Tunisie: Le pain manque. La faute à l’Ukraine ou au gouvernants? blé, huile de tournesol, Russie, prix, inflation, corruption,
par Saber Yakoubi
TUNIS. Depuis des jours, la presse et diverses institutions tirent l’alarme sur la pénurie de blé dans divers pays d’Afrique du Nord en raison de la guerre en cours en Ukraine. Les sanctions internationales contre la Russie et le manque ou l’insuffisance de production de blé en Ukraine, mais aussi d’huile de tournesol, risquent d’avoir de graves répercussions : 85 % des importations de blé de l’Égypte proviennent de Russie (52 %) et d’Ukraine (33 %), soit 10 millions de tonnes en 2020, en baisse en 2021 ; dans le pays il y aurait des stocks pour 5 mois, et le gouvernement a prévu d’augmenter la production de blé qui de toute façon s’avère forcément tardive et donc pas en mesure d’atténuer les coûts pour le consommateur. 75% des céréales importées de Libye proviennent d’Ukraine et de Russie.
En Tunisie, où les prix flambent, il y aurait des réserves pour trois mois. Cependant, est-il correct d’attribuer la « crise du blé » tunisienne à la guerre en cours en Ukraine ? L’article d’aujourd’hui de Karima Moual publié dans La Repubblica et intitulé » Voyage en Tunisie affamée par la guerre en Ukraine : » ‘Ici aussi le pain s’épuise’« Dresse un tableau alarmant, et certes les effets de la crise ukrainienne se feront également sentir à Tunis, mais la crise économique, également pain, a commencé bien avant le conflit voulu par Vladimir Poutine. D’autre part, dans le même article, il est noté que « la Tunisie ressemble à une cocotte-minute maintenue à feu doux », ainsi que qu’ »il y a une crise politique, avec un parlement formellement dissous le 30 mars par le président de la République Kais Saied, après quoi avait déjà été suspendue par lui-même cet été », et c’est peut-être là qu’il faut chercher le premier foyer de la pénurie de céréales.
La Tunisie connaît aujourd’hui un chaos politico-institutionnel qui va de pair avec le taux de chômage élevé, la cherté de la vie, la pauvreté ambiante, la corruption généralisée, etc., et il est certainement de la responsabilité de ceux qui gouvernent si les agences de notation donnent la Tunisie comme proche du défaut, c’est-à-dire pour Ficht CCC et pour Moody’s Caa1 avec outoock négatif.
La « crise du pain » désormais imminente, qui risque de frapper dans peu de temps des Tunisiens déjà épuisés par les conséquences économiques de la pandémie, va donc de pair avec la crise politique, après les suspensions répétées du parlement jusqu’à sa dissolution par le président. Saied, pour un choc des pouvoirs passé par l’article 80 de la Constitution, qui prévoit la possibilité pour le Président de suspendre le Parlement pour un mois maximum et de limoger le gouvernement en cas d’urgence avérée pour protéger l’Etat. La Cour constitutionnelle est inexistante, car elle n’a jamais été nommée.
La vérité est donc qu’il y a un manque d’argent parce que l’État, compris comme un ensemble d’organes institutionnels, ne fonctionne pas, il suffit de penser que la presse locale à plusieurs reprises, il a signalé des navires chargés de céréales arrivant dans les ports tunisiens, incapables de décharger les marchandises car ils n’étaient pas payés, et en effet, l’État avait dû payer les pénalités.
L’UE lance le Plan Marshall européen pour l’Ukraine – conférence des donateurs, Conseil européen, Russie, aide,
KIEV. 5 mai (Interfax-Ukraine) – Le président du Conseil européen, Charles Michel, estime qu’une conférence des donateurs qui se tiendra à Varsovie deviendra un point de départ pour le plan Marshall européen pour l’Ukraine.
« Nous devons envoyer un signal très fort indiquant que nous soutiendrons l’Ukraine autant que possible », a déclaré Michel aux journalistes ukrainiens.
« Les dirigeants visionnaires aujourd’hui doivent […] donner le signal que nous serons courageux, nous serons extrêmement fermes afin de soutenir l’Ukraine non seulement avec du travail, pas seulement avec des discours – cela ne suffit pas – nous avons besoin de décisions, nous besoin d’argent, nous avons besoin d’une forte coordination, nous avons besoin de volonté politique », a-t-il déclaré.
Il y a trois domaines dans lesquels l’argent du fonds fiduciaire peut être dépensé, a déclaré Michel.
« Le premier est le soutien humanitaire. Nous voulons nous assurer que les autorités ukrainiennes sont soutenues autant que possible afin de fournir le soutien humanitaire nécessaire. Le deuxième objectif est la liquidité. Il est important de soutenir autant que possible l’Ukraine. avec […] des subventions et des prêts afin de soutenir le niveau économique. Et le troisième point est la reconstruction du pays », a-t-il déclaré.
Le fonds fiduciaire devrait être activé « dès que possible », a déclaré Michel.
« L’objectif n’est pas de reconstruire l’Ukraine du passé. L’objectif est de construire une Ukraine moderne, prospère et tournée vers l’avenir », a-t-il déclaré.
Michel a également soutenu l’idée de transférer 10 % des droits de tirage spéciaux (DTS) des États membres du Fonds monétaire international (FMI) à l’Ukraine.
« Nous sommes en contact étroit avec le FMI et aussi avec différents pays à travers le monde et aussi à travers l’UE. Je pense en effet que cet avis est une option intéressante, et nous devons examiner cela afin de voir si c’est possible et pour quel membre déclare qu’il sera possible de prendre une telle décision », a-t-il déclaré.
En parlant de l’adoption d’une décision juridique sur cette question, Michel a déclaré : « C’est une décision des États membres au niveau national, mais en ma qualité de président du Conseil européen, et les amis ukrainiens savent qu’ils peuvent compter sur moi pour pour soutenir cela. C’est immédiatement 10%, ou on va commencer avec 5% et on va essayer de lever plus – on verra ce qui est possible, ce qui est réaliste. Mais je suis partisan de cette idée. »
En ce qui concerne la demande d’adhésion de l’Ukraine à l’UE, Michel a déclaré qu’il n’était actuellement pas prêt à donner une date exacte pour mettre cette question à l’ordre du jour des dirigeants de l’UE, mais qu’il avait l’intention de le faire quand « le moment sera le meilleur » pour cela.
Après que la Commission européenne aura présenté ses conclusions en juin, le Conseil européen examinera ensuite cette question, a-t-il déclaré.
« Au sein du Conseil, il sera de ma responsabilité, en ma capacité, d’évaluer quand nous serons prêts à inscrire le sujet à l’ordre du jour du Conseil européen. Je consulterai tous les acteurs afin d’évaluer quand c’est le meilleur moment pour sera prêt à tenir ce débat au niveau du Conseil européen… Est-ce juin ou est-ce plus tard – je ne suis pas en mesure de définir la réponse aujourd’hui », a déclaré Michel.
