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  • Algérie, Maroc, Tunisie : Pénurie d’eau au Maghreb

    A l’instar de l’ensemble du Maghreb, des phénomènes météorologiques soudains et violents se produisent en Algérie. Le pays connaît plusieurs épisodes de tonnerre et de grêle qui provoquent des inondations sur des sols secs. En mai 2021, c’est le réservoir de Kaudiet Eserdoune, l’un des plus grands barrages d’Algérie, qui se retrouve à sec. Début juin, on constate que le taux de remplissage des barrages du pays est inférieur à 50%. Les niveaux de précipitations sont en baisse dans le nord du pays, confirme le climatologue Rachid Besoud pour le quotidien algérien l watan : « La vulnérabilité naturelle et climatique de l’Algérie s’accroît ». Des pays comme le Maroc et la Tunisie sont en crise à cause du manque d’eau.

    Rappelons que la consommation d’eau est désormais inférieure à la « limite de réduction », un indice conçu par l’hydrologue suédoise Malin Falkenmark il y a 25 ans, fixé à 1000 mètres carrés3/ habitant/an. Une situation problématique en dessous de ce seuil « La vie sociale et le développement économique sont difficiles ». Les gouvernements du Maghreb entendent lutter contre cette pénurie d’eau en stockant les eaux de surface et en construisant des barrages réservoirs. Le Maroc, très riche, en possède 144, la Tunisie, 34. Une autre stratégie a été adoptée, qui tire parti des 7000 km de côtes : les usines de dessalement de l’eau de mer. Cette fois, l’Algérie est en tête avec 21 stations. La plus grande unité de dessalement marocaine est entrée en service au début de cette année. Si l’approvisionnement en eau peut augmenter et s’améliorer, l’eau est gaspillée, perdue dans des réseaux de stockage et de distribution mal entretenus. En ce qui concerne le retraitement des eaux usées, qui permettrait un bon cycle de la précieuse ressource, les trois pays manquent de stations d’épuration. Mais c’est au niveau agricole et donc rural que les choses sont encore plus dramatiques, et encore plus dans les zones où l’eau est puisée dans les nappes phréatiques, qui ne seront pas rechargées de sitôt. L’inégalité d’accès à l’eau dans les zones rurales exacerbe les relations sociales. En définitive, ce sont les petits agriculteurs qui souffriront le plus de la raréfaction de l’eau.

    « Projet « 3 millions de génomes africains

    Vingt ans se sont écoulés depuis que la première séquence du génome humain a été publiée dans la revue scientifique Nature. Mais parmi tout ce matériel collecté et analysé, les génomes des individus d’ascendance africaine ne représentent que 2% de l’ensemble. Il y a un « préjugé européen ou caucasien » dans ce catalogue d’ADN. Pour rééquilibrer cette pénurie d’informations génomiques, le généticien camerounais Ambrose Vonkam a lancé un projet appelé 3MAG, ou trois millions de génomes africains, qui vise à séquencer l’ADN de 3 millions d’individus issus de plusieurs groupes ethniques du continent africain. Le résultat promet d’atteindre beaucoup plus de variations génétiques que dans le reste du monde. magazine podcast economist Met l’accent sur un fait encore peu connu du grand public, à savoir l’extrême diversité génétique des populations africaines au sein même des groupes ethniques africains, par rapport aux autres groupes ethniques hors du continent. Le pourcentage oublié par le podcast est stupéfiant : 7% des variations génétiques à l’origine des maladies identifiées grâce à ce séquençage génomique proviennent d’échantillons d’ADN d’individus du continent africain. Obtenir jusqu’à 2% sur le génome africain est très prometteur. A été mentionné par Ambrose Wonkam lui-même en février 2021 pour examen. Nature, une récolte spectaculaire de variantes génétiques recueillies à partir de l’analyse des séquences du génome entier de seulement 426 personnes appartenant à 50 groupes ethnographiques en Afrique et jusqu’à présent inconnues. Le projet durera dix ans et s’appuiera sur des programmes et des institutions déjà en cours dans divers pays africains, en Grande-Bretagne et aux États-Unis.

    « Nous devons nourrir le monstre » ou comment les ressources halieutiques de l’Afrique de l’Ouest sont pillées

    Cette 3ème année consécutive, Greenpeace s’efforce d’établir un lien entre, d’une part, les ressources halieutiques au large des côtes d’Afrique de l’Ouest, qui sont de plus en plus rares, et, d’autre part, les besoins des fermes aquacoles d’Europe et d’Asie. Les chaînes d’approvisionnement et les produits de la mer vendus par les grandes chaînes de distribution européennes. L’ONG environnementale publie les résultats d’une enquête menée avec une autre ONG, Changing Markets, sous un titre évolutif : Nourrir le monstre : comment les industries européennes de l’aquaculture et de l’alimentation animale transforment l’alimentation des communautés d’Afrique de l’Ouest. Cette zone poissonneuse attire les navires de pêche industrielle et les flottes locales. La crise générale est la pêche illégale qui épuise les réserves de protéines dont bénéficie la population locale. Ce qui est changé et expliqué par le rapport de Greenpeace de ce mois de juin, c’est l’importance prise récemment par les usines locales des changements dans l’huile de poisson et la nourriture. Et ce, selon la « campagne » responsable de Greenspace Africa, interviewée par Ibrahima Sisse magazine young africa, « Une goutte d’eau qui brise le dos d’un chameau ». Il y a une dizaine d’années, ces usines ont remplacé les déchets de la transformation du poisson. Maintenant, elles commandent du poisson frais. « petit bassin » Les petits poissons qui se reproduisent de manière très vivante, comme la Sardinelle et le Bonga, vivent près des côtes et sont donc plus faciles à attraper, explique M. Sisse. Ces poissons sont d’excellentes sources de protéines animales pour les populations de Mauritanie, du Sénégal et de Gambie, mais aussi pour leurs voisins de l’intérieur. Leur inconvénient est aussi celui de nombreux métiers traditionnels. Hors d’Afrique, la farine et l’huile finiraient dans les aliments pour l’aquaculture et les élevages de porcs, dans les compléments alimentaires, les cosmétiques et les produits alimentaires pour animaux de compagnie.

    Inside Wales Sport, 21 juin 2021

    Etiquettes : Algérie, Maroc, Tunisie, eau, pénurie, sécheresse,

  • Le Maroc et la Tunisie rouvrent au tourisme, les règles

    Les réouvertures continuent, un peu partout dans le monde. Et la liste des pays dans lesquels les Italiens peuvent le faire est appelée à s’allonger. Car, si une tranche de la planète est décidée à demander le certificat de vaccination, une autre a décidé de « copier » les règles du Pass Vert européen.

    Maintenant, voici aussi le Maroc et la Tunisie rouverts au tourisme. Les deux destinations, très populaires auprès des Italiens, ont décidé de rouvrir les frontières sans introduire d’obligation de vaccination. Découvrons ensemble toutes les règles.

