux hauts responsables algériens dans l’espoir d’obtenir une réponse favorable sous forme, ne serait-ce que, d’une prise de distance vis à vis de la Russie de Vladimir Poutine.
L’activisme diplomatique ces dernières semaines de l’ambassadrice des États-Unis en Algérie Mme Elizabeth Moore Aubin, est en effet loin d’être fortuit. La représentante de Washington veut décliner une nouvelle tactique de l’oncle Sam qui consiste à tenir un dialogue doux avec Alger plutôt que de multiplier des déclarations tapageuses qui ont été perçues par Alger comme des provocations inacceptables d’autant que ses relations avec Moscou qui n’ont jamais souffert ne serait-ce que d’une brume passagère.
Autrement dit, l’Algérie a gagné dans son bras de fer larvé avec les États unis qui ont quasiment mis en demeure tous les pays du monde de choisir leur camp entre l’Occident pro Ukraine et la Russie. Cette posture menaçante qui confine au maccarthysme des années 60-70 n’a pas été du goût de plusieurs pays dont l’Algérie qui a refusé de sacrifier ses rapports historiques avec Moscou sur l’autel d’un positionnement douteux aux côtés du camp occidental et son sulfureux potiche Volodomir Zilensky.
Washington a donc fini par admettre que notre pays qui est attaché à sa doctrine diplomatique héritée de la guerre de libération nationale n’est pas malléable encore moins corvéable comme le sont certains autres. Le fait est que Mme l’ambassadrice a même lancé une offre de service aux autorités algériennes de s’armer avec du « made in USA » et ne plus se contenter de s’approvisionner de Russie. Connaissant la frilosité des Américains à vendre des armes à l’Algérie depuis les années rouges du terrorisme, il y a lieu de s’étonner de cette disponibilité.
Il faut croire que le pragmatisme américain ne s’accommode pas du passé et du passif. Pour obtenir l’isolement de la Russie, Washington est prête à tous les compromis possibles y compris à reprendre langue avec des régimes qui lui sont hostiles comme celui d’Iran, du Cuba ou du Venezuela. En convoquant une conférence de presse pour dérouler la feuille de route de son pays dans son approche avec l’Algérie, Elizabeth Moore Aubin confirme ce changement de ton et de mode opératoire US à l’égard de l’Algérie qui ne s’est pas laissée impressionner par les effets de manche. L’audience accordée hier par le Premier ministre Aiment Benabderahamane à l’ambassadrice des États-Unis constitue le point d’orgue de ce « soft power » typiquement américain.
La propagande rend stupide. Nous savons que les nationalistes intégraux ukrainiens ont commis d’abominables massacres, particulièrement durant la Seconde Guerre mondiale. Mais nous ignorons ce qu’ils font à nos portes depuis trente ans, notamment la guerre civile qu’ils conduisent depuis huit ans. Notre propre stupidité nous permet de supporter les cris de guerre de nos responsables politique aux côtés de ces criminels.
Lorsque survient une guerre, les gouvernements croient toujours qu’ils doivent renforcer le moral de leur population en les abreuvant de propagande. Les enjeux sont tels, la vie et la mort, que les débats se durcissent et les positions extrémistes font recette. C’est très exactement ce à quoi nous assistons ou plutôt la manière dont nous nous transformons. Dans ce jeu, les idées défendues par les uns et les autres n’ont aucun rapport avec leurs présupposés idéologiques, mais avec leur proximité du pouvoir Au sens étymologique, la propagande, c’est juste l’art de convaincre, de propager des idées. Mais à l’époque moderne, c’est un art qui vise à reconstruire la réalité pour dénigrer l’adversaire et magnifier ses propres troupes.
Contrairement à une idée répandue en Occident, ce ne sont pas les nazis, ni les Soviétiques qui l’ont inventée, mais les Britanniques et les États-uniens durant la Première Guerre mondiale [1].
Aujourd’hui, l’Otan coordonne les efforts en la matière depuis son Centre de communication stratégique de Riga (Lettonie) [2]. Il identifie les points sur lesquels il veut agir et organise des programmes internationaux pour les mener à bon port.