Pendant ce temps, la candidature de l’Ukraine passe déjà par toutes les procédures nécessaires de manière accélérée, a-t-il déclaré.
« En fait, nous avons pris une décision rapide, quelques jours après la candidature de l’Ukraine, nous avons décidé de charger immédiatement la Commission européenne d’émettre l’avis. Habituellement, cela prend 8-9 mois. De facto, ici, nous avons pris un décision dans quelques jours », a-t-il dit.
Lorsqu’on lui a demandé si l’Ukraine pouvait se voir accorder l’adhésion à l’UE avant même qu’elle ne mette en œuvre toutes les réformes nécessaires, Michel a déclaré : « Il est très clair que ce processus qui est basé sur des réformes, parce que la question de l’adhésion est liée à l’approche commune des éléments fondamentaux – l’État de droit, l’indépendance de la justice, la lutte contre la corruption, le marché unique, les réformes économiques. »
Michel pense également que le sixième paquet de sanctions anti-russes, qui comprend un embargo sur les livraisons de pétrole, sera adopté. En outre, il s’est prononcé en faveur de la confiscation des avoirs des citoyens russes inscrits sur les listes de sanctions.
« Personnellement, je suis absolument convaincu que c’est extrêmement important non seulement pour geler les avoirs mais aussi pour permettre leur confiscation, pour les mettre à disposition pour la reconstruction du pays. J’en suis personnellement convaincu », a-t-il déclaré.
Dans le même temps, citant l’expérience professionnelle des avocats de l’UE, Michel a admis que « le niveau juridique n’est pas si simple ».
« Il existe 27 systèmes juridiques dans l’UE, et dans de nombreux États membres de l’UE, cela nécessite une prise de décision par un tribunal afin de le rendre possible. C’est un processus difficile et long », a déclaré Michel.
La tension monte entre Moscou et l’Europe – gaz, rouble, Union Européenne, Russie, Ukraine, Gazprombank,
La décision prise par Moscou de se faire payer ses livraisons de gaz à l’UE en rouble semble contribuer à détériorer les relations, déjà très tendues, entre la fédération de Russie et l’Europe.
Bruxelles exige que cette mesure soit levée, alors que Moscou paraît déterminé à ne pas faire marche arrière sur cette question. Et à ce stade, personne ne peut prédire comment tout cela va se terminer. Que fera l’Union européenne pour surmonter ces difficultés ? Elle estime qu’elle peut, en serrant les rangs, réagir dans les délais les plus brefs face à la Russie.
Les ministres de l’Énergie de l’Union ont tenu lundi, 2 mai, une réunion en urgence sur l’exigence de la Russie d’être payée en roubles pour ses livraisons de gaz. Elle s’est terminée par de vagues généralités.
La semaine dernière, la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a rappelé aux entreprises européennes qu’elles ne doivent pas céder aux menaces de la Russie. Les entreprises européennes acceptant de payer le gaz russe en roubles, comme l’exige Moscou, « violent les sanctions de l’UE et s’exposent à un risque juridique élevé », a-t-elle averti. Et d’ajouter : « Environ 97% des contrats (entre des groupes de l’UE et les fournisseurs de gaz russe) prévoient des paiement en euros ou dollars (…). Les entreprises avec de tels contrats ne doivent pas céder à l’exigence de la Russie, ce serait contrevenir aux sanctions imposées par les Vingt-Sept ».
Selon la Commission européenne citée par Bloomberg, les entreprises peuvent « se contenter » d’ouvrir un compte à la Gazprombank pour y déposer leurs paiements en dollars ou euros. Charge à l’organisme bancaire ensuite de faire les conversions. Une solution sans tracas ? « Certains ont pu croire qu’exiger le paiement en roubles avait pour objectif de faire remonter son cours, mais l’effet serait exactement le même en contraignant les entreprises russes à convertir en roubles les sommes perçues, confirme Thierry Bros, professeur à Sciences Po et spécialiste de la géopolitique de l’énergie, cité par des médias européens.
« Le plus embêté dans cette histoire est Gazprom, qui va sans doute devoir arrêter de constituer des réserves en euros et en dollars, et payer tout son personnel en roubles », a-t-il souligné.
Par ailleurs, et selon une déclaration faite par Christophe Boucher, professeur d’Économie à l’Université de Paris Nanterre, à Radio France, un changement de monnaie revient en fait à une rupture de contrat, étant donné que les contrats sont libellés essentiellement en euros et en dollars, ce qui prend beaucoup de temps puisqu’il faut régler l’arbitrage au tribunal. La menace est selon lui assez peu crédible car, en attendant cet arbitrage, le gaz devra être livré.
La Russie continue de fournir environ 40 % de la consommation de gaz européenne. A titre d’exemple, depuis le début du conflit en Ukraine, pétrole, gaz et charbon confondus, l’Europe a passé commande pour près de 17 milliards d’euros d’hydrocarbures russes. Cela montre qu’il serait difficile pour l’Europe de se passer de l’énergie fournie par les Russes.
Il y a quelques jours, la Pologne et la Bulgarie ont réglé leurs achats dans la devise prévue dans leurs contrats avec Gazprom, et ont refusé d’ouvrir un second compte en roubles. La compagnie gazière russe a en rétorsion suspendu ses livraisons, considérant que le règlement n’avait pas été effectué.
Potentiel énergétique : l’Algérie aurait raté le train-Média– Ukraine, Russie, Union Européenne, UE, Maroc, Sahara Occidental, Espagne,
Depuis le début du conflit entre l’Ukraine et la Russie, la dépendance de l’Europe aux hydrocarbures est mise en évidence, dont un tiers provient de Russie. 40% du gaz utilisé par l’Europe provient de Russie, et le conflit actuel avec l’Ukraine met en péril cet approvisionnement, d’autant plus que les sanctions commerciales contre la Russie obligent l’Union européenne à trouver une solution quant à cet approvisionnement.
L’Allemagne est approvisionnée par la Russie jusqu’à 66%, pour l’Italie jusqu’à 46%, tandis que les Pays-Bas et la France 26% et 17%. Cela montre l’impact économique que cette guerre peut avoir sur tout le continent européen.
Depuis le début de cette crise, l’Algérie est au cœur des discussions et pour cause cette dernière approvisionne plusieurs pays en gaz et pétrole et se place en 3ème position avec plus de 8%.
Or, selon une analyse détaillée du journal britannique Financial Times, concernant la situation économique en Algérie, datant du 20 avril 2022, l’Algérie a raté un rendez-vous économique important, et n’a pas pu « exploiter son potentiel » du gaz ou du pétrole alors que la hausse du prix des hydrocarbures sur les marchés mondiaux, n’a pas été aussi importante depuis des années.
Toujours selon The Financial Times, « l’Algérie n’a pas assez de gaz supplémentaire à rendre facilement disponible », ce qui laisse même entrevoir des perspectives alarmantes pour l’avenir proche en ce qui concerne la production algérienne de gaz naturel.
