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  • Conflit ukrainien : Après la guerre, quelle paix juste ?

    Conflit ukrainien : Après la guerre, quelle paix juste ?

    Tags : Ukraine, Russie, guerre, OTAN, Etats-Unis, Occident, Europe,

    L’escalade guerrière, des USA et de ses alliés, se renforce au fur et à mesure que sur le terrain l’armée russe progresse et récupère des territoires de plus en plus vastes. Jusqu’où cette escalade peut-elle aller et atteindre les lignes rouges qui permettront l’utilisation des armes nucléaires ? Après la guerre qui reconstruira l’Ukraine ? Autant de problématiques qui se négocient en coulisses actuellement.

    Réveil d’Algérie, 22/02/2023


    Ukraine: crise et clé de la crise

    L’hiver risque d’être très froid en Europe. La Russie ayant coupé les vannes, les gouvernements sonnent le glas pour économiser l’énergie et notamment le gaz. Cette pénurie est la conséquence directe du soutien de l’Europe à l’Ukraine et les sanctions prises contre le pays de Poutine. Sans gaz, l’Europe est donc devenue vulnérable et doit chercher de nouvelles sources d’approvisionnement. Si l’Algérie reste un fournisseur fiable, elle ne peut répondre à toute la demande. Il faut donc aller plus loin en acceptant de mettre la main à la poche. Et c’est tout le dilemme ! La crise économique actuelle ne permet pas trop de dépense même si c’est pour se réchauffer. Autrement dit, de nombreuses villes, établissements scolaires, foyers pour personnes âgées… vont subir les affres du froid. Le discours actuel en Europe se veut très rassurant. Les chefs d’Etat et de gouvernements tentent de minimiser cette nouvelle crise en tablant sur une politique d’«austérité énergétique» et une «économie citoyenne» pour éviter le gaspillage. Mais ce discours ne peut pas tenir trop longtemps surtout avec l’arrivée des premières vagues de froid. Les citoyens voudront avoir leur quota légitime d’énergie et n’accepteront pas de longues pénuries. Or, c’est ce qui risque d’arriver. Tout le monde sait que l’hiver est rude en Europe. La consommation d’énergie ne pourra pas baisser outre mesure. Les Etats n’auront d’autres choix que d’importer plus, ce qui n’est pas vraiment envisageable ou alors procéder à des coupures dans le but de rationaliser la consommation. Cela va sans dire que de tels procédés provoqueront l’ire des consommateurs et des partis de l’opposition. Sans vouloir extrapoler, cette crise mettra à rude épreuve les gouvernements à moins d’une issue positive à la crise ukrainienne. La Russie sait qu’elle tient là une arme redoutable et l’utilisera à outrance pour faire plier l’Europe. L’Ukraine est la crise mais aussi la clé de la crise et… forcément les Européens y pensent sérieusement.

    Le Carrefour d’Algérie

    Guerre en Ukraine. «L’agent Donald Trump pourrait être déclaré espion russe»

    La Guerre en Ukraine continue. Emmenant dans son sillage son lot d’absurdités. Les plus notables : celles liées à la propagande. Et à ce petit jeu, les Russes sont forts, très forts. Les spécialistes du genre : Russiya-1, média d’Etat où se succèdent toute la journée ceux que l’on appelle les « voix » de Poutine. Des chroniqueurs, hommes politiques, journalistes, véritables marionnettes du Kremlin. Rendez-vous immanquable pour tous les partisans, l’émission Dimanche soir avec Vladimir Solovyov qui a offert ce 14 août un « spectacle mémorable ». Au cœur du débat, les Etats-Unis avec dans le premier rôle Donald Trump. Un ancien président dont la résidence située à Mar-a-Lago a été perquisitionnée par le FBI, reparti de Floride avec des cartons entiers de documents classifiés, confidentiels et Top Secret. Dans cette affaire, les partisans de Poutine ont choisi leur camp : « Je suis très inquiet pour notre agent Trump. Ils ont tout trouvé à Mar-a-Lago, ils ont eu des paquets de documents. Très sérieusement, ils disent qu’il devrait être exécuté en tant que personne prête à livrer des secrets nucléaires à la Russie », clame Solovyev dans un échange hallucinant relaté par notre consœur Julia Davis, observatrice en chef des médias du Kremlin. « [Il pourrait être déclaré] espion russe… Allons-nous essayer de l’échanger pour amener Trump en Russie ? Vont-ils inclure Trump sur la liste d’échange de prisonniers ? »

    Le Carrefour d’Algérie

    #Ukraine #Russie #OTAN #Europe #Etats_Unis

  • Kissinger/Soros : divorce dans le mondialisme

    Tags : Henry Kissinger, Soros, mondialisme, Russie, Occident, Ukraine, guerre,

    Au cours d’une interview que je donnais récemment à la radio publique hongroise, le journaliste, partant très certainement des meilleures intentions, a cru bon de rappeler que j’ai été interdit de territoire en Roumanie « après avoir attaqué [verbalement] des ONG financées par G. Soros ».

    J’ai bien sûr noyé le poisson, en faisant remarquer que, d’où que provienne le financement desdites ONG, ce qui compte, c’est que je n’ai, à leur encontre, rien commis d’illégal (mais simplement exprimé des opinions, comme la constitution roumaine m’autorisait à le faire), rien qui aurait pu justifier légalement mon expulsion.

    Ce faisant, pourtant, je souriais sous cape. Car, au moment de l’interview, j’étais justement occupé à couvrir (pour Le Courrier des stratèges) Davos 2023, édition du Forum marquée… par l’absence très remarquée de G. Soros. Confirmation de la thèse qui mûrit en moi depuis presque deux ans, et qui m’a amené à la remise en cause de beaucoup de mes préjugés de l’avant-2020 – y compris (ironie de l’histoire) ceux dont l’étalage avait fini par convaincre « les autorités roumaines » de la nécessité de m’éloigner de force d’une intellectualité transylvaine au sein de laquelle je m’avançais vers un rôle dominant.

    Cette thèse étant que Soros est le grand perdant du Great Reset.
    Il m’a fallu – je l’avoue sans grande fierté – presque deux ans de Grande Réinitialisation pour comprendre à quel point Soros, sa galaxie d’activistes et sa doctrine représentaient une facette superficielle et, finalement, retardataire du mondialisme – c’est-à-dire du pouvoir de la Caste.

    Du coup – tout en adhérant toujours aussi peu à son idéologie – je comprends enfin cet homme complexe, probablement mieux, en tout cas, qu’à l’époque où j’étais (quoique certainement à son insu) son ennemi déclaré.

    Soros et Trotski : des aristocrates de l’égalitarisme

    Ce qui m’aide aussi certainement à mieux comprendre Soros, c’est la lecture de son grand ancêtre (dans la généalogie des tempéraments, sinon dans celle des idéologies) : Léon Trotski.

    En lisant le Staline de Trotski, ce que je comprends de mieux en mieux, c’est, encore plus que Staline, Trotski lui-même – et, plus largement, l’univers spirituel du bolchévisme « russe urbain », et, en général, de la juiverie européenne de gauche.

    Pour quiconque s’avance sur une telle voie en provenance de l’horizon des poncifs antisémites ultramontains, ce qui frappe le plus, chez les représentants d’élite de ce milieu, c’est leur extrême noblesse intellectuelle.

    Dans la foi bolchévique qu’il nourrissait pour des idéaux dont Staline ne pouvait même pas comprendre l’énoncé, dans son idéologie brutalement négatrice des réalités anthropologiques les plus simples, dans cette folie furieuse et meurtrière, Trotski, de bout en bout, est sincère. Il croit (sans même réussir à vraiment la nommer) à son idole Progrès jusqu’à ce jour de Mexico où, penché sur le manuscrit de son Staline, il prend dans la nuque le coup de pic-à-glace de R. Mercader.

