Étiquette : Russie

  • Nouveau chapitre de l’histoire ?

    Etats-Unis, Ordre mondial, stratégie militaire, Chine, Russie, Proche Orient,

    Que cache vraiment le rééquilibrage ou le nouveau façonnement de la stratégie militaire US, son déploiement militaire hors des frontières notamment, mené à la hussarde depuis l’installation du président Joe Biden à la Maison Blanche ?

    Il est vrai que ce rééquilibrage était inscrit sur les tablettes des stratèges américains depuis quelques années, déjà, mais on assiste ces dernières semaines à des mouvements accélérés dans le cadre de ce recalibrage des relations qu’entretiennent les Etats-Unis avec de nombreux pays, avec lesquels les relations en question semblaient figées dans le temps, impossible à chambouler du jour au lendemain sans passer par des périodes chaotiques. Ce que les stratèges US ne doivent certainement pas ignorer.

    L’épisode chaotique en cours après le retrait militaire des Etats-Unis d’Afghanistan, dans le sillage d’une présence militaire qui aura duré deux décennies, donne une idée sur l’abandon des américains d’une stratégie qui a fait long feu, ou qui a accompli une mission arrivée à sa fin. Et, le retour des Talibans au pouvoir en Afghanistan ne semble guère inquiéter les Etats-Unis, qui se déclarent seulement surpris par la rapidité de la chute de Kaboul. Tout comme la forte probabilité d’un basculement de ce pays du côté de la Chine et l’Iran, qui aurait autrefois dérangé au plus haut point Washington, est accueillie présentement le plus normalement du monde.

    Le retrait militaire d’Irak également, qui sera effectif d’ici la fin de l’année en cours, même s’il ne serait pas similaire à tout point de vue à l’Afghanistan, en raison des institutions assez stables en place, le risque de l’influence iranienne dans ce pays n’est pas à écarter. Mais qui s’en souciait outre mesure ? Pas les américains, vraisemblablement tournés vers de nouveaux défis dans d’autres parties du monde, et qui n’en peuvent plus de supporter des dépenses énormes sans grands intérêts pour eux, du moins c’est ce qu’ils laissent penser. Et, il y a encore du « gros calibre » dans ces changements de la stratégie militaire US.

    On croyait que la vieille politique américaine au Moyen-Orient serait inchangeable quels que soient les problèmes et humeurs du temps, mais on assiste là également à la mise en œuvre d’une nouvelle stratégie militaire qui ne cadre pas avec les engagements américains. Les États-Unis d’Amérique qui ont entamé un retrait à grande échelle de leurs propres systèmes de défense aérienne et de défense antimissile déployés dans des pays du Moyen-Orient, ont accéléré la cadence depuis le mois de juin dernier avec le retrait des batteries antimissiles d’Irak, du Koweït, de Jordanie et d’Arabie saoudite, ainsi qu’un bouclier antimissile THAAD qui avait été déployé en Arabie saoudite. Et pour couronner l’opération, les américains ont retiré d’Arabie saoudite ces derniers jours leurs systèmes de défense antimissile les plus avancés, dont les batteries de missiles Patriot. Qui aurait pensé qu’on en arriverait à ce stade ?

    Quand on sait que chaque batterie antimissile exige la présence de plusieurs centaines de militaires, leur retrait signifie la fin de mission pour de milliers de soldats américains au Moyen-Orient. Ces pays, dont l’Arabie Saoudite, vont se tourner vers la Chine et la Russie pour acquérir de nouveaux systèmes de défense antiaérienne, les Etats-Unis ne peuvent que trop le savoir, mais cela ne semble pas leur causer trop d’inquiétudes. Sommes-nous témoins de l’ouverture d’un nouveau chapitre de l’histoire des relations internationales ?

    Abdelkrim Zerzouri

    Le Quotidien d’Oran, 13/09/2021

  • Afghanistan: Poutine invite les Talibans à être « civilisés »

    Afghanistan: Poutine invite les Talibans à être « civilisés »

    Afghanistan, Etats-Unis, Russie, Talibans, #Afghanistan, #Talibans,

    Civilisés

    Dix ans avant la prise total du pouvoir des talibans en Afghanistan en 1996, l’URSS avait été leur premier grand adversaire. Mais à l’époque, en 1986, les Américains, ennemis de l’empire soviétique, avaient décidé de s’allier aux islamistes pour contrer l’influence de Moscou sur la région.