Les causes de la baisse de la production de gaz en Algérie
Selon le journal britannique, les raisons de cette baisse de la production gazière algérienne dans les années à venir seraient principalement dues à la « longue pénurie d’investissements étrangers dans le secteur algérien des hydrocarbures ». En pointant aussi du doigt la bureaucratie imposée par l’Etat algérien.
« Les tensions politiques avec le Maroc, pays voisin sur la question du Sahara occidental, ont également entravé le potentiel d’exportation de l’Algérie, conduisant à la fermeture l’an dernier du gazoduc Maghreb-Europe vers l’Espagne », dans Selon la même source, le conflit entre les deux pays n’aide en rien la situation en Algérie. Sans oublier aussi le récent changement de position de l’Espagne en faveur du Maroc concernant le dossier du Sahara Occidental.
Selon Mostefa Ouki, chercheur à l’Oxford Institute for Energy Studies, cité par le Financial Time « à court terme, l’Algérie ne pourrait fournir à l’Europe que quelques milliards de mètres cubes de gaz supplémentaires ». Cela laisse à penser que l’Algérie ne pourrait pas conserver sa place importante sur le marché mondial de l’énergie dans les années à venir.
Migration: Le Rwanda, un exemple de coopération avec l’UE? – Ukraine, Afrique, Royaume Uni, développement, pauvreté, stratégie d’externalisation,
Le Rwanda peut-il être la solution ? Coopération de l’Europe en matière de migration avec les pays tiers
Les déplacements massifs depuis l’Ukraine ne signifient pas que la coopération en matière de migration avec les pays africains n’est plus à l’ordre du jour. Au lieu de cela, ce que nous avons vu ces dernières semaines, c’est que l’Europe a adopté des « solutions internes » aux réfugiés ukrainiens/« européens » qui visent à protéger et qui contrastent avec une concentration continue sur les « solutions externes » pour les non-Européens qui visent à dissuader, prévenir, retourner et supprimer.
Cela a été mis en évidence le 14 avril 2022 lorsque les gouvernements britannique et rwandais sont parvenus à un accord pour envoyer les migrants arrivant irrégulièrement au Royaume-Uni au Rwanda. Qualifié à tort par certains médias de traitement offshore, il s’agit en fait d’un système visant à refuser aux demandeurs d’asile potentiels le droit de postuler au Royaume-Uni. En retour, le Rwanda recevrait 120 millions de livres sterling pour le développement économique, ainsi qu’un financement supplémentaire pour ses opérations d’asile, l’hébergement des demandeurs d’asile et les mesures d’intégration. Dans un article conjoint, le ministre rwandais des affaires étrangères, Vincent Buruta, et le ministre britannique de l’intérieur, Priti Patel, ont qualifié l’accord de « révolutionnaire » et d’établir « une nouvelle norme internationale ». Le siège social du Royaume-Uni est intervenu pour affirmer que l’accord serait un outil efficace pour « casser le modèle commercial des gangs de passeurs ». Les commentateurs ont noté que le partenariat a été inspiré par le modèle de délocalisation inhumain de l’Australie envoyant des demandeurs d’asile à Nauru et sur l’île de Manus . Les plans ont été largement condamnés par les groupes de défense des droits de l’homme avec des réserves même signalées par certains membres du personnel du ministère de l’Intérieur pour des raisons d’efficacité, de coût et d’ éthique.
Alors que l’accord Royaume-Uni-Rwanda représente un nouveau niveau d’« externalisation », cette recherche de « solutions » externes n’est pas nouvelle et remonte à la présidence autrichienne du Conseil européen en 1998 . Tout en restant controversé, l’utilisation de la dimension externe pour réduire la migration irrégulière et expulser les migrants irréguliers a acquis une assise plus sûre au fil du temps, en particulier après que la crise migratoire de 2015 a suscité un engagement accru avec les pays africains. Ce type de coopération pose des défis, pour les pays africains et européens.
Intérêts conflictuels
Un défi majeur concernant cette dimension externe de la politique migratoire est que les idées et les intérêts des États d’origine, des États de transit (qui sont souvent eux-mêmes des États d’origine) et des pays d’accueil en Europe diffèrent considérablement. Les États d’origine, en particulier dans les pays du Sud, ont une vision de la migration basée sur des objectifs de développement. La migration est considérée comme une voie vers le développement grâce aux envois de fonds des émigrants et à des programmes tels que l’amélioration de la mobilité intra-régionale. En revanche, les pays européens adoptent une perspective sécuritaire visant à freiner l’immigration (irrégulière).
En raison de ces conflits d’intérêts, la coopération en matière de migration est très difficile à réaliser. Le résultat est que l’UE et le Royaume-Uni ont tendance à s’appuyer sur une approche intersectorielle qui utilise le commerce, le développement ou la politique des visas pour faire passer les priorités européennes en matière de migration.
Saper le programme de développement
Une forte concentration sur la gestion des migrations peut saper non seulement les priorités africaines mais aussi les objectifs européens dans d’autres domaines politiques.
Par exemple, pour le développement, les objectifs de gestion des migrations se sont substitués à l’objectif de réduction de la pauvreté. Couper l’aide au développement des pays d’émigration qui dépendent fortement de cet argent mais ne soutiennent pas l’agenda migratoire des pays européens sape sérieusement les stratégies de lutte contre la pauvreté et est susceptible de renforcer l’instabilité. La réorientation de l’aide vers les pays pertinents pour l’agenda migratoire de l’Europe, au détriment des pays les plus pauvres qui ont tendance à être des pays à faible taux de migration, est tout aussi, sinon plus, préjudiciable aux objectifs de développement et à l’ agenda 2030 pour les objectifs de développement durable .
Fait encourageant, la décision du nouveau gouvernement allemand d’effacer les conditions de conditionnalité liées à l’aide au développement, telles qu’exprimées dans l’ accord de coalition de 2021 , reflète la prise de conscience des décideurs politiques de ce problème et une certaine volonté de s’y attaquer activement.
Une démocratisation difficile
L’externalisation peut également aller à l’encontre de l’objectif de promotion de la démocratie et de renforcement des valeurs libérales et des droits de l’homme. La coopération en matière de migration a légitimé des régimes illibéraux dans les pays de transit et d’origine, et – comme cela a été largement discuté en Libye et en Tunisie – à de graves violations des droits humains. Les détracteurs de l’accord entre le Royaume-Uni et le Rwanda ont également souligné que le Rwanda avait un bilan troublant en matière de droits de l’homme, y compris des meurtres de réfugiés signalés .
Dans le passé, la coopération en matière de migration a également permis à plusieurs reprises à des régimes autoritaires de restreindre le droit de sortie de leur propre population, offrant ainsi à ces régimes un moyen efficace de réprimer l’opposition publique.