    Le très antisoviétique et antiléniniste Soros, de même, aurait très bien pu dissimuler son enfance picaresque dans le Budapest de l’occupation nazie – et notamment le fait qu’elle n’a pas vraiment été placée (c’est le moins qu’on puisse dire) sous le signe de la résistance. Comme moi-même jouant en 2017 les Sancho Panza aux côtés de Douguine à Chișinău, György Schwartz, dit Georges Soros, a eu, avant 1945, de bien étranges expériences de jeunesse. Et, comme elles ont contribué à faire de lui l’esprit qu’il est devenu, il n’en a pas honte. Il a conscience d’avoir dépassé Trotski, dépassé le bolchevisme (au vrai sens hégélien du mot), et sait bien qu’il n’y serait jamais parvenu sans ces années de formation, sans l’expérience de la guerre et de la collaboration avec un occupant totalitaire qui nourrissait, vis-à-vis de son ethnie des projets fort peu amicaux.

    1945 : le mondialisme encore uni, dans l’unanimité antifa

    À cette époque, alors que Trotski est mort depuis 5 ans et pendant que Schwab va à l’école primaire, Soros et Kissinger sont sur la même ligne – appelons-la « antifasciste » : il faut éliminer les restes du totalitarisme. Restes géographiques : l’Union soviétique doit tomber. Et restes culturels, surtout en Occident (avant tout américain) : il faut liquider la « personnalité autoritaire » .

    Dès la fin des années 1950, la déstalinisation remet en cause ce cadre interprétatif – mais Soros, trop occupé à faire du fric à Londres, ne le remarque pas. Ou peut-être pense-t-il simplement que c’est juste une bonne nouvelle du front : que sa cause avance.

    Kissinger, lui, a vite compris qu’on a changé de monde, et en déduit discrètement une doctrine actualisée, dans laquelle le plus grand danger identifiable pour la Caste n’est plus l’ensemble des « ennemis de la Société ouverte », mais le risque d’une alternative de droite au Projet occidental sous sa forme du moment (la république maçonnique), dont il prévoit déjà la faillite finale – qu’il faudra néanmoins attendre jusqu’en 1991 (chute de l’URSS).

    La réponse adaptative de Kissinger, dont l’idéologie schwabienne nous fournit une variante brouillonne et vulgaire, mais au moins publique, est celle qu’il exemplifie dans les faits en 1972 (un an après le premier sommet de Davos) en emmenant Nixon à Pékin pour y rencontrer Mao : le seul moyen d’empêcher l’homme blanc non progressiste de reprendre le contrôle de sa destinée, c’est de précipiter le crépuscule de sa domination mondiale (coloniale), déjà bien avancé, et de remplacer les élites mondiales blanches par une élite « multiculturelle » (en réalité : multiraciale), en donnant, au sein de la Caste, droit de cité aux oligarques du monde pigmenté. Ce faisant, Kissinger a été pour le Projet occidental l’équivalent d’un Paul dans le christianisme, ou des fondateurs de la Rome impériale au sortir de l’époque de la République latine.

    1991-2020 : Soros devient de facto réactionnaire

    À partir de ce point, Soros devient, du point de vue du Projet occidental, un réactionnaire. Il n’est bien sûr pas plus raciste que Kissinger ou Trotski : pas raciste pour un sou. Face à un Xi, à un Poutine ou à un Assad, en revanche, il retrouve les réflexes (finalement assez chauvins) d’un Trotski face au géorgien Staline : à l’exemple d’un E. Zemmour, il veut bien faire affaire avec la terre entière, à condition que tout le monde utilise des WC à l’anglaise, tolère les swinger clubs, chérisse ostentatoirement l’homosexualité, etc. – en d’autres termes : que toute cette chefferie pigmentée veuille tout de même bien se comporter comme la bourgeoisie blanche européenne dont Soros (comme Kissinger) est issu.

    En d’autres termes : l’adhésion de Soros à l’Occident en tant que Société ouverte est sincère, principielle, non dialectique. Dans son cas, la dialectique s’est, plus exactement, arrêtée : hypostasiée, la Société ouverte devient un absolu post-historique, un but en soi. En cela, paradoxalement, il rejoint (sans probablement s’en rendre compte), d’autres héritiers égarés de l’Occident : les continuateurs protestants (puritains) du Premier Occident (médiéval), qui – refusant de prendre le tournant dialectique de la Renaissance catholique – perpétuent aux marges (protestantes) de l’Occident la tradition (en réalité néo-médiévale) de Luther. En d’autres termes : Soros rejoint les libertariens.

    Jusqu’en 2020, ce décalage métaphysique entre doctrine de la Société ouverte et mainstream intellectuel mondialiste (incarné par Kissinger) n’est, en soi, gênant pour personne. Comme le disait Fabius des djihadistes d’al-Nosra, Soros fait du bon boulot, à la tête d’une sorte de gigantesque bataillon de représailles, chargé avant tout d’éliminer des concurrents géopolitiques de l’Empire. Autre façon de dire qu’il continue le travail de Kissinger, tel qu’il se présentait jusqu’à la fin des années 1960 – lorsque ce travail avait encore un sens au sein de la métaphysique du Projet occidental (contre le stalinisme et ses séquelles).

    Soros rend de bons services, justement parce qu’il travaille sincèrement, et fait travailler sous lui, au meilleur coût, une armée internationale « d’activistes de la société civile » : il rémunère certes quelques leaders, graisse des pattes çà et là, mais la grande majorité est constituée « d’idiots utiles », qui adhèrent, comme Soros lui-même, sincèrement à ce sous-projet libéral-libertaire, incarnation d’un Occident enkysté.

    Ce qui a définitivement séparé les visions du monde d’un Kissinger et d’un Soros, c’est avant tout la perception des événements de la grande décennie de transition 1991-2001. Grand capitaine de l’expansion à l’est du modèle occidental, Soros a passé cette décennie (ainsi que la précédente et la suivante, d’ailleurs) à parler avant tout à des « activistes » féministes, LGBT, pro-minorités ethniques, écologistes, etc., de Budapest, Bucarest, Prague, Kiev… – c’est-à-dire avec des représentants de la petite bourgeoisie postcommuniste, classe ascendante souvent constituée de descendants de la génération des refuzniks antisoviétiques de 1968.

    Pendant ce temps, dans tous ces pays, une grande majorité appauvrie par les privatisations sauvages et la « thérapie de choc », désabusée par la « transition vers le capitalisme », plébiscitait le projet néo-soviétiste d’A. Loukachenko – que l’oligarchie post-soviétique, à la fin des années Eltsine, n’a pu conjurer qu’en lançant son propre Canada Dry du néo-soviétisme, sous la forme du produit marketing Poutine.


    Kissinger, par contre, a passé (lui, et son porte-coton Schwab) toutes ces années à parler aux élites de ces pays. Or, même l’ère Eltsine n’aurait pas été possible sans l’exemple de la Chine de Deng [14], qui a convaincu lesdites élites (héritiers de l’oligarchie poststalinienne) de la possibilité de maintenir un modèle oligarchique sans avoir à sacrifier formellement « le capitalisme » – comprendre : l’économie de marché, le pluralisme politique de surface, et une relative liberté de la presse. Ce raisonnement n’est pas dénué de failles, étant donné qu’il pose en prémisse l’applicabilité à un monde européen et péri-européen d’un « modèle » chinois qui a certes réussi jusqu’ici, mais dans un monde néo-confucéen qui, au moment de la mort de Mao, restait majoritairement agraire. D’où la question la plus épineuse de toutes : une rhétorique pseudo-nationaliste (« illibérale ») suffira-t-elle, en l’absence de réels progrès du niveau de vie, à garantir la tranquillité de masses blanches déjà en partie habituées à un certain bien-être, et à un minimum de démocratie (notamment en Europe centrale) ? On peut en douter, mais la stabilité du modèle oligarchique russe relooké par le poutinisme a néanmoins dû convaincre cette classe (la classe des interlocuteurs de Kissinger/Schwab) de l’efficacité du projet.

    2020 : triomphe de l’Occident pigmenté

    C’est ce projet dont j’ai philosophiquement formalisé la description dans un écrit fondamental de décembre 2022, sous le nom d’« Occident pigmenté ». Le concept de base, c’est la perpétuation du modèle oligarchique hérité de l’Occident jadis colonial, mais sous une forme néocoloniale (ou postcoloniale), post-1945, post-Nuremberg, antifasciste et antiraciste. C’est le format Davos : une sorte de congrès de Vienne annuel, mais auquel sont aussi invités des slaves orientaux et formellement orthodoxes (sauf en 2022-23), des arabo-musulmans et perso-musulmans, des Chinois, des hindous, des Africains, etc. – à condition qu’ils soient eux aussi milliardaires (ou politicards « démocratiques » à la solde de milliardaires), eux aussi antiracistes, féministes, multilatéralistes, en un mot : progressistes. Ne sont exclus du programme que la famille Kim en Corée, les talibans afghans, A. Loukachenko et quelques leaders africains pas forcément plus sanguinaires que leurs voisins, mais qui ont le mauvais goût de nommer un Gates un Gates.