    Les États-Unis avaient alors armé et entraîné des milliers d’hommes qui, s’ils ont réussi à vaincre les Soviétiques, ont aussi réussi à exporter leur lecture fondamentaliste de l’islam aux quatre coins de la planète. Aujourd’hui, après avoir réussi à vaincre les Américains, les talibans reprennent une fois encore le contrôle du pays après vingt années de guerre.

    Le président russe Vladimir Poutine a dit espérer que les talibans se comportent de manière «civilisée» en Afghanistan, afin que les autres pays puissent avoir des relations diplomatiques normales avec Kaboul.

    Prenant acte de la situation, il a estimé que «plus vite les talibans entreront dans la famille des peuples civilisés, plus il sera facile de maintenir des contacts, de communiquer avec eux afin de les influencer d’une manière ou d’une autre, de (leur) poser des questions».

    Le président russe a prôné à ce titre des «relations civilisées» et le «respect de règles civilisées».

    Le précédent régime taliban, jusqu’à sa chute en 2001 après l’intervention américaine à la suite des attentats du 11 septembre, s’est rendu coupable de terribles exactions et d’une politique de répression des femmes qu’il justifiait par la loi islamique.

    «La Russie n’a aucun intérêt à une désintégration de l’Afghanistan, si cela arrivait il n’y aurait plus personne à qui parler», a en outre noté le président russe.

    S’exprimant lors du Forum économique de l’Est à Vladivostok, en Extrême-Orient russe, Vladimir Poutine a blâmé les États-Unis pour la «catastrophe» en cours en Afghanistan. «Ils ont dépensé 1 500 milliards de dollars et quel est le résultat ? Il n’y en a pas», a-t-il lancé.

    Les autorités russes ont adopté ces dernières semaines une attitude assez conciliante à l’égard des talibans, constatant leur victoire, tout en les appelant à un «dialogue national» pour former un gouvernement représentatif. Moscou considère en revanche toujours le groupe comme «terroriste», même si la Russie dialogue depuis des années avec lui.

    Les autorités russes sont avant tout inquiètes pour la sécurité des ex-Républiques soviétiques d’Asie centrale, limitrophes de l’Afghanistan, et d’y voir émerger de nouveaux groupes djihadistes inspirés des talibans ou soutenu par eux.

    Le Kremlin veut également éviter un afflux régional de réfugiés ainsi qu’un nouvel essor du trafic d’opium et d’héroïne.

    Reste à voir quel type de relation s’instaurera entre Kaboul et Moscou dans le futur, ces deux anciens ennemis, si différents, ayant toutefois désormais comme adversaire commun, Washington.

    Commentaire par Fouzia Mahmoudi

    Le Jour d’Algérie, 06/09/2021

  • L’Algérie conforte sa place de puissance militaire

    Algérie, armée, Russie, Chine, puissance militaire, #Algérie, armement,

    par Mikhail Gamandiy-Egorov

    La République algérienne mise sur la constance. La puissance militaire indéniable du pays s’appuie sur un partenariat historique, notamment avec la Russie et la Chine, et aucun des adversaires des cités ne peut jusqu’à maintenant pouvoir faire basculer la donne dans le domaine de l’interaction militaro-technique d’Alger.

    L’Algérie maintient sa place indiscutable de la deuxième puissance militaire du continent africain, selon le classement du portail américain Global Fire Power pour l’année 2021. Au niveau mondial, le pays est monté d’une place – passant en une année de la 28ème à la 27ème place du classement.

    La constance de l’État algérien est également dans le choix de ses principaux partenaires militaro-techniques : la Russie (représentant 69% des livraisons) et la Chine (près de 10%). Le pays fait également partie du Top 10 des principaux importateurs d’armements au niveau mondial.

