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  • Le Maroc n’apprécie pas les rapports déséquilibrés Nord-Sud

    La question migratoire vue du Maroc, de Tunisie et de Turquie

    Dans le club des correspondants, franceinfo passe les frontières pour voir ce qui se passe ailleurs dans le monde. Aujourd’hui, direction le Maroc, la Turquie et la Tunisie, qui utilisent chacun à leur manière la question des migrants dans leurs relations avec leurs voisins européens.

    Huit mille migrants clandestins au moins ont franchi en début de semaine la frontière entre le Maroc et l’enclave espagnole de Ceuta. Cet afflux a été qualifié d’ »agression » par l’Espagne qui accuse Rabat de « chantage ».

    Le Maroc n’apprécie pas les rapports déséquilibrés Nord-Sud

    La colère, au Maroc, grondait déjà depuis quelques mois dans la région frontalière de Ceuta. La question sociale est d’ailleurs la première raison qui a provoqué cette marée humaine vers l’enclave. Les habitants des villes frontalières des enclaves espagnoles ont un statut à part. Ils étaient autorisés à entrer et à sortir librement. La plupart vivaient de commerce et surtout de contrebande. C’était avant la crise du Covid-19, qui a imposé la fermeture des frontières et plongé des populations entières dans la misère.

    Le relatif laissé faire des autorités marocaines laisse penser à un chantage à l’immigration. Officiellement, il n’y a pas de lien entre cette crise des migrants et la crise diplomatique entre le Maroc et l’Espagne. Mais il est certain que Rabat est furieuse contre Madrid. L’Espagne a accueilli Brahim Ghali, chef du Front Polisario, sous une fausse identité, et en essayant de cacher l’information à son voisin du Sud. Le ministre marocain des affaires étrangères et l’ambassadrice à Madrid ont appelé l’Espagne à assumer ses responsabilités.

    Il ne s’agit donc pas d’un chantage pour obtenir des fonds européens, comme cela a pu être le cas pour la Lybie de Kadhafi ou la Turquie d’Erdogan. Rabat tape du poings sur la table car elle n’apprécie pas ces rapports déséquilibrés Nord-Sud. Des rapports dans lesquels les pays européens sont gourmands de coopération judiciaire, policière pour lutter contre le terrorisme par exemple, ou de coopération commerciale qui ouvre les eaux marocaines aux bateaux espagnols. Mais des rapports dans lesquels, l’Espagne, premier partenaire du Maroc, tire avantage tout en apportant son soutien implicite aux ennemis de l’intégrité territoriale du royaume.

    L’Italie veut que Tunis fasse barrage aux migrants

    La ministre italienne de l’Intérieur Luciana Lamorgese et la commissaire européenne aux Affaires intérieures, Ylva Johansson, se sont rendues jeudi 20 mai en Tunisie, pour proposer de l’aide économique en échange d’un effort accru de Tunis pour empêcher les migrants d’arriver en Europe. L’Italie est l’un des principaux points d’entrée en Europe pour les migrants en provenance d’Afrique du Nord. Et au moins 685 migrants ont péri depuis le 1er janvier en Méditerranée, dont la grande majorité sur cette route centrale considérée comme la plus meurtrière du monde, selon l’ONU.

    Mais difficile d’imaginer des intérêts plus divergents. D’un côté : la ministre italienne qui a vu depuis le début de l’année plus de 13 000 migrants arriver sur son sol, soit trois fois plus que l’an dernier à la même période, dont une majorité de Tunisiens. De l’autre côté, la Tunisie, qui n’a peut-être jamais autant souffert d’un point de vue économique. L’Europe – Italie en tête – veut que Tunis bloque les migrants sur son sol, y compris les migrants subsahariens qui transitent par la Tunisie. Réponse du Premier ministre tunisien : « L’immigration ne devait pas être considérée comme une menace ». En langage moins diplomatique, cela signifie que la liberté de circulation est un droit fondamental. Que si les Européens viennent librement en Tunisie, les Tunisiens doivent pouvoir se rendre en Europe sans risquer de mourir. Et puis, les autorités tunisiennes refusent de devoir gérer les migrants subsahariens sauvés en mer ou qui transitent par la Tunisie vers l’Europe. Elles ont d’ailleurs réitéré leur refus de créer plus de centres d’hébergements pour migrants.