    En échange de quoi Davos leur promet implicitement une généralisation mondiale du « modèle » diplomatique chinois : sous couvert de « respect de la diversité culturelle », les équivalents politiques [20] pigmentés de nos Merkel et Macron seront autorisés à censurer leurs médias [21], à emprisonner quelques opposants – et surtout à liquider toute agitation syndicale (programme d’ailleurs en cours d’extension en Occident).

    Ce projet – que Schwab résume de façon presque sincère dans son Covid19 : La Grande Réinitialisation de 2020 –, c’est, finalement, une extension à la gestion progressiste/oligarchique mondiale du programme de réalisme stalinien auquel la Russie soviétique s’est convertie au cours de la seconde moitié des années 1920 – le rythme de cette conversion étant, à l’époque, manifesté par la mise à l’écart progressive de Léon Trotski, qui était le seul des grands leaders révolutionnaires historiques refusant systématiquement d’entrer dans le deal de Staline. Pour le mainstream progressiste occidental, à l’époque, cette politique était inacceptable, car le mot d’ordre stalinien du « socialisme dans un seul pays » entérinait la renonciation à l’internationalisme, et rendait suspect de « chauvinisme » le régime de Staline, au demeurant soupçonné d’antisémitisme. Le contexte a certes énormément changé, mais il n’empêche toujours pas un trotskiste pur-sang comme BHL d’avoir eu une première réaction extrêmement négative au putsch covidiste. Par descendants (spirituels) interposés, ces vieux ennemis morts depuis longtemps (la face stalinienne du léninisme, et sa face trotskiste) se reconnaissent toujours, d’instinct.

    2023 : le dernier Davos, épilogue pour un divorce

    En dépit d’un certain degré de connivence oligarchique – souvent répercuté jusqu’au niveau du petit personnel de « l’activism » –, le modèle Kissinger et le modèle Soros sont donc des continents qui s’éloignent depuis au moins 2001 – même si, sur le fond, on pourrait tout aussi bien faire remonter le début de la rupture à 1991, voire à 1972 [26].

    C’est cette rupture qu’a, en quelque sorte, officialisée le récent sommet Davos 2023, au cours duquel Kissinger (qui a, pour ainsi dire, les clés de la boutique) est une fois de plus intervenu [27], presque sans modifier son discours conciliateur de 2022, alors même que, dans l’auditorium, tout le petit personnel de la russophobie institutionnelle balto-scandinave et polono-ukrainienne donnait, sous la baguette d’Ursula, libre cours à ses accès d’hystérie belliciste. Et surtout [28] : pendant que Soros, lui – qui, à choisir, aurait tout naturellement dû se joindre à ce ridicule chœur des Érinyes – brillait par son absence.

    Car lui, Soros, le grand vaincu, sait bien que « l’Histoire » (comprendre : les décisions de la Caste) finira forcément par « donner raison » – comme toujours depuis plus de 50 ans – à Kissinger. À 92 ans, peut-on vraiment en vouloir à Soros de ne pas vouloir se ridiculiser comme le premier Sikorski venu.

    Par Modeste Schwartz, Analyste

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    #Mondialisme

  • Empire américain : Revers et horizons crépusculaires

    Tags : Etats-Unis, Russie, Ukraine, nouvel ordre mondial, Chine, Afrique, Maghreb,

    Malgré les pressions américaines, le cartel de l’OPEP mené par l’Arabie saoudite vient de décider de réduire sa production de pétrole. Un nouveau revers pour Biden… et un véritable cadeau pour Poutine.

    Les rapports entre Moscou et Riyad se sont grandement améliorés et approfondis depuis 2016 et les accords OPEP+Russie. Il y a quelques jours, la décision du cartel pétrolier de réduire sa production de pétrole de 2 millions de barils par jour pour le mois de novembre, alors que Washington et Paris réclamaient une hausse, ne fait que confirmer cette nouvelle inflexion géostratégique et historique.

    C’est surtout un véritable bras d’honneur lancé par Mohammed ben Salman (MBS), le prince héritier saoudien et plus que jamais l’homme fort du royaume, à ses alliés occidentaux et, surtout, aux présidents américain et français.

    Biden et Macron réhabilitent MBS

    En effet, cette décision est un nouveau camouflet pour Joe Biden et Emmanuel Macron, qui avaient pourtant, toute honte bue et pitoyablement, mis en sourdine leurs critiques et condamnations envers MBS l’ «assassin» (dans l’affaire Khashoggi), pour ensuite le réhabiliter (par la visite de Biden à Djedda mi-juillet et la réception à l’Elysée du jeune prince héritier fin juillet) dans le contexte de leur guerre larvée contre la Russie via l’Ukraine.

    Dans son conflit en Ukraine, le Kremlin a besoin que le prix du pétrole reste élevé. Depuis février dernier, Moscou aurait engrangé plus de 116 milliards d’euros grâce à ses exportations.

    C’est pourquoi Washington et Paris avaient tout intérêt à faire les yeux doux à MBS, pour que l’Arabie saoudite, l’un des principaux producteurs de pétrole et véritable leader de l’OPEP, augmente sa production afin de faire baisser les prix du brut et ainsi freiner l’inflation en Occident. Le tout pour fragiliser et «saigner» la Russie, comme l’avait fait en son temps Ronald Reagan et le roi Fahd contre l’URSS… Or les temps ont changé.

    Comme je l’explique dans mon livre « Poutine d’Arabie » (éd. VA, 2020), depuis 2016 et les accords OPEP+Russie, Moscou et Riyad ont entrepris un rapprochement et un renversement géostratégique historique. Les liens personnels entre Poutine et MBS ne faisant que se renforcer depuis. Notamment du fait que le maître du Kremlin sera le seul et dernier dirigeant occidental (après la défaite de Trump) à soutenir le jeune prince lors de l’affaire liée à l’assassinat du dissident saoudien Jamal Khashoggi, proche des Frères musulmans (organisation interdite et considérée comme terroriste en Russie).

    A la fin du mois dernier, MBS a endossé le rôle de médiateur puisqu’il a réussi à faire libérer des prisonniers occidentaux – dont deux Américains et cinq Britanniques – détenus par les Russes. Il a démontré ainsi que ses bonnes relations avec Poutine pouvaient servir les Occidentaux…

    Le futur roi d’Arabie saoudite, vainqueur de ce bras de fer diplomatique de deux ans avec la Maison Blanche, a surtout rappelé qu’il fallait compter sur lui et son pays, un allié précieux et un puissant Etat pétrolier, dans la crise énergétique actuelle. Il affiche surtout son absence de crainte quant aux poursuites judiciaires outre-Atlantique et en France l’accusant de complicité de torture et de disparition forcée en lien avec le meurtre de Khashoggi.

    Enfin, la dernière décision de l’OPEP est également une manière pour le jeune prince d’exprimer, avec une certaine satisfaction, son mépris pour des dirigeants qui, il y a peu, le considéraient encore comme «infréquentable» ou pire, voulaient le «punir», et qui à présent aux abois, lui ont déroulé le tapis rouge… MBS aurait d’ailleurs refusé de prendre les derniers appels téléphoniques du président américain !

    Un Occident de plus en plus décrédibilisé

    A présent, les Occidentaux luttent chez eux contre une inflation galopante, tirée par les prix de l’énergie. D’où la fureur, après la dernière décision de l’OPEP, de l’administration Biden, très en difficulté pour les prochaines élections de novembre. En outre, en Europe comme aux Etats-Unis, cette réduction de la production mondiale risque d’annihiler une partie des coûteuses politiques mises en place pour juguler les prix de l’énergie et l’inflation.

    D’autant que, puisque le cours mondial du brut remonte fortement, l’Inde et la Chine, très dépendantes en hydrocarbures, risquent fort de taire leurs dernières mais non moins prudentes réserves vis-à-vis de la Russie et de sa guerre en Ukraine, pour de nouveau se ranger derrière Moscou.