    Si l’interaction russo-algérienne dans le partenariat militaro-technique est effectivement restée au plus haut niveau stratégique, ce n’est pas faute pour nombre de pays occidentaux, dont la France, à avoir tenté de modifier la donne. Ou encore les États-Unis, ayant menacé de nombreux pays de sanctions économiques pour des contrats d’armement avec la Russie (la fameuse loi CAATSA qui vise « à contrer les ennemis des USA par le biais des sanctions »). Des USA qui n’ont également pas réussi à pouvoir bouleverser d’une quelconque façon la donne dans le partenariat stratégique entre l’Algérie et la Russie dans la sphère militaro-technique.

    En d’autres termes – les campagnes de lobbying à l’élyséenne ou les menaces et intimidations à la washingtonienne – n’ont pas été des éléments jusqu’à maintenant convaincants dans les choix stratégiques de l’Algérie. Confirmant par la même occasion une approche pleinement indépendante et souveraine.

    Si de nombreuses forces hostiles à Alger critiquent cette interaction avec la Russie, qu’il ne leur déplaise que c’est justement grâce à cette capacité défensive indéniable, que l’Algérie peut se tenir prête à toute tentative de déstabilisation ou d’agression extérieure, à l’instar de ce qui s’est passé en Libye. Un tel scénario est aujourd’hui inconcevable sur le sol algérien.

    La puissance et la capacité défensive de l’armée algérienne est d’autant plus importante que suite à l’intervention de l’OTAN contre la Jamahiriya libyenne de Mouammar Kadhafi, le chaos et la menace terroriste se sont propagés à de nombreux endroits de la région, notamment au Sahel. Un Sahel en proie à l’instabilité et dans lequel la présence militaire de troupes françaises et étasuniennes n’a apporté aucune amélioration de la situation. Au contraire, de nombreux observateurs parlent d’une détérioration évidente, qui risque d’autant plus de s’amplifier.

    D’où l’importance d’une armée régionale forte, efficace, pouvant faire faire aux défis sécuritaires, tout en maintenant une politique constante, y compris dans le choix de ses partenaires historico-stratégiques. L’Algérie fait partie du Top 3 des principaux partenaires de la Russie dans le domaine militaro-technique au niveau mondial, et représente pour Moscou son deuxième partenaire économico-commercial au niveau continental africain. Le pays fait également partie des principaux partenaires de la Chine en Afrique. Cette constance dans les choix stratégiques est également une arme qu’il ne faut pas négliger.

    Observateur Continental, 23/08/2021

  • Poutine: la marine russe peut effectuer une « frappe imprévisible » si nécessaire

    MOSCOU, 25 juillet (Reuters) – La marine russe peut détecter n’importe quel ennemi et lancer une « frappe imprévisible » si nécessaire, a déclaré dimanche le président Vladimir Poutine, quelques semaines après qu’un navire de guerre britannique a provoqué la colère de Moscou en passant devant la péninsule de Crimée.

    « Nous sommes capables de détecter n’importe quel ennemi sous-marin, aérien ou en surface et, si nécessaire, d’effectuer une frappe imprévisible contre lui », a déclaré M. Poutine lors d’un défilé de la journée de la marine à Saint-Pétersbourg.

    Les propos de M. Poutine font suite à un incident survenu en mer Noire en juin, au cours duquel la Russie a déclaré avoir tiré des coups de semonce et largué des bombes sur la trajectoire d’un navire de guerre britannique pour le chasser des eaux de Crimée.

    La Grande-Bretagne a rejeté la version russe de l’incident, affirmant qu’elle pensait que les tirs étaient un « exercice d’artillerie » russe annoncé à l’avance et qu’aucune bombe n’avait été larguée.

    La Russie a annexé la Crimée à l’Ukraine en 2014, mais la Grande-Bretagne et la plupart des pays du monde reconnaissent que la péninsule de la mer Noire fait partie de l’Ukraine et non de la Russie.

    Le mois dernier, Poutine a déclaré que la Russie aurait pu couler le navire de guerre britannique HMS Defender, qu’elle accusait d’avoir pénétré illégalement dans ses eaux territoriales, sans déclencher la Troisième Guerre mondiale, et a affirmé que les États-Unis avaient joué un rôle dans cette « provocation ».