    Mais la ministre de l’intérieur italienne a les moyens de faire pression parce que l’économie tunisienne est à terre. Tunis va tenter d’obtenir de l’Italie de l’argent en échange de garde-côtes plus performants. C’est l’éternel remède sauf qu’il ne résout en rien le problème. La ministre de l’Intérieur italienne est déjà venue à Tunis l’an dernier. Dans l’intervalle, les tentatives de traversées de la Méditerranées ont tout simplement explosé.

    En Turquie, premier pays d’accueil de réfugiés au monde avec au moins 3,7 millions de Syriens enregistrés, le contrôle des frontières est aussi une affaire politique. En mars 2016, l’Union européenne et la Turquie ont signé un accord qui engage cette dernière à garder les réfugiés chez elle en échange d’un soutien financier de plusieurs milliards d’euros. Ce « pacte migratoire » est toujours en vigueur mais la Turquie, depuis le début, l’utilise pour faire pression sur les dirigeants européens. Et elle est d’autant plus consciente qu’il s’agit d’un moyen de pression que cet accord a été signé pour répondre à la crise migratoire de 2015, quand des centaines de milliers de personnes étaient entrées en Europe depuis le territoire turc.

    En Turquie, les réfugiés syriens contribuent aussi à l’économie du pays

    Alors en effet, la Turquie a rempli sa part du contrat, puisque les départs ont considérablement diminué après la signature. Mais le président Erdogan a aussi fait savoir très tôt qu’il pourrait rouvrir les frontières s’il estimait que l’Europe ne l’aidait pas assez. C’est ce qu’il a fait – ou tenté de faire – en février 2020. Des milliers de migrants ont accouru à la frontière terrestre entre la Turquie et la Grèce quand Tayyip Erdogan a prétendu que les portes de l’Europe étaient ouvertes. En réalité, très peu ont réussi à passer par la route. Reste la voie maritime – celle qui a déjà tellement tué. Mais si Recep Tayyip Erdogan ordonnait à ses garde-côtes de fermer les yeux sur les passages en mer Egée, il aurait du mal à se justifier du drame humain qui en découlerait.

    Le président turc accuse l’Europe de ne pas encore avoir versé la totalité des six milliards d’euros promis, tandis qu’Ankara aurait dépensé des dizaines de milliards d’euros pour accueillir les Syriens. Pour mieux mettre en avant leur générosité, les autorités turques ont en effet tendance à présenter les Syriens comme un fardeau qu’elles porteraient seules ou presque.

    Il est très rare que des officiels soulignent la contribution des réfugiés à l’économie. Or cette contribution est réelle. L’Union des chambres et des bourses de Turquie estime par exemple que les Syriens ont investi environ 7 millions de dollars dans des entreprises turques sur les trois premiers mois de l’année. Selon les derniers chiffres officiels, près de 14 000 sociétés établies en Turquie ne comptent que des associés syriens. Quand on discute avec eux, les entrepreneurs, les commerçants et même les salariés syriens qui travaillent ici légalement regrettent que la Turquie les présente uniquement comme une charge, alors qu’ils payent des impôts, créent de la richesse et consomment comme les Turcs. Les Syriens sont nombreux à estimer qu’un changement de discours aiderait à améliorer leur image dans l’opinion publique, globalement très hostile à leur présence.

    Franceinfo, 20 mai 2021

    Etiquettes : Maroc, Tunisie, Turquie, Espagne, Ceuta, Union Européenne, UE, migration, pression migratoire,

  • Forbes : Classement des familles les plus riches du Maghreb

    Les familles les plus riches en Algérie, Maroc et Tunisie (Forbes)

    Maghreb – Retrouvez, dans les lignes qui suivent, le classement, établi par le magazine américain Forbes, des dynasties familiales les plus fortunées en Algérie, au Maroc ou encore en Tunisie.

    Pour établir son palmarès des plus fortes entreprises familiales de l’an 2021 dans le monde arabe, le magazine américain s’est appuyé sur plusieurs critères. Parmi ces derniers figure le volume des investissements des familles propriétaires, le nombre du personnel, ainsi que la diversité ou encore la portée géographique des firmes qu’elles détiennent. Voici sans tarder le top des tops des dynasties les plus florissantes en Algérie, Maroc et Tunisie.