    L’hyperpuissance américaine semble marquer le pas

    De même, avec les idéologues démocrates et Joe Biden, l’hyperpuissance américaine semble marquer le pas dans sa domination mondiale. La politique de sanctions maximales contre la Russie s’avère un échec cuisant. L’hégémonie mondiale des Etats-Unis semble même connaître son crépuscule. Seule l’Europe obéit encore aveuglément et stupidement aux ordres de la Maison Blanche et ce, contre ses propres intérêts.

    Si dans un premier temps, l’opération russe en Ukraine permet aux Américains de confirmer leur mainmise politique, énergétique et militaire sur une Europe définitivement inféodée à Washington, la politique viscéralement antirusse de l’administration Biden sera assurément, à long terme, une erreur géopolitique majeure pour les Etats-Unis face à leur véritable menace existentielle : la Chine.

    C’est pourquoi aucun des grands pays d’Amérique latine, d’Afrique et d’Asie n’a suivi l’hystérie américaine et européenne contre la Russie, préférant respecter leurs agendas et intérêts, sans obéir à l’ancien gendarme et «boussole» du monde.

    C’est aussi la raison pour laquelle, ignorant les pressions de Washington dans sa croisade antirusse et au grand dam des Occidentaux, l’Arabie saoudite mais également la plupart des pays arabes et du Golfe, membres de l’OPEP+, refusent, comme je l’ai écrit en juin dernier, de rompre avec leur allié russe et le condamner.

    Le demi-frère de MBS et ministre de l’Energie du royaume saoudien, Abdelaziz ben Salman, l’a très bien rappelé : «Ce n’est pas juste un mariage de circonstances» ! Les relations internationales ne se résument pas à des considérations commerciales, idéologiques ou émotionnelles (surtout à géométrie variable !). Ce sera toujours le réalisme mais également des questions psychologiques qui prévaudront.

    A l’inverse de ce qu’était le pragmatisme politique de Trump, Biden et ses homologues progressistes européens n’ont cessé de critiquer les régimes autocratiques arabes pour leur gouvernance, avec ces airs de supériorité morale qui exaspèrent tant la région mais aussi le reste du monde.

    Aujourd’hui, l’Arabie saoudite, et avec elle d’autres Etats arabes, nous rendent, tragiquement, la monnaie de notre pièce. Cela s’appelle la realpolitik ! Même si l’Egypte, en difficulté financière et par crainte des sanctions américaines, vient de suspendre (pour l’instant) son récent accord avec Moscou à propos de l’adoption du système de carte de paiement russe MIR dans ses stations balnéaires et ses hôtels, d’autres n’entendent plus se laisser dicter leur politique par Washington ou les Occidentaux en général.

    Autre signe des temps, les Emirats arabes unis dont le président, Mohammed ben Zayed (MBZ) vient de rencontrer, à Saint-Pétersbourg, Vladimir Poutine. Officiellement, MBZ s’est rendu chez le «paria» russe afin de proposer sa médiation et une «mission de paix». En réalité, il s’agissait surtout de parler pétrole.

    Cette visite remarquée est révélatrice du changement de l’axe de gravité géopolitique mondial en cours. Elle confirme surtout, malgré les tensions internationales actuelles, la consolidation des relations entre la nouvelle «République de Venise» du Moyen-Orient, puissance militaire mais surtout diplomatique et d’influence devenue incontournable dans la région, et la Russie, initiée déjà depuis quelques années (cf. Poutine d’Arabie).

    Revenir au temps long Il n’est dès lors guère étonnant qu’une adhésion aux BRICS soit envisagée par l’Egypte, les EAU et l’Arabie saoudite. Cette dernière aurait déjà entamé des pourparlers avec Pékin pour abandonner le dollar américain au profit du yuan dans les transactions pétrolières, ce qui irait dans le sens de la dédollarisation souhaitée par Moscou…

    Pour les observateurs non occidentaux, cette guerre en Ukraine est autodestructrice pour l’Occident. Pour les observateurs non occidentaux et les 4/5e du monde, cette guerre en Ukraine entre Européens, Américains et Russes est autodestructrice et un véritable suicide géopolitique et économique pour l’Occident. Pour eux, à tort ou à raison, elle ne fera que précipiter le déclin moral et matériel, déjà bien engagé, de cette Amérique et de cette Europe en qui ils n’ont plus aucune confiance et dont ils méprisent les leaders, totalement discrédités et toujours prêts à toutes les humiliations et compromissions pour quelques dollars ou euros.

    Les régimes arabes préfèrent dès lors se détourner de l’Ordre mondial américain et miser plutôt sur la Chine et même la Russie. Car cette dernière, en dépit des erreurs et difficultés actuelles en Ukraine, a démontré ce dont elle était capable depuis dix ans et dans toutes les crises et conflits, desquels elle est d’ailleurs toujours sortie victorieuse. Notamment en Syrie, même si les deux conflits ne sont pas de même nature ni de même ampleur.

    En attendant, les dirigeants de la région MENA semblent imperméables à l’extraordinaire propagande atlantiste qui inonde et sature les médias occidentaux. Ils ne croient absolument pas en une défaite russe ni même à la chute de Poutine. Ils font apparemment confiance à la résilience de cette nation qui joue à présent sa survie et dont les responsables ont toujours démontré une maîtrise historique parfaite et éprouvée du temps long et surtout des guerres d’usure.

    Roland Lombardi, Docteur en Histoire, géopolitologue et spécialiste du Moyen-Orient; Auteur de « Poutine d’Arabie » (VA Éditions, 2020) et « Sommes-nous arrivés à la fin de l’histoire ? » (VA Éditions, 2021)

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    #Etats_unis #OTAN #Russie #Ukraine #Nouvel_ordre_mondial #Joe_Biden #Poutine

  • “La parole de Macron n’a guère de valeur”, selon le Kremlin

    “La parole de Macron n’a guère de valeur”, selon le Kremlin

    Tags : Russie, France, Ukraine, Vladimir Poutine, Emmanuel Macron,

    Le Kremlin a dénoncé dimanche les propos tenus samedi par le président français Emmanuel Macron et rapportés par la presse française.

    Emmanuel Macron y a déclaré souhaiter la défaite russe dans le conflit qui l’oppose à l’Ukraine, tout en disant vouloir éviter que la Russie soit « écrasée ».

    Maria Zakharova, la porte-parole du Kremlin, a évoqué le souvenir de Napoléon Iᵉʳ, défait lors de la campagne de Russie. « La France n’a pas commencé avec Macron, et la dépouille de Napoléon, vénéré au niveau de l’Etat, repose au centre de Paris », a-t-elle dit. « La parole de Macron n’a guère de valeur », a-t-elle déclaré, ajoutant que ses propos démontraient que l’Occident avait engagé des discussions sur un changement de régime en Russie, a rapporté Le Monde.

    Vendredi, Emmanuel Macron a exhorté ses alliés à renforcer le soutien militaire à l’Ukraine, mais il a également déclaré qu’il ne croyait pas au changement de régime et qu’il faudrait des négociations à un moment donné.

    La Chine envisage d’envoyer des armes à la Russie, avertit la diplomatie américaine

    Pékin envisage de fournir des armes à la Russie pour appuyer son offensive en Ukraine, a averti dimanche le secrétaire d’Etat américain, Antony Blinken, à l’issue d’une rencontre avec son homologue chinois, Wang Yi. « Nous avons parlé (…) des inquiétudes que nous avons quant au fait que la Chine envisage de fournir un soutien létal à la Russie », a-t-il dit sur CBS. Interrogé sur ce que cela signifierait concrètement, Blinken a répondu: « Principalement des armes. »

    Les deux hommes se sont rencontrés samedi soir à Munich, en marge de la conférence sur la sécurité, et ont eu un échange que la diplomatie américaine a qualifié de « franc et direct ».

    Le chef de la diplomatie américaine a mis en garde contre « les conséquences » pour la Chine s’il s’avérait qu’elle apporte un « soutien matériel » à la Russie dans sa guerre en Ukraine ou l’aidait à échapper aux sanctions occidentales, a rapporté le porte-parole du département d’Etat, Ned Price.