    Voyager en Tunisie aujourd’hui

    Les règles, en Tunisie, ont changé depuis le 1er juin dernier. Depuis ce jour, les voyageurs qui ont terminé le cycle de vaccination et qui ont déjà reçu les deux doses du sérum, peuvent entrer dans le pays sans avoir à subir le test PCR (à condition de présenter le certificat avec le code QR). Les personnes qui ont été guéries de Covid-19 au cours des 6 dernières semaines, en présentant un certificat de guérison, seront également exemptées. Ceux qui ne remplissent pas ces conditions, et qui ont plus de 12 ans, devront au contraire subir un test PCR dans les 72 heures précédant l’embarquement. Dans le cas contraire, il devra observer une auto-isolation de 7 jours à son arrivée en Tunisie.

    Ces règles s’appliquent également aux touristes italiens, qu’ils arrivent individuellement ou dans le cadre d’un voyage organisé. A leur arrivée en Tunisie, ils devront rester en groupe et voyager à bord de véhicules touristiques, suivant les règles fixées par le gouvernement pour contenir et prévenir la contagion. Il n’est pas exclu qu’ils soient soumis à des tests par échantillonnage, afin d’évaluer la négativité réelle au CoV-2 du SRAS. Aussi parce que, au niveau des vaccins, la Tunisie n’est pas en très bon état : elle n’a commencé que ces derniers jours la vaccination d’un grand groupe de travailleurs du secteur touristique, notamment les travailleurs des hôtels et des restaurants, les guides touristiques et les différents opérateurs des principaux sites touristiques.

    Voyager au Maroc aujourd’hui

    Comme la Tunisie, le Maroc rouvre également ses portes au tourisme international le 15 juin. Toutefois, le test PCR effectué dans les 48 heures précédant l’arrivée dans le pays est obligatoire. Les principales compagnies aériennes reprendront les vols au départ de l’Italie vers Casablanca, Marrakech, Fès, Tanger et Rabat, auxquels s’ajouteront bientôt d’autres destinations.

    À partir du 31 juillet, cependant, l’Italie sera incluse dans la liste A. Et, qui a été vacciné, ne devra plus montrer un test PCR négatif mais seulement le certificat de vaccination avec le code QR. Une fois dans le pays, les restaurants, bars et spas seront ouverts. Le port du masque est obligatoire, les voies d’entrée et de sortie sont séparées et vous êtes toujours soumis au contrôle de la température. Il est nécessaire de quitter l’Italie avec une réservation active (en choisissant parmi les établissements certifiés « Welcome Safely »), et il est également conseillé de réserver à l’avance l’entrée des musées et des sites culturels. Le couvre-feu est actuellement à 23h00.

    Depuis la réouverture du Maroc et de la Tunisie au tourisme, une semaine de détente à Djerba et une promenade dans les rues de Marrakech sont à nouveau possibles. Un pas de plus vers le retour à la normale.

    The Flight Club, 20 juin 2021

    Etiquettes : Maroc, Tunisie, tourisme, ouverture des frontières, conditions,

  • Des harraga algériens dans les prisons tunisiennes

    Par Nabil Chaoui

    Plusieurs dizaines de harraga algériens sont détenus dans les geôles tunisiennes, a appris ce mercredi Le Jeune Indépendant auprès de deux familles concernées par la disparition de leurs progénitures, et ce après une tentative d’émigration clandestine.

    «Mon fils vient de m’appeler à partir d’une prison tunisienne. Il m’a informé qu’il se trouve dans la prison de Tunis-Centre avec des dizaines d’Algériens incarcérés à la suite d’un naufrage de leur embarcation en territoire maritime tunisien», a confié Bachir T., sexagénaire et propriétaire d’un commerce de coiffure. De son côté, Salah B., voisin de palier du premier interlocuteur, confirme la présence de jeunes Algériens dans les prisons tunisiennes : «Mon fils et mon neveu m’ont aussi appelé sur mon portable, ma sœur n’ayant pas de téléphone, pour me dire de ne pas nous inquiéter.

    Les Tunisiens, après des doutes sur leur présence proche des côtes tunisiennes, les ont mis au défi d’appeler leurs proches en Algérie.» Selon nos deux interlocuteurs, la conversation des deux harraga a été écoutée par les services de sécurité tunisiens. Une question se pose. Pourquoi les services de sécurité tunisiens n’ont pas informé les autorités algériennes de la présence de jeunes Algériens dans les prisons tunisiennes, ou encore informer l’ambassade d’Algérie ou les représentations consulaires ? Depuis de nombreuses années, les parents des harraga ont, à maintes reprises, manifesté devant le Consulat général de Tunisie à Annaba en vue d’obtenir des informations concernant leurs proches disparus, en vain. La représentation consulaire tunisienne ne donnait aucune information mais promettait, à chaque fois, aux proches des disparus de saisir leur ambassade à Alger à ce sujet.

    C’était toujours sans suite. Selon des informations recueillies auprès des familles de plusieurs harraga, des centaines de candidats à l’émigration clandestine se trouvent dans la prison de Tabarka, en Tunisie. Ces harraga ont, pour la plupart d’entre eux, pris le large depuis la grande plage à Seraidi, oued Bokrat, à bord d’embarcations de fortune à destination de la terre promise, la Sardaigne, en Italie, avant d’échouer sur les côtes tunisiennes. A tire d’exemple, en décembre dernier, 17 harraga ont fait une halte sur une côte tunisienne pour alléger leur embarcation du moteur qui les avait lâchés en cours de traversée. Sans boussole ni GPS, et sans aucune assistance d’orientation, l’embarcation a dérivé et ils ont flotté ainsi durant trois jours, épuisés, pour être enfin interceptés par les gardes-côtes tunisiennes.

    Ils ont été placés en prison en attendant leur jugement. Et c’est toujours suite à un appel téléphonique, depuis la prison de Tabarka, qu’un des harraga a mis fin au tourment qui rongeait sa famille. Il convient de rappeler que le phénomène de l’émigration clandestine touche plus de 50% des familles annabies. Par ailleurs, alors que certains parents ont été rassurés en sachant où étaient leurs enfants, d’autres vivent toujours le calvaire par manque d’informations. Une association de harraga disparus à été créée mais elle demeure sans informations officielles, peut-être parce qu’elle n’a pas obtenu d’accréditation de la part des pouvoirs publics. Cette association, ouverte à toutes les familles qui sont à la recherche de leur progéniture ou voulant rapatrier ceux qui sont dans les prisons des pays où ont débarqué leurs proches peinent dans sa mission. Elle a toujours prôné la sensibilisation des jeunes sur les conséquences de la traversée maritime, et a appelé à s’attaquer à tous ceux qui facilitent ces départs, en l’occurrence ceux qui en font un commerce au détriment de la vie humaine.

    La dite association a un véritable besoin du soutien et de la bonne volonté de chacun pour l’aider à convaincre les parents touchés par ce phénomène d’y adhérer fortement. D’ailleurs, il ne se passe pas un jour sans que les gardes-côtes de la wilaya d’Annaba n’enregistrent l’échouage de cadavres décomposés au point de ne pouvoir les identifier. Ces côtes sont devenues le lieu de rencontre des familles de harraga, qui viennent chercher une éventuelle dépouille, si toutefois elle peut-être identifiée, afin de pouvoir faire son deuil. D’autres, par contre, se trouvent par dizaines, voire centaines dans les prisons tunisiennes. Devant l’ampleur du phénomène de la harga, il est plus que nécessaire que les autorités des deux pays établissent des accords régissant ce genre de cas.