Par exemple, l’Otan a identifié Israël comme un point faible : alors que l’ancien Premier ministre Benjamin Netanyahu était un ami personnel du président ukrainien Volodymyr Zelensky, son successeur Naftali Bennett, reconnut le bien-fondé de la politique russe. Il conseilla même de restituer la Crimée et le Donbass et, surtout, de dénazifier l’Ukraine. L’actuel Premier ministre, Yaïr Lapid, est plus hésitant. Il ne veut pas soutenir les nationalistes intégraux qui massacrèrent un million de juifs peu avant et pendant la Seconde Guerre mondiale. Mais il veut aussi rester en bons termes avec les Occidentaux.
Pour ramener Israël dans le droit chemin, l’Otan tente de persuader Tel-Aviv qu’en cas de victoire russe, Israël perdrait sa position au Moyen-Orient [3]. Pour cela, il diffuse le plus largement possible le mensonge selon lequel l’Iran serait l’allié militaire de la Russie. La presse internationale ne cesse de prétendre que, sur le champ de bataille, les drones russes sont iraniens et bientôt les missiles à moyenne portée le seront aussi. Pourtant Moscou sait fort bien fabriquer ces armes et n’en a jamais demandé à Téhéran. La Russie et l’Iran ne cessent de démentir ces allégations. Mais les responsables politiques occidentaux, s’appuyant sur la presse et non pas sur la simple réflexion, ont déjà pris des sanctions contre les marchands d’armes iraniens. Bientôt Yaïr Lapid, fils du président du mémorial Yad Vashem, sera cerné et contraint de se ranger du côté des criminels
Les Britanniques, quant à eux, excellent traditionnellement dans l’activation de médias en réseau et dans l’enrôlement des artistes. Le MI6 s’appuie sur un groupe de 150 agences de presse travaillant au sein du PR Network [4]. Ils convainquent toutes ces sociétés de reprendre leurs imputations et leurs slogans.
Ce sont eux qui vous ont successivement convaincu que le président Vladimir Poutine était mourant, puis qu’il était devenu fou, ou encore qu’il rencontrait une forte opposition chez lui et qu’il allait être renversé par un coup d’État. Leur travail se poursuit aujourd’hui avec les interviews croisés de soldats en Ukraine. Vous entendez les soldats ukrainiens dirent qu’ils sont nationalistes et les soldats russes qu’ils ont peur mais doivent défendre la Russie. Vous entendez que les Ukrainiens ne sont pas des nazis et que les Russes, vivant sous une dictature, sont contraints de se battre. En réalité, la plupart des soldats ukrainiens ne sont pas« nationalistes » au sens de défenseurs de leur patrie, mais « nationalistes intégraux » au sens de deux poètes, Charles Maurras et de Dmytro Dontsov [5]. Ce n’est pas du tout pareil.
Ce n’est qu’en 1925 que le pape Pie XI condamna le « nationalisme intégral ». À cette époque Dontsov avait déjà écrit son Націоналізм (Nationalisme) (1921). Maurras et Dontsov définissent la nation comme une tradition et pensent leur nationalisme contre les autres (Maurras contre les Allemands et Dontsov contre les Russes). Tous deux abhorrent la Révolution française, les principes de Liberté, Égalité et Fraternité et dénoncent sans relâche les juifs et les francs-maçons. Ils considèrent la religion comme utile à l’organisation de la société, mais semblent agnostiques. Ces positions conduisent Maurras à devenir pétainiste et Dontsov hitlérien. Ce dernier s’enfoncera dans un délire mystique varègue (viking suédois). Le pape suivant, Pie XII, abroge la condamnation de son prédécesseur, juste avant que la guerre n’éclate. À la libération, Maurras sera condamné pour intelligence avec l’ennemi (lui qui était germanophobe), mais Dontsov fut récupéré par les services secrets anglo-saxons et s’exila au Canada, puis aux USA.