    Le quotidien généraliste Echorouk rapporte l’information dans un article paru ce mercredi 19 mai 2021. Commençons tout d’abord par notre pays. Occupant la 32e place sur 100 entreprises du Moyen-Orient et d’Afrique du Nord, Cevital est le groupe familier le plus riche en Algérie. Son fondateur, le magnat Issad Rebrab, père de cinq enfants qui vont héritier ce bijou familier, possède une gigantesque fortune.

    Estimée à 4.8 milliards de dollars, sa fortune ne cesse de croître. En plein temps de coronavirus, Rebrab a pu ajouter à son compte 3.3 milliards de dollars. Créé en 1998, son conglomérat commercialise ses produits, dont le sucre, l’huile de table et autres, vers l’international. La même source cite, à titre d’exemple, des importations vers la France, l’Ukraine ou encore la Russie.

    Algérie et Maroc : Qui sont les Benjelloun qui dépassent les Rebrab ?

    Le groupe industriel et financier marocain fondé par Othman Benjelloun se positionne à la 23e place dudit classement. Ainsi, il dépasse de très loin Cevital de Rebrab. Il sied de noter que FinanceCom a été absorbé il y a quelques jours par Holding Benjelloun Mezian, pour devenir ainsi O Capital Group.

    En diversifiant ses champs d’investissement, le groupe susmentionné a avancé aux devants du podium laissant derrière lui 15 autres entreprises familiales, qui le dépassaient avant 2020. Ses revenus ont été estimés, en 2019, à 2.2 milliards de dollars.

    Une autre famille s’est distinguée avec son capital astronomique. Il s’agit du groupe Holmarcom qui a été fondé par Abdelkader Bensalah. Il se classe à la 89e place. Et son credo alors ? En fait, les activités dudit groupe sont très diversifiées. Il possède, entre autres, un pôle de finance, d’agro-industrie et d’immobilier.

    En Tunisie, c’est le groupe Loukil qui excelle. À la 97e place du classement, devancé par Cevital de Rebrab, Halmarcom et FinanceCom, le groupe en question, fondé par Mohamed Loukil en 1976, s’active dans plusieurs domaines. Parmi ces derniers, la même source a alors cité les nouvelles technologies et les voitures. Son capital est estimé à 5.6 milliards de dollars.

    Dzair Daily, 19 mai 2021

    Etiquettes : Forbes, classement, familles riches, Maroc, Algérie, Tunisie,

  • L’Europe interdit les pesticides, mais en produit et en exporte au Maghreb

    par Karima Moual

    Au Maroc, en Algérie et en Tunisie, certains dénoncent l’achat de 181 produits chimiques qui ne sont pas commercialisés dans l’UE. Les lacunes du règlement relatif à l’importation et les dangers pour la santé des produits retournés.

    Ce que nous trouvons dans les rayons du supermarché, ou dans l’étal de notre marchand de légumes préféré, doit être sain et sûr, mais il est faux de penser qu’il suffit de garantir ces deux caractéristiques uniquement à l’intérieur des frontières nationales. La sonnette d’alarme vient du sud de la Méditerranée, plus précisément de trois pays du Maghreb : le Maroc, l’Algérie et la Tunisie, où l’on se plaint de la commercialisation de pesticides dangereux produits par l’Europe, qui interdit leur utilisation à l’intérieur de ses frontières mais continue à les produire pour les exporter ailleurs. Il est bien connu qu’il existe des êtres humains de première classe et de seconde classe, mais le fait que ce concept de double standard soit si effrontément réglementé par le continent des droits ne peut qu’être embarrassant.

    En revanche, si des restrictions sont appliquées en Europe, on profite des failles pour vendre des produits toxiques, exposant ainsi le Maghreb aux poisons fabriqués dans l’UE. Si nous examinons les données de l’Agence européenne des produits chimiques (ECHA), nous trouvons pas moins de 181 produits chimiques qui sont interdits de commerce mais peuvent être exportés. Pourquoi ? On dit que le diable est dans les détails, et c’est également le cas : la responsabilité finale de ces achats n’incombe pas aux fabricants mais aux pays importateurs. Selon la convention de Rotterdam, toute exportation doit être notifiée à l’Agence européenne des produits chimiques. Dans plus de la moitié des cas, les autorités compétentes du pays importateur doivent non seulement être informées, mais aussi notifier en retour leur consentement à recevoir ces produits. Toutefois, 40 % de ces substances (pas moins de 73 articles) ne sont pas soumises au consentement. L’entreprise de fabrication européenne peut donc souvent se passer de l’approbation des autorités pour vendre ces pesticides très toxiques aux entreprises d’importation locales.