    Le Jeune Indépendant, 16 juin 2021

    Etiquettes : Algérie, Tunisie, migration, harragas,

  • Belle moisson diplomatique pour l’Algérie

    Dossiers libyen, Malien, palestinien et Sahara occidental

    La remontada Algérienne
    Belle moisson diplomatique pour l’Algérie, qui, à la faveur d’une brusque accélération des événements géopolitiques, se replace confortablement au-devant de la scène régionale et internationale.

    Brahim TAKHEROUBT

    Ils étaient nombreux les think thanks, les instituts d’analyse et les observateurs non avertis- à se faire «des soucis» sur l’état de santé diplomatique de l’Algérie. Car, avançaient-ils, le plus grand pays d’Afrique a complètement perdu la main sur les dossiers- clefs qui rythment la vie politique, sécuritaire et diplomatique de la région. Dans le dossier malien, ces think thanks n’ont-ils pas soutenu que l’Algérie est définitivement exclue et que sa voix n’est plus audible?

    De même, ajoutent ces « moulins à idées» que l’Algérie a été « totalement éjectée» de la question libyenne où elle n’a plus droit au chapitre. Pour le Sahara occidental, c’est à peine s’ils n’ont pas lâché le qualificatif de bérézina algérienne pour saluer l’action «avisée» du Maroc dont le seul haut fait d’armes est d’avoir normalisé ses relations avec Israël pour quémander un soutien américain. Bâties sur les sables mouvants du rivage, toutes ces thèses ont été emportées au premier ressac.

    À la faveur d’une brusque accélération des événements au plan régional, l’Algérie se replace confortablement au-devant de la scène diplomatique. Une impressionnante remontada géopolitique. Avec la Libye, l’heure est au réalisme politique et au business. Plus de 10 membres du gouvernement de transition ont accompagné le déplacement du Premier ministre, Abdelhamid Dbeibah, il y a deux jours, à Alger. Le Forum économique algéro-libyen, qui s’est tenu les 29 et 30 mai derniers, en présence de 700 opérateurs économiques, a constitué un saut qualitatif dans le domaine de la coopération économique et du partenariat entre les deux pays.

    Depuis le début de la crise libyenne en 2011, l’Algérie n’a pas changé sa position d’un iota, concernant la Libye depuis les raids de l’Otan contre ce pays voisin en 2011, en respectant les principes de non-intervention dans les affaires internes des pays tiers et de règlement des conflits par la voie politique. L’Algérie est restée au-dessus de la mêlée dans la crise libyenne, en se tenant à une égale distance entre les parties en conflit. Si avec le voisin libyen, la dynamique de relance est effective, le dossier malien est d’une actualité brûlante.

    Après l’éviction du président intérimaire Bah Ndaw et de son Premier ministre, lors du coup d’Etat du 24 mai dernier, la donne géopolitique a été sérieusement bousculée. Un boulevard inespéré s’ouvre devant Poutine qui ne se fera pas prier pour prendre pied en Afrique et desserrer par là même les Européens qui se resserrent contre Moscou. Bamako multiplie les appels en direction de la Russie, perçue comme un pays ami et non comme l’ancienne puissance coloniale. Macron s’en est offusqué en déclarant vouloir se retirer de ce bourbier où s’est enlisée l’armée française après une débauche de moyens et d’énergie pour un piteux résultat. C’est l’accord d’Alger qui prend alors toute son importance surtout que le nouveau prétendant à jouer les premiers rôles dans la région, la Russie, est un allié stratégique de l’Algérie.

    Elle cueille également les dividendes de sa fidélité à la cause palestinienne. L’Algérie s’en sort grandie pour son intransigeance envers l’agression de l’armée sioniste contre la Palestine. On a les images de manifestations de sympathie envers l’Algérie, retransmises à partir de Ghaza, pour son courage et la rectitude de ses positions. De même qu’elle n’a pas changé sa position envers le peuple sahraoui, dernière colonie en Afrique qui lutte pour son droit à l’autodétermination. De tous ses dossiers, l’Algérie a fait une belle moisson diplomatique qui la replace désormais comme partenaire incontournable dans la région du Sahel.

    L’Expression, 02 juin 2021

    Etiquettes : Algérie, offensive diplomatique, Libye, Mali, Sahara Occidental, Palestine, Sahel, Maghreb, Tunisie,

  • Diplomatie : L’Algérie reprend son rôle stratégique

    par Abla Chérif

    Alger réactive son rôle régional de manière très perceptible depuis un moment. Elle est tournée principalement vers l’Est, mais tend aussi à garder un pied ferme dans le Sud-Ouest, en Mauritanie notamment, où de nouvelles perspectives se mettent plus sérieusement en place.

    Abla Chérif – Alger (Le Soir) – Cette nouvelle donne est surtout plus visible puisqu’elle se manifeste par des faits palpables qui marquent un saut qualitatif dans ses visées géostratégiques, après une longue période qui s’est limitée à des vœux pieux jamais réellement concrétisés. Alger semble aussi et surtout aller plus en profondeur dans son mode d’action, et semble avoir dépassé très vite ces derniers mois la doctrine sécuritaire qui est restée, des décennies durant, la principale carte jouée sur l’échiquier régional. Le processus de rapprochement enclenché avec la Libye le démontre d’ailleurs clairement. Ici, il n’est plus question de limiter les actions à la sécurisation des frontières, cette phase qui dure de longue date s’accompagne désormais d’un «partenariat multiforme gagnant-gagnant dans divers domaines prometteurs, notamment l’énergie, les travaux publics, la construction, l’investissement et les industries agroalimentaires».

    Le fait marquant réside aussi en la décision de la réouverture du poste frontalier Deb-Deb-Ghdamès, axe stratégique dans le transport de marchandises. Au même moment, les deux pays passent en revue les mesures pratiques visant la réouverture de la ligne maritime, ainsi que la possibilité d’ouvrir une ligne de transport de fret aérien et la reprise des vols aériens.

    La Libye est aussi toute gagnante dans ce processus qui lui permet de dépasser la «position d’élément de bouleversement» dans l’échiquier régional. L’Algérie renforce, elle, sa position régionale stratégique à l’Est où elle peut en premier lieu s’appuyer sur son partenaire essentiel, la Tunisie. Les deux pays ne semblent d’ailleurs faire plus qu’un en matière de déplacements humains et de transit de marchandises. C’est le fruit d’une longue coopération multiforme bien imagée lors de la remise de la médaille Athir par Abdelmadjid Tebboune à son homologue Kaïs Saïed. Le Président tunisien avait d’ailleurs tenu à réserver sa première sortie officielle à l’Algérie qui l’a honoré, pour reprendre les termes utilisés par l’APS, de la «plus haute distinction algérienne saluant l’excellence des relations bilatérales et les sacrifices communs durant la guerre de Libération».