    La vice-présidente américaine, Kamala Harris, présente à Munich samedi, avait elle aussi mis en question la neutralité affichée par la Chine. Les Etats-Unis sont « troublés par le fait que Pékin a approfondi ses relations avec Moscou depuis le début de la guerre », a-t-elle notamment souligné.

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    #France #Macron #Russie #Ukraine #Poutine

  • Le conflit ukrainien et les dégâts collatéraux

    Tags : Russie, Ukraine, USA, Etats-Unis, OTAN,

    Les contours d’une « paix juste » dans le conflit ukrainien.

    Bientôt à une année de « l’opération spéciale russe », menée en Ukraine, tout le monde considère que ce conflit est une confrontation entre les USA et la Russie par l’Ukraine interposée ce qui a entraîné des dégâts collatéraux planétaires, sur les relations internationales et l’économie mondiale. Commençons par affirmer que ce conflit date véritablement depuis plus de neuf ans, avec la non application des accords de Minsk I et II, garantis par l’Allemagne et la France notamment et l’avancée sournoise de l’Otan aux frontières de la Russie, contraire aux promesses, non écrites, des USA et de ses alliés occidentaux.

    Dans ce dossier, les USA ont pratiquement tout gagné. Au niveau géostratégique et géopolitique, les USA tuent dans l’œuf toute idée d’une défense européenne et obligent l’UE à serrer les rangs au sein de l’Otan qu’ils contrôlent militairement, au niveau du commandement, contraignant ses alliés à mettre « la main à la poche » pour augmenter son budget et en invitant les non-membres à rejoindre l’alliance (Suède, Finlande). Toute idée de construction d’une Europe de « l’Atlantique à l’Oural » chère au général De Gaulle et de la « maison européenne », chère à Gorbatchev, est définitivement enterrée. Enfin, dans son « bras de fer » (et notamment sur le dossier de Taïwan) avec la Chine et après l’affaire dite « du ballon chinois », les USA entraînent derrière eux, l’UE dans une confrontation perceptible dans l’océan pacifique.

    Les USA ont renforcé leur complexe militaro-industriel, qui a rempli son carnet de commandes pour les dix prochaines années, en approvisionnant son propre arsenal, celui des pays membres de l’UE, de ses alliés asiatiques (Japon, Taïwan notamment) et le reste des pays du monde notamment les pays du Golfe et le Maroc. Au niveau énergétique, les USA vont livrer leur gaz en remplacement de celui russe (quelque 150 milliards de m3 et notamment en gaz de schiste) et du pétrole, à des prix supérieurs au niveau actuel du marché, ce qui va booster les entreprises américaines. Enfin, les céréales américaines (blé, maïs, orge et avoine…) vont pouvoir se placer, en force, sur le marché mondial, pour remplacer les céréales russes et ukrainiennes.

    Finalement, les USA ont réussi à tirer un maximum de profit dans ce conflit et reste maître du jeu pour mettre en œuvre la « paix juste » que vient de déclarer J. Biden, ce qui a ébranlé V. Zelenski, lors de sa visite à Washington. Quant à l’UE, elle a tout perdu et s’est fragilisée dans tous ses compartiments (politique, diplomatique, stratégique, défense, économique, financier).

    La Russie, quant à elle, poursuit et consolide sa position sur le terrain, en récupérant les territoires qu’elle considère lui appartenir historiquement et pour protéger les populations russophones bombardées depuis plus de neuf ans. La situation militaire donne des résultats positifs aux armées russes, ce qui obligent les USA et ses alliés occidentaux à livrer des armements de plus en plus sophistiqués (Chars, artillerie, missiles, avions éventuellement) à l’armée ukrainienne, de peur qu’elle ne s’effondre dès le printemps prochain mais sans dépasser les « lignes rouges » (missiles à longue portée).

    Dans ce conflit, les bases de la « paix juste » vont porter sur les acquis sur le terrain. Si la Crimée n’est pas négociable, pour la Russie, les territoires du Donbass et de Lougansk peuvent faire l’objet de tractations diplomatiques, comme un statut d’autonomie ou de territoires sous contrôle onusien… L’intégration de la nouvelle Ukraine « amputée », à l’UE n’étant pas envisageable sur les vingt prochaines années, son appartenance à l’Otan est exclue pour la Russie. La « stabilisation » dans la région, (une espèce de finlandisation bis), sera âprement négociée entre les USA et la Russie, l’Ukraine bénéficiera, en contrepartie, d’un « nouveau plan Marshall » pour sa reconstruction. L’histoire retiendra de ce conflit essentiellement l’inutilité de ce combat de coqs !

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    #Russie #Ukraine #OTAN #Etats_Unis

  • Italie-Algérie, un pont géo-économique pour les pays de la Méditerranée

    Italie-Algérie, un pont géo-économique pour les pays de la Méditerranée

    Tags : Italie, Algérie, gaz, UE, Ukraine, Russie,

    S’ils sont bien gérés, l’Italie et l’Algérie pourraient construire un pont géo-économique solide et viable entre les deux rives de la Méditerranée

    Par Abdelkader Abderrahmane

    Depuis l’invasion de l’Ukraine par la Russie en février 2022, l’approvisionnement énergétique de l’Europe est devenu un enjeu crucial. Des pays européens comme l’Italie ont cherché des alternatives au gaz russe, l’Algérie réussissant à combler le vide. Avant la guerre, l’Italie dépendait de la Russie pour 40 % de son approvisionnement énergétique. En octobre 2022, ce chiffre est tombé à 10 %, tandis que les exportations de l’Algérie vers l’Italie ont considérablement augmenté pour atteindre environ 20 %.

    Dans cette course énergétique européenne, l’Italie a un net avantage sur des pays comme la France ou l’Espagne. En 2018 , Rome et Alger se sont mis d’accord pour trouver de nouvelles pistes aux investissements italiens en Algérie en dehors du secteur des hydrocarbures. Sans surprise, plus récemment, le 22 janvier, le Premier ministre italien Giorgia Meloni a effectué une visite de deux jours à Alger, aboutissant à la signature de divers contrats et autres accords.

    Cependant, cette croissance des liens n’est pas nouvelle, car une vieille amitié prévaut entre Rome et Alger qui remonte aux années 1960. Pendant la guerre d’indépendance de l’Algérie, Enrico Mattei , alors chef de l’entreprise publique italienne d’énergie ENI, était un fervent défenseur de l’indépendance de l’Algérie. En 2022, pour rendre hommage à Mattei, l’Ambassade d’Italie à Alger (en collaboration avec l’ENI) a publié un livre intitulé : Enrico Mattei et l’Algérie : Un ami inoubliable (1962-2022) . Surfant sur ces liens privilégiés et la guerre en Ukraine, l’Italie et l’Algérie ont sans doute repéré une opportunité de renforcer encore leur relation économique et géopolitique.

    Un partenariat économique qui se renforce
    En avril 2022, sous la direction de l’ancien Premier ministre Mario Draghi, de nombreux contrats ont été signés, comme un contrat gazier de 4 milliards de dollars entre ENI et la compagnie pétrolière publique algérienne SONATRACH, qui porterait les volumes de gaz à 18 % (en d’autres termes , jusqu’à 9 milliards de mètres cubes par an en 2023-2024).

    Des mois plus tard, en juillet 2022, lors du quatrième sommet intergouvernemental, quinze mémorandums d’accord et de coopération ont été signés sous la direction de Draghi visant à renforcer les relations politiques, économiques et culturelles bilatérales. De même, en octobre 2022, un accord a également été signé avec FIAT pour sa production automobile en Algérie en mars 2023, avec une capacité initiale de soixante mille qui passera à terme à quatre-vingt-dix mille. Grâce aux contrats signés depuis 2018, les échanges commerciaux entre l’Italie et l’Algérie sont passés de 8 milliards de dollars en 2021 à 16 milliards de dollars en 2022. Ces derniers investissements ont incité le président algérien Abdelmajid Tebbounepour les qualifier de « haut niveau de relations stratégiques unissant l’Algérie et l’Italie ».