    Il n’est donc pas surprenant que, ces dernières années, la voix de la dénonciation s’élève de plus en plus, avec des rapports effrayants, sur les problèmes liés à l’utilisation excessive des pesticides et au manque de dispositifs de protection chez les agriculteurs qui les utilisent. Parce que les effets de ces substances sur la santé peuvent être importants non seulement par contact direct et inhalation, mais aussi par contamination de la chaîne alimentaire une fois libérées dans l’environnement. Des chiffres ? Les intoxications dans le monde (mortelles ou non) sont passées de 25 millions en 1990 à 385 millions aujourd’hui, touchant près de la moitié des travailleurs agricoles, a révélé le Pesticide Action Network (PAN) en décembre 2020.

    En Tunisie, l’Agence de promotion des investissements agricoles (APIA) a estimé en 2015 que l’utilisation de pesticides très dangereux pouvait expliquer en partie l’augmentation des cancers dans le pays. Enfin, la Banque mondiale a estimé en 2018 que sur les 276 substances actives utilisées dans le pays, au moins 84 avaient un effet néfaste sur la santé. Cela suffira-t-il à changer ce double standard ? Probablement pas. Et donc, comme mentionné dans l’introduction, ceux qui pensent qu’ils ne sont protégés qu’à l’intérieur de leurs propres frontières ont tort, car l’économie circulaire fonctionne dans plusieurs directions, et ne peut pas toujours être considérée comme vertueuse. Les pays tiers qui reçoivent ces produits dangereux cultivent en fait des fruits et des légumes qui sont à leur tour exportés à bon prix, même vers notre Vieux Continent, et selon toute vraisemblance aussi dans les rayons de notre supermarché ou sur l’étal de notre marchand de légumes de confiance.

    La Repubblica, 18 mai 2021

    Etiquettes : Pesticides, agriculture, Union Européenne, UE, exportation, Maghreb, interdiction, Maroc, Algérie, Tunisie,

  • Shokry et Jerandi se coordonnent pour exprimer la position arabe sur l’agression israélienne contre les Palestiniens au Conseil de sécurité

    LE CAIRE – 15 mai 2021: Le ministre des Affaires étrangères Sameh Shokry a reçu vendredi un appel téléphonique de son homologue tunisien Othman Jerandi alors qu’il examinait les efforts déployés pour mettre fin à l’agression israélienne et aux affrontements sur les territoires palestiniens.

    Le ministre Shokry a apprécié les efforts de la Tunisie au Conseil de sécurité des Nations Unies (CSNU) et le rôle que joue la Tunisie pour exprimer la position arabe approuvée par le Conseil de la Ligue arabe le 10 mai.

    Les deux ministres ont coordonné les préparatifs de la session du CSNU qui se tiendra le 16 mai pour explorer les moyens de sortir de la crise actuelle, comme un cessez-le-feu qui épargnerait de nombreuses vies qui seraient perdues à cause des opérations militaires et de l’attaque israélienne contre la bande de Gaza.

    L’Agence palestinienne de presse et d’information (WAFA) a annoncé samedi l’augmentation du nombre de morts et de blessés parmi les Palestiniens à 136 et 1 000, respectivement. Les victimes comprennent 31 enfants et 20 femmes. Depuis le 10 mai, Israël a lancé des frappes aériennes et bombardé la bande de Gaza, provoquant la destruction de plus de 200 unités résidentielles et 31 établissements d’enseignement, y compris des écoles, des collèges et des centres de formation professionnelle.

    Egypt Today, 15 mai 2021

    Etiquettes : Tunisie, Egypte, Ligue Arabe, Palestine, Israël, Ghaza,

  • L’Égypte, la Tunisie et d’autres pays peuvent contribuer à la désescalade du conflit israélo-palestinien (Maison Blanche)

    WASHINGTON, 13 mai (Reuters) – L’Egypte, la Tunisie et d’autres pays de la région peuvent jouer un rôle à court terme dans la désescalade du conflit actuel entre les Israéliens et les Palestiniens, a déclaré jeudi le porte-parole de la Maison Blanche, Jen Psaki.