    Alger ne conçoit que très peu de limites aux efforts en matière de soutien (multiformes) à Tunis. L’aide est avant tout économique et on l’a bien vu durant la visite de Kaïs Saïed (2020), puisque le chef de l’État algérien a annoncé à ce moment le dépôt de 150 millions de dollars dans la Banque centrale tunisienne. Une décision accompagnée d’un engagement à faciliter le paiement de l’approvisionnement en gaz et hydrocarbures, pour permettre à la Tunisie de dépasser la zone de turbulences dans laquelle elle se trouve. Tunis a aussi pu bénéficier d’une aide médicale importante durant le Covid, 140 000 litres d’oxygène, pour renforcer un partenariat stratégique multiforme (où la question sécuritaire joue un rôle très important), visant à stabiliser un voisin sur lequel l’Algérie peut compter dans les moments difficiles. L’axe Ouest est aussi appelé à se renforcer grâce la réactivation du rôle de l’Algérie auprès de la Mauritanie, un pays avec lequel Alger tend à aller plus en profondeur en matière de relations bilatérales. Là aussi, l’effort vise à aller au-delà du cadre sécuritaire. En avril dernier, et pour la première fois, les deux pays ont signé un mémorandum d’entente pour la création d’une commission bilatérale frontalière qui «traduit la volonté des deux pays de renforcer les relations de fraternité, de voisinage et de coopération», entre les deux États, et «intensifier le dialogue permanent, tout en mettant en place des mécanismes de coopération et de concertation sur le développement et la sécurisation de ces zones». Les deux pays évoquent aussi ouvertement les opportunités existantes en matière d’investissements, l’intensification des échanges économiques, commerciaux…

    Signe des temps, l’Algérie recevait en janvier dernier une délégation militaire de haut niveau conduite par le chef d’état-major des armées libyennes. «La première visite en Algérie du chef d’état-major revêt un caractère particulier pour les deux pays frères», commentait son homologue algérien.

    A. C.

    Le Soir d’Algérie, 01 juin 2021

    Etiquettes : Algérie, diplomatie, Libye, Tunisie, Mauritanie, coopération, échange commercial, partenariat, frontières, Abdelmadjid Tebboune, Kaïs Saïed, faciliter le paiement de l’approvisionnement en gaz et hydrocarbures, relations bilatérales,

  • Vente des billets : Mécontentement et déception chez les clients d’Air Algérie

    OUVERTURE DE L’OPÉRATION DE VENTE DES BILLETS D’AVION : Mécontentement et déception chez les clients d’Air Algérie

    L’opération de vente des billets d’avion de et vers quatre pays, notamment la France, l’Espagne, la Turquie et la Tunisie, a été lancée hier dans les différentes agences de la compagnie aérienne Air Algérie.

    C’est ainsi que les citoyens désireux de voyager, à Alger en particulier, se sont précipités de bon matin au niveau de l’agence de la place Maurice Audin Alger pour acquérir le titre de transport. En effet, lors d’une virée que nous avons effectuée hier matin aux agences de la compagnie aérienne nationale situées à Alger centre, nous avons constaté que seule celle de la place Maurice Audin qui était opérationnelle pour accueillir les clients qui désirent acheter ou modifier leurs billets. Une fois sur place nous remarquons une foule nombreuse constituée de femmes, hommes et enfants de tous âges, faisant la queue devant la porte de l’agence, en train d’attendre leur tour. En s’approchant de certains usages, on a constaté que la majorité est venue pour se renseigner avant d’acheter ou modifier un billet, regrettant du coup le fait que le site web de la compagnie aérienne et son contact-center n’ « ont servi à rien ». D’autre part, ils ont dénoncé une « mauvaise organisation » devant la porte, l’ « attitude » des agents d’accueil » envers eux, notamment les femmes. « Je me suis rapprochée de lui pour me renseigner sur la queue et l’achat d’un billet vers la Tunisie, il m’a engueulée et criée dessus », témoigne une dame dépassant la quarantaine. « Ce n’est pas une façon polie, je suis cliente, il doit me respecter », s’est-elle défendue. Ce comportement s’apparente à un manque de professionnalisme et à une mauvaise gérance chez le personnel sur les lieux de l’agence. D’ailleurs, nos tentatives de les faire parler pour avoir plus d’informations sur le premier jour de l’opération, notamment le nombre de billets vendus au niveau de l’agence et autres questions susceptibles d’intéresser le lecteur ont buté sur le refus d’avancer quoi que ce soit. Même pas nous laisser accéder à l’agence à des fins d’information.

    « Ouvrir nos frontières terrestres avec la Tunisie »

    Face à la cherté du billet d’avion vers la Tunisie selon les usagers, dont le prix a dépassé les 40 000 DA/ personne, les citoyens désireux rejoindre ce pays voisin, ont manifesté leur « déception» à cet égard, affirmant que ce dernier ne dépassait pas avant les 20 000 DA. « C’est exagéré et c’est hors de portée », a-t-on indiqué. C’est le cas de Mme Fatima R., maman d’un enfant, qui souffre d’une maladie orpheline. Ce qui nécessite une « évacuation urgente » en Tunisie afin de poursuivre ses soins. « Mon fils est malade, son état va en dégradation. Ici, les médecins m’ont délivré une autorisation pour l’évacuer en Tunisie, mais à cause du billet qui est hors de ma portée, surtout que je dois voyager en famille (le mari et deux enfants) ça nous coûtera trop cher », a-t-elle témoigné de sa situation. S’adressant au président de la République, elle appelle à la réouverture des frontières terrestres pour permettre aux citoyens aux revenus faibles de voyager au moindre coût surtout pour les cas exceptionnels.

    Des procédures « rejetées » par les voyageurs

    En effet, nombreux parmi les clients d’Air Algérie rencontrés sur place, notamment des résidents ou proches de résidents algériens en France, qui accueille un grand nombre de la communauté algérienne à l’étranger, n’ont pas hésité à leur sortie de l’agence de manifester leur « mécontentement » quant à la procédure mise en place par les services concernés afin de changer la date ou d’acheter un nouveau billet pour celui qui est établi à l’étranger. Selon la procédure, le client doit réserver d’abord chez Air Algérie, qui lui fournit un devis ou une estimation exacte des frais de son voyage. Ensuite, le voyageur présentera ce devis à sa banque possédant un compte en devise et celle-ci va convertir le montant en dinar jusqu’au dernier centime. La procédure ne s’arrête pas là, puisque le client est tenu ensuite de retourner chez Air Algérie pour verser l’argent. Ainsi, parmi les clients abordés, un homme dont l’âge ne dépassant pas les 50 ans, est sorti de l’agence « furieux ». « Ils nous poussent à aller vers le marché informel de devises.

    C’est une humiliation pour le citoyen », a-t-il tancé, ajoutant que « non seulement ils nous mettent des conditions exagérées, mais aussi ils nous envoient vers le circuit informel pour acheter de la devise ». Notre interlocuteur a pris le soin de préciser son cas. Il dira qu’il est venu pour acheter des billets d’avion à sa fille et son mari qui étaient bloqués en France depuis une année. « D’ailleurs elle a même été obligée d’accoucher là-bas », déplore-t-il. Contrairement à lui, d’autres ont réussi à « décrocher » des billets aller-retour vers Paris pour le 1 juin, dont le prix dépasse les 90 000 DA. Certains ont aussi acheté des billets pour la Tunisie en départ de l’aéroport de Constantine. Pour eux, « rien ne les empêchera, ni même le prix » à rentrer chez eux pour retrouver les siens. Par ailleurs, devant l’agence d’Air Algérie à la place d’Audin, le protocole sanitaire et les gestes barrières contre la propagation du virus corona était « entièrement ignoré », à voir notamment les clients collés les uns contre les autres, alors que le port du masque reste aléatoire.