Lorsque des accords sont conclus, ils sont souvent de nature informelle pour contourner l’examen public des politiques qui sont fréquemment perçues par les citoyens des pays du Sud comme des schémas colonialistes déshumanisants ou persistants. L’informalisation sape la responsabilité démocratique dans les pays non membres de l’UE et peut éroder davantage la confiance dans l’establishment politique, comme cela s’est produit au Mali en 2016 .
Conditionnalité inverse
Certains pays africains ont utilisé la forte volonté de l’Europe d’obtenir des résultats dans le domaine de la migration pour pousser de manière disproportionnée vers des concessions dans d’autres domaines politiques. Un exemple est les concessions répétées des États de l’UE au Maroc concernant le Sahara Occidental en échange d’engagements dans le domaine de la migration. Conscients de la forte priorité politique du contrôle des migrations dans l’UE (et au Royaume-Uni), les pays tiers utilisent de plus en plus les migrants comme monnaie d’échange à leurs fins géopolitiques, comme en témoignent également les menaces répétées de la Turquie de mettre fin à la coopération avec l’UE ou événements à la frontière polono-biélorusse fin 2021.
La dimension externe a donc tendance à être motivée par un court-termisme sous-jacent dans la réalisation des contrôles migratoires tout en contredisant les objectifs à plus long terme tels que la stabilité politique et la démocratie qui peuvent renforcer les moteurs de la migration.
Le pouvoir de l’UE en tant qu’acteur de la politique étrangère
La conditionnalité négative – c’est-à-dire des sanctions si les objectifs liés à la migration dans les accords ne sont pas atteints – a en outre affaibli l’UE en tant que partenaire dans les pays du Sud. Il en va de même pour une focalisation déséquilibrée sur les priorités européennes en matière de migration qui peut contredire les perceptions et les intérêts des citoyens des pays africains ainsi que les priorités non liées à la migration de ces États.
Les acteurs qui ont profité de cette position affaiblie de l’UE sont la Chine et la Russie , qui sont devenus de plus en plus des points de référence pour les États africains. Alors que la Russie s’est discréditée dans certains pays africains avec sa guerre en Ukraine, ces développements et alliances restent un enjeu pour la position de l’Europe dans le monde.
L’Europe doit-elle abandonner sa stratégie d’externalisation ?
À la lumière de ces arbitrages sérieux, la question qui peut être posée est la suivante : faut-il abandonner l’approche externe de « gestion des migrations » ? De nouvelles recherches sur le cas des accords de réadmission, qui démontrent que ces accords n’ont eu pratiquement aucun impact sur les taux de retour, corroborent cette opinion. L’étude montre que les faibles taux de retour des migrants sont fortement influencés par des facteurs qui ne sont pas du tout influencés par les accords de réadmission, notamment le manque de documents ou les protestations des citoyens contre les expulsions.
Même s’il ne serait pas judicieux de mettre fin à tout partenariat, les pays européens et africains bénéficieraient d’une approche plus équilibrée, dans laquelle les objectifs migratoires européens ne domineraient plus, comme l’a reconnu le chef de la politique étrangère de l’UE, Josep Borrell, qui a récemment déclaré : « Nous devons regarder l’Afrique d’un œil positif — pas seulement à travers le prisme des problèmes de migration ».
Un déploiement plus important de programmes ouvrant des voies légales de migration tout en offrant de meilleures opportunités de formation et de travail dans le pays serait une étape importante vers une approche plus équilibrée. En tant que modèle potentiel, les partenariats de talents peuvent accroître la productivité et le développement dans les pays tiers et fournir des alternatives viables à la migration.
Ceux qui, au sein des gouvernements européens et des institutions de l’UE, ont une perspective plus orientée vers les relations extérieures, sont susceptibles d’être favorables à un tel tournant dans la dimension extérieure, mais d’autres ne le seront pas. Notamment, le Danemark négocie actuellement un accord similaire à celui du Royaume-Uni avec le Rwanda.
Si les positions européennes ne sont certainement pas unifiées, la crise ukrainienne et les nouvelles considérations géopolitiques qui résultent de cette guerre tragique offrent également aux gouvernements européens l’occasion d’engager un débat sur la « gestion des migrations » qui se concentre davantage sur l’impact plus large de la dimension extérieure sur la coopération avec les pays tiers, et sur le rôle et l’agence de l’Europe dans le monde.
Sergey Lavrov : « Hitler avait du sang juif » – Russie, Ukraine, Volodymyr Zelensky, Syrie,
Israël a carrément accusé lundi le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov d’avoir comparé le président ukrainien Volodymyr Zelensky à Adolf Hitler en déclarant que le dictateur nazi avait aussi du sang juif. Suite à ses propos, Tel-Aviv a convoqué l’ambassadeur de Russie en Israël, Anatoli Viktorov, pour des explications, dans le dernier signe de friction croissante entre les deux pays depuis le début de l’invasion russe de l’Ukraine fin février.
Lavrov a lancé les commentaires controversés lors d’une interview avec la chaîne de télévision italienne Rete 4. Lorsque l’intervieweur a rappelé les racines juives du président ukrainien, Volodymyr Zelensky, pour réfuter la propagande du Kremlin sur la prétendue nécessité de dénazifier l’Ukraine comme prétexte pour justifier l’invasion du pays, le ministre russe a répondu : “Hitler avait aussi des origines juives, donc ça ne veut absolument rien dire.” “Pendant longtemps, nous avons entendu des érudits juifs dire que les plus grands antisémites sont précisément les Juifs”, a ajouté Lavrov, une phrase qui a fini par aggraver les choses.
Répondant aux commentaires de Lavrov, le Premier ministre israélien Naftali Bennett a déclaré lundi dans un message sur son profil Twitter que “le but de tels mensonges est d’accuser les Juifs eux-mêmes des crimes les plus horribles de l’histoire, qui ont été perpétrés contre eux”. Bennett a également exigé que l’utilisation de l’Holocauste comme outil politique cesse immédiatement.
Le ministre israélien des Affaires étrangères, Yair Lapid, a qualifié la déclaration du diplomate russe d’”impardonnable, scandaleuse et d’une terrible erreur historique”, et a estimé que “le niveau le plus bas de racisme contre les Juifs est de les accuser d’antisémitisme”. Le ministère dirigé par Lapid a déclaré dans un communiqué qu’il avait convoqué Viktorov, l’ambassadeur de Russie en Israël, pour exprimer sa colère face à ces propos et demander des explications.
Au début de l’invasion russe de l’Ukraine, Tel-Aviv a clairement évité de se ranger du côté de l’une ou l’autre des parties, dans une tentative de maintenir des liens avec Kiev et Moscou. Depuis lors, cependant, les relations avec le Kremlin sont tendues. Israël a exprimé à plusieurs reprises son soutien à l’Ukraine, a envoyé du matériel humanitaire et défensif dans le pays et a accusé la Russie d’avoir commis des crimes de guerre.