    Lors de la visite du Premier ministre italien Meloni, le 22 janvier, des contrats ont été signés pour la construction d’un nouveau gazoduc , reliant directement l’Algérie à l’Italie via la Sardaigne. Ce gazoduc viendra s’ajouter à celui existant qui passe par la Tunisie, le gazoduc Enrico Mattei – également connu sous le nom de Transmed – en hommage à l’ancien PDG d’ENI. Outre le gaz, ce gazoduc transportera également de l’hydrogène, de l’ammoniac et même un câble électrique sous-marin. Lors d’une conférence de presse conjointe le 23 janvier, Tebboune et son homologue italien ont rappelé que « l’Algérie est considérée comme un fournisseur [de gaz] principal et nous espérons aller plus loin, car de par sa position géographique, ce nouveau gazoduc fera de l’Italie l’entrée et hub énergétique de l’Europe.

    Plus important encore – et comme l’ont déclaré les autorités algériennes à leurs homologues européens – plus de gaz algérien nécessite plus d’ investissements , ce que l’ENI a accepté de faire. Cela permettrait, à son tour, de moderniser les infrastructures d’hydrocarbures de l’Algérie. Actuellement, l’Algérie exporte soixante milliards de mètres cubes vers l’Italie via le Transmed. Avec un deuxième gazoduc, Alger peut augmenter considérablement sa capacité d’exportation vers l’Italie et même d’autres pays européens.

    Lors de la réunion du 23 janvier, d’autres discussions ont été menées sur la coopération sur les activités spatiales et le transfert de technologie. Outre tous ces grands contrats, pour Tebboune, l’Algérie peut également bénéficier de l’expérience des petites et moyennes entreprises italiennes . Au cours du même voyage, Alger et Rome ont également célébré le vingtième anniversaire du Traité d’amitié, de bon voisinage et de coopération.

    Du point de vue italien, la visite du 23 janvier est un moyen d’affirmer davantage l’ambition de Rome de renforcer sa coopération et son développement avec le continent africain. Pour Meloni, l’Afrique du Nord est la priorité de Rome, en particulier son partenaire incontournable l’Algérie.

    Un terrain d’entente sur la Libye
    Outre le renforcement des liens entre l’Algérie et l’Italie, il y a d’autres problèmes en jeu en ce qui concerne l’Afrique du Nord ; par exemple, l’épineux dossier libyen, dans lequel Alger et Rome partagent des points de vue similaires en ce qui concerne la fin de la crise politique et de l’instabilité qui durent depuis une décennie, que certains experts considèrent même comme une guerre civile .

    La Libye constitue un défi sécuritaire majeur pour l’Algérie. Pour Alger, le caractère violent du conflit en cours en Libye contribue à des menaces complexes et multiples le long de la frontière orientale de l’Algérie. En janvier 2020, le président Tebboune a déclaré que « la sécurité de la Libye est le prolongement de notre propre sécurité [de l’Algérie] ». En août 2021, l’Algérie a accueilli une réunion des ministres des Affaires étrangères des pays voisins pour relancer «l’Initiative de stabilité en Libye», au cours de laquelle Alger a réitéré son soutien au processus politique et à la feuille de route de la Libye qui auraient conduit à des élections en décembre de la même année. De même, suite à l’échec de l’organisation de ces élections, le président algérien a annoncé en avril 2022 qu’Alger accueillerait une deuxième conférence sur la Libye, soulignant le soutien d’Alger à la coordination internationale concernant ces élections.

    A cet égard, Rome, qui veut accroître sa visibilité politique et économique en Afrique du Nord, est consciente que la vision d’Alger ne peut être ignorée, car ils sont un voisin direct de la Libye avec des intérêts directs. De plus, en raison de sa neutralité entre les parties libyennes et de son rôle potentiel de médiateur dans ce conflit complexe, l’Italie – ainsi que d’autres États européens, comme l’Allemagne – s’est appuyée sur l’implication de l’Algérie pour ramener la paix et la stabilité chez son voisin. À cet égard, après sa visite à Alger, la Première ministre Meloni s’est rendue à Tripoli le 28 janvier pour discuter de questions politiques et de sécurité, telles que la migration illégale, avec son homologue libyen, le Premier ministre Abdulhamid al-Dbeibah, chef du gouvernement d’État Unité (GNU) à Tripoli. Au cours du voyage, Rome et Tripoli ont également signé un nouveau contrat gazier de 8 milliards de dollars , faisant allusion à la dépendance de l’Italie vis-à-vis de la Libye pour l’énergie, quel que soit le conflit.

    Un partenariat gagnant-gagnant entre Rome et Alger
    Comme ses prédécesseurs, Meloni veut continuer à renforcer les liens avec l’Algérie et positionner l’Italie comme leader en Méditerranée. C’était évident dans ses propos du 3 décembre 2022 : « Après des années de recul, nous aimerions retrouver notre rôle stratégique en Méditerranée. » Alors que la vision du regretté PDG d’ENI, Mattei – établir des relations équitables pour soutenir les pays nouvellement indépendants – est toujours en cours, depuis le début de la guerre en Ukraine, la question de l’indépendance énergétique de l’Europe a acquis une nouvelle urgence. Par conséquent, l’Italie sent qu’il existe des opportunités pour ses entreprises face à la crise énergétique de la région.

    Selon Andrea Dessi, responsable du programme Méditerranée, Moyen-Orient et Afrique à l’ Istituto Affari Internazionali , « depuis que la guerre en Ukraine a éclaté, il y a un alignement d’intérêts entre les entreprises publiques italiennes, telles que l’ENI et d’autres institutions, pour réinvestir [dans] l’espace méditerranéen et africain. Et la relation avec l’Algérie est le fer de lance de cette stratégie.

    La guerre en Ukraine a placé l’Algérie sur le devant de la scène européenne. Le géant nord-africain est devenu un choix incontournable en raison de sa capacité gazière et de son immense potentiel d’investissement économique. Sans aucun doute, c’est un gain immédiat pour Alger. Cependant, pour que ce gain actuel perdure, les autorités algériennes doivent miser sur une stratégie de long terme, ce qu’elles semblent faire avec l’Italie.

    L’Italie et l’Algérie visent un partenariat gagnant-gagnant qui profiterait non seulement aux deux pays, mais aussi à leurs voisins respectifs et au-delà. Bien gérées, Rome et Alger pourraient construire un pont géo-économique à long terme, robuste et viable entre les deux rives de la mer Méditerranée.

    Abdelkader Abderrahmane est chercheur principal non résident des programmes du Moyen-Orient au Conseil de l’Atlantique.

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    #Algérie #Italie #Gaz #UE #Ukraine #Russie

  • Visite de Lavrov : La Mauritanie « assume sa neutralité » !

    Tags : Sergeï Lavrov, Russie, Sahel,

    Mohamed Salem Ould Merzough a tout fait pour impulser une détente de l’atmosphère de visite « gênante » de Sergei Lavrov dans notre pays. Mais les circonstances et les alliances enveloppaient visiblement de leur lourd manteau la première visite d’un chef de la diplomatie russe dans notre pays. C’est un peu aussi le revers de la médaille quand on tente de jouer dans la Cour des Grands.

    Discours exagérément mesuré avec l’appui d’un aide-mémoire entre les mains, doublé d’un style télégraphique, Ould Merzough ne voulait pas donner l’ombre à une éventuelle interprétation désobligeante ni pour son hôte, encore moins pour « ceux » qui le suivaient de loin. Malgré son visage renfermé, Ould Merzough, entre le marteau et l’enclume, a presque réussi le pari d’imposer la perception d’une neutralité «assumée » du gouvernement mauritanien face au clivage Est-Ouest.

    Un hôte poids lourd !