    Air Algérie dévoile les conditions d’entrer au pays

    Les passagers doivent s’acquitter, avant l’embarquement, d’un supplément lié au frais de confinement de 41.000 dinars (l’équivalent en devises). Ce pack concerne uniquement le sens étranger – Algérie a indiqué la compagnie algérienne dans un communiqué rendu public samedi soir, détaillant que les conditions d’entrée en Algérie pour les personnes de plus de 12 ans qui doivent présenter un test PCR négatif datant de moins de 36 heures avant la date de départ (en langue arabe, française ou anglaise), à présenter à l’enregistrement et à remettre à l’arrivée, payer les frais de confinement obligatoire de cinq nuitées au moment de l’achat ou de la confirmation du billet d’avion. « L’exonération des frais de confinement est entendue dans la limite de deux enfants de moins de 12 ans par famille », précise Air Algérie. Un geste en direction de la diaspora qui a dénoncé les conditions imposées par les autorités algériennes pour la réouverture des frontières.
    Sarah Oubraham

    Programme des vols et tarif en devise

    Constantine – Tunis – Constantine : tous les Vendredis
    Alger – Istanbul – Alger : tous les Dimanches
    Alger – Paris (ORY) – Alger : tous les Mardis et Jeudis
    Alger – Marseille – Oran : tous les Samedis
    Alger – Barcelone – Alger : tous les Mercredis
    Concernant les tarifs à partir de l’étranger
    Au départ de Tunis : 591 TND l’aller-retour (TTC)
    Au départ de Istanbul : 686 USD l’aller-retour (TTC)
    Au départ de Paris : 518 EUR l’aller-retour (TTC)
    Au départ de Marseille : 391 EUR l’aller-retour (TTC)
    Au départ de Barcelone : 317 EUR l’aller-retour (TTC)

    Le Courrier d’Algérie, 31 mai 2021

    Etiquettes : Algérie, Air Algérie, billets d’avion, vols, voyage, tarifs, prix, France, Tunisie, Espagne, Turquie,

  • La stabilité du Maghreb, un impératif pour l’Europe (Institut Montaigne)

    Hakim El Karoui*

    La Méditerranée n’est pas une frontière : les flux d’hommes, d’idées, de marchandises, d’argent en ont fait depuis longtemps une interface beaucoup plus qu’une barrière. Les six millions de Français originaires du Maghreb font aujourd’hui que le destin de la France est lié à cette région du monde. C’est aussi le cas pour l’Espagne, avec le Maroc, et l’Italie, avec la Tunisie et la Libye. Le Sud de l’Europe est arrimé au Nord de l’Afrique, pour le meilleur – les échanges culturels, les services comme le tourisme, l’économie du care, la coopération industrielle – comme pour le pire, avec l’islamisme radical européen qui prend ses racines au Maghreb.

    L’Europe – et particulièrement la France – n’a pas nécessairement su prendre la mesure des transformations sociales qui ont provoqué les révoltes du printemps arabe il y a une décennie. Ce rendez-vous manqué ne doit pas se reproduire à l’occasion de la crise sanitaire et de ses conséquences économiques.

    Depuis de nombreuses années, les pays européens ont le sentiment de voir se rétrécir leur sphère d’influence en Afrique du Nord. D’autres pays, notamment des économies émergentes, ont su trouver leur place auprès des nouvelles élites économiques et formuler des propositions de partenariat concurrentes à celles des Européens.

    Les dés ne sont pourtant pas jetés. Il n’y a aucune fatalité à ce que les liens entre les deux rives de la Méditerranée s’estompent au profit d’une présence turque, qatarie, chinoise ou russe renforcée. Nous avons de nombreux atouts et au-delà nous partageons une histoire et un destin communs avec ces pays.

    Cette note dresse un état des lieux complet du Maroc, de la Tunisie et de l’Algérie, avant la crise du Covid-19 et depuis. L’Institut Montaigne y plaide pour que les Européens octroient un soutien massif au Maghreb, notamment à la Tunisie, sans contrepartie trop brutale, pour éviter un choc social et politique qui y menacerait le fragile édifice démocratique.

    Avant le Covid-19 et depuis : quel état des lieux économique ?

    La Tunisie, une démocratie au modèle économique à réinventer
    Symbole politique unique dans le monde arabe, la Tunisie a réussi sa transition démocratique. Ses indices de transparence sont au niveau des grandes démocraties émergentes, à l’instar de l’Inde ou du Brésil. Mais, longtemps considérée comme l’un des pays les plus compétitifs du continent africain, la Tunisie voit sa situation économique et financière se dégrader depuis les années 2010 pour atteindre -7 % de croissance en 2020.

    Le pays est désormais caractérisé par un potentiel de croissance trop peu exploité, un manque de productivité et une certaine stagnation économique. Le secteur primaire (près de 13 % des emplois tunisiens), trop orienté vers la sécurité alimentaire nationale, est insuffisamment tourné vers le commerce extérieur. La Tunisie ne dispose d’aucune rente naturelle. C’est donc sur les exportations liées aux services (principalement le tourisme) et sur les flux d’investissements étrangers (IDE), notamment dans le textile et la micro-électronique, que repose l’économie tunisienne. Malgré une forte diversification de son économie et de réels atouts comme le faible coût du travail associé à un système de formation relativement efficace, la Tunisie peine à valoriser pleinement ses atouts.

    La Tunisie connaît un fort taux de chômage, environ 15 % de la population active. Sa croissance démographique rapide, d’environ 1 % par an, ralentit la capacité d’absorption du marché du travail de sorte que les taux de chômage des 15-24 ans comme celui des diplômés s’élèvent à environ 35 % et 30 % respectivement.

    Afin de calmer la colère sociale, les autorités ont massivement eu recours à l’augmentation de l’emploi public, en titularisant notamment des personnes en contrats à durée déterminée et en recrutant massivement dans la fonction publique dans les zones les plus pauvres. Dès la fin de l’année 2016, on dénombrait déjà près de 600 000 emplois publics, contre un peu moins de 450 000 à la fin de l’année 2010. Aujourd’hui, la masse salariale représente environ la moitié de la dépense publique tunisienne. L’emploi public culmine à près de 18 % du total – un record mondial.

    Ce modèle économique a fortement été ébranlé par la crise de 2020 et le « Grand confinement ». La réponse des autorités tunisiennes a été cohérente sur le plan sanitaire mais limitée financièrement. Par exemple, le gouvernement a versé deux tiers du SMIC aux familles les plus pauvres, soit 140 euros.

    Avec un total d’environ 2 points de PIB, le plan de relance lié aux mesures d’urgence demeure modeste, comparé à la moyenne mondiale et à celle des pays émergents (respectivement, près de 3,5 et 3 points de PIB).