Zelensky a également été critiqué en mars par certains politiciens et institutions israéliens après avoir prononcé un discours devant le Parlement du pays dans lequel il a établi une comparaison entre l’invasion russe et l’extermination des Juifs pendant la Seconde Guerre mondiale. Ensuite, les autorités du pays ont manifesté leur colère face à l’utilisation de l’Holocauste dans le contexte de la guerre en Ukraine avec des déclarations qu’elles jugent inexactes et irresponsables et qui conduisent, selon elles, à la banalisation et à la déformation de l’histoire.
Les relations, déjà peu au beau fixe entre la Russie et Israël, risquent de compromettre la carte blanche que l’état hébreu avait d’agir en Syrie. Moscou n’entend plus autoriser les incartades de l’état sioniste au Moyen-Orient en réponse à la condamnation par Israël de la Russie à l’ONU.
Enjeux géostratégiques et énergétiques du gazoduc Nigeria-Europe – Maroc, Nigeria, Algérie, Union Européenne, Gaz, Russie, Ukraine,Gazoduc Transaharien,
Selon le quotidien le Figaro (France) en date du 02 mai 2022, le ministre nigérian du Pétrole a déclaré officiellement que le Nigeria et le Maroc sont à la recherche de fonds pour financer le méga projet de gazoduc visant à acheminer le gaz nigérian à l’Afrique du Nord et à l’Europe qui prévoit de se libérer à terme du gaz russe dont la part est à plus de 40%, alors que selon le Ministre algérien de l’Energie, propos repris par l’APS, le 17 février 2022, ce projet transite par l’Algérie. Où est la vérité ? Ce projet pourra t-il concurrencer le South Stream russe de 63 milliards de mètres cubes gazeux, du North Stream1 de 55 et du North Stream2 de 55 milliards de mètres cubes gazeux, ce dernier étant gelé (Conférence/débats du Pr Abderrahmane Mebtoul, à l’invitation de la Fondation allemande Friedrich Ebert et de l’Union européenne 31 mars 2021) Pour ne pas renouveler les erreurs du passé, la faisabilité du projet du gazoduc Nigeria Europe, doit tenir compte des nouvelles mutations gazières mondiales pour évaluer sa rentabilité car les lettres d’intention ne sont pas des contrats définitifs. Comme le démontre une importante étude de l’IRIS du 19 août 2021, le gazoduc reliant le Nigeria à l’Europe principal client qui doit se prononcer également sur ce projet, est l’objet d’enjeux géostratégiques importants pour la région. D’où l’importance d’avoir une vision économique froide sans sentiments pour sa rentabilité, surtout en ces moments de graves tensions géostratégiques.
1.-Le secteur de l’Energie au Nigeria est marqué par le poids dominant de l’industrie pétrolière et gazière, procurant 75 % des recettes du budget national et 95 % des revenus d’exportation, les réserves prouvées de gaz naturel étant estimées à 5.300 milliards de mètres cubes gazeux. Le gazoduc Maroc-Nigéria dont le cout est estimé par l’IRIS entre 25/30 milliards de dollars, entre 5 et 10 milliards de dollars de plus que celui passant par l’Algérie, dont la durée de réalisation varierait entre 8/10 ans devrait mesurer environ 5 660 kilomètres de long. Il longerait la côte Ouest Africaine en traversant ainsi 14 pays : Nigéria, Bénin, Togo, Ghana, Côte d’Ivoire, Liberia, Sierra Leone, les trois Guinée, la Gambie, le Sénégal, la Mauritanie et le Maroc. Ce projet a été annoncé en décembre 2016, lors de la visite d’État du souverain marocain au Nigéria.
En Mai 2017, des accords de coopération ont été signés à Rabat pour engager les deux parties à parrainer une étude de faisabilité (terminée en Juillet 2018) ainsi qu’une pré-étude des détails (FEED) réalisée au 1er trimestre 2019. Dans la phase de pré-études, il s’agit pour les États traversés et la CEDEAO de signer des accords relatifs à sa construction mais aussi de valider les volumes de gaz disponibles pour l’Europe et d’entamer les discussions avec les opérateurs du champ « Tortue » (ressources gazières) au large du Sénégal et de la Mauritanie (ces deux pays ont signé un accord en décembre 2018 afin d’exploiter en commun le champ gazier Tortue-Ahmeyim et approcher des clients européens. Ce projet a pour but de connecter les ressources gazières nigérianes à différents pays africains, existant déjà deux gazoducs dans la zone Afrique du Nord-Ouest, le «West African Gas Pipeline », qui relie le Nigéria au Ghana, en passant par le Bénin et le Togo, et le gazoduc Maghreb-Europe (également nommé « Pedro Duran Farell ») qui relie l’Algérie à l’Europe via l’Espagne (Cordoue) en passant par le Détroit de Gibraltar et le Maroc.
2.- Concernant le gazoduc Nigeria Algérie de 4128 km , le coût est estimé par la commission européenne à 19/20 milliards de dollars pour une durée de réalisation minimum 5/7 années après le début du lancement, d’une capacité annuelle de trente milliards de mètres cubes . Il devrait partir de Warri au Nigeria pour aboutir à Hassi RMel, en passant par le Niger dont l’idée a germé dans les années 1980, l’accord d‘entente ayant été signé le 03 juillet 2009. Le 21 septembre 2021 le ministre nigérian de l’Énergie a déclaré dans une interview accordée à la chaîne de télévision CNBC Arabia en marge de la conférence Gastech que son pays a commencé à mettre en œuvre la construction d’un gazoduc pour transporter du gaz vers l’Algérie. Rappelons qu’actuellement, les exportations de l’Algérie se font grâce au GNL qui permet une souplesse dans les approvisionnements des marchés régionaux pour 30% et par canalisation pour 70%.
L’Algérie possède trois canalisations. Le TRANSMED, la plus grande canalisation d’un looping GO3 qui permet d’augmenter la capacité de 7 milliards de mètres cubes auxquels s’ajouteront aux 26,5 pour les GO1/GO2 permet une capacité de 33,5 milliards de mètres cubes gazeux. Il est d’une longueur de 550 km sur le territoire algérien et 370 km sur le territoire tunisien, vers l’Italie. Nous avons le MEDGAZ directement vers l’Espagne à partir de Beni Saf au départ d’une capacité de 8 milliards de mètres cubes gazeux qui après extension prévu courant 2021 la capacité sera portée à 10 milliards de mètres cubes gazeux. Nous avons le GME via le Maroc dont l’Algérie a décidé d’abandonner, dont le contrat s’étant achevé le 31 octobre 2021, d’une longueur de 1300 km, 520 km de tronçon marocain, la capacité initiale étant de 8,5 milliards de mètres cubes ayant été porté en 2005 à 13,5 de milliards de mètres cubes gazeux. Ce projet est stratégique pour l’Algérie selon différents rapports du Ministère de l’Energie afin de pouvoir honorer ses engagements internationaux en matière d’exportation de gaz les réserves de gaz traditionnel pour l’Algérie, pour une population dépassant 45 millions d’habitants ( pour le gaz de schiste troisième réservoir mondial 19.800 milliards de mètres cubes gazeux, selon un rapport US), mais pas pour demain pour différentes raisons techniques, financières et politiques, les banque internationales étant de plus en plus réticentes à financer ce genre de projets .