    Au-delà de la coïncidence de cette visite avec la célébration prochaine des 60 ans de relations diplomatiques entre les deux pays, l’arrivée à Nouakchott de Serguei Lavrov dont le pays accapare l’actualité internationale en Europe (Ukraine) et en Afrique (Wagner en Afrique de l’Ouest), est loin d’être un fait anodin. Elle intervient après une autre visite similaire –première du genre- du président du Conseil de l’Europe, en novembre 2022 et surtout de l’accueil remarquable du Sg de l’Otan, en janvier 2021, à la visite du président Ghazouani au cœur de l’Otan. Et c’est sans cette posture entre deux puissances de feu qui indispose. Mais à quelque chose « équilibrisme » est bon. La Mauritanie, naguère souvent ignorée sur les questions de géopolitiques internationales, se redécouvre subitement un rôle important sur l’échiquier international. Les visites et la coopération tous azimuts avec les différents «belligérants» du nouvel ordre mondial s’intensifient. Mais encore faudrait-il que le gouvernement en tire le maximum de dividendes avant leur tarissement. C’est ce que donne l’impression de faire, notre chef de la diplomatie, Mohamed Salem Ould Marzough, en cherchant à ménager la chèvre et le chou et ne tarissait pas d’éloges sur la coopération bilatérale. Il a, cependant, rappeler que la conviction du gouvernement mauritanien est que le monde affecté par la guerre en Ukraine éprouvait « la nécessité de trouver une solution rapide », en privilégiant le «dialogue pour lui épargner plus de tragédies humaines ». Merzough, tout en rappelant la primauté du droit international dans la gestion des relations au sein de la Communauté internationale, a encore souligné que les Peuples africains qui pâtissent déjà de l’impact de la guerre (problèmes d’approvisionnement), auraient aussi «des appréhensions quant au risque de son embrasement et de son extension».

    Un nouvel ordre mondial plus équitable (Lavrov)

    Même s’il sait ne pas être en territoire acquis à son invasion en Ukraine et que les milices «Wagner » à la frontière du pays ne rassurent pas les autorités mauritaniennes, le Chef de la diplomatie russe espère voir la Mauritanie, en même temps que d’autres Etats africains, servir de soutien politique à son pays face à la tentative d’isolement que chercheraient à lui imposer les Etats-Unis et les autres pays de l’Otan. «Avec d’autres partenaires comme la Chine, nous sommes contre l’hégémonie que l’Occident veut nous imposer » rappelant que son pays est jaloux de l’égale souveraineté des Etats qui forment la Communauté internationale et qu’ils sont favorables à des conventions internationales plus équilibrées. «Nous sommes prêts à aider la Mauritanie pour ses besoins énergétiques et alimentaires » souligne Lavrov comme pour répondre aux inquiétudes formulées par Ould Merzough, sans jamais évoqué l’accord militaire signé entre les deux pays ; encore moins celui qui fait de notre pays le seul partenaire militaire de l’Otan dans la sous-région. Mieux, le diplomate russe cajole la neutralité de la Mauritanie qui pourrait, dit-il, jouer un rôle clé dans la résolution des crises en Afrique. A-t-il voulu parler du Mali, du Burkina, pays du G5 Sahel, et en Centrafrique où la présence officielle des russes se confond avec celle de «Wagner » ?

    Lavrov évoquera, par ailleurs, la coopération notamment dans le secteur de la pêche et révèlera que son pays a décidé d’octroyer 40 bourses supplémentaires aux étudiants mauritaniens et qu’une mission médicale se déplacera à Nouakchott dans les prochains jours avant d’ajouter que le président Ghazouani l’a assuré de sa participation au prochain sommet entre la Russie et l’Afrique. Enfin qu’il a invité son homologue mauritanien à une visite en Russie pour échanger sur tous les aspects de la coopération bilatérale.

    La Dépêche, 09/02/2023

    #Mauritanie #Russie #Sergei_Lavrov #Sahel

  • Mauritanie : Visite de Sergueï Lavrov

    Tags : Russie, Sahel, Mali, Burkina Faso, Soudan, lutte antiterroriste,

    Lavrov: le président Ghazouani assistera au sommet russo-africain

    Le président Ghazouani a confirmé sa participation au deuxième sommet russo-africain, prévu au mois de juillet prochain à Saint-Pétersbourg, a déclaré ce mercredi 8 février courant, ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov.

    Nous avons invité le ministre des Affaires étrangères Mohamed Salem Ould Merzoug à se rendre à Moscou afin de poursuivre la discussion sur les points convenus aujourd’hui, a-t-il ajouté, au cours d’une conférence de presse tenue après ses entretiens avec le président Ghazouani.

    Le ministre russe des Affaires étrangères, qui effectue actuellement une visite à Nouakchott, a été reçu en audience ce mercredi par le président Mohamed Ould Cheikh Ghazouani, avec lequel il a eu des entretiens au palais présidentiel dans le centre-ville, rappelle-t-on

    Essahraa, 08/02/2023

    La Russie accepte la demande de la Mauritanie de lui fournir des céréales, engrais et de l’énergie

    Spoutnik a déclaré que la Mauritanie a exprimé son désir d’obtenir des engrais et des énergies russes, selon l’annonce du ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov aujourd’hui, mercredi, lors d’une conférence de presse dans la capitale, Nouakchott.

    « Nos amis sont intéressés par la livraison de combustibles fossiles, de denrées alimentaires et d’engrais, nous en avons parlé en détail aujourd’hui », a déclaré Sergueï Lavrov lors d’une conférence de presse conjointe avec son homologue Mohamed Salem Ould Merzoug.

    « Nous sommes prêts à répondre à cette demande mauritanienne, ainsi qu’aux demandes d’autres pays africains », a ajouté Lavrov.

    Pour sa part, le ministre mauritanien des Affaires étrangères, Mohamed Salem Ould Merzoug, a affirmé : « La Russie doit occuper sa position distinguée sur la scène internationale et continuer à jouer son rôle important pour assurer la sécurité en Europe ».

    Taqadomy, 08/02/2023

    Sergueï Lavrov : Nous avons invité le Président de la République à prendre part au Sommet Russie-Afrique qui se tiendra à Saint Pétersbourg

    Le Président de la République, Son Excellence Monsieur Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani a reçu en audience, mercredi au palais présidentiel à Nouakchott, le ministre des affaires étrangères de la Fédération de Russie, M. Sergueï Lavrov.

    L’audience a porté sur la coopération entre les deux pays amis et les moyens permettant de la renforcer davantage en plus des questions d’intérêt commun.

    A sa sortie d’audience, le ministre des affaires étrangères de la fédération de Russie a déclaré à l’AMI, qu’il a adressé, au nom de son pays, une invitation au Président de la République, Son Excellence Monsieur Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani pour assister au deuxième Sommet Russie-Afrique qui se tiendra du 27 au 29 juillet à Saint Pétersbourg.

    Il a précisé que ses discussions avec le Président de la République ont porté sur les relations mauritano-russes et les moyens de les développer davantage. M. Sergueï Lavrov a salué le niveau de ces relations soulignant la détermination des deux pays à les améliorer afin de toucher les domaines des matières premières et de la prospection.

    Le ministre des affaires étrangères a également ajouté que les discussions ont abordé le renforcement de la coopération dans le domaine de la pêche avant de remercié la Mauritanie pour les facilités accordées aux pêcheurs et navires russes. Il a souhaité la poursuite de ces facilités, précisant que la réunion des hommes d’affaires des deux pays se tiendra après de Sommet de Saint Pétersbourg.

    M. Sergueï Larov a rappelé l’historique des relations sanitaires entre les deux pays, relations marquées par l’envoi d’experts russes dans le domaine de la santé pour former les mauritaniens avant d’assurer que 1.500 étudiants, dont un nombre important occupent d’importantes responsabilités dans les différents structures gouvernementales, sont formés en Russie.

    Le ministre a aussi précisé que la rencontre avec le Président de la République a également porté sur les questions internationales et régionales et la nécessité de redynamiser le dialogue afin de présenter des idées communes, fondées sur le droit international et la Charte des Nations Unies. “Nous avons décidé de poursuivre la coordination dans ce domaine”, a-t-il dit.

    M. Sergueï Lavrov a noté que les échanges ont abordé les situations préoccupantes dans la région du Sahara et du Sahel ainsi que la nécessité de redoubler d’efforts pour faire face avec succès à la menace du terrorisme qui devient de en plus dangereux.

    Le ministre appelé a plus d’efforts pour parvenir à un règlement juste du problème du Sahara occidental avant d’indiquer, au sujet de la guerre en Ukraine, que les deux parties ont évoqué les moyens pouvant empêcher que les deux pays soient affectés par les répercussions négatives de cette guerre, en particulier dans les domaines de l’alimentation et de l’énergie.

    M. Sergueï Lavrov a enfin remercié lui et la délégation qui l’accompagne la Mauritanie pour l’accueil chaleureux et l’hospitalité généreuse dont ils ont été l’objet avant d’inviter son homologue à visiter la Russie le moment qu’il juge favorable.