    Le Maroc, un modèle de croissance expansif malgré de fortes inégalités

    Le Maroc et la Tunisie partagent certaines caractéristiques de développement :

    -un modèle de croissance « ouvert » (taux d’ouverture avant-crise proche de 90 %) qui repose sur les exportations touristiques et sur la consommation ;
    -un secteur primaire important, qui représente 12,5 % du PIB et concerne un tiers de la population active.

    Le « printemps arabe » et la recrudescence de l’instabilité régionale ont largement bénéficié au Maroc. Le pays se situe une vingtaine de places devant la Tunisie dans les classements Doing Business et Global Competitive Index. Les flux touristiques le démontrent : le Maroc a enregistré une croissance nettement plus importante que la Tunisie ou même l’Égypte – où les arrivées se sont effondrées lors des manifestations de 2011 et des vagues d’attentats de 2015 et 2016.

    Mais de fortes inégalités persistent. Le Maroc souffre, comme la Tunisie, d’un taux de chômage important, principalement chez les jeunes de 15-24 ans (21,9 %). La participation des femmes au marché du travail (19,9 % in 2020) est près de deux fois inférieure à la moyenne des pays en voie de développement (45 %). Le taux d’alphabétisation des femmes est inférieur d’environ 20 points à celui des hommes. Par conséquent, les femmes marocaines sont plus nombreuses qu’ailleurs dans le secteur informel.

    Plus largement, les principaux indicateurs sociaux sont inférieurs au reste des pays du Maghreb. Mais si le Maroc peine à réduire les inégalités structurelles, le pays a rapidement mobilisé un grand nombre d’outils de financement pour gérer l’urgence sanitaire de 2020 et soutenir les populations fragiles. Dès le début de la crise de Covid-19, les autorités marocaines ont effectivement mobilisé 3 milliards de dollars, soit 3 % du PIB. Mais ce montant ne suffit pas à contenir l’accroissement rapide du ratio d’endettement et le creusement des déficits courants.

    L’Algérie, des fondamentaux économiques dépendants du cours des hydrocarbures

    Le modèle de croissance algérien est fondé sur un triptyque :

    -production et exportation des ressources, notamment en hydrocarbures qui représentent entre 20 et 25 % du PIB national et plus de 90 % des exportations ;
    -faible tertiarisation de l’activité, notamment en ce qui concerne le tourisme et les services à la personne ;
    forte présence de l’État dans l’économie.
    -La pérennité de ce modèle de croissance dépend donc fortement des cours des hydrocarbures. Or, depuis 2014, on observe une baisse tendancielle des rentes pétrolières, ce qui impacte réellement le PIB algérien.

    La baisse des recettes pétrolières a conduit à un accroissement du déficit budgétaire depuis cinq ans. En 2015, il atteignait -16 % du PIB. L’endettement public intérieur a continué à se creuser, passant à 46,3 % du PIB en 2019. Le double choc pétrolier et sanitaire du premier semestre 2020 a abouti à une contraction du secteur des hydrocarbures, une baisse de la consommation et une chute de l’investissement. La crise est financière mais aussi sociopolitique. La stabilité sociale et politique de l’Algérie repose depuis la fin des années 1990 sur ses dépenses sociales.

    Les dépenses sociales au sens large représentent environ 25 % du PIB, soit 5 points de plus que la moyenne de l’OCDE – un montant considérable. La soutenabilité de ce système de redistribution massive via les transferts sociaux en Algérie est conditionnée à un prix élevé du baril de pétrole. L’effondrement des prix du pétrole au début de l’année 2020 a ainsi mis en péril un système de transferts sociaux essentiels pour la stabilité politique du pays.

    Cette politique de transferts sociaux permet de compenser un taux d’emploi très faible, avec un taux d’activité parmi les plus bas au monde (42 % en moyenne).

    L’Algérie doit donc trouver d’autres sources de financement pour assurer la pérennité de son système.

    Avant la pandémie, les pays du Maghreb étaient porteurs de fragilités économiques et sociales. Ces dernières se sont accentuées avec la crise. Pour y faire face, cette note projette des scénarios macroéconomiques par lesquels l’Institut Montaigne évalue clairement et précisément les besoins de financement des trois pays maghrébins.

    Sortir de la crise : quels scénarios ?

    Le cas tunisien

    La Tunisie a bénéficié d’un prêt d’urgence d’environ 753 millions de dollars de la part du FMI en avril 2020. Cette somme ne suffira pas à couvrir l’entièreté du besoin de financement public du pays en 2021. 1 milliard de dollars supplémentaires pourraient lui être accordés, mais ils sont conditionnés à la mise en place de réformes structurelles négociées avec le précédent gouvernement.

    Selon les scénarios les plus optimistes, les besoins de financement tunisiens seraient compris entre 3 et 5 milliards de dollars, et entre 5 et 9 milliards de dollars pour les scénarios pessimistes. La Tunisie a besoin de trouver en urgence des financements complémentaires.

    Le cas marocain

    Le Maroc a levé environ 3 milliards de dollars en décembre 2020. Le FMI soulignait début 2021 que la dette marocaine semblait soutenable à court terme.

    Le pays doit néanmoins financer un grand plan de développement à moyen terme : renforcement de son capital humain (déficiences structurelles pour l’éducation par exemple), financement en infrastructures et industries de réseaux (notamment le réseau routier), transition énergétique et modernisation du système de protection sociale et de santé.

    Selon les scénarios optimistes, les besoins de financement par le Maroc se situeraient entre 3,5 et 6,5 milliards de dollars. Entre 6 et 11 milliards de dollars seront nécessaires selon les scénarios pessimistes, s’il ne dispose pas d’aide des bailleurs internationaux.

    Le cas algérien

    Des trois pays du Maghreb, c’est l’Algérie qui détient le déficit budgétaire le plus important : il devrait atteindre 13,5 % du PIB en 2021. L’Algérie maîtrise cependant son taux d’endettement (46,3 % de son PIB en 2019). Déclinant un soutien multilatéral (en particulier du FMI), le gouvernement finance ses transferts sociaux sans difficulté grâce à la richesse de ses ressources en hydrocarbures. Néanmoins, la pérennité de ce système social dépend fortement du paramètre très évolutif du prix des hydrocarbures.

    Soutenir le Maghreb, un impératif pour l’Europe

    Relancer le partenariat euro-méditerranéen

    Le bilan est clair : les pays du Maghreb, et particulièrement la Tunisie, ont besoin d’être soutenus financièrement dans le contexte de la crise sanitaire. Les économies de la région et la stabilité de ces pays sont sous tension. L’Europe doit pouvoir inclure le Maghreb dans son plan européen de 750 milliards d’euros. Faire bénéficier la capacité d’emprunt européenne aux trois pays du Maghreb leur permettrait d’acquérir les liquidités nécessaires à la transformation de leurs modèles de développement. À cette condition, la crise pourra constituer une opportunité à saisir pour se relancer durablement.

    Le Maghreb, nouvel enjeu stratégique

    Le Maghreb n’est plus un pré-carré européen. Les trois pays du Maghreb font l’objet d’un intérêt de la part des grands acteurs régionaux et mondiaux. L’influence de l’Europe – et particulièrement celle de la France – recule progressivement.