    Reuters, 13 mai 2021

    Etiquettes : Israël, Palestine, Ghaza, Hamas, Jérusalem, Al Qods, Al Aqsa, Tunisie, Egypte, Etats-Unis,

  • Covid-19 : la fin du ramadan et la peur d’une flambée épidémique en Tunisie, en Irak et en Indonésie

    Dans le club des correspondants, franceinfo passe les frontières pour voir ce qui se passe ailleurs dans le monde. Aujourd’hui direction Tunis, Bagdad et Jakarta pour voir quelles restrictions sanitaires ont été décidées lors de l’Aïd.

    Comme l’année dernière, la fin du ramadan, mercredi 12 mai, se déroule dans un contexte particulier. La pandémie de Covid-19 bouscule les habitudes des pays musulmans et les festivités sont soumises à restrictions. Nous partons en Tunisie, en Irak et en Indonésie pour voir quelles mesures ont été prises pour l’Aïd.

    Les Tunisiens fêtent l’Aïd confinés
    En Tunisie, c’est simple : la population passe toute cette dernière semaine du mois de ramadhan confinés. Impossible de se réunir en famille pour l’Aïd. Le pays est frappé par une troisième vague autrement plus meurtrière que les deux premières avec 90 morts par jour en moyenne.

    La Tunisie fait face à la plus grave crise sanitaire de son histoire dit le premier ministre qui, ces dernières semaines, alors que la courbe montait dangereusement, martelait que l’économie du pays ne survivrait pas à un nouveau confinement. Il a été contraint de changer d’avis.

    Zina, la quarantaine, couturière, résume bien l’ambiance générale. Elle est soulagée même si ce confinement tombe la dernière semaine du mois de ramadan. Soulagée mais fâchée contre ce gouvernement qui a bien trop tardé à promulguer le confinement : « Je le critique à mort, à mort. Fin mars, début avril, on aurait dû faire un confinement général. On meurt, on meurt tous les jours. Dans notre religion, c’est la santé avant tout ! C’est le bon Dieu qui nous ordonne de faire gaffe à notre santé ! »

    Le corps médical attendait lui aussi ce confinement à l’instar de Zakaria Bouquira. Ce médecin décrit l’état de son hôpital : « C’est vraiment terrible ce qui est en train d’arriver. Quand il y a des nouveaux patients ils sont sur la liste d’attente. On est arrivés au stade de la saturation. » Pour lui, il faudrait non pas une semaine de confinement, mais deux mois minimum afin d’aplanir la courbe. D’autant qu’à peine plus de 2% des Tunisiens ont être vaccinés pour le moment.

    En Irak, un couvre-feu peu respecté
    L’Irak, pays arabe le plus touché par l’épidémie de Covid-19, ne veut prendre aucun risque. L’Aïd se déroulera en petit comité seulement car un couvre-feu de dix jours commence dès aujourd’hui. Un couvre-feu total qui se prolongera jusqu’au 22 mai. Tout sera fermé pendant cette période normalement synonyme de vacances et de festivités.

    Des forces de sécurité quadrillent les villes pour contrôler tous les passages en voiture. Mais les Irakiens sont en quelque sorte inventifs et n’aiment pas beaucoup les règles. Il y a déjà, depuis plusieurs mois ici un couvre-feu, imposé les week-ends, et on voit de plus en plus de voitures dans les rues même pendant ces jours de restrictions. Ce sont des habitants qui ont réussi à se procurer des laissez-passer, normalement réservés aux militaires, médecins, journalistes, etc. Au même titre, d’ailleurs, qu’on voit de plus en plus d’Irakiens se rassembler sur les trottoirs, devant des cafés ambulants sans être trop inquiétés par les forces de l’ordre.

    Ce couvre-feu total risque donc de ne pas être totalement respecté. Ce qui fait craindre une hausse des contaminations peut-être dans les prochaines semaines. C’est en tout cas ce que redoute le personnel soignant. L’Irak a vécu une seconde vague très virulente, avec près de 10 000 nouvelles contaminations par jour, « officiellement ». Car tous les médecins disent ici que ces chiffres sont sous-évalués.

    Tous les services étaient en tout cas surchargés, et ca ne se calme que depuis quelques jours. Ce personnel soignant redoute donc que, malgré ce couvre-feu, de larges rassemblements, familiaux, religieux, soient organisés et aggravent une nouvelle fois la situation. Particulièrement à l’heure où plusieurs cas du variant dit indien ont été détectés en Irak. On sait que ce variant préoccupe beaucoup la communauté scientifique, et en Irak, le système de santé est quasi inexistant. Pour ces médecins ce n’est donc absolument pas le moment de lâcher du lest si l’on veut éviter un scénario catastrophe.