Aussi, pour les équilibres financiers avec la forte consommation intérieure et le désinvestissement dans ce secteur quelle politique mener pour pouvoir exporter encore horizon 2030 où la consommation intérieure dépassera les exportations actuelles expliquant la décision du président de la république du 21 novembre 2021, d’axer sur les énergies renouvelables pour subvenir à la consommation intérieure où nous assistons à une décroissance de la production et des exportations en volume physique du pétrole/gaz traditionnel. Les réserves de pétrole sont évaluées selon la déclaration du ministre algérien de l’Energie début 2020 à 10 milliards de barils et entre 2200 et 2500 milliards de mètres cubes gazeux pour le gaz traditionnel, la consommation intérieure dépassant les exportations actuelles horion 2030, expliquant d’ailleurs avec en plus des contrats fixes de prix à moyen terme, que l’Algérie profite peu des remontées exceptionnelles des prix. En 2021 puisque selon le rapport de l’OPEP , la production est passée de plus de 1,2- 1,5 millions de barils/j entre 2007/2008 à environ 1 million barils/j fin 2021, les exportations se situant à environ à 500.000 barils/j et pour le gaz les exportations étaient de 65 milliards de mètres cubes gazeux à seulement à 43/44 pour 2021, du fait de la forte la consommation intérieure, près de 40/50% de la production pour le pétrole et le gaz entre 2019/2021 et devant s’accélérer entre 2022/2030, laissant peu pour les exportations.
3.-La rentabilité du projet Nigeria Europe, suppose cinq conditions. Premièrement, la mobilisation du financement, alors que les réserves de change sont à un niveau relativement faible pour l’Algérie 44 milliards de dollars fin 2021 45 millions d’habitants mais un endettement faible , 35,7 milliards de dollars pour le Maroc avec un endettement élevé pour une population de 37 millions et le Nigeria 40 milliards de dollars pour 210 millions d’habitants avec une instabilité politique .Sans l’implication des groupes financiers internationaux, l’Europe principal client et sans son accord et son apport financier il sera difficile voire impossible de lancer ce projet. Deuxièmement, l’évolution du prix de cession du gaz car comme le souligne le PDG de Sonatrach, Intervenant lors du Forum de la Chaîne 1 de la Radio nationale, le 12 septembre 2021 a précisé que la faisabilité est liée à l’étude du marché au vu de la baisse du prix du gaz, ce qui pourrait, selon Sonatrach , « influer sur la prise de décision de lancer un tel investissement », d’où la démarche de lancer une étude du marché pour déterminer la demande sur le gaz avant de trancher sur l’opportunité de s’engager dans ce projet ». Cette faisabilité implique la détermination du seuil de rentabilité en fonction de la concurrence d’autres producteurs, du cout et de l’évolution du prix du gaz. Troisièmement, la sécurité et des accords avec certains pays, le projet traverse plusieurs zones alors instables et qui mettent en péril sa fiabilité avec les groupes de militants armés du Delta du Niger qui arrivent à déstabiliser la fourniture et l’approvisionnement en gaz, les conséquences d’une telle action, si elle se reproduit, pourraient être remettre en cause la rentabilité de ce projet. Il faudra impliquer les États traversés où il faudra négocier pour le droit de passage (paiement de royalties) donc évaluer les risques d’ordre économique, politique, juridique et sécuritaire. Quatrièmement, pour la faisabilité du projet NIGAL la demande future sera déterminante, la dépendance de l’Europe pourrait atteindre, , près de 70 % de la consommation totale d’énergie, soit 70 % pour le gaz naturel, 80 % pour le charbon et 90 % pour le pétrole, selon les estimations de la Commission européenne. Cinquièmement, la concurrence internationale qui influe sur la rentabilité de ce projet. Les réserves avec de bas coûts, sont de 45.000 pour la Russie, 30.000 pour l’Iran et plus de 15.000 pour le Qatar sans compter l’entrée du Mozambique en Afrique (4500 de réserves). Ne pouvant contourner toute la corniche de l’Afrique, outre le coût élevé par rapport à ses concurrents, le fameux gazoduc Sibérie-Chine, le Qatar et l’Iran, proches de l’Asie, avec des contrats avantageux pour la Chine et l’Inde, le gazoduc Israël-Europe, les importants gisements de gaz en Méditerranée (20.000 milliards de mètres cubes gazeux) expliquant les tensions entre la Grèce et la Turquie.
Et l’Algérie est concurrencée même en Afrique, avec l’entrée en Libye, réserves d’environ 1500 milliards de mètres cubes non exploitées, avec plus de 42 milliards de barils de pétrole de réserve léger comme l’Algérie et proche de l’Europe expliquant les tensions actuelles, et les grands gisements au Mozambique (plus de 4.500 milliards de mètres cubes gazeux. Outre les USA, premier producteur mondial avec le pétrole/gaz de schiste, avec de grands terminaux, ayant déjà commencé à exporter vers l’Europe, nous avons la concurrence en provenance de la mer Caspienne dont gazoduc Trans Adriatic Pipeline (818 km ) concurrent direct de Transmed, qui achemine le gaz à partir de l’Azerbaïdjan qui traverse le nord de la Grèce, l’Albanie et la mer Adriatique avant de rallier, sur 8 km, la plage de Melendugno au sud-est de l’Italie, opérationnel pouvant transférer l’équivalent de 10 milliards de mètres cubes par an.
Ne pouvant contourner toute la corniche de l’Afrique, outre le coût élevé par rapport à ses concurrents, le fameux gazoduc Sibérie Chine, le Qatar et l’Iran proche de l’Asie avec des contrats avantageux pour la Chine et l’Inde , le marché naturel de l’Algérie, en termes de rentabilité, étant l’Europe où la part de marché de l’Algérie face à de nombreux concurrents , en Europe est en baisse où selon le site « Usine Nouvelle », la Russie fournit 36% du gaz importé par l’Europe, la Norvège (23%), les autres fournisseurs de GNL (10%) et l’Algérie environ 8%.
4.-Avec les tensions budgétaires que connaît l’Algérie, il y a lieu de ne pas renouveler l’expérience malheureuse du projet GALSI, Gazoduc Algérie–Sardaigne–Italie, qui devait être mis en service en 2012, d’un coût initial de 3 milliards de dollars et d’une capacité de 8 milliards de mètres cubes gazeux, devant approvisionner également la Corse. Il a abandonné par l’Algérie suite à l’offensive du géant russe Gazprom, étendant ses parts de marché, avec des pertes financières de Sonatrach ayant consacré d’importants montants en devises et dinars pour les études de faisabilité (conférence à la chambre de commerce en Corse A. Mebtoul en 2012 sur le projet Galsi). Évitons ces déclarations utopiques où avec toutes les contraintes bureaucratiques que n’ont pas levées tous les codes d’investissement depuis l’indépendance politique, que si des projets hautement capitalistiques sont lancés en janvier 2022 , ils ne seront ne sera rentables qu’entre 2027/2030 comme la pétrochimie, le fer de Gara Djebilet ou le phosphate de Tebessa.