Quant aux soldats russes que nous voyons interviewés lors de nos journaux télévisés, ils ne nous disent pas qu’ils sont contraints de se battre, mais, qu’à la différence des nationalistes intégraux, ils ne sont pas fanatiques. Pour eux, la guerre, même lorsqu’on défend les siens, est toujours une horreur. C’est parce qu’on nous répète à l’envie que la Russie est une dictature que nous comprenons autre chose. Nous n’acceptons pas que la Russie soit une démocratie parce que, pour nous, une démocratie ne peut pas être un régime autoritaire. Pourtant, par exemple, la Deuxième République française (1848-1852) était à la fois une démocratie et un régime autoritaire.
Nous sommes faciles à convaincre parce que nous ignorons tout de l’histoire et de la culture ukrainienne. Tout au plus savons nous que la Novorossia fut gouvernée par un aristocrate français, Armand-Emmanuel du Plessis de Richelieu, ami personnel du Tsar Alexandre Ier. Il poursuivit l’œuvre du prince Grigori Potemkine qui voulait édifier cette région sur le modèle d’Athènes et de Rome, ce qui explique qu’aujourd’hui encore la Novorossia est de culture russe (et non pas ukrainienne) sans jamais avoir connu le servage.
Nous ignorons, en Ukraine, les atrocités de l’entre-deux-guerres et de la Seconde Guerre mondiale, et avons une vague idée des violences de l’URSS. Nous ignorons que le théoricien Dontsov et son disciple Stepan Bandera n’ont pas hésité à massacrer tous ceux qui ne correspondaient pas à leur « nationalisme intégral », les juifs d’abord dans ce pays khazar, puis les Russes et les communistes, les anarchistes de Nestor Makhno, et bien d’autres encore. Les« nationalistes intégraux », devenus admirateurs du Führer et profondément racistes, sont revenus sur le devant de la scène avec la dissolution de l’URSS [6]. Le 6 mai 1995, le président Léonid Kuchma se rendit à Munich (dans les locaux de la CIA) pour rencontrer la cheffe des nationalistes intégraux, Steva Stesko, la veuve du Premier ministre nazi. Elle venait d’être élue à la Verkhovna Rada (Parlement), mais n’avait pas pu y siéger car ayant été déchue de la nationalité ukrainienne. Un mois plus tard, l’Ukraine adopta son actuelle constitution laquelle dispose en son article 16 que : « préserver le patrimoine génétique du peuple ukrainien relève de la responsabilité de l’État » (sic). Par la suite, la même Steva Stetsko ouvrit par deux fois la session de la Rada, concluant ses intervention du cri de guerre des nationalistes intégraux : « Gloire à l’Ukraine ! ».
L’Ukraine moderne a patiemment construit son régime nazi. Après avoir proclamé le « patrimoine génétique du peuple ukrainien », elle a promulgué diverses lois. La première n’accorde le bénéfice des Droits de l’homme par l’État qu’aux Ukrainiens, pas aux étrangers. La seconde définit ce que sont la majorité des Ukrainiens et la troisième (promulguée par le président Zelensky) qui forment les minorités. L’astuce est qu’aucune loi ne parle des russophones. Par défaut, les tribunaux ne leur reconnaissent donc pas le bénéfice des Droits de l’homme.
Depuis 2014, une guerre civile oppose les nationalistes intégraux aux populations russophones, principalement celles de Crimée et du Donbass. 20 000 morts plus tard, la Fédération de Russie, appliquant sa « responsabilité de protéger », a lancé une opération militaire spéciale pour appliquer la résolution 2202 du Conseil de Sécurité (Accords de Minsk) et mettre fin au martyre des russophones.
La propagande de l’Otan nous abreuve des souffrances réelles des Ukrainiens, mais elle fait l’impasse sur les huit ans de tortures, de meurtres et de massacres qui ont précédé. Elle nous parle de « nos valeurs communes avec la démocratie ukrainienne », mais quelles valeurs partageons nous avec les nationalistes intégraux et où est la démocratie en Ukraine ?
Nous n’avons pas à choisir entre les uns et les autres, mais uniquement à défendre la paix et donc les Accords de Minsk et la résolution 2202.
La guerre nous rend fous. Il se passe alors un renversement des valeurs. Les plus extrémistes triomphent. Certains de nos ministres parlent « d’étouffer la Russie » (sic). Nous ne voyons pas que nous soutenons les idées contre lesquelles nous croyons combattre.