    L’Indonésie redoute un scénario à l’indienne
    En Indonésie, pays qui compte le plus de musulmans au monde, la fin du ramadan génère d’immenses mouvements de migrations intérieures : c’est le mudik. Des millions de travailleurs retournent dans leur région natale. Cette année, malgré la pandémie de Covid-19 et l’interdiction de voyager, le gouvernement s’attend à ce que 18 millions de personnes parviennent quand même à circuler. Les épidémiologistes redoutent le pire.

    C’est la même comparaison qui revient sans cesse, celle d’un scénario à l’indienne. L’Indonésie était déjà mal préparée à la pandémie, avec seulement trois lits de soin intensifs pour 100 000 habitants. Et aujourd’hui, avec les variants sud-africain, anglais et indien qui circulent, un scénario catastrophe est à craindre.

    Pour l’épidémiologiste Dicky Budiman ces migrations de fin de ramadan sont terribles car elles mettent à mal un des seuls atouts dont dispose l’Indonésie dans sa bataille contre le Covid-19 : « Comme nous sommes un archipel, nous avons des barrières naturelles, les îles sont de facto confinées, donc il faudrait utiliser cette géographie, mais là c’est trop tard on a perdu cette opportunité. »

    >>> L’indonésie mise sur un vaccin certifié halal

    Si les voyages sont interdits, comment ces migrations sont elles possibles ? Certains sont partis avant la date officielle d’interdiction, d’autres prennent des petites routes, se cachent dans des camions de marchandise. Pour Dicky Budiman, cette obstination à fêter l’Aïd normalement est aussi le symptôme du peu de crédit qu’ont les autorités sanitaires dans ce pays.

    En Indonésie, 80% des gens, lorsqu’ils tombent malades, se soignent par eux-mêmes. En attendant, le virus circule à un taux inquiétant : sur un échantillon de 6 000 voyageurs pris au hasard par le gouvernement, 61% étaient positifs au Covid-19.

    Franceinfo, 12 mai 2021

    Etiquettes : Tunisie, Irak, Indonésie, Aïd El Fitr, Ramadan, covid 19, pandémie, coronavirus, confinement,

  • Bourses d’études en Allemagne pour les Algériens, Marocains et Tunisiens

    Allemagne – De nouvelles bourses d’études destinées aux Africains, dont les Algériens, les Marocains et Tunisiens, qui concerneraient les domaines de la politique publique et de la gouvernance.
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    Il s’agit en fait du programme Helmut-Schmidt. C’est une initiative mise en place par la coordination de l’Office allemand d’échanges universitaires (DAAD). L’objectif consiste à soutenir les pays en développement dans leurs efforts de croissance. L’Allemagne propose donc aux Africains, parmi lesquels les Algériens, Marocains et Tunisiens, des bourses d’études en Allemagne pour 2022.

    Il est question de formations de Master et Doctorat. Elles sont disponibles dans des programmes spécialisés des universités allemandes. C’est ce que rapporte Algérie Eco, ce 12 mai 2021.Les domaines d’études concernerait les filières de la politique publique et de gouvernance. On parle ainsi des politiques publiques, développement et gouvernance, management à but non lucratif (gouvernance démocratique).

    On a aussi société civile, gouvernance et politique publiques. Puis encore, gestion publique et économie publique. Enfin, on clôture avec droit et politique. Les candidats doivent justifier une année d’expérience acquise durant leur parcours professionnel. Par ailleurs, la bourse est dédiée aux étudiants titulaires déjà d’une licence dans l’une des filières ciblées (déjà abordées plus haut).

    Étudier en Allemagne : Quelles sont les exigences pour ces bourses ?
    L’âge pour pouvoir prétendre à ces bourses n’est pas défini. Toutes les différentes tranches d’âge peuvent alors postuler. Il est à noter, néanmoins, que le diplôme obtenu antérieurement en licence ne devrait pas dépasser les six (6) ans. C’est ce qu’a précisé la même source.

    Aussi, il est obligatoire pour les étudiants, qui souhaiteraient intégrer ce type de bourses, de bien maitriser la langue anglaise. La maitrise de la langue allemande est un atout pour ces mêmes candidats qui s’ajoute à leur dossier. Il est aussi demandé aux postulants de prouver leurs motivations dans leurs candidatures.