    Etiquettes : Russie, marine russe, Crimée, Grande-Bretagne, Ukraine,

  • Russie-Algérie: Premier exercice militaire en Ossétie du Nord

    Sur le territoire de l’Afrique du Nord, l’Algérie a accueilli la première conférence de planification sur la préparation de l’exercice militaire russo-algérien.

    Des représentants du commandement de la 58e armée interarmes du District militaire du Sud (SMD) et de l’Armée nationale populaire algérienne ont déterminé le lieu, la date, le thème et le nombre de participants.

    Lors de la conférence, le scénario de l’exercice, l’organisation de la logistique, y compris l’ordre d’hébergement et de nutrition du personnel ont été convenus.

    Le sujet de l’exercice sera des actions tactiques pour la recherche, la détection et la destruction de groupes armés illégaux.

    L’exercice aura lieu en septembre de cette année sur le terrain d’entraînement de Tarskoye en Ossétie du Nord.

    L’exercice devrait impliquer environ 80 militaires du district militaire sud des formations de fusiliers motorisés stationnés dans le Caucase du Nord.

    Le plan d’entraînement au combat des troupes du district militaire du Sud en 2021 prévoit la participation du personnel militaire du district à des exercices internationaux avec des unités des forces armées d’Abkhazie, d’Ossétie du Sud, d’Arménie, d’Algérie, d’Inde, du Kazakhstan et du Pakistan.

    Les activités internationales conjointes sont menées conformément au plan de coopération militaire internationale et visent à renforcer et à développer la coopération militaire entre les pays.

    Ministère de Défense de la Fédération de Russie, 24/04/2021

    Etiquettes : Algérie, Russie, exercices militaires conjoinrs, Ossétie,

  • MI-5: Méfiez-vous des agents russes et chinois

    LONDRES, 14 juillet (Reuters) – Le plus haut responsable de l’espionnage intérieur britannique a conseillé mercredi à la population de traiter la menace d’espionnage de la Russie et de la Chine avec autant de vigilance que le terrorisme, avertissant que les espions étrangers cherchaient à voler des technologies, à semer la discorde et à attaquer les infrastructures.

    Les attentats du 11 septembre 2001 aux États-Unis, il y a près de 20 ans, ont fait de la lutte contre le terrorisme la principale priorité des services de renseignement occidentaux, qui ont consacré de vastes ressources à la menace que représentent les militants locaux et étrangers.

    Mais l’affirmation croissante de la Russie post-soviétique et la montée en puissance de la Chine ont forcé les maîtres de l’espionnage les plus puissants de l’Occident à se concentrer à nouveau sur le contre-espionnage à l’ancienne, c’est-à-dire des espions qui s’attaquent à d’autres espions dans un jeu constant de chat et de souris.

    Le directeur général du service de sécurité (MI5), Ken McCallum, a déclaré que les services de renseignement britanniques avaient recensé 10 000 approches déguisées d’espions étrangers cherchant à manipuler des personnes ordinaires en Grande-Bretagne.

    Les conséquences de l’espionnage par des puissances étrangères peuvent aller « de la frustration et des désagréments à la perte de moyens de subsistance, voire à la perte de vies humaines », a déclaré M. McCallum dans un discours prononcé à Thames House, le siège du MI5 à Londres.

    « Nous devons, au fil du temps, construire la même conscience et la même résilience du public face aux menaces étatiques que nous l’avons fait au fil des ans sur le terrorisme », a-t-il déclaré dans des extraits de son discours publiés par le MI5.

    « Il ne faut pas avoir peur, mais être allumé ».

    Les espions britanniques affirment que la Chine et la Russie ont chacune cherché à voler des données commercialement sensibles et de la propriété intellectuelle, ainsi qu’à s’ingérer dans la politique et à semer la désinformation.

    Pékin et Moscou affirment que l’Occident est pris d’une paranoïa de complots. La Russie et la Chine nient toutes deux s’ingérer dans les affaires étrangères, chercher à voler des technologies, mener des cyberattaques ou semer la discorde.

    M. McCallum, qui a fait carrière dans l’espionnage, a déclaré que le pays tout entier devrait être attentif à la menace de l’espionnage étranger.