En effet, le gouvernement prévoit un nouveau code d’investissement en Algérie, après tant d’autres qui ont eu peu d’impact sur la production et exportation hors hydrocarbures, ayant peu attiré les investisseurs étrangers. Malgré le dérapage du dinar pour ne pas dire dévaluation de 5 dinars vers les années 1970/1973 de 80 dollars entre 2000/2004 et le 03 mai 2022, à 144 dinars un dollar, cela n’a pas permis de dynamiser les exportations hors hydrocarbures où plus de 97% avec les dérivées des entrées en devises proviennent des hydrocarbures, le rapport Sonatrach 2021 donnant 2,5 milliards de dollars pour les dérivées comptabilisées dans la rubrique hors hydrocarbures. En plus pour une appréciation objective, doit être tenu compte , pas seulement de la valeur, certaines produits comme les engrais et d’autres ayant vu leurs prix augmenter au niveau du marché international entre 30/50% mais du volume , les volumes des produits exportés, la seule référence pour voir s’il y a eu réellement augmentation des exportations et performances des entreprises algériennes. Et pour la balance devises nette de l’Algérie, il y a lieu de soustraire les matières premières importées en devises les subventions comme le prix de cession du gaz pour certaines unités exportatrices à un prix largement inférieur à l’international et les exonérations fiscales.
En conclusion, les autorités nigériennes et l’Europe principal client , doivent avoir une position claire concernant le gazoduc vers l’Europe : soit l’Algérie, soit le Maroc évitant des discours contradictoires et que certains experts organique ou responsables de départements ministériels évitent d’induire en erreur tant l’opinion publique que les plus hautes autorités du pays. Le langage de la vérité doit primer, si l’on veut éviter les erreurs du passé. L’attrait de l’investissement à forte valeur ajouté ne saurait résulter de lois mais d’une réelle volonté politique allant vers de profondes réformes, une stabilité du cadre juridique et monétaire permettant la visibilité et que les pays qui attirent le plus les IDE n’ont pas de codes d’investissement. Mon expérience et mes contacts internationaux aux plus hauts niveaux, montrent que le temps est terminé des relations personnalisées entre chefs d’Etat ou de ministres à ministres dans les relations internationales où dominent les réseaux décentralisés, que dans la pratique des affaires n’existent pas de sentiments mais que des intérêts et que tout investisseur est attiré par le profit qu’il soit américain, chinois, russe, turc ou européen. Il appartient à l’Etat régulateur , stratégique en économie de marché, comme un chef d’orchestre de concilier les coûts privés et les coûts sociaux.
Le monde s’oriente entre 2022/2030, inéluctablement, vers un nouveau modèle de consommation énergétique fondé sur la transition numérique et énergétique mondiale et notamment en Méditerranée principal ,marché de l’Algérie, autant que l’eau, est au cœur de la souveraineté des États et de leurs politiques de sécurité. Les nouvelles dynamiques économiques modifieront les rapports de force à l’échelle mondiale et affectent également les recompositions politiques à l’intérieur des États comme à l’échelle des espaces régionaux. ademmebtoul@gmail.com
Nb- Ayant adressé une correspondance aux responsables de la région MENA du FMI à Washington , en tant qu’expert international , en attendant la réponse, voir Pr Abderrahmane Mebtoul – contributions à Algeriepatriote, Algerie Eco et au niveau international Maghreb Online 02/05/2022 « le rapport du FMI d’avril 2022 sur l’Algérie recèle des contradictions , devant apporter des éclaircissements pour ne pas induire en erreur les autorités du pays »
Abderrahmane Mebtoul : Professeur des universités et expert international Directeur d’études Ministère Energie Sonatrach 1974/1979-1990/1995-2000/2008,2013/2015
USA-Russie: Pas de gagnants dans une guerre nucléaire – Ukraine, Etats-Unis,Vladimir Poutine, OTAN,
Les États-Unis conviennent avec la Russie que la guerre nucléaire ne peut pas être gagnée – Maison Blanche Jen Psaki a ajouté que le président américain Joe Biden n’était toujours pas disposé à envoyer des troupes américaines en Ukraine
WASHINGTON, le 3 mai. /TASS/. Les États-Unis conviennent avec la Russie qu’il ne peut y avoir de gagnants dans une guerre nucléaire, a déclaré lundi la secrétaire de presse de la Maison Blanche, Jen Psaki, lors d’un point de presse régulier.
« Je dirais que les Russes eux-mêmes ont, au fil du temps, y compris pas plus tard que l’année dernière, indiqué clairement qu’aucune guerre nucléaire – une guerre nucléaire ne pouvait être gagnée. Nous sommes d’accord avec cela. Et il est important que chaque pays réaffirme et chaque élu de redire à travers le pays ici aussi », a-t-elle déclaré.
Psaki a ajouté que le président américain Joe Biden n’était toujours pas disposé à envoyer des troupes américaines en Ukraine.
« Je noterais le point de vue du président, et sa position continue d’être que nous n’envoyons pas de troupes américaines sur le terrain pour mener cette guerre. Et c’est quelque chose que nous continuerons à réitérer pour les Américains », a-t-elle déclaré.
Elle a également nié que la situation autour de l’Ukraine se soit transformée en un conflit indirect entre l’OTAN et la Russie.
« <…> Ce n’est pas une guerre par procuration. C’est une guerre entre la Russie et l’Ukraine. L’OTAN n’est pas impliquée. Les États-Unis ne mènent pas cette guerre. Donc, je pense qu’il est important et vital pour nous tous de ne pas répéter le points de discussion du Kremlin sur ce front », a-t-elle déclaré.
Le 24 février, le président russe Vladimir Poutine a annoncé une opération militaire spéciale en réponse à une demande d’aide des chefs des républiques du Donbass. Il a souligné que Moscou n’avait pas l’intention d’occuper les territoires ukrainiens, mais visait à démilitariser et à dénazifier le pays. Le 16 mars, le président Poutine a déclaré que la politique occidentale de sanctions contre Moscou présentait tous les signes d’une agression. En outre, Poutine a souligné que la politique d’endiguement de la Russie est une stratégie à long terme pour l’Occident.