    L’entrevue s’est déroulée en présence côté mauritanien, du ministre des Affaires étrangères, de la Coopération et des Mauritaniens de l’Extérieur, M. Mohamed Salem Ould Merzoug, du directeur de cabinet du Président de la République, M. Ismail Ould Cheikh Ahmed, de l’ambassadeur de Mauritanie à Moscou, SEM Mohamed Mahmoud Ould Dahi et de M. Harouna Traoré, chargé de mission à la Présidence de la République.

    Et du côté russe, de M. Mikhaïl Bogdanov, représentant spécial du Président de la fédération de Russie pour le Moyen Orient et l’Afrique, vice-ministre des affaires étrangères, de l’ambassadeur de la Fédération de Russie en Mauritanie, SEM. Boris Zhilko, du chef de la division Moyen Orient et du directeur adjoint du département Proche Orient et Afrique du nord.

    AMI, 08/02/2023

    #Mauritanie #Sergei_Lavrov #Mauritanie #Sahel #Mali #Burkina_Faso #Lutte_antiterroriste

  • La Mauritanie intéressée par les carburants et produits agricoles russes

    Tags : Mauritanie, Russie, Sahel, Mali, Burkina Faso, lutte antiterrotiste, Sergeï Lavrov,

    Selon Agenzia Nova, la Mauritanie s’intéresse à l’approvisionnement en carburant et en produits agricoles de la Russie. Cela a été annoncé par le ministre russe des Affaires étrangères, Sergej Lavrov, qui était en visite officielle à Nouakchott.

    « Nos amis sont intéressés par la fourniture d’hydrocarbures, de nourriture et d’engrais russes. Nous en avons parlé en détail aujourd’hui. Nous sommes prêts à répondre aux demandes de la Mauritanie et d’autres pays africains », a déclaré M. Lavrov lors d’une conférence de presse à l’issue de la rencontre avec son homologue mauritanien, Mohamed Salem Ould Merzoug.

    Agenzia Nova

    Lavrov offre le soutien de Moscou à la Mauritanie

    Le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov a offert mercredi son soutien à la Mauritanie dans la lutte contre le djihadisme au Sahel, affirmant respecter la position du pays dans la guerre en Ukraine.

    Son homologue mauritanien a souligné le « respect par son pays des règles du droit international », tout en disant « comprendre » les préoccupations russes en matière de sécurité.

    La visite de Lavrov à Nouakchott fait partie d’une offensive diplomatique plus large de la Russie en Afrique, où la guerre a intensifié la concurrence stratégique entre les grandes puissances.

    Mardi, il s’est rendu au Mali, où la Russie est devenue un partenaire clé de la junte au pouvoir.

    Là, il a promis d’aider les pays du Sahel et du golfe de Guinée dans la lutte contre le djihadisme, et a fait allusion à une implication accrue sur le continent.

    La Mauritanie est un pays charnière entre le Maghreb et l’Afrique subsaharienne.

    Le djihadisme s’est propagé dans les pays sahéliens du Mali, du Burkina Faso et du Niger et menace désormais le golfe de Guinée plus au sud, bien que la Mauritanie n’ait pas connu d’attaque depuis 2011.

    Le vaste pays de 4,5 millions d’habitants, principalement désertique, a voté en mars 2022 en faveur d’une résolution de l’ONU appelant la Russie à cesser immédiatement ses opérations militaires en Ukraine.

    De nombreux pays africains se sont abstenus ou n’ont pas voté.

    En octobre, la Mauritanie a voté une résolution contre l’annexion par la Russie de quatre régions de l’Ukraine. Mais en novembre, il s’est abstenu lors d’un vote sur les réparations de guerre que la Russie devrait verser à l’Ukraine.

    « Nous avons exprimé notre respect pour la politique constante de neutralité de la Mauritanie sur tous les axes », a déclaré M. Lavrov aux journalistes mercredi.

    Mais, a-t-il dit, cette neutralité n’a pas empêché la Mauritanie de s’attaquer activement aux « problèmes » de la région.

    « Je parle de la menace terroriste dans la région sahélo-saharienne », a déclaré Lavrov.

    Il a également cité le conflit entre le Maroc et le Front Polisario soutenu par l’Algérie au sujet du Sahara occidental, qui borde la Mauritanie.

    « Nous soutiendrons activement ces efforts de nos amis africains, partant du principe qu’ils sont intéressés à être aidés dans ce travail », a-t-il ajouté.

    Lors d’une conférence de presse conjointe, le ministre mauritanien des Affaires étrangères Mohamed Salem Ould Merzoug a évoqué « certaines constantes » dans la diplomatie mauritanienne dont « le respect des règles du droit international et des principes de la Charte des Nations unies ».

    Mais il a déclaré que « la Mauritanie comprend les préoccupations de sécurité de la Russie et estime qu’elles doivent être prises en considération pour son rôle important dans la sécurité et la stabilité en Europe et au niveau international ».

    Lavrov a été reçu par le président mauritanien Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani, a rapporté l’agence de presse nationale.

    Barron’s, 08/02/2023

    #Russie #Mauritanie #Sahel #Mali #Burkina_Faso #Lutte_Antiterroriste

  • Lavrov au Soudan pour une impulsion diplomatique dans le Sahel africain

    Tags : Russie, Sahel, Mali, Burkina Faso, Mauritanie, Soudan, lutte antiterroriste,

    KHARTOUM, 9 février (Reuters) – Le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov devait rencontrer jeudi des responsables au Soudan, dans le cadre d’une tournée africaine visant à étendre son influence à un moment où les pays occidentaux ont cherché à isoler Moscou avec des sanctions sur la guerre en Ukraine .

    Lavrov est arrivé à Khartoum mercredi soir, cherchant à renforcer les liens économiques des deux pays, en particulier dans les infrastructures, a indiqué l’agence de presse officielle SUNA. La tournée de Lavrov a également inclus l’Irak, la Mauritanie et le Mali , et la semaine dernière, il s’est rendu en Afrique du Sud.

    Le Soudan a été coupé de milliards de dollars de financement international après que les chefs militaires ont renversé un gouvernement de transition soutenu par l’Occident en 2021. En même temps qu’ils recevaient Lavrov, les autorités soudanaises accueillaient cette semaine des envoyés des États-Unis, de Grande-Bretagne et de France, qui vont soutenir les pourparlers pour former un nouveau gouvernement civil démocratique au Soudan.

    Les pays occidentaux s’inquiètent de l’influence croissante de la Russie dans le Sahel africain et ses régions frontalières. Le conseil militaire au pouvoir au Soudan a précédemment envisagé d’autoriser la Russie à ouvrir une base navale sur la côte de la mer Rouge, une région stratégique où les pays du Golfe et la Turquie se disputent également l’influence .

    Reuters n’a pas pu établir immédiatement si la base était à l’ordre du jour de Lavrov lors de la visite.

    Des diplomates occidentaux et des sources officielles ont déclaré que l’entrepreneur militaire privé russe du groupe Wagner a travaillé au Soudan pour développer l’extraction de l’or, entre autres activités.

    Le ministère soudanais des Affaires étrangères a précédemment nié la présence de Wagner , qui appartient à Yevgeny Prigozhin, un allié du président russe Vladimir Poutine.

    A Khartoum, Lavrov devait rencontrer le ministre des Affaires étrangères désigné, Ali al-Sadeq, ainsi que d’autres responsables, a indiqué la SUNA.

    Le Soudan a courtisé le soutien de la Russie au cours des dernières années avant que l’ancien président Omar el-Béchir ne soit renversé lors d’un soulèvement en 2019. Avant le coup d’État d’il y a 15 mois, les partis civils soudanais qui partageaient le pouvoir avec l’armée après le renversement de Bashir avaient noué des liens plus étroits avec l’Occident.

    Le chef adjoint du conseil au pouvoir du Soudan et chef de ses puissantes forces paramilitaires de soutien rapide (RSF), le général Mohamed Hamdan Dagalo, mieux connu sous le nom de Hemedti, s’est rendu en Russie la veille de l’invasion de l’Ukraine le 24 février 2022 et s’est dit ouvert à l’accueil d’un base russe.

    Reuters, 09/02/2023

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