    « Nous voyons les brillantes universités et les chercheurs britanniques se faire voler ou copier leurs découvertes ; nous voyons des entreprises vidées de leur substance par la perte des avantages qu’elles ont laborieusement construits », a-t-il déclaré.

    « S’ils en ont la possibilité, des acteurs hostiles court-circuitent des années de recherche ou d’investissements britanniques patients. Cela se produit à grande échelle. Et cela nous affecte tous. Les emplois britanniques, les services publics britanniques, l’avenir du Royaume-Uni. »

    Le MI5 a commencé comme un service de contre-espionnage en 1909, se concentrant d’abord sur la menace de l’Allemagne, puis, après la Seconde Guerre mondiale, sur la menace de la guerre froide posée par les agents de l’Union soviétique.

    M. McCallum évoquera également les dangers émanant de l’Irlande du Nord, des groupes d’extrême droite et du retrait des forces d’Afghanistan.

    Reyters, 14/07/2021

    Etiquettes : Angleterre, Grande-Bretagne, MI-5, espionnage, Chine, Russie,

  • Biden demande à Poutine de sévir contre les cybercriminels

    WASHINGTON (AP) – Le président Joe Biden a dit au président russe Vladimir Poutine, lors d’un appel téléphonique, qu’il devait « prendre des mesures » contre les cybercriminels agissant dans son pays et que les États-Unis se réservaient le droit de « défendre leur population et leurs infrastructures essentielles » contre de futures attaques, a déclaré la Maison Blanche.

    L’avertissement adressé à M. Poutine vendredi était en grande partie une répétition de la rhétorique dure que M. Biden avait utilisée lors de leur rencontre à Genève le mois dernier, lorsqu’il avait prévenu qu’il y aurait des conséquences à la poursuite des cyberattaques émanant de la Russie. Depuis lors, une nouvelle attaque par ransomware liée au groupe de pirates informatiques REvil, basé en Russie, a provoqué des perturbations de grande ampleur, plaçant Biden sous une pression croissante pour que, cette fois, son avertissement se traduise par des actions – bien qu’aucune n’ait été annoncée immédiatement.

    « Je lui ai dit très clairement que les États-Unis s’attendent à ce que, lorsqu’une opération de ransomware provient de son sol, même si elle n’est pas parrainée par l’État, nous attendons d’eux qu’ils agissent si nous leur donnons suffisamment d’informations pour agir sur l’identité de cette personne », a déclaré M. Biden, s’adressant aux journalistes lors d’un événement sur la compétitivité économique. À la question de savoir s’il y aura des conséquences, il a répondu : « Oui ».

    Miniature de la vidéo Youtube

    L’appel avec M. Poutine a souligné à quel point la menace des rançongiciels (ransomware) des gangs de pirates informatiques est devenue un défi urgent pour la sécurité nationale de la Maison Blanche, et a suggéré une possible concession de l’administration sur le fait que les avertissements précédents adressés au dirigeant russe n’ont pas réussi à freiner une activité criminelle qui a visé des entreprises dans le monde entier.

    Une déclaration de la Maison Blanche annonçant cet appel d’une heure a également mis en évidence un accord américano-russe qui permettra l’acheminement de l’aide humanitaire en Syrie. Les deux volets de l’ordre du jour montrent que, même si M. Biden s’engage à se montrer ferme à l’égard de la Russie en ce qui concerne le piratage informatique, il existe un désir inhérent d’éviter d’aggraver les tensions alors que le gouvernement cherche à ce que la Russie coopère, ou du moins n’interfère pas, avec les actions des États-Unis dans d’autres domaines, notamment la Syrie, le retrait d’Afghanistan et le changement climatique.

    Lors de son entretien avec M. Poutine, M. Biden a non seulement réitéré la nécessité pour la Russie de prendre des mesures et le fait que les États-Unis sont prêts à agir en conséquence, mais il a également « souligné qu’il était déterminé à poursuivre l’engagement sur la menace plus large que représente le ransomware », a déclaré la Maison Blanche.

    M. Biden a déclaré aux journalistes que les États-Unis et la Russie avaient « mis en place des moyens de communication réguliers afin de pouvoir communiquer entre eux lorsque chacun d’entre nous pense que quelque chose se passe dans un autre pays et affecte le pays d’origine. Et donc cela s’est bien passé. Je suis optimiste ».