    Seule démocratie du monde arabe, proche de l’Europe par ses échanges commerciaux, la Tunisie représente un fort symbole politique. La France demeure un partenaire majeur de la Tunisie : environ 14 % des importations tunisiennes en 2019 (contre 21 % en 2009). Mais l’analyse des flux d’investissements directs montre que d’autres puissances s’intéressent à la Tunisie. 39 % du stock d’IDE en 2019 provenaient des pays du Golfe, dont 11 % pour le Qatar. La Turquie est également très implantée sur le marché tunisien, notamment dans le domaine des travaux publics et des infrastructures.

    Le Maroc, passerelle entre l’Europe et l’Afrique, plateforme commerciale et financière importante, économie ouverte aux échanges et insérée dans les principaux flux économiques et financiers, est au cœur des intérêts régionaux et internationaux. Le Maroc intéresse de plus en plus la Chine, dont la diaspora est assez importante sur le littoral marocain. La Chine regarde de près les implantations logistiques, notamment à Tanger, et exporte beaucoup de biens manufacturés et de matériel au Maroc. Elle a aussi construit un partenariat avec le Royaume pendant la crise du Covid-19 : envois de masques, test avancé de vaccins, distribution massive de vaccins chinois, etc. La Chine est en bonne position sur le plan des importations marocaines : elle représente 10 % du total en 2019, même si elle demeure derrière l’Espagne (15 %) et la France (12 %).

    Fondamentalement souverainiste mais très ouverte sur l’international par ses échanges commerciaux, l’Algérie se caractérise par son paradoxe. Riche en hydrocarbures et très attentive aux choix de ses partenaires économiques, l’Algérie détient les clients et les fournisseurs les plus diversifiés de la région. La Russie et la Chine sont devenues des partenaires importants de l’Algérie (17 % des importations algériennes provenaient de Chine en 2019). Longtemps concentrées sur le secteur de la défense, les relations entre Moscou et Alger ont récemment évolué avec la crise du Covid-19 vers le domaine de la santé (utilisation du vaccin russe en Algérie).

    C’est pourquoi l’Europe doit rester très attentive à la situation du Maghreb et trouver des solutions, pas seulement d’ordre financier, pour contribuer à la stabilité de ces pays. Celles-ci dépendent du bien-être des populations, davantage que le seul soutien aux régimes. Agissons tant qu’il est encore temps.

    *Normalien, agrégé de géographie, Hakim El Karoui a enseigné à l’université Lyon II avant de rejoindre le cabinet du Premier ministre en 2002. Après un passage à Bercy, il rejoint, en 2006, la banque Rothschild. Depuis le mois d’avril 2021, il dirige le bureau parisien de Brunswick. Il est également essayiste et entrepreneur social et a créé le club du XXIe siècle et les Young Mediterranean Leaders. Hakim El Karoui est senior fellow de l’Institut Montaigne et auteur de plusieurs rapports, dont Nouveau monde arabe, nouvelle « politique arabe » pour la France (2017).

    Institut Montaigne, mai 2021

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  • Algérie- Bennacer hors du peloton : « J’ai opéré mon pied »

    Pas de convocation avec l’Algérie pour Ismaël Bennacer. Le milieu de terrain milanais ne fait pas partie des effectifs des trois matches amicaux contre la Mauritanie, le Mali et la Tunisie et pour expliquer la raison du forfait le même joueur y a pensé avec un tweet : « Je ne pourrai pas rejoindre l’équipe en raison d’une intervention.

    J’ai souffert au pied après le dernier match de championnat. Allez-y pour ces trois matchs. Rendez-vous en août pour la nouvelle saison. « 

    Napoli Magazine, 29 mai 2021

    Etiquettes : Algérie, football, sélection nationale, matches amicaux; Mauritanie, Mali, Tunisie, Ismaël Bennacer,

  • Avec la saison des migrations, le chantage et le détournement de regard ont également commencé.

    Personne ne peut faire chanter l’Union européenne, a déclaré le commissaire européen Margaritis Schinas à la radio espagnole mercredi. « Nous ne nous laisserons pas intimider par la migration », a aboyé l’homme responsable du portefeuille au nom remarquable de « promotion du mode de vie européen ».

    De nombreux non-Européens sont désireux de s’abreuver de ce mode de vie européen, comme cela a été démontré à maintes reprises aux frontières extérieures de l’UE. Dès que le temps s’éclaircit au printemps dans les pays méditerranéens, des milliers de migrants d’Asie et d’Afrique embarquent sur des canots pneumatiques pour la dangereuse traversée vers l’Occident.

    Cette année ne fait pas exception. L’île italienne de Lampedusa a déjà accueilli des milliers de réfugiés en bateau en provenance notamment de Libye et de Tunisie. Le Premier ministre italien Mario Draghi n’est pas content de ces arrivées illégales. Il souhaite inscrire la question des migrations à l’ordre du jour du sommet européen de deux jours qui se tient à Bruxelles et qui débute le lundi de Pentecôte.

    Enclave Ceuta

    L’Espagne a également connu des difficultés cette semaine. Mardi, au moins huit à dix mille Africains sont partis à la nage ou en bateau pneumatique du Maroc vers l’enclave espagnole de Ceuta, en Afrique du Nord. Les gardes-frontières marocains, qui font normalement tout leur possible pour arrêter les migrants conformément aux accords conclus avec Madrid et reçoivent à cette fin plusieurs millions d’euros de Bruxelles, ont sciemment détourné le regard. Jusqu’à présent, deux corps ont été rejetés sur le rivage.

    Le drame est déclenché par un différend entre l’Espagne et le Maroc au sujet du chef rebelle Brahim Ghali du Front Polisario. Ce mouvement œuvre pour un État indépendant au Sahara occidental, une ancienne colonie espagnole que le Maroc a annexée en 1976.

    Au mécontentement du gouvernement de Rabat, Ghali a été traité sous un faux nom dans un hôpital espagnol pendant plusieurs semaines. Selon Madrid, cela se produit uniquement pour des « raisons humanitaires ». Entre-temps, la Cour suprême espagnole a cité Ghali à comparaître pour des soupçons de crimes de guerre.

    Tout comme le commissaire européen Schinas, la ministre espagnole de la défense, Margarita Robles, a dénoncé jeudi les pratiques de « chantage » du Maroc à la frontière. « Il est inacceptable de mettre en danger des vies humaines », a-t-elle déclaré. Schinas a déclaré que Ceuta n’est pas un problème pour Madrid seulement, mais pour l’ensemble de l’UE. Bruxelles souhaite une relation avec le Maroc basée sur la confiance et l’engagement partagé, donc « les contacts internationaux doivent savoir que la migration fait partie intégrante d’un partenariat avec eux », a-t-il menacé.

    Échange

    Le fait est, bien sûr, que les pays non membres de l’UE l’ont déjà compris depuis longtemps, mais d’une manière complètement différente de celle calculée par Bruxelles. Parce que, probablement plus nettement encore que l’UE elle-même, ils voient que les grands flux migratoires irréguliers sont le talon d’Achille de Bruxelles. Et certains en font bon usage, comme le Maroc cette semaine et avant. Alors que Rabat refuse de reprendre les Marocains illégaux venant, entre autres, des Pays-Bas, il le fait depuis l’Espagne : pas gratuitement, mais en échange d’argent et de permis de travail temporaires pendant la saison agricole espagnole.