    Les bourses couvrent les frais de couvertures d’assurance maladie, d’accident, les frais de logement une fois en Allemagne et une allocation mensuelle. Le dernier délai pour postuler sa candidature est fixé pour le 31 juillet prochain.

    Dzair Daily, 12 mai 2021

    Etiquettes : Algérie, Maroc, Tunisie, bourse d’études, Allemagne,

  • Covid-19 : l’Algérie au secours d’une Tunisie au bord de l’ « asphyxie »

    L’Algérie multiplie les opérations de fourniture en oxygène médical de la Tunisie, confrontée à une recrudescence de la pandémie de Covid-19 et une pénurie des moyens de lutte contre la maladie.

    Sept camions chargés de 140.000 litres d’oxygène algérien sont arrivés dimanche en Tunisie via le passage frontalier à Bouchebka dans la wilaya de Tébessa, rapporte l’agence tunisienne TAP.

    Il s’agit de la troisième livraison effectuée par l’unité de Ouargla de l’entreprise privée algérienne Calgaz-Algérie, après celles de fin avril dernier et de novembre 2020. Le mois dernier, 80 000 litres d’oxygène avaient été acheminés vers la Tunisie à partir de cette usine.

    L’Algérie compte plusieurs fabricants de gaz industriels, dont le plus important est la filiale algérienne de l’Allemand Linde. Calgaz dispose de deux unités, une à Laghouat et une autre à Ouargla, d’une capacité totale de 334 tonnes/jour.

    Les unités actives couvrent largement les besoins du pays. Une pénurie d’oxygène avait été enregistrée dans certains hôpitaux dans les premiers mois de la pandémie, mais vite réglée grâce à l’engagement des entreprises privées.

    La Tunisie aussi compte deux producteurs de gaz industriels Air Liquide et Linde Gas. Mais leur production cumulée se limite à 100 000 litres par jour, alors que les besoins du pays dans cette période de recrudescence de la pandémie se situent à plus de 170 000 litres/jour.

    Confrontée à une troisième vague de la pandémie de Covid-19, la Tunisie a pris de nouvelles mesures drastiques pour y faire face. Vendredi, le Premier ministre Hichem Mechichi a décrété un confinement total d’une semaine du 9 au 16 mai. En outre, le système de santé du pays est au bord de la saturation.

    Depuis le début de la pandémie il y a plus d’un an, 321 000 cas et plus de 11 000 décès ont été enregistrés dans le pays. En outre, plus de 500 personnes se trouvent actuellement en soins intensifs. Le nombre de nouvelles contaminations quotidiennes se situe autour de 1300 (contre 200 seulement en Algérie).

    Toute nouvelle augmentation des cas de Covid-19 pourrait submerger les établissements de santé, a mis en garde le Premier ministre.

    Une « catastrophe » évitée

    « Si nous n’arrivons plus à fournir une oxygénothérapie aux patients, ce sera une tragédie. Et nous ne pouvons pas en arriver là », indique le docteur Messadi, membre du comité scientifique en charge de la lutte contre la pandémie en Tunisie.

    Au bord de l’asphyxie, au propre et au figuré, la Tunisie a de nouveau pu compter sur l’Algérie qui a même songé à partager son quota de vaccins anti-Covid avec son voisin de l’Est.

    En janvier dernier, le ministre tunisien des Affaires étrangères Othman Jerandi, avait annoncé que l’Algérie allait partager son quota de vaccins avec son pays.

    « L’Algérie n’a pas encore acquis les vaccins, mais dès leur réception, elle va les partager avec la Tunisie. C’est un engagement fort de l’Algérie pour la fraternité entre nos deux pays(…) le président algérien (Abdelmadjid) Tebboune avait lui-même suivi ce dossier », a assuré M. Jerandi à l’issue d’une rencontre avec le président tunisien, Kais Saied le 12 janvier.

    Le ministre Algérien de la Santé a néanmoins posé comme condition que l’Algérie reçoive des quantités suffisantes des fabricants mondiaux de vaccins, ce qui n’a pas pu se faire. Quatre mois après, l’Algérie a reçu des quantités dérisoires de doses et la Tunisie la dépasse largement en nombre de personnes vaccinées.