    Dans son propre résumé de l’appel, le Kremlin a déclaré que « Poutine a noté que malgré la volonté de la partie russe de mettre fin conjointement aux activités criminelles dans la sphère de l’information, les agences américaines n’ont fait aucune demande au cours du mois dernier. »

    Le Kremlin a déclaré que les deux dirigeants ont souligné la nécessité d’une coopération en matière de cybersécurité, qui, selon lui, « doit être permanente, professionnelle et non politisée et doit être menée via des canaux de communication spéciaux … et dans le respect du droit international. »

    Le communiqué du Kremlin note également que Biden et Poutine ont abordé la situation en Syrie « en mettant particulièrement l’accent sur les aspects humanitaires » et « ont donné une évaluation positive de la coordination des efforts russes et américains sur la question, y compris au Conseil de sécurité de l’ONU. »

    La Maison Blanche n’a pas voulu discuter du ton de l’appel de M. Biden, bien que le porte-parole Jen Psaki ait déclaré qu’il s’était concentré de manière significative sur la dernière brèche, qui, selon les chercheurs en cybersécurité, a infecté des victimes dans au moins 17 pays, principalement par le biais d’entreprises qui gèrent à distance l’infrastructure informatique de plusieurs clients.

    Bien que M. Biden ait précédemment déclaré que l’attaque n’avait causé que des « dommages minimes » et qu’elle ne semblait pas viser des infrastructures vitales, son ampleur mondiale et le fait qu’elle se soit produite si peu de temps après la réunion de Genève ont immédiatement poussé l’administration à réagir.

    Les responsables n’ont pas annoncé immédiatement les mesures spécifiques qu’ils prenaient ou envisageaient de prendre. Il existe peu d’options faciles pour résoudre la menace sans risquer un conflit qui pourrait devenir incontrôlable au-delà du domaine de la cybersécurité.

    L’administration Biden a pris ses fonctions à la suite d’une vaste campagne de cyberespionnage connue sous le nom de SolarWinds, que les autorités américaines ont reliée à des agents du renseignement russe. Mais les attaques par ransomware, généralement perpétrées par des bandes de pirates informatiques criminels plutôt que par des pirates parrainés par l’État, semblent avoir éclipsé l’espionnage à l’ancienne en tant que menace puissante.

    En mai, une attaque contre un oléoduc qui fournit environ la moitié du carburant consommé sur la côte Est a entraîné l’arrêt temporaire des activités de la société. Colonial Pipeline a payé une rançon d’environ 4,4 millions de dollars, mais les autorités américaines ont pu récupérer une grande partie de cette somme lors d’une opération de répression le mois dernier.

    Les pirates informatiques ont récemment extorqué une rançon de 11 millions de dollars à JBS SA, le plus grand transformateur de viande au monde.

    Associated Press, 10/07/2021

    Etiquettes : Etats-Unis, Russie, Joe Biden, Vladimir Poutine, pirates, hackers, cybercriminalité,

  • Les talibans se rendent à Moscou pour affirmer que leurs victoires ne menacent pas la Russie.

    MOSCOU (AP) – Une délégation des talibans s’est rendue à Moscou jeudi pour assurer que leurs gains rapides sur le terrain en Afghanistan ne menacent pas la Russie ou ses alliés en Asie centrale.

    Le ministère russe des Affaires étrangères a déclaré que l’envoyé du Kremlin pour l’Afghanistan, Zamir Kabulov, a rencontré la délégation des Talibans pour exprimer son inquiétude quant à l’escalade et aux tensions dans le nord de l’Afghanistan. Le ministère a déclaré que Kabulov a exhorté les talibans « à les empêcher de s’étendre au-delà des frontières du pays. »

    « Nous avons reçu l’assurance des talibans qu’ils ne violeraient pas les frontières des pays d’Asie centrale et également leurs garanties de sécurité pour les missions diplomatiques et consulaires étrangères en Afghanistan », a déclaré le ministère.

    En début de semaine, l’avancée des talibans a contraint des centaines de soldats afghans à fuir de l’autre côté de la frontière, au Tadjikistan, qui abrite une base militaire russe. Le Tadjikistan a à son tour appelé 20 000 réservistes militaires pour renforcer sa frontière sud avec l’Afghanistan.