Ukraine: La fin de l’opération ne sera pas avant la Fête de la Victoire – Russie, guerre,Sergeï Lavrov,
La Russie n’essaiera pas d’achever l’opération en Ukraine d’ici le Jour de la Victoire, dit Lavrov Selon le ministre russe des Affaires étrangères, le rythme de l’opération militaire spéciale de la Russie en Ukraine dépend avant tout de la nécessité d’atténuer les risques pour les civils et les troupes russes
MOSCOU, 2 mai. /TASS/.- Moscou ne fixera pas de calendriers artificiels pour son opération militaire en Ukraine afin de l’achever d’ici le Jour de la Victoire, célébré le 9 mai, a déclaré le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov dans une interview avec le diffuseur italien Mediaset.
« Nos troupes ne baseront pas artificiellement leurs activités sur une date précise, y compris le Jour de la Victoire », a-t-il souligné en réponse à une question. « Nous célébrerons solennellement le 9 mai comme nous le faisons toujours », a ajouté Lavrov.
Selon lui, le rythme de l’opération militaire spéciale de la Russie en Ukraine dépend avant tout « de la nécessité d’atténuer les risques pour les civils et les troupes russes ».
Lavrov a noté que l’opération visait particulièrement à assurer la sécurité des civils et à s’assurer qu’il n’y avait pas de menaces de l’Ukraine contre les civils et la Russie, « qui seraient liées aux armes offensives et à la propagation des idées nazies que l’Occident tente de minimiser ».
« J’ai vu des reportages sur NBC, j’ai lu le magazine National Interest. Des articles sérieux ont commencé à y paraître qui mettent en garde contre les jeux avec les nazis, comme cela s’est produit en 1935-1938 », a souligné le haut diplomate russe.
Le Qatar, le plus grand gagnant de la crise énergétique actuelle – Russie, Ukraine, UE, GNL, gaz,
Selon certaines projections, l’économie de cette nation augmentera de 4,4%, tandis que le PIB par habitant atteindra 77 000 dollars, atteignant ainsi les niveaux de la Suisse.
Des estimations publiées par l’ agence Bloomberg indiquent que le Qatar serait le plus grand bénéficiaire de la crise énergétique actuelle exacerbée par le conflit entre la Russie et l’Ukraine.
« La flambée des prix du pétrole due à la guerre en Ukraine a stimulé les producteurs de pétrole du Moyen-Orient tels que l’Arabie saoudite et le Koweït, mais les récompenses financières et géopolitiques offertes au Qatar en font le grand gagnant », indique l’article.
Le scénario est lié aux projets des pays de l’Union européenne (UE) – qui hésitent à appliquer l’embargo sur les carburants à la Russie – de substituer les livraisons de gaz russe à celles de gaz naturel liquéfié (GNL) qatari.
Mi-mars, le ministre allemand de l’Economie, Robert Habeck, s’est rendu au Qatar pour rencontrer l’émir cheikh Tamim bin Hamad al Thani. En conséquence, un « partenariat énergétique à long terme » a été convenu qui prévoit l’expansion des infrastructures d’importation de GNL, y compris la construction de terminaux. Les mêmes plans ont été annoncés par d’autres pays, comme l’Estonie, détaille le média.
Par ailleurs, la conférence de politique étrangère du Qatar Doha Forum, qui s’est tenue à la fin du mois dernier, a réuni cette année près de 4.000 personnes, dont le chef de la diplomatie européenne Josep Borrell. Le président ukrainien Vladimir Zelensky s’est également adressé aux participants par vidéoconférence, affirmant que le Qatar pourrait empêcher la Russie d’utiliser l’énergie comme « une arme pour faire chanter le monde ».
Pendant ce temps, l’émir du Qatar est accueilli à la Maison Blanche , où il a rencontré le président Joe Biden fin janvier. D’autres points à l’ordre du jour incluaient des efforts pour « assurer la stabilité de l’approvisionnement énergétique mondial ».
Les plans de l’UE de miser davantage sur le gaz naturel liquéfié sont intervenus après que Doha a lancé un projet de 30 milliards de dollars en 2021 pour construire six usines de liquéfaction de gaz et ainsi augmenter ses exportations de 60 % d’ici 2027.
« La demande supplémentaire signifie plus de concurrence entre les acheteurs pour les contrats d’approvisionnement à long terme et, très probablement, de meilleures conditions pour le Qatar », estime Bloomberg. En outre, le pays arabe interroge les acheteurs de GNL sur la probabilité même d’étendre le projet annoncé.
Projections favorables
Un autre facteur important dans un éventuel « super cycle » du gaz pour le Qatar est que la nation vient de connaître le boom économique lié à la construction des infrastructures pour la Coupe du monde 2022. « Le moment est propice pour le Qatar, qui pourrait connaître une nouvelle croissance ». moteur de cette décennie », a déclaré Ziad Daoud, économiste en chef des marchés émergents chez Bloomberg Economics.
« Le Qatar sera l’un des plus importants exportateurs de gaz, dont le marché devrait être très fort au cours des prochaines années », a déclaré Karen Young, chercheuse principale au Middle East Institute à Washington DC, aux États-Unis.
Morgan Stanley prévoit que la consommation mondiale de GNL montera en flèche de 60 % d’ici 2030 si l’Europe diversifie ses livraisons de gaz et dépend moins de la Russie. Pour sa part, Goldman Sachs prédit que les prix spot du gaz en Asie et en Europe connaîtront également des augmentations l’année prochaine. Les banques américaines prédisent la même tendance pour le pétrole auquel sont liés la plupart des contrats d’approvisionnement actuels de Doha.
Dans le même temps, la nation arabe récolte déjà les fruits de la situation actuelle. Selon les projections de Citigroup, l’économie du pays augmentera de 4,4%, le rythme le plus rapide depuis 2015. Pendant ce temps, le PIB par habitant du Qatar, avec une population de moins de trois millions d’habitants, atteindra 77 000 dollars, atteignant ainsi les niveaux suisses. En parallèle, les exportations d’énergie pourraient atteindre cent milliards de dollars cette année pour la première fois depuis 2014, selon les calculs de Bloomberg.
Comment le Qatar envisage-t-il d’utiliser les fonds ?
Le Qatar pourrait utiliser les revenus supplémentaires des exportations de GNL à la fois pour renforcer la durabilité de son économie et pour poursuivre ses objectifs de politique étrangère.
En particulier, Bloomberg, citant une source proche du dossier, indique que la majeure partie de l’argent ira au renforcement du fonds souverain du pays. Cela permettrait à Doha d’accélérer son offre d’investissement dans les valeurs technologiques.
D’un autre côté, la nation continuera à soutenir l’Égypte. En mars, le gouvernement qatari a promis d’investir cinq milliards de dollars dans ce pays africain, frappé par la hausse des prix des denrées alimentaires à la lumière du conflit en Ukraine. En outre, Doha soutient le mouvement Hamas dans la bande de Gaza, tout en offrant son soutien aux forces d’opposition au président syrien Bashar al Assad.
« Le Qatar peut jouer un rôle régional intéressant, mais cela comporte de nombreux risques. Être amis et partenaires dans les cas problématiques de la région s’accompagne d’un bagage imprévisible », a souligné Young.