    La Turquie a également utilisé des bus à la fin de l’hiver dernier pour amener les nombreux réfugiés syriens présents sur son sol à la frontière avec la Grèce. Le président Recep Tayyip Erdogan a promis de ne plus les arrêter malgré les accords de 2016 avec l’UE.

    Ainsi, Ankara espérait forcer l’UE à donner encore plus d’argent pour l’accueil des migrants, l’exemption de visa pour les citoyens turcs vers l’UE et la modernisation de l’union douanière. En septembre, Erdogan a effectivement reçu des millions supplémentaires. Aujourd’hui, un sac d’argent encore plus grand et une réforme de l’union douanière se profilent à l’horizon.

    Jouer

    Il n’est donc pas surprenant que, selon les Italiens, la Turquie soit également à l’origine de l’afflux soudain et important de réfugiés de Libye à Lampedusa. Ankara est intervenu dans la guerre civile libyenne depuis l’année dernière, repoussant un seigneur de guerre qui voulait expulser le gouvernement de la capitale, Tripoli.

    Erdogan a agi ainsi principalement par intérêt pour les champs pétrolifères libyens et pour étendre sa sphère d’influence en Méditerranée. Mais le fait que l’UE puisse également vouloir allouer des milliards pour maintenir les migrants en Libye et en Tunisie est bien sûr un bonus. Jeudi, des consultations ont déjà eu lieu à ce sujet en Tunisie, qui, selon Bruxelles, se sont déroulées « avec succès ».

    Draghi veut également s’arranger, lors du sommet européen, pour que d’autres États membres prennent volontairement en charge les migrants en provenance d’Italie. Mais cette idée ne suscite pas l’enthousiasme. « Ce n’est pas la première fois que l’Italie européanise un problème intérieur », raille un diplomate européen. Les autres pays de l’UE trouvent facile que les pays d’arrivée en Europe du Sud paient pour l’accueil, alors qu’eux-mêmes ne le font pas ou moins. Et donc, la migration reste un moyen parfait pour Erdogan et d’autres de diviser l’Union.

    Het Financieele Dagblad, 21 mai 2021

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  • En attendant la levée des brevets, le Maghreb veut produire ses propres vaccins contre le Covid-19

    A l’instar de la Tunisie, où l’on fabrique déjà le vaccin contre le BCG, plusieurs pays africains possèdent des dispositifs industriels pour fabriquer des doses contre le Covid-19. Mais la “recette” ne suffit pas, un accompagnement des labos maîtrisant cette technologie apparaît primordiale pour produire rapidement les vaccins nécessaires.

    C’est un bilan d’étape que livre le site d’information ONU Info en cette mi-mai 2021 : le continent africain n’a reçu entre février et mai “qu’un quart des 66 millions de doses prévues par le dispositif Covax”, soit 18,2 millions. Rappelons que ce programme co-dirigé par l’OMS permet aux 92 pays les plus pauvres d’obtenir des vaccins grâce à des fonds réunis par des donateurs. Mais les partages déjà effectifs depuis les pays riches vers les plus démunis se font à un tout petit débit par rapport aux besoins attendus. S’ajoutent à cela les problèmes de formation et de communication qui entravent les campagnes de vaccination. Bref, l’Afrique est dépendante d’une production vaccinale qui se fait ailleurs. Pourtant, dans le continent, certains pays paraissent capables de fabriquer des vaccins anti-Covid…

    Selon le magazine Jeune Afrique, 7 pays du continent conçoivent déjà des vaccins humains et 11 des vaccins animaux. C’est le cas du Maroc, de l’Algérie, de la Tunisie, de l’Afrique du sud et de l’Egypte. Il pourrait être envisagé que plusieurs d’entre eux, maîtrisant ces compétences, se partagent la fabrication des composants nécessaires à un vaccin anti-Covid. Dont l’une des étapes cruciales consiste en le très délicat de fill/finish. Soit dans la terminologie de l’industrie pharmaceutique, le conditionnement des liquides dans des contenants aseptiques, leur fermeture, leur étiquetage et enfin leur emballage. Un processus qui est maîtrisé par l’Egypte avec ses 18 groupes pharmaceutiques, explique Jeune Afrique. Les opérations de fill/finish s’avèrent plus lentes que la production elle-même du composé vaccinal. Souvent, c’est cette phase finale qui se transforme en un goulet d’étranglement et retarde les campagnes vaccinales.

    Le débat quant à une levée des brevets sur les vaccins contre le Covid-19 a connu de nouveaux rebondissements quand le président américain Joe Biden a déclaré y être favorable au début du mois de mai. Si des pays déjà dotés d’unités de production de vaccins comme la Tunisie ou le Maroc avaient accès à la recette du vaccin, pourraient-ils le produire en nombre suffisant pour leur population, voire même fournir les précieuses doses à leurs voisins africains ?

    *”Transfert des technologioes”

    En Tunisie, cela ne serait pas si évident, selon le Dr Nizar Laabidi, chef de production de l’Institut Pasteur de Tunis, interrogé par la correspondante du quotidien émirati The National. Le scientifique dirige l’une des rares filières de fabrication de vaccin BCG au monde, où travaillent une cinquantaine de chercheurs et de techniciens. “C’est bien connu, le BCG est l’un des vaccins les plus compliquée à produire”, explique au National le Dr Laabidi, fin connaisseur du transfert technologique puisqu’il a aidé les Sud-Coréens à monter leur propre unité de production de BCG. Là où le bas blesse, c’est que la “recette” d’un vaccin ne suffit pas. Il y a d’abord le problème de l’argent, un vrai obstacle pour se procurer les composants – et l’Institut Pasteur de Tunis en manque. Mais au-delà du manque en matériels et de personnels, c’est le savoir-faire qui est impossible à acquérir en si peu de temps. La rétro-ingénierie peut fonctionner pour reproduire un médicament à partir de l’étude du produit fini, mais elle ne fonctionnerait pas pour élaborer un vaccin, estime Nizar Laabidi : pour lui, seul un transfert des technologies des vaccins contre le Covid-19 permettrait à son pays de se libérer de la dépendance extérieure.

    Du côté du Maroc, ce pays est un “candidat crédible” pour se lancer dans la fabrication à grande échelle de vaccins selon le quotidien national L’Opinion. Mais selon les spécialistes interrogés par ce média – un épidémiologiste, un virologue et un industriel -, les technologie de vaccins à ARN messager demeurent trop complexes. Le pays devraient miser sur la fabrication locale de vaccins traditionnels, c’est-à-dire les vaccins atténués ou à vecteur viral, tels que le Spoutnik-V, l’AstraZeneca ou le Sinopharm. Le quotidien rappelle d’ailleurs que le Maroc a misé sur une collaboration avec la Chine et plus particulièrement avec l’entreprise Sinopharm. Un échange de bons procédés a été mis en place : le Maroc fournit des cohortes pour les essais cliniques du vaccin chinois contre le savoir-faire de l’entreprise chinoises pour reproduire son vaccin. Mais il semblerait selon Ali Sedrati, le président de l’Association marocaine de l’industrie pharmaceutique, que l’”on assiste à un retard dans l’exécution des engagements qui ont été pris, dont on ignore les raisons”.

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