    Les responsables russes ont exprimé leur inquiétude quant au fait que la poussée des talibans pourrait déstabiliser les nations ex-soviétiques d’Asie centrale au nord de l’Afghanistan.

    Dans des commentaires repris par l’agence de presse russe Tass, le porte-parole des talibans, Mohammad Sohail Shaheen, a déclaré que leur délégation était venue à Moscou pour « assurer que nous ne permettrons à personne d’utiliser le territoire afghan pour attaquer la Russie ou les pays voisins ».

    « Nous avons de très bonnes relations avec la Russie », a-t-il déclaré, cité par Tass, ajoutant que les insurgés restent attachés à un règlement politique pacifique en Afghanistan.

    Moscou, qui a mené une guerre de dix ans en Afghanistan qui s’est terminée par le retrait des troupes soviétiques en 1989, a fait un retour diplomatique en tant que médiateur, tendant la main aux factions afghanes en conflit, alors qu’elle se battait avec les États-Unis pour avoir de l’influence dans le pays.

    Elle a accueilli plusieurs cycles de négociations sur l’Afghanistan, dont le dernier en mars, auquel ont participé les talibans, bien que la Russie les ait qualifiés d’organisation terroriste.

    Cette semaine, la Russie s’est déclarée prête à soutenir les nations d’Asie centrale qui font partie de l’Organisation du traité de sécurité collective, dominée par Moscou.

    « Nous ferons tout, y compris utiliser les capacités de la base militaire russe à la frontière du Tadjikistan avec l’Afghanistan, afin d’empêcher toute action agressive contre nos alliés », a prévenu mercredi le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov.

    Associated Press, 08/07/2021

    Etiquettes : Afghanistan, Talibans, Russie,

  • Ouverture du premier magasin de produits russes au Maroc

    Ouverture du premier magasin de produits russes dans une grande ville portuaire du Maroc
    Les résidents locaux pourront acheter des céréales, y compris du sarrasin et du gruau, ainsi que des confiseries, a déclaré le représentant commercial de la Russie au Maroc, Artem Tsinamdzgvrishvili.

    NOVOSIBIRSK, 4 juillet.– Le premier magasin de produits alimentaires russes a été ouvert dans la grande ville portuaire marocaine de Tanger. Les résidents locaux pourront acheter des céréales, notamment du sarrasin et du gruau, ainsi que des confiseries, a déclaré à l’agence TASS le représentant commercial de la Russie au Maroc, Artem Tsinamdzgvrishvili.

    Plus tôt, il a été rapporté que la mission commerciale de la Russie travaillait à la création d’un réseau de magasins de produits alimentaires russes dans les quatre plus grandes villes du royaume. Les magasins doivent devenir un bon canal de vente ainsi qu’un moyen de publicité.

    « Un magasin est ouvert, les Marocains peuvent déjà venir et acheter quelque chose. Il y a une équipe qui développe le magasin. Ils achètent des produits aux exportateurs russes. Il s’agit de céréales – flocons d’avoine, sarrasin, millet -, de bonbons, de confiseries. Bien que les produits de confiserie soient légèrement plus chers que les produits locaux ou européens, ils sont tout de même achetés par ceux qui sont intéressés par le produit russe », a déclaré le représentant commercial.

    Selon lui, les acheteurs potentiels sont des personnes qui ont un lien avec la Russie, par exemple, les diplômés des établissements d’enseignement en Russie. Au Maroc, il y a aussi beaucoup de familles mixtes, le nombre total de la diaspora russe est de plusieurs milliers de personnes. Il a ajouté que l’idée de créer toute une chaîne de magasins de ce type reste pertinente, mais cela nécessite plus de temps et d’argent. La documentation correspondante est en cours d’élaboration.

    « C’est une question de réputation, c’est bon tant du point de vue de la promotion des produits russes que de la création de l’image de la Russie en tant que partenaire », a déclaré Tsinamdzgvrishvili.