    L’Algérie n’a donc pas pu fournir son voisin en vaccin, mais elle le fait en oxygène. Un geste hautement apprécié en Tunisie où on reconnaît que sans le concours de l’Algérie, la situation serait plus compliquée dans certains hôpitaux.

    Le ministre tunisien de la Santé a même parlé de « catastrophe » évitée. En réceptionnant les camions d’oxygène algérien dans la région frontalière de Kasserine, Faouzi Mehdi a reconnu dans une déclaration à la radio Shems fm que l’Algérie a permis à la Tunisie d’éviter une grosse catastrophe qui se serait produite au cas où la consommation d’oxygène aurait excédé les quantités disponibles.

    TSA-Algérie, 10 mai 2021

    Etiquettes : Algérie, Tunisie, oxygène, coronavirus, covid 19, pandémie,

  • Algérie : Nouvelle cargaison d’oxygène pour la Tunisie

    Près de sept camions chargés de 140 mille litres d’oxygène importés de l’Algérie pour approvisionner les hôpitaux publics dans les différentes régions du pays ont été réceptionnés dimanche au passage frontalier à Bouchebka de la délégation de Feriana (gouvernorat de Kasserine), rapporte l’agence de presse tunisienne TAP.

    Le ministre de la Santé, Faouzi Mehdi, a indiqué dans une déclaration à l’agence TAP, que la « situation épidémique actuelle dans le pays est encore grave et peut s’aggraver davantage et être suivie par une quatrième vague avec l’apparition du variant sud africain mais aussi à cause du non respect des précautions sanitaires préventives par les citoyens et des exigences du protocole sanitaire lors du confinement total ».

    Le ministre a évoqué qu’une commission a été créée par anticipation à une éventuelle quatrième vague, chargée d’analyser toutes les hypothèses possibles, appelant tous les citoyens à contribuer aux efforts nationaux pour lutter contre le virus au cours de cette période coïncidant avec l’Aïd en vue de limiter la propagation du virus.

    De son côté le directeur général des structures sanitaires publiques au ministère de la santé, Nawfel Somrani a fait savoir que le rythme de l’importation de l’oxygène médical depuis l’Algérie s’accélère du jour en jour afin d’éviter la pénurie enregistrée dans les établissements hospitaliers publics au cours des 10 derniers jours.

    Il a rappelé qu’au début de la semaine courante, entre 60 et 40 mille litres d’oxygène médical ont été importés alors qu’aujourd’hui la quantité s’élève à 140 mille litres en cette matière.

    Somrani a évoqué également le doublement de la capacité d’accueil des lits de réanimation destinés aux personnes contaminées par le virus de 90 lits en mars dernier à plus de 400 unités avec le doublement des lits d’oxygène, de 800 lits avant la pandémie jusqu’à 2300 lits actuellement.

    Il a fait observer que la pression s’accentue sur les hôpitaux (près de 90% pour les lits de réanimation et 72% pour les lits d’oxygène), à l’heure de l’augmentation continue des cas de contamination par le Covid-19.

    Challenges Algérie.com, 10 mai 2021

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  • « L’Algérie a sauvé la Tunisie d’une grande catastrophe », affirme un ministre tunisien

    Faouzi Mehdi, ministre tunisien de la Santé, a remercié chaleureusement, une nouvelle fois, le peuple et le gouvernement algériens des quantités d’oxygène médical exportées vers ce pays voisin durement touché par l’épidémie de coronavirus.

    Les déclarations du ministre tunisien, qui s’est exprimé devant des médias locaux ce dimanche, sont claires comme l’eau de roche. « L’Algérie a évité à la Tunisie une grande catastrophe en raison du dépassement des besoins quotidiens en oxygène (dans les hôpitaux) les capacités de production », a-t-il affirmé.

    En raison de la flambée de l’épidémie, le besoin en oxygène médical a atteint, en effet, 170 000 litres par jour alors que la Tunisie ne produit que 100 000 litres par jour.

    Jeudi, le directrice générale de Calgaz Algérie, une société privée productrice de gaz industriel, filiale du groupe K3A, a annoncé avoir exporté 500 000 litres d’oxygène vers la Tunisie. Une quantité qui va doubler pour atteindre un million de litres dans les prochains jours.

    Fin avril, Faouzi Mehdi avait indiqué que la pénurie d’oxygène médical avait été dépassée grâce à l’Algérie.

    Skander Boutaiba

    La Patrie News, 09 mai 2021

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