    TASS, 04/07/2021

    Etiquettes : Russie, Maroc, commerce, magasin, Tanger,


  • Algérie – Blé : La Russie cherche à supplanter la France

    Importations algériennes de céréales : La Russie cherche à supplanter la France

    Après avoir refusé l’accès à une cargaison de blé en provenance d’Europe et blacklisté le fournisseur, l’Algérie ouvre-t-elle la voie de son marché à la Russie ? Le marché algérien du blé était interdit à la Russie pour raison de qualité (taux de grains punaisés trop élevé), mais le cahier des charges de l’Office des céréales OAIC (Office algérien interprofessionnel des céréales), s’est assoupli en portant le taux de 0,2 % à 0,5%, ouvrant ce gros débouché au blé d’origine russe. Même si la France est déjà bien enracinée dans le marché algérien, en raison de sa présence historique, de nouveaux entrants entendent bien contester ce quasi-monopole. Et la Russie ne cache pas ses ambitions à cet égard.

    Par Réda Hadi

    Ayant envoyé, il y a quelques semaines, une cargaison de 28 000 tonnes de cette céréale vers le pays, l’ex-URSS se donne désormais pour objectif d’y expédier 1million de tonnes durant la campagne 2021/2022, qui démarrera en juillet prochain. L’annonce a été faite par Eduard Zernin, responsable de l’Association russe des exportateurs de blé. Un tel volume devrait permettre à la Russie de tirer profit des opportunités économiques liées à un marché céréalier qui compte parmi les plus dynamiques du monde.

    D’après les données du Département américain de l’agriculture (USDA), l’Algérie est en effet, le deuxième consommateur africain de blé, derrière l’Egypte, mais devant le Maroc, avec un volume estimé à 11 millions de tonnes en 2020/2021. Pour atteindre son objectif, la Russie bénéficiera, notamment, de l’assouplissement des exigences phytosanitaires de la part des autorités locales.

    Une vieille ambition russe

    L’intention des Russes de pénétrer le marché algérien n’est pas récente. Selon des sources proches de ce dossier, cela fait au moins deux ans en effet que ce pays négocie avec les autorités algériennes, échantillons de blé à l’appui, pour trouver un moyen de commercer avec Alger.

    Les céréaliers européens (surtout français) qui commerçaient sur du velours et en terrain conquis, se disent inquiets et préoccupés par l’intention des autorités algériennes d’ouvrir le marché national de blé à la Russie. L’Algérie, qui a déjà importé du blé russe en 2017, envisage de s’approvisionner totalement en Russie. L’Algérie n‘a, en réalité, jamais caché ses intentions de diversifier ses approvisionnements, particulièrement pour des produits sensibles ou stratégiques.

    M. Radja, expert en agronomie et consultant à la FAO, estime que «l’Algérie est dans son droit de diversifier ses sources d’approvisionnements, et ce, d’autant plus que c’est la loi de l’offre et de la demande. Pourquoi refuser un blé qui répond aux critères de qualités/prix,», s’interroge l’expert, qui explique aussi que du point de vue technique « la hausse du taux de matière punaisée, entre dans les normes internationales admises et agréées. Le changement de taux n’influe en rien sur la qualité . Le blé est jugé sur des critères tels que l’itinéraire technique, le type de sol, la méthodologie de culture. Le stress hydrique, surtout pendant la période de l’accumulation des réserves dans le grain. Or, apparemment, nos spécialistes l’ont jugé apte, faisons leur confiance » a-t-il conclu.

    Quant à l’UGC (United Grain Company), elle confirme et révèle à l’agence Reuters : «Nous comptons stimuler nos exportations de céréales et ne plus nous suffire des gros clients que sont la Turquie, l’Egypte et le Bangladesh, en visant l’Algérie et l’Irak, deux marchés de blé d’importance mondiale. »

    Le blé n’est pas d’ailleurs le seul produit russe auquel l’Algérie s’intéresse. Selon des sources citées par les médias russes, Moscou et Alger ont également évoqué les exportations de produits laitiers et de viande bovine russes.

    L’Algérie est dépendante des importations de blé tendre avec des volumes annuels d’environ sept millions de tonnes venant, principalement, de la France (premier fournisseur), du Canada et d’Allemagne.

    Ecotimes, 29 juin